Tempête à Dyrholaey

3 novembre 2018

Dès les rideaux tirés ce jour là, on devine que l’Islande va se montrer sous un tout nouvel aspect. Nos belles journées de novembre ont laissé place à un temps gris blanc chargé d’humidité. Les couloirs du guesthouse semblent bien frais comparés à notre petite chambre surchauffée et les fenêtres sont couvertes d’épaisses gouttelettes qui donneraient envie de retourner sous la couette. Bien à l’abri sous leur impressionnante toison, les moutons qui nous entourent semblent, eux, parfaitement à l’aise dans ce décor pluvieux. On les trouve partout sur la route, disséminés dans les pentes des volcans, éparpillés dans d’immenses champs ou sagement regroupés près des fermes.

Comme nous le rappelle le nombre conséquent de voitures regroupées sur le parking notre premier arrêt, Skogafoss est presque aussi célèbre que sa voisine Seljalandsfoss. Le décor pourtant est assez différent. L’étroite cascade a laissé place à un impressionnant rideau d’eau au pied duquel on se sent tout petit. La pluie qui tombe désormais densément sur le Sud de l’Islande se mêle aux gouttelettes d’eau de la cascade balayée par le vent. L’escalier qui grimpe jusqu’au sommet de la cascade est encore plus exposé et on regagne la voiture trempés moins d’une heure après notre arrivée.

Tout en séchant provisoirement, nous filons vers Dyrhólaey, un promontoire rocheux haut d’une centaine de mètres abritant une arche de basalte. Arrivés sur place, le temps est déchainé. De violentes bourrasques de vent nous bousculent et nous portent lorsque l’on se laisse basculer doucement en arrière. On admire le décor aux couleurs intenses et la vue incroyable depuis le sentier. Loin à l’ouest, battus par les vagues, trois pitons rocheux se dressent près des falaises. La légende raconte qu’il s’agirait de trolls pétrifiés par la clarté de l’aube… Autour d’eux, la mer aux reflets sombres est déchainée, de violentes vagues s’abattent sur le sable noir et les falaises, noyant les grottes et l’arche. L’écume est balayée par le vent et forme de longues trainées blanches au sommet des vagues. Le spectacle est incroyable, puissant, vibrant. On reste longtemps à admirer ce paysage déchainé malgré le froid et la pluie, fascinés par une nature si sauvage.

La plage de Reynisfjara voisine n’a rien à envier à cette atmosphère mouvementée. D’énormes rouleaux s’écrasent sur la plage et semblent courir sur le sable sur des dizaines de mètres. Même en s’approchant avec prudence, on se laisserait facilement surprendre par cette mer agitée, prête à sanctionner la moindre inattention. La plage réputée comme l’une des plus belles de monde est aussi l’une des plus dangereuse. L’accès aux falaises de basaltes est presque impossible au cœur de cette tempête, on se contente donc d’étudier ces étranges colonnes luisantes qui s’élèvent sur des dizaines de mètres en attendant une meilleure occasion.

La route se poursuit vers l’Est de l’Islande et de longues heures de route donnent à voir un paysage nouveau, toujours plus rude. Les prairies aux couleurs d’automne disparaissent peu à peu sous la neige pour laisser place à d’immenses étendues glacées. le vent balaye la route et provoque de petits tourbillons de neige dans un décor digne de Game of Throne. A mesure que la nuit tombe et que l’asphalte se recouvre de neige, on s’attendrait presque à voir surgir un marcheur blanc….

Coté pratique

Le logement

Hali Country Hotel, Hali 2, 781 Hali
Hôtel très correct idéalement placé pour rejoindre Jökulsárlón. Vue superbe au réveil et petit déjeuner buffet compris. A l’accueil, un écran permet de suivre les prévisions d’aurores boréales et devant l’entrée…. un énorme rocher vous parlera !

Les visites

Skogafoss, Parking payant

Les repas

The Soup Company, Vikurbraut 5, Vik 870
Sans doute les meilleures soupes d’Islande !

Hali Country Restaurant, Hali 2, 781 Hali
Restaurant relativement cher qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable, il a cependant le mérite d’être situé dans l’enceinte de l’hôtel.

Terres du Sud Islandais

2 novembre 2018

Quand le soleil se lève sur Geysir, tout n’est que calme et silence. La salle du petit déjeuner est vide et donne sur les champs enneigés baignés d’une lumière rosée qui persiste. Entre deux bouchées de ce pain chaud et incroyablement réconfortant, on nous demande si nous avons aperçu les aurores boréales par la fenêtre durant la nuit. Trop longtemps emmitouflés dans la couette, nous n’avons même pas pensé à ouvrir l’œil aux heures propices… la promesse est faite : nous ne nous ferons pas avoir deux fois.

Les fameux geysers, point d’orgue de la région, sont situés dans un petit parc installé de l’autre côté de la route. A cette heure-ci, les hordes de bus en provenance de Reykjavik ne sont pas encore arrivées et nous nous rendons sur place à pied, presque seuls.

Le chemin est entouré d’herbes tantôt colorées tantôt recouvertes d’une épaisse couche de glace. Les bassins d’eau brûlante crachent des nuages de fumée tout au long du parcours tandis que des plaques de glace craquèlent au dessus de petits ruisseaux. Au bout du chemin, on attend le Strokkur, réglé comme un métronome, dont les éruptions surprennent pourtant les visiteurs toutes les dix minutes. Des colonnes d’eau de vingt mètres s’élèvent alors dans le ciel accompagnées de nuages de vapeur blanche.

Si le passage est sans doute incontournable, on fait vite le tour des geysers et on peut reprendre la route pile à l’heure pour ne pas croiser la foule de périples organisés.

