Au sommet des Andes

5 au 8 août 2019

Après quelques jours formidables en Amazonie, nous voilà revenus provisoirement dans la capitale péruvienne où notre petit groupe se sépare. Certains rentrent en France, d’autres poursuivent l’aventure vers la dernière grande étape de ce périple péruvien : la cordillère des Andes. Après une soirée en bord de mer à Lima et un trajet en bus de 7h aux nombreux virages, nous arrivons à Huaraz et ses quelques 3052 mètres. Sur le moment, tout va bien. On découvre la capitale des Andes sans grand charme mais pleine de vie, de bruit et de restaurants aux cuisines du monde.

Au matin, un mini bus jaune tout droit sorti des années 70 vient nous récupérer pour une longue journée de route dans la cordillère. Il faut près de 3h pour gagner le glacier, on s’arrête donc en cours de route pour faire une pause et avaler notre troisième maté de coca de la matinée, espérant encore naïvement qu’il nous sauvera des maux d’altitude… Un peu plus loin, on s’arrête de nouveau sur l’altiplano et ses prairies immenses balayées par le vent. Au milieu des étendues herbeuses, d’énormes boules de feuilles piquantes apparaissent ponctuellement et forment de petites colonies. Les puya raimondi fleurissent une fois dans leur vie, après une centaine d’années d’existence. Leur fleur s’élance vers le ciel en une hampe florale de près de 10 mètres avant de laisser la plante s’éteindre doucement, épuisée par un tel exploit. Entre les touffes herbeuses, on trouve aussi des sources gazeuses aux différentes nuances de bleu qui parsèment le paysage. On adore ces grandes prairies péruviennes sauvages croisées tout au long du séjour.

Une courte balade grimpe jusqu’au glacier Pastoruri dans un décor lunaire. Si on avait scrupuleusement respecté les règles de passage d’altitude jusqu’à présent, notre courte escale en Amazonie semble nous avoir fait repartir à zéro. De façon bien plus violente que lors de l’ascension de Vinicunca, en tout cas pour moi, l’altitude se rappelle au bon souvenir de nos organismes peu habitués. Ces ridicules kilomètres n’auront été que souffrance et seule l’impensable idée de ne pas arriver au sommet m’aura permis de continuer à avancer. Avec le recul, j’ai l’impression d’avoir mis des heures à gravir ces fichus 300 mètres de dénivelé : 4900-5200. Des chiffres qui donnent un peu le tournis. Arrivée en haut, un élan de découragement énorme s’abat sur moi à la perspective des balades à venir. J’abandonne mon sac à dos et je ronchonne longuement après cette idée idiote de cordillère des Andes. Puis finalement, en levant les yeux sur ce décor paisible, tout va mieux. Tout est contrasté autour de nous, la glace blanche tranche radicalement avec la pierre d’un gris mat, même le bleu du lac est étrangement profond. Au bout d’un moment, on repart tranquillement (forcément, ça descend) vers notre mini bus, marchant sur l’ancien domaine du glacier, le cœur un peu serré face à un nouveau constat écologique : le glacier recule malheureusement de près de 15 mètres par an.

Le lendemain, on file droit vers la dernière ascension du séjour, vers un immense classique des treks dans le secteur : la laguna 69. Sur la route, on croise un premier lac aux eaux turquoises baignant les pieds de parois abruptes et ensoleillées. Le lac Llanganuco ouvre sur une vallée colorée traversée d’une petite rivière agitée qui abrite le point de départ de cette randonnée. Les premiers kilomètres sont faciles, paisibles. On circule dans les herbes jaunies, entourées de hautes montagnes et de vaches se baladant librement. On arrive finalement à une série de lacets grimpant dans les herbes hautes et, étonnamment, on les vit plutôt bien. Nous sommes déjà à plus de 4000 mètres mais on souffre à peine plus que dans nos montagnes françaises. Des bosquets de fleurs violettes colorent peu à peu le chemin, quelques cascades s’écoulent sur les montagnes voisines et, progressivement, on se rapproche de la neige.

Au sommet de la première montée, un petit lac ouvre la porte d’un autre plateau charmant aux couleurs de savane. Au-dessus de lui, d’imposantes falaises grises forment un mur menaçant. C’est au sommet de ces falaises que la récompense nous attend.

On reprend la route calmement, les yeux grand ouverts sur cette montagne magique puis on grimpe, encore, longtemps. A mesure que l’on avance, la végétation disparait. Bientôt, une ambiance grise s’empare du décor. Le soleil tape fort et éblouit en se reflétant sur la neige. On avance toujours, au pied d’imposants cimetières de pierres surmontés d’énormes blocs de glace. Enfin arrive le lac, majestueux, d’une couleur parfaite. Aucune des photos ne lui rend justice. On s’arrête un long moment pour le pique-nique, le visage caressé par le soleil, une bonne fatigue dans les pattes mais heureux de cet accomplissement. On déjeune à 4600 mètres d’altitude où l’on savoure les derniers instants d’un séjour qui se mérite.

