Péninsule de Snæfellsnes

5 novembre 2019

Ce matin nous quittons à regret les fjords pour la péninsule de Snæfellsnes, nettement plus connue et touristique. Pour changer un peu, on embarque dans un ferry quasiment vide où des salons plus ou moins grands sont disponibles à tous les étages. On choisir un lieu en hauteur, face à la mer, guettant du coin de l’œil les dernières baleines. En vain. On s’installe finalement avec nos ordinateurs et jeux de société tout en profitant de la balade malgré quelques tendances au mal de mer. Alors que le port de Stykkishólmur approche, on observe cette longue bande de terre qui forme la péninsule. Les guides nous y promettent un cadre exceptionnel où se succèdent montagnes imposantes, longs fjords et paysages vallonnés. Largement grignotée par le trajet, cette journée est l’occasion de rouler simplement en observant le paysage annoncé jusqu’à la célèbre Kirkjufell. Sur le port, les mouettes dansent un ballet au dessus des falaises de basaltes et des maisons typiques en attendant notre arrivée.

Tous ceux qui un jour ont envisagé de venir en Islande ont déjà vu cette montagne, couverture de mon nombre de documents sur cette ile nordique. On l’imaginait accessible après une petite balade, elle est en réalité collée à la route (qui à ce moment là, était en plein travaux). En chemin, on croise nos premiers bus touristiques… et on s’inquiète. Arrivés sur place, on tombe sur une mariée posant bras nus devant la cascade dans un froid glacial… elle a le visage tout pale et ressemble à un fantôme glacé. Plus étrange encore elle est seule avec le photographe. Aucun doute, Kirkjufell a tout de « la pose photo » qui fera fureur sur les réseaux sociaux. On est finalement assez déçus par ce lieu et surement plus charmés par le fjord voisin.

La soirée qui s’annonce nous réconcilie cependant avec la petite ville voisine: les aurores sont annoncées ! On file en voiture, le nez collé au vitre et les yeux un peu sur la route… et les premières lueurs vertes apparaissent. Installés près d’un champs de lave, on observe la scène avec délice face aux vagues vertes qui illuminent le ciel. Même si ce soir les aurores étaient timides, on ne se lassera sans doute jamais de ce spectacle.

6 novembre 2019

La partie nord de la péninsule est peuplée de ces adorables chevaux islandais qu’on adore câliner pour commencer la journée. Les grandes prairies d’herbes jaunes qu’ils parcourent filent jusqu’aux montagnes enneigées et on aperçoit bientôt le Snæfellsjökull. Si son nom ne parle pas forcément de premier abord, le glacier est pourtant devenu célèbre lorsque Jules Verne en a fait le décor de son roman Voyage au centre de la Terre. La légende raconte qu’entre ces deux pics, une grotte conduit à un monde souterrain fantastique. C’est aussi ça l’Islande: des histoires de trolls, d’elfes, de fées et de mondes magiques…une légende à chaque décor.

Les prairies disparaissent au fil des kilomètres et laissent désormais place à des champs de lave. Au milieu de ce décor chaotique, on trouve le cratère de Saxhóll dont le sommet désormais effondré sur lui même est accessible à pied. Le vent souffle sur l’escalier de métal qui court le long du volcan mais l’ascension est rapide et vaut bien un petit arrêt.

Au bout d’un autre champ de lave, une route étroite conduit à Djúpalónssandur, une plage de galets noirs abritant les restes rouillés d’une épave de bateau, dissimulés entre les falaises de lave. L’endroit est étrange, à la fois rude et gracieux. Une partie de la baie est figée dans la glace tandis que les vagues frappent avec vacarme sur les galets tout proches. On trouve en route quatre « lifting stones » : une pancarte nous explique que les matelots testaient leur force en soulevant ces pierres pour mériter de monter à bord des navires. La première, dédiée aux petites natures, pèse tout juste 54kg… les véritables marins pouvaient, eux, soulever la dernière pierre de 154kg. A l’évidence, on n’était pas près de naviguer !

