Au sommet des Andes

5 au 8 août 2019

Après quelques jours formidables en Amazonie, nous voilà revenus provisoirement dans la capitale péruvienne où notre petit groupe se sépare. Certains rentrent en France, d’autres poursuivent l’aventure vers la dernière grande étape de ce périple péruvien : la cordillère des Andes. Après une soirée en bord de mer à Lima et un trajet en bus de 7h aux nombreux virages, nous arrivons à Huaraz et ses quelques 3052 mètres. Sur le moment, tout va bien. On découvre la capitale des Andes sans grand charme mais pleine de vie, de bruit et de restaurants aux cuisines du monde.

Au matin, un mini bus jaune tout droit sorti des années 70 vient nous récupérer pour une longue journée de route dans la cordillère. Il faut près de 3h pour gagner le glacier, on s’arrête donc en cours de route pour faire une pause et avaler notre troisième maté de coca de la matinée, espérant encore naïvement qu’il nous sauvera des maux d’altitude… Un peu plus loin, on s’arrête de nouveau sur l’altiplano et ses prairies immenses balayées par le vent. Au milieu des étendues herbeuses, d’énormes boules de feuilles piquantes apparaissent ponctuellement et forment de petites colonies. Les puya raimondi fleurissent une fois dans leur vie, après une centaine d’années d’existence. Leur fleur s’élance vers le ciel en une hampe florale de près de 10 mètres avant de laisser la plante s’éteindre doucement, épuisée par un tel exploit. Entre les touffes herbeuses, on trouve aussi des sources gazeuses aux différentes nuances de bleu qui parsèment le paysage. On adore ces grandes prairies péruviennes sauvages croisées tout au long du séjour.

Une courte balade grimpe jusqu’au glacier Pastoruri dans un décor lunaire. Si on avait scrupuleusement respecté les règles de passage d’altitude jusqu’à présent, notre courte escale en Amazonie semble nous avoir fait repartir à zéro. De façon bien plus violente que lors de l’ascension de Vinicunca, en tout cas pour moi, l’altitude se rappelle au bon souvenir de nos organismes peu habitués. Ces ridicules kilomètres n’auront été que souffrance et seule l’impensable idée de ne pas arriver au sommet m’aura permis de continuer à avancer. Avec le recul, j’ai l’impression d’avoir mis des heures à gravir ces fichus 300 mètres de dénivelé : 4900-5200. Des chiffres qui donnent un peu le tournis. Arrivée en haut, un élan de découragement énorme s’abat sur moi à la perspective des balades à venir. J’abandonne mon sac à dos et je ronchonne longuement après cette idée idiote de cordillère des Andes. Puis finalement, en levant les yeux sur ce décor paisible, tout va mieux. Tout est contrasté autour de nous, la glace blanche tranche radicalement avec la pierre d’un gris mat, même le bleu du lac est étrangement profond. Au bout d’un moment, on repart tranquillement (forcément, ça descend) vers notre mini bus, marchant sur l’ancien domaine du glacier, le cœur un peu serré face à un nouveau constat écologique : le glacier recule malheureusement de près de 15 mètres par an.

Le lendemain, on file droit vers la dernière ascension du séjour, vers un immense classique des treks dans le secteur : la laguna 69. Sur la route, on croise un premier lac aux eaux turquoises baignant les pieds de parois abruptes et ensoleillées. Le lac Llanganuco ouvre sur une vallée colorée traversée d’une petite rivière agitée qui abrite le point de départ de cette randonnée. Les premiers kilomètres sont faciles, paisibles. On circule dans les herbes jaunies, entourées de hautes montagnes et de vaches se baladant librement. On arrive finalement à une série de lacets grimpant dans les herbes hautes et, étonnamment, on les vit plutôt bien. Nous sommes déjà à plus de 4000 mètres mais on souffre à peine plus que dans nos montagnes françaises. Des bosquets de fleurs violettes colorent peu à peu le chemin, quelques cascades s’écoulent sur les montagnes voisines et, progressivement, on se rapproche de la neige.

Au sommet de la première montée, un petit lac ouvre la porte d’un autre plateau charmant aux couleurs de savane. Au-dessus de lui, d’imposantes falaises grises forment un mur menaçant. C’est au sommet de ces falaises que la récompense nous attend.

On reprend la route calmement, les yeux grand ouverts sur cette montagne magique puis on grimpe, encore, longtemps. A mesure que l’on avance, la végétation disparait. Bientôt, une ambiance grise s’empare du décor. Le soleil tape fort et éblouit en se reflétant sur la neige. On avance toujours, au pied d’imposants cimetières de pierres surmontés d’énormes blocs de glace. Enfin arrive le lac, majestueux, d’une couleur parfaite. Aucune des photos ne lui rend justice. On s’arrête un long moment pour le pique-nique, le visage caressé par le soleil, une bonne fatigue dans les pattes mais heureux de cet accomplissement. On déjeune à 4600 mètres d’altitude où l’on savoure les derniers instants d’un séjour qui se mérite.

Un séjour plus éprouvant que tous les autres.

Un séjour dont on ressortira plus grands.

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’arrivée à la laguna 69 reste sans doute le meilleur souvenir de la Cordillère, le décor est fantastique tout du long et je me souviens avec émotion des derniers mètres parcourus en courant pour avoir enfin la vue sur cette eau claire entourée de neige. Le meilleur moyen de terminer ce séjour.

Coté pratique

Les activités

Étant partis avec l’agence Andes Authentiques Tours, nous n’avons pas eu à organiser nous-mêmes ces excursions, voilà tout de même quelques informations.

Glacier Pastoruri
Le glacier Pastoruri est accessible avec sa propre voiture (route en bon état) ou par le biais d’un tour organisé depuis Huaraz pour environ 35 PEN. Il faudra compter 6heures de route aller-retour plus le temps passé sur place. Toutes les agences proposent des arrêts sur la route et sur l’altiplano à proximité de Puma Pampa. L’entrée au parc Huascaran est comptée en supplément pour environ 30 PEN.

Laguna 69
Le point de départ de cette randonnée se fait à quelques 3900 mètres et le sentier grimpe jusqu’à 4600 pour une distance totale de 14km. Si cela peut paraitre impressionnant, la randonnée est sans doute nettement plus accessible qu’elle n’y paraît tout en constituant une véritable expérience pour les randonneurs en quête de nouveaux sommets. Si un guide est complètement inutile ici, il sera tout de même nécessaire de trouver un moyen de transport et de partir tôt car la route est un peu longue. De nombreuses agences propose cette prestation ce qui implique beaucoup de monde au point de départ mais les randonneurs se dispersent vite sur le chemin. Les tarifs sont à peu près identiques au glacier et il faut, là aussi, compter l’entrée au parc.

Le logement

Hôtel El Tumi, Jr.San Martin 1121, Huaraz
L’hôtel est bien placé dans Huaraz et donne accès à un salon de massage (en supplément) au dernier étage, agréable après de longues journées de marche.

Les repas

Crêperie Patrick, Avenue Luzueiaga 422
On mange de tout dans ce restaurant, c’est bon mais pas inoubliable.

Mi Comedia pizzeria, Av. Centenario 351, Independencia Al Frente de la Unasam, Huaraz
Une excellente pizza dans un décor cocooning et chaleureux, agréable dans la nuit froide de Huaraz.

Chili Heaven, Parque Ginebra Lot 28, Huaraz
Une bonne adresse pour tous ceux qui n’ont pas peur de manger asiatique et relevé !

Renards des fjords

2 novembre 2019

Tout juste un an après la fin d’un premier périple en Islande, le retour sur cette ile est un enchantement. Cette fois, la route nous entraine vers les fjords de l’Ouest, plus sauvages et isolés. Peu de touristes s’aventurent ici, moins de 10%, et ils sont encore plus rares en hiver.

La route est un peu longue depuis Keflavik et nous roulons pendant des heures, presque une journée entière. Le paysage changeant, entre eau et montagnes, plaines enneigées ou prairies colorées est toujours aussi charmant. On ne croise personne à part quelques moutons et poneys, l’asphalte semble nous avoir été réservé. Les premiers fjords arrivent finalement, à la fois tortueux et majestueux, offrant des panoramas jamais croisés l’an dernier. On s’arrête enfin dans l’un d’eux, au bout d’un chemin plein de cailloux et de terre.