Un séjour plus éprouvant que tous les autres.

Un séjour dont on ressortira plus grands.

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’arrivée à la laguna 69 reste sans doute le meilleur souvenir de la Cordillère, le décor est fantastique tout du long et je me souviens avec émotion des derniers mètres parcourus en courant pour avoir enfin la vue sur cette eau claire entourée de neige. Le meilleur moyen de terminer ce séjour.

Coté pratique

Les activités

Étant partis avec l’agence Andes Authentiques Tours, nous n’avons pas eu à organiser nous-mêmes ces excursions, voilà tout de même quelques informations.

Glacier Pastoruri
Le glacier Pastoruri est accessible avec sa propre voiture (route en bon état) ou par le biais d’un tour organisé depuis Huaraz pour environ 35 PEN. Il faudra compter 6heures de route aller-retour plus le temps passé sur place. Toutes les agences proposent des arrêts sur la route et sur l’altiplano à proximité de Puma Pampa. L’entrée au parc Huascaran est comptée en supplément pour environ 30 PEN.

Laguna 69
Le point de départ de cette randonnée se fait à quelques 3900 mètres et le sentier grimpe jusqu’à 4600 pour une distance totale de 14km. Si cela peut paraitre impressionnant, la randonnée est sans doute nettement plus accessible qu’elle n’y paraît tout en constituant une véritable expérience pour les randonneurs en quête de nouveaux sommets. Si un guide est complètement inutile ici, il sera tout de même nécessaire de trouver un moyen de transport et de partir tôt car la route est un peu longue. De nombreuses agences propose cette prestation ce qui implique beaucoup de monde au point de départ mais les randonneurs se dispersent vite sur le chemin. Les tarifs sont à peu près identiques au glacier et il faut, là aussi, compter l’entrée au parc.

Le logement

Hôtel El Tumi, Jr.San Martin 1121, Huaraz
L’hôtel est bien placé dans Huaraz et donne accès à un salon de massage (en supplément) au dernier étage, agréable après de longues journées de marche.

Les repas

Crêperie Patrick, Avenue Luzueiaga 422
On mange de tout dans ce restaurant, c’est bon mais pas inoubliable.

Mi Comedia pizzeria, Av. Centenario 351, Independencia Al Frente de la Unasam, Huaraz
Une excellente pizza dans un décor cocooning et chaleureux, agréable dans la nuit froide de Huaraz.

Chili Heaven, Parque Ginebra Lot 28, Huaraz
Une bonne adresse pour tous ceux qui n’ont pas peur de manger asiatique et relevé !

La montagne arc en ciel

31 juillet 2019

Il fait nuit et froid quand nous nous réveillons ce matin-là. A l’heure où Cusco dort encore, nous rejoignons notre mini bus les yeux à moitié clos pour gagner un lieu de plus en plus prisé par les voyageurs. Un lieu qui, comme souvent au Pérou, se mérite.

On comate le plus gros du trajet, à peine éveillés quand le bus s’arrête au bord de la route pour un petit déjeuner dans une salle vitrée et glaciale où l’on se réconforte à grand coup de maté de coca brulant.

Après 3 heures de trajet, on arrive finalement aux portes de Vinicunca dans un décor montagneux spectaculaire. Le parking perdu sur les hauteurs du monde est déjà plein. Des bus entiers, des minibus comme le nôtre ou des taxis s’accumulent au départ d’une randonnée d’exception. Quelques familles sont installées là, dans cet univers poussiéreux mais baigné de soleil. Vêtues de tenues bigarrées, elles veillent sur les lamas et alpagas qui errent sur les pentes ou proposent des mules aux voyageurs inquiets par la marche.

Le début de la balade, à plat, est plaisant. Dans cet univers désertique, les versants de la montagne arborent un vert étrange, le sol est recouvert d’une poussière rosée avec, en toile de fond, d’impressionnants sommets enneigés. Passé le premier kilomètre (ou le deuxième on ne sait plus !), le sentier s’élargit notablement. Une grande esplanade minérale fait figure d’étape dans cette course à la hauteur. Les randonneurs s’arrêtent, les mules aussi. Désormais, chacun devra poursuivre à pied. Au bout de cette esplanade, la mauvaise nouvelle de la journée : une montée, deux en fait en regardant bien…

Je ne sais pas si elles étaient vraiment si impressionnantes… En y repensant, ces montées n’étaient sans doute pas si terrible. Mais sur le moment, elles ont provoqué un immense découragement.

