Culture et Safari

22 mars

On poursuit notre périple culturel en partant ce matin vers la cité ancienne de Polonnaruwa, seconde capitale historique du pays bâtie par les monarques au Xe siècle.

On récupère un vélo à l’entrée du site et on file sur les allées, tantôt pavées tantôt sableuses qui traversent ce lieu historique, sorte de citadelle fortifiée. Guide touristique dans la poche, on découvre les spécificités des architectures bouddhistes et hindouistes au fil des arrêts. On apprécie particulièrement le secteur du Quadrilatère, son vatadage circulaire et ses bas reliefs étonnament bien conservés arborant lions, éléphants et divinités.

La balade est agréable et le vélo nous permet d’avoir un peu de fraîcheur. On file entre les zones boisées abritant quantités de vestiges et quelques familles de daims tachetés qui disparaissent à notre passage. Arrivé au Rankoth Vihara, on réalise cependant comme la température est élevée. Le site est entouré de sable et de rares arbres qui couvrent d’un peu d’ombre la cour. Les temples se visitant sans chaussures, on regrette vraiment de ne pas avoir pris de chaussettes ce jour-là. Le sol exposé au soleil depuis des heures est bouillant et on traverse de zones d’ombre en zones d’ombre au pas de course pour limiter les dégâts (comment avoir l’air bête…).

Un peu plus loin, nous découvrons le petit temple hindou de Shiva en pleine cérémonie. Les singes se sont regroupés autour du sanctuaire, attendant avec impatience la distribution des offrandes. Les macaques sont les plus effrontés, débarquant en famille pour se précipiter sur les bananes et pastèques. Dans les arbres, un tout petit peu plus loin, on trouve aussi des langurs, plus discrets et pourtant plus imposants. On adore leur bouille de suie qui surgit dans les feuilles sombres.

Au bout du site, quelques baraques vendent de la coco, des boissons ou des souvenirs sur le chemin de Gal Vihara. Ce secteur abrite 4 bouddhas dont 3 bien plus impressionnants que ceux que nous avions rencontrés auparavant. Si on avait croisé très peu de monde jusque là, tous les touristes semblent désormais s’être regroupés ici. Loin des zones verdoyantes, on visite un lieu très aménagé et presque sans âme que l’on apprécie finalement beaucoup moins que le reste de notre balade où la nature avait repris ses droits.

La journée se poursuit dans un environnement bien différent puisque nous partons pour notre premier safari à la recherche des éléphants d’Asie. Bien plus petits que leurs congénères d’Afrique, ils se distinguent aussi par la rareté de leurs défenses et par leur pigmentation rose sur la trompe et les oreilles. Sur les conseils de Chin, on opte pour le Hurulu Eco Park. En arrivant, on est tout de suite inquiétés par le nombre de jeeps garées sur le parking, prêtes à partir ensemble à l’aventure.

Autant le dire tout de suite, les premiers temps ne nous plaisent pas vraiment. Les voitures se suivent à la file indienne et n’hésitent pas à encercler le premier grand mâle découvert sur le chemin. S’il ne semble pas perturbé ou inquiet, cela nous fait quand même mal au cœur de le voir prisonnier d’une horde de voyageurs armés d’appareils photos. A la grande surprise du chauffeur, on demande donc à partir rapidement.

Un peu plus loin, on rencontre un second jeune mâle et, là aussi, une série de voiture s’attroupe autour de lui. Le jeune agite la trompe, remue les oreilles et gronde, mi effrayé mi agacé. Là aussi, on demande à partir, refusant de cautionner ce genre de pratiques, surtout après notre belle expérience au Botswana.

Notre chauffeur semble finalement comprendre notre problème et, passé l’étonnement, nous entraîne dans les profondeurs du parc où nous sommes désormais quasiment seuls. Il s’arrête au bord d’une forêt, coupe le moteur et attend. La magie opère de nouveau. Un éléphant sort des broussailles, puis deux, puis dix. C’est tout une famille qui débarque devant nous. On assiste à de jolies scènes, on sourit devant les petits tout poilus et, enfin, on profite du moment. D’autres jeeps apparaissent finalement et suivent notre exemple, coupant leurs moteurs pour mieux profiter et laissant les éléphants décider eux-mêmes de s’approcher ou non.

