Le Cercle d’Or

7 novembre 2019

Ce matin nous filons sur la route sous un ciel chargé. Le soleil a laissé place à un champ de coton qui flotte au dessus de nos têtes. A mesure que l’on avale les kilomètres, on devine quand même d’imposants champs de lave dissimulés sous ce fin manteau blanc. La lave, c’est justement ce que nous sommes venus cherchés avec la Vidgelmir Lava Cave. On gare notre voiture toujours aussi sale sur un parking planté au milieu de ces grandes étendues sans véritable relief. Seule une sorte de préfabriqué a été posé là, flambant neuf. Pour nous accueillir, un labrador noir déboule en remuant la queue, un gant pendant de ses babines. Le propriétaire du gant a visiblement renoncé depuis longtemps à le récupérer. On joue un peu avec notre nouvel ami avant de croiser le patron qui nous équipe d’un casque et d’une frontale.

Avec un petit groupe, nous partons dans la neige pour descendre au cœur de la grotte. Avec son 1,6 km de long et ses 150 000 m3, la grotte est la plus grande d’Islande et la grotte de lave la plus large du monde. Elle se visite facilement par le biais d’un chemin aménagé qui serpente dans la roche colorée et les tunnels de lave séchée qui ressemble à du chocolat fondu (si si je vous assure !). Arrivés au fond de la grotte, bien loin de l’entrée et de l’extérieur, les lumières s’éteignent et le silence se fait. On découvre alors l’expérience du noir absolu. Les repères s’effacent instantanément, on perd la notion d’espace, de temps aussi. Un pas hasardeux après l’autre, on fait l’expérience de se déplacer sans repère. Les yeux grand ouverts cherchent le moindre rayon de lumière en vain. Puis finalement la lumière revient et on sort de cette grotte persuadés qu’on ignorait ce qu’est d’être dans le noir avant d’avoir vécu cette expérience.

Un peu plus loin, à l’autre bout du champ de lave, on s’arrête un moment près de Hraunfossar et Barnafoss à l’eau bleue si particulière. Impossible de rouler une journée en Islande sans découvrir de nouvelles cascades. Loin des imposantes chutes d’eau du Sud et de leur puissant débit, Hraunfossar est tout en douceur avec ses minces filets d’eau qui surgissent de la lave. Un peu plus loin, la rivière Hvítá passe dans un petit canyon au sommet du quel se jette Barnafoss avec fracas.

En chemin vers Thingvellir, les premiers flocons viennent se poser tranquillement sur le parebrise. Bientôt, ce sont quelques centimètres qui recouvrent la route. Dans ce décor immaculé et silencieux, on roule près d’une heure sans croiser personne. Quand nous arrivons à Thingvellir, le parc est noyé sous la neige. D’imposants bus touristiques ont soudainement envahi le parking et le visitor center est bondé d’humanoïdes ensevelis sous une épaisse couche de laine et de plumes d’oies. Heureusement, le climat a refroidi la plupart des visiteurs qui se contentent d’une photo depuis le belvédère. Au cœur du parc, nous sommes seuls, le bruit de nos pas s’étouffant dans l’épaisse neige.

8 novembre 2019

Pour notre dernière journée en Islande, on s’autorise un petit retour en arrière avec la cascade de Gullfoss à laquelle nous avions déjà rendu visite en 2018. Balayés par le vent, la neige et le froid, on y a retrouvé toutes les sensations qui font de Gullfoss un endroit hors norme !

Pour finir en douceur, on opte pour une découverte culinaire avec le pain géothermique cuit tout proche du spa Fontana. La visite est payante et courte mais ce jour là nous sommes seuls avec un guide très sympa qui nous entraine au bord de l’eau. Là bas, le sol bouillonne. De petits monticules de terre et de sable noir sont coiffés d’une pierre. Pour chaque pierre, une famille a lancé la cuisson d’un de ces pains traditionnels. On installe le notre en repartant avec celui enterré la veille pour une dégustation. Le pain est énorme, lourd et chaud. Avec sa texture de pain d’épices, on nous le conseille noyé sous une couche de beurre salée qui fond avec la chaleur résiduelle du pain. Un régal. Notre guide nous laisse en déguster sur place autant que notre estomac le permet… et nous offre un quart du pain pour rapporter en France !

En bon estomac sur pattes, on enchaine avec Fridheimar, l’écoserre touristique islandaise. Sur cette ile au climat rude, les fermiers se sont tournés vers la géothermie pour cultiver fruits et légumes sous serres (vous saviez que l’Islande était le premier producteur européen de bananes?). A Fridheimar, on a choisi de faire les choses en grand: 5 000 m² de serres et une tonne de tomates par jour, pour des serres exclusivement chauffées grâce à la géothermique. Depuis quelques années, la serre accueille des touristes pour un repas tourné autour de la tomate sous toutes ses formes: cocktails, plats, soupes et même desserts ! Nous y avons passé un excellent moment dans un décor plus qu’original. Pour ne rien gâcher, la ferme élève aussi des chevaux islandais que l’on peut approcher en partant.

Charmés par cette dernière découverte, on retourne à regrets sur les routes en direction de Reyjkavik. Il est temps de faire à nouveau nos adieux à cette Islande qu’on aime tant, en espérant la revoir un jour d’été !

Coté pratique

Le logement

Héradsskólinn Historic Guesthouse, Héradsskóli, 840 Laugarvatn, Islande
Une expérience ! Une découverte ! Un coup de cœur ! Cette ancienne école reconvertie en auberge/hôtel est une merveilleuse surprise. On laisse ses chaussures à l’entrée, on grimpe quelques marches et on se retrouve projetés en arrière. Petit salon, bibliothèque avec jeux en bois pour les enfants, piano, lumière tamisée et ambiance rétro séduisent au premier coup d’œil. Les soupes chaudes accompagnées de pains moelleux du diner achèvent de nous convaincre. On adore.

Base Guesthouse by Keflavik Airport, 57 Valhallarbraut, 262 Keflavík, Islande
Hôtel quelconque mais idéalement placé pour un départ matinal à l’aéroport de Keflavik

Les activités

Vidgelmir Lava Cave
A réserver ici: https://guidetoiceland.is/fr/reserver-islande-voyage/explorer-grotte-vidgelmir

Bakery tour
A réserver ici: https://www.fontana.is/en/rye-bread-experience

Les repas

Héradsskólinn Historic Guesthouse, Héradsskóli, 840 Laugarvatn, Islande
Pas de grande gastronomie ici mais tout ce qu’on a mangé ici avait ce bon gout régressif des plats de notre enfance

Fridheimar, Fridheimar Reykholt, Selfoss 801 Islande
Réservation indispensable pour ce lieu exotique. La soupe est un incontournable mais les prix sont plus élevés que la moyenne.

