Culture et Safari

22 mars

On poursuit notre périple culturel en partant ce matin vers la cité ancienne de Polonnaruwa, seconde capitale historique du pays bâtie par les monarques au Xe siècle.

On récupère un vélo à l’entrée du site et on file sur les allées, tantôt pavées tantôt sableuses qui traversent ce lieu historique, sorte de citadelle fortifiée. Guide touristique dans la poche, on découvre les spécificités des architectures bouddhistes et hindouistes au fil des arrêts. On apprécie particulièrement le secteur du Quadrilatère, son vatadage circulaire et ses bas reliefs étonnament bien conservés arborant lions, éléphants et divinités.

La balade est agréable et le vélo nous permet d’avoir un peu de fraîcheur. On file entre les zones boisées abritant quantités de vestiges et quelques familles de daims tachetés qui disparaissent à notre passage. Arrivé au Rankoth Vihara, on réalise cependant comme la température est élevée. Le site est entouré de sable et de rares arbres qui couvrent d’un peu d’ombre la cour. Les temples se visitant sans chaussures, on regrette vraiment de ne pas avoir pris de chaussettes ce jour-là. Le sol exposé au soleil depuis des heures est bouillant et on traverse de zones d’ombre en zones d’ombre au pas de course pour limiter les dégâts (comment avoir l’air bête…).

Un peu plus loin, nous découvrons le petit temple hindou de Shiva en pleine cérémonie. Les singes se sont regroupés autour du sanctuaire, attendant avec impatience la distribution des offrandes. Les macaques sont les plus effrontés, débarquant en famille pour se précipiter sur les bananes et pastèques. Dans les arbres, un tout petit peu plus loin, on trouve aussi des langurs, plus discrets et pourtant plus imposants. On adore leur bouille de suie qui surgit dans les feuilles sombres.

Au bout du site, quelques baraques vendent de la coco, des boissons ou des souvenirs sur le chemin de Gal Vihara. Ce secteur abrite 4 bouddhas dont 3 bien plus impressionnants que ceux que nous avions rencontrés auparavant. Si on avait croisé très peu de monde jusque là, tous les touristes semblent désormais s’être regroupés ici. Loin des zones verdoyantes, on visite un lieu très aménagé et presque sans âme que l’on apprécie finalement beaucoup moins que le reste de notre balade où la nature avait repris ses droits.

La journée se poursuit dans un environnement bien différent puisque nous partons pour notre premier safari à la recherche des éléphants d’Asie. Bien plus petits que leurs congénères d’Afrique, ils se distinguent aussi par la rareté de leurs défenses et par leur pigmentation rose sur la trompe et les oreilles. Sur les conseils de Chin, on opte pour le Hurulu Eco Park. En arrivant, on est tout de suite inquiétés par le nombre de jeeps garées sur le parking, prêtes à partir ensemble à l’aventure.

Autant le dire tout de suite, les premiers temps ne nous plaisent pas vraiment. Les voitures se suivent à la file indienne et n’hésitent pas à encercler le premier grand mâle découvert sur le chemin. S’il ne semble pas perturbé ou inquiet, cela nous fait quand même mal au cœur de le voir prisonnier d’une horde de voyageurs armés d’appareils photos. A la grande surprise du chauffeur, on demande donc à partir rapidement.

Un peu plus loin, on rencontre un second jeune mâle et, là aussi, une série de voiture s’attroupe autour de lui. Le jeune agite la trompe, remue les oreilles et gronde, mi effrayé mi agacé. Là aussi, on demande à partir, refusant de cautionner ce genre de pratiques, surtout après notre belle expérience au Botswana.

Notre chauffeur semble finalement comprendre notre problème et, passé l’étonnement, nous entraîne dans les profondeurs du parc où nous sommes désormais quasiment seuls. Il s’arrête au bord d’une forêt, coupe le moteur et attend. La magie opère de nouveau. Un éléphant sort des broussailles, puis deux, puis dix. C’est tout une famille qui débarque devant nous. On assiste à de jolies scènes, on sourit devant les petits tout poilus et, enfin, on profite du moment. D’autres jeeps apparaissent finalement et suivent notre exemple, coupant leurs moteurs pour mieux profiter et laissant les éléphants décider eux-mêmes de s’approcher ou non.