La route vers Gullfoss est rapide et légèrement vallonnée. On roule vers des montagnes blanches au milieu des champs et des fermes de poneys islandais, nos grands chouchous du voyage. Il nous faut moins d’une heure pour gagner le visiteur center et garer notre voiture. Une simple ouverture de la porte suffit pour comprendre que l’endroit est aéré. La portière est lourde, le vent s’engouffre dans la voiture secouée par les bourrasques. On rajoute autant d’épaisseurs que possible avant de quitter l’habitacle chaleureux et de se confronter à cet air glacial. Le temps a beau être magnifique, la puissance du vent fait de cette courte balade une véritable expédition. On parcourt le chemin glacé avec prudence, engoncés dans nos cinq couches de vêtements, accrochés à nos capuches et trimballés par les bourrasques. Arrivés en bas d’un escalier métallique, un dernier coup de vent nous fait reculer d’un pas avant de pouvoir poser les yeux sur les chutes. Le spectacle est à la hauteur de cette micro aventure. D’immenses colonnes d’eau dévalent sur plusieurs niveaux une pierre sombre couverte de neige et de glace. Au pied des chutes, des nuages brumeux emplissent un étroit canyon qui file vers les champs. la puissance de l’eau s’exprime en un incroyable vacarme au cœur de ces vastes étendues enneigées.

De nouveau sur la route, nous rejoignons la 35, empruntée là veille, après ce court détour dans les terres. Notre prochaine étape est Kerið, un ancien volcan dont le sommet s’est affaissé lors de sa dernière éruption. Bien que l’accès au site soit bien balisé (et payant), on est quasiment seuls en cette saison. Situé au cœur d’un champ de lave, Kerið marque d’abord par sa couleur rouge qui se devine sous la neige. Dès les premiers mètres du tour du lac, on retrouve quelques bourrasques d’air glacé qui rendent le pied fragile sur la roche polie. On escalade d’abord la face la plus abrupte avant de redescendre en pente plus douce, mais toujours glissante, vers les bords du lac figé par le froid. Les lumières changeantes du ciel rendent le décor un peu magique et complètement unique.

Pour notre dernière étape, on retrouve les circuits classiques pour tout premier voyage en Islande (on le sait déjà, il y en aura d’autres !). Seljalandsfoss est sans doute la plus connue et la plus photographiée des cascades de l’île. Située au pied d’un glacier, elle se détache d’une falaise sombre ce qui permet, l’été, de longer la roche derrière la cascade. En hiver, pas question de se lancer dans les balades humides : le chemin est glacé et parsemé de pierres lisses prêtes à dévaler la pente à la moindre erreur. L’eau et le vent ont aussi givré la bordure du chemin et toutes les marches des accès en hauteur. Pour grimper, chaque pas exige toute notre attention et des crampons sont les bienvenus. Si la plupart des voyageurs ne s’attarde que sur la cascade principale, après quelques photos, nous poussons le chemin sur quelques centaines de mètres pour rejoindre le ruisseau. Dissimulée dans la roche, Gljúfrabúi , une autre cascade, déverse des torrents d’eau sur une roche noire et luisante parsemée de mousse verte. L’atmosphère de ce lieu baigné d’une étrange lumière donne au décor des allures de grotte magique.

Avant de découvrir notre petite auberge, on profite des derniers rayons du soleil sur la plage de sable noire voisine tandis que le dernier ferry de la journée rejoint paisiblement les iles Vestmann. Le calme avant la tempête…

Coté pratique

Le logement

South Iceland Guesthouse, Steinar 3, 861 Steinar, Islande
Un petit guest house au pied d’un volcan, entouré de moutons. Petit déjeuner compris. Salle de bain communes refaites récemment.

Les visites

Geysir: Accès gratuit.

Kerið: 400ISK par personne

Seljalandsfoss: Parking payant

Les repas

Yellow, 800 Selfoss
Une enseigne de restauration rapide Healthy où l’on choisit sa viande (poulet, bœuf ou végétarien), ses légumes (patates douces, riz, nouilles) et la sauce pour un prix raisonnable.

Gamla fjósið,
Un petit restaurant en bord de route dans un ancien corps de ferme. Déco d’un autre âge mais cuisine réconfortante.

Fumerolles de Reykjadalur

1er Novembre 2018

Après une nuit un peu difficile et un tour rapide dans Reykjavik sous les lueurs rosées du matin, il était grand temps de commencer notre périple en voiture dans le sud de l’Islande. Les premiers kilomètres donnent le ton du voyage, la route jusqu’à Hveragerði est vallonnée et pleine de neige. Le goudron noir fend le décor immaculé et immobile. On le parcourt sous un temps grisonnant qui n’est pas des plus rassurants. Heureusement, la situation s’arrange sur les hauteurs de la petite ville géothermique. Comme une enclave au milieu d’une étendue de blanc, la vallée dégage une quantité de fumée impressionnante. On se balade un moment dans les rues désertes avant de filer vers les montagnes et la vallée de Reykjadalur

Le décor qui nous attendait à Reykjadalur est tout ce que l’on imaginait trouver sur cette ile nordique. Les couleurs d’automne ont tapissé le paysage de dorures chaleureuses. La rivière d’eau chaude serpente dans les collines fumantes, bouillonnantes. Dans le lit du cours d’eau, de petits morceaux de lave semblent avoir gelé de l’intérieur. Tout autour, les herbes vertes, or ou orangées sont entourées de fumée. On remonte le chemin sur un peu plus de 3km, d’abord sur le goudron, puis dans la terre avant de crapahuter dans les chemins enneigés. L’endroit est superbe, silencieux et baigné d’un doux soleil d’hiver.

La neige a complètement enveloppé le paysage. Autour de nous, tout est blanc. On poursuit sur les pentes parfois gelées avec plus ou moins d’assurance et d’élégance. Le bruit de l’eau, au loin, nous indique la présence d’une cascade imposante, elle aussi formée par de l’eau chaude et fumante. Sur quelques kilomètres, nous sommes perdus au milieu de la nature. Bientôt, le cours d’eau réapparait, serpentant gentiment au cœur de la neige. On y plonge une main à défaut de se baigner dans les premiers méandres. Au bout du chemin, dans une ambiance nettement moins paisible, de grosses marmites d’eau bouillante crachent une épaisse fumées aux vapeurs de souffre. Le soleil a disparu, la vapeur colle au visage et brouille légèrement la vue… Autant de signaux qui nous indique qu’il est temps de rentrer.

Sur le parking, notre petite Škoda, déjà bien poussiéreuse, nous attend pour poursuivre le périple. On roule doucement jusqu’à Geysir, charmé par le décor sauvage où l’on devine chevaux et moutons au loin, perdus dans les plaines. La nuit est presque tombée lorsque nous arrivons à l’hôtel, un peu perdu au milieu de nul part. Le sol craque sous les pieds, le vent parait polaire à cette heure et saisit chaque parcelle de peau qui n’est pas recouverte d’épaisses couches de vêtements.