Avant de rentrer, on nous emmène sur un point de vue en hauteur pour observer le parc. A grand renfort de jumelles, on repère des tâches sombres dans une étendue d’eau et on redescend rapidement pour demander un détour à notre guide avant de rentrer. Là encore, nous serons les seuls à sortir du circuit classique et on s’en félicite : arrivés sur place, c’est un troupeau de buffles sauvage que l’on découvre barbotant dans l’eau. Dans les arbres, on aura même la surprise de découvrir des calaos de Malabar à l’énorme bec.

Après ces bonnes surprises, on repart un peu réconciliés avec le safari. Comme nous l’avons dit à l’agence dès notre retour, on espère vraiment que le Sri Lanka réglementera davantage ces activités à l’avenir pour offrir des expériences plus respectueuses des animaux, passant outre la pression de certains touristes qui veulent à tout prix « une photo avec un éléphant »…

les animaux vus par Ptit Jo

L’entelle ou langur (Semnopithecus entellus) est un singe sacré en Inde. Il vit en bande d’environ 25 individus.

Le macaque à coque (Macaca sinica) ont la peau du visage qui rougit avec l’âge.

Les éléphants du Sri Lanka (Elephas maximus maximus) n’ont que rarement des défenses. Les mâles qui en ont sont appelés tuskers.

Le buffle d’Asie (Bubalus arnee) passe une grande partie de son temps à se baigner dans les rivières et dans la boue pour se protéger des piqûres d’insectes.

Les calaos de Malabar (Anthracoceros coronatus) forment des couples unis pour la vie.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Polonnaruwa
Entrée 25$
Ouvert tous les jours de 8h à 18h
La découverte du site peut se faire à pied (mais c’est long), à vélo ou en tuk-tuk. Les visites guidées ne nous ont pas semblé nécessaire, un bon guide dans le sac à dos suffit probablement. Néanmoins, si vous êtes vraiment passionnés d’histoire, de nombreux guides proposent leurs services à l’entrée du site. Comptez environ 2500 LKR les trois heures.
Pour les sites sacrées, il est nécessaire de prévoir une tenue couvrant les épaules et les genoux… ou s’équiper d’un paréo lorsqu’il fait chaud !

Hurulu Eco Park
Entrée 12$
Ouvert tous les jours de 6h à 18h30
Meilleure saison : Janvier à Mars
Moins connus que Minneriya et Kaudulla (plutôt conseillés entre juillet et octobre), ce parc présente une densité de végétation importante. On n’y trouve pas d’immenses troupeaux regroupés autour de points d’eau mais plutôt de petits groupes et des tuskers solitaires (mâle à défensess)
Seuls les chauffeurs de jeep agrémentés peuvent conduire dans les parcs nationaux. Il vous faudra donc passer par un prestataire dont le cout varie entre 5000 et 7000 LSK la demi-journée.

Le logement

Jays Holiday Resort, Threesinhagama, Habarana, Habarana, Sri Lanka
L’hôtel se situe au bout d’une toute petite route et au cœur d’un grand jardin aux airs de jungle. Les chambres sont basique mais climatisées et spacieuses. Nous avons adoré nos repas pris sur place et regrettons un peu de ne pas avoir opté pour un cours de de cuisine sri-lankaise. Un des coups de cœur du séjour.

Les repas

On a diné directement à l’hôtel. Les menus changent tous les jours et, chaque soirs, trois ou quatre entrées/plats et desserts sont proposés. La recette du rice and curry change elle aussi tous les soirs. On recommande chaudement !

Le parc National de Chobe

22 septembre 2021

Notre dernière vraie journée de safari est amputée d’un bon morceau lorsque, Covid oblige, on doit faire un détour par Kasane pour réaliser un nouveau test PCR. Il est déjà tard quand on atteint finalement le parc national de Chobe, le plus visité du Botswana. Sam nous installe pour déjeuner sur les hauteurs du parc, sans serpent cette fois. On est à nouveau surpris par le changement de décor, encore plus impressionnant vu d’en haut. Une large plaine s’étend en contre bas, à l’herbe d’un vert intense, parcourue par de larges canaux d’eau.