Avant de rentrer, on nous emmène sur un point de vue en hauteur pour observer le parc. A grand renfort de jumelles, on repère des tâches sombres dans une étendue d’eau et on redescend rapidement pour demander un détour à notre guide avant de rentrer. Là encore, nous serons les seuls à sortir du circuit classique et on s’en félicite : arrivés sur place, c’est un troupeau de buffles sauvage que l’on découvre barbotant dans l’eau. Dans les arbres, on aura même la surprise de découvrir des calaos de Malabar à l’énorme bec.

Après ces bonnes surprises, on repart un peu réconciliés avec le safari. Comme nous l’avons dit à l’agence dès notre retour, on espère vraiment que le Sri Lanka réglementera davantage ces activités à l’avenir pour offrir des expériences plus respectueuses des animaux, passant outre la pression de certains touristes qui veulent à tout prix « une photo avec un éléphant »…

les animaux vus par Ptit Jo

L’entelle ou langur (Semnopithecus entellus) est un singe sacré en Inde. Il vit en bande d’environ 25 individus.

Le macaque à coque (Macaca sinica) ont la peau du visage qui rougit avec l’âge.

Les éléphants du Sri Lanka (Elephas maximus maximus) n’ont que rarement des défenses. Les mâles qui en ont sont appelés tuskers.

Le buffle d’Asie (Bubalus arnee) passe une grande partie de son temps à se baigner dans les rivières et dans la boue pour se protéger des piqûres d’insectes.

Les calaos de Malabar (Anthracoceros coronatus) forment des couples unis pour la vie.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Polonnaruwa
Entrée 25$
Ouvert tous les jours de 8h à 18h
La découverte du site peut se faire à pied (mais c’est long), à vélo ou en tuk-tuk. Les visites guidées ne nous ont pas semblé nécessaire, un bon guide dans le sac à dos suffit probablement. Néanmoins, si vous êtes vraiment passionnés d’histoire, de nombreux guides proposent leurs services à l’entrée du site. Comptez environ 2500 LKR les trois heures.
Pour les sites sacrées, il est nécessaire de prévoir une tenue couvrant les épaules et les genoux… ou s’équiper d’un paréo lorsqu’il fait chaud !

Hurulu Eco Park
Entrée 12$
Ouvert tous les jours de 6h à 18h30
Meilleure saison : Janvier à Mars
Moins connus que Minneriya et Kaudulla (plutôt conseillés entre juillet et octobre), ce parc présente une densité de végétation importante. On n’y trouve pas d’immenses troupeaux regroupés autour de points d’eau mais plutôt de petits groupes et des tuskers solitaires (mâle à défensess)
Seuls les chauffeurs de jeep agrémentés peuvent conduire dans les parcs nationaux. Il vous faudra donc passer par un prestataire dont le cout varie entre 5000 et 7000 LSK la demi-journée.

Le logement

Jays Holiday Resort, Threesinhagama, Habarana, Habarana, Sri Lanka
L’hôtel se situe au bout d’une toute petite route et au cœur d’un grand jardin aux airs de jungle. Les chambres sont basique mais climatisées et spacieuses. Nous avons adoré nos repas pris sur place et regrettons un peu de ne pas avoir opté pour un cours de de cuisine sri-lankaise. Un des coups de cœur du séjour.

Les repas

On a diné directement à l’hôtel. Les menus changent tous les jours et, chaque soirs, trois ou quatre entrées/plats et desserts sont proposés. La recette du rice and curry change elle aussi tous les soirs. On recommande chaudement !

Le parc National de Chobe

22 septembre 2021

Notre dernière vraie journée de safari est amputée d’un bon morceau lorsque, Covid oblige, on doit faire un détour par Kasane pour réaliser un nouveau test PCR. Il est déjà tard quand on atteint finalement le parc national de Chobe, le plus visité du Botswana. Sam nous installe pour déjeuner sur les hauteurs du parc, sans serpent cette fois. On est à nouveau surpris par le changement de décor, encore plus impressionnant vu d’en haut. Une large plaine s’étend en contre bas, à l’herbe d’un vert intense, parcourue par de larges canaux d’eau.