Par contraste, passer la porte de l’hôtel apporte pourtant un bien-être immédiat. Le décor de la salle de restaurant tout de bois, de cuir et de métal est accueillant et réchauffé par un feu qui crépite doucement dans le poêle. On nous amène un soupe délicieuse et du pain chaud et moelleux terriblement réconfortant. Le repas avalé, on s’effondre dans d’épaisses couettes comme des enfants, bercés par la douce chaleur de notre petite chambre, pour ne rouvrir les yeux qu’au matin.

Coté pratique

Le logement

Litli Geysir Hotel, Geysir, 801 Haukadalur, Islande
On aime beaucoup ce petit hôtel, chaleureux, confortable et perdu dans la neige.

Les visites

Vallée de Reykjadalur
Randonnée des sources chaudes: 7.5km, +/- 260m de dénivelé, 3 heures.
Un petit café propose soupes et desserts sur le parking.

Les repas

Litli Geysir Restaurant, Geysir, 801 Haukadalur, Islande
Pour un bon repas dans un décor chaleureux et accueillant

Halló Reykjavik

31 octobre 2018

Après un an d’attente, l’Islande est enfin là. Les ailes aux décors roses bonbon de notre avion fendent les nuages et la cote apparait après quelques heures de vol. Au dessus de l’eau, le ciel arbore ces teintes grisées presque orageuses qui donnent au paysage des couleurs si particulières. Un rayon de soleil fend les nuages et un arc-en-ciel salue finalement notre arrivée. Au bout des pistes, une ribambelle de monts enneigés achève de nous convaincre: l’Islande sera formidable.

Dans notre immense Škoda à pneus cloutés, on remonte vers Reykjavik tout en essayant de concilier la prise de photo avec la préservation de nos doigts dans l’air glacé. On aime les lumières, les rondeurs du paysage et les couleurs d’automne saupoudrées de neige. Il faut moins d’une heure pour arriver au centre de la capitale où nous attend notre chambre avec vue panoramique sur la ville. Le centre est plein de petits bâtiments de quelques étages aux murs colorés et aux intérieurs chaleureux.  Au bout de la rue principale, l’étrange cathédrale, la Hallgrímskirkja, trône sur une place pavée.

Une rue prise au hasard nous entraine au bord de l’eau près du Sólfar, le voyageur du soleil, silhouette d’un bateau viking échoué sur l’horizon. Un peu plus loin, des étendues de cairns côtoient l’étrange Harpa, carrément futuriste avec ses milliers de parois vitrées.

On y passe un bon moment à gravir les étages pour gagner de nouvelles perspectives tout en jouant avec le plafond couvert de miroirs. Il ne nous faut que quelques minutes pour rejoindre la marina et ses boutiques de touristes croulant de macareux en peluche, de fées, d’objets viking et de décorations de Noël. Elles sont encerclées de restaurants bondé dont l’un, choisi au hasard, nous héberge pour la soirée avant de filer vers notre première expédition.

La nuit est tombée depuis longtemps sur Reykjavik lorsque nous repartons vers la cathédrale. Le froid aussi. On empile les épaisseurs à l’aspect et aux couleurs parfois hasardeuses avant de quitter notre cocon de chaleur. Un minibus nous récupère au bout de la Skólavörðustígur et file vers le Nord. Les lumières de la ville s’éteignent, les abords de la route se vident et nous roulons bientôt au milieu de nul part dans un paysage couvert de neige que l’on devine tout juste dans la nuit noire.

Le bus s’arrête, nous signifie la présence de « Northern Lights » et la quinzaine de voyageurs descend du bus en vitesse. Une forme blanche étrange éclaire le ciel face à nous. Un peu étonnés, on installe l’appareil photo et, après quelques secondes de pose, un ciel vert apparait sur l’écran. Si la météo est propice à l’observation d’aurores boréales, l’activité solaires n’est, elle, que très peu intense ce soir là. Nous ne verrons que ces lueurs blanches étranges dansant dans les paysages enneigées et glacés. Malgré les nombreuses photos, on reste un peu perplexes face à ces visions. Le rendez vous est donc pris: nous aurons notre revanche sur les aurores dans la semaine.

Coté pratique

Le logement

Thor Guesthouse – Skolavordustigur, Skolavordustig 16, 101 Reykjavik, Islande
Idéalement situées, les chambres sont très propres et la vue donne tout son charme à ce lieu. Salle de bain et cuisine à partager avec les quelques chambre du pallier. Petit déjeuner non compris.

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Les visites

Aurores boréales: nous avons réservé une excursion aurores boréales en petit comité (et avec chocolat chaud !) via le site Guide to Iceland.

https://guidetoiceland.is/fr/reserver-islande-voyage/deluxe-aurores-polaires-en-minibus

Il n’est pas forcément indispensable de passer par une visite guidée pour voir des aurores. Lorsque l’on connait les signes à rechercher (voiles blancs dans le ciel) et les bonnes références météo (https://en.vedur.is/weather/forecasts/aurora/), on peut se débrouiller seul avec une voiture. Néanmoins, sans cette excursion, nous n’aurions sans doute pas été capable de reconnaitre les lumières blanches, annonciatrices d’aurores.

Les repas

Frederiksen Ale House, Hafnarstraeti 5, Reykjavik 101
Pourtant bien noté sur Tripadvisor, nous avons passé une nuit un peu difficile après le diner… erreur de parcours sans doute.

The Subway

Lors de notre précédent voyage, Zion avait été mon incontestable coup de cœur. Couleurs incroyables, reliefs escarpés, randonnées uniques voire carrément mythiques…. Zion avait déjà tout. Le parc cachait pourtant d’autres mystères, de ceux qui restent sagement blottis dans un coin de la tête, dans l’attente d’être découverts. Au fond du canyon, le Subway patiente, protégé par les rangers et par des heures de randonnée. Cette fois, ni les kilomètres, ni la chaleur ne sont les plus grand remparts. Cette fois, nous ne pouvons compter que sur notre bonne étoile.