Péninsule de Snæfellsnes

5 novembre 2019

Ce matin nous quittons à regret les fjords pour la péninsule de Snæfellsnes, nettement plus connue et touristique. Pour changer un peu, on embarque dans un ferry quasiment vide où des salons plus ou moins grands sont disponibles à tous les étages. On choisir un lieu en hauteur, face à la mer, guettant du coin de l’œil les dernières baleines. En vain. On s’installe finalement avec nos ordinateurs et jeux de société tout en profitant de la balade malgré quelques tendances au mal de mer. Alors que le port de Stykkishólmur approche, on observe cette longue bande de terre qui forme la péninsule. Les guides nous y promettent un cadre exceptionnel où se succèdent montagnes imposantes, longs fjords et paysages vallonnés. Largement grignotée par le trajet, cette journée est l’occasion de rouler simplement en observant le paysage annoncé jusqu’à la célèbre Kirkjufell. Sur le port, les mouettes dansent un ballet au dessus des falaises de basaltes et des maisons typiques en attendant notre arrivée.

Tous ceux qui un jour ont envisagé de venir en Islande ont déjà vu cette montagne, couverture de mon nombre de documents sur cette ile nordique. On l’imaginait accessible après une petite balade, elle est en réalité collée à la route (qui à ce moment là, était en plein travaux). En chemin, on croise nos premiers bus touristiques… et on s’inquiète. Arrivés sur place, on tombe sur une mariée posant bras nus devant la cascade dans un froid glacial… elle a le visage tout pale et ressemble à un fantôme glacé. Plus étrange encore elle est seule avec le photographe. Aucun doute, Kirkjufell a tout de « la pose photo » qui fera fureur sur les réseaux sociaux. On est finalement assez déçus par ce lieu et surement plus charmés par le fjord voisin.

La soirée qui s’annonce nous réconcilie cependant avec la petite ville voisine: les aurores sont annoncées ! On file en voiture, le nez collé au vitre et les yeux un peu sur la route… et les premières lueurs vertes apparaissent. Installés près d’un champs de lave, on observe la scène avec délice face aux vagues vertes qui illuminent le ciel. Même si ce soir les aurores étaient timides, on ne se lassera sans doute jamais de ce spectacle.

6 novembre 2019

La partie nord de la péninsule est peuplée de ces adorables chevaux islandais qu’on adore câliner pour commencer la journée. Les grandes prairies d’herbes jaunes qu’ils parcourent filent jusqu’aux montagnes enneigées et on aperçoit bientôt le Snæfellsjökull. Si son nom ne parle pas forcément de premier abord, le glacier est pourtant devenu célèbre lorsque Jules Verne en a fait le décor de son roman Voyage au centre de la Terre. La légende raconte qu’entre ces deux pics, une grotte conduit à un monde souterrain fantastique. C’est aussi ça l’Islande: des histoires de trolls, d’elfes, de fées et de mondes magiques…une légende à chaque décor.

Les prairies disparaissent au fil des kilomètres et laissent désormais place à des champs de lave. Au milieu de ce décor chaotique, on trouve le cratère de Saxhóll dont le sommet désormais effondré sur lui même est accessible à pied. Le vent souffle sur l’escalier de métal qui court le long du volcan mais l’ascension est rapide et vaut bien un petit arrêt.

Au bout d’un autre champ de lave, une route étroite conduit à Djúpalónssandur, une plage de galets noirs abritant les restes rouillés d’une épave de bateau, dissimulés entre les falaises de lave. L’endroit est étrange, à la fois rude et gracieux. Une partie de la baie est figée dans la glace tandis que les vagues frappent avec vacarme sur les galets tout proches. On trouve en route quatre « lifting stones » : une pancarte nous explique que les matelots testaient leur force en soulevant ces pierres pour mériter de monter à bord des navires. La première, dédiée aux petites natures, pèse tout juste 54kg… les véritables marins pouvaient, eux, soulever la dernière pierre de 154kg. A l’évidence, on n’était pas près de naviguer !

Passée la balade sur la plage, on gagne le sud de la péninsule pour s’aventurer dans les gorges de Rauðfeldsgjá, une sorte de couloir ouvert dans la roche au pied d’une falaise immense. La montagne, comme fendue en deux, laisse s’échapper un ruisseau glacé qui givre l’herbe et la roche sur son passage. En suivant son tracé, on pénètre dans la faille au cœur d’impressionnantes parois couvertes de mousse. En équilibre sur les pierres luisantes, on remonte le cours d’eau jusqu’à une petite cascade sans oser s’aventurer plus loin sans équipement. On aurait pourtant adoré aller plus loin et découvrir le cœur de ces falaises majestueuses.

Notre dernière étape nous entraine à nouveau vers la plage pour une rencontre animalière. Sur Ytri Tunga, les chances de tomber sur une colonie de phoques en pleine sieste sont grandes. Malheureusement le soleil se couche déjà et on commence à doute de la réussite de notre entreprise. En chemin, Búðakirkja, l’église noire, nous impose un détour photo qui n’arrange pas nos problèmes d’horaires. beaucoup plus tard que prévu, une piste carrossée nous emmène enfin jusqu’à la ferme abandonnée de Ytri Tunga. Sur la plage, pas de phoques… on avance un peu dans les rochers pour tomber sur d’imposants moutons islandais en plein diner… d’algues ! Ils se promènent avec aisance dans les blocs de pierre sombres et nous entrainent loin du parking. Le soleil est presque couché et le ciel prend des nuances bleutées particulièrement douces. Au loin, les montagnes se couvrent de nuages et disparaissent peu à peu. C’est le moment que choisissent les premiers phoques pour apparaitre discrètement, laissant seulement apercevoir le haut de leur tête. A la lisière des vagues, un autre s’est laissé échouer sur les algues et se laisse balloter pour les remous de la mer. Ses yeux s’ouvrent et se ferment doucement, comme s’il sombrait tranquillement dans un sommeil profond. L’heure pour nous de le laisser tranquille et de poursuivre notre chemin jusqu’à l’hôtel.

Coté pratique

Le logement

Grundarfjordur Guesthouse and Apartments, Hlidarvegur 15, 350 Grundarfjörður, Islande
Un guesthouse très propre en bordure du fjord. les chambres ne sont pas très grandes mais confortables.

Hotel Hafnarfjall, Hafnarskógur, 311 Borgarnes, Islande
Ici, on retrouve un peu l’esprit des motels américains. les chambres sont basiques mais largement suffisantes, le patron très sympa et les petits déjeuners copieux. Un jacuzzi est disponible à l’extérieur avec vue sur le fjord… ou sur les aurores boréales !

Les activités

Baldur Ferry, départ 12h – arrivée 15h
A réserver ici: https://guidetoiceland.is/fr/reserver-islande-voyage/ferry-brjanslaekur-flatey-stykkisholmur

Les repas

Sjavarpakkhusid, Hafnargata 2a, Stykkisholmur 340 Islande
On se régale d’un burger de poisson et de pommes de terres sautées qui fondent dans la bouche. Un bonheur dans un cadre typique et chaleureux avec vue sur le port

Arnarstapi Center and Snjofell Restaurant, Arnarstapavegur, Arnarstapi Islande
Soupes et pizzas bien chaudes à partager, servies dans une salle moderne flambant neuve avec de grandes baies vitrées… leurs cookies sont énormes !