Nos sandwichs avalés, on rejoint la plaine pour y découvrir une faune grouillante comme on n’en avait encore jamais vu. Partout où l’on pose le regard, des silhouettes d’éléphants se dessinent sur la verdure ou se détachent d’un ciel brumeux. On y croise également des troupeaux d’antilopes, savourant un buffet vert qui s’étend à perte de vue. On tombe même sur quelques éléphants qui nagent dans un bras de la rivière, laissant juste apparaitre le haut de leur dos et leur trompe, brandie comme un tuba !

La route de sable longe l’eau pendant des kilomètres. Un doux soleil réchauffe l’atmosphère sans même brûler la peau et chaque recoin réserve une surprise. L’ambiance est parfaite. La densité d’éléphants est simplement incroyable. Ils sont partout, sur le rivage d’en face, dans les forêts bordant la route ou encore en plein milieu du chemin. Les zones marécageuses semblent les attirer plus que toutes les autres. On les observe mi amusés, mi dégoutés se vautrer dans des mares de boues, l’attraper avec la trompe et la propulser avec amusement sur leur dos… ou sur notre voiture !

On approche des familles entières de près. De très près. On y voit d’ailleurs des dizaines de petits, de tous les âges. Sam en profite pour nous raconter de nouvelles anecdotes et distiller quantités de connaissances sur les pachydermes. On apprend à cette occasion que les éléphants sont droitiers ou gauchers : leur tendance se note à l’usure de leurs défenses, toujours plus marquée d’un côté. Notre guide en profite aussi pour tordre le cou à certains mythes comme les cimetières d’éléphants. La réalité est beaucoup moins jolie : ces gros mammifères ne se sont jamais rendus dans des lieux particuliers pour mourir. Le chercheur ayant émis cette théorie est simplement tombé sur une « planque » de chasseurs d’ivoire ayant laissé sur place toutes les carcasses des animaux braconnés. On aurait vraiment préféré croire à la première version.

En plus des éléphants, de larges groupes d’impalas côtoient babouins, zèbres, girafes et phacochères, arrivant sans cesse de la forêt pour profiter des zones fraiches et humides dans la plaine. Des hippopotames barbotent au loin. On ne les voit pas vraiment mais on reconnait désormais très bien leurs ronchonnements caractéristiques. Le parc grouille de vie et d’espèces comme nulle part ailleurs en Afrique Australe. On en prend plein les yeux et les oreilles.

Les couleurs changent à mesure que le soleil décline, donnant des reflets dorés au paysage. Seuls les plus gros animaux semblent s’attarder désormais. Les nuées d’impalas, elles, ont comme disparu. Les petits singes ont regagné les arbres. Un couple de girafes déambule sous le soleil, le mâle comptant sans doute sur cette ambiance douce pour charmer la femelle (un peu récalcitrante il faut l’avouer).

Bientôt, seuls les éléphants restent là, en groupe plus restreints. Ils marchent, encore et toujours, s’enfonçant dans la plaine.

C’est l’heure de notre dernière nuit sous la tente, montée bien en arrière de la rivière dans les mopanes qui commencent à perdre franchement leur feuillage. Sur les feuilles séchées, nos pas résonnent dans le noir. On profite une dernière fois du feu de camp, du pain chaud de Timothy, de la gentillesse de Sca et des histoires de Sam.

Au petit matin, on opte pour une dernière balade sur la plage avant de retrouver Kasane et de passer la frontière. Les groupes d’antilopes sont revenus, plus imposants que jamais. Elles sont des centaines à parcourir la plaine. Certains mâles se battent à coup de tête et de cornes. Les pique-bœufs planent d’un individu à l’autre, ravis de profiter d’un tel festin.

A proximité, une immense famille de babouins traine sous les arbres. Ils sont près d’une cinquantaine, fouillant le crottin d’éléphants à la recherche de fruits et de noix, arrachant des touffes d’herbes ou courant entre les pattes des antilopes. S’ils ne nous ressemblent pas autant que les grands singes, ils ont tout de même un nombre impressionnant de mimiques, de comportements et d’habitude qui nous interpellent. Les mères qui serrent les jeunes contre leur cœur, les échanges de regards, les bêtises des petits et les réprimandes. On craque surtout pour leur bouille d’elfe avec ces grandes oreilles roses disproportionnées.