Nos sandwichs avalés, on rejoint la plaine pour y découvrir une faune grouillante comme on n’en avait encore jamais vu. Partout où l’on pose le regard, des silhouettes d’éléphants se dessinent sur la verdure ou se détachent d’un ciel brumeux. On y croise également des troupeaux d’antilopes, savourant un buffet vert qui s’étend à perte de vue. On tombe même sur quelques éléphants qui nagent dans un bras de la rivière, laissant juste apparaitre le haut de leur dos et leur trompe, brandie comme un tuba !

La route de sable longe l’eau pendant des kilomètres. Un doux soleil réchauffe l’atmosphère sans même brûler la peau et chaque recoin réserve une surprise. L’ambiance est parfaite. La densité d’éléphants est simplement incroyable. Ils sont partout, sur le rivage d’en face, dans les forêts bordant la route ou encore en plein milieu du chemin. Les zones marécageuses semblent les attirer plus que toutes les autres. On les observe mi amusés, mi dégoutés se vautrer dans des mares de boues, l’attraper avec la trompe et la propulser avec amusement sur leur dos… ou sur notre voiture !

On approche des familles entières de près. De très près. On y voit d’ailleurs des dizaines de petits, de tous les âges. Sam en profite pour nous raconter de nouvelles anecdotes et distiller quantités de connaissances sur les pachydermes. On apprend à cette occasion que les éléphants sont droitiers ou gauchers : leur tendance se note à l’usure de leurs défenses, toujours plus marquée d’un côté. Notre guide en profite aussi pour tordre le cou à certains mythes comme les cimetières d’éléphants. La réalité est beaucoup moins jolie : ces gros mammifères ne se sont jamais rendus dans des lieux particuliers pour mourir. Le chercheur ayant émis cette théorie est simplement tombé sur une « planque » de chasseurs d’ivoire ayant laissé sur place toutes les carcasses des animaux braconnés. On aurait vraiment préféré croire à la première version.

En plus des éléphants, de larges groupes d’impalas côtoient babouins, zèbres, girafes et phacochères, arrivant sans cesse de la forêt pour profiter des zones fraiches et humides dans la plaine. Des hippopotames barbotent au loin. On ne les voit pas vraiment mais on reconnait désormais très bien leurs ronchonnements caractéristiques. Le parc grouille de vie et d’espèces comme nulle part ailleurs en Afrique Australe. On en prend plein les yeux et les oreilles.

Les couleurs changent à mesure que le soleil décline, donnant des reflets dorés au paysage. Seuls les plus gros animaux semblent s’attarder désormais. Les nuées d’impalas, elles, ont comme disparu. Les petits singes ont regagné les arbres. Un couple de girafes déambule sous le soleil, le mâle comptant sans doute sur cette ambiance douce pour charmer la femelle (un peu récalcitrante il faut l’avouer).

Bientôt, seuls les éléphants restent là, en groupe plus restreints. Ils marchent, encore et toujours, s’enfonçant dans la plaine.

C’est l’heure de notre dernière nuit sous la tente, montée bien en arrière de la rivière dans les mopanes qui commencent à perdre franchement leur feuillage. Sur les feuilles séchées, nos pas résonnent dans le noir. On profite une dernière fois du feu de camp, du pain chaud de Timothy, de la gentillesse de Sca et des histoires de Sam.

Au petit matin, on opte pour une dernière balade sur la plage avant de retrouver Kasane et de passer la frontière. Les groupes d’antilopes sont revenus, plus imposants que jamais. Elles sont des centaines à parcourir la plaine. Certains mâles se battent à coup de tête et de cornes. Les pique-bœufs planent d’un individu à l’autre, ravis de profiter d’un tel festin.

A proximité, une immense famille de babouins traine sous les arbres. Ils sont près d’une cinquantaine, fouillant le crottin d’éléphants à la recherche de fruits et de noix, arrachant des touffes d’herbes ou courant entre les pattes des antilopes. S’ils ne nous ressemblent pas autant que les grands singes, ils ont tout de même un nombre impressionnant de mimiques, de comportements et d’habitude qui nous interpellent. Les mères qui serrent les jeunes contre leur cœur, les échanges de regards, les bêtises des petits et les réprimandes. On craque surtout pour leur bouille d’elfe avec ces grandes oreilles roses disproportionnées.