Au milieu de nulle part, l’auberge de Heydalur est entourée de grandes prairies ou se promènent des dizaines de poneys. On s’arrête au restaurant à l’intérieur tout en bois en plein après-midi, accueillis par deux adorables chiens, un perroquet bavard et une petite grand-mère. Elle nous sert du poisson pêché dans le ruisseau voisin directement après notre commande (on la voit nous le ramener dans une grande bassine !) et une cargaison de pommes de terre. Un bonheur après tant de route.

La maison propose également l’accès gratuit à ses sources chaudes. Deux bassins extérieurs sont accessibles ainsi qu’une sorte de piscine lovée au milieu d’une serre désordonnée. Un drôle de nuage de vapeur flotte dans la serre où les arbres perdent leurs feuilles. On est à nouveau seuls, à peine dérangés par le chat de la maison en pleine ronde quotidienne. Si le bain d’eau chaude est agréable, en sortir est un autre sport. Les vêtements laissés dans la serre sont humides et froids, le sol glacé. On file à la voiture pour se réchauffer et reprendre la route dans la pénombre jusqu’à Sudavik.

A Sudavik, nous sommes accueillis par un couple de français installés ici depuis des années. Rencontrés via Air BnB, ils ont eu la gentillesse de repousser la fermeture du guesthouse pour nous. Ce soir, ils nous entrainement pour un cours de photo de nuit. Stephanie et Rodolphe prennent leur temps, vérifient notre matériel, se renseignent, conseillent… Ils passent près d’une heure avec nous avant même le début de l’excursion. On embarque finalement avec eux dans la nuit noire et froide pour tout apprendre de la photo de nuit. Un moment parfait, plein d‘astuces, de conseils et d’exemples. Nous restons plusieurs heures dehors à explorer toutes les possibilités tout en devinant de timides aurores boréales dans le ciel. Il est presque 2h du matin lorsque nous rentrons. On s’écroule après une journée de 20h dans nos couettes moelleuses et douillettes. Demain matin, il faudra se lever avant le soleil.

3 novembre 2019

Ce matin, Rodolphe nous entraine dans les highlands. Il fait à peine jour quand nous arrivons sur place pour une journée de cache-cache avec les renards polaires. Notre guide nous apprend tout des renards. Leurs habitudes, leurs liens compliqués avec les Islandais mais aussi le caractère et l’histoire de chaque individu. On apprend par la même occasion qu’il existe deux types de renards polaires en Islande : les gris qui vivent sur les bords des fjords et se nourrissent grâce aux marées et les blancs qui chassent dans les montagnes.

Nous voilà partis, emmitouflés dans des vêtements sombres, pour planquer au bord de l’eau ou dans les herbes hautes en espérant observer ces petits mammifères timides dans leur pêche du matin. On attend, immobiles, impatients et plus attentifs que jamais. Les minutes passent, les heures sans doute aussi. Le froid et l’humidité saisissent et il faut se rendre à l’évidence : les renards ne viendront pas.

On poursuit la balade dans un décor majestueux aux couleurs chaudes parfois dissimulées sous une fine couche de neige et de glace. Partout, le sol est recouvert de bosquets de myrtilles et de baies. D’épais buissons donnent l’impression de marcher sur de la moquette, on rebondit presque en dévalant les pentes. De l’autre côté du fjord, la réserve de Hornstrandir parait nettement moins hospitalière, l’accès y est d’ailleurs quasiment fermé en cette période. On marche des heures, à l’affut, dans ce paysage magnifique. Par chance, le soleil ne nous lâche pas de la journée et on aurait presque chaud malgré les températures qui frisent le zéro. Malgré tout le savoir de Rodolphe, malgré tous les indices repérés (les renards laissent plein d’oursins sur leur passage !) aucun renard ne se montre. Résignés, on prend le chemin du retour en baissant la garde.

Et puis soudain, ils apparaissent. De l’autre côté d’un méandre, deux petits renards gris tranchent avec les herbes hautes. Ils nous repèrent vite et s’enfuient, leur pelage d’hiver au vent. On peine à réaliser tant la surprise est grande. Motivés comme jamais, on reprend la quête, impatients de les retrouver. Une demi-heure passe encore. Ils ont disparus.

Alors qu’on pourrait penser que le sort s’acharne, elle apparait. Une petite femelle blanche dort sagement dans les buissons. Tofa devrait vivre nettement plus en altitude, chasser les oies sauvages et se dissimuler dans la neige. Pourtant elle est là. Notre guide nous fait signe, nous donne toutes les clés pour l’approcher sans l’effrayer. Sac à dos resserré et téléobjectif autour su cou, me voilà partie dans les milliers de myrtilles encore gelées, grimpant dans la pente abrupte avec les mains. Il est tard désormais et la lumière change. Le ciel devient blanc et il est difficile de repérer la petite femelle. Un pas devant l’autre, un peu au hasard, il faut surtout veiller à être silencieuse. Elle est enfin là. Encore quelques pas.

C’est le moment qu’ont choisi les buissons pour me rappeler à l’ordre. En un clin d’œil je me retrouve enfoncée jusqu’à la taille, une jambe probablement passée dans une ancienne tanière.

Tofa lève la tête, me regarde longuement sans me voir. Par chance, les renards ont une mauvaise vue et distingue surtout les contrastes. Le cœur battant et avec toutes les précautions du monde, je sors de mon trou et continue mon chemin. Toujours plus près. Cette fois Tofa me voit, elle se lève, m’observe. Je m’assieds sans bouger et lui laisse tout le temps de décider.

La rencontre est belle, sans doute la plus belle de toutes. Le monde s’arrête de tourner quelques secondes, le temps d’un regard, d’un accord. Les rêves de photographie animalières prennent soudain vie. Elle est magnifique. Son pelage blanc immaculé et ses longs poils lui donnent des airs de peluches. Son petit nez noir et ses grands yeux en amande lui donnent un air doux et charmeur. Tofa me laisse m’approcher encore, changer de place et prendre des dizaines de clichés.

Des étoiles dans les yeux, il est finalement temps de la laisser continuer son chemin.

On retourne à la voiture, lessivés mais heureux, emplis d’une tendresse infinie pour ces petites créatures. Sur la route, Rodolphe nous berce encore d’anecdotes sur son parcours, son métier et leur vie paisible dans les fjords mais surtout, il nous parle encore d’animaux. C’est sans doute ce qu’on aura préféré chez Rodolphe : son immense amour et respect pour les renards. Il nous rappelle constamment que nous sommes chez eux, simples visiteurs et que la rencontre est une chance. Elle n’en est que plus belle.

Coté pratique

Le logement

Sudavik Guesthouse, 20 Túngata, 420 Súðavík, Islande
Accueil chaleureux et chambres confortables. Un salon et une cuisine commune permettent de s’installer après avoir cuisiné son repas (des économies de restaurants bienvenues en Islande !)

Les activités

A la fois guide et photographe, Rodolphe est sans hésiter la personne à recommander. On avait choisi cette balade car elle se veut respectueuse de l’environnement et des animaux : ici pas de nourrissage, pas d’appât, pas de selfie douteux ou d’animaux domestiqués. Juste de la patience, de la connaissance, du respect et du travail. De belles valeurs dans un superbe décor.

La rencontre avec les renards est un de ces moments qu’on ne peut jamais oublier. Il est impossible de regretter cette expérience que l’on conseille sans la moindre hésitation. Environ 200$.

Le cours de photo de nuit est également un très bon souvenir. On apprend plus en quelques heures qu’en des semaines de pratiques. Environ 120$.

Pour réserver c’est ici ! Dites leur bonjour pour nous !

Les Repas

Auberge Heydalur, Heydalur 401 Ísafjörður
Pour un repas au cœur des fjords et une pause baignade

Découverte en Amazonie

1er au 4 aout 2019

Quand on s’imagine dans le pays, on pense surtout aux sites archéologiques et la vallée sacrée. On songe aussi à des treks dans des hauteurs presque impensables chez nous. Pourtant, nous partons désormais dans un tout autre univers.   Un Pérou chaud et humide, boisé et sillonné de rivières. Un Pérou de faune et de forêt.

Un Pérou qui permet de pousser la porte de l’Amazonie.