Soucieux de préserver cet endroit unique, le National Park Service a en effet imposé l’obtention d’un permis délivré par un système de loterie. Deux chances sont données aux visiteurs: 3 mois et quelques jours avant la randonnée prévue. L’attente est longue jusqu’à la première réponse… négative. On retente notre chance un soir, en se branchant sur le wifi d’un bar bruyant, après une journée désespérément pluvieuse. On retente et on oublie presque. Il fait déjà nuit quand, quelques jours plus tard, on allume l’ordinateur pour découvrir un mail du parc national. Une douce euphorie règne alors dans notre chambre de motel: le miracle s’était produit, nous avions un permis !

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3 juillet 2018

Notre bonne étoile brille toujours au dessus de nos têtes et nous garantit une météo sans risques orageux. Une longue randonnée nous attend et le thermomètre, en revanche, a vite tendance à s’emballer ces jours ci. Le soleil est donc à peine levé quand nous prenons la route, permis en poche, sac à dos chargés et impatients de dévaler le sentier. L’itinéraire du Subway étant peu balisé, on sort le GPS et la trace téléchargée la veille, trace qui nous entraine sur un chemin plein de sable jonché de roches noires. On suit bêtement ce chemin improvisé jusqu’au bord du canyon. Sous nos pieds, le vide: une falaise abrupte et pas la moindre trace de piste. On hésite mais il nous faut finalement faire demi tour et tourner en rond un moment pour retrouver le bon chemin.

La balade serpente doucement le long des falaises, dans un silence reposant. Rapidement, le chemin devient plus raide et l’on aperçoit finalement, en contre bas d’un champ de pierre particulièrement abrupt, quelques randonneurs. Avec prudence, nous suivons cet improbable circuit, les jambes bientôt pleine d’une poussière rosée. Ce n’est qu’une fois arrivés en bas, indemnes, que l’on commence à s’inquiéter du retour. Ces pensées sont cependant vite balayées par le décor, charmant et tranquille.

Le cours d’eau est bordé d’herbes vertes et hautes, parsemées de fleurs jaunes. Il court entre des roches de toutes tailles et de toutes formes, partagées entre les nuances de roses et de gris. Ici, impossible de se perdre: il suffit de remonter le lit de la petite rivière sur des kilomètres. Si la randonnée n’a rien de vraiment difficile, elle n’est pas pour autant particulièrement reposante: on passe régulièrement d’une rive à l’autre en escaladant chaque fois de nouvelles pierres ou en s’aventurant dans les herbes hautes. On croise à nouveau le petit groupe de randonneurs puis plus rien. Nous sommes seuls au monde au cœur de Zion.

Le lit de la Left Forkof North Creek s’élargit à mesure que le soleil grimpe dans le ciel. Les falaises prennent des couleurs plus vives accentuées par un fond bleu sans nuage. Bientôt, le sable disparait et l’eau file directement sur la roche. Nous voilà donc les pieds dans la rivière, le chemin ayant complètement disparu. De petites cascades apparaissent finalement, marquant un réel tournant dans la balade. Les arbres prennent de la hauteur, la roche s’arrondit, le canyon devient subitement plus étroit.

On avance le nez en l’air, tout petits au pied de ces falaises qui se rapprochent toujours plus. Un virage, un autre et, enfin, on aperçoit les rondeurs du Subway. Les lumières du canyon se reflètent dans l’eau presque stagnante devant l’entrée des lieux et la douce euphorie de la loterie gagne à nouveau les troupes. Il n’existe sans doute pas, à cet instant, de randonneurs plus privilégiés que nous, seuls devant une merveille que peu on la chance de découvrir.

On s’avance tout doucement vers l’entrée du tunnel, avançant à pas de loup sur la roche polie par les années. Les parois du Subway cache une succession de piscines naturelles à l’eau bleutée translucide. Le chemin s’arrête ici, dans ce décor incroyable baigné de soleil. Par curiosité, et sans doute pour prolonger un peu le plaisir de la découverte, on dépose toutes les affaires aussi haut que possible avant de partir à la nage dans le dédale des derniers bassins. Alors que la fraicheur saisit instantanément chaque muscle immergé, on avance en riant bêtement, insensible à ce léger détail. Après quelques virages, une cascade d’eau glacée nous accueille dans le dernier bassin. Les plus courageux se glissent dans une étroite faille entre deux rochers pour se laisse asperger par la Keyhole Falls, dernière étape du voyage.

Un peu à contre cœur, on finit par rebrousser chemin, détrempés mais ravis de cette expérience insolite. Un immense tronc d’arbre posé en travers de blocs rocheux non moins imposants nous héberge le temps d’une pause déjeuner, pieds dans l’eau et seulement entourés de quelques papillons. On y passe un long moment, à la fois pour profiter de l’endroit et pour retarder l’instant où il faudra à nouveau crapahuter sous un soleil brulant…

Il nous faudra plus d’une heure de marche pour retrouver l’abrupte descente pleine de roches traversée à l’aller. Peu convaincus, on finit par s’y engager avec une extrême prudence de peur de faire rouler des pierres à chaque pas. Ce n’est qu’une fois arrivés au sommet qu’un couple, qui nous observait étrangement, nous a demandé pourquoi nous n’avions pas emprunté le chemin. On se regarde, sans un mot, perplexes… en voilà une bonne question. Le dernier kilomètre qui nous sépare de la voiture a des airs de promenade de santé après cette remontée chaotique. Tout en marchant, on se promet intérieurement de ne plus jamais suivre des randonneurs ou des traces GPS aveuglement à l’avenir. A l’arrivée, les bouteilles d’eau, soigneusement économisée sur le chemin, sont rapidement vidées. Notre petit SUV climatisé fait soudainement figure d’oasis et nous roulons vers un repos bien mérité.

Après une courte pause à l’hôtel, juste le temps de retrouver un aspect présentable, nous partons sur la magnifique route 9 qui longe la Virgin River en direction de Springdale. Une petite table nous y attend en terrasse, survolée par de minuscules colibris. Quand quelques deers traversent la route entre deux tintements de verres, on se dit que Zion a résolument tout pour plaire.

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Coté pratique

Le logement

Super 8 by Wyndham Hurricane Zion National Park, 65 South 700 West, Hurricane, UT 84737
Chambres spacieuses, piscine et petit déjeuner inclus avec machine à gaufre. Emplacement idéal pour se rapprocher de Zion à un prix raisonnable.

