Après l’attente

Mai 2020

Septembre 2020

Mai 2021

Et nous voilà finalement en septembre 2021.

Démarré il y a deux ans et reporté 3 fois, ce grand projet de voyage débute tout juste dans les couloirs de Roissy, à une heure où même l’aéroport dort encore. Vingt-quatre heures de trajet et deux escales nous séparent encore de la destination. On se met alors en mode automatique. Casque sur les oreilles, bandeau sur les yeux, on alterne entre phase de sommeil et état végétatif devant l’écran. C’est un peu long mais, finalement, ça passe.

L’escale à Doha est comme une récréation. On découvre cet aéroport immense et flambant neuf où boutiques de luxe, portraits de joueurs du PSG, voitures de sport et bijouteries aux vitrines débordant d’or se côtoient. On y trouve aussi un nombre incroyable de stands Harrods, célèbre enseigne londonienne, qui vendent de jolies boîtes de thé ou de petits ours en costume. Au centre, Harrods s’est même installé un adorable salon de thé qui semble être coupé du monde extérieur. A l’intérieur, musique, calme, chaleur et tea time offrent un instant de répit délicieux.

L’aéroport de Johannesburg est, lui, complètement désert. Encore quelques heures et nous verrons enfin la Namibie.

4 septembre 2021

Des plaines arides et désertiques apparaissent finalement à travers le hublot. Seule l’épreuve des contrôles de pass sanitaire nous sépare désormais de l’objectif. Dehors, un vent chaud souffle gentiment. James nous attend pour nous emmener à notre voiture et nous donner les consignes pour le trajet à venir. Notre bolide est un peu différent de ceux que l’on utilise d’habitude. Un énorme Toyota Hilux nous est réservé, au coffre blindé de matériel de camping et à la tente vissée sur le toit. On démonte tout, on teste, on remonte et nous voilà partis dans notre pick-up. On s’initie rapidement à la conduite à gauche dans les rues de la capitale avant de rejoindre le lodge où nous passerons la nuit. Demain, le voyage commence vraiment !

5 septembre 2021

Le petit déjeuner englouti en compagnie d’une mangouste un peu curieuse, il est temps de se lancer sur la route. En sortie de Windhoek, la route est bonne, large et goudronnée.  Elle file dans les légers reliefs du paysage et, pour un peu, elle nous rappellerait presque les États-Unis. On y croise nos premiers babouins, traversant la route sans gêne, avant de quitter la grande route. Ici, rares sont les chemins goudronnés. Même les grands axes sont essentiellement de larges pistes poussiéreuses mais plutôt bien entretenues. D’énormes nuages de poussière volent en permanence autour de nous, s’infiltrant un peu partout, bouchant parfois la visibilité. On croise peu de monde : quelques troupeaux de chèvres, deux ou trois carrioles et une dizaine de voitures. Ça, c’est les vacances !

Le paysage change au fil des kilomètres, les routes deviennent un peu moins monotones et davantage tortueuses. On traverse une sorte de canyon où babouins et koudous se dissimulent dans les broussailles, à peine visibles. Peu à peu, on découvre cette Afrique australe si longtemps inaccessible…. mais ce sont les deux dernières heures de trajet que l’on préfère.

En sortie de la zone caillouteuse, d’immenses plaines bordées de montagnes apparaissent. L’herbe jaunie, les nuances orangées des montagnes, les buissons colorés nous enchantent. On y croise notre premier quivertree, endémique de cette partie du monde, puis nos premiers phacochères, traversant une route désormais plus sableuse. Les couleurs s’intensifient, le ciel se pare de nuages étranges et Sesriem apparaît finalement au bout du chemin.

A peine installés, on file vers Elim Dune pour profiter du coucher du soleil. Sur la route, les plaines herbeuses et jaunies prennent des reflets dorés à mesure que le soleil se couche. Les premiers oryx du séjour pointent alors le bout de leur nez, en troupeaux d’abord, puis par petits groupes. Symbole du pays, ils évoluent gracieusement dans la lumière chaude de la fin de journée.