Pour terminer sur une bonne note, nos derniers kilomètres sont peuplés de lionnes, de buffles et de croco, comme un clin d’œil à notre arrivée dans le pays. La boucle est bouclée, il ne nous reste, presque, qu’à rentrer

les animaux vus par Ptit Jo

Les impalas (Aepyceros melampus) utilisent leurs lignes noires présentes au bout des oreilles, sur le dos de la queue, le haut des cuisses et sur le front pour se reconnaître.

Le chacal à chabraque (Lupulella mesomelas) éduque ses petits pendant toute une année, faisant de sa descendance des pro de la chasse.

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Le guêpier carmin (Merops nubicoides) est armé d’un bec pointu qui lui permet d’attraper les insectes en vol sans difficulté

Le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus) est l’un des plus gros du monde et peut atteindre 750kg. Il chasse en restant immobile et surgit d’un coup hors de l’eau.

Le phacochère (Phacochoerus africanus) a de longues canines en forme de défenses qui lui servent à déterrer des racines et à se défendre contre ses prédateurs.

Le grand koudou (Tragelaphus strepsiceros) mâle arbore d’imposantes cornes en spirale d’1.2 à 1.8 mètres. Il peut franchir des obstacles de 2 à 3 mètres de haut d’un bond !

La girafe (Giraffa camelopardalis angolensis) est la plus grande espèce du règne animal avec une hauteur de près de 6 mètres pour les grands mâles.

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Le lion d’Afrique (Panthera leo leo) est une force de la nature engloutissant 7kg de viande par jour. Son rugissement peut être entendu à 8km à la ronde !

L’hippotrague noir (Hippotragus niger) ne porte pas spécialement bien son nom… les femelles sont marrons !

Le babouins Chacma (Papio ursinus) vivent en groupe pouvant atteindre 50 individus. leurs petits ont de grandes oreilles toutes roses.

Le singe vervet (Chlorocebus sabaeus) est un petit primate malicieux et omnivore omnivore dont le régime peut aller des fleurs et fruits aux insectes, œufs ou encore rongeurs.

La mangue rayée (Mungos mungo) est une petite bête spécialiste de la chasse au serpent. Elle les attrape d’un geste vif juste derrière la tête.

Le buffle d’Afrique (Syncerus caffer) et ses quelques 700kg vit en larges troupeaux dans des zones boisées. ses cornes peuvent atteindre 1,5 mètre d’envergure. Celles des mâles recouvrent le haut de sa tête, contrairement aux femelles.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Le safari a été mené par Lungu Safari. Nous avons eu la chance d’être conduit par Sam, un guide formidable, plein d’anecdotes en tout genre. Timothy et Scamongo ont pris en charge toute la logistique et nous n’avions plus qu’à nous laisser guider. Un confort incroyable, surtout dans la brousse !

Le logement

Une tente plantée dans la savane.

Les repas

Cuisine au feu de bois par le chef cuistot de Lungu Safari : Tim. Mention spéciale pour son pain fait maison et ses pique-niques gargantuesques.

Le grand départ

18 septembre 2021

Après deux semaines sur les routes de Namibie, il est temps pour nous de traverser la frontière et de découvrir le Botswana. Une longue route nous attend de Ngepi jusqu’à Maun où nous devons rendre la voiture avant 16h. Comme cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu de petites galères du type rester ensablés dans le désert ou enfermés dans un parc national, notre voiture a décidé qu’elle ne démarrerait pas ce matin-là, histoire de garder le rythme.

Le petit déjeuner avalé, il a donc fallu trouver une bonne âme pour nous aider, sortir les pinces croco et démarrer. L’inquiétude s’installe doucement. Nous traversons le poste frontière dans moins d’une heure et la perspective de ne pas pouvoir repartir pour cause de panne de batterie nous affole un peu. Après deux tests antigéniques au poste frontière, un peu de paperasse et un coup de tampon sur nos passeports… on réalise que l’un de nos permis internationaux est périmé ! C’est donc à moi de prendre le volant de notre énorme bolide que je n’avais pas encore touché, pour conduire à gauche et d’une traite, de peur que la voiture ne redémarre jamais. Pour cette fois, elle repart.