Les visites

Zion National park – The Subway – 15km aller retour, environ 6h.
Pass America the Beautiful accepté, Tous les documents pratiques pour le parc sont ici: https://www.nps.gov/zion/planyourvisit/maps.htm
Les inscriptions pour la loterie du Subway ont lieu ici: https://zionpermits.nps.gov/lotteryapply.cfm
Ne pas oublier de vérifier la météo, capricieuse à Zion: personne n’aimerait se retrouver dans le Subway pendant un orage…

Les repas

Spotted Dog Cafe, 428 Zion Park Blvd, Springdale, UT 84767-7701
On se régale de plats un peu plus fins que d’habitude et desserts faits maison sur une terrasse où les colibris volent au dessus de nos têtes. Les deers du parc se promènent sur le trottoir qui longe le restaurant : magique !

Kanarra Falls

2 Juillet 2018

Réveillés relativement tôt ce matin là, nous sortons du motel les bras chargés de bagages quand nous remarquons des dizaines de montgolfières aux formes originales et colorées qui grimpent dans le ciel. Elles surgissent de toute part, derrière les hôtels voisins, avant de s’élever dans un décor bleu sans nuage. Sur cette belle image, on reprend la route pour les profondeurs de l’Utah.

Dans une campagne verdoyante, on emprunte des routes où nous sommes les seuls voyageurs. Notre petit SUV tangue sur un dernier chemin tout cabossé et plein de poussière qui nous indique l’arrivée. Perdue dans des champs d’herbes hautes, dans un carré de terre et de sable, Meadow Hot Spring accueille déjà deux familles. Des gamins sautent dans l’eau profonde, d’autres plongent pour observer le fond. On s’installe sur les bords de ce bassin naturel à peine aménagé, lunettes sur le nez, baignant dans une eau aussi chaude que celle d’un jacuzzi. Une petite fille nous apporte des fleurs pour s’excuser de nous avoir éclaboussé avant de quitter les lieux avec sa tribu. L’endroit est calme, sans bruit, loin de tout. On y reste un bon moment, profitant de cette atmosphère paisible avant de quitter l’eau à regret pour reprendre notre chemin.

Le parking bondé de Kanarra Creek n’a rien d’encourageant. Une fumée épaisse qui s’élève à l’horizon nous rappelle que le risque d’incendie est bien présent dans le secteur. Partout, on nous rappelle que la randonnée se fait à nos risques et périls et que nous sommes susceptibles de croiser des serpents peu amicaux.  Seule la météo clémente semble nous protéger des flash floods.

Les randonneurs de tout âge sont pourtant relativement nombreux à s’engager dans le chemin de terre sous un soleil de plomb. Les premiers kilomètres n’ont rien de très original, on avance doucement sur un sentier sans grand dénivelé au milieu des arbres et de poussière rose. Un changement de décor s’annonce aux première notes du clapotis de l’eau en contre bas où Kanarra prend des allures d’oasis. Désormais, on marche directement dans l’eau claire de la rivière. Quelques pierres roulent sous nos pieds et l’eau fraîche est particulièrement bienvenue.

En à peine une heure, le chemin devient plus étroit et les premières falaises rosées apparaissent. Les slot canyons ont un petit quelques chose de magique, on y avance une main courant sur la pierre polie par l’eau et le vent, intrigués par chaque virage, émerveillés par le jeu des lumières sur la roche. Un vent frais court au dessus de l’eau,  portant les voix des randonneurs bientôt couvertes par le bruit des cascades. La première, sans doute la plus connue et la plus photographiée, se dresse soudain devant nous. Un rondin de bois et un bout de ficelle ont été installés en guise d’échelle et permettent de poursuivre la randonnée une fois arrivés au sommet. Pour certains, ce passage relève carrément de l’expédition: on croise une famille avec un porte bébé sur le dos que l’on regarde descendre le long de l’eau avec inquiétude…

Le premier obstacle franchit, la randonné se poursuit dans un secteur plein de lumière. La chaleur des rayons du soleil et la fraicheur de l’eau sur la peau sont un vrai bonheur. L’espace de quelques minutes, les autres randonneurs ont disparu. On s’installe alors un moment pour se baigner dans de petits bassins accessibles par des toboggans naturels. Arrivés à la seconde cascade, la solidité de l’échelle nous fait douter: un tronc d’arbre, plus léger, est installé contre la falaise mais seuls trois échelons, dont deux vacillants, ont été posés dessus. Inquiets de ne pas pouvoir redescendre sans se blesser, on finit par se résigner à faire demi tour, comme tous nos voisins subitement réapparus. Le retour est plus calme, plus doux aussi, le soleil s’étant enfin décidé à nous laisser un peu de répit. Trempés mais ravis du périple, nous regagnons le motel d’Hurricane pour une bonne nuit de sommeil. Demain, l’immense Zion nous attend.

Coté pratique

Le logement

Super 8 by Wyndham Hurricane Zion National Park, 65 South 700 West, Hurricane,

Chambres spacieuses, piscine et petit déjeuner inclus avec machine à gaufre. Emplacement idéal pour se rapprocher de Zion à un prix raisonnable.

Les visites

Meadow Hot Springs
Accès gratuit, le lieu fonctionne sur la base de dons. Pour trouver la source d’eau chaude:

  1. Rejoindre I-15 S/I-80 E
  2. Rester à gauche à l’embranchement pour continuer sur I-15 S
  3. Prendre la sortie 158 pour State Route 133 en direction de Meadow Kanosh
  4. Prendre à gauche sur UT-133 S
  5. Tourner à droite

Kanarra Falls
Depuis Saint George, prendre l’autoroute I-15 en direction du Nord puis la sortie 42 en direction de Kanaraville. Aller au bout de E 100 N Street.
Depuis le 1er mai 2018, il est nécessaire d’acheter un permis pour faire la randonnée soit sur place, soit sur le site internet dédié. Les billets sont contrôlés à l’entrée (9$).

Salt Lake

01 juillet 2018

Loin des moustiques de Grand Teton et du mauvais temps de Yellowstone, nous voilà de retour en Utah et en plein choc thermique, au cœur du désert aride où plus rien ne semble vivre. Au bout d’une route infiniment droite et sans relief, une station essence brille comme un mirage et ouvre les portes d’un lieu étrange: Bonneville Salt Flats. Une immensité de blanc s’étend à la fin de l’asphalte, hypnotisante et éblouissante. On roule sur une épaisse couche de sel lissée par le vent un petit moment, droit devant nous, les fenêtres ouvertes et le visage balayé par un air chaud et salé. On perd vite les repères, les notions de distance et de temps. Aucun endroit ne semble être plus hors du monde que celui ci.