Passée la balade sur la plage, on gagne le sud de la péninsule pour s’aventurer dans les gorges de Rauðfeldsgjá, une sorte de couloir ouvert dans la roche au pied d’une falaise immense. La montagne, comme fendue en deux, laisse s’échapper un ruisseau glacé qui givre l’herbe et la roche sur son passage. En suivant son tracé, on pénètre dans la faille au cœur d’impressionnantes parois couvertes de mousse. En équilibre sur les pierres luisantes, on remonte le cours d’eau jusqu’à une petite cascade sans oser s’aventurer plus loin sans équipement. On aurait pourtant adoré aller plus loin et découvrir le cœur de ces falaises majestueuses.

Notre dernière étape nous entraine à nouveau vers la plage pour une rencontre animalière. Sur Ytri Tunga, les chances de tomber sur une colonie de phoques en pleine sieste sont grandes. Malheureusement le soleil se couche déjà et on commence à doute de la réussite de notre entreprise. En chemin, Búðakirkja, l’église noire, nous impose un détour photo qui n’arrange pas nos problèmes d’horaires. beaucoup plus tard que prévu, une piste carrossée nous emmène enfin jusqu’à la ferme abandonnée de Ytri Tunga. Sur la plage, pas de phoques… on avance un peu dans les rochers pour tomber sur d’imposants moutons islandais en plein diner… d’algues ! Ils se promènent avec aisance dans les blocs de pierre sombres et nous entrainent loin du parking. Le soleil est presque couché et le ciel prend des nuances bleutées particulièrement douces. Au loin, les montagnes se couvrent de nuages et disparaissent peu à peu. C’est le moment que choisissent les premiers phoques pour apparaitre discrètement, laissant seulement apercevoir le haut de leur tête. A la lisière des vagues, un autre s’est laissé échouer sur les algues et se laisse balloter pour les remous de la mer. Ses yeux s’ouvrent et se ferment doucement, comme s’il sombrait tranquillement dans un sommeil profond. L’heure pour nous de le laisser tranquille et de poursuivre notre chemin jusqu’à l’hôtel.

Coté pratique

Le logement

Grundarfjordur Guesthouse and Apartments, Hlidarvegur 15, 350 Grundarfjörður, Islande
Un guesthouse très propre en bordure du fjord. les chambres ne sont pas très grandes mais confortables.

Hotel Hafnarfjall, Hafnarskógur, 311 Borgarnes, Islande
Ici, on retrouve un peu l’esprit des motels américains. les chambres sont basiques mais largement suffisantes, le patron très sympa et les petits déjeuners copieux. Un jacuzzi est disponible à l’extérieur avec vue sur le fjord… ou sur les aurores boréales !

Les activités

Baldur Ferry, départ 12h – arrivée 15h
A réserver ici: https://guidetoiceland.is/fr/reserver-islande-voyage/ferry-brjanslaekur-flatey-stykkisholmur

Les repas

Sjavarpakkhusid, Hafnargata 2a, Stykkisholmur 340 Islande
On se régale d’un burger de poisson et de pommes de terres sautées qui fondent dans la bouche. Un bonheur dans un cadre typique et chaleureux avec vue sur le port

Arnarstapi Center and Snjofell Restaurant, Arnarstapavegur, Arnarstapi Islande
Soupes et pizzas bien chaudes à partager, servies dans une salle moderne flambant neuve avec de grandes baies vitrées… leurs cookies sont énormes !

Renards des fjords

2 novembre 2019

Tout juste un an après la fin d’un premier périple en Islande, le retour sur cette ile est un enchantement. Cette fois, la route nous entraine vers les fjords de l’Ouest, plus sauvages et isolés. Peu de touristes s’aventurent ici, moins de 10%, et ils sont encore plus rares en hiver.

La route est un peu longue depuis Keflavik et nous roulons pendant des heures, presque une journée entière. Le paysage changeant, entre eau et montagnes, plaines enneigées ou prairies colorées est toujours aussi charmant. On ne croise personne à part quelques moutons et poneys, l’asphalte semble nous avoir été réservé. Les premiers fjords arrivent finalement, à la fois tortueux et majestueux, offrant des panoramas jamais croisés l’an dernier. On s’arrête enfin dans l’un d’eux, au bout d’un chemin plein de cailloux et de terre.