Pour terminer sur une bonne note, nos derniers kilomètres sont peuplés de lionnes, de buffles et de croco, comme un clin d’œil à notre arrivée dans le pays. La boucle est bouclée, il ne nous reste, presque, qu’à rentrer

les animaux vus par Ptit Jo

Les impalas (Aepyceros melampus) utilisent leurs lignes noires présentes au bout des oreilles, sur le dos de la queue, le haut des cuisses et sur le front pour se reconnaître.

Le chacal à chabraque (Lupulella mesomelas) éduque ses petits pendant toute une année, faisant de sa descendance des pro de la chasse.

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Le guêpier carmin (Merops nubicoides) est armé d’un bec pointu qui lui permet d’attraper les insectes en vol sans difficulté

Le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus) est l’un des plus gros du monde et peut atteindre 750kg. Il chasse en restant immobile et surgit d’un coup hors de l’eau.

Le phacochère (Phacochoerus africanus) a de longues canines en forme de défenses qui lui servent à déterrer des racines et à se défendre contre ses prédateurs.

Le grand koudou (Tragelaphus strepsiceros) mâle arbore d’imposantes cornes en spirale d’1.2 à 1.8 mètres. Il peut franchir des obstacles de 2 à 3 mètres de haut d’un bond !

La girafe (Giraffa camelopardalis angolensis) est la plus grande espèce du règne animal avec une hauteur de près de 6 mètres pour les grands mâles.

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Le lion d’Afrique (Panthera leo leo) est une force de la nature engloutissant 7kg de viande par jour. Son rugissement peut être entendu à 8km à la ronde !

L’hippotrague noir (Hippotragus niger) ne porte pas spécialement bien son nom… les femelles sont marrons !

Le babouins Chacma (Papio ursinus) vivent en groupe pouvant atteindre 50 individus. leurs petits ont de grandes oreilles toutes roses.

Le singe vervet (Chlorocebus sabaeus) est un petit primate malicieux et omnivore omnivore dont le régime peut aller des fleurs et fruits aux insectes, œufs ou encore rongeurs.

La mangue rayée (Mungos mungo) est une petite bête spécialiste de la chasse au serpent. Elle les attrape d’un geste vif juste derrière la tête.

Le buffle d’Afrique (Syncerus caffer) et ses quelques 700kg vit en larges troupeaux dans des zones boisées. ses cornes peuvent atteindre 1,5 mètre d’envergure. Celles des mâles recouvrent le haut de sa tête, contrairement aux femelles.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Le safari a été mené par Lungu Safari. Nous avons eu la chance d’être conduit par Sam, un guide formidable, plein d’anecdotes en tout genre. Timothy et Scamongo ont pris en charge toute la logistique et nous n’avions plus qu’à nous laisser guider. Un confort incroyable, surtout dans la brousse !

Le logement

Une tente plantée dans la savane.

Les repas

Cuisine au feu de bois par le chef cuistot de Lungu Safari : Tim. Mention spéciale pour son pain fait maison et ses pique-niques gargantuesques.

De Khwai à Moremi

20 septembre 2021

Je crois qu’avant tout de chose, il faut que je vous raconte ma première nuit dans la brousse. Non contente de m’être initiée au camping en Namibie, je me suis cette fois initiée au camping sauvage au Botswana. Quand on est pas habituée, ça déménage !

Notre camp est constitué de plusieurs tentes à double entrée, à l’arrière desquelles une bâche forme une sorte de carré de murs : ça, c’est la salle de bain. Un trou creusé dans le sol surmonté de toilettes mobiles et une bonbonne d’eau suspendue à un arbre en guise de douche. L’un dans l’autre, on est plutôt bien installés. Si, dans la journée, notre camping sauvage mais confortable donnait déjà lieu à des moments surréalistes du type « Hey ! un éléphant me regarde me doucher ! ». La nuit, c’est une encore une autre histoire.