Les fjords de l’Ouest

4 novembre 2019

Après une nuit reposante bien méritée (nos périples de jour et de nuit dans les highlands avaient eu raison de nous), le jour se lève sur la petite Súðavík. Dans le vieux village où nous dormons, il est interdit de séjourner en hiver : on ne peut rêver d’endroit plus calme dans tout le pays. Nous sommes à la toute fin de la saison et rien ne bouge autour de nous. Il n’y a que l’eau et les montagnes. Sur l’autre rive, de l’autre côté d’un bras de mer où passent les baleines l’été, la réserve Hornstrandir s’étend à perte de vue, figée dans la neige et la glace.

Cette journée sera l’une de ces journées de roadtrip qu’on adore, installés dans notre voiture baignée de musique à parcourir ces longues routes noires sous le soleil. Il nous faudra des heures pour traverser l’Ouest des fjords, on commence donc par un arrêt à Ísafjörður pour un ravitaillement en essence et en nourriture indispensable. Les stations service sont une denrée rare ici et on s’arrête presque systématiquement par peur de manquer. La capitale des fjords est coincée entre l’eau et les falaises et arbore quelques ruelles aux maisons colorées. On en fait rapidement le tour tout en testant la boulangerie locale avant de poursuivre notre chemin.

La route s’enfonce dans les terres entre les montagnes verdoyantes et les criques qui s’enchevêtrent sans jamais se ressembler. On est seuls en pleine nature pour une sensation de liberté sans fin. Près de Flateyri, on traverse sur une voie juste assez large pour notre voiture lorsque des rochers semblent s’agiter dans l’eau immobile. On s’arrête au milieu de l’eau pour observer la scène et rencontrer…. nos premiers phoques bronzant au soleil !

Les virages s’enchainent et chaque traversée au ras de l’eau nous offre une vue plus dégagée sur les fjords. Après des dizaines de kilomètres, on retrouve un semblant de vie à Þingeyri où quelques fermes et maisons forment un petit village tranquille entouré de troupeaux de moutons. Ici, notre itinéraire bifurque sur un chemin non goudronné et un peu remuant qui ouvre pourtant sur des panoramas toujours grandioses.

Les cailloux frappent sous la voiture à mesure que nous parcourons des kilomètres. D’épais nuages de poussières s’élèvent à l’arrière et on imagine déjà dans quel état sera la voiture à la fin de la journée. Et puis au détour d’un virage, la route se glace. Le décor devient blanc et on doit s’y reprendre à plusieurs fois pour grimper la dernière cote. Arrivés au somment, la petite vallée arbore des couleurs improbables. Le ciel semble violet et donne à la neige des teintes bleutées. Les herbes hautes ont givrées et la neige masque à peine le passage d’un petit renard. On repense à Tofa, notre jeune femelle croisée la veille tout en observant ce décor gelé et en surveillant du coin de l’œil l’unique voiture croisée de la matinée, déjà bien engagée dans les pentes verglacées.

Après mille précautions lors de la descente, on arrive finalement au niveau de Hrafnseyri où quelques maisons aux toits de verdure bordent la route. Au fond du fjord, une centrale électrique nous offre un parking bien pratique pour s’approcher de l’eau et observer les phoques tout près des berges. Encore quelques kilomètres et Fjallfoss apparait en contrebas de la route.

Lovée au cœur des fjords de l’ouest, la cascade de Dynjandi est une succession de chutes partant du haut d’un impressionnant ressaut rocheux. Une large colonne d’eau blanche dévale les pierres gelées et semble rebondir jusqu’aux eaux du fjord Arnarfjörður. L’ascension se fait sans grande difficulté tout au long des premières chutes mais l’accès à la plus haute est plus périlleux. Le vent, l’eau et le froid ont transformé les abords en véritable patinoire sur laquelle on marche avec une extrême précaution: personne n’a envie de se blesser si loin de tout… La balade est pleine de charme à cette époque et, bien que l’on fasse assez rapidement le tour du site, on en regrette absolument pas l’accès.

 Le chemin vers la côte est encore remuant, la voiture est désormais recouverte d’une épaisse couche de poussière rouge et de terre. D’énormes nids de poules surprennent de temps à autre mais les paysages valent bien quelques secousses. Quand la mer apparait de nouveau, le soleil est déjà entrain de disparaitre. Le ciel se colore de nuances ocres et s’assombrit tout à coup, plongeant l’Islande dans la nuit.

Coté pratique

Le logement

Móra guesthouse, Krossholt, Barðaströnd, Road 62, 451 Birkimelur, Islande
Une petite maison nous est réservée juste à côté de celle des propriétaires. Une piscine d’eau chaude est accessible de l’autre côté de la rue et on peut commander des œufs de la ferme en arrivant. Un petit intérieur douillet parfait pour notre étape.

Les activités

Cascade de Dynjandi (Fjallfoss)
On accède facilement aux cascades depuis la route 60 par un chemin gravillonné rougeâtre qui longe le fjord Arnarfjörður. La route descend jusqu’à atteindre les rives du fjord où un parking permet de stationner gratuitement. Des sanitaires et des tables de pique-nique ont été installés à proximité mais il faisait bien trop froid pour s’y arrêter !

Les repas

A Ísafjörður, seule véritable ville des fjords, on trouve un supermarché où on trouve de toute pour les repas à la maison. En sorties des caisses, un traiteur chinois propose également des repas à emporter.

Renards des fjords

2 novembre 2019

Tout juste un an après la fin d’un premier périple en Islande, le retour sur cette ile est un enchantement. Cette fois, la route nous entraine vers les fjords de l’Ouest, plus sauvages et isolés. Peu de touristes s’aventurent ici, moins de 10%, et ils sont encore plus rares en hiver.

La route est un peu longue depuis Keflavik et nous roulons pendant des heures, presque une journée entière. Le paysage changeant, entre eau et montagnes, plaines enneigées ou prairies colorées est toujours aussi charmant. On ne croise personne à part quelques moutons et poneys, l’asphalte semble nous avoir été réservé. Les premiers fjords arrivent finalement, à la fois tortueux et majestueux, offrant des panoramas jamais croisés l’an dernier. On s’arrête enfin dans l’un d’eux, au bout d’un chemin plein de cailloux et de terre.

Au milieu de nulle part, l’auberge de Heydalur est entourée de grandes prairies ou se promènent des dizaines de poneys. On s’arrête au restaurant à l’intérieur tout en bois en plein après-midi, accueillis par deux adorables chiens, un perroquet bavard et une petite grand-mère. Elle nous sert du poisson pêché dans le ruisseau voisin directement après notre commande (on la voit nous le ramener dans une grande bassine !) et une cargaison de pommes de terre. Un bonheur après tant de route.