Au milieu de nulle part, l’auberge de Heydalur est entourée de grandes prairies ou se promènent des dizaines de poneys. On s’arrête au restaurant à l’intérieur tout en bois en plein après-midi, accueillis par deux adorables chiens, un perroquet bavard et une petite grand-mère. Elle nous sert du poisson pêché dans le ruisseau voisin directement après notre commande (on la voit nous le ramener dans une grande bassine !) et une cargaison de pommes de terre. Un bonheur après tant de route.

La maison propose également l’accès gratuit à ses sources chaudes. Deux bassins extérieurs sont accessibles ainsi qu’une sorte de piscine lovée au milieu d’une serre désordonnée. Un drôle de nuage de vapeur flotte dans la serre où les arbres perdent leurs feuilles. On est à nouveau seuls, à peine dérangés par le chat de la maison en pleine ronde quotidienne. Si le bain d’eau chaude est agréable, en sortir est un autre sport. Les vêtements laissés dans la serre sont humides et froids, le sol glacé. On file à la voiture pour se réchauffer et reprendre la route dans la pénombre jusqu’à Sudavik.

A Sudavik, nous sommes accueillis par un couple de français installés ici depuis des années. Rencontrés via Air BnB, ils ont eu la gentillesse de repousser la fermeture du guesthouse pour nous. Ce soir, ils nous entrainement pour un cours de photo de nuit. Stephanie et Rodolphe prennent leur temps, vérifient notre matériel, se renseignent, conseillent… Ils passent près d’une heure avec nous avant même le début de l’excursion. On embarque finalement avec eux dans la nuit noire et froide pour tout apprendre de la photo de nuit. Un moment parfait, plein d‘astuces, de conseils et d’exemples. Nous restons plusieurs heures dehors à explorer toutes les possibilités tout en devinant de timides aurores boréales dans le ciel. Il est presque 2h du matin lorsque nous rentrons. On s’écroule après une journée de 20h dans nos couettes moelleuses et douillettes. Demain matin, il faudra se lever avant le soleil.

3 novembre 2019

Ce matin, Rodolphe nous entraine dans les highlands. Il fait à peine jour quand nous arrivons sur place pour une journée de cache-cache avec les renards polaires. Notre guide nous apprend tout des renards. Leurs habitudes, leurs liens compliqués avec les Islandais mais aussi le caractère et l’histoire de chaque individu. On apprend par la même occasion qu’il existe deux types de renards polaires en Islande : les gris qui vivent sur les bords des fjords et se nourrissent grâce aux marées et les blancs qui chassent dans les montagnes.

Nous voilà partis, emmitouflés dans des vêtements sombres, pour planquer au bord de l’eau ou dans les herbes hautes en espérant observer ces petits mammifères timides dans leur pêche du matin. On attend, immobiles, impatients et plus attentifs que jamais. Les minutes passent, les heures sans doute aussi. Le froid et l’humidité saisissent et il faut se rendre à l’évidence : les renards ne viendront pas.

On poursuit la balade dans un décor majestueux aux couleurs chaudes parfois dissimulées sous une fine couche de neige et de glace. Partout, le sol est recouvert de bosquets de myrtilles et de baies. D’épais buissons donnent l’impression de marcher sur de la moquette, on rebondit presque en dévalant les pentes. De l’autre côté du fjord, la réserve de Hornstrandir parait nettement moins hospitalière, l’accès y est d’ailleurs quasiment fermé en cette période. On marche des heures, à l’affut, dans ce paysage magnifique. Par chance, le soleil ne nous lâche pas de la journée et on aurait presque chaud malgré les températures qui frisent le zéro. Malgré tout le savoir de Rodolphe, malgré tous les indices repérés (les renards laissent plein d’oursins sur leur passage !) aucun renard ne se montre. Résignés, on prend le chemin du retour en baissant la garde.

Et puis soudain, ils apparaissent. De l’autre côté d’un méandre, deux petits renards gris tranchent avec les herbes hautes. Ils nous repèrent vite et s’enfuient, leur pelage d’hiver au vent. On peine à réaliser tant la surprise est grande. Motivés comme jamais, on reprend la quête, impatients de les retrouver. Une demi-heure passe encore. Ils ont disparus.