A cette altitude, l’organisme souffre. Si on a la chance de ne pas être malade, on peine à mettre un pied devant l’autre, surtout dans la dernière ascension qui file droit vers le mirador. Le cœur et la tête fonctionnent, le cerveau sacrifie le reste. Les jambes sont douloureuses rapidement et on se sent vraiment rouillés. Autour de nous, on voit de tout : de véritables athlètes qui souffrent à peine et d’autres randonneurs encore plus abattus que nous.

Puis finalement on y arrive, on voit enfin la pancarte indiquant le sommet. C’est seulement là qu’on cesse de fixer le sol et qu’on se retourne, ébahis. On découvre sous un nouvel angle l’incroyable vallée traversée puis, elle est enfin là: la montagne arc-en-ciel, ses couleurs sucrées et son ciel bleu intense. Elle est là, comme un aboutissement, peu importe le nom qu’on lui aura choisi : Cerro Colorado, Rainbow Mountain, Montana Siete Colores… 7 couleurs pour autant de minerais, accumulés depuis des siècles qui forment cet étrange environnement.

Ça y est, on a passé les 5000 mètres.

On a parcouru les 5 kilomètres les plus longs de notre vie.

On se retrouve sur les hauts sommets du monde après une randonnée dans des paysages à la fois magnifiques et uniques.

On respire un air unique, pur et frais.

On vit, en grand.

Autour de nous, de nombreux touristes partagent le même sentiment et le même sourire : tous ont réussi. On fait tamponner nos passeports et on observe, longuement.

Les plus courageux d’entre nous s’élancent à l’assaut de la montagne rouge voisine, dissimulée derrière les sommets. Ils seront quasiment seuls sur le trajet qui grimpe encore de quelques centaines de mètres pour découvrir un paysage désertique haut en couleurs. Avec le recul, je regrette infiniment de ne pas avoir tenté l’expérience et d’avoir laissé mes jambes fatiguées céder au repos.

Vinicunca demande du temps, de la patience et du courage.

Elle en vaut la peine, sans aucun doute.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le mirador sur cette montagne aux airs de berlingot se mérite mais la récompense est grande

Coté pratique

Les activités

Alors qu’il était autrefois difficile de se rendre sur les pans de la montagne sans faire de laborieux trek, une nouvelle route amène désormais bien plus près. Étant partis avec l’agence Andes Authentiques Tours, nous n’avons pas eu à organiser l’excursion. Nous avons bénéficié d’un guide tout au long de la balade qui veillait au bien être de chacun et qui nous a surtout laissé profiter des lieux autant qu’on le souhaitait. Dans votre choix d’excursion, il me semble que ce sera l’essentiel : avoir du temps pour savoir la montagne et l’explorer à son rythme.

Pour ce type d’excursion à la journée, il faudra compter environ 80 soles par personne. Certaines offres comprennent une nuit en refuge. Elles partent toutes aux environs de 4h du matin pour assurer du temps sur place. C’est donc l’heure de pointe. Certains sites conseillent de venir sur les lieux par ses propres moyens vers 11h et de faire la randonnée sans guide (ce qui est facilement réalisable)

Le logement

Hôtel Amerinka, Calle Marques 272, Cusco
Des chambres spacieuses, un bon petit déjeuner et un emplacement parfait.

Les repas

Le Buffet Francés, Carmen Alto 219 San Blas, Cusco
Pour une raclette andine accompagnée de charcuterie locale !

Granja Heidi, Cuesta San Blas 525 2nd Floor, Cusco
Un restaurant de qualité dans un cadre charmant

Crêperie Backpacker La Bo’M, Calle Carmen Alto 283. San Blas., Cusco City Centre
Pour le plaisir de manger des crêpes bretonnes à l’autre bout du monde dans une ambiance baba cool.

Jack’s Cafe, Choquechaka 509, Cusco
Une référence que nous n’avons pourtant pas apprécié particulièrement.

Papachos, Portal de Belen 115 Plaza de Armas, Cusco
Un restaurant à l’étage donnant sur la place des armes. Une cuisine à base de frites et de burgers, bien utile pour se remettre de nos émotions.

25 Fontes et Faja dos Padres

29 mai 2019

Nous partons ce matin pour la balade la plus connue de l’ile, la levada 25 Fontes. Après une nouvelle traversée acrobatique de l’ile, on laisse la voiture à Rabaçal pour rejoindre le poste forestier. Le parking est bondé et traversé sans scrupule par un troupeau de vaches qui déambulent entre les allées. On les retrouve jusqu’au poste forestier, pas perturbées les moins du monde par la présence de tous ces voyageurs. Il y a foule en fin de matinée. Des mini bus entiers débarquent en même temps que nous et on croise pour la première fois des randonnées guidées. Les deux premières kilomètres se font directement sur la route qui descend dans la foret.