Avant de quitter la frontière, une petite dame nous fait signe et nous alerte : « Attention aux nids de poule ! ». On lui fait signe en retour, plus inquiets de l’heure qui tourne que de l’état de la route.

Grosse erreur.

Si les premiers kilomètres goudronnés semblent bien meilleurs que les pistes namibiennes, on réalise vite que cela ne va pas durer. Les nids de poule se multiplient et s’élargissent. Ils deviennent des nids d’autruche, voire carrément de T-Rex ! De véritables cratères se forment au centre de la route, s’étendant quasiment d’un bout à l’autre. Les voitures finissent par passer sur les bas-côtés tant la route est abimée. L’heure tourne toujours et il faudra slalomer pendant près de 300km pour éviter les obstacles tout en priant pour ne pas avoir à s’arrêter. Il est 15h30 quand on arrive finalement à Maun pour faire le plein avant de rejoindre le logement. Comme prévu, la voiture ne redémarre pas tout de suite et il faudra encore user des pinces croco pour arriver à bon port. Mais nous y voilà. On se gare, on décharge et on s’écroule sous la tente.

Ça y est, le Botswana nous ouvre enfin les bras.

19 septembre 2021

Sam, notre guide pour les jours à venir, vient nous chercher de bon matin. Après avoir englouti une assiette de pancakes, on abandonne avec joie notre bolide pour grimper dans le sien : un énorme 4*4 complètement ouvert à l’arrière, spécialement conçu pour transport de petits groupes durant les safaris. Durant les deux premières heures, on roule doucement vers Kwai où nous attend notre première réserve naturelle. La route bitumée se transforme en piste et Sam prend le temps de nous présenter son travail et son pays tout au long du chemin.

A mesure que l’on s’écarte de la route, les paysages deviennent plus verts et, finalement, un cours d’eau apparait. Les paysages changent radicalement et les premiers animaux se montrent. Éléphants et hippopotames semblent apprécier l’endroit, s’offrant de longues séances de baignade. On retrouve avec un sourire le grondement caractéristique des hippos, le bruit de l’air expulsé par leurs narines en sortant de l’eau et leurs petites oreilles qui s’agitent.

Au loin, un éléphant enfoncé dans l’eau jusqu’au ventre grignote sagement des touffes d’herbes. En l’observant avec des jumelles, on assiste à la scène la plus loufoque de notre séjour ! Un crocodile installé tout près s’est subitement mis à courrir pour attraper un oiseau. Emporté par son élan, il a réussi à rater l’oiseau et s’est écroulé dans la mare voisine, disparaissant une fraction de seconde de notre champ de vision avant de resurgir à toute vitesse. Ébahis, on l’a vu se carapater en sens inverse et s’échapper dans une nouvelle mare. Derrière lui, un énorme hippopotame est apparu, probablement dérangé dans sa sieste par la chute du crocodile et visiblement très mécontent. Dans une impressionnante gerbe d’eau, il s’est enfoncé lui aussi dans la seconde mare, sous l’œil complètement indifférent de l’éléphant ! On regrette infiniment de ne pas avoir immortalisé cette scène improbable, rigolant encore aujourd’hui de la démarche catastrophée du pauvre crocodile.

Les premiers singes se montrent également, courant dans les hautes herbes avant de se réfugier dans les arbres ou flânant près de l’eau. C’est là que j’ai pris l’une de mes photos préférée. Elle est loin d’être parfaite mais elle me rappelle cet adorable petit singe était installé là, au bord de l’eau, contemplant les fleurs d’un air doux et rêveur… avant de les engloutir avec satisfaction, du pollen plein les moustaches.

On rencontrera aussi notre premier troupeau de buffle en lisière d’une zone boisée, encore tout agité. Un groupe de lionnes venait tout juste de les attaquer et d’emporter l’un des leurs sous les arbres. Si nous n’avons pas vu la scène, elle a en revanche été racontée par des touristes américains farceurs, expliquant à notre guide qu’ils avaient croisé des kangourous.