Quand on approche de l’aéroport de Puerto Maldonado, le paysage qui apparait sous les nuages nous donne l’impression d’un tout autre voyage. Sous nos pieds, une forêt s’étend à perte de vue, traversée par un long fleuve tout en méandres. Au sol, l’air est humide et chaud. Un mini bus couleur safari vient nous récupérer et nous amène à travers la ville au point de départ de notre aventure. Tuk-tuks, arbres fruitiers immenses, maisons basses faites de briques et de tôle… on a radicalement changé de décor.

Après quelques formalités, on rejoint les rives du fleuve pour le début d’une aventure qui nous marquera à jamais. Au bout du ponton, de longs bateaux à fond plat nous attendent pour nous transporter au cœur de la forêt amazonienne. A bord, on nous sert un repas emballé dans des feuilles de bananier que l’on déguste les yeux rivés sur les berges à la recherche de caïmans, capibaras et autres bestioles locales. Quand on atteint le lodge, le soleil se couche déjà sur l’eau.

On découvre alors nos jolies petites cabanes au cœur de la forêt. Tout en bois, elles n’ont que des moustiquaires pour fenêtres. Sur le lit sont posées d’épaisses couvertures et des chandelles trônent sur les tables basses. C’est tout. Et c’est bien suffisant (pas la peine de compter sur l’eau chaude non plus). Seule la grande pièce commune est équipée d’électricité pour quelques heures par jour. On y prend le premier repas d’une excellente série où l’on découvre le riz à l’huile de noix de macadamia… une vraie merveille! On y découvre aussi et surtout notre guide pour tout le séjour. Léo parle un français impeccable et rendra notre séjour unique. Fin connaisseur de la nature, qu’il s’agisse de faune ou de flore, c’est aussi un petit farceur jamais contre une bonne plaisanterie.

Quand il nous propose, à la fin du repas, de partir à la chasse aux insectes, dans la forêt et de nuit… on a d’abord cru à une de ses blagues.

Pas du tout.

Nous voilà donc à la file indienne, frontale vissée sur la tête, engagés sur un chemin qui serpente dans la nuit noire. On croise nos premières araignées, grenouilles et autres phasmes et on finit par se détendre (tout en continuant à bien rester collé au reste du groupe). Quand Léo nous propose d’agiter un petit bout de bois devant un trou creusé dans le sol, on reste quand même un peu méfiants… chacun observe son voisin en attendant de savoir qui sera la victime, un peu comme une classe de primaire avant d’aller réciter une poésie. Puis finalement, notre guide prend les choses en main. Il agite son bâton quelques secondes… juste assez pour faire sortir une tarentule toute noire et velue. On rentrera finalement sans encombre, sans avoir croisé de grosses bêtes ou s’être faits manger par un anaconda. Le sommeil nous gagne vite et d’autres aventures nous attendent au réveil.

Le lendemain matin, nous partons pour une longue randonnée à travers la forêt. De petits sentiers de terre tournicotent entre d’immenses arbres dont on peine parfois à distinguer clairement la cime. Au bout d’une demi-heure, on est bien incapables de retrouver la direction du lodge. De longues lianes pendent sur les troncs, le sol est couvert de feuilles et, parfois, de gigantesques rameaux de palmier défraichis. On se sent minuscules aux pieds de ce gracieux monde végétal.

On trouve de tout dans cette forêt. Plantes médicinales à gogo (aviez vous déjà vu de l’arnica?), caoutchouc, arbres tambour, colorants naturels, orchidées sauvages… même les plus insensibles à toute forme de botanique auraient été charmés par cette balade, tellement riche de découvertes et d’expériences. On y croise des fourmis gardant farouchement certains arbres, d’autres aussi larges que le pouce et dont la morsure fait autant d’effet que s’être fait tirer dessus. On entend toutes sortes d’oiseaux, de bruissements. On découvre milles nuances de verts. On apprend où trouver de l’eau, où se soigner et comment survivre… et on joue avec les tarentules. Avec une confiance aveugle en Léo, on se prête au jeu du petit bout de bois devant les terriers. A force de kilomètres, on se battrait presque pour être le prochain à les approcher. On finit même par tomber sur toute une famille et à les observer avec tendresse. Parfaitement, avec tendresse.

On est loin de tout, loin du monde. On est soudainement minuscules et insignifiants. Plus que n’importe où ailleurs au fil de nos voyages, on comprend. On perçoit enfin l’impact que nous avons sur le monde, on appréhende cet environnement tellement complexe, si fort et pourtant si fragile. A l’heure d’écrire ce récit, les effrayantes images de l’Amazonie s’embrasant serrent encore le cœur tant le souvenir des kilomètres parcourus dans ce décor sont vifs. Quel immense gâchis…

On sort finalement des bois pour gagner un grand lac bordé de palmiers. En silence, on s’installe à bord de barques à fond plat et on rame, doucement. Ici vivent caïmans et anacondas, singes et oiseaux de toute sorte. On les cherche, longtemps, sans succès. Des pluies diluviennes se sont abattues sur l’Amazonie quelques jours avant notre arrivée, rafraichissant nettement l’atmosphère et encourageant les animaux à se dissimuler dans les arbres. On le sait, approcher la faune sauvage requiert une bonne dose de chance et de patience. Cette fois, la chance nous aura manqué. On aperçoit seulement quelques aras entre les branches de palmiers. Au cours de la balade, Léo nous propose une nouvelle expérience: la pêche au piranha. Vaillamment armés d’un fil de nylon et d’un bâton, on tente… et ça marche (une fois, la première: plus jamais on ne réussira !). Léo attrape cet étrange petit poisson et nous montre son impressionnante mâchoire avant de le laisser filer rejoindre sa bande. Il est désormais temps de rejoindre le lodge, ses hamacs et nos petites cabanes.

Quand on nous tire du lit ce matin là, il fait nuit noire dehors. Il est incroyablement tôt et on met machinalement un pied devant l’autre jusqu’au bateau. Léo nous explique alors le plan: remonter la rivière de nuit, sans lumière pour ne pas déranger la faune, entre les rapides et les blocs de pierres qui parsèment la rivière. Aucun risque selon lui, notre pilote connait la rivière comme sa poche. Non, ce n’est toujours pas une blague.

On nous équipe d’épaisses couvertures bariolées et le moteur se met à tourner. La lumière du bateau s’éteint, il fait désormais complètement noir, l’air est frais et vif, traversant le bateau de tout son long… et pourtant on s’endort. Alors que le jour était tout juste levé, on arrive dans une zone de forêt bien différente. Les méandres de la rivière se font plus tortueux, les rives plus sableuses et bordées de galets clairs. On nous débarque finalement devant une rangée de palmiers qui semblent pousser comme une forêt de bambous et on s’approche, en silence, d’un immense mur d’argile.

Ici, aras et perroquets viennent tous les matins pour grignoter la falaise dans un curieux ballet. L’argile agit comme un pansement gastrique et protège les oiseaux de l’acidité des fruits qu’ils peuvent trouver dans la forêt. Tout est très réglé : les oiseaux s’installent par familles et par espèces dans les arbres tout autour de la falaise et attendent. Si l’endroit est calme, une partie du groupe descend gratter l’argile, l’autre surveille les alentours. Les espèces se succèdent, se mélangent rarement et chaque groupe picore pendant quelques moments, faisant de nombreux va-et-vient entre arbres et falaise.

Ce matin-là, de timides groupes étaient postés dans les arbres, les premiers oiseaux s’aventuraient tout juste dans la falaise quand soudain, un brouhaha immense s’est fait entendre. Tous les oiseaux se sont enfuis d’un battement d’aile dans une parfaite synchronisation. Sans prévenir, ils ont volé dans toutes les directions dans un vacarme incroyable. On ne saura jamais ce qui les a effrayés, notre petit groupe étant à distance respectable et parfaitement silencieux. Léo penchait, lui, pour un jaguar ou un serpent.

A peine installés, nous voilà donc complètement démunis face à un mur d’argile vide et des branchages déserts. On patiente en sirotant un thé et en grignotant un petit déjeuner puis, timidement, les premiers oiseaux reviennent et le manège se remet en place. Ils ne seront jamais aussi nombreux que lors de notre arrivée mais on profite largement du spectacle de ces ailes colorées.

