Le Quiraing

23 juin 2022

Après avoir revêtu notre équipement de combat pour faire face aux caprices de la météo, nous voilà à nouveau sur les routes de Skye dans notre C3 flashy. Nous partons découvrir le Quiraing, péninsule d’origine volcanique particulièrement dramatique avec ses falaises sombres surgissant dans un océan de vert.

Une route étroite, un peu sinueuse, nous conduit directement de notre B&B au départ de la randonnée. Comme aux Fairy Pools, on découvre ici un parking flambant neuf qui n’existait pas par le passé. Face au nombre de places, on songe aux pics de fréquentation de l’été et on se félicite vraiment d’avoir choisi le mois de juin. Même sans s’embarquer dans la balade, la vue depuis cet arrêt vaut vraiment le détour.

On se lance assez rapidement dans la randonnée en elle-même, sur un sentier étroit mais plutôt facile qui grimpe doucement au pied des falaises. On s’arrête régulièrement pour observer le paysage sous un nouvel angle de vue, charmés par les verts intenses, les reliefs variés et les nuages changeants dans le ciel. Deux petits lochs en toile de fond rompent le camaïeu de vert de ce décor typique des highlands.

Le sentier devient de plus en plus rocailleux, les grandes étendues vertes font place à des vallées de roches et, finalement, à d’impressionnantes falaises d’herbes jaunies.

De petits chemins de traverse filent ici et là, s’éloignant du chemin principal pour s’enfoncer dans le paysage. On en suit quelques-uns avant de gravir la plus haute falaise qui donne sur le bord de mer. Le circuit de randonnée prévoit une boucle étroite, l’aller se faisant au pied des roches sombres, le retour par le sommet des falaises volcaniques, offrant ainsi de nouvelles perspectives.

C’est finalement au moment de notre ascension que le temps se gâte, apportant un flot de nuages épais. Il ne pleut pas vraiment mais des gouttelettes humides semblent flotter dans l’air et se déposer partout à mesure que l’on avance. Dans ce brouillard dense, on évolue prudemment, restant aussi éloignés du bord que possible, pataugeant parfois dans la boue ou d’épaisses couches de mousses détrempées. Arrivés au sommet, on est accueillis par une rafale de vent frais qui dégage subitement le décor. Les deux petits lochs réapparaissent dans une étendue de vert toujours plus impressionnante. Quelques moutons sont posés là, impassibles, broutant l’herbe sans même un regard pour les randonneurs.

Le retour se fait un peu au hasard, le sentier n’étant pas réellement tracé…ou effacé par le piétinement des moutons et la circulation de l’eau qui détrempe le sol à de nombreux endroits. Le parking étant visiblement de loin, cela ne pose heureusement que peu de difficultés. Au-dessus de nos têtes, un soleil franc revient, nous réchauffe juste le temps de prendre une averse ridicule de deux minutes, disparue comme elle était venue. Qu’elle est surprenante cette Écosse !

Dans le genre surprenant, les Fairy Glenn tiennent une bonne place. A l’époque où internet n’était pas illimité sur les téléphones, elles étaient même sacrément difficiles à trouver. Tellement que même les locaux n’avaient su nous en indiquer le chemin. Aujourd’hui, on y trouve encore un de ces parkings flambant neufs qui semblent pousser comme des champignons.

Un effondrement géologique a créé cette zone étrange constituée de collines arrondies au vert vif, striées de vaguelettes. De larges étendues de fougères agrémentent ce décor étrange où l’on s’attendrait à voir surgir fées et licornes. La balade est courte mais vaut vraiment le détour.

On termine notre journée en empruntant la route reliant Uig à Staffin, tout au nord de Skye. Une fois encore nous sommes seuls, la plupart des touristes ne montant pas aussi haut sur l’île. Depuis l’unique voie, on aperçoit quelques dauphins sautant dans l’eau (disparus à l’instant même où on arrêtait la voiture… ). Sur terre, des centaines de moutons occupent les prairies qui s’étendent à perte de vue, voire carrément l’asphalte. Le décor est paisible et coloré, parfait pour clore la journée.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La randonnée du Quiraing est sans doute la plus belle que nous ayons fait en Écosse !

Coté pratique

Les activités

Quiraing car park, Portree, Sartle, Staffin, Portree IV51 9LB
Retrouvez toutes les infos sur la randonnée via ce lien : https://www.walkhighlands.co.uk/skye/quiraing.shtml
Comptez £5 pour le parking

Fairy Glen car park, Pier, Uig, Portree IV51 9XX
Retrouvez toutes les infos sur la balade via ce lien : https://www.walkhighlands.co.uk/skye/fairyglen.shtml
Comptez £2 pour le parking

Le logement

Quiraing Rooms, 2 brogaig, Staffin IV51 9JY
nous sommes restés 3 nuits dans ce B&B avec chambre individuelle et salle de bain partagée avec une autre chambre. La chambre est petite mais confortable et la salle de bain très propre. On met sur le ratio coût/qualité notamment pour le petit déjeuner. Il est stocké directement dans les chambres, composé de porridge, d’une brioche, de pain de mie et d’un jus d’orange en boîte. Il n’y a donc pas de partie chaude de type œuf et bacon et on est clairement en dessous de ce qui se fait habituellement au Royaume Uni. C’est vraiment un établissement pour dormir où l’on ne croise jamais les hôtes.

Les repas

Pendant nos trois jours sur Skye, nous avons essentiellement opté pour les repas à la maison. Le dernier soir, on s’est pourtant laissé tenter par une sortie 

The Portree Hotel restaurant, Somerled Square, Portree IV51 9EH
Un établissement plein de charme, à mi-chemin entre le restaurant et le pub, où on s’est vraiment régalés. Il est en revanche relativement coûteux.

L’Écosse est un pays relativement couteux. Aussi, pour réduire un peu la facture du voyage, nous avons opté pour un maximum de repas faits nous même. La plupart des logements fournissent a minima une tasse et une bouilloire, idéal pour les soupes ou les nouilles instantanées. Nous avons également beaucoup misé sur les enseignes Tesco qui proposent des formules intéressantes à 3.5£ avec plat + boisson + snack ou dessert. Les températures n’étant pas franchement élevées, on a pu conserver facilement nos achats dans la voiture.

Premiers pas sur skye

22 juin 2022

Quand on ouvre les yeux sur le loch, encore emmitouflés dans une couette épaisse, on ne découvre qu’un ciel gris et des nuages gorgés d’eau. On peine donc à se traîner hors de la Conchra House, à lâcher son petit déjeuner typiquement écossais et son décor d’un autre temps. Pourtant, nous rejoignons l’île de Skye ce matin, celle qui m’avait tant marquée par le passé. A peine assis dans la voiture, les premières gouttes s’abattent sur le pare-brise.

 A l’extrême Sud Est de l’île, au bout d’une route tortueuse qui traverse des landes aux couleurs automnales, les écossais ont installé un abri dédié à l’observation de la faune aquatique. Il faut marcher à peine un kilomètre pour découvrir ce petit bungalow particulièrement bien aménagé. De nombreux panneaux explicatifs décrivent les cétacés que l’on peut apercevoir en mer mais aussi les différents phoques et loutres qu’il est possible de distinguer sur les côtes.

Une longue vue est mise à disposition et de larges fenêtres surplombant des bancs de bois permettent aux amateurs de photos et aux observateurs aguerris de s’installer. On reste là un bon moment, guettant les loutres dans les algues qui s’agglutinent au bord de la plage. On en apercevra brièvement une, trop rapide pour mon appareil, ainsi que quelques phoques gris. En quittant les lieux, un mouvement attire notre attention dans les bois. Entre les troncs, une petite tête apparaît, discrète. Elle nous observe un moment, me laisse prendre une photo, et repart en sautillant, sans un bruit.