La maison propose également l’accès gratuit à ses sources chaudes. Deux bassins extérieurs sont accessibles ainsi qu’une sorte de piscine lovée au milieu d’une serre désordonnée. Un drôle de nuage de vapeur flotte dans la serre où les arbres perdent leurs feuilles. On est à nouveau seuls, à peine dérangés par le chat de la maison en pleine ronde quotidienne. Si le bain d’eau chaude est agréable, en sortir est un autre sport. Les vêtements laissés dans la serre sont humides et froids, le sol glacé. On file à la voiture pour se réchauffer et reprendre la route dans la pénombre jusqu’à Sudavik.

A Sudavik, nous sommes accueillis par un couple de français installés ici depuis des années. Rencontrés via Air BnB, ils ont eu la gentillesse de repousser la fermeture du guesthouse pour nous. Ce soir, ils nous entrainement pour un cours de photo de nuit. Stephanie et Rodolphe prennent leur temps, vérifient notre matériel, se renseignent, conseillent… Ils passent près d’une heure avec nous avant même le début de l’excursion. On embarque finalement avec eux dans la nuit noire et froide pour tout apprendre de la photo de nuit. Un moment parfait, plein d‘astuces, de conseils et d’exemples. Nous restons plusieurs heures dehors à explorer toutes les possibilités tout en devinant de timides aurores boréales dans le ciel. Il est presque 2h du matin lorsque nous rentrons. On s’écroule après une journée de 20h dans nos couettes moelleuses et douillettes. Demain matin, il faudra se lever avant le soleil.

3 novembre 2019

Ce matin, Rodolphe nous entraine dans les highlands. Il fait à peine jour quand nous arrivons sur place pour une journée de cache-cache avec les renards polaires. Notre guide nous apprend tout des renards. Leurs habitudes, leurs liens compliqués avec les Islandais mais aussi le caractère et l’histoire de chaque individu. On apprend par la même occasion qu’il existe deux types de renards polaires en Islande : les gris qui vivent sur les bords des fjords et se nourrissent grâce aux marées et les blancs qui chassent dans les montagnes.

Nous voilà partis, emmitouflés dans des vêtements sombres, pour planquer au bord de l’eau ou dans les herbes hautes en espérant observer ces petits mammifères timides dans leur pêche du matin. On attend, immobiles, impatients et plus attentifs que jamais. Les minutes passent, les heures sans doute aussi. Le froid et l’humidité saisissent et il faut se rendre à l’évidence : les renards ne viendront pas.

On poursuit la balade dans un décor majestueux aux couleurs chaudes parfois dissimulées sous une fine couche de neige et de glace. Partout, le sol est recouvert de bosquets de myrtilles et de baies. D’épais buissons donnent l’impression de marcher sur de la moquette, on rebondit presque en dévalant les pentes. De l’autre côté du fjord, la réserve de Hornstrandir parait nettement moins hospitalière, l’accès y est d’ailleurs quasiment fermé en cette période. On marche des heures, à l’affut, dans ce paysage magnifique. Par chance, le soleil ne nous lâche pas de la journée et on aurait presque chaud malgré les températures qui frisent le zéro. Malgré tout le savoir de Rodolphe, malgré tous les indices repérés (les renards laissent plein d’oursins sur leur passage !) aucun renard ne se montre. Résignés, on prend le chemin du retour en baissant la garde.

Et puis soudain, ils apparaissent. De l’autre côté d’un méandre, deux petits renards gris tranchent avec les herbes hautes. Ils nous repèrent vite et s’enfuient, leur pelage d’hiver au vent. On peine à réaliser tant la surprise est grande. Motivés comme jamais, on reprend la quête, impatients de les retrouver. Une demi-heure passe encore. Ils ont disparus.

Alors qu’on pourrait penser que le sort s’acharne, elle apparait. Une petite femelle blanche dort sagement dans les buissons. Tofa devrait vivre nettement plus en altitude, chasser les oies sauvages et se dissimuler dans la neige. Pourtant elle est là. Notre guide nous fait signe, nous donne toutes les clés pour l’approcher sans l’effrayer. Sac à dos resserré et téléobjectif autour su cou, me voilà partie dans les milliers de myrtilles encore gelées, grimpant dans la pente abrupte avec les mains. Il est tard désormais et la lumière change. Le ciel devient blanc et il est difficile de repérer la petite femelle. Un pas devant l’autre, un peu au hasard, il faut surtout veiller à être silencieuse. Elle est enfin là. Encore quelques pas.

C’est le moment qu’ont choisi les buissons pour me rappeler à l’ordre. En un clin d’œil je me retrouve enfoncée jusqu’à la taille, une jambe probablement passée dans une ancienne tanière.

Tofa lève la tête, me regarde longuement sans me voir. Par chance, les renards ont une mauvaise vue et distingue surtout les contrastes. Le cœur battant et avec toutes les précautions du monde, je sors de mon trou et continue mon chemin. Toujours plus près. Cette fois Tofa me voit, elle se lève, m’observe. Je m’assieds sans bouger et lui laisse tout le temps de décider.

La rencontre est belle, sans doute la plus belle de toutes. Le monde s’arrête de tourner quelques secondes, le temps d’un regard, d’un accord. Les rêves de photographie animalières prennent soudain vie. Elle est magnifique. Son pelage blanc immaculé et ses longs poils lui donnent des airs de peluches. Son petit nez noir et ses grands yeux en amande lui donnent un air doux et charmeur. Tofa me laisse m’approcher encore, changer de place et prendre des dizaines de clichés.

Des étoiles dans les yeux, il est finalement temps de la laisser continuer son chemin.

On retourne à la voiture, lessivés mais heureux, emplis d’une tendresse infinie pour ces petites créatures. Sur la route, Rodolphe nous berce encore d’anecdotes sur son parcours, son métier et leur vie paisible dans les fjords mais surtout, il nous parle encore d’animaux. C’est sans doute ce qu’on aura préféré chez Rodolphe : son immense amour et respect pour les renards. Il nous rappelle constamment que nous sommes chez eux, simples visiteurs et que la rencontre est une chance. Elle n’en est que plus belle.

Coté pratique

Le logement

Sudavik Guesthouse, 20 Túngata, 420 Súðavík, Islande
Accueil chaleureux et chambres confortables. Un salon et une cuisine commune permettent de s’installer après avoir cuisiné son repas (des économies de restaurants bienvenues en Islande !)

Les activités

A la fois guide et photographe, Rodolphe est sans hésiter la personne à recommander. On avait choisi cette balade car elle se veut respectueuse de l’environnement et des animaux : ici pas de nourrissage, pas d’appât, pas de selfie douteux ou d’animaux domestiqués. Juste de la patience, de la connaissance, du respect et du travail. De belles valeurs dans un superbe décor.

La rencontre avec les renards est un de ces moments qu’on ne peut jamais oublier. Il est impossible de regretter cette expérience que l’on conseille sans la moindre hésitation. Environ 200$.

Le cours de photo de nuit est également un très bon souvenir. On apprend plus en quelques heures qu’en des semaines de pratiques. Environ 120$.

Pour réserver c’est ici ! Dites leur bonjour pour nous !