Sam trouvera rapidement les lionnes, encerclant ce qui avait dû être un buffle autrefois. Il s’approche près, suffisamment pour nous inquiéter un moment. Notre guide se veut néanmoins rassurant : les lions ne s’attaquent qu’aux animaux faibles, malades ou blessés. Pour eux, la voiture même ouverte à l’arrière, représente surtout un énorme animal, bien trop fatiguant à chasser… d’autant plus lorsqu’ils sont déjà à table. Sam nous inspire une immense confiance… alors on ouvre grand les yeux et les oreilles.

A quelques mètres de nous, les lionnes ne détournent même pas la tête. Elles semblent être prises d’une sorte de frénésie. La gueule pleine de sang, elles grognent, se poussent et dévorent chaque bouchée qu’elles peuvent savourer en l’absence du mâle. Elles font un boucan incroyable : leur grondement résonne si fortement dans la poitrine qu’on a l’impression de la sentir vibrer à chaque nouvelle vague de râle. Instinctivement, les poils se dressent sur les bras. Aucun doute, on se souviendra longtemps de cette rencontre.

les animaux vus par Ptit Jo

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Les hippopotames (Hippopotamus amphibius) forment des harems autour d’un mâle dominant. Les jeunes mâles immatures sont tolérés tant qu’ils restent soumis et chassés à la moindre incartade.

Le rollier à long brins (Coracias caudatus) se repère de loin dans le bush, particulièrement en vol : ses magnifiques plumes bleues forment alors de véritables tâches de couleur dans le ciel

Le bateleur des savanes (Terathopius ecaudatus) est réputé pour ses incroyables parades nuptiales à base de multiples figures acrobatiques.

Le singe vervet (Chlorocebus sabaeus) est un petit primate malicieux et omnivore omnivore dont le régime peut aller des fleurs et fruits aux insectes, œufs ou encore rongeurs.

Le buffle d’Afrique (Syncerus caffer) et ses quelques 700kg vit en larges troupeaux dans des zones boisées. ses cornes peuvent atteindre 1,5 mètre d’envergure. Celles des mâles recouvrent le haut de sa tête, contrairement aux femelles.

Le lion d’Afrique (Panthera leo leo) est une force de la nature engloutissant 7kg de viande par jour. Son rugissement peut être entendu à 8km à la ronde !

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Le safari a été mené par Lungu Safari. Nous avons eu la chance d’être conduit par Sam, un guide formidable, plein d’anecdotes en tout genre. Timothy et Scamongo ont pris en charge toute la logistique et nous n’avions plus qu’à nous laisser guider. Un confort incroyable, surtout dans la brousse !

Le logement

Une tente plantée dans la savane.

Les repas

Cuisine au feu de bois par le chef cuistot de Lungu Safari : Tim. Mention spéciale pour son pain fait maison et ses pique-niques gargantuesques.

Planque avec les ours

9 Septembre 2020

Nous partons du lac Siljan sous la grisaille pour rejoindre Järbo, petite localité orientée nature où fleurissent les maisons de vacances dispersées dans les bois, prisées tant pour les sports d’hiver que pour les activités estivales. Nous arrivons dans une grande maison un peu perdue et sommes accueillis par Pierrick, un français vivant désormais en Suède après quelques mois de vadrouille dans les pays du Nord. Cette fois ci, il n’y a pas eu de hasard pour guider nos pas. Cette fois ci nous arrivons avec un objectif : vivre une nouvelle expérience de photographie animalière. Un an après notre merveilleuse rencontre avec Tofa, nous voilà bien décidés à retenter l’expérience avec les ours bruns qui parcourent les forêts suédoises. Ça tombe bien, la photographie animalière, c’est justement le truc de Pierrick !

Il nous accueille donc autour d’un repas et d’un thé chaud, largement apprécié dans ce décor humide, et nous raconte. Son parcours, ses passions, sa vie ici… on échange longuement, on apprend beaucoup et on s’embarque finalement dans un gros 4X4 noir qui roule en chahutant ses passagers sur les chemins caillouteux de la forêt. Une nouvelle fois, on est charmé par l’ambiance qui s’en dégage. La brume couvre un peu le décor verdoyant, les troncs et les roches couvertes de mousse et de baies colorées. Au bout d’un court chemin, notre cabane de bois apparait.