On rejoint alors un sentier plus étroit qui s’enfonce encore dans la vallée. A mesure que les kilomètres passent, le sentier devient de plus en plus étroit. Le chemin ouvre de temps à autres sur de beaux panoramas et de petites cascades où s’installent de nombreux pinsons. Pour la première fois, on bouchonne presque parmi tous ces visiteurs. Si le décor est agréable et fleuri, la foule présente gâche un peu l’ambiance.

On remonte enfin le long des levadas ombragées avant de grimper quelques marches. Au sommet, un petit cirque rocheux ensoleillé et verdoyant apparait. Une longue cascade centrale a fait son chemin au cœur de la végétation tandis que des dizaines de petits filets d’eau ruissèlent entre les fougères. Une douce fraicheur se dégage et offre une pause pique-nique agréable. Fatalement, le retour n’est que dénivelé positif et la chaleur se fait à nouveau sentir. On arrive au poste forestier bien dorés et soulagés de retrouver bientôt notre petit coin de paradis.

Au pied d’une falaise et accessible uniquement par bateau ou par téléphérique, Faja dos Padres a tout pour satisfaire nos envies de bout du monde. Un énorme effondrement de falaise a donné vie à cette terre promise qui nous accueillait pour deux nuits. Au XVe siècle, les premiers habitants, des prêtres, se sont installés en y développant l’agriculture. Favorisée par un microclimat, la petite colonie s’est développée grâce à une culture de fruits tropicaux et à des vergers exotiques sans égal. Aujourd’hui, une dizaine de maisons accueillent les touristes dans cet écrin de nature.

Avantage du hors saison, nous sommes seuls à notre arrivée pour découvrir les lieux. Le téléphérique arrive directement dans le verger qui respire les vacances. Autour de nous, de longues allées courent entre les bananiers et les arbres à papayes. Des passiflores grimpent partout pendant que les fruits murissent tranquillement. Entre les oiseaux de paradis et les plantes grasses, des dizaines de lézards s’affolent à chacun de nos pas. Tout est calme et seuls les sursauts des lézards et le roulement de la mer sur les galets perturbent le silence. Notre petite maison blanche donne, elle, directement sur l’océan limpide. Quant au restaurant lui aussi installé au bord de l’eau, il achève de nous convaincre. Tout y est local (faja dos padres est quasiment autonome), délicieux et joliment présenté.  On a bien réfléchi et le verdict est sans appel : impossible de ne pas tomber amoureux de cet endroit.

Le coup de cœur de Ptit Jo

A l’instant même où nous avons réservé deux nuits à Faja Dos Padres, on sentait que la déception serait impossible. Cet oasis de calme et de nature a tout pour plaire: bord de mer, tranquillité, fruits exotiques, produits locaux et permaculture. On adore, sans réserve.

Coté pratique

Le logement

Faja dos Padres, Téléphérique Rua Padres António Dinis Henriques nº 1 9300-261 Quinta Grande
Pour réserver, c’est par ici: https://fajadospadres.com/faja/index.php/en/

Les activités

Randonnée de Achada do teixeira au Pico Ruivo, aller-retour 5.6km, 300m de dénivelé positif

Randonnée Vinte e Cinco Fontes, aller retour 11km, 400m de dénivelé positif
Il faudra laisser la voiture au point de vue de Rabaçal puis marcher 2km jusqu’au poste forestier, point de départ de la randonnée (2km de grimpette au retour et au soleil…). Une navette est disponible pour réaliser ce trajet au tarif de 3€ par personne. Pour faire la rando en solo, il est conseillé d’arriver sur site avant 9h30

Les repas

Le restaurant de Faja dos Padres est directement installé en bord de plage. La carte est réduite mais tout est délicieux et essentiellement composé de produits cultivés directevement sur place. mention spécial pour le cheesecake aux fruits extotiques !

São Lourenço

27 mai 2019

Ce matin nous changeons radicalement d’ambiance avec la jolie randonnée à la pointe de São Lourenço à l’extrémité orientale de l’île portugaise. Loin des levadas et de la végétation luxuriante, on découvre ici de formidables paysages de falaises balayées par le vent. La balade débute par un chemin en descente, balisé par des marches en rondins. Il serpente dans le relief de la pointe entre herbes colorées et petites fleurs délicates, grimpe puis descend en ouvrant peu à peu la perspective sur l’océan d’un bleu profond. Le temps changeant, parfois sombre et nuageux, parfois lumineux, donne des couleurs dramatiques au décor.