De retour au lodge, Léo nous entraine à nouveau dans la forêt, à la recherche d’animaux toujours bien timides. Notre guide est un peu dépité, il n’avait pas eu aussi peu de succès depuis des années. Il poursuit longuement, nous trainant sur des chemins qui nous font perdre un peu plus nos repères à chaque virage. Il continue de nous raconter des histoires, des recettes locales aux traditions en passant par le Pérou d’aujourd’hui.

En rentrant, on se promet de revenir un jour dans ce monde si différent du nôtre. Qui sait ce que nous trouverons la prochaine fois ?

Le coup de cœur de Ptit Jo

Difficile de choisir un moment parmi toutes ces aventures mais nos premiers pas dans la forêt amazonienne durant cette journée de balade resteront sans doute inoubliables.

Coté pratique

Ayant réservé notre voyage avec Andes Authentiques Tours, nous n’avons pas consulté avec précision toutes les formules existants pour l’Amazonie.

La plupart des (rares) établissement installés dans la forêt proposent des formules tout inclus : transport, hébergement, repas et activités.

Nous sommes restés 3 nuits au Caïman lodge et ne l’avons pas regretté. Moins luxueux que certains établissements, il nous a offert une expérience peut être plus authentique sans être pour autant digne d’une aventure de Mike Horn. Un excellent compromis à nos yeux. Les repas étaient tous excellents, des bananes sont disponibles directement suspendues à leur régime à l’entrée de la salle commune et un ponton permet d’observer le fleuve et les étoiles le soir.

Surtout, demandez Léo pour vous accompagner : il est sans doute le véritable artisan de la réussite de ce séjour !

Côté moustiques : nous avons eu la chance d’en croiser très peu à cette saison. Nous étions bien équipés : vêtements longs et chaussettes hautes imprégnés de répulsif, crème et spray anti moustiques et traitement contre le palu. Ce n’est sans doute pas pareil à toutes les saisons mais nous n’avons vraiment eu aucun soucis !

La montagne arc en ciel

31 juillet 2019

Il fait nuit et froid quand nous nous réveillons ce matin-là. A l’heure où Cusco dort encore, nous rejoignons notre mini bus les yeux à moitié clos pour gagner un lieu de plus en plus prisé par les voyageurs. Un lieu qui, comme souvent au Pérou, se mérite.

On comate le plus gros du trajet, à peine éveillés quand le bus s’arrête au bord de la route pour un petit déjeuner dans une salle vitrée et glaciale où l’on se réconforte à grand coup de maté de coca brulant.

Après 3 heures de trajet, on arrive finalement aux portes de Vinicunca dans un décor montagneux spectaculaire. Le parking perdu sur les hauteurs du monde est déjà plein. Des bus entiers, des minibus comme le nôtre ou des taxis s’accumulent au départ d’une randonnée d’exception. Quelques familles sont installées là, dans cet univers poussiéreux mais baigné de soleil. Vêtues de tenues bigarrées, elles veillent sur les lamas et alpagas qui errent sur les pentes ou proposent des mules aux voyageurs inquiets par la marche.

Le début de la balade, à plat, est plaisant. Dans cet univers désertique, les versants de la montagne arborent un vert étrange, le sol est recouvert d’une poussière rosée avec, en toile de fond, d’impressionnants sommets enneigés. Passé le premier kilomètre (ou le deuxième on ne sait plus !), le sentier s’élargit notablement. Une grande esplanade minérale fait figure d’étape dans cette course à la hauteur. Les randonneurs s’arrêtent, les mules aussi. Désormais, chacun devra poursuivre à pied. Au bout de cette esplanade, la mauvaise nouvelle de la journée : une montée, deux en fait en regardant bien…

Je ne sais pas si elles étaient vraiment si impressionnantes… En y repensant, ces montées n’étaient sans doute pas si terrible. Mais sur le moment, elles ont provoqué un immense découragement.

A cette altitude, l’organisme souffre. Si on a la chance de ne pas être malade, on peine à mettre un pied devant l’autre, surtout dans la dernière ascension qui file droit vers le mirador. Le cœur et la tête fonctionnent, le cerveau sacrifie le reste. Les jambes sont douloureuses rapidement et on se sent vraiment rouillés. Autour de nous, on voit de tout : de véritables athlètes qui souffrent à peine et d’autres randonneurs encore plus abattus que nous.

Puis finalement on y arrive, on voit enfin la pancarte indiquant le sommet. C’est seulement là qu’on cesse de fixer le sol et qu’on se retourne, ébahis. On découvre sous un nouvel angle l’incroyable vallée traversée puis, elle est enfin là: la montagne arc-en-ciel, ses couleurs sucrées et son ciel bleu intense. Elle est là, comme un aboutissement, peu importe le nom qu’on lui aura choisi : Cerro Colorado, Rainbow Mountain, Montana Siete Colores… 7 couleurs pour autant de minerais, accumulés depuis des siècles qui forment cet étrange environnement.

Ça y est, on a passé les 5000 mètres.

On a parcouru les 5 kilomètres les plus longs de notre vie.

On se retrouve sur les hauts sommets du monde après une randonnée dans des paysages à la fois magnifiques et uniques.

On respire un air unique, pur et frais.

On vit, en grand.

Autour de nous, de nombreux touristes partagent le même sentiment et le même sourire : tous ont réussi. On fait tamponner nos passeports et on observe, longuement.

Les plus courageux d’entre nous s’élancent à l’assaut de la montagne rouge voisine, dissimulée derrière les sommets. Ils seront quasiment seuls sur le trajet qui grimpe encore de quelques centaines de mètres pour découvrir un paysage désertique haut en couleurs. Avec le recul, je regrette infiniment de ne pas avoir tenté l’expérience et d’avoir laissé mes jambes fatiguées céder au repos.

Vinicunca demande du temps, de la patience et du courage.

Elle en vaut la peine, sans aucun doute.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le mirador sur cette montagne aux airs de berlingot se mérite mais la récompense est grande

Coté pratique

Les activités

Alors qu’il était autrefois difficile de se rendre sur les pans de la montagne sans faire de laborieux trek, une nouvelle route amène désormais bien plus près. Étant partis avec l’agence Andes Authentiques Tours, nous n’avons pas eu à organiser l’excursion. Nous avons bénéficié d’un guide tout au long de la balade qui veillait au bien être de chacun et qui nous a surtout laissé profiter des lieux autant qu’on le souhaitait. Dans votre choix d’excursion, il me semble que ce sera l’essentiel : avoir du temps pour savoir la montagne et l’explorer à son rythme.

Pour ce type d’excursion à la journée, il faudra compter environ 80 soles par personne. Certaines offres comprennent une nuit en refuge. Elles partent toutes aux environs de 4h du matin pour assurer du temps sur place. C’est donc l’heure de pointe. Certains sites conseillent de venir sur les lieux par ses propres moyens vers 11h et de faire la randonnée sans guide (ce qui est facilement réalisable)

Le logement

Hôtel Amerinka, Calle Marques 272, Cusco
Des chambres spacieuses, un bon petit déjeuner et un emplacement parfait.

Les repas

Le Buffet Francés, Carmen Alto 219 San Blas, Cusco
Pour une raclette andine accompagnée de charcuterie locale !

Granja Heidi, Cuesta San Blas 525 2nd Floor, Cusco
Un restaurant de qualité dans un cadre charmant

Crêperie Backpacker La Bo’M, Calle Carmen Alto 283. San Blas., Cusco City Centre
Pour le plaisir de manger des crêpes bretonnes à l’autre bout du monde dans une ambiance baba cool.

Jack’s Cafe, Choquechaka 509, Cusco
Une référence que nous n’avons pourtant pas apprécié particulièrement.

Papachos, Portal de Belen 115 Plaza de Armas, Cusco
Un restaurant à l’étage donnant sur la place des armes. Une cuisine à base de frites et de burgers, bien utile pour se remettre de nos émotions.

Machu Picchu

30 juillet 2019

Grimper au Machu Picchu est toute une expérience. Une expérience qu’on s’imaginerait bien comme une longue marche dans la jungle et une découverte de cité perdue en découpant la dernière liane. Il y a du vrai : tout autour d’Aguas Calientes, l’univers est boisé et fleuri, de grandes orchidées grimpent dans les arbres qui colonisent les montagnes. Il existe un treck, le chemin de l’Inca, pour tenter de réaliser cette expérience. Mais il y a aussi une autre réalité, nettement plus courante.

