Terres du Sud Islandais

 

2 novembre 2018

Quand le soleil se lève sur Geysir, tout n’est que calme et silence. La salle du petit déjeuner est vide et donne sur les champs enneigés baignés d’une lumière rosée qui persiste. Entre deux bouchées de ce pain chaud et incroyablement réconfortant, on nous demande si nous avons aperçu les aurores boréales par la fenêtre durant la nuit. Trop longtemps emmitouflés dans la couette, nous n’avons même pas pensé à ouvrir l’œil aux heures propices… la promesse est faite : nous ne nous ferons pas avoir deux fois.

Les fameux geysers, point d’orgue de la région, sont situés dans un petit parc installé de l’autre côté de la route. A cette heure-ci, les hordes de bus en provenance de Reykjavik ne sont pas encore arrivées et nous nous rendons sur place à pied, presque seuls.

Le chemin est entouré d’herbes tantôt colorées tantôt recouvertes d’une épaisse couche de glace. Les bassins d’eau brûlante crachent des nuages de fumée tout au long du parcours tandis que des plaques de glace craquèlent au dessus de petits ruisseaux. Au bout du chemin, on attend le Strokkur, réglé comme un métronome, dont les éruptions surprennent pourtant les visiteurs toutes les dix minutes. Des colonnes d’eau de vingt mètres s’élèvent alors dans le ciel accompagnées de nuages de vapeur blanche.

Si le passage est sans doute incontournable, on fait vite le tour des geysers et on peut reprendre la route pile à l’heure pour ne pas croiser la foule de périples organisés.

La route vers Gullfoss est rapide et légèrement vallonnée. On roule vers des montagnes blanches au milieu des champs et des fermes de poneys islandais, nos grands chouchous du voyage. Il nous faut moins d’une heure pour gagner le visiteur center et garer notre voiture. Une simple ouverture de la porte suffit pour comprendre que l’endroit est aéré. La portière est lourde, le vent s’engouffre dans la voiture secouée par les bourrasques. On rajoute autant d’épaisseurs que possible avant de quitter l’habitacle chaleureux et de se confronter à cet air glacial. Le temps a beau être magnifique, la puissance du vent fait de cette courte balade une véritable expédition. On parcourt le chemin glacé avec prudence, engoncés dans nos cinq couches de vêtements, accrochés à nos capuches et trimballés par les bourrasques. Arrivés en bas d’un escalier métallique, un dernier coup de vent nous fait reculer d’un pas avant de pouvoir poser les yeux sur les chutes. Le spectacle est à la hauteur de cette micro aventure. D’immenses colonnes d’eau dévalent sur plusieurs niveaux une pierre sombre couverte de neige et de glace. Au pied des chutes, des nuages brumeux emplissent un étroit canyon qui file vers les champs. la puissance de l’eau s’exprime en un incroyable vacarme au cœur de ces vastes étendues enneigées.

De nouveau sur la route, nous rejoignons la 35, empruntée là veille, après ce court détour dans les terres. Notre prochaine étape est Kerið, un ancien volcan dont le sommet s’est affaissé lors de sa dernière éruption. Bien que l’accès au site soit bien balisé (et payant), on est quasiment seuls en cette saison. Situé au cœur d’un champ de lave, Kerið marque d’abord par sa couleur rouge qui se devine sous la neige. Dès les premiers mètres du tour du lac, on retrouve quelques bourrasques d’air glacé qui rendent le pied fragile sur la roche polie. On escalade d’abord la face la plus abrupte avant de redescendre en pente plus douce, mais toujours glissante, vers les bords du lac figé par le froid. Les lumières changeantes du ciel rendent le décor un peu magique et complètement unique.

Pour notre dernière étape, on retrouve les circuits classiques pour tout premier voyage en Islande (on le sait déjà, il y en aura d’autres !). Seljalandsfoss est sans doute la plus connue et la plus photographiée des cascades de l’île. Située au pied d’un glacier, elle se détache d’une falaise sombre ce qui permet, l’été, de longer la roche derrière la cascade. En hiver, pas question de se lancer dans les balades humides : le chemin est glacé et parsemé de pierres lisses prêtes à dévaler la pente à la moindre erreur. L’eau et le vent ont aussi givré la bordure du chemin et toutes les marches des accès en hauteur. Pour grimper, chaque pas exige toute notre attention et des crampons sont les bienvenus. Si la plupart des voyageurs ne s’attarde que sur la cascade principale, après quelques photos, nous poussons le chemin sur quelques centaines de mètres pour rejoindre le ruisseau. Dissimulée dans la roche, Gljúfrabúi , une autre cascade, déverse des torrents d’eau sur une roche noire et luisante parsemée de mousse verte. L’atmosphère de ce lieu baigné d’une étrange lumière donne au décor des allures de grotte magique.

Avant de découvrir notre petite auberge, on profite des derniers rayons du soleil sur la plage de sable noire voisine tandis que le dernier ferry de la journée rejoint paisiblement les iles Vestmann. Le calme avant la tempête…

Coté pratique

Le logement

Un petit guest house au pied d’un volcan, entouré de moutons. Petit déjeuner compris. Salle de bain communes refaites récemment.

Les visites

  • Geysir

Accès gratuit.

  • Kerið

400ISK par personne

  • Seljalandsfoss

Parking payant

Les repas

  • Yellow, 800 Selfoss

Une enseigne de restauration rapide Healthy où l’on choisit sa viande (poulet, bœuf ou végétarien), ses légumes (patates douces, riz, nouilles) et la sauce pour un prix raisonnable.

Un petit restaurant en bord de route dans un ancien corps de ferme. Déco d’un autre âge mais cuisine réconfortante.


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