Les Repas

Auberge Heydalur, Heydalur 401 Ísafjörður
Pour un repas au coeur des fjords et une pause baignade

Les lumières du Nord

5 novembre 2018

Chaque soir, le nez dans la tisane et bien au chaud, un seul rituel revient : le suivi minutieux des prévisions météo. Le ciel d’Islande est un attrait majeur de l’hiver et notre première expérience des aurores boréales n’a été qu’un avant-gout.  Ce soir est notre dernière vraie chance de les observer. On scrute donc le déplacement des nuages et l’intensité des vents solaires. Vers 23h, une éclaircie se devine par la fenêtre et on commence enfin à distinguer les étoiles. Par la grande baie vitrée du salon plongé dans l’obscurité, on surveille avec attention l’apparition d’un voile clair dans le ciel. Les minutes passent et rien ne bouge, pourtant on y croit. 23h20, les yeux plissés, le nez collé contre la vitre, on devine enfin une éclaircie. Ni une ni deux, on file dehors vérifier cette impression : pause longue programmée, suspens et lumière verte qui apparait sur l’écran… Les aurores arrivent !

Avec une excitation similaire à celle d’un enfant de cinq ans découvrant Disneyland, on remet nos nombreuses couches anti froid et on part sur les routes noires à la recherche d’un lieu isolé. La plage de Reynisfjara survolée lors de la tempête n’étant qu’à quelques kilomètres, on opte rapidement pour cette voie. A notre arrivée, le ciel se colore déjà de douces lumières vertes diffuses. On s’équipe plus vite que jamais avant de s’installer sur la plage de sable sombre. A l’est, le phare de Dyrholaey balaie la nuit noire mais ne suffit pas à éclairer la plage. Si la mer semble tranquille et le bruit des vagues rassurant, on reste tout de même à proximité du parking pour ne pas se faire surprendre dans l’obscurité. Une grande trainée verte fend soudain le ciel tel un arc en ciel. Le spectacle commence.

Le ciel s’agite sous nos yeux et les aurores prennent des formes multiples. Des taches diffuses apparaissent ici et là tandis que certaines aurores dansent au-dessus des falaises et flottent comme des rubans. Partout, les lumières du Nord se révèlent. Un incroyable rideau lumineux semble désormais longer la mer et laisse deviner des jolies lueurs violettes. Après de longues minutes, il s’efface en un nuage vert intense puis laisse place à l’obscurité. A l’Ouest, de timides lueurs font à leur tour leur apparition. Elles s’élèvent vers le ciel à la verticale telle une rangée de bougies puis fuient elles aussi en dansant au-dessus des falaises. On reste là deux heures, la tête en l’air, fascinés par ce voyage unique. La morsure du froid et du vent devient cependant difficile à supporter. Les doigts sont gelés et les bouger simplement devient pénible, de longs frissons nous parcourent de part en part et la fatigue se fait sentir. Les lumières, elles, perdent doucement en intensité et en régularité. Il est temps de regagner notre chambre, à jamais marqués par cette nuit magique.

Au réveil, Reynisfjara nous appelle à nouveau. La météo semble clémente et la mer relativement tranquille, on tente à nouveau notre chance. Il y a foule ce matin-là mais la plage est dégagée. Les falaises baignées de soleil se découvre enfin et des nuées de centaines d’oiseaux planent au-dessus de nos têtes. On découvre finalement l’étendue des colonnes de basaltes qui s’élèvent sur des dizaines de mètres au-dessus d’une grotte sombre. Au loin, les falaises de Dyrholaey ont cessé d’être battues par les flots et on découvre seulement la fameuse arche.

Quelques heures de route nous séparent de Reykjavik pour cette dernière journée de voyage. On la parcourt sur fond d’Hyperballad de Björk et de ses paroles inspirées.

We live on a mountain
Right at the top
There's a beautiful view
From the top of the mountain

La route est comme toujours superbe et contrastée, entre prairies d’automnes et monts enneigés. Une dernière caresse aux poneys et déjà Reykjavik apparait au bout du chemin. Magnifique Islande c’est promis, nous reviendrons bientôt.

Coté pratique

Le logement

Base Guesthouse by Keflavik Airport, 57 Valhallarbraut, 262 Keflavík, Islande
Hôtel quelconque mais idéalement placé pour un départ matinal à l’aéroport de Keflavik

Les prévisions météo

Pas mieux que ce site ! On y trouve tout et plus particulièrement la position des nuages heures par heures et les prévisions d’intensité. Nous les avons vu ce soir là avec une prévisions de 3 sur 9 et le spectacle était déjà marquant. On espère en voir un jour où les prévisions sont à 5 !

D’eau et de glace

4 novembre 2018

L’Hali hôtel se révèle sous une douce lumière matinale. Arrivés de nuit la veille, nous n’avions repéré ni les sommets enneigés, ni le lac entourant le complexe… ni les poneys islandais se promenant joyeusement autour de l’hôtel tout en faisant visiblement tourner en bourrique leur propriétaire !

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Le petit déjeuner englouti, on file découvrir le clou de notre séjour, le glacier Vatnajökull qui couvre 10% de l’Islande et est aussi étendu que la Corse. Tout de suite, ça en impose. Armés de casques et de crampons, on monte dans d’énormes 4*4 qui tiennent plus du monster truck que du paisible SUV. Le haut des roues nous arrivent à la taille et on se croirait presque partis pour explorer la Lune…. Au volant de cet engin hors normes, notre chauffeur est un étrange mélange de viking et de hippie. Blond, grand et costaud, il est coiffé d’un bonnet à grosses fleurs roses et de  lunettes rondes et colorées très années 70. Entre deux explications scientifiques sur le glacier, il dérive sur les rencontres, le karma et la positive attitude. Tout un programme !

Pendant ce temps, les pneus crissent un peu. On s’enfonce dans certaines zones moins givrées avant d’être brimbalés dans les champs de bosses. D’immenses étendues vallonnées de glace bleue gris s’étendent autour de nous. Bien plus loin, on devine les falaises de glace au pied des montagnes. L’endroit est incroyablement grand, rude et dépaysant. On nous dépose entre deux monticules de glace mêlée de cendre noire. A quelques mètres se cache l’entrée d’une grotte de glace plus ou moins aménagée.

Malgré le petit groupe de visiteurs, la grotte conserve son aspect un peu magique avec ses parois bleutées sont tout en rondeur. La lumière qui passe à travers les différentes couches de glace donne des nuances changeantes à mesure que l’on avance. Partout autour de nous le froid a figé l’eau, la cendre et des bulles d’air d’un autre temps. Face à un pareil décor, la visite parait bien trop courte et il est déjà temps de regagner le point de départ de cette excursion. Heureusement, cette journée s’annonce prometteuse.