La réalité d’un site surfréquenté que l’Unesco appelle à préserver dans la totale indifférence des autorités locales. S’il faut désormais réserver un billet à l’avance pour s’assurer une visite, on est très loin des quotas de visiteurs recommandés et ça se sent. Dans la ville, dès le lever du jour, une immense file d’attente se forme le long de la rivière. Les visiteurs sont parqués par créneau horaire et patientent longuement pour avoir un bus.

A l’arrivée, des dizaines de véhicules sont alignés les uns derrière les autres, lâchant des flots de visiteurs à intervalle régulier. Chaque billet correspond à un horaire. Nous avons choisi une visite tôt dans la matinée (et on s’en félicite) avec une petite originalité : un accès autorisé au Wayna Picchu, réservé à 400 personnes par jour. Il faut savoir que chaque billet correspond à un créneau spécifique et que la visite ne peut se faire que dans un sens. Tout retour en arrière est formellement interdit et les rappels à l’ordre à coup de sifflet strident sont immédiats. En suivant cette logique, toute sortie est définitive. Aussi, mieux vaut prendre son temps. Seule exception à cette règle : l’ascension du Wayna. L’accès étant situé en sortie du parc, il est autorisé d’entrer à nouveau au Machu Picchu une fois l’ascension terminée.

Passée l’entrée, on traverse donc le Machu Picchu rapidement pour faire partie des premiers à gravir la montagne. C’est un crève-cœur de le traverser si vite… la foule s’accumule à l’entrée et nous sommes quasiment seuls dans le reste du site sous une lumière douce de début de journée. On prend quelques clichés du décor, le Wayna Picchu en toile de fond, avant de reprendre notre chemin. Nous ne regrettons pas notre choix. Face au petit portail de bois qui ouvre l’accès au Wayna, nous sommes seuls. A mesure que l’heure d’ouverture approche, de plus en plus de randonneurs nous rejoignent et la température grimpe. C’est l’heure. On inscrit nos noms sur un registre et on s’élance sur un sentier qui semble nous être réservé. On marche vite pour profiter de cette intimité trop rare avant d’atteindre la plus impressionnante volée de marches que l’on n’ait jamais rencontrée.

Ça monte, tout le temps. Ça monte à coup de marches en pierres irrégulières et étonnamment hautes. Ça tape dans les jambes, les genoux et le cœur. Ça tape mais c’est grandiose. A l’approche du sommet, perchés au-dessus du vide, les vestiges du temple de la Lune apparaissent. Les escaliers toujours plus raides nous emmènent toujours plus haut. On pose les mains au sol pour s’aider, on jette un coup d’œil dans le vide, grisés. Le sommet arrive à quelques 2667m. Il ne nous reste qu’à contempler, en contre bas, la grandeur du Machu Picchu.

La cité inca du Machu Picchu, « Vieille Montagne », s’élève depuis 500 ans sur un promontoire rocheux entre cordillères des Andes et forêt amazonienne. Sanctuaire religieux puis refuge et lieu de résistance des Incas face aux Espagnols, le site est chargé d’histoire et étonnament préservé. Pourtant, à l’heure où l’empire s’effondrait, la cité n’était pas même pas achevée. La ville a donc été abandonnée puis simplement oubliée jusqu’en 1870. Son emplacement, difficile d’accès est sans doute la principale raison de son oubli. Perchée à 2400 mètres et perdue dans la forêt, son lieu de construction a pourtant été soigneusement choisi. Située au croisement de plusieurs failles tectoniques, la cité a pu bénéficier d’un gisement de pierres facile d’accès et d’une position stratégique tout en hauteur. Mieux encore, la présence de failles a permis d’assurer un apport régulier en eau tout en drainant les eaux de pluie en cas d’orages, favorisant ainsi la durabilité des constructions. Décidément ces Incas, de sacrés ingénieurs !

Accompagnés d’un guide, on découvre la zone agricole et son immense ensemble de cultures en terrasses avant de traverser le village, entre habitations et lieux de culte sculptés dans la roche. Sous un soleil de plomb, on rencontre au passage les derniers habitants de la mythique cité: une groupe de lamas tondeuses à gazon et une adorable petite viscache des montagnes, pas farouche le moins du monde. Une jolie découverte malgré la foule rencontrée à l’entrée et heureusement dispersée sur tout le site.

Pour le chemin du retour, on opte pour une balade à pied pour remplacer le trajet en bus. Comme si nous n’en avions pas eu assez, ce sont 1500 marches supplémentaires qui nous conduisent au bord de la rivière dans un décor verdoyant et escarpé. On rejoint donc Aguas Calientes à pied, longeant les bords de l’eau et les rails de chemins de fer, seuls moyens existants pour accéder à la petite ville.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La montée du Wayna Picchu est une aventure en soi. Plus encore que la vue au sommet, c’est bien la balade qui nous aura marqués, dans les traces d’une civilisation disparue

Coté pratique

Les activités

Excursion au Machu Picchu
Il existe plusieurs moyens de se rendre au Machu Picchu: un trek de plusieurs jours (aux places limitées et au guide indispensable) ou l’arrivée par Aguas Calientes que l’on rejoint directement en train ou par une randonnée d’environ 2h.


Pour l’accès au site en lui même il existe deux formules:
– le billet simple à 152PEN avec un créneau au choix entre 6h/12h et 12h/17h. Une heure d’entrée est indiquée et doit être respectée sous peine de se voir refuser l’accès…
– le billet incluant le Wayna Picchu à 200 PEN. Une réservations plusieurs mois en avance est obligatoire. Deux créneaux sont possibles : 8h ou 10h. On conseille fortement celui de 8h et d’arriver en avance: grâce à cette astuce, nous étions seuls pour monter. Au retour par contre, nous avons croisé tous les randonneurs partis après nous, faisant la queue dans les escaliers. De quoi largement gâcher la balade.

A noter qu’il est impossible d’emporter un sac de plus de 20L sur le site mais qu’il est en revanche possible de faire tamponner son passeport avec une illustration du Machu Picchu à la sortie du site 🙂

Les repas

Restaurant Bistro Bar Indio Feliz, Pje. Lloque Yupanqui 103, Aguas Calientes
Pour cette fois, on se fait vraiment plaisir car les tarifs de cet établissement sont supérieurs à la moyenne. Par contre, il propose un menu copieux aux saveurs franco-péruviennes. On y mange bien dans un décor surprenant.

La vallée sacrée

29 juillet 2019

C’est une longue journée d’excursion qui nous attend aujourd’hui à travers la vallée sacrée, haut lieu de tourisme péruvien longeant la rivière Urubamba. On y trouve de tout: villages charmants, cultures en terrasse, ruines, salines et treks de légende… On y va?

Petit village reconnu pour la qualité de son textile, Chinchero est l’endroit idéal pour assister à des démonstrations du savoir-faire péruvien en matière de textile. Différentes coopératives proposent des visites exposant toutes les étapes de fabrication : de la préparation de la laine à la teinture en passant par le tissage. Si les lieux ont un côté Disneyland, ils sont pourtant intéressants et hauts en couleur. On y passe un bon moment, guidés par une jeune femme tout sourire, et on rencontre une petite famille de cochons d’inde au passage… tout en essayant de ne pas penser à leur avenir incertain. Inconcevable de manger ces adorables frimousses !

En dehors des ateliers de tissage, le village est plein de charme. Il fait bon y trainer au hasard en profitant du calme de ses rues pavées. Devant l’église coloniale, une grande étendue d’herbe donnant sur des cultures en terrasse abrite vendeurs de textiles, fileuses de laine et ateliers de tri des papas, les pommes de terre. La place est bordée de maisons blanches au socle de pierres. Au loin, d’immenses pics enneigés se fondent dans le ciel bleu… Alors qu’on observait sagement ce superbe décor, une petite frimousse malicieuse est venue courir dans nos jambes, visiblement ravie de jouer à cache-cache dans les pattes de nos grandes perches !

Un lieu haut en couleurs qu’on recommande chaudement sur la route de la vallée sacrée !