On rejoint désormais le cœur de Skye en remontant vers Portree, capitale de l’île. On est dans l’Écosse, la vraie, celle des moutons, des bords de mer chahutés et de la verdure à perte de vue.

S’il y a bien une bestiole qu’on adore dans cet univers, c’est la vache Highlands, sa fabuleuse crinière rousse et sa bouille adorable. Elles apparaissent subitement sur notre route, toutes proches. On s’arrête forcément pour une séance photo, émerveillés par les petits veaux tellement craquants. Certains se laissent caresser entre les oreilles sous l’œil attentif de leur maman, d’autres reniflent le bout de nos doigts avec une extrême prudence, prêt à déguerpir à la moindre alerte. On repart de là plein d’amour pour ces jolies bêtes avec un beau moment de tendresse.

Quand on arrive aux Fairy Pools, je suis un peu abattue par le changement. Des années auparavant, le départ de la randonnée qui remonte le petit cours d’eau était marqué par la présence de quelques voitures garées en vrac le long de la route. Aujourd’hui, un immense parking équipé de toilettes et de bornes de paiement automatiques (encore…) a surgit de terre. Sur le moment, j’ignore ce qui me déplait le plus, cette soudaine invasion et ou le temps toujours plus menaçant.

Le souvenir d’une balade ensoleillée est alors bousculé par la réalité : les nombreux promeneurs ont transformé le chemin en une large piste boueuse, le ciel gris fait disparaître les reflets bleutés de l’eau, la foule s’accumule aux premiers points de vue. On poursuit tout de même. À mesure que l’on s’éloigne du parking, le ciel se dégage légèrement et les promeneurs disparaissent peu à peu. Arrivés au pied des montagnes, on est quasiment seuls. On en profite pour faire quelques photos, rapidement rattrapés par un coup de vent apportant d’épais nuages et de la pluie. On part au pas de course en sens inverse, croisant toujours plus de visiteurs, pour la plupart parfaitement équipés. On arrive au parking trempés et finalement mitigé sur les Fairy Pools.

On parle souvent de la météo écossaise comme un véritable problème, imaginant des terres toujours grises et tristes. Si c’est parfois vrai, on oublie souvent de dire que cette météo est surtout changeante et que les quatre saisons peuvent se croiser dans la journée. Cela est particulièrement vrai sur Skye et l’on remarquera assez vite que, peu importe les éléments qui se sont déchaînés dans la journée, le beau temps revient souvent vers 16h ou 17h.

C’est ainsi que la route vers Portree se dégage peu à peu. On s’y arrête un petit moment pour la découvrir, faire quelques achats de souvenirs et réserver une table pour notre dernier soir sur l’île. A cette saison, les restaurants sont en effet pris d’assaut dès l’ouverture et il est difficile de songer à manger quelque part sans avoir prévu le coup en avance.

La grisaille définitivement disparue, les derniers kilomètres vers notre BnB offrent même des vues magnifiques sur la côte ouest, peuplée de moutons dodus crapahutant dans des falaises d’un improbable vert. De quoi se réconforter un peu et reprendre des forces, prêts à repartir le lendemain.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La rencontre avec les vaches Highland et leurs adorables petits veaux.

Coté pratique

Les activités

Kylerhea Otter Hide, Glenelg to Kylerhea, Breakish, Isle of Skye IV42 8NH
Pour observer les loutres sur Skye
https://www.walkhighlands.co.uk/skye/kylerheaotter.shtml

Fairy Pools car park, Glenbrittle, Isle of Skye IV47 8TA
Retrouvez toutes les infos sur la balade aux Fairy Pools via ce lien : https://www.walkhighlands.co.uk/skye/fairypools.shtml
Comptez £6 pour le parking

Le logement

Quiraing Rooms, 2 brogaig, Staffin IV51 9JY
nous sommes restés 3 nuits dans ce B&B avec chambre individuelle et salle de bain partagée avec une autre chambre. La chambre est petite mais confortable et la salle de bain très propre. On met sur le ratio coût/qualité notamment pour le petit déjeuner. Il est stocké directement dans les chambres, composé de porridge, d’une brioche, de pain de mie et d’un jus d’orange en boîte. Il n’y a donc pas de partie chaude de type œuf et bacon et on est clairement en dessous de ce qui se fait habituellement au Royaume Uni. C’est vraiment un établissement pour dormir où l’on ne croise jamais les hôtes.

Les repas

Pendant nos trois jours sur Skye, nous avons essentiellement opté pour les repas à la maison. Le dernier soir, on s’est pourtant laissé tenter par une sortie 

The Portree Hotel restaurant, Somerled Square, Portree IV51 9EH
Un établissement plein de charme, à mi-chemin entre le restaurant et le pub, où on s’est vraiment régalés. Il est en revanche relativement coûteux.

L’Écosse est un pays relativement couteux. Aussi, pour réduire un peu la facture du voyage, nous avons opté pour un maximum de repas faits nous même. La plupart des logements fournissent a minima une tasse et une bouilloire, idéal pour les soupes ou les nouilles instantanées. Nous avons également beaucoup misé sur les enseignes Tesco qui proposent des formules intéressantes à 3.5£ avec plat + boisson + snack ou dessert. Les températures n’étant pas franchement élevées, on a pu conserver facilement nos achats dans la voiture.

Châteaux écossais

21 juin 2021

De retour sur les bords du Loch Ness, on délaisse les balades pour une journée un peu plus culturelle. Notre premier arrêt sera le château d’Urquhart. Son emplacement sur les rives du loch l’a rendu célèbre malgré son état moyen de conservation. Le site est cependant particulièrement bien entretenu avec sa pelouse d’un vert intense et son visitor center flambant neuf. A l’intérieur, on trouve une cafétéria, une boutique de souvenirs mais surtout une imposante maquette reconstituant le château à son apogée. Grâce à elle, on se rend mieux compte de l’aménagement des espaces les uns par rapport aux autres et de la construction progressive de l’édifice.

Une fois à l’extérieur, la balade est agréable mais plutôt courte. On déambule entre les pierres vieillies, essayant de se repérer, parfois avec difficulté, par rapport à la maquette.

Notre petite voiture bleu pétant file toujours sur l’autoroute du loch. Comme il y a 8 ans, je la trouve un peu sans intérêt. Malgré la renommée du loch Ness, la région manque un peu de charme et offre des perspectives beaucoup moins intéressantes que de nombreuses vallées des Highlands.

L’autoroute nous mène à Fort Augustus, point de départ de bon nombre de croisières dans le domaine de Nessie. La ville, relativement petite, est traversée par le Caledonian Canal, creusé au XIXe siècle pour rallier la mer d’Écosse (sur la côte Ouest) à la mer du Nord (sur la côte Est). Avant d’arriver dans le loch, les bateaux passent une succession d’écluses au cœur de la petite ville, suscitant toujours beaucoup de curiosité.

Après cette pause au bord du loch, on s’enfonce de nouveau dans les terres. Si les premières dizaines de kilomètres traversent plutôt des paysages champêtres, la fin de la route est grandiose. L’A87 est particulièrement impressionnante après le loch Cluanie, quand elle traverse des montagnes verdoyantes aux sommets nuageux. On croisera sur le chemin nos premières bestioles : des cerfs rouges écossais se baladant tranquillement à côté d’une auberge.

Nous voici devant les portes de ce qui est sans doute le château le plus célèbre de toute l’Écosse. Le Eilean Donan Castle, construit sur le loch Duich et relié à la terre par un pont de pierre, attire les romantiques, les photographes et les fans de cinéma. Sous un ciel grisâtre rehaussant les couleurs, on marche dans les pas de Highlander en traversant le pont de pierre, pour une bonne tranche de folklore gaélique.