Au bout de la route, les dunes de sable orangé apparaissent. Le sable doux, encore chaud, dessine de gracieuses courbes. Les surfaces des dunes sont recouvertes de petites ondulations dessinées par le vent, seulement entrecoupées de buissons d’un mélange de vert et de jaune. Bien qu’elle ne soit pas si haute, l’ascension d’Elim Dune ne sera pour moi que souffrance. Le sable rentre partout, s’entasse dans les chaussures. On s’enfonce, on recule à mesure qu’on avance. Bref, comme à Great Sand Dune, la grimpette me paraît être une épreuve. Le sommet en vaut pourtant la peine.

Le soleil descendant toujours plus bas vers l’horizon, les dunes ont pris des couleurs intenses. Des tons d’automne colorent désormais le paysage et le ciel bleu clair est désormais strié de nuages rosés, presque violets. Il fait quasiment nuit lorsqu’on quitte ce décor magique pour notre première nuit sous les étoiles…

Le coup de cœur de Ptit Jo

Notre rencontre avec les premiers oryx, gracieux dans les herbes hautes

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Rien de spécifique aujourd’hui en raison de la longue route !

Le logement

Londiningi guest house, 11 Winterberg Street PO box 9354, Windhoek
Un petit lodge charmant où nous avons fait étape pour une nuit. Parfait pour se reposer après un long vol. Petit déjeuner et diner disponibles sur place.

Les repas

Londiningi guesthouse, 11 Winterberg Street PO box 9354, Windhoek
Un repas sans prétention mais agréable. On adore les motifs d’animaux de la savane sur les desserts !

Péninsule de Snæfellsnes

5 novembre 2019

Ce matin nous quittons à regret les fjords pour la péninsule de Snæfellsnes, nettement plus connue et touristique. Pour changer un peu, on embarque dans un ferry quasiment vide où des salons plus ou moins grands sont disponibles à tous les étages. On choisir un lieu en hauteur, face à la mer, guettant du coin de l’œil les dernières baleines. En vain. On s’installe finalement avec nos ordinateurs et jeux de société tout en profitant de la balade malgré quelques tendances au mal de mer. Alors que le port de Stykkishólmur approche, on observe cette longue bande de terre qui forme la péninsule. Les guides nous y promettent un cadre exceptionnel où se succèdent montagnes imposantes, longs fjords et paysages vallonnés. Largement grignotée par le trajet, cette journée est l’occasion de rouler simplement en observant le paysage annoncé jusqu’à la célèbre Kirkjufell. Sur le port, les mouettes dansent un ballet au dessus des falaises de basaltes et des maisons typiques en attendant notre arrivée.

Tous ceux qui un jour ont envisagé de venir en Islande ont déjà vu cette montagne, couverture de mon nombre de documents sur cette ile nordique. On l’imaginait accessible après une petite balade, elle est en réalité collée à la route (qui à ce moment là, était en plein travaux). En chemin, on croise nos premiers bus touristiques… et on s’inquiète. Arrivés sur place, on tombe sur une mariée posant bras nus devant la cascade dans un froid glacial… elle a le visage tout pale et ressemble à un fantôme glacé. Plus étrange encore elle est seule avec le photographe. Aucun doute, Kirkjufell a tout de « la pose photo » qui fera fureur sur les réseaux sociaux. On est finalement assez déçus par ce lieu et surement plus charmés par le fjord voisin.

La soirée qui s’annonce nous réconcilie cependant avec la petite ville voisine: les aurores sont annoncées ! On file en voiture, le nez collé au vitre et les yeux un peu sur la route… et les premières lueurs vertes apparaissent. Installés près d’un champs de lave, on observe la scène avec délice face aux vagues vertes qui illuminent le ciel. Même si ce soir les aurores étaient timides, on ne se lassera sans doute jamais de ce spectacle.

6 novembre 2019

La partie nord de la péninsule est peuplée de ces adorables chevaux islandais qu’on adore câliner pour commencer la journée. Les grandes prairies d’herbes jaunes qu’ils parcourent filent jusqu’aux montagnes enneigées et on aperçoit bientôt le Snæfellsjökull. Si son nom ne parle pas forcément de premier abord, le glacier est pourtant devenu célèbre lorsque Jules Verne en a fait le décor de son roman Voyage au centre de la Terre. La légende raconte qu’entre ces deux pics, une grotte conduit à un monde souterrain fantastique. C’est aussi ça l’Islande: des histoires de trolls, d’elfes, de fées et de mondes magiques…une légende à chaque décor.