L’étape suivante fait elle aussi figure d’incontournable à nos yeux. Au cœur des montagnes, 3600 bassins exploités depuis des centaines d’années permettent la récupération du sel issu d’une rivière à la source mystérieuse. Plusieurs dizaines de familles exploitent le site de générations en générations dans un décor grandiose, marchant entre les bassins sur d’épaisses couches de sel craquant sous leurs pas ou raclant la surface de l’eau colorée. S’il était possible il y a quelques années encore de se balader entre les bassins, le site n’est désormais accessible que depuis une plateforme en plein soleil, les bassins ayant été trop dégradés par des visiteurs irrespectueux. En sortant, il est possible d’acheter des paquets de sels de toutes les tailles pour des prix très raisonnables.

Difficile de vous raconter le procédé de fabrication exact ou l’origine d’une telle source de sel au milieu des montagnes… trop absorbée par cet étonnant spectacle et par mes photos, je ne me souviens même pas avoir entendu notre guide parler…

Voisin des salines, le site de Moray est lui aussi une véritable curiosité. Perchée à 3500 mètres d’altitude, cette immense zone de culture était en réalité un laboratoire agricole à ciel ouvert équipé d’un système d’irrigation. Les Incas y ont reproduit différents micro-environnements pour étudier la résistance des cultures à diverses paramètres dont la température. Les plants les plus résistants étaient alors répandus au quatre coins de l’empire pour assurer les récoltes. Plus de 200 espèces y ont été cultivées simultanément. Il n’y a pas à dire… ils sont forts ces Incas !

A quelques dizaines de kilomètres de Cusco, niché à flan de montagnes, on trouve pour finir l’un des villages les plus importants de l’empire Inca. Important en raison de son positionnement stratégique au croisement de plusieurs chemins incas, à l’entrée du site du Machu Picchu, mais important aussi dans l’histoire du Pérou. Dans les ruines d’Ollantaytombo se cache en effet un haut lieu de la résistance contre les conquistadors.

On grimpe jusqu’au sommet de la forteresse, et grimper est vraiment le mot, jusqu’au temple du soleil avant de rejoindre les cultures en terrasse par un chemin surplombant le vide. La plupart des touristes s’arrêtent à l’escalier et nous sommes quasiment seuls dans les terrasses.

En face, perché dans la montagne, le site de Pinkullyuna, gratuit, est accessible à pied et doit offrir une vue superbe sur le village. Par manque de temps, on opte néanmoins pour un bon repas avant de rejoindre la gare.

Notre journée se termine à la nuit tombée par un voyage en train mythique… qu’on aurait aimé faire de jour ! C’est LA mauvaise surprise du voyage organisé. Nous n’avons découvert l’heure des billets que quelques jours avant et impossible pour nous de changer l’horaire. On traverse donc l’un des plus beaux itinéraires du monde en train… dans le noir… L’arrivée animée à Aguas Calientes réconforte un peu: demain nous découvrirons une des sept merveilles du monde.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Difficile de choisir entre le marché de Chinchero et les salines de Maras. Une atmosphère incroyable baigne ces deux lieux, entre paix, histoire et tradition.

Coté pratique

Les activités

Une journée dans la vallée sacrée
Cette excursion, très classique, a été organisée par Andes Authentiques Tours qui a également organisé nos réservations d’hôtels et nos transports. S’il est possible de voyager seul au Pérou, nous avons jugé qu’en groupe de 7, la gestion des transports en communs serait trop chronophage et avons opté pour la facilité et le confort d’une agence. De nombreuses agences proposent des expériences à la journée au départ de Cusco.

Le logement

Hôtel Inti Punku Alameda Inn, Av. Los artesanos 209, Aguas Calientes
Un logement classique idéalement placé en face du départ pour le Machu Picchu.

Les repas

Puka Rumi, Calle Ventiderio, Ollantaytambo
On y mange des fajitas classiques et d’énormes assiettes de guacamole. Ouvert en continu et facile d’accès.

Cuzco

27 juillet 2019

Après une nouvelle journée de route mouvementée pour cause de grève nationale, nous voici arrivés à Cusco porte d’entrée sur la vallée sacrée, perchée à 3400m et ancienne capitale de l’Empire Inca. Cusco, on l’attendait, plus que les autres. Elle soufflait doucement à nos oreilles un refrain d’éternité. Cusco, un nom comme une ouverture sur un autre monde, une autre culture, une histoire ancienne et mystérieuse. Autant le dire tout de suite, on l’a adorée.

On a aimé son architecture douce et ancienne préservée malgré une réelle modernité. On a aimé ce curieux mélange des genres et ces bâtiments mixant les cultures. On a aimé son animation tranquille et ses ruelles rassurantes.

Par chance, on loge en plein centre-ville et on marche, beaucoup. D’abord jusqu’à la place d’armes, immense et agitée, parée d’arches en pierre et de balcons de bois finement travaillés. Au centre, une grande étendue de vert et de pavés abrite de nombreux bancs et des dizaines de drapeaux flottants dans les airs.

Puis, plus loin, on découvre le quartier de San Blas. Anarchique et délicat à la fois, il grimpe sur les hauteurs de la ville à coup de ruelles étroites et pavées et d’escaliers improbables. On trouve au fil des pas des tas de restaurants où toutes les cuisines du monde sont représentées, des bars animés et des boutiques surchargées de laine, de pompons et de couleurs vives. Il fait bon s’y perdre, sans autre but que d’apprécier le décor.

En poursuivant l’ascension par des volées de marches toujours plus longues, nous arrivons finalement au Cristo Blanco qui domine la ville de sa hauteur. Tout en recherchant notre second souffle, porté disparu à cette hauteur, on observe des rangées de toits s’étendant à perte de vue, gravissant les collines dans toutes les directions. Tant qu’on est sur les toits, sachez qu’on y trouve souvent les taureaux de Pukara. Toujours en couple, la tradition veut que, par leur bravoure, ils défendront le foyer et le bétail, apporteront la prospérité tout en protégeant la maison contre les tremblements de terre ou toute autre maléfice… En bons touristes, on en a ramené deux, baptisés Veri et Sure pour l’occasion… sait-on jamais ! 🙂

En revenant finalement sur nos pas, on arrive un peu par hasard dans la rue Hatun Rumiyoc qui abrite une curiosité locale : la piedra de los doce ángulos. Symbole d’un savoir-faire étonnant, elle présente malgré ses douze angles un emboitement parfait avec ses voisines. Tout est réglé au millimètre et il est aujourd’hui encore impossible de passer une lame entre deux blocs… la balade s’achève au marché San Pedro abrité sous une halle construite par Gustave Eiffel ! Stands de fruits et de légumes débordants, épices de toutes sortes, fleurs, fromages et viandes sans doute encore inadaptées à nos estomacs un peu fragiles…. Tout y est !

Le lendemain, sur les hauteurs de Cusco, nous partons pour notre première approche de l’histoire du pays. Sacsayhuamán dont le nom signifie « faucon satisfait », est à la fois une forteresse inca et un édifice religieux dédié au Soleil.

Au milieu d’une plaine à l’herbe jaunie, d’immenses blocs de pierre forment d’imposantes murailles. Les blocs aux formes variées s’imbriquent les uns aux autres dans une géométrie parfaite, contrastant avec l’aspect tout en rondeur de la pierre. Fatalement, en avançant entre ces murs, on se demande comment un peuple aux moyens techniques limités a pu se lancer dans un tel projet. Près de 10 000 ouvriers auraient été nécessaires à l’achèvement de la structure, taillant et transportant d’imposants mégalithes pendant une cinquantaine d’années. Comme pour les Égyptiens et beaucoup d’autres civilisations, des doutes subsistent encore aujourd’hui sur la méthode utilisée par les incas pour déplacer de pareils blocs.

Le site n’est aujourd’hui plus que l’ombre de celui qui avait été érigé plusieurs siècles auparavant, ébranlé par le temps mais surtout par l’arrivée des Espagnols ayant allégrement pioché dans cette immense réserve de pierres et de richesses. De grandes tours recouvertes d’or et d’argent auraient en effet orné le sommet de la cité jusqu’au XVI siècle…. de quoi plonger dans les mythes et légendes pour toute la matinée.

Sur le chemin du retour, on s’autorise une petite pause lama dans un atelier de tissage ouvert sur une ferme où toutes les espèces d’alpagas, lamas et vigognes sont représentées. Tout en distribuant le repas, on sourit devant les petits jeunes effrontés autant que devant les paisibles adultes à la coupe improbable. C’est aussi ça le Pérou !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Déambuler dans les ruelles du quartier de San Blas pour une balade entre charme et renforcement musculaire !