Quasiment entièrement accessible, le château est progressivement rénové depuis 1910 par les McRae, tombé amoureux du site et lancés dans une épopée architecturale un peu folle. L’intérieur est aménagé de milliers d’objets d’époques différentes, donnant parfois l’impression que le château est encore habité. On apprécie beaucoup l’ambiance qu’il y règne, renforcée par cette météo écossaise un peu capricieuse qui donne tout son charme au lieu. Après tout, à quoi ressemblerait un château écossais sous un ciel radieux ?

Notre journée se termine sur les bords du petit port de Plockton, ses maisons blanches et leurs toits noirs donnant directement sur l’eau. Sur l’autre rive, des forêts de sapins couvrent le pied des montagnes et offrent un paysage superbe. L’endroit est désert en fin de journée, paisible. Tout au long de notre courte promenade, on surveille l’eau avec attention, guettant le nez d’un petit phoque sans succès. Un vendeur de fish and chips finit par nous appâter avec une bonne odeur de frites et l’on termine la journée sur sa terrasse, charmés.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le château d’Eilean Donan dans son décor typiquement écossais

Coté pratique

Les activités

Urquhart Castle, Drumnadrochit, Inverness IV63 6XJ
Ouvert tous les jours, selon des horaires variables dans l’année et forcément réduites en hiver.
– de 9h30 à 20h entre juin et août
– de 9h30 à 18h en avril, mai et septembre
Les tarifs dépendent de la date de visite. Comptez de 9.5£ à 12£ par adulte.

Eilean Donan Castle, Dornie by Kyle of Lochalsh, IV40 8DX
Ouvert tous les jours, selon des horaires variables dans l’année et forcément réduites en hiver.
– de 10h00 à 18h en juin
– de 9h00 à 18h en juillet août
– de 9h30 à 18h en septembre
Comptez £10 par adulte et £6 par enfant
Les photos sont interdites à l’intérieur. Parking payant en journée, sauf une demi-heure avant la fermeture. Comptez £2 si vous arrivez vers 17h.

Lequel choisir ?
C’est vraiment une question difficile car les deux châteaux présentent des visites très différentes. Urquhart, moins bien conservé, n’est pas incontournable mais on en ramène de jolies photos. Il est sans doute davantage orienté pour les passionnés d’histoire. Eilean Donan offre une approche complètement différente puisqu’il est désormais presque entièrement rénové et aménagé. Dressé sur l’eau dans les nuages, c’est sans doute celui qu’on a préféré.

Plockton
Parking payant, comptez £1 à £2.

Le logement

Conchra House, Sallachy Road, Dornie, IV40 8DZ, Kyle of Lochalsh
En retrait de la route principale, cette grande maison a ce charme vieillot des bâtisses britanniques pleines de bois, de moquettes et de papier peint. On s’y sent particulièrement bien. Elle offre en plus une vue superbe sur le loch en contrebas. Le petit déjeuner était parfait. Bref on a adoré.

Les repas

The Harbour Fish Bar, 1 innes Street, Plockton IV58 8TW
Un fish and chips sans prétention aux portions généreuses.

Au cœur du Glen Affric

20 juin 2022

Notre journée débute à Inverness, capitale des highlands entre mer et loch Ness. Si la ville est l’une des plus connue d’Écosse, on ne s’y est finalement arrêtés que très brièvement, le temps de faire les courses et le tour du centre-ville. En réalité, on l’a trouvée tristoune avec ses rues vides et son château couvert d’échafaudages. On ne s’attarde donc pas et, une fois les courses alimentaires chargées, on file vers Glen Affric.

Pour atteindre la réserve, on longe d’abord le Loch Ness par l’autoroute avant de s’enfoncer dans les terres sur des routes nettement plus étroites. La dernière ville passée, le réseau est coupé, internet aussi. Nous sommes désormais complètement isolés (mieux vaut avoir fait le plein avant de venir !).

On s’arrête dès le premier parking croisé où, mauvaise surprise, le stationnement est payant. Le vide-poche plein de monnaie de mon ancien voyage, 8 ans plus tôt, on se dirige vers le parcmètre pour découvrir… que la monnaie a changé ! La plupart de nos pièces n’est désormais plus valable. Un bon samaritain nous dépanne des quelques sous manquants avec générosité. Pas de doute, la gentillesse des écossais qui m’avait tant touchée à l’époque est toujours inégalable.

Le départ de la première balade est tout proche, le long d’un cours d’eau agité et bordé de roches claires. Après un petit point, on s’enfonce dans la forêt sur un étroit chemin tournicotant dans la bruyère et gravissant les crêtes de quelques collines. Cette première partie offre de jolies perspectives sur la forêt et de petits lacs. Pourtant, on n’y croise absolument personne. La piste s’élargit sur le chemin du retour. Pas fatigués du tout, on opte pour un petit détour qui nous permet de gagner un belvédère donnant sur toute la vallée.

La route qui s’enfonce dans la vallée, loin de toute civilisation, est particulièrement plaisante. Elle file entre collines, forêts et lacs. La voie unique laisse cependant peu de possibilité pour s’arrêter et observer le paysage. On stoppe donc à chaque parking pour découvrir les points de vue ou, parfois, tenter des chemins un peu moins balisés. C’est ainsi qu’après avoir grimpé dans une forêt dense, on débouche complètement par hasard dans une large vallée aux herbes bien vertes. Si le temps menaçant donne du charme au décor, il nous inquiète également et on n’ose pas s’aventurer dans les montagnes voisines. Prudents, on finit par couper à travers champs, espérant rejoindre la route du bord de loch sans trop de difficultés.

Tout au bout de la route, un dernier chemin nous entraîne dans des zones entre rocailles, pins et bruyères. Il règne ici des airs de Canada et l’on s’attendrait parfois à voir surgir un saumon de la rivière, reluqué par un ours sur la rive d’en face. Malheureusement on ne croise ni ours, ni saumon, ni même un petit écureuil. La boucle terminée, on termine la visite par une dernière session de grimpette ouvrant sur un large panorama coloré, ouvrant sur l’Écosse comme on l’aime, sauvage.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La boucle de la river Affric, tout au bout du parc

Coté pratique

Les activités

Glen Affric National Nature Reserve

Parking payant, compter £4 pour toute la journée (ticket valable pour tous les parkings du parc). A l’entrée, vous trouverez des cartes avec les sentiers principaux balisés, il en existe cependant d’autres dont le départ se laisse deviner le long de la route. Nous avons fait les points principaux :

Depuis le premier parking, on a opté pour la combinaison du Coire Loch and the Dog Falls Trail et du Viewpoint Trail, environ 4 miles.

Le parking du Loch Beinna Mheadhain ne présente pas d’intérêt particulier, c’est davantage un arrêt au bord de l’eau pour un éventuel piquenique.

Le parking du Chisholm est le plus confidentiel. Un chemin part de là et s’enfonce dans les montagnes. N’ayant pas préparé cette balade à l’avance, nous n’avions pas de plan et pas d’idée de la longueur du chemin. Face au temps menaçant, on a préféré faire demi-tour.

Enfin, le parking du River Affric offre deux départs de sentiers. Le premier fait une boucle en forêt et le long de la rivière sur environ 1km. Il propose également un chemin montant jusqu’au Viewpoint sur la vallée

Le logement

1 Lochness Hostel, Main Street, Drumnadrochit, Inverness shire, IV63 6TX
Cet établissement, au centre de Drumnadrochit, propose des petites cabines, des logements type auberge de jeunesse et des chambres. Nous avons opté pour la dernière formule avec une chambre simple mais confortable. Une cuisine est mise à disposition des voyageurs.