Les prairies disparaissent au fil des kilomètres et laissent désormais place à des champs de lave. Au milieu de ce décor chaotique, on trouve le cratère de Saxhóll dont le sommet désormais effondré sur lui même est accessible à pied. Le vent souffle sur l’escalier de métal qui court le long du volcan mais l’ascension est rapide et vaut bien un petit arrêt.

Au bout d’un autre champ de lave, une route étroite conduit à Djúpalónssandur, une plage de galets noirs abritant les restes rouillés d’une épave de bateau, dissimulés entre les falaises de lave. L’endroit est étrange, à la fois rude et gracieux. Une partie de la baie est figée dans la glace tandis que les vagues frappent avec vacarme sur les galets tout proches. On trouve en route quatre « lifting stones » : une pancarte nous explique que les matelots testaient leur force en soulevant ces pierres pour mériter de monter à bord des navires. La première, dédiée aux petites natures, pèse tout juste 54kg… les véritables marins pouvaient, eux, soulever la dernière pierre de 154kg. A l’évidence, on n’était pas près de naviguer !

Passée la balade sur la plage, on gagne le sud de la péninsule pour s’aventurer dans les gorges de Rauðfeldsgjá, une sorte de couloir ouvert dans la roche au pied d’une falaise immense. La montagne, comme fendue en deux, laisse s’échapper un ruisseau glacé qui givre l’herbe et la roche sur son passage. En suivant son tracé, on pénètre dans la faille au cœur d’impressionnantes parois couvertes de mousse. En équilibre sur les pierres luisantes, on remonte le cours d’eau jusqu’à une petite cascade sans oser s’aventurer plus loin sans équipement. On aurait pourtant adoré aller plus loin et découvrir le cœur de ces falaises majestueuses.

Notre dernière étape nous entraine à nouveau vers la plage pour une rencontre animalière. Sur Ytri Tunga, les chances de tomber sur une colonie de phoques en pleine sieste sont grandes. Malheureusement le soleil se couche déjà et on commence à doute de la réussite de notre entreprise. En chemin, Búðakirkja, l’église noire, nous impose un détour photo qui n’arrange pas nos problèmes d’horaires. beaucoup plus tard que prévu, une piste carrossée nous emmène enfin jusqu’à la ferme abandonnée de Ytri Tunga. Sur la plage, pas de phoques… on avance un peu dans les rochers pour tomber sur d’imposants moutons islandais en plein diner… d’algues ! Ils se promènent avec aisance dans les blocs de pierre sombres et nous entrainent loin du parking. Le soleil est presque couché et le ciel prend des nuances bleutées particulièrement douces. Au loin, les montagnes se couvrent de nuages et disparaissent peu à peu. C’est le moment que choisissent les premiers phoques pour apparaitre discrètement, laissant seulement apercevoir le haut de leur tête. A la lisière des vagues, un autre s’est laissé échouer sur les algues et se laisse balloter pour les remous de la mer. Ses yeux s’ouvrent et se ferment doucement, comme s’il sombrait tranquillement dans un sommeil profond. L’heure pour nous de le laisser tranquille et de poursuivre notre chemin jusqu’à l’hôtel.

Coté pratique

Le logement

Grundarfjordur Guesthouse and Apartments, Hlidarvegur 15, 350 Grundarfjörður, Islande
Un guesthouse très propre en bordure du fjord. les chambres ne sont pas très grandes mais confortables.

Hotel Hafnarfjall, Hafnarskógur, 311 Borgarnes, Islande
Ici, on retrouve un peu l’esprit des motels américains. les chambres sont basiques mais largement suffisantes, le patron très sympa et les petits déjeuners copieux. Un jacuzzi est disponible à l’extérieur avec vue sur le fjord… ou sur les aurores boréales !