Alors qu’on pourrait penser que le sort s’acharne, elle apparait. Une petite femelle blanche dort sagement dans les buissons. Tofa devrait vivre nettement plus en altitude, chasser les oies sauvages et se dissimuler dans la neige. Pourtant elle est là. Notre guide nous fait signe, nous donne toutes les clés pour l’approcher sans l’effrayer. Sac à dos resserré et téléobjectif autour su cou, me voilà partie dans les milliers de myrtilles encore gelées, grimpant dans la pente abrupte avec les mains. Il est tard désormais et la lumière change. Le ciel devient blanc et il est difficile de repérer la petite femelle. Un pas devant l’autre, un peu au hasard, il faut surtout veiller à être silencieuse. Elle est enfin là. Encore quelques pas.

C’est le moment qu’ont choisi les buissons pour me rappeler à l’ordre. En un clin d’œil je me retrouve enfoncée jusqu’à la taille, une jambe probablement passée dans une ancienne tanière.

Tofa lève la tête, me regarde longuement sans me voir. Par chance, les renards ont une mauvaise vue et distingue surtout les contrastes. Le cœur battant et avec toutes les précautions du monde, je sors de mon trou et continue mon chemin. Toujours plus près. Cette fois Tofa me voit, elle se lève, m’observe. Je m’assieds sans bouger et lui laisse tout le temps de décider.

La rencontre est belle, sans doute la plus belle de toutes. Le monde s’arrête de tourner quelques secondes, le temps d’un regard, d’un accord. Les rêves de photographie animalières prennent soudain vie. Elle est magnifique. Son pelage blanc immaculé et ses longs poils lui donnent des airs de peluches. Son petit nez noir et ses grands yeux en amande lui donnent un air doux et charmeur. Tofa me laisse m’approcher encore, changer de place et prendre des dizaines de clichés.

Des étoiles dans les yeux, il est finalement temps de la laisser continuer son chemin.

On retourne à la voiture, lessivés mais heureux, emplis d’une tendresse infinie pour ces petites créatures. Sur la route, Rodolphe nous berce encore d’anecdotes sur son parcours, son métier et leur vie paisible dans les fjords mais surtout, il nous parle encore d’animaux. C’est sans doute ce qu’on aura préféré chez Rodolphe : son immense amour et respect pour les renards. Il nous rappelle constamment que nous sommes chez eux, simples visiteurs et que la rencontre est une chance. Elle n’en est que plus belle.

Coté pratique

Le logement

Sudavik Guesthouse, 20 Túngata, 420 Súðavík, Islande
Accueil chaleureux et chambres confortables. Un salon et une cuisine commune permettent de s’installer après avoir cuisiné son repas (des économies de restaurants bienvenues en Islande !)

Les activités

A la fois guide et photographe, Rodolphe est sans hésiter la personne à recommander. On avait choisi cette balade car elle se veut respectueuse de l’environnement et des animaux : ici pas de nourrissage, pas d’appât, pas de selfie douteux ou d’animaux domestiqués. Juste de la patience, de la connaissance, du respect et du travail. De belles valeurs dans un superbe décor.

La rencontre avec les renards est un de ces moments qu’on ne peut jamais oublier. Il est impossible de regretter cette expérience que l’on conseille sans la moindre hésitation. Environ 200$.

Le cours de photo de nuit est également un très bon souvenir. On apprend plus en quelques heures qu’en des semaines de pratiques. Environ 120$.

Pour réserver c’est ici ! Dites leur bonjour pour nous !

Les Repas

Auberge Heydalur, Heydalur 401 Ísafjörður
Pour un repas au coeur des fjords et une pause baignade

Les lumières du Nord

5 novembre 2018

Chaque soir, le nez dans la tisane et bien au chaud, un seul rituel revient : le suivi minutieux des prévisions météo. Le ciel d’Islande est un attrait majeur de l’hiver et notre première expérience des aurores boréales n’a été qu’un avant-gout.  Ce soir est notre dernière vraie chance de les observer. On scrute donc le déplacement des nuages et l’intensité des vents solaires. Vers 23h, une éclaircie se devine par la fenêtre et on commence enfin à distinguer les étoiles. Par la grande baie vitrée du salon plongé dans l’obscurité, on surveille avec attention l’apparition d’un voile clair dans le ciel. Les minutes passent et rien ne bouge, pourtant on y croit. 23h20, les yeux plissés, le nez collé contre la vitre, on devine enfin une éclaircie. Ni une ni deux, on file dehors vérifier cette impression : pause longue programmée, suspens et lumière verte qui apparait sur l’écran… Les aurores arrivent !