Les repas

Repas à la maison !
L’Écosse est un pays relativement couteux. Aussi, pour réduire un peu la facture du voyage, nous avons opté pour un maximum de repas faits nous même. La plupart des logements fournissent a minima une tasse et une bouilloire, idéal pour les soupes ou les nouilles instantanées. Nous avons également beaucoup misé sur les enseignes Tesco qui proposent des formules intéressantes à 3.5£ avec plat + boisson + snack ou dessert. Les températures n’étant pas franchement élevées, on a pu conserver facilement nos achats dans la voiture.

Dans les Cairngorms

19 juin 2022

On file ce matin-là sur une large route vers une Écosse plus verte et plus nature. Pour débuter ce périple, on choisit le parc national des Cairngorms, qui abrite le château de Balmoral, connu pour être une sorte de refuge pour la Reine. On opte pour l’Ouest du parc, loin de Balmoral mais plus nature.

Le chemin débute à proximité du visitor center et est plutôt bien balisé. Il s’élève rapidement dans la forêt par une piste large entouré de pins et d’une mousse bien verte. Certains de sommets voisins arborent encore un peu de neige, ce qui donne un aperçu du climat dans le secteur… Sous un ciel grisonnant, on est rapidement seuls sur le sentier.

La large piste bien tracée cède peu à peu la place à un étroit chemin tournicotant dans les arbres au cœur de la forêt. Quelques passages en bois ont été aménagés au passage de ruisseaux qui filent entre d’impressionnants arbres. Après une bonne heure de marche, le paysage se dégage finalement et le Loch Uaine se lasse deviner entre les arbres en contre bas.

Notre arrivée au loch est saluée par un bref rayon de soleil. Depuis les hauteurs, on distingue donc facilement la couleur verte des eaux du lac. Malheureusement, à mesure que l’on s’approche de la rive, la couleur particulière de ce petit lac devient de moins en moins évidente. On atterrit sur une plage de sable doré, presque rose, ou quelques promeneurs se sont installés. Un cocker surexcité déboule devant nous, trempés jusqu’au ventre et un bâton entre les dents. Le message est plus que clair. On joue un moment avec cette boule d’énergie avant de faire le tour du loch, cherchant à retrouver la couleur turquoise du premier regard, sans succès.

Les alentours, en s’écartant un peu de la boucle balisée, sont plein de bruyères, de petites fleurs blanches et de hautes herbes colorées. Un sentier s’enfonce dans cette végétation et file dans les montagnes. N’ayant pas de plan, on décide de retourner vers le parking en empruntant un autre chemin, tout plat cette fois. On retrouve alors un chemin rectiligne, bien tracé, emprunté par de nombreux vélos… finalement beaucoup moins amusant que celui que nous avions pris à l’aller.

Avant de rejoindre notre logement pour la nuit, on fait quand même un rapide stop au loch Morlich, immense loch bordé de plages de sable et aux eaux propices à la baignade. Enfin propice… disons plutôt qu’une base nautique importante est installée là, proposant paddle, kayak et autre activité. Néanmoins les quelques personnes que nous croisons dans l’eau sont en combinaison et ne nous donnent pas spécialement envie de les rejoindre. On se contente donc d’une balade sur la plage, moins risquée !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les eaux turquoises du Loch Uaine

Coté pratique

Les activités

Parc National des Cairngorms
Pour plus d’infos sur la rando : https://www.alltrails.com/trail/scotland/highland/ryvoan-and-lochan-uaine-circuit
Prévoir le paiement du parking à hauteur de 4£.

Le logement

High Range Lodge Hotel, Grampian Road, Aviemore, PH22 1PT, Royaume-Uni
Un hôtel tout ce qu’il y a de plus classqieu avec de grande chambre au format motel. Elles sont spacieuses, propres et bien équipées. En revanche, le petit-déjeuner n’est pas proposé.

Les repas

Repas à la maison !
L’Écosse est un pays relativement couteux. Aussi, pour réduire un peu la facture du voyage, nous avons opté pour un maximum de repas faits nous même. La plupart des logements fournissent a minima une tasse et une bouilloire, idéal pour les soupes ou les nouilles instantanées. Nous avons également beaucoup misé sur les enseignes Tesco qui proposent des formules intéressantes à 3.5£ avec plat + boisson + snack ou dessert. Les températures n’étant pas franchement élevées, on a pu conserver facilement nos achats dans la voiture.

Édimbourg

17 juin 2022

Assise dans l’avion, les yeux perdus sur les agents de l’aéroport qui s’activent, mes souvenirs s’agitent déjà dans l’attente de notre envol.

L’Écosse est une destination particulière à mes yeux puisque j’y ai vécu un été dans le cadre de mes études. C’était aussi la première fois que je partais seule. Si à l’époque j’avais été bouleversée par la gentillesse de ses habitants, je n’avais eu qu’un bref aperçu de ses paysages, mon temps libre pour explorer la région étant réduit aux weekends. Pourtant, j’en garde depuis le souvenir ému d’une nature brute, d’un climat farfelu et d’un peuple incroyablement chaleureux. Huit ans après, un guide de voyage bariolé et corné posé sur les genoux, je m’apprête donc un rejoindre un bout de mon âme resté là-bas, attendant impatiemment mon retour.

Le moteur gronde, les roues se décollent du sol, l’Écosse nous attend

18 juin 2022

On ouvre les yeux sur la belle Édimbourg, ville emblématique de l’Écosse au charme ancien. On opte d’abord pour le Dean village, petit oasis de verdure traversé par un cours d’eau. Cet ancien village indépendant majoritairement constitué de moulins est progressivement devenu un centre économique avec l’installation de tanneurs, de forgerons et de quelques industries. Avec le développement des routes et des viaducs, il a pourtant été peu à peu abandonné pour être quasiment déserté. Ce n’est que dans les années 70 que les écossais se sont de nouveau intéressés à ce havre de paix, rénovant les anciennes bâtisses et en implantant de plus récentes en pierre. C’est aujourd’hui un quartier résidentiel très calme où il fait bon flâner.

Après cette découverte, on file vers Grassmarket Square particulièrement animée à cette heure. Sur la longue place pavée bordée de larges façades de pierres et de terrasses animées, un marché bat son plat. Un stand de paella embaume tout le secteur, attirant des foules de clients, pendant que les stands voisins vendent livres anciens, bijoux artisanaux, tasses bariolés ou affiches art déco. Il y règne une ambiance détendue et joyeuse sous l’œil du château d’Édimbourg, perché sur sa falaise un peu haut.

Nos pas nous conduisent rapidement vers Victoria Street, rue pavée pleine de charme en arc de cercle et aux façades colorées. Elle aurait inspiré le Chemin de Traverse dans les romans Harry Potter.

Dans cette ville où J.K Rowling a en partie rédigé la plus célèbre des sagas, Harry Potter est partout. On croise régulièrement des visiteurs armés d’une écharpe rouge et or, d’un T-shirt Hogwards ou d’autres gadgets. Pour cause, Victoria Street abrite une formidable boutique sur 3 étages dédiée à cet univers. Elle a tout des boutiques que j’adore : un charme ancien, un parquet qui grince, des meubles en bois, des objets partout qui pendant au plafond ou qui encombre les étagères. On y trouve toute la panoplie du bon sorcier en allant de la baguette magique aux vêtements, des livres aux objets de décoration, de la bièreaubeurre aux chocogrenouilles… un endroit magique où toutes les scènes que l’on imaginait petits prennent vie.

On poursuit alors notre balade dans les rues de la vieille ville, grimpant un peu au hasard jusqu’au château, incroyablement bondé. La ville a beaucoup de charme et est pleine de vie. On apprécie les façades de pub si soignées, les cabines téléphoniques tellement célèbres, les boutiques de whisky aux bouteilles ambrées et les bus à étages rougeoyants.