Coté pratique

Les activités

Le boleto turistico, 130 PEN
Valable pour une durée de 10jours, il donne accès à de nombreux sites touristiques:
– dans la vallée sacrée: Chinchero, Moray, les ruines d’Ollantaytambo et celles de Pisaq
– dans la région de Cuzco: Puca Pucara, Tipo, Tambomachay, Pikillacta et Sacsayhuaman
– dans la ville de Cuzco: les musées d’art populaire, d’art contemporain, d’histoire régionale et de Qoricancha, le monument de Pachacutec, le centre Qosqo de musique et danses typiques
Le billet est vendu à l’office du tourisme ou à l’entrée de chaque site.

Le logement

Hôtel Amerinka, Calle Marques 272, Cusco
Des chambres spacieuses, un bon petit déjeuner et un emplacement parfait.

Les repas

Le Buffet Francés, Carmen Alto 219 San Blas, Cusco
Pour une raclette andine accompagnée de charcuterie locale !

Granja Heidi, Cuesta San Blas 525 2nd Floor, Cusco
Un restaurant de qualité dans un cadre charmant

Crêperie Backpacker La Bo’M, Calle Carmen Alto 283. San Blas., Cusco City Centre
Pour le plaisir de manger des crêpes bretonnes à l’autre bout du monde dans une ambiance baba cool.

Jack’s Cafe, Choquechaka 509, Cusco
Une référence que nous n’avons pourtant pas apprécié particulièrement.

Papachos, Portal de Belen 115 Plaza de Armas, Cusco
Un restaurant à l’étage donnant sur la place des armes. Une cuisine à base de frites et de burgers, bien utile pour se remettre de nos émotions.

Expérience au Titicaca

23 juillet 2019

Après une longue journée de route, nous voilà arrivés tardivement à Puno sur les bords du lac Titicaca. Si l’emplacement avait a priori tout pour plaire, la ville n’a finalement rien de particulier. On en profite simplement pour reconstituer des réserves, manger un morceau et prévoir quelques cadeaux. Demain, nous sommes invités…

24 juillet 2019

Sous un soleil radieux, on descend vers le lac pour une journée d’excursion sur le plus haut lac navigable du monde à quelques 3800 mètres d’altitude. Lac parait d’ailleurs être un terme bien en dessous de la vérité tant son immensité impressionne, il s’étend en effet sur 190km de long et 80 de large entre le Pérou et la Bolivie. Après un court trajet en bateau, nous voilà débarqués sur les îles Uros, petit archipel flottant entièrement conçu par l’Homme à l’aide de roseaux et de terre. Un peu plus de 200 personnes vivent sur ces îles.

Pour la petite histoire, on pense que les Uros sont un des peuples les plus anciens d’Amérique. Pour éviter la sécheresse, ils auraient fui l’Altiplano pour rejoindre les régions côtières avant de s’exiler sur des îles… pour fuir le risque d’invasion Inca cette fois ! Les voilà donc flottants sur l’eau et s’alimentant essentiellement de la pêche et de la chasse aux oiseaux.

Quand on débarque sur le sol de paille, on est directement emmenés sur une place centrale, tous assis en cercle autour de la chef de village. Là, on nous explique la construction des îles à base de racines de totora, tressées puis fixées par des cordes afin de les transformer en blocs compacts. Une île flotte sur une trentaine de blocs sur lesquels on ajoute une couche de roseaux séchés. De lourdes pierres échouées au fond de l’eau assurent la stabilité de l’ensemble. Les roseaux sont régulièrement changés pour assurer la pérennité des îles qui peuvent perdurer pendant près de 30 ans.

Si les groupes de familles ont chacune leur île, l’organisation touristique est bien rodée et basée sur le partage : les bateaux de Puno s’arrêtent à tour de rôle sur chaque morceau de l’archipel pour assurer des revenus équitables dans une population ne vivant plus que de la présence des visiteurs ou presque.

On se balade un moment sur la petite île avant de grimper sur un mirador pas très rassurant pour observer le panorama et, sur l’eau, les bateaux de totora colorés. Après quelques échanges et quelques achats (dont un joli mobile en roseau tressé :)), on vogue vers l’île principale pour faire tamponner notre passeport avant de repartir en balade.

La journée devait se poursuivre paisiblement vers les îles Taquile… le temps en aura décidé autrement. Si le soleil est toujours au beau fixe, le lac, lui, s’agite. Il s’agite même beaucoup. De grosses vagues font tanguer le petit bateau et, à l’intérieur, les premiers passagers déchantent. Un plan B s’improvise et nous filons vers la presqu’île de Llachon, toujours ballotés par les flots. Heureux de poser le pied sur la terre ferme, nous débarquons donc accueillis dans une longue bâtisse meublée d’imposantes tables colorées rapidement remplies de soupes fumantes.

La longue balade sur les bords du lac, entre plage et terres cultivées, nous apaise et achève de nous remettre l’estomac en place. Les couleurs sont douces, chaleureuses. La vie semble paisible une fois le grand lac enfin calmé. Au fil des pas, on tombe sur d’autres voyageurs échoués avec nous sur Llachon, en pleine partie de volley avec les enfants du village. On s’incruste et on se prend la dérouillée du siècle avant de rejoindre nos hôtes du soir.

Chaque groupe de voyageurs est en effet accueilli par une famille pour passer la nuit dans de petites maisons traditionnelles avec vue sur le lac. On rencontre donc la mama tout sourire, son époux, tout en discrétion et son adorable Bodie, petite bestiole surexcitée amoureuse des lacets. On ne parle pas la même langue mais on partage un maté en souriant avant de découvrir une malle pleine de vêtements traditionnels. Ni une ni deux, nous voilà embarqués dans une session d’essayage que jalouserait Cristina Cordula. Ponchos, bonnets, immenses jupes à volants et chapeaux à pompons bariolés, nous voilà plongés dans un tourbillon de couleurs. On tournoie faisant voler tissu et laine d’alpaga, on rigole comme des enfants déguisés en superhéros.

Le soleil se couche et il est désormais temps de rejoindre la grande bâtisse pour le diner. Chacun prend sa part, minime, à coup d’épluchage de carottes et de pommes de terre. En attendant nos assiettes, éclairés à la bougie, on joue au Uno avec des italiens aux règles douteuses, au jenga avec des péruviens moqueurs (même en quechua on comprend !) tout en partageant des Cusqueña fraiches. On ne regrette pas un instant d’avoir changé de plan en cours de route: on se sent bien à Llachon.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Quand on nous a proposé une nuit chez l’habitant, on n’était pas certains d’aimer le concept. On avait peur d’une ambiance bizarre et de sourires forcés… On ne regrette pas un instant de s’être laissés tenter !

Coté pratique

Les activités

Une journée au Titicaca
Cette excursion, très classique, a été organisée par Andes Authentiques Tours qui a également organisé nos réservations d’hôtels et nos transports. S’il est possible de voyager seul au Pérou, nous avons jugé qu’en groupe de 7, la gestion des transports en communs serait trop chronophage et avons opté pour la facilité et le confort d’une agence. De nombreuses agences proposent des expériences à la journée ou avec un nuit incluse.

Le logement

Plaza Mayor Hotel, Jr. Deustua 342, Puno 21001
Des chambres spacieuses et des prestations tout à fait classiques.

Les repas

La casona restaurant, Lima 423, Puno 21001, Pérou
Un excellent restaurant où l’on s’est, encore une fois, régalés avec la soupe au poulet.

Rupha Café, Jr, Moquegua 338, Puno
Un restaurant encensé par certains guides mais qui ne nous a pas laissé de souvenirs particuliers.

Chivay et le canyon de Colca

21 juillet 2019

Le Pérou est finalement vaste et les trajets parfois longs. Celui-ci fut de ceux particulièrement mémorables qu’on aurait pourtant voulu éviter. Si les premières heures sont belles et sauvages, ponctuées de vigognes, de désert et de petits marchands ambulants, l’atteinte de Chivay aura fini par devenir une épreuve pour nos organismes peu accoutumés à de pareilles hauteurs.

On avait pourtant tout calculé pour respecter les règles : gagner les hauteurs progressivement, de 1000 mètres en 1000 mètres, passer deux nuits sur place pour s’habituer à l’altitude…. Chivay et ces 3500 mètres paraissaient donc parfaitement indiqués pour notre progression. Parfaitement indiqués à un détail près… la traversée d’un haut col à quelques 4900 mètres.