Avec une excitation similaire à celle d’un enfant de cinq ans découvrant Disneyland, on remet nos nombreuses couches anti froid et on part sur les routes noires à la recherche d’un lieu isolé. La plage de Reynisfjara survolée lors de la tempête n’étant qu’à quelques kilomètres, on opte rapidement pour cette voie. A notre arrivée, le ciel se colore déjà de douces lumières vertes diffuses. On s’équipe plus vite que jamais avant de s’installer sur la plage de sable sombre. A l’est, le phare de Dyrholaey balaie la nuit noire mais ne suffit pas à éclairer la plage. Si la mer semble tranquille et le bruit des vagues rassurant, on reste tout de même à proximité du parking pour ne pas se faire surprendre dans l’obscurité. Une grande trainée verte fend soudain le ciel tel un arc en ciel. Le spectacle commence.

Le ciel s’agite sous nos yeux et les aurores prennent des formes multiples. Des taches diffuses apparaissent ici et là tandis que certaines aurores dansent au-dessus des falaises et flottent comme des rubans. Partout, les lumières du Nord se révèlent. Un incroyable rideau lumineux semble désormais longer la mer et laisse deviner des jolies lueurs violettes. Après de longues minutes, il s’efface en un nuage vert intense puis laisse place à l’obscurité. A l’Ouest, de timides lueurs font à leur tour leur apparition. Elles s’élèvent vers le ciel à la verticale telle une rangée de bougies puis fuient elles aussi en dansant au-dessus des falaises. On reste là deux heures, la tête en l’air, fascinés par ce voyage unique. La morsure du froid et du vent devient cependant difficile à supporter. Les doigts sont gelés et les bouger simplement devient pénible, de longs frissons nous parcourent de part en part et la fatigue se fait sentir. Les lumières, elles, perdent doucement en intensité et en régularité. Il est temps de regagner notre chambre, à jamais marqués par cette nuit magique.

Au réveil, Reynisfjara nous appelle à nouveau. La météo semble clémente et la mer relativement tranquille, on tente à nouveau notre chance. Il y a foule ce matin-là mais la plage est dégagée. Les falaises baignées de soleil se découvre enfin et des nuées de centaines d’oiseaux planent au-dessus de nos têtes. On découvre finalement l’étendue des colonnes de basaltes qui s’élèvent sur des dizaines de mètres au-dessus d’une grotte sombre. Au loin, les falaises de Dyrholaey ont cessé d’être battues par les flots et on découvre seulement la fameuse arche.

Quelques heures de route nous séparent de Reykjavik pour cette dernière journée de voyage. On la parcourt sur fond d’Hyperballad de Björk et de ses paroles inspirées.

We live on a mountain
Right at the top
There's a beautiful view
From the top of the mountain

La route est comme toujours superbe et contrastée, entre prairies d’automnes et monts enneigés. Une dernière caresse aux poneys et déjà Reykjavik apparait au bout du chemin. Magnifique Islande c’est promis, nous reviendrons bientôt.

Coté pratique

Le logement

Base Guesthouse by Keflavik Airport, 57 Valhallarbraut, 262 Keflavík, Islande
Hôtel quelconque mais idéalement placé pour un départ matinal à l’aéroport de Keflavik

Les prévisions météo

Pas mieux que ce site ! On y trouve tout et plus particulièrement la position des nuages heures par heures et les prévisions d’intensité. Nous les avons vu ce soir là avec une prévisions de 3 sur 9 et le spectacle était déjà marquant. On espère en voir un jour où les prévisions sont à 5 !