De retour à notre point de départ, il est enfin temps de découvrir Jökulsárlón, la lagune glaciaire qui justifierait à elle seule le voyage en Islande. Ici, des blocs de glace détachés du Vatnajökull flottent sur une vaste étendue d’eau reliée à la mer par un canal étroit.  Arrivés sur place, on ne sait par quoi commencer tant le paysage est incroyable. On se résout finalement à longer le canal pour gagner la plage des diamants, immense étendue de sable d’un noir intense sur laquelle se sont échoués des blocs de glace translucides et brillants. La glace est polie par les vagues qui s’abattent sur la rive, ramenant à terre les blocs échappés de la lagune. Peu d’endroits au monde égalent la beauté de cette plage pleine de contrastes où la glace prend mille formes et nuances. Même le ciel est changeant, tantôt d’un bleu intense, tantôt strié de nuages et de tons rosés.

On perd la notion du temps à déambuler dans les blocs de glace et à graver chaque détail dans nos mémoires. Pourtant, les bords de la lagune ne sont pas en reste. Si on retrouve ici aussi de petits blogs sur la rive, le paysage est bien différent. La lagune, où d’énormes icebergs flottent tranquillement, est cerclée de montagnes enneigées. De temps à autre, on aperçoit entre deux icebergs une petite tête de phoque qui replonge aussi tôt. Un peu contraint par les horaires, on avale une soupe chaude face à l’eau avant de filer sur les routes pour notre prochaine étape.

Notre prochaine étape est justement toute proche. Beaucoup moins connue que Jökulsárlón, Fjallsárlón ne présente que peu d’icebergs. En revanche, elle offre une vue directe sur d’impressionnants pans de glaciers qui tombent à la verticale dans l’eau brune. On profite un moment du décor, seuls et un peu ventilés, loin de l’agitation de la lagune voisine, avant de quitter définitivement ces contrées gelées.

Pour clore cette journée bien chargée, on rejoint le parc national du Vatnajökull qui propose différents chemins de randonnée. A notre arrivée sur le parking, la lumière commence déjà à baisser et on opte pour le sentier le plus court vers la cascade de Svartifoss. La balade est paisible le long d’un chemin sans difficulté qui serpente dans les arbres ou longe la rivière. Il ne nous faut pas longtemps pour apercevoir la cascade d’orgues basaltiques recherchée. Si un chemin permet de se rendre au bord de l’eau, il est en revanche complètement inaccessible sans crampons. Nous voilà donc contraints de faire demi-tour et de regagner Vik de nuit pour un repos bien mérité avant une dernière journée en Islande.

Coté pratique

Le logement

On adore cette ancienne fermée perdue dans les champs et entièrement réhabilitée. Tout est propre et chaleureux, les tisanes sont à disposition est le petit déjeuner est très bon. Une vraie réussite.

Les visites

  • Grotte de glace

On a réservé notre excursion avec Guide to iceland, la référence pour les excursions islandaise. il en existe plusieurs réparties dans le sud de l’Islande. Attention cependant à la saison: nous étions au tout début des grottes de glace ce qui ne nous a pas permis de visiter les plus belles et les plus grandes. ceci étant, notre petite grotte valait à elle seule le détour !

Les repas

Pour un bon repas et un bout de gâteau dans une ambiance animée et chaleureuse.

Tempête à Dyrholaey

3 novembre 2018

Dès les rideaux tirés ce jour là, on devine que l’Islande va se montrer sous un tout nouvel aspect. Nos belles journées de novembre ont laissé place à un temps gris blanc chargé d’humidité. Les couloirs du guesthouse semblent bien frais comparés à notre petite chambre surchauffée et les fenêtres sont couvertes d’épaisses gouttelettes qui donneraient envie de retourner sous la couette. Bien à l’abri sous leur impressionnante toison, les moutons qui nous entourent semblent, eux, parfaitement à l’aise dans ce décor pluvieux. On les trouve partout sur la route, disséminés dans les pentes des volcans, éparpillés dans d’immenses champs ou sagement regroupés près des fermes.

Comme nous le rappelle le nombre conséquent de voitures regroupées sur le parking notre premier arrêt, Skogafoss est presque aussi célèbre que sa voisine Seljalandsfoss. Le décor pourtant est assez différent. L’étroite cascade a laissé place à un impressionnant rideau d’eau au pied duquel on se sent tout petit. La pluie qui tombe désormais densément sur le Sud de l’Islande se mêle aux gouttelettes d’eau de la cascade balayée par le vent. L’escalier qui grimpe jusqu’au sommet de la cascade est encore plus exposé et on regagne la voiture trempés moins d’une heure après notre arrivée.

Tout en séchant provisoirement, nous filons vers Dyrhólaey, un promontoire rocheux haut d’une centaine de mètres abritant une arche de basalte. Arrivés sur place, le temps est déchainé. De violentes bourrasques de vent nous bousculent et nous portent lorsque l’on se laisse basculer doucement en arrière. On admire le décor aux couleurs intenses et la vue incroyable depuis le sentier. Loin à l’ouest, battus par les vagues, trois pitons rocheux se dressent près des falaises. La légende raconte qu’il s’agirait de trolls pétrifiés par la clarté de l’aube… Autour d’eux, la mer aux reflets sombres est déchainée, de violentes vagues s’abattent sur le sable noir et les falaises, noyant les grottes et l’arche. L’écume est balayée par le vent et forme de longues trainées blanches au sommet des vagues. Le spectacle est incroyable, puissant, vibrant. On reste longtemps à admirer ce paysage déchainé malgré le froid et la pluie, fascinés par une nature si sauvage.

La plage de Reynisfjara voisine n’a rien à envier à cette atmosphère mouvementée. D’énormes rouleaux s’écrasent sur la plage et semblent courir sur le sable sur des dizaines de mètres. Même en s’approchant avec prudence, on se laisserait facilement surprendre par cette mer agitée, prête à sanctionner la moindre inattention. La plage réputée comme l’une des plus belles de monde est aussi l’une des plus dangereuse. L’accès aux falaises de basaltes est presque impossible au cœur de cette tempête, on se contente donc d’étudier ces étranges colonnes luisantes qui s’élèvent sur des dizaines de mètres en attendant une meilleure occasion.

La route se poursuit vers l’Est de l’Islande et de longues heures de route donnent à voir un paysage nouveau, toujours plus rude. Les prairies aux couleurs d’automne disparaissent peu à peu sous la neige pour laisser place à d’immenses étendues glacées. le vent balaye la route et provoque de petits tourbillons de neige dans un décor digne de Game of Throne. A mesure que la nuit tombe et que l’asphalte se recouvre de neige, on s’attendrait presque à voir surgir un marcheur blanc….

Coté pratique

Le logement

Hali Country Hotel, Hali 2, 781 Hali
Hôtel très correct idéalement placé pour rejoindre Jökulsárlón. Vue superbe au réveil et petit déjeuner buffet compris. A l’accueil, un écran permet de suivre les prévisions d’aurores boréales et devant l’entrée…. un énorme rocher vous parlera !

Les visites

Skogafoss, Parking payant

Les repas

The Soup Company, Vikurbraut 5, Vik 870
Sans doute les meilleures soupes d’Islande !