On tombe aussi sur des allées plus tranquilles voire même sur de toutes petites allées qui, partant des rues principales, filent vers Prince Street et le quartier de la gare. Malgré le grand parc, on apprécie moins ce quartier, davantage fréquenté et bruyant en raison de la circulation des voitures. Les bâtiments, plus récents, nous séduisent également un peu moins.

On remonte néanmoins l’artère principale qui abrite magasins de mode, de souvenirs et quelques restaurants. On la suit jusqu’à Calton Hill, une colline verdoyante offrant un panorama sur toute la ville. Au sommet, balayé par le vent, on trouve un observatoire et… plusieurs monuments d’inspiration grecque ! Le plus grand d’entre eux, la National Monument devait être à l’origine une réplique du Parthénon mais, faute des moyens, il n’aura jamais été achevé. On marche un moment dans le parc, au milieu de ce curieux mélange des genres. Arrivés en pleine après-midi, on prend quelques clichés sous une lumière blanche du plus mauvais effet. On apprendra à l’occasion que le meilleur moment pour visiter le site est au coucher du soleil !

On termine la journée dans le port de Leith complètement désert. L’Ocean Terminal, grand centre commercial au bord de l’eau nous héberge le temps d’un repas face à de larges baies vitrées. Demain, nous récupérons la voiture, demain, l’aventure commence !

Le coup de cœur de Ptit Jo

La superbe Victoria Street aux devantures soignées et colorées

Coté pratique

Les activités

Dean Village
Si vous venez en voiture, on vous conseille de vous garer sur Ravelston Terrace près de l’école qui aurait inspiré le château de Poudlard.

GrassMarket
Ouvert le samedi de 10h à 17h
On a beaucoup aimé le travail d’Als in Edinburgh et les paellas de Lovely Paella

Museum Context (boutique Harry Potter), 40 Victoria Street, Edinburgh EH1 2JW
Ouvert tous les jours de 10h à 17h30
leur site: https://museumcontext.com

Le logement

Edinburgh Rays Guest House, 29 Minto street, Édimbourg, EH9 1SB, Royaume-Uni
Un petit BnB sans prétention avec salle de bain commune. les chambres sont petites mais particulièrement douillettes. Petit déjeuner basique en libre service dans une salle commune.

Les repas

Nando’s, Ocean Terminal Shopping Centre, Ocean Dr, Leith, Edinburgh EH6 6JJ
Vous croiserez des Nando’s, enseigne portugaise, dans toutes les grandes villes. leurs prestations sont un peu au dessus d’un fast food mais pas vraiment plus. En revanche, le restaurant de l’Ocean Terminal possède une belle terrasse intérieure lumineuse avec vue sur l’océan.

Colombo

30 mars 2022

Notre dernière journée sur Ceylan commence par une dernière rencontre animalière, moins naturelle que les précédentes mais tout aussi émouvante. Ce matin, on visite en effet un centre de conservation des tortues marines, animaux emblématiques du Sri Lanka. Le pays accueille en effet 5 des 7 espèces de tortues marines et tente de les protéger au mieux.

C’est ainsi que, sur la côte, se sont implantés différents centres qui recueillent les tortues malades ou blessées mais qui, surtout, surveillent les pontes sur les plages. En effet, afin de protéger les œufs de tortues, ils sont le plus souvent déterrés puis remis dans le sable dans des zones surveillées jusqu’à éclosion. Cela permet d’évaluer la population, d’éviter le braconnage mais aussi les accidents (les nids sont parfois écrasés). Si cette solution n’est pas idéale, c’est néanmoins la plus efficace à l’heure actuelle.

Quand on arrive à Kosgoda, on a donc l’immense chance de découvrir tout un bassin de bébé-tortues barbotant dans l’eau, attendant patiemment de retrouver la mer. Elles ont seulement quelques jours mais s’agitent déjà avec agilité. On craque complètement devant leurs grands yeux sombres, leur carapace brillante et leurs petites pattes. Cerise sur le gâteau, on nous propose de les mettre à l’eau.

Pour se financer, le centre propose en effet aux visiteurs de prendre une petite tortue et de la relâcher dans l’océan tout proche. Les yeux brillants d’un enfant à Disneyland, on attrape ces petits êtres si gracieux avec émotion avant de traverser la plage. A peine prise dans la main, ses pattes s’agitent, impatiente. On la pose dans le sable au plus près de l’eau, guettant dans le ciel les oiseaux. Elle s’active aussitôt, répondant à l’appel du large, et se laisse charrier par une série de vaguelettes.

Connaisseurs, les oiseaux tournoient au-dessus de nos têtes. Alors bêtement, on encourage nos tortues et on tremble quand les milans plongent vers l’eau. Par chance, ils repartiront bredouille pour cette fois. Nos tortues sont sauvées. Le sourire jusqu’aux oreilles mais le cœur un peu serré face à cette vie de défi qui les attend, on leur souhaite une longue vie.

Avant de partir, il nous restait une dernière étape : Colombo. On appréhendait un peu ce dernier moment citadin après deux semaines de vadrouille plutôt nature. Capitale économique et première ville du pays, Colombo est loin d’être sur le haut de la liste des coins à visiter dans le pays, souvent décrite comme étant sans charme voire carrément sans intérêt. Elle est surtout pratique pour son accès à d’innombrables lignes de train et sa proximité de l’aéroport. Malgré tout ce qu’on a pu lire, le quartier de Pettah nous semblait valoir la peine. Alors une fois n’est pas coutume, on a opté pour une visite guidée… et autant le dire, on n’a pas regretté !

Olivier nous accueille au mémorial de l’indépendance. Avec son enthousiasme et son bagout, il nous sort de notre torpeur en deux minutes et nous accroche tout de suite avec son récit. Il nous parle du Sri Lanka d’hier et d’aujourd’hui, de cette ville mal aimée qu’il a appris à connaitre, de son histoire à lui aussi.

Plus qu’une visite, c’est en réalité une véritable immersion qu’Olivier nous propose. On déboule ainsi au milieu d’une rue animée de Pettah ou des hommes transportent d’énormes sacs sur les épaules ou sur des chariots débordants. Des camions sont garés un peu partout, chargeant et déchargeant des quantités folles de thé, d’épices, de riz ou de lentilles. Les étroites devantures des magasins ne sont que la partie visible de l’iceberg : en jetant un œil dans les boutiques, on découvre d’interminables couloirs bourrés de marchandises.

L’immersion passe aussi par la découverte de nouvelles saveurs avec une dégustation de thé, de café mais aussi d’épices. On découvre Colombo comme nous ne l’aurions jamais vu seuls et on est vraiment ravis de l’expérience.

En sortant du quartier marchand de Pettah, on traverse le cœur de la ville qui ressemble à une fourmilière. Des milliers de tuktuks colorés se croisent ici dans un concert de klaxons, de moteurs et d’autres bruits. Loin du fort de Galle presque trop tranquille, on est ici dans un bouillon de vie formidablement vivant.

On est d’autant plus surpris quand on arrive finalement au Sri Ponnambalam Vanesar Kovil, immense temple hindou dissimulé par une enceinte blanche. Loin des lieux de cultes bariolés, bruyants et carrément kitschs ce temple est réellement surprenant. Pieds nus, on pénètre par la grande porte dans une atmosphère sombre. L’intérieur n’est que sculptures de pierre doucement éclairées d’une faible lumière jaune. On marche sur la pierre humide et rugueuse, levant la tête vers les chauves-souris installées là pour la journée, observant les sculptures et la préparation des offrandes.

Le cœur du temps dégage une atmosphère de ferveur paisible, la coursive en faisant le tour est plus animée, faisant office de lieu de rencontre et de discussion. On regrette infiniment de ne pas pouvoir prendre de photos de ce lieu étrange, de cette lumière tamisée et de ces pierres grisées. Pour un peu, on se croirait au cœur d’un film d’aventures à la recherche d’un fabuleux trésor disparu.