A peine une heure avant d’éteindre les lumières, on mangeait tranquillement avec Sam assis à une table près du feu. En plein milieu de la discussion, notre guide s’arrête, tend l’oreille et nous fait signe de nous taire. Avec une moue amusée, il attrape la lampe torche et la pointe sur la gauche pour trouver dans son faisceau lumineux… une hyène ! Sam nous explique le plus tranquillement du monde qu’elle reviendra dans la nuit, accompagnée de sa famille, à la recherche de quelques restes de repas avant de partir à la chasse. La petite famille est une habituée des lieux : elle a déjà réduit à néant ou presque une carcasse d’un éléphant mort non loin de là. Aujourd’hui, il ne reste que son crâne, marquant l’entrée du campement. C’est donc sur ces bonnes paroles que l’on s’installe sur nos lits de camp pour la nuit.

Mon binôme est surexcité. Impatient de les voir dans la nuit, il ne rabat pas la toile sur les fenêtres composées d’une épaisse moustiquaire, histoire d’être sûrs de ne pas les rater. On éteint, il s’écroule en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Pas moi.

Moi je reste là, les yeux écarquillés, alertée par les milliers de petits bruits de la brousse. Des feuilles séchées écrasées, des bonds dans les arbres, des grondements au loin. Quand, au bout d’une heure, rassurée de ne pas m’être déjà fait manger, je finis par sombrer… mon voisin se retourne dans son sommeil et m’effleure le bras… mon cœur rate au moins un battement, probablement deux ou trois, et je manque de tomber du lit. Je ne sais pas si j’avais déjà eu aussi peur de toute ma vie. Comme avec les hippopotames, la nuit va être longue.

Au petit matin, Sam, tout guilleret, nous demande si on a entendu les hyènes roder autour de la voiture. Il nous fait signe pour embarquer et profiter au mieux de ces heures fraiches propices à l’activité de la faune. La lumière est formidable. Elle recouvre d’un voile doré les herbes hautes, accentue les contrastes et donne au ciel des nuances laiteuses. on rencontre beaucoup d’antilopes de toute sorte, quelques zèbres et même un chacal !

Sam nous entraine vers une autre partie du parc, Moremi, espérant trouver d’autres prédateurs. SI la chance ne nous sourit pas tellement dans ce domaine, on croise en revanche un certain nombre d’éléphants, de plus en plus près. On rencontre d’ailleurs un mâle qui semble nous trouver trop proche. il s’agite, remue ses oreilles, gronde. pour la première fois, on entend distinctement ce curieux son, lourd et grave. Notre guide nous épate encore. Pas inquiet le moins du monde, il fixe le grand mâle, gronde à son tour puis murmure quelques bruits rassurants, comme ceux que l’on ferait à un jeune enfant pour le calmer. les oreilles cessent de fendre l’air, la trompe remue de moins en moins. L’éléphant nous regarde encore et s’en va dans les arbres sans se retourner. on est ébahis: notre guide parle aux éléphants !

Un poste d’observation en hauteur apparait au dessus des arbres. Tout en bois mais visiblement pas tout neuf, il donne accès à une vue en hauteur sur un petit lac où barbotent des hippopotames. Cette fois, pas de course poursuite avec des crocodiles, ils semblent simplement au repos, pas même dérangés par les piques-boeuf qui leur tourne autour.

Notre route croise à nouveau le chemin d’un forêt où petits vervets et babouins ont élus domicile. Si les premiers ont tendance à se réfugier rapidement dans les arbres avec leur bouille de suie, les seconds vivent plutôt au sol, offrant de jolies scènes familiales. les jeunes font des bêtises avant de se faire rappeler à l’ordre par les adultes, les séances d’épouillage se multiplient et les touts petits observent le monde, les yeux grands ouverts sur le décor.

Une autre famille ponctue notre journée, au gabarit nettement plus imposant cette fois ! Là aussi on observe avec un sourire leurs comportements familiaux, leur attitude protectrice avec les petits, leur quiétude. L’un d’entre eux rompt d’un coup le calme ambiant. On croise alors un adulte barrir et partir en courant, terrifié par un petit oiseau pas plus gros qu’un pigeon et ayant agité ses ailes un peu trop près de lui. Cette fois, le sourire attendri s’élargit… il faut bien admettre qu’on se moque franchement !