Hali Country Restaurant, Hali 2, 781 Hali
Restaurant relativement cher qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable, il a cependant le mérite d’être situé dans l’enceinte de l’hôtel.

Terres du Sud Islandais

2 novembre 2018

Quand le soleil se lève sur Geysir, tout n’est que calme et silence. La salle du petit déjeuner est vide et donne sur les champs enneigés baignés d’une lumière rosée qui persiste. Entre deux bouchées de ce pain chaud et incroyablement réconfortant, on nous demande si nous avons aperçu les aurores boréales par la fenêtre durant la nuit. Trop longtemps emmitouflés dans la couette, nous n’avons même pas pensé à ouvrir l’œil aux heures propices… la promesse est faite : nous ne nous ferons pas avoir deux fois.

Les fameux geysers, point d’orgue de la région, sont situés dans un petit parc installé de l’autre côté de la route. A cette heure-ci, les hordes de bus en provenance de Reykjavik ne sont pas encore arrivées et nous nous rendons sur place à pied, presque seuls.

Le chemin est entouré d’herbes tantôt colorées tantôt recouvertes d’une épaisse couche de glace. Les bassins d’eau brûlante crachent des nuages de fumée tout au long du parcours tandis que des plaques de glace craquèlent au dessus de petits ruisseaux. Au bout du chemin, on attend le Strokkur, réglé comme un métronome, dont les éruptions surprennent pourtant les visiteurs toutes les dix minutes. Des colonnes d’eau de vingt mètres s’élèvent alors dans le ciel accompagnées de nuages de vapeur blanche.

Si le passage est sans doute incontournable, on fait vite le tour des geysers et on peut reprendre la route pile à l’heure pour ne pas croiser la foule de périples organisés.

La route vers Gullfoss est rapide et légèrement vallonnée. On roule vers des montagnes blanches au milieu des champs et des fermes de poneys islandais, nos grands chouchous du voyage. Il nous faut moins d’une heure pour gagner le visiteur center et garer notre voiture. Une simple ouverture de la porte suffit pour comprendre que l’endroit est aéré. La portière est lourde, le vent s’engouffre dans la voiture secouée par les bourrasques. On rajoute autant d’épaisseurs que possible avant de quitter l’habitacle chaleureux et de se confronter à cet air glacial. Le temps a beau être magnifique, la puissance du vent fait de cette courte balade une véritable expédition. On parcourt le chemin glacé avec prudence, engoncés dans nos cinq couches de vêtements, accrochés à nos capuches et trimballés par les bourrasques. Arrivés en bas d’un escalier métallique, un dernier coup de vent nous fait reculer d’un pas avant de pouvoir poser les yeux sur les chutes. Le spectacle est à la hauteur de cette micro aventure. D’immenses colonnes d’eau dévalent sur plusieurs niveaux une pierre sombre couverte de neige et de glace. Au pied des chutes, des nuages brumeux emplissent un étroit canyon qui file vers les champs. la puissance de l’eau s’exprime en un incroyable vacarme au cœur de ces vastes étendues enneigées.

De nouveau sur la route, nous rejoignons la 35, empruntée là veille, après ce court détour dans les terres. Notre prochaine étape est Kerið, un ancien volcan dont le sommet s’est affaissé lors de sa dernière éruption. Bien que l’accès au site soit bien balisé (et payant), on est quasiment seuls en cette saison. Situé au cœur d’un champ de lave, Kerið marque d’abord par sa couleur rouge qui se devine sous la neige. Dès les premiers mètres du tour du lac, on retrouve quelques bourrasques d’air glacé qui rendent le pied fragile sur la roche polie. On escalade d’abord la face la plus abrupte avant de redescendre en pente plus douce, mais toujours glissante, vers les bords du lac figé par le froid. Les lumières changeantes du ciel rendent le décor un peu magique et complètement unique.

Pour notre dernière étape, on retrouve les circuits classiques pour tout premier voyage en Islande (on le sait déjà, il y en aura d’autres !). Seljalandsfoss est sans doute la plus connue et la plus photographiée des cascades de l’île. Située au pied d’un glacier, elle se détache d’une falaise sombre ce qui permet, l’été, de longer la roche derrière la cascade. En hiver, pas question de se lancer dans les balades humides : le chemin est glacé et parsemé de pierres lisses prêtes à dévaler la pente à la moindre erreur. L’eau et le vent ont aussi givré la bordure du chemin et toutes les marches des accès en hauteur. Pour grimper, chaque pas exige toute notre attention et des crampons sont les bienvenus. Si la plupart des voyageurs ne s’attarde que sur la cascade principale, après quelques photos, nous poussons le chemin sur quelques centaines de mètres pour rejoindre le ruisseau. Dissimulée dans la roche, Gljúfrabúi , une autre cascade, déverse des torrents d’eau sur une roche noire et luisante parsemée de mousse verte. L’atmosphère de ce lieu baigné d’une étrange lumière donne au décor des allures de grotte magique.

Avant de découvrir notre petite auberge, on profite des derniers rayons du soleil sur la plage de sable noire voisine tandis que le dernier ferry de la journée rejoint paisiblement les iles Vestmann. Le calme avant la tempête…

Coté pratique

Le logement

South Iceland Guesthouse, Steinar 3, 861 Steinar, Islande
Un petit guest house au pied d’un volcan, entouré de moutons. Petit déjeuner compris. Salle de bain communes refaites récemment.

Les visites

Geysir: Accès gratuit.

Kerið: 400ISK par personne

Seljalandsfoss: Parking payant

Les repas

Yellow, 800 Selfoss
Une enseigne de restauration rapide Healthy où l’on choisit sa viande (poulet, bœuf ou végétarien), ses légumes (patates douces, riz, nouilles) et la sauce pour un prix raisonnable.

Gamla fjósið,
Un petit restaurant en bord de route dans un ancien corps de ferme. Déco d’un autre âge mais cuisine réconfortante.

Fumerolles de Reykjadalur

1er Novembre 2018

Après une nuit un peu difficile et un tour rapide dans Reykjavik sous les lueurs rosées du matin, il était grand temps de commencer notre périple en voiture dans le sud de l’Islande. Les premiers kilomètres donnent le ton du voyage, la route jusqu’à Hveragerði est vallonnée et pleine de neige. Le goudron noir fend le décor immaculé et immobile. On le parcourt sous un temps grisonnant qui n’est pas des plus rassurants. Heureusement, la situation s’arrange sur les hauteurs de la petite ville géothermique. Comme une enclave au milieu d’une étendue de blanc, la vallée dégage une quantité de fumée impressionnante. On se balade un moment dans les rues désertes avant de filer vers les montagnes et la vallée de Reykjadalur

Le décor qui nous attendait à Reykjadalur est tout ce que l’on imaginait trouver sur cette ile nordique. Les couleurs d’automne ont tapissé le paysage de dorures chaleureuses. La rivière d’eau chaude serpente dans les collines fumantes, bouillonnantes. Dans le lit du cours d’eau, de petits morceaux de lave semblent avoir gelé de l’intérieur. Tout autour, les herbes vertes, or ou orangées sont entourées de fumée. On remonte le chemin sur un peu plus de 3km, d’abord sur le goudron, puis dans la terre avant de crapahuter dans les chemins enneigés. L’endroit est superbe, silencieux et baigné d’un doux soleil d’hiver.