Les activités

Baldur Ferry, départ 12h – arrivée 15h
A réserver ici: https://guidetoiceland.is/fr/reserver-islande-voyage/ferry-brjanslaekur-flatey-stykkisholmur

Les repas

Sjavarpakkhusid, Hafnargata 2a, Stykkisholmur 340 Islande
On se régale d’un burger de poisson et de pommes de terres sautées qui fondent dans la bouche. Un bonheur dans un cadre typique et chaleureux avec vue sur le port

Arnarstapi Center and Snjofell Restaurant, Arnarstapavegur, Arnarstapi Islande
Soupes et pizzas bien chaudes à partager, servies dans une salle moderne flambant neuve avec de grandes baies vitrées… leurs cookies sont énormes !

Les fjords de l’Ouest

4 novembre 2019

Après une nuit reposante bien méritée (nos périples de jour et de nuit dans les highlands avaient eu raison de nous), le jour se lève sur la petite Súðavík. Dans le vieux village où nous dormons, il est interdit de séjourner en hiver : on ne peut rêver d’endroit plus calme dans tout le pays. Nous sommes à la toute fin de la saison et rien ne bouge autour de nous. Il n’y a que l’eau et les montagnes. Sur l’autre rive, de l’autre côté d’un bras de mer où passent les baleines l’été, la réserve Hornstrandir s’étend à perte de vue, figée dans la neige et la glace.

Cette journée sera l’une de ces journées de roadtrip qu’on adore, installés dans notre voiture baignée de musique à parcourir ces longues routes noires sous le soleil. Il nous faudra des heures pour traverser l’Ouest des fjords, on commence donc par un arrêt à Ísafjörður pour un ravitaillement en essence et en nourriture indispensable. Les stations service sont une denrée rare ici et on s’arrête presque systématiquement par peur de manquer. La capitale des fjords est coincée entre l’eau et les falaises et arbore quelques ruelles aux maisons colorées. On en fait rapidement le tour tout en testant la boulangerie locale avant de poursuivre notre chemin.

La route s’enfonce dans les terres entre les montagnes verdoyantes et les criques qui s’enchevêtrent sans jamais se ressembler. On est seuls en pleine nature pour une sensation de liberté sans fin. Près de Flateyri, on traverse sur une voie juste assez large pour notre voiture lorsque des rochers semblent s’agiter dans l’eau immobile. On s’arrête au milieu de l’eau pour observer la scène et rencontrer…. nos premiers phoques bronzant au soleil !

Les virages s’enchainent et chaque traversée au ras de l’eau nous offre une vue plus dégagée sur les fjords. Après des dizaines de kilomètres, on retrouve un semblant de vie à Þingeyri où quelques fermes et maisons forment un petit village tranquille entouré de troupeaux de moutons. Ici, notre itinéraire bifurque sur un chemin non goudronné et un peu remuant qui ouvre pourtant sur des panoramas toujours grandioses.

Les cailloux frappent sous la voiture à mesure que nous parcourons des kilomètres. D’épais nuages de poussières s’élèvent à l’arrière et on imagine déjà dans quel état sera la voiture à la fin de la journée. Et puis au détour d’un virage, la route se glace. Le décor devient blanc et on doit s’y reprendre à plusieurs fois pour grimper la dernière cote. Arrivés au somment, la petite vallée arbore des couleurs improbables. Le ciel semble violet et donne à la neige des teintes bleutées. Les herbes hautes ont givrées et la neige masque à peine le passage d’un petit renard. On repense à Tofa, notre jeune femelle croisée la veille tout en observant ce décor gelé et en surveillant du coin de l’œil l’unique voiture croisée de la matinée, déjà bien engagée dans les pentes verglacées.

Après mille précautions lors de la descente, on arrive finalement au niveau de Hrafnseyri où quelques maisons aux toits de verdure bordent la route. Au fond du fjord, une centrale électrique nous offre un parking bien pratique pour s’approcher de l’eau et observer les phoques tout près des berges. Encore quelques kilomètres et Fjallfoss apparait en contrebas de la route.

Lovée au cœur des fjords de l’ouest, la cascade de Dynjandi est une succession de chutes partant du haut d’un impressionnant ressaut rocheux. Une large colonne d’eau blanche dévale les pierres gelées et semble rebondir jusqu’aux eaux du fjord Arnarfjörður. L’ascension se fait sans grande difficulté tout au long des premières chutes mais l’accès à la plus haute est plus périlleux. Le vent, l’eau et le froid ont transformé les abords en véritable patinoire sur laquelle on marche avec une extrême précaution: personne n’a envie de se blesser si loin de tout… La balade est pleine de charme à cette époque et, bien que l’on fasse assez rapidement le tour du site, on en regrette absolument pas l’accès.