En sortant, le sel craque et colle sur la peau et sous les baskets. On sautille comme des enfants, amusés par ces nouvelles perspectives, charmés par l’impression de pouvoir voler dans les airs. D’autres voitures apparaissent finalement au loin, défilant à toute vitesse en projetant des nuages de poudre blanche. On s’approche pour découvrir le début d’une des nombreuses courses organisées sur la célèbre Bonneville Speedway où musique, bières, barnums et moteurs qui grondent donnent le ton. Un vrai bout d’Amérique dont on se souviendra longtemps.

Au beau milieu de rien, entourée de déserts arides dans la veine de Bonneville, surgit Salt Lake City. Le berceau de l’église Mormone est impeccable, fendu de grandes avenues aux buildings imposants et à l’atmosphère calme. Les immenses artères sont presque vides, tout juste traversées par quelques touristes. Seule Temple Square est animée. Des familles entières et endimanchées se promènent dans les allées, près des temples et du visitor center. Dans ce décor lisse, on nous regarde étrangement avec nos shorts, nos traces de sel collées aux jambes et nos sacs à dos trop chargés. Il faut admettre que l’on fait tâche parmi toutes ces jolies robes et ces chemises blanches impeccables…

Temple Square est bordée d’un quartier résidentiel verdoyant où de jolies maisons de briques s’alignent sagement. Tout parait impeccable et rien ne bouge, pas une voiture, tout juste quelques piétons. On grimpe au sommet de la colline qui abrite un parc ombragé cerclant le Utah State Capitol, sorte de mini Washington immaculé. L’intérieur a, comme le reste de Salt Lake City, un goût de carton pâte: trop propre, trop calme, trop vide. On regrette un peu d’être venus un dimanche tout en soupçonnant que le reste de la semaine est à peine plus animé.

Coté pratique

Le logement

Super 8 by Wyndham Provo BYU Orem, 1555 North Canyon Road, Provo, UT 84604

Un motel classique équipé de chambres plutôt spacieuse et d’une grande piscine !Petit déjeuner inclus.

Les repas

The cheesecake factory, 65 Regent St, Salt Lake City
Pour un morceau de cheesecake au choix parmi une carte impressionnante.

Fumerolles et caldeiras

28 juin 2018

Sur le chemin du parc, on traverse Fort Yellowstone où les wapitis profitent largement des pelouses bien tondues qui bordent les bâtiments de pierre, imposants et austères. Pourtant, notre périple du jour nous démontrera encore que le Yellowstone est résolument plein de couleurs.

En arrivant à Mammoth Hot Springs, on découvre de superbes terrasses de calcium sur lesquelles glisse une eau chaude parfois fumante. Les teintes sont changeantes: de l’ocre, du jaune, du blanc voire de l’argent, balayées par une vapeur odorante. Plantées dans ce décor étonnant, des reliques d’arbres morts figés dans le temps se reflètent dans les flaques d’eau. Le décor est étrange, unique mais peu fréquenté ce matin là malgré son accessibilité d’une facilité déconcertante. On profite donc avec joie de cette quasi solitude, rare au Yellowstone.

Après un pique nique grignoté sous une cabane de bois, la visite se poursuit dans le plus actif des secteurs géothermiques du parc, le Norris Geyser Basin. Des fumeroles, des mud pots et des geysers peuplent ce curieux décor, sauvage et inhospitalier. Les couleurs et l’ambiance y sont étranges, baignées de vapeur, de fumée, d’eau bouillante et d’odeurs de souffre. Porcelain Spring, à l’aspect laiteux improbable et quasiment désertée par la verdure est sans doute le clou du spectacle. On y déambule sur des platelages sous lesquels le sol frémit. Autour de nous, les bassins ont des nuances bleutées, vertes ou grises changeantes sous le ciel parfois menaçant.

Entre deux zones de chantier et trois bisons, sur le bord de la route, une pancarte annonce Artists Paintpots. Avec un nom pareil, on opte immédiatement pour un détour. Principalement connu pour ses mud pots, le secteur est traversé par un petit sentier d’à peine un kilomètre où les chipmunks gambadent  autour de mini bassins bouillonnants. On en fait cependant vite le tour, un peu déçu après avoir observé longuement le secteur de Norris.

La foule qui s’accumulent le long de la chaussée et la file de voiture à l’arrêt (voire garées n’importe où) nous indique l’approche de notre dernière étape, icône des photographes et emblème des États Unis. Le Grand Prismatic est une merveille de couleurs et de curiosité. Ce gigantesque bassin d’eau multicolore, de plus de 100 mètres de diamètre, impressionne. Bleu, vert, orange ou rouge sont données par des organismes thermophiles: plus le milieu est chaud, plus le bleu est présent. Une fumée bleue grime vers le ciel, des vagues de chaleur balayent les visages et de sournois courants d’air font décoller nombre de casquettes au bord du géant. On l’observe d’abord depuis le sol avant de se diriger vers le parking voisin. De là, un sentier grimpe doucement dans la foret afin d’offrir un peu de hauteur aux visiteurs mais, même arrivés au sommet, on réalise difficilement l’ampleur du décor.

29 juin 2018

Le parc s’éveille sous un temps terrible, grisonnant et humide. Le visitor center proche du Old Faithful Geyser abrite une foule de visiteurs emmitouflés dans diverses épaisseurs surmontées de Kway détrempés. En attendant l’éruption , on prend le temps de le visiter ainsi que le grand hôtel voisin, Old Faithful Inn, tout de bois, de pierre et de lumière. Aux alentours, le sol fume dans toutes les directions et semble former de nouveaux nuages.

Gelés et trempés, on reprend la voiture pour se diriger vers le Grand Teton National Park à la recherche d’un climat favorable. Si les trombes d’eau s’arrêtent de tomber, il faut admettre que le décor, lui, nous déçois après deux jours complets au Yellowstone. Vallées et montagnes enneigées se succèdent malheureusement sans caractère particulier. On y randonnera longuement le lendemain avec le même sentiment: le parc souffre de sa comparaison avec son imposant voisin.

