Voyage des sens

Sentez vous les odeurs de thé à la menthe et d’épices? Salivez vous devant un bon couscous? Entendez vous le brouhaha de Marrakech?

Les QUATRe vallées

Des kilomètres de tables installées dans le lit de la rivière et de terrasses agricoles fleuries sont encore nécessaires pour nous rendre à notre dernière étape avant de quitter la vallée de l’Ourika. Au pied d’une petite ville qui grimpe dans les collines envahies de haies de cactus, un nouveau guide nous attend. Il nous entraine sur un chemin étroit serpentant entre les habitations et les marchands de souvenirs par une salve d’escaliers qui tournicotent. On monte presque seuls entre les terrasses, les tapis, les guirlandes de bijoux et les fontaines improvisées en devinant que le lieu est d’ordinaire bien plus animé. Étrange concept qu’un chemin de randonnée parsemé de boutiques de souvenirs… Les fleurs de cerisiers égayent ponctuellement ce paysage si minéral et, finalement, passés les restaurants aux tagines usées prêtes à servir à nouveau sur des feux de bois, la nature reprend sa place.

Au cœur des souks

Deux virages plus loin, les ruelles de plus en plus tortueuses s’encombrent de milliers de pièces de ferraille, du lustre majestueux à la babiole la plus anodine. Caverne d’Ali Baba qui brille de mille feux et où résonnent au loin les marteaux des dinandiers, l’endroit regorge des théières, petites lampes ou plateaux ciselés sur lesquels ondule la lumière du soleil ou de dizaines d’ampoules accrochées de toute part. Ça brille. C’est beau. Le souk des bijoutiers voisin déborde lui aussi de breloques qui s’accumulent dans les vitrines ou directement sous les yeux des passants. Au moindre coup d’œil envieux, les marchands vous entrainent dans une série d’essayages au son de traditions plus ou moins ancestrales et de « gazelles » en veux tu en voilà.

Majorelle et saint laurent

L’entrée du jardin est entourée d’immenses bambous qui cachent le soleil. Au fil des pas, on longe de petits bassins où coassent des dizaines de grenouilles à l’ombre de bougainvilliers fleuris. Le bleu Majorelle tapisse villa, bordures, fontaines et canaux disséminés dans un camaïeu de vert et des rangées de cactus en fleurs. Si le début de la visite se fait dans le calme du jardin, nous sommes subitement rejoints par des nuées de touristes qui forment de véritables files d’attente dans le seul but d’immortaliser leur venue devant ces célèbres murs. Le musée berbère, intégré au jardin, permet de quitter quelques minutes la foule de plus en plus importante.

d’un palais à l’autre

En un clin d’œil, nous voilà débarqués chez un marchand berbère qui, tout en nous prenant par les sentiments à coup de thé, nous détaille le contenu de sa boutique… Nouvelle leçon de pigeonnage. Dehors, le souk est bondé. Toutes les échoppes sont ouvertes et d’immenses sacs multicolores s’accumulent sur les bords des ruelles. Ça sent la menthe, le thé et les épices sous le toit de bois ajouré. Alors en bons bleus, on s’installe sur un banc, on écoute, on sent, on sirote des liquides chauds et sucrés en apprenant des recettes de grand-mère. Finalement, on passe un bon moment et on a presque plaisir à repartir le sac plein de bazar, de cadeaux et de remèdes miracles qu’on utilisera sans doute rarement.

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