 Le chemin vers la côte est encore remuant, la voiture est désormais recouverte d’une épaisse couche de poussière rouge et de terre. D’énormes nids de poules surprennent de temps à autre mais les paysages valent bien quelques secousses. Quand la mer apparait de nouveau, le soleil est déjà entrain de disparaitre. Le ciel se colore de nuances ocres et s’assombrit tout à coup, plongeant l’Islande dans la nuit.

Coté pratique

Le logement

Móra guesthouse, Krossholt, Barðaströnd, Road 62, 451 Birkimelur, Islande
Une petite maison nous est réservée juste à côté de celle des propriétaires. Une piscine d’eau chaude est accessible de l’autre côté de la rue et on peut commander des œufs de la ferme en arrivant. Un petit intérieur douillet parfait pour notre étape.

Les activités

Cascade de Dynjandi (Fjallfoss)
On accède facilement aux cascades depuis la route 60 par un chemin gravillonné rougeâtre qui longe le fjord Arnarfjörður. La route descend jusqu’à atteindre les rives du fjord où un parking permet de stationner gratuitement. Des sanitaires et des tables de pique-nique ont été installés à proximité mais il faisait bien trop froid pour s’y arrêter !

Les repas

A Ísafjörður, seule véritable ville des fjords, on trouve un supermarché où on trouve de toute pour les repas à la maison. En sorties des caisses, un traiteur chinois propose également des repas à emporter.

The Subway

Lors de notre précédent voyage, Zion avait été mon incontestable coup de cœur. Couleurs incroyables, reliefs escarpés, randonnées uniques voire carrément mythiques…. Zion avait déjà tout. Le parc cachait pourtant d’autres mystères, de ceux qui restent sagement blottis dans un coin de la tête, dans l’attente d’être découverts. Au fond du canyon, le Subway patiente, protégé par les rangers et par des heures de randonnée. Cette fois, ni les kilomètres, ni la chaleur ne sont les plus grand remparts. Cette fois, nous ne pouvons compter que sur notre bonne étoile.

Soucieux de préserver cet endroit unique, le National Park Service a en effet imposé l’obtention d’un permis délivré par un système de loterie. Deux chances sont données aux visiteurs: 3 mois et quelques jours avant la randonnée prévue. L’attente est longue jusqu’à la première réponse… négative. On retente notre chance un soir, en se branchant sur le wifi d’un bar bruyant, après une journée désespérément pluvieuse. On retente et on oublie presque. Il fait déjà nuit quand, quelques jours plus tard, on allume l’ordinateur pour découvrir un mail du parc national. Une douce euphorie règne alors dans notre chambre de motel: le miracle s’était produit, nous avions un permis !

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3 juillet 2018

Notre bonne étoile brille toujours au dessus de nos têtes et nous garantit une météo sans risques orageux. Une longue randonnée nous attend et le thermomètre, en revanche, a vite tendance à s’emballer ces jours ci. Le soleil est donc à peine levé quand nous prenons la route, permis en poche, sac à dos chargés et impatients de dévaler le sentier. L’itinéraire du Subway étant peu balisé, on sort le GPS et la trace téléchargée la veille, trace qui nous entraine sur un chemin plein de sable jonché de roches noires. On suit bêtement ce chemin improvisé jusqu’au bord du canyon. Sous nos pieds, le vide: une falaise abrupte et pas la moindre trace de piste. On hésite mais il nous faut finalement faire demi tour et tourner en rond un moment pour retrouver le bon chemin.

La balade serpente doucement le long des falaises, dans un silence reposant. Rapidement, le chemin devient plus raide et l’on aperçoit finalement, en contre bas d’un champ de pierre particulièrement abrupt, quelques randonneurs. Avec prudence, nous suivons cet improbable circuit, les jambes bientôt pleine d’une poussière rosée. Ce n’est qu’une fois arrivés en bas, indemnes, que l’on commence à s’inquiéter du retour. Ces pensées sont cependant vite balayées par le décor, charmant et tranquille.