La randonnée se poursuit le long d’un chemin caillouteux, juste assez large pour se croiser. On s’approche au plus près des falaises, le visage fouetté par le vent qui couvre presque le bruit de l’eau qui frappe la pierre. On aime cette nature brute et sauvage, ces roches abruptes aux couleurs variées, vestiges d’un temps où les volcans façonnaient le monde. Bras en croix, face au vent, on reste un instant à observer le mouvement des vagues, les oiseaux qui tournoient dans le ciel et les nuages courant au-dessus de nos têtes. Le sentier devient encore plus étroit et ponctué de marches en pierre. Ici, le climat semble presque aride. On longe la roche de plus près, au pied d’imposantes falaises qui s’élèvent toutes droites sur des dizaines de mètres au-dessus de nos têtes. Et soudain, toute la pointe s’offre à notre vue.

Derrière nous, la partie la plus large cache presque le reste de l’ile. Devant nous, la partie la plus étroite et escarpée file dans l’océan. On aperçoit déjà la casa Sardinha, ancienne maison des propriétaires de ce bout de nature sauvage et désormais vigie pour la protection de cet environnement unique. Ici, le vent s’arrête un instant de souffler et le soleil revient.

On poursuit notre route, jusque-là assez tranquille, jusqu’au sommet du Pico do Furado… Nos cuisses se rappellent instantanément la volée de marches gravie la veille et militent fermement pour un demi-tour immédiat. Armés de cookies et de beaucoup d’eau (ou d’eau et de beaucoup de cookies…), on poursuit l’ascension jusque au sommet. Un panorama superbe nous attend, seuls au bout du monde.

Attirés par la promesse de tortues marines et de rares phoques moines, nous filons passer l’après-midi à Caniçal pour une sortie snorkeling. La ville est étonnamment déserte à cette époque mais on devine sans peine la foule qui doit circuler les grands jours tant les structures d’accueil sont imposantes. Dans l’unique café ouvert, on sirote un chocolat chaud et une énième pasteis de nata tout en regardant le port sans vie. Il est désormais temps de se glisser dans les combinaisons de plongée d’un glamour incroyable et de monter sur la bateau. L’agence Azul Diving Center est tenue par des français ce qui facilite grandement les échanges. Notre accompagnatrice est biologiste et nous parle tout au long du trajet des espèces à rencontrer le temps d’une sortie. La météo n’étant pas au beau fixe, on compte tout de même sur la chance lorsque l’on approche de l’arche de pierre, repérée lors de la randonnée, qui surplombe notre site de plongée.


Autant le dire tout de suite, ni les tortues ni les phoques n’auront montré le bout de leur nez. En flottant au-dessus du sol rocailleux, on tombera tout de même sur de petits bancs de poissons, de mini méduses et des poissons multicolores. L’océan reste cependant un peu agité et les vagues nous projettent sur les rochers dès que l’on s’approche de trop près. Une palme décrochée et une rencontre rapprochée avec une colonie de crabes voisine rappellent assez vite à l’ordre : l’océan ne se laisse pas toujours approcher facilement. On remonte sur le bateau fatigués sans pour autant regretter la balade qui mériterait surement un climat plus favorable !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le passage le plus étroit et escarpé de la pointe est impressionnant et offre sans aucun doute le plus beau point de vue de toute la randonnée !

Coté pratique

Le logement

Pensao Astoria, Rua João Gago,10, 4Th Floor, Se, 9000-071 Funchal, Portugal
Cette pension n’est sans doute pas le meilleur hébergement de Funchal mais sans doute le mieux placé ! Le service est minimaliste et les places de parking difficiles à trouver mais quel bonheur de circuler dans le centre si facilement.

Les activités

Randonnée São Lourenço 7.2km aller retour et 417m de dénivelé positif
En dehors de l’ascension du pic, la randonnée n’est pas très difficile. En saison, elle est donc nettement plus fréquentée que lors de notre visite. Sur le chemin du retour nous avons croisé beaucoup plus de monde. Aussi, il ne faut pas hésiter à partir tôt même par temps nuageux. La balade ne perdra rien de son charme.

Azul Diving Center Madeira, Quinta do Lorde Marina, 9200-044 Caniçal Madeira
Personnel très sympa et sortie agréable malgré la météo

Les repas

Tout au long du séjour, nous avons testé plusieurs restaurants à Funchal.

Venda da Donna Maria, Bairro Santa Maria 51, Funchal, 9060-290
Pour tester les plats les plus emblématiques dans une ruelle étroite. Sans doute celui qui nous aura le moins charmé.

O Calhau, R. de João Gago 2, 9000-071 Funchal,
Situé dans une rue piétonne juste au pied de la pension. L’accueil y est charmant, la terrasse agréable, les prix accessibles et on s’est régalé ! Mention spéciale pour leur vitrine de desserts 🙂

Riso Risottoria del Mundo, Rua Santa Maria 274, Funchal, Madère 9060-291
Le restaurant le plus chic de notre séjour. Cadre parfait en bord de mer sur une terrasse abritée par de grandes voiles inspirées de celles des bateaux. On y mange des entrées, plats et desserts autour du riz sous toutes ses formes et ses couleurs. Tout est excellent. Une jolie mais couteuse découverte.