C’est ici que nous passerons les prochaines vingt-quatre heures. Une planque aménagée spécialement pour surveiller les bois et revenir la carte mémoire débordante de clichés. Étonnamment, l’endroit est plutôt cosy : tapis au sol, chaises confortables, lits douillets, stock considérable de couvertures et multiples fenêtres donnant sur l’extérieur. Pierrick nous laisse là et l’expérience commence…

L’observation commence dès que notre guide s’efface. Les premiers oiseaux apparaissent, timides, puis le festival des écureuils commence. Ils sont trois à réveiller la forêt, trois à mettre un bazar considérable dans le monde des sages petits oiseaux. Ils sont là puis disparaissent, grimpent sur un tronc, sautent dans les arbres, resurgissent de nul part et effraient avec malice les geais des chênes. On tombe amoureux de ces petits êtres infatigables qu’on observe pendant des heures. Quelques pics apparaissent, le bruit de leur bec résonnant dans les bois calmes. Puis, finalement, les écureuils disparaissent. On cherche, on espère, on se tait dans la cabane… un cri aigu se fait entendre et on voit finalement apparaitre nos premiers petits rapaces. On observe à nouveau et les écureuils qui reviennent avec leur interminable chahut, sous une pluie fine cette fois. On en profite pour se demander si notre chaton en est vraiment un et si on n’aurait pas finalement hérité d’une espèce rare de rongeur tant les attitudes semblent similaires.

La nuit tombe doucement et, l’espace d’un instant, tout change. Le soleil revenu descend vers l’horizon et éclaire d’une lumière toute nouvelle la scène. La forêt brille sous ses rayons, se reflétant dans les gouttes d’eau qui couvre les arbres et la mousse. On regarde cette ambiance quelques minutes, essayant de figer cette lumière si particulière sans succès. Les buses reviennent, les écureuils disparaissent à nouveau puis, bientôt tout est calme. Il fait si sombre dehors qu’on distingue à peine les arbres. Il est temps de se rendre à l’évidence, les ours ne viendront pas…

Le soleil est à peine levé quand on rouvre les yeux. Il nous reste peut être deux heures pour tenter de les apercevoir… en vain. Les ours, échaudés par la courte période de chasse intervenue tout début Septembre, ont préféré rester loin des humains. on sait pourtant qu’ils n’étaient pas loin: une caméra les a captés dans la nuit, un peu plus loin dans la forêt. Une nouvelle fois, on ronchonne un peu de ne pas avoir prévu notre voyage en avance pour éviter ce mauvais hasard de calendrier. On poursuit donc notre aventure, un peu frustrés, mais ravis de l’expérience et complètement sous le charme de ces malicieuses boules de poils rousses.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Pour ptit Jo et moi, amoureux des animaux qui se rêvassent photographes animaliers, cette expérience a été un grand moment d’amusement et d’observation. Pour les simples observateurs, l’expérience est sans doute un peu plus longue…

Coté pratique

Les activités

Nous avons réservé cette expérience avec Amazing Nature Scandinavia. Si nous n’avons malheureusement pas été chanceux, nous ne regrettons absolument pas le choix de prestataire. Sylvia, qui nous a organisé trois jours en Suède, a été incroyablement disponible et prévenante : modifications de dates pour nous permettre de faire toutes les activités, recommandations de randonnées, prêts d’ouvrages et de cartes, infos pratiques sur Stockholm… elle nous a accompagnés tout au long du séjour et bien au-delà des activités réservées avec elle. Merci Sylvia !

Pour réserver :
Sylvia Adams – Amazing Nature Scandinavia
Tel: +46 (0)70 230 68 70
E-mail: sylvia@amazingscandinavia.com
Site: https://www.amazingscandinavia.com

Pour rencontrer Pierrick et voir son travail, c’est par ici : Pierrick (@surrounding_wilderness sur instagram )

Le logement

Dans un lieu tenu secret

Les repas

Pique nique en forêt !