Le cours d’eau est bordé d’herbes vertes et hautes, parsemées de fleurs jaunes. Il court entre des roches de toutes tailles et de toutes formes, partagées entre les nuances de roses et de gris. Ici, impossible de se perdre: il suffit de remonter le lit de la petite rivière sur des kilomètres. Si la randonnée n’a rien de vraiment difficile, elle n’est pas pour autant particulièrement reposante: on passe régulièrement d’une rive à l’autre en escaladant chaque fois de nouvelles pierres ou en s’aventurant dans les herbes hautes. On croise à nouveau le petit groupe de randonneurs puis plus rien. Nous sommes seuls au monde au cœur de Zion.

Le lit de la Left Forkof North Creek s’élargit à mesure que le soleil grimpe dans le ciel. Les falaises prennent des couleurs plus vives accentuées par un fond bleu sans nuage. Bientôt, le sable disparait et l’eau file directement sur la roche. Nous voilà donc les pieds dans la rivière, le chemin ayant complètement disparu. De petites cascades apparaissent finalement, marquant un réel tournant dans la balade. Les arbres prennent de la hauteur, la roche s’arrondit, le canyon devient subitement plus étroit.

On avance le nez en l’air, tout petits au pied de ces falaises qui se rapprochent toujours plus. Un virage, un autre et, enfin, on aperçoit les rondeurs du Subway. Les lumières du canyon se reflètent dans l’eau presque stagnante devant l’entrée des lieux et la douce euphorie de la loterie gagne à nouveau les troupes. Il n’existe sans doute pas, à cet instant, de randonneurs plus privilégiés que nous, seuls devant une merveille que peu on la chance de découvrir.

On s’avance tout doucement vers l’entrée du tunnel, avançant à pas de loup sur la roche polie par les années. Les parois du Subway cache une succession de piscines naturelles à l’eau bleutée translucide. Le chemin s’arrête ici, dans ce décor incroyable baigné de soleil. Par curiosité, et sans doute pour prolonger un peu le plaisir de la découverte, on dépose toutes les affaires aussi haut que possible avant de partir à la nage dans le dédale des derniers bassins. Alors que la fraicheur saisit instantanément chaque muscle immergé, on avance en riant bêtement, insensible à ce léger détail. Après quelques virages, une cascade d’eau glacée nous accueille dans le dernier bassin. Les plus courageux se glissent dans une étroite faille entre deux rochers pour se laisse asperger par la Keyhole Falls, dernière étape du voyage.

Un peu à contre cœur, on finit par rebrousser chemin, détrempés mais ravis de cette expérience insolite. Un immense tronc d’arbre posé en travers de blocs rocheux non moins imposants nous héberge le temps d’une pause déjeuner, pieds dans l’eau et seulement entourés de quelques papillons. On y passe un long moment, à la fois pour profiter de l’endroit et pour retarder l’instant où il faudra à nouveau crapahuter sous un soleil brulant…

Il nous faudra plus d’une heure de marche pour retrouver l’abrupte descente pleine de roches traversée à l’aller. Peu convaincus, on finit par s’y engager avec une extrême prudence de peur de faire rouler des pierres à chaque pas. Ce n’est qu’une fois arrivés au sommet qu’un couple, qui nous observait étrangement, nous a demandé pourquoi nous n’avions pas emprunté le chemin. On se regarde, sans un mot, perplexes… en voilà une bonne question. Le dernier kilomètre qui nous sépare de la voiture a des airs de promenade de santé après cette remontée chaotique. Tout en marchant, on se promet intérieurement de ne plus jamais suivre des randonneurs ou des traces GPS aveuglement à l’avenir. A l’arrivée, les bouteilles d’eau, soigneusement économisée sur le chemin, sont rapidement vidées. Notre petit SUV climatisé fait soudainement figure d’oasis et nous roulons vers un repos bien mérité.

Après une courte pause à l’hôtel, juste le temps de retrouver un aspect présentable, nous partons sur la magnifique route 9 qui longe la Virgin River en direction de Springdale. Une petite table nous y attend en terrasse, survolée par de minuscules colibris. Quand quelques deers traversent la route entre deux tintements de verres, on se dit que Zion a résolument tout pour plaire.