Caldeirao Verde

26 mai 2019

Nous partons aujourd’hui pour l’une des plus célèbres randonnées de Madère : Caldeirao Verde. Comme toujours sur l’île, la route depuis Funchal est à la fois jolie et acrobatique. ça monte et ça tourne tout du long du paysage qui arbore mille nuances de vert. Le point de départ se trouve au parc naturel de Queimadas et est constitué d’un charmant parc où se trouve de jolies bâtisses blanches et rouges au toit de chaume. On débute par un chemin de terre plutôt large qui circule entre petits arbres et cèdres majestueux avant de rejoindre les fameuses levadas.

Le sentier de plus en plus étroit est bordé de larges murs couverts de végétation d’un côté et d’un mince garde-corps de l’autre. Le temps devient soudain brumeux et les nuages flottent doucement au-dessus du vide, révélant de temps à autre les montagnes voisines. On se croirait au cœur de la jungle dans ce décor humide où les plantes sont reines. Fougères, mousses, fleurs et grand arbres se côtoient, se mélangent et envahissent tout. Tous les tons de vert semblent s’être donnés rendez-vous ici, au cœur de l’ile. L’eau est aussi présente partout. Le doux murmure de levadas accompagne nos pas tandis que quelques cascades ponctuent le parcours. Sur les parois, la mousse luit sous les gouttelettes qui glissent lentement le long des fougères. Arrive finalement une première grotte…

On pose nos frontales sur la tête et on s’enfonce dans la pénombre avant de ressortir dans des nuages plus épais encore et, soudain, le sentier quitte cette foret luxuriante pour s’ouvrir sur le vide. On longe une falaise grise le long de l’étroit chemin avant d’arriver au cœur d’un cirque rocheux. Au-dessus de nos têtes, d’incroyables falaises s’élèvent à la verticale. Un arbre immense, pendu à l’unique rocher qui dépasse, s’éclaire sous les rayons du soleil finalement décidé à réapparaître. On s’arrête un moment au bord de l’eau pour un pique-nique avant d’enchainer sur la seconde partie de la balade.

Le soleil désormais haut dans le ciel donne une toute autre ambiance au décor. Les reliefs enfin visibles ne perdent rien de leur charme. Sur la route, un terrible escalier nous casse les jambes. Ça monte raide le long de la falaise et la chaleur commence à se faire sentir. Puis finalement la fraicheur revient quand on croise de nouveaux tunnels, plus bas de plafonds encore et de petits cascades qui s’abattent sur le sentier.  On atterrit finalement dans une étroite gorge au parfum d’aventure où le vacarme de l’eau résonne. On la traverse sur une passerelle un peu branlante entre deux couloirs creusés dans la roche pour rejoindre la fin du circuit. Caldeirão do Inferno apparait finalement. Des centaines de filets d’eau courent sur un cirque rocheux couvert de petites plantes et s’écrasent en pluie fine sur un tapis de roches. L’occasion d’une dernière pause avant un retour à Madère, complètement sous le charme de ce petit bout de nature.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le passage des gorges en chemin vers Caldeirão do Inferno, entre tunnel sombre et bas de plafond, cascades et verdure. Le détour rallonge de près de deux heures la randonnée mais n’est à manque sous aucun prétexte !

Coté pratique

Le logement

Discovery Apartement, Estrada das Covas 55, 9230-089, Santana Portugal
Un appartement perdu dans les hauteurs de Santana qui donne sur un champs occupé par les moutons de la famille. On nous y accueille avec un plateau de petit gâteau et un Madère produit par la famille. Les propriétaires sont très gentils et les logements bien entretenus.

Les activités

Randonnée de Queimadas à Caldeirao Verde: 11.8km aller retour et 93m de dénivelé positif
Randonnée de Queimadas à Caldeirao do Inferno: 16.5 km aller retour et 1061m de dénivelé positif
randonnées n° 28 et 29 du Rotherbook

Les repas

Marcel’s Bistro, rua Manuel Marques Trindade, 18, Santana, Madère
Nous avons beaucoup aimé ce bistro au décor un peu fouillis mais à l’accueil chaleureux. Au programme, traditionnel pain à l’ail, assiettes copieuses et réconfortantes après une longue journée de marche et digestif offert par la maison.

Funchal et Ribeiro Frio

24 Mai 2020

Bienvenue à Madère !