La petite ville de Jackson, en entrée du parc, nous séduit en revanche à l’instant même où on la découvre. Ambiance cowboy avec ses saloons, ses devantures de bois, ses magasins de déco et de souvenirs tous plus charmants les uns que les autres. On s’y promène longuement, voguant d’une galerie d’art au magasin de souvenirs, de bars animés aux magasins de sport, de bottiers aux restaurants bondés. L’endroit parfait pour une soirée réconfortante après une météo capricieuse.

Coté pratique

Le logement

Al’s Westward Ho Motel, 16 Boundary St, West Yellowstone, MT 59758
Hôtel bien situé, près du centre, d’un super marché et de l’entrée ouest du parc. Petit déjeuner non compris.

Les visites

Yellowstone National Park
Pass America the Beautiful accepté. Toutes les cartes sont disponibles ici: https://www.yellowstonepark.com/park/national-park-maps

Les repas

Canyon Street Grill, 22 N Canyon St, West Yellowstone, MT 59758-9545
Le décor nous a tapé dans l’œil immédiatement mais la cuisine ne nous a vraiment pas marqué.

Premiers pas au Yellowstone

27 juin 2018

La route qui nous conduit au Yellowstone est fidèle au reste du Wyoming, traversé la veille. De larges prés, de la verdure, des ranchs et des chevaux défilent sur des kilomètres. Sur les hauteurs, de superbes maisons aux larges baies vitrées s’ouvrent sur un paysage doux et verdoyant. Le décor est sauvage, traversé par des rivières agitées jonchées de pierre et de bois. L’Ouest prend ici des couleurs bien différentes.

Nous n’avons qu’une heure à faire depuis Cody mais elle parait interminable tant l’impatience est grande. A l’entrée du parc, les lacs sont entourés de forêts de cimes argentées qui donnent une lueur étrange au décor. Sur les traces de bois incendiés, de nouvelles générations de pins prennent pourtant vie.

A Mud Volcano, on découvre une atmosphère nouvelle et surprenante où tout gronde, fume ou crépite. On fait le tour de la zone sur un court platelage où le vent ramène des nuages de chaleur et d’odeurs curieuses, acides. Les mares et les filets d’eau bouillonnent, prennent des teintes étonnantes ou explosent soudainement à quelques mètres de nous.

Loin de cette ambiance de cours de chimie, sur la route du canyon, des champs d’herbes hautes sont balayés par le vent. Les prairies semblent danser en contrebas de la route. Un petit bison les traverse en courant et en bondissant pour rejoindre sa maman et, déjà, on se sent séduits par le parc.

A cause des travaux en cours dans le secteur, il faut s’armer de patience pour gagner Artist Point. Une file de voiture remonte toute la route et il nous faut encore une fois compter sur la baraka de Ptit Jo pour espérer se garer. Depuis la voiture, rien ne laisse transparaitre le changement de paysage que représente le Grand Canyon de Yellowstone. Couleurs chaudes, cascade impressionnante et point de vue à pic ont tout pour plaire. Les arbres aux racines volantes poussent par miracle sur des parois colorées plus qu’abruptes. Après une petite balade sur la rive sud, on traverse la rivière pour découvrir le saisissant Lower Falls Point. L’eau chute dans un spectaculaire vacarme sous nos pieds, le décor est fendu d’un immense arc en ciel et on commence à comprendre pourquoi le Yellowstone est si mythique.

Notre journée s’achève par la Lamar Valley, sorte d’ile aux trésors pour les amoureux de la faune. Dès les premiers kilomètres, la présence de rangers attire notre attention: un ours énorme dissimulé dans des buissons bleutés se balade à une vingtaine de mètres de la voie. On ne peut s’attarder à proximité mais, un peu plus loin, la chance nous sourit à nouveau. La silhouette d’un jeune ours lézardant au soleil avec bonheur se dessine dans l’herbe haute. On l’observe un moment, roulant sur le sol, les yeux fermés pour profiter de l’air frais. On roule encore quelques kilomètres avant de découvrir les étranges antilopes d’Amérique évoluant doucement dans les plaines.

On s’arrête finalement près des méandres de la rivière. Le décor est parfait. L’herbe verdoyante et les fleurs sauvages bordent un cours d’eau tranquille et peu profond qui fait doucement rouler les cailloux. Les sommets enneigés marquent l’horizon et, sous un ciel bleuté sans nuage, des hordes de bisons évoluent paisiblement. On s’installe au bord de l’eau pour observer ces imposants herbivores, si nombreux que l’on peine à les compter. Le soleil caresse la peau, le clapotis de l’eau est dispersé par l’air frais qui court dans la vallée. Une première famille traverse la rivière un peu plus loin sous les yeux d’un imposant mâle. Partout, les petits veaux courent dans l’herbe, font des bonds et pataugent dans l’eau. Pleins de fougue et de joie, ils séduiraient instantanément les âmes les plus insensibles. Face à tant de paix, on reste un long moment à les admirer en silence, un sourire au coin des lèvres. A deux doigts d’acheter un ranch, un cheval et de venir vivre dans cet endroit incroyable, on finit pourtant par reprendre la route qui nous mène vers de nouvelles aventures.

Coté pratique

Le logement

Sunrise Motor Inn, 1407 8th Street, Cody, WY 82414
Petit déjeuner non compris et piscine agréable.

Yellowstone Big Rock, 902 Scott Street, Gardiner, MT 59030
Emplacement intéressant proche du centre-ville et de l’entrée Nord de Yellowstone mais prix bien trop élevé au regard des prestations…

Les visites

Yellowstone National Park
Pass America the Bueatiful accepté. Toutes les cartes sont disponibles ici: https://www.yellowstonepark.com/park/national-park-maps

Brink of the lower falls Trail: 2.5km, 45 minutes

Les repas

Millstone Pizza Company & Brewery,1057 Sheridan Ave, Cody, WY 82414-3529
Des bonnes pizzas nettement plus copieuses qu’elles n’y paraissent ! Une pizza moyenne nous aura fait 2 voire 3 repas. Décor plutôt sympa.

Iron Horse Bar & Grill, 200 Spring St, Gardiner, MT 59030-7747
Pour une blue Moon (ou autre) sur une terrasse perchée au dessus de la rivière.