20180703 (83) - copie

Coté pratique

Le logement

Super 8 by Wyndham Hurricane Zion National Park, 65 South 700 West, Hurricane, UT 84737
Chambres spacieuses, piscine et petit déjeuner inclus avec machine à gaufre. Emplacement idéal pour se rapprocher de Zion à un prix raisonnable.

Les visites

Zion National park – The Subway – 15km aller retour, environ 6h.
Pass America the Beautiful accepté, Tous les documents pratiques pour le parc sont ici: https://www.nps.gov/zion/planyourvisit/maps.htm
Les inscriptions pour la loterie du Subway ont lieu ici: https://zionpermits.nps.gov/lotteryapply.cfm
Ne pas oublier de vérifier la météo, capricieuse à Zion: personne n’aimerait se retrouver dans le Subway pendant un orage…

Les repas

Spotted Dog Cafe, 428 Zion Park Blvd, Springdale, UT 84767-7701
On se régale de plats un peu plus fins que d’habitude et desserts faits maison sur une terrasse où les colibris volent au dessus de nos têtes. Les deers du parc se promènent sur le trottoir qui longe le restaurant : magique !

Salt Lake

01 juillet 2018

Loin des moustiques de Grand Teton et du mauvais temps de Yellowstone, nous voilà de retour en Utah et en plein choc thermique, au cœur du désert aride où plus rien ne semble vivre. Au bout d’une route infiniment droite et sans relief, une station essence brille comme un mirage et ouvre les portes d’un lieu étrange: Bonneville Salt Flats. Une immensité de blanc s’étend à la fin de l’asphalte, hypnotisante et éblouissante. On roule sur une épaisse couche de sel lissée par le vent un petit moment, droit devant nous, les fenêtres ouvertes et le visage balayé par un air chaud et salé. On perd vite les repères, les notions de distance et de temps. Aucun endroit ne semble être plus hors du monde que celui ci.

En sortant, le sel craque et colle sur la peau et sous les baskets. On sautille comme des enfants, amusés par ces nouvelles perspectives, charmés par l’impression de pouvoir voler dans les airs. D’autres voitures apparaissent finalement au loin, défilant à toute vitesse en projetant des nuages de poudre blanche. On s’approche pour découvrir le début d’une des nombreuses courses organisées sur la célèbre Bonneville Speedway où musique, bières, barnums et moteurs qui grondent donnent le ton. Un vrai bout d’Amérique dont on se souviendra longtemps.

Au beau milieu de rien, entourée de déserts arides dans la veine de Bonneville, surgit Salt Lake City. Le berceau de l’église Mormone est impeccable, fendu de grandes avenues aux buildings imposants et à l’atmosphère calme. Les immenses artères sont presque vides, tout juste traversées par quelques touristes. Seule Temple Square est animée. Des familles entières et endimanchées se promènent dans les allées, près des temples et du visitor center. Dans ce décor lisse, on nous regarde étrangement avec nos shorts, nos traces de sel collées aux jambes et nos sacs à dos trop chargés. Il faut admettre que l’on fait tâche parmi toutes ces jolies robes et ces chemises blanches impeccables…

Temple Square est bordée d’un quartier résidentiel verdoyant où de jolies maisons de briques s’alignent sagement. Tout parait impeccable et rien ne bouge, pas une voiture, tout juste quelques piétons. On grimpe au sommet de la colline qui abrite un parc ombragé cerclant le Utah State Capitol, sorte de mini Washington immaculé. L’intérieur a, comme le reste de Salt Lake City, un goût de carton pâte: trop propre, trop calme, trop vide. On regrette un peu d’être venus un dimanche tout en soupçonnant que le reste de la semaine est à peine plus animé.

Coté pratique

Le logement

Super 8 by Wyndham Provo BYU Orem, 1555 North Canyon Road, Provo, UT 84604

Un motel classique équipé de chambres plutôt spacieuse et d’une grande piscine !Petit déjeuner inclus.

Les repas

The cheesecake factory, 65 Regent St, Salt Lake City
Pour un morceau de cheesecake au choix parmi une carte impressionnante.