On aura beau enchainer les tisanes à base de maté de coca, s’éponger le front et les tempes à l’aide d’un alcool maison supposé adoucir le sorroche voire le sniffer carrément… l’arrivée à Chivay fait de gros dégâts sur les organismes. Il est à peine 15h mais déjà la moitié d’entre nous est hors service. Maux de tête ou violentes migraines, nausées, fatigue… on s’effondre dans nos lits moelleux. Les plus en forme tentent une petite balade, les autres s’écroulent jusqu’à la nuit tombée. On trouve finalement un peu de réconfort dans une délicieuse soupe chaude prise dans un restaurant glacial, persuadés que le plus dur est désormais passé.

22 juillet 2020

Le réveil sonne aux aurores pour une nouvelle balade. Direction Cruz del Condor pour observer la majesté de ces immenses volatiles. Il y a du monde le long des rambardes ouvrant sur le Canyon del Colca et son adorable vallée. On se bouscule un peu pour guetter les rapaces, nombreux, tournoyant dans le ciel, plongeant sous nos pieds, le plumage luisant sous la lumière du soleil. Vénéré par les peuples Incas, le condor des Andes est considéré comme le messager du ciel et de la terre. On peine à envisager leurs incroyables dimensions tant les montagnes semblent hautes et le canyon large. On les observe longuement planer ici, profitant des courants du matin avant de disparaitre plus loin dans la vallée.

Le soleil levé commence déjà à taper. Depuis notre arrivée au Pérou, on a largement adopté la technique de l’oignon : une multitude de couches que l’on enlève et remet à longueur de journée tant les variations de température et d’altitude sont fortes. Au bord d’un mirador offrant un panorama superbe sur la vallée, on s’en ajoute même une nouvelle, locale, à coup de pull coloré ou de poncho. On regretterait presque de ne pas s’être lancés dans un trek de plusieurs jours au cœur du canyon, si beau et coloré. A défaut, on en prend plein les yeux avant d’opter pour une courte balade près de Yanke dans un site archéologique complètement déserté par les touristes. Nous sommes seuls sur le chemin qui grimpe dans les vestiges d’habitations entourés de hautes herbes.

La journée se termine au cœur d’étranges sources chaudes visées à flanc de falaise. Quelques bassins construits de part et d’autres de la rivière, tantôt couverts, tantôt à l’air libres sont reliés par un pont de singe un peu tremblant. On ne pouvait imaginer mieux pour se remettre de nos émotions et quitter la vallée au meilleur de notre forme !

Le coup de cœur de Ptit Jo

La beauté du canyon de Colca et ses milliers de cultures en terrasses aux couleurs automnales.

Coté pratique

Les activités

Cruz del condor
Pour visiter le site, il est nécessaire d’acheter un droit d’accès à la région de Colca et donc au mirador des condors : 70 PEN par personne

Uyo Uyo Archaeological Site, 986H+4W Yanque
Un site archéologique désert à découvrir à travers une petite balade. Sans doute pas indispensable mais adapté pour passer deux heures.

Baños Termales de Chacapi
Les sources chaudes sont composées d’une piscine et 5 bassins, l’entrée coûte 15 PEN par personne

Le logement

Hôtel La Posada del Colca, Av. Salaverry 325, Valle del Cañon del Colca, Chivay
Un hôtel basique mais à la literie confortable avec de nombreuses couvertures, indispensables à Chivay. Le petit déjeuner est nourrissant mais la salle glaciale. Billard à disposition.

Les repas

Innkas Coffee, Plaza de Armas 705, Chivay 04145
Si le chauffage est en option dans la salle, on s’est régalé plusieurs soirs de copieuses soupes chaudes.

Salinas y Aguada Blanca

20 juillet 2019

Ce matin nous quittons la ville pour nous aventurer bien plus haut. A presque 4000 mètres d’altitude, la réserve nationale de Salinas y Aguada Blanca, méconnue, nous a pourtant fait de l’œil dès la construction de notre parcours. Deux énormes SUVs nous attendent donc au bas de notre hôtel, prêts à partir sur les routes sinueuses qui s’élèvent à proximité du volcan Misti.

On quitte d’abord la banlieue d’Arequipa pour rejoindre une étroite zone de culture en terrasse longeant un cours d’eau. Plus loin, la végétation se transforme en d’immenses étendues d’herbe jaune, presque brulée, seulement traversées par une piste poussiéreuse. On grimpe encore pour s’arrêter à la lisière de deux mondes, là où les herbes claires rencontrent la roche parsemée d’étranges plantes.

Alors que l’on était seuls, un bus s’arrête et des dizaines de péruviens descendent. Un autre SUV apparait et une fanfare s’installe tout à coup sur la large esplanade formée par la route. Certaines femmes grimpent dans les rochers et reviennent avec des sacs plein de plantes médicinales, d’autres prennent possession des lieux et dansent, simplement, leurs larges jupes roses tournoyant au-dessus de la poussière sous la surveillance du volcan qui attire désormais tous les nuages. Sans prévenir, tout ce petit monde s’interrompt, remballe et disparait.

On poursuit la route pour prendre encore de la hauteur. Il est conseillé à tous les voyageurs se rendant au Pérou de gagner les hauteurs progressivement, de 1000 mètres en 1000 mètres, passant deux nuits sur place pour s’habituer à l’altitude. On respecte à peu près la consigne, s’écartant de quelques centaines de mètres pour l’après midi mais les premiers maux de tête, légers, finissent par apparaitre. Ils disparaissent bien vite lorsque nos premières vigognes montrent leur museau coloré au milieu des herbes grises.

Au bout de la piste, la réserve apparait sous un rayon de soleil, vaste étendue d’eau claire entourée de montagnes et bordée de rives salées. Loin devant nous, le volcan Ubinas, en éruption lors de notre voyage, crache de gros nuages sombres, menaçants mais follement dépaysants. A ses pieds, des colonnes de sable et de poussière s’élèvent parfois, micro tornades qui s’évanouissent aussi vite qu’elles s’étaient formées.

On s’approche encore pour finalement marcher sur le sel dur qui craque sous les pieds. Les rares touffes de verdure qui poussent au travers sont couvertes de sel et, au cours de la balade, on repère les traces d’un puma passé récemment par là. La lagune, elle, est pleine de vie. Des nuées de flamands roses s’agitent ici, planant à intervalle régulier au-dessus de nos têtes. On marche peu, heureusement car le souffle nous manque rapidement.

On marche peu mais on ouvre grand les yeux. Quelques kilomètres plus loin, de petits cours d’eau échappés du grand lac sillonnent une prairie mousseuse tout en rondeur. C’est ici le royaume des lamas, nombreux, paisibles, et pas tracassés le moins du monde par notre présence. Les couleurs du décor se rehaussent, moins dramatiques, plus douces.

Déjà il est l’heure de repartir, déjà il est l’heure de quitter le toit du monde.

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’envol des flamands roses au dessus de larges étendues de sel. Il ne manquait que la visite d’un puma pour nous combler !

Coté pratique

Les activités

Découverte de la réserve en SUV
Cette excursion, peu prisée, a été organisée par Andes Authentiques Tours qui a également organisé nos réservations d’hôtels et nos transports. S’il est possible de voyager seul au Pérou, nous avons jugé qu’en groupe de 7, la gestion des transports en commun serait trop chronophage et avons opté pour la facilité et le confort d’une agence.

Le logement

Hôtel, Arequipa
On ne s’en souvient plus mais ça va revenir !

Les repas

Zigzag Restaurant, Calle Zela 210, Arequipa
Encensé dans tous les guides touristiques, on passe à bon moment dans ce restaurant chaleureux. Les amateurs de viande seront ravis de gouter aux spécialités locales (mais les amateurs de poissons ne seront pas oubliés !) Equipés de grands « bavoirs » en papier, on est parés à recevoir de grands plateaux où les plats crépitent encore sur des pierres chaudes.

Hatunpa, Calle Ugarte 207 – 208 New Place en el Instituto Cultural Peruano Alemán, Arequipa
Une petite enseigne nettement plus abordable en termes de tarifs qui propose une multitude de pommes de terre et de sauces.