Arriver à Funchal, c’est en soi un évènement. L’aéroport est réputé comme étant l’un des plus spectaculaire au monde. Après un immense virage au-dessus de l’océan, l’avion vient se placer parallèlement à l’ile et descend brusquement vers la terre. Cette partie de l’ile est souvent balayée par le vent et, ballotés sur nos sièges, on a l’impression d’être assis sur ressort. Sur la gauche, les maisons paraissent tout près. On aperçoit déjà les collines en terrasse et les petites maisons colorées. A droite, la mer semble toucher le ciel. Quand on s’arrête enfin sur la piste, des applaudissements nourris trahissent les angoisses de certains. Nous avons eu de la chance : quelques heures après, plus aucun avion n’était autorisé à atterrir compte tenu des conditions.

La voiture récupérée, on découvre les routes de l’ile aux pentes improbables. Ça monte, à descend et ça tourne jusque dans la capitale. On dépose nos bagages en vitesse dans notre pension avant de filer en ville sous le doux soleil de ces villes du Sud. Le centre pavé nous rappelle un ancien voyage à Lisbonne et les pasteis de nata qui fleurissent dans les vitrines des boulangeries nous font déjà de l’œil. On s’engage sur le front de mer qui semble bien calme tandis que les terrasses s’animent. Derrière elles, les maisons ont envahi toute la colline et disparaissent dans les nuages. On s’engage alors dans la rue Santa Maria où les œuvres de street art se disputent la vedette avec les restaurants alignés dans cette ruelle étroite. Un peu plus loin, le Mercado dos Lavradores est un enchantement pour les yeux et les papilles. Les fruits exotiques tous plus colorés les uns que les autres s’accumulent sur d’imposants paniers en osier, les fleurs égaient chaque stand et un brouhaha mélodieux animent cette ancienne halle art déco. On teste tout, spécialement les différentes sortes de fruits de la passion, toutes étonnantes et savoureuses. On s’initie aussi aux douceurs du madère et du pain chaud à l’ail (qu’on ne lâchera plus de la semaine). A peine arrivés, Madère nous plait déjà.

25 Mai 2020

A Madère, on vient surtout pour la nature et la randonnée (et un peu pour les pasteis de nata…). Après une soirée de balade en bord de mer, on attaque donc les choses sérieuses en filant vers Ribeiro Frio. En route, on passe sous l’impressionnante piste d’atterrissage qui semble se terminer directement au-dessus de l’eau.

On se gare à Portela avant de prendre un taxi pour nous remonter plus haut dans la montagne. Une fois sur place, un chemin tranquille nous emmène aux Balcoes pour un point de vue sur toute une chaine de montagnes verdoyantes qui court jusqu’à la mer. Le long du sentier coule les premières levadas de notre séjour. Environ 3 000 km de ces petits canaux d’irrigation creusés dans les rochers sillonnent Madère. Ils forment un étonnant système d’irrigation créé pour répartir l’eau du sommet des montagnes sur les coteaux et dans les vallées.

Les levadas, en plus de donner du charme au sentier, apporte un air frais et une douce musique tout au long de la balade. Autour de nous, tout est vert. Les plantes se développe partout et sous toutes les formes. On aime surtout les murs de mousses et de fougères encore humides qui surplombent les petits canaux. Après quelques kilomètres, la randonnée devient plus originale. Le chemin est tout juste assez grand pour une personne, bordé d’un côté par l’eau et de l’autre par le vide avant de tomber sur un étang au bleu étrange. Un tunnel sombre entre deux pans de roches ouvre finalement la voie sur une forêt. Le sentier devient plus large, les arbres plus hauts et plus grands et on rejoint finalement Portela par une longue descente.

Après un jus de passion tout ce qu’il y a de plus rafraichissant, on embarque vers la côte sauvage et la toute petite Porto da Cruz, une station balnéaire battue par les vents avec une petite crique de sable gris. Près de la plage, la cheminée de briques marque l’entrée d’un moulin où l’on broie encore la canne à sucre. A l’entrée, ça fleure bon le rhum et les fruits exotiques.

Avant de rentrer, on grimpe sur une colline par un sentier improvisé pour profiter de la vue sur la ville, les maisons perchés dans la végétation et surtout, des embruns de la mer.

Le coup de coeur de Ptit Jo

Le marché de Funchal, ses mille couleurs et la gentillesse des marchands qui nous ont laissé gouté à tout avant d’acheter !

Coté pratique

Le logement

Pensao Astoria, Rua João Gago,10, 4Th Floor, Se, 9000-071 Funchal, Portugal
Cette pension n’est sans doute pas le meilleur hébergement de Funchal mais sans doute le mieux placé ! Le service est minimaliste et les places de parking difficiles à trouver mais quel bonheur de circuler dans le centre si facilement.

Les activités

Randonnée de Riberiro Frio à Portela
Compter 11km. l’itinéraire ne fait pas de boucler. Il faut donc se garer à Portela puis prendre un taxi pour regagner le départ. On en trouve facilement près du mirador.

Les repas

Tout au long du séjour, nous avons testé plusieurs restaurants à Funchal.