Une fois sortis de cette atmosphère mystérieuse, on embarque à nouveau dans nos bolides pour rejoindre les alentours du marché, là encore grouillant de vie. Olivier nous entraine vers une façade quelconque puis un escalier sombre. On atterrit un peu surpris dans une sorte de bar PMU au premier étage. On grimpe encore, empruntant d’étroits couloirs à peine plus larges que nos sacs-à-dos, pour finir dans un petit escalier en colimaçon à l’extérieur, planqué entre deux immeubles.

Au bout du périple, on découvre un toit terrasse avec vue sur la ville et l’animation du marché. Quelques caisses en plastiques et une table en bois sont posées là, l’occasion de boire un verre et d’assommer Olivier de question. Après deux semaines de voyage, on est ravis d’échanger sur toutes les petites choses qui nous ont étonnés, surpris ou déconcertés. Économie, culture, politique, religion… tout y passe. Le soleil finit par baisser dans le ciel, teintant de nuances violettes le ciel de Colombo. On réalise qu’il est déjà tard et que la visite touche à sa fin.

Avant de conclure cette balade, on traverse le marché de Colombo, débordant de fruits, de légumes et d’épices. Ça se bouscule dans les allées, les camions garés à proximité sont encore plein de vivres, les discussions animés résonnent sous la halle. Arrivés à reculons dans cette grande ville, on est finalement complètement charmés par cette visite différente, authentique et terriblement instructive. Elle nous a paru beaucoup trop courte on aurait adoré repartir pour une autre demi-journée d’aventures. C’est pourtant sur cette image qu’on quitte le Sri Lanka, chamboulés par la découverte d’un nouveau continent.

On aura été intéressés par tous ces temples et cette culture, ravis de nos rencontres animalières, bouleversés par la beauté des champs de thé, reposés par les bords de mer et titillés par le cœur de Colombo. On quitte donc le pays enrichis de toutes ces aventures et plein d’espoir pour le Sri Lanka, en pleine crise économique et politique au moment de notre voyage. Nul doute qu’ils sauront rebondir et offrir bientôt un tourisme plus responsable pour profiter encore mieux de cet île pleine de surprises.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Comment choisir entre les bébés tortues et notre visite avec Olivier?

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Galbokka Sea Turtle Conservation & Research Center, 53a Galbokka Rd, Kosgoda, Sri Lanka
Entrée 500 LSK
Lâché de tortues sur la plage : 2 000 LSK
Ouvert tous les jours de 7h30 à 18h 30

Tuk it Easy Colombo, Longdon Place, Colombo 00500, Sri Lanka
Prestation sur devis
Ouvert du lundi au samedi, de 8h30 à 19h.
Le site : https://tuk-it-easy-colombo.business.site/

Le logement

Pas le temps de dormir, notre vol nous attend !

Les repas

Firebeach, No. 02 Colombo – Galle Main Rd, Colombo 00300, Sri Lanka
Situé dans le Galle Face Hôtel, ce repère d’expatrié à une large carte de boissons et de snacks (nous n’avons pas pris le temps d’y manger). Le cadre est chaleureux mais bruyant, tant par la foule que par la musique. On y passe un bon moment avant de repartir pour la France.


Galle

30 mars 2022

On quitte les tortues vertes de Polhena pour s’enfoncer dans l’arrière pays et découvrir ce qui se cache derrière la côte ensoleillée. Le Sud Ouest du Sri Lanka est bordé de plages et de cocotiers mais aussi et surtout de buildings qui dissimulent la mer au regard de tous ceux qui empruntent la route côtière principale. En s’enfonçant derrière les rangées de maisons ayant colonisé l’autre côté de la route, on découvre un univers bien différent et plein de vie, souvent négligé par les visiteurs.

C’est dans ce secteur pavillonnaire qu’un expatrié hollandais a pourtant décidé de monter son agence de location de vélos et d’organiser des tours guidés. Une fois nos bécanes récupérées, on file donc dans les petites rues, croisant les écoliers tout en uniforme et des cinghalais cachés sous des ombrelles. Notre guide nous entraine ensuite sur des chemins traversant des palmeraies pour arriver au cœur des rizières en pleine période de récolte. Pendant que certains fauchent les tiges de riz, d’autres récoltent les grains et les font sécher sous l’œil attentif de nombreux oiseaux.

La balade se termine dans un grand jardin arboré bordant un étang couvert de nénuphars, fleur emblématique du pays. On y découvre des arbres à cannelle, quelques fruits et épices ainsi que des cocotiers. L’occasion pour nous de goûter aux king coconuts croisées tout au long du séjour dans de petits stands en bordure des routes. Pleines d’eau, elles ont un goût subtil et sucré agréable et rafraichissant, l’idéal avant de regagner notre voiture.

Avant de rejoindre les grandes villes du pays, on s’offre un dernier arrêt au bord de l’océan. Là encore, tout est dissimulé par de larges bâtiments agglutinés sur tout le front de mer. On y accède donc par la porte d’un restaurant dont la terrasse donne sur une petite plage de sable doré, pleine de charme. Quelques rangées de transats ont pris place sous les palmiers, offrant une ombre salutaire et une vue parfaite sur les eaux claires. Il règne ici une ambiance paisible et joyeuse que l’on apprécie immédiatement. Pour parfaire le tableau, depuis les tables du Wijaya Beach, on aperçoit même quelques tortues pointant le bout de leur nez entre deux vagues. Une vraie réussite !

On arrive finalement à Galle sous une chaleur étouffante. La ville nouvelle grouille de monde, de bruits et de marchands. Elle n’est composée que de bâtiments en hauteur sans charme, un peu bordéliques et pris d’assaut par une foule qu’on n’avait pas croisée depuis bien longtemps. Autant dire que l’arrivée au fort de Galle est un choc. Dans ce morceau d’histoire figé dans le temps, installé sur une sorte de presqu’île entouré d’eau et de murailles, il règne un calme et un silence déconcertant.

Ce petit bout de terre, d’abord occupé par les Portugais, a finalement été récupéré par les Hollandais qui en ont fait une place forte de la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales. Retranchée derrière les murailles, la cité est devenue une place forte du commerce d’épices et de pierres précieuses. Elle semble ne pas avoir bougé depuis.

On débute notre visite par le fort en lui-même, étonnamment bien conservé, profitant du peu d’air offert par l’océan. On a l’impression d’être seuls. Pas de touristes, pas de bruits… même les locaux sont bien cachés, le plus souvent retranchés entre deux créneaux de muraille pour des rendez-vous galants. On longe ainsi les fortifications jusqu’au phare, devinant déjà les contours d’une architecture coloniale marquée.

Dans les ruelles bien sages et ordonnées, toujours silencieuses, on ne trouve pas de nuées de tuktuks, pas de voitures forçant sur le klaxon et encore moins d’animaux. On trouve au mieux quelques bicyclettes et surtout beaucoup de piétons. Galle parait être hors du temps et de l’espace, figée dans un autre univers loin du Sri Lanka que nous avons traversé pendant près de deux semaines. Dans les rues pavées, les boutiques de pierres précieuses se succèdent, parfois d’un raffinement surprenant. Elles sont accompagnées de restaurants, bars et boutiques de souvenirs finalement assez occidentalisés.

Assommés par la chaleur, on fait le tour de Galle un peu au hasard en se perdant les ruelles bien sages. Sur une grande place, des enfants se lancent dans une partie de cricket, profitant de l’ombre d’arbres immenses, apportant un peu de vie dans cet univers de calme. Au bout de quelques heures, on finit cependant par regagner l’hôtel, encore tout surpris par cette parenthèse hors du temps.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La formidable Wijaya Beach et ses tortues, qui m’aurait presque réconciliée avec les après-midis transat’ !

