Arizona dreamin’

Voyage entre Grand Canyon et terres indiennes

Les chutes d’havasu

Encore mouillés, on emprunte le chemin de sable vers les Havasu falls sous un soleil de plomb. Au plus près des falaises rouges, le bruit de l’eau se fait entendre bien avant que l’on aperçoive quoique ce soit. En contrebas, la vision de cette chute de près de 30 mètres est une merveille de couleurs. Après quelques clichés, on décide de poursuivre sans s’arrêter vers le camping pour profiter du temps clément. On y trouve des dizaines de tentes et quelques hamacs directement suspendus au dessus de l’eau claire. Encore plus d’un kilomètre à faire avant la prochaine surprise.

Grand canyon NP

A l’ouest de la rive, le canyon est particulièrement profond et donne d’ailleurs son nom, The Abyss, a un des points de vue traversé. C’est aussi le secteur le moins fréquenté car il est le plus éloigné du village. On est finalement assez seul sur ce chemin très aménagé et partiellement ombragé qui longe, parfois de près, ces grandes falaises. En contrebas, les méandres du Colorado rougi par toutes les pluies des jours précédents apparaissent de temps à autre. Les vues se succèdent et se ressemblent finalement beaucoup jusqu’à Powell Point, un peu plus aménagé et qui semble avancer dans le vide. De là, on observe le Bright Angel Trail qui s’enfonce dans le canyon en zigzagant.

Monument Valley et son lever de soleil

Le ciel rosit à peine quand nous sortons sur la terrasse enroulés dans nos couvertures, installés comme de petits vieux sur nos chaises avec thés et cafés à la main. Une douce lumière baigne la vallée et les mesas face à nous. Dans un silence confortable, les minutes passent et la scène se contraste. Les premiers rayons du soleil percent au loin et dessine les contours de quelques nuages perdus au milieu d’un ciel rougeoyant. Derrière nous, les falaises prennent aussi des couleurs flamboyantes. Le spectacle est grandiose, l’instant presque magique. On reste encore un peu là, sans un mot, le temps de graver ce souvenir dans nos mémoires avant de regagner l’intérieur de notre cocon.

Antelope Canyon

On s’enfonce dans le canyon en déambulant entre ses parois toutes en rondeur arborant des nuances de beige, de jaune, d’orange, de rouge et de rose. La lumière est plutôt vive mais varie d’un recoin à l’autre au fil de l’inclinaison de ces masses de grès sculptées. Les roches forment des vagues au profil parfois curieux. Dans les hauteurs, quelques troncs d’arbres sont encore vissés dans la roche, vestiges des dernières inondations liées aux orages. A mesure que l’on avance, le chemin se rétrécit et on ne peut souvent avancer que l’un à la suite de l’autre. Prisonnier de ces roches ondulantes formant un décor un peu magique, on finit par perdre la notion du temps. On retrouvera finalement le soleil plus d’une heure après, encore charmés par ce lieu insolite.

Route 66

En arrivant, on retrouve le vieux chemin de fer que nous avions déjà croisé près d’Hackberry. De nouveaux klaxons se font entendre, signalant l’arrivée de ces trains à rallonge dont l’Amérique à le secret. Ils longent la petite Seligman qui, plus qu’une ville, ressemble davantage à une longue avenue parsemée de motels et de boutiques à la gloire de la route 66. Autant de musées à ciel ouvert qui offrent une pause bienvenue pour la tête et les jambes. Dans un calme étonnant, on flâne avec curiosité entre les vieilles carcasses de voitures ou de camions, les anciennes pompes à essence et les gift shops qui croulent de souvenirs terriblement tentants et où chacun achète une bêtise inutile avec délice. On ne vit ici que grâce au tourisme et ça se sent. Les décors sont savamment mis en scène et on entretient avec soin une ambiance fifties.