La neige a complètement enveloppé le paysage. Autour de nous, tout est blanc. On poursuit sur les pentes parfois gelées avec plus ou moins d’assurance et d’élégance. Le bruit de l’eau, au loin, nous indique la présence d’une cascade imposante, elle aussi formée par de l’eau chaude et fumante. Sur quelques kilomètres, nous sommes perdus au milieu de la nature. Bientôt, le cours d’eau réapparait, serpentant gentiment au cœur de la neige. On y plonge une main à défaut de se baigner dans les premiers méandres. Au bout du chemin, dans une ambiance nettement moins paisible, de grosses marmites d’eau bouillante crachent une épaisse fumées aux vapeurs de souffre. Le soleil a disparu, la vapeur colle au visage et brouille légèrement la vue… Autant de signaux qui nous indique qu’il est temps de rentrer.

Sur le parking, notre petite Škoda, déjà bien poussiéreuse, nous attend pour poursuivre le périple. On roule doucement jusqu’à Geysir, charmé par le décor sauvage où l’on devine chevaux et moutons au loin, perdus dans les plaines. La nuit est presque tombée lorsque nous arrivons à l’hôtel, un peu perdu au milieu de nul part. Le sol craque sous les pieds, le vent parait polaire à cette heure et saisit chaque parcelle de peau qui n’est pas recouverte d’épaisses couches de vêtements.

Par contraste, passer la porte de l’hôtel apporte pourtant un bien-être immédiat. Le décor de la salle de restaurant tout de bois, de cuir et de métal est accueillant et réchauffé par un feu qui crépite doucement dans le poêle. On nous amène un soupe délicieuse et du pain chaud et moelleux terriblement réconfortant. Le repas avalé, on s’effondre dans d’épaisses couettes comme des enfants, bercés par la douce chaleur de notre petite chambre, pour ne rouvrir les yeux qu’au matin.

Coté pratique

Le logement

Litli Geysir Hotel, Geysir, 801 Haukadalur, Islande
On aime beaucoup ce petit hôtel, chaleureux, confortable et perdu dans la neige.

Les visites

Vallée de Reykjadalur
Randonnée des sources chaudes: 7.5km, +/- 260m de dénivelé, 3 heures.
Un petit café propose soupes et desserts sur le parking.

Les repas

Litli Geysir Restaurant, Geysir, 801 Haukadalur, Islande
Pour un bon repas dans un décor chaleureux et accueillant

Halló Reykjavik

31 octobre 2018

Après un an d’attente, l’Islande est enfin là. Les ailes aux décors roses bonbon de notre avion fendent les nuages et la cote apparait après quelques heures de vol. Au dessus de l’eau, le ciel arbore ces teintes grisées presque orageuses qui donnent au paysage des couleurs si particulières. Un rayon de soleil fend les nuages et un arc-en-ciel salue finalement notre arrivée. Au bout des pistes, une ribambelle de monts enneigés achève de nous convaincre: l’Islande sera formidable.

Dans notre immense Škoda à pneus cloutés, on remonte vers Reykjavik tout en essayant de concilier la prise de photo avec la préservation de nos doigts dans l’air glacé. On aime les lumières, les rondeurs du paysage et les couleurs d’automne saupoudrées de neige. Il faut moins d’une heure pour arriver au centre de la capitale où nous attend notre chambre avec vue panoramique sur la ville. Le centre est plein de petits bâtiments de quelques étages aux murs colorés et aux intérieurs chaleureux.  Au bout de la rue principale, l’étrange cathédrale, la Hallgrímskirkja, trône sur une place pavée.

Une rue prise au hasard nous entraine au bord de l’eau près du Sólfar, le voyageur du soleil, silhouette d’un bateau viking échoué sur l’horizon. Un peu plus loin, des étendues de cairns côtoient l’étrange Harpa, carrément futuriste avec ses milliers de parois vitrées.

On y passe un bon moment à gravir les étages pour gagner de nouvelles perspectives tout en jouant avec le plafond couvert de miroirs. Il ne nous faut que quelques minutes pour rejoindre la marina et ses boutiques de touristes croulant de macareux en peluche, de fées, d’objets viking et de décorations de Noël. Elles sont encerclées de restaurants bondé dont l’un, choisi au hasard, nous héberge pour la soirée avant de filer vers notre première expédition.

La nuit est tombée depuis longtemps sur Reykjavik lorsque nous repartons vers la cathédrale. Le froid aussi. On empile les épaisseurs à l’aspect et aux couleurs parfois hasardeuses avant de quitter notre cocon de chaleur. Un minibus nous récupère au bout de la Skólavörðustígur et file vers le Nord. Les lumières de la ville s’éteignent, les abords de la route se vident et nous roulons bientôt au milieu de nul part dans un paysage couvert de neige que l’on devine tout juste dans la nuit noire.

Le bus s’arrête, nous signifie la présence de « Northern Lights » et la quinzaine de voyageurs descend du bus en vitesse. Une forme blanche étrange éclaire le ciel face à nous. Un peu étonnés, on installe l’appareil photo et, après quelques secondes de pose, un ciel vert apparait sur l’écran. Si la météo est propice à l’observation d’aurores boréales, l’activité solaires n’est, elle, que très peu intense ce soir là. Nous ne verrons que ces lueurs blanches étranges dansant dans les paysages enneigées et glacés. Malgré les nombreuses photos, on reste un peu perplexes face à ces visions. Le rendez vous est donc pris: nous aurons notre revanche sur les aurores dans la semaine.

Coté pratique

Le logement

Thor Guesthouse – Skolavordustigur, Skolavordustig 16, 101 Reykjavik, Islande
Idéalement situées, les chambres sont très propres et la vue donne tout son charme à ce lieu. Salle de bain et cuisine à partager avec les quelques chambre du pallier. Petit déjeuner non compris.

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Les visites

Aurores boréales: nous avons réservé une excursion aurores boréales en petit comité (et avec chocolat chaud !) via le site Guide to Iceland.

https://guidetoiceland.is/fr/reserver-islande-voyage/deluxe-aurores-polaires-en-minibus

Il n’est pas forcément indispensable de passer par une visite guidée pour voir des aurores. Lorsque l’on connait les signes à rechercher (voiles blancs dans le ciel) et les bonnes références météo (https://en.vedur.is/weather/forecasts/aurora/), on peut se débrouiller seul avec une voiture. Néanmoins, sans cette excursion, nous n’aurions sans doute pas été capable de reconnaitre les lumières blanches, annonciatrices d’aurores.

Les repas

Frederiksen Ale House, Hafnarstraeti 5, Reykjavik 101
Pourtant bien noté sur Tripadvisor, nous avons passé une nuit un peu difficile après le diner… erreur de parcours sans doute.