Halló Reykjavik

31 octobre 2018

Après un an d’attente, l’Islande est enfin là. Les ailes aux décors roses bonbon de notre avion fendent les nuages et la cote apparait après quelques heures de vol. Au dessus de l’eau, le ciel arbore ces teintes grisées presque orageuses qui donnent au paysage des couleurs si particulières. Un rayon de soleil fend les nuages et un arc-en-ciel salue finalement notre arrivée. Au bout des pistes, une ribambelle de monts enneigés achève de nous convaincre: l’Islande sera formidable.

Dans notre immense Škoda à pneus cloutés, on remonte vers Reykjavik tout en essayant de concilier la prise de photo avec la préservation de nos doigts dans l’air glacé. On aime les lumières, les rondeurs du paysage et les couleurs d’automne saupoudrées de neige. Il faut moins d’une heure pour arriver au centre de la capitale où nous attend notre chambre avec vue panoramique sur la ville. Le centre est plein de petits bâtiments de quelques étages aux murs colorés et aux intérieurs chaleureux.  Au bout de la rue principale, l’étrange cathédrale, la Hallgrímskirkja, trône sur une place pavée.

Une rue prise au hasard nous entraine au bord de l’eau près du Sólfar, le voyageur du soleil, silhouette d’un bateau viking échoué sur l’horizon. Un peu plus loin, des étendues de cairns côtoient l’étrange Harpa, carrément futuriste avec ses milliers de parois vitrées.

On y passe un bon moment à gravir les étages pour gagner de nouvelles perspectives tout en jouant avec le plafond couvert de miroirs. Il ne nous faut que quelques minutes pour rejoindre la marina et ses boutiques de touristes croulant de macareux en peluche, de fées, d’objets viking et de décorations de Noël. Elles sont encerclées de restaurants bondé dont l’un, choisi au hasard, nous héberge pour la soirée avant de filer vers notre première expédition.

La nuit est tombée depuis longtemps sur Reykjavik lorsque nous repartons vers la cathédrale. Le froid aussi. On empile les épaisseurs à l’aspect et aux couleurs parfois hasardeuses avant de quitter notre cocon de chaleur. Un minibus nous récupère au bout de la Skólavörðustígur et file vers le Nord. Les lumières de la ville s’éteignent, les abords de la route se vident et nous roulons bientôt au milieu de nul part dans un paysage couvert de neige que l’on devine tout juste dans la nuit noire.

Le bus s’arrête, nous signifie la présence de « Northern Lights » et la quinzaine de voyageurs descend du bus en vitesse. Une forme blanche étrange éclaire le ciel face à nous. Un peu étonnés, on installe l’appareil photo et, après quelques secondes de pose, un ciel vert apparait sur l’écran. Si la météo est propice à l’observation d’aurores boréales, l’activité solaires n’est, elle, que très peu intense ce soir là. Nous ne verrons que ces lueurs blanches étranges dansant dans les paysages enneigées et glacés. Malgré les nombreuses photos, on reste un peu perplexes face à ces visions. Le rendez vous est donc pris: nous aurons notre revanche sur les aurores dans la semaine.

Coté pratique

Le logement

Thor Guesthouse – Skolavordustigur, Skolavordustig 16, 101 Reykjavik, Islande
Idéalement situées, les chambres sont très propres et la vue donne tout son charme à ce lieu. Salle de bain et cuisine à partager avec les quelques chambre du pallier. Petit déjeuner non compris.

20181031 (8)
Les visites

Aurores boréales: nous avons réservé une excursion aurores boréales en petit comité (et avec chocolat chaud !) via le site Guide to Iceland.

https://guidetoiceland.is/fr/reserver-islande-voyage/deluxe-aurores-polaires-en-minibus

Il n’est pas forcément indispensable de passer par une visite guidée pour voir des aurores. Lorsque l’on connait les signes à rechercher (voiles blancs dans le ciel) et les bonnes références météo (https://en.vedur.is/weather/forecasts/aurora/), on peut se débrouiller seul avec une voiture. Néanmoins, sans cette excursion, nous n’aurions sans doute pas été capable de reconnaitre les lumières blanches, annonciatrices d’aurores.

Les repas

Frederiksen Ale House, Hafnarstraeti 5, Reykjavik 101
Pourtant bien noté sur Tripadvisor, nous avons passé une nuit un peu difficile après le diner… erreur de parcours sans doute.