Les montagnes du Colorado

24 juin 2018

Le froid enveloppe la voiture à mesure que l’on file vers le sommet du Mount Evans. Les sapins s’effacent au profit de pins biscornus puis de nuages. Il fait 49°F et nous roulons dans une grisaille qui annoncerait presque la neige, à peine égayée par les fleurs sauvages colorées qui poussent partout sur les bas côtés. On grimpe, toujours plus haut à chaque tournant, traversant les nuages sous l’œil vigilant des marmottes.

Un virage, un autre et soudain une silhouette blanche se dessine dans les rochers. Mon copilote me dépose et grimpe vers le sommet (il est parfois difficile de se garer le long de la route). Elle est là, broutant paisiblement les mousses colorées qui recouvrent le décor. Elle est là, ma première chèvre des montagnes. Elle me jette un œil curieux avant de reprendre son repas. Derrière elle, quelque chose remue. Une boule de poils toute blanche pointe alors son museau noir. Magie d’une rencontre… Mes mains commencent à geler quand Maman et son petit reprennent leur chemin et s’enfoncent dans les nuages. Un peu plus haut, un autre groupe de chèvres vagabonde, magnifiques, imposantes et complètement indifférentes aux visiteurs.

On poursuit la route jusqu’au sommet à quelques 4300 mètres d’altitude. Armés cette fois d’épaisseurs supplémentaires, on marche jusqu’à la crête, toute minérale. Quelques flocons nous y accueillent, le thermomètre descend à 38°F et nous voilà gelés à repenser au surf sur le sable de la veille. Pour la première fois du séjour, le soleil nous lâche. A peine de retour à la voiture, la neige puis la pluie s’abattent sur la route jusqu’à Grand Lake. En 48h, toutes les saisons auront défilé dans le ciel capricieux du Colorado.

Les Rocky Mountains apparaissent au bout de la route et un nouveau défi nous y attend. Sur les conseils du Visitor Center de Grand Lake, on passe un bon moment à longer le Colorado, étroit et sinueux dans le secteur. On fixe avec une extrême attention la forêt qui borde le bitume jusqu’au Holzwarth Historic Site, vieux ranch des années 20 tout en bois près duquel se baladent des dizaines de wapitis… l’enjeu est ailleurs.

On reprend la voiture, on vadrouille encore, les yeux rivés sur les rangées d’arbres plus ou moins denses. Une forme sombre se dessine finalement au loin. On s’arrête un peu en urgence sur le bas côté car elle est là, la raison de notre venue. Il est là, brun, imposant, évoluant dans les broussailles. Derrière nous, c’est l’embouteillage qui se dessine. Les voitures s’arrêtent rapidement pour observer à leur tour les allées de pins et, en quelques minutes, une dizaine de voitures et un bus se sont arrêtés derrière nous. L’élan disparait derrière un arbre comme il était apparu. Par chance, on le retrouve au parking voisin, pataugeant joyeusement dans un petit étang.

25 juin 2018

Le soleil semble être revenu pour de bon sur les Rocky Mountains et vient nous réchauffer après une journée emmitouflés dans trois épaisseurs. Mal réveillés, on part un peu plus tard que prévu de l’hôtel et, alors qu’il est à peine 9h, des panneaux nous annoncent que le parking de Bear Lake est déjà plein. Comptant sur notre Ptit Jo porte bonheur, on s’engage tout de même sur la route qui slalome jusqu’aux lacs. Notre coup de poker est récompensé et nous sommes accueillis par des écureuils qui traversent le sentier dans tous les sens.

Quelques minutes de marche suffisent à atteindre le Nymph Lake, recouvert de nénuphars avant de grimper gentiment à travers une forêt de pins en direction du Dream Lake. Les geais sautillent de branche en branche au dessus de nos têtes et un jeune pic attire notre attention. La balade est prisée des visiteurs du parc mais, finalement, assez paisible.

Jusqu’au Emerald Lake, de petits cours d’eau et cascades animent le paysage. Les fleurs sauvages les colorent, parfois accompagnées de quelques tas de neige. Sur le chemin du des enfants construisent même un bonhomme miniature. Le sentier grimpe finalement pour rejoindre le Lake Haiyaha, au cœur du Chaos Canyon, dissimulé derrière de gros rochers. Les décors sont changeants, on a chaud, on a froid, on escalade des rochers ou on déambule dans les sous bois pour atteindre les Alberta Falls, dernière étape de la randonnée.

La Trail Ridge Road, route scénique longue qui plane à quelques 3 700 mètres d’altitude au point le plus haut, marque la dernière étape de la journée. Sur les pans de montagnes ensoleillés, des centaines d’elks ont élu domicile. Certains jouent dans la neige et grimpent avec curiosité vers la terrasse du Alpine visitor center. Il n’y a plus un arbre autour de nous. Le paysage s’est mué en une toundra verdoyante, parsemée de petites fleurs. Les cris aigus des marmottes et des pikas résonnent dans ce paysage balayé par le vent. On les aperçoit à peine, dissimulés dans les rochers et les herbes colorées. La route défile encore sur près de 50 miles et nous ramène, presque à regret, vers Denver où nous passerons la nuit.

Coté pratique

Le logement

Twin Owls Motor Lodge, 700 Saint Vrain Avenue, Estes Park, CO 80517
Pas de grand intérêt autre que le tarif et l’emplacement. Petit déjeuner non compris

Super 8 by Wyndham Denver Midtown, 2601 Zuni Street, Denver, CO 80211
Emplacement intéressant proche du centre-ville de Denver, petit déjeuner compris et copieux !

Les visites

Mount Evans,
Entrée $15 par voiture

Rocky Mountains National Park
Pass America the Bueatiful accepté. Randonnée via Bear, Dream, Nymph & Emerald Lakes Trail (9.3 km – Dénivelé 185 m – 3h30 – Modéré) et retour par Alberta Falls. Le parking le plus près est celui de Bear Lake à l’extrémité de la Bear Lake Road mais il est très rapidement saturé… il faut donc prévoir de se lever tôt ou prendre la navette gratuite.

Les repas

TGI Fridays, 8104 E 49th Ave, Denver, CO 80238
Parce qu’on ne se lassera jamais des ribs au Jack Daniel’s de cette chaine de restaurants !