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Idle Bikes, Godawatta, Mihiripenna, Galle 80000, Sri Lanka
The Paddy Trail 20$
Ouvert tous les jours de 7h à 18h
Le site : https://www.idlebikes.com/

Le logement

The Lady Hill Hotel, 29 Upper Dickson Rd, Galle 80000, Sri Lanka
Cet hôtel au style colonial néerlandais est situé au sommet d’une colline dominant Galle. Un peu plus haut de gamme que tous les précédents, on l’a pourtant moins apprécié en raison de tous les « chichis » du service. Les chambres sont très propres mais relativement petites. elles disposent en revanche d’un balcon. Une piscine est accessible jusqu’à 18h. C’est finalement le restaurant panoramique situé sur le toit terrasse avec vue sur la ville et l’océan qui a le plus de charme.

Les repas

Wijaya Beach, 2727+39F, A2, Unawatuna, Sri Lanka
Une fois n’est pas coutume, on s’arrête pour déjeuner dans ce restaurant réputé sur toute la cote pour ces pizzas. Si on a trouvé les pizzas bonnes mais pas inoubliables, on a en revanche été complètement charmés par l’endroit. L’étroite plage bordée de palmiers est pleine de couleur et abritent quelques tortues de mer, on les aperçoit depuis la terrasse supérieure du restaurant. Le top !

The Lady Hill Hotel, 29 Upper Dickson Rd, Galle 80000, Sri Lanka
Pour cette dernière nuit à l’hôtel, on se laisse tenter par le restaurant panoramique. Les plats sont plutôt bons et bien servis, le jus de passion est un délice.

Détente à la plage

29 mars 2022

On s’approche doucement mais sûrement de la fin de notre voyage. Pourtant, aujourd’hui, on découvre encore un nouveau décor. Notre hôtel est perdu au bout d’un chemin donnant directement sur une étroite plage bordée de palmiers à l’environnement charmant. Quelques mètres seulement séparent les enrochements de l’eau, laissant juste assez de place pour installer une serviette sous les arbres. Dans les troncs, de petites perruches attendent impatiemment le retour de leurs parents pour manger. Sur le sable, deux ou trois bateaux colorés attendent de prendre la mer, un stand de chemises à fleurs est doucement secoué par les embruns et les effluves de crème solaire flottent dans l’air… une journée de repos nous appelle.

On s’installe à peine quand un mouvement à la surface de l’eau nous interpelle. Il disparait, réapparait… et une tête de tortue se laisse finalement deviner. Sourire jusqu’aux oreilles, on en aperçoit rapidement une seconde entre deux vagues. Elles nagent tranquillement au-dessus des roches qui forment de petits récifs parsemés d’algues. Sans plus réfléchir, on se débarrasse en vitesse de nos affaires et on file à l’eau, armés de nos masques et tubas.

Elles sont là, juste à côté de nous, pas perturbées le moins du monde. On se laisse flotter à leurs côtés dans l’eau peu profonde pour ne pas les brusquer. Ballotés par les vagues, on adopte donc la même méthode qu’elles : se laisser porter et suivre le courant sans lutter. On partage un moment paisible avec ces magnifiques animaux marins, les observant à loisir. Malgré une eau un peu trouble, on devine sans peine les motifs de leur peau colorée, les reliefs de leur carapace et leurs yeux sombres. Un vrai moment de magie.

On finit tout de même par abandonner les tortues vertes pour découvrir la plage de Mirissa, sans doute l’une des plus réputées du Sri Lanka. Cette escapade ayant été complètement imprévue, notre chauffeur était parti prendre un peu de repos. L’occasion pour nous de nous essayer au négoce de tuktuk… C’est comme ça qu’on se retrouve à filer sur la route, à peine rafraichi par l’air extérieur, à quatre à l’arrière d’un tuktuk ! Les sacs à dos jetés « dans le coffre », on s’entasse à trois sur la banquette et le dernier s’échoue sur nos genoux. Contre toute attente, on arrive en vie quinze minutes plus tard pour découvrir la plage, bien plus impressionnante.

Mirissa Beach dégage en effet une ambiance bien différente. Bordée d’une forêt de cocotiers et de parasols, incroyablement longue et large, elle accueille une foule de baigneurs et de surfeurs, des cours de yoga, des cours de nation et des bars où la musique résonne. On y trouve donc beaucoup de monde, particulièrement sur la partie centrale où se concentrent tous les hôtels.

A l’ouest de la plage de sable clair se dresse le Parrot Rock, étrange rocher à l’origine du nom tout aussi mystérieuse. En quelques marches, formées de bois, de roche et de pas mal de vide, on grimpe au sommet de ce gros caillou, bien plus vaste que ce qu’il ne paraissait au départ. De là-haut, on a un peu l’impression d’être sur une île aux pirates. Végétation luxuriante, mer de caraïbes s’abattant sur la roche noire et vue panoramique sur l’immense plage. Le Parrot Rock, offre une perspective vraiment différente sur Mirissa.

Sur le chemin du retour, on rencontre les fameux pêcheurs à échasse, étranges silhouettes installées sur de grands poteaux de bois. La pêche sur échasse est en effet typique de cette région, bien que ses origines soient obscures. Certains se servent d’une canne à pêche pour attraper de petits poissons, d’autres utilisent un filet qu’ils agitent doucement pour appâter le poisson. En haute saison, les pêcheurs peuvent en attraper jusqu’à 5 kilos !

Nous avions entendu beaucoup de mal de cette activité, notamment en raison de l’engouement des touristes pour cette tradition et des dérives qu’il entraine. Désormais, on trouve sur les côtes des « figurants », aidés de rabatteurs faisant payer chaque cliché. Par chance, sur la toute petite plage face à notre hôtel, on ne rencontre pas ce type de pratique et les pêcheurs sont tout ce qu’il y a de plus réel.

Sous la douce lumière du soleil couchant, dans un air encore chaud, on repart tranquillement au bord de l’eau. Au bout de la route, les banquettes du Doctor’s House se remplissent peu à peu, la musique résonne, le four à pizza chauffe… et la journée de repos s’achève.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La magie d’une rencontre avec les tortues de Pohlena

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Le logement

Turtle Eco Beach, Beach Road, Battalawatta, Madiha, Matara, Matara, Matara, 81000, Sri Lanka
L’hôtel est idéalement situé à quelques minutes à pied de la plage de Polhena. Il se compose de cinq maisons de pêcheurs rénovées disséminées dans un agréable jardin tropical entourant une piscine. Les chambres sont plutôt simples, et certaines ont une salle de bain à ciel ouvert. Les salles de bain situées à l’intérieur des chambres n’ont pas de porte.

Les repas

The Doctor’s House 87, Beach Road, Madiha, Matara 81000, Sri Lanka
Une fois n’est pas coutume, l’hôtel ne propose pas de diner. On opte donc pour le restaurant voisin avec une immense terrasse sous les palmiers. le lieu est connu pour ses grandes fêtes en saison mais, à notre époque, il était plutôt tranquille. Les plats principaux sont plutôt bons mais il vaut mieux passer sur les desserts.

Sur les traces du léopard

28 mars 2022

Nous filons de nouveau pour une excursion safari dans le parc le plus célèbre du Sri Lanka : Yala. Il nous a beaucoup divisés. D’un côté, le parc est l’un des meilleurs endroits au monde pour voir les léopards qui y sont particulièrement nombreux. De l’autre, cet attrait en fait un lieu parfois surfréquenté avec des pics pouvant atteindre 700 véhicules par jour dans le bloc 1 (le parc en comprend 5).