Venda da Donna Maria, Bairro Santa Maria 51, Funchal, 9060-290
Pour tester les plats les plus emblématiques dans une ruelle étroite. Sans doute celui qui nous aura le moins charmé.

O Calhau, R. de João Gago 2, 9000-071 Funchal,
Situé dans une rue piétonne juste au pied de la pension. L’accueil y est charmant, la terrasse agréable, les prix accessibles et on s’est régalé ! Mention spéciale pour leur vitrine de desserts 🙂

Riso Risottoria del Mundo, Rua Santa Maria 274, Funchal, Madère 9060-291
Le restaurant le plus chic de notre séjour. Cadre parfait en bord de mer sur une terrasse abritée par de grandes voiles inspirées de celles des bateaux. On y mange des entrées, plats et desserts autour du riz sous toutes ses formes et ses couleurs. Tout est excellent. Une jolie mais couteuse découverte.

Fumerolles de Reykjadalur

1er Novembre 2018

Après une nuit un peu difficile et un tour rapide dans Reykjavik sous les lueurs rosées du matin, il était grand temps de commencer notre périple en voiture dans le sud de l’Islande. Les premiers kilomètres donnent le ton du voyage, la route jusqu’à Hveragerði est vallonnée et pleine de neige. Le goudron noir fend le décor immaculé et immobile. On le parcourt sous un temps grisonnant qui n’est pas des plus rassurants. Heureusement, la situation s’arrange sur les hauteurs de la petite ville géothermique. Comme une enclave au milieu d’une étendue de blanc, la vallée dégage une quantité de fumée impressionnante. On se balade un moment dans les rues désertes avant de filer vers les montagnes et la vallée de Reykjadalur

Le décor qui nous attendait à Reykjadalur est tout ce que l’on imaginait trouver sur cette ile nordique. Les couleurs d’automne ont tapissé le paysage de dorures chaleureuses. La rivière d’eau chaude serpente dans les collines fumantes, bouillonnantes. Dans le lit du cours d’eau, de petits morceaux de lave semblent avoir gelé de l’intérieur. Tout autour, les herbes vertes, or ou orangées sont entourées de fumée. On remonte le chemin sur un peu plus de 3km, d’abord sur le goudron, puis dans la terre avant de crapahuter dans les chemins enneigés. L’endroit est superbe, silencieux et baigné d’un doux soleil d’hiver.

La neige a complètement enveloppé le paysage. Autour de nous, tout est blanc. On poursuit sur les pentes parfois gelées avec plus ou moins d’assurance et d’élégance. Le bruit de l’eau, au loin, nous indique la présence d’une cascade imposante, elle aussi formée par de l’eau chaude et fumante. Sur quelques kilomètres, nous sommes perdus au milieu de la nature. Bientôt, le cours d’eau réapparait, serpentant gentiment au cœur de la neige. On y plonge une main à défaut de se baigner dans les premiers méandres. Au bout du chemin, dans une ambiance nettement moins paisible, de grosses marmites d’eau bouillante crachent une épaisse fumées aux vapeurs de souffre. Le soleil a disparu, la vapeur colle au visage et brouille légèrement la vue… Autant de signaux qui nous indique qu’il est temps de rentrer.

Sur le parking, notre petite Škoda, déjà bien poussiéreuse, nous attend pour poursuivre le périple. On roule doucement jusqu’à Geysir, charmé par le décor sauvage où l’on devine chevaux et moutons au loin, perdus dans les plaines. La nuit est presque tombée lorsque nous arrivons à l’hôtel, un peu perdu au milieu de nul part. Le sol craque sous les pieds, le vent parait polaire à cette heure et saisit chaque parcelle de peau qui n’est pas recouverte d’épaisses couches de vêtements.

Par contraste, passer la porte de l’hôtel apporte pourtant un bien-être immédiat. Le décor de la salle de restaurant tout de bois, de cuir et de métal est accueillant et réchauffé par un feu qui crépite doucement dans le poêle. On nous amène un soupe délicieuse et du pain chaud et moelleux terriblement réconfortant. Le repas avalé, on s’effondre dans d’épaisses couettes comme des enfants, bercés par la douce chaleur de notre petite chambre, pour ne rouvrir les yeux qu’au matin.

Coté pratique

Le logement

Litli Geysir Hotel, Geysir, 801 Haukadalur, Islande
On aime beaucoup ce petit hôtel, chaleureux, confortable et perdu dans la neige.

Les visites

Vallée de Reykjadalur
Randonnée des sources chaudes: 7.5km, +/- 260m de dénivelé, 3 heures.
Un petit café propose soupes et desserts sur le parking.

Les repas

Litli Geysir Restaurant, Geysir, 801 Haukadalur, Islande
Pour un bon repas dans un décor chaleureux et accueillant