On se laisse tout de même tenter avec une formule à la journée pour avoir la possibilité de s’aventurer plus loin que le bloc 1, très majoritairement choisi par les touristes qui optent le plus souvent pour une demi-journée.

A peine arrivés, on tombe sur une famille entière de langurs, résolument mes petits chouchous du voyage. Des jeunes de tout âge nous offrent des scènes craquantes, les plus petits ne semblent d’ailleurs pas avoir plus de quelques jours. Un premier petit singe joue distraitement avec des brindilles pendant qu’un second s’interroge sur l’utilité que pourrait bien avoir sa queue. Un peu plus loin, deux autres petits apprennent à se déplacer sans s’éloigner de leurs mamans, un autre se fait épouiller sans ménagement, observant avec envie ses cousins qui bondissent d’arbres et arbres. La journée commence bien !

Yala présente une diversité de paysages étonnante, passant de zones verdoyantes à des sortes de savane africaine au fil des kilomètres. Terre, eau, sable, roche… tout y passe. La faune en est forcément tout aussi variée. Mammifères, batraciens, reptiles, oiseaux…on croise de tout. Notre guide est tranquille et patient, il s’arrête aussi souvent qu’on le souhaite, veillant toujours à nous permettre d’observer au mieux les animaux, parfois bien cachés. Auriez-vous repéré le varan dans l’arbre ?

A force de rouler, on passe la lisière d’une forêt pour découvrir la mer. Quelques baraques de pêcheurs sont posées là, au milieu de ce monde animal. Au loin, une dizaine de buffles piétinent dans l’eau salée, près des dunes d’un sable presque doré. On s’arrête ici pour une courte pause, suivi de près par quelques oiseaux louchant avidement sur nos fruits.

Un tout autre univers nous attend désormais. De larges étendues d’eau claire s’étendent désormais au pied des montagnes. Lentilles, herbes et nénuphars sont à l’honneur au milieu de troncs cendrés qui ponctuent ces vastes étendues lisses. Au loin, on devine les éléphants qui traverse la zone en quête de fraicheur, enfoncés dans l’eau jusqu’aux genoux, seulement dérangés par quelques martin-pêcheurs qui tournoient dans les airs, arborant leurs ailes bleutées. Loin du reste du parc et de tout autre véhicule, on trouve ce secteur envoutant avec ces couleurs douces et sa lumière étrange.

Il ne faudra pas rouler longtemps pour trouver l’agitation tant redoutée de Yala. Un léopard a été repéré dans une zone boisée et tous les véhicules semblent s’être passé l’information. On se retrouve à 15, peut-être 20 jeeps, et les ennuis commencent. Les chauffeurs roulent à tout vitesse, guettant le moindre signe de la présence du félin. C’est la bousculade : les moteurs s’affolent, les voitures font demi-tour précipitamment à mesure que le pauvre animal se déplace. On finit même par redouter l’accident lorsque le léopard sort du bois, pris en chasse par un chauffeur zélé,  pour trouver refuge un peu plus loin.

Cette fois encore, on regrette vraiment le manque de formation et de pédagogie des chauffeurs/pisteurs, soucieux d’offrir à tout prix à leur client un cliché de léopard. Dans tout ce bazar, par chance, on aura trouvé notre chauffeur sans doute plus posé que la moyenne. On en est ravis, malgré notre seul et unique cliché un peu décevant.

Pour tenter de limiter l’impact de la fréquentation touristique du parc sur les animaux, Yala impose tout de même un arrêt de 2 heures des voitures en milieu de journée. On se retrouve donc sur un parking au bord d’un petit cours d’eau avec une dizaine d’autres jeep pour une pause déjeuner. Le spot est visiblement bien connu des macaques qui ont investi les arbres et guettent la moindre faute d’inattention pour rentrer dans les voitures et chaparder à manger. Il faut bien admettre que ça nous amuse beaucoup.

On les observe longuement, ces petits singes malins à l’affût dans les arbres. Ici aussi c’est toute une famille qui nous entoure. On apprend à reconnaître les mâles et les jeunes, on observe les tout petits découvrant le monde et on devine déjà chez eux quelques traits de caractère. Certains restent sagement cramponnés à leur maman, d’autres montrent beaucoup de curiosité face au monde qui les entoure, d’autres encore n’hésitent pas à tester quelques bêtises à la moindre occasion. Sourire aux lèvres, on se dit que, décidément, nous ne sommes pas si éloignés d’eux.

Notre journée se termine avec une dernière belle surprise. Arrêtés au bord d’un plan d’eau, on a la joie de croiser une harde d’éléphants venus se rafraîchir tout près de notre jeep. Pendant de longues minutes ils savourent cet îlot de fraicheur, se roulant dans l’eau, chahutant ou avalant bruyamment des litres et des litres d’eau. Les plus petits s’enfoncent complètement, nageant presque, leur trompe dressée dans les airs comme un tuba. Ce manège terminé, ils regagnent la berge, se couvrent de sable et disparaissent dans la forêt sans un bruit.

On roulera encore quelques heures dans Yala, moins chanceux cette fois, un peu assommés par le soleil. On rentre finalement contents de l’expérience, le cœur tout de même un peu serrés pour les léopards qui préfèreraient sans doute une vie plus paisible. Alors oui, le parc de Yala est sans aucun doute à faire mais mieux vaut dans ce cas bien se renseigner avant de choisir un prestataire et poser, dès le début, les règles du jeu avec votre chauffeur.

les animaux vus par Ptit Jo

L’entelle ou langur (Semnopithecus entellus) est un singe sacré en Inde. Il vit en bande d’environ 25 individus.

Le cerf axis (Axis axis) coopère avec les entelles pour se nourrir : les entelles font tomber de la nourriture des arbres pendant que le cerf, aidé de son odorat, alerte en cas de danger.

Le buffle d’Asie (Bubalus arnee) passe une grande partie de son temps à se baigner dans les rivières et dans la boue pour se protéger des piqûres d’insectes

Si la morsure du varan du Bengale (Varanus bengalensis) n’est pas venimeuse, elle peut tout de même provoquer des septicémies foudroyantes…

Le sambar (Cervus unicolor) est le seul cervidé dont les faons ne sont pas tachetés de blanc.

Le Martin-Pêcheur de Smyrne (Halcyon smyrnensis) mange en réalité peu de poissons : il se nourrit aussi de grenouilles, de lézards, d’oisillons, des rongeurs ou d’insectes.

Le parc national de Yala présente la plus grande densité de léopard (Panthera pardus kotiya) dans le monde.

Le macaque à coque (Macaca sinica) ont la peau du visage qui rougit avec l’âge.

Les éléphants du Sri Lanka (Elephas maximus maximus) n’ont que rarement des défenses. Les mâles qui en ont sont appelés tuskers.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Parc National de Yala
Entrée 15$ la demi-journée
Ouvert tous les jours de 6h à 18h
Seuls les chauffeurs de jeep agrémentés peuvent conduire dans les parcs nationaux. Il vous faudra donc passer par un prestataire dont le coût varie entre 5000 et 7000 LSK la demi-journée et entre 10 000 et 13 000 LSK la journée.

Le logement

Blue Turtle Hotel, Kataragama Road,, Monaragala, 119/2 Tikiriwewa, Mahasenpura, 82600, Sri Lanka
Cet hôtel comme neuf est tenu par un couple de français, installés à quelques kilomètres seulement du parc national de Yala. Les chambres, spacieuses et climatisées, donnent sur une piscine entourée d’herbe, tout comme les espaces communs chaleureux et confortables. Des prestations de massage sont possibles à la demande. Un de nos logements préférés !

Les repas

L’hôtel sert des repas basées sur une carte occidentale proposant quelques assiettes locales que ce soit pour le diner ou pour le pet