La nuit tombe quand on rentre au camp, charmés par cette nouvelle journée. A nouveau attablés, on écoute tout en bavassant les bruits environnants, curieux de savoir si les hyènes nous rendront à nouveau visite. Cette fois pas besoin de tendre l’oreille: un rire tonitruant résonne entre les arbres. Il est communicatif, on rit franchement à notre tour, vraiment amusés d’entendre de telles sonorités dans la savane. Sam nous emmène à nouveau en voiture, dans la nuit noire et finalement, dans la lueur des phares, elles apparaissent à nouveau.

les animaux vus par Ptit Jo

Le zèbre de Burchell (Equus quagga burchellii) ou zèbre des plaines réalise des migrations de près de 300km à travers l’Afrique Australe.

Le cobe à croissant (Kobus ellipsiprymnus) est reconnaissable au cercle blanc sur sa croupe: il sert de balise aux autres membres du troupeau.

Le grand koudou (Tragelaphus strepsiceros) mâle arbore d’imposantes cornes en spirale d’1.2 à 1.8 mètres. Il peut franchir des obstacles de 2 à 3 mètres de haut d’un bond !

Le chacal à flancs rayés (Lupulella adusta) aime les zones humides et boisées, il est d’ailleurs monivores et mange une grande variété de plantes et de petits animaux

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Le rollier à long brins (Coracias caudatus) se repère de loin dans le bush, particulièrement en vol : ses magnifiques plumes bleues forment alors de véritables tâches de couleur dans le ciel

Les hippopotames (Hippopotamus amphibius) forment des harems autour d’un mâle dominant. Les jeunes mâles immatures sont tolérés tant qu’ils restent soumis et chassés à la moindre incartade.

Le babouins Chacma (Papio ursinus) vivent en groupe pouvant atteindre 50 individus. leurs petits ont de grandes oreilles toutes roses.

Le singe vervet (Chlorocebus sabaeus) est un petit primate malicieux et omnivore omnivore dont le régime peut aller des fleurs et fruits aux insectes, œufs ou encore rongeurs.

La hyène tachetée (Crocuta crocuta) vit en clan dirigé par une femelle dominante. Elles a un rôle essentiel dans l’écosystème car elle nettoie le bush des carcasses et des animaux malades.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Le safari a été mené par Lungu Safari. Nous avons eu la chance d’être conduit par Sam, un guide formidable, plein d’anecdotes en tout genre. Timothy et Scamongo ont pris en charge toute la logistique et nous n’avions plus qu’à nous laisser guider. Un confort incroyable, surtout dans la brousse !

Le logement

Une tente plantée dans la savane.

Les repas

Cuisine au feu de bois par le chef cuistot de Lungu Safari : Tim. Mention spéciale pour son pain fait maison et ses pique-niques gargantuesques.

Le grand départ

18 septembre 2021

Après deux semaines sur les routes de Namibie, il est temps pour nous de traverser la frontière et de découvrir le Botswana. Une longue route nous attend de Ngepi jusqu’à Maun où nous devons rendre la voiture avant 16h. Comme cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu de petites galères du type rester ensablés dans le désert ou enfermés dans un parc national, notre voiture a décidé qu’elle ne démarrerait pas ce matin-là, histoire de garder le rythme.

Le petit déjeuner avalé, il a donc fallu trouver une bonne âme pour nous aider, sortir les pinces croco et démarrer. L’inquiétude s’installe doucement. Nous traversons le poste frontière dans moins d’une heure et la perspective de ne pas pouvoir repartir pour cause de panne de batterie nous affole un peu. Après deux tests antigéniques au poste frontière, un peu de paperasse et un coup de tampon sur nos passeports… on réalise que l’un de nos permis internationaux est périmé ! C’est donc à moi de prendre le volant de notre énorme bolide que je n’avais pas encore touché, pour conduire à gauche et d’une traite, de peur que la voiture ne redémarre jamais. Pour cette fois, elle repart.

Avant de quitter la frontière, une petite dame nous fait signe et nous alerte : « Attention aux nids de poule ! ». On lui fait signe en retour, plus inquiets de l’heure qui tourne que de l’état de la route.

Grosse erreur.

Si les premiers kilomètres goudronnés semblent bien meilleurs que les pistes namibiennes, on réalise vite que cela ne va pas durer. Les nids de poule se multiplient et s’élargissent. Ils deviennent des nids d’autruche, voire carrément de T-Rex ! De véritables cratères se forment au centre de la route, s’étendant quasiment d’un bout à l’autre. Les voitures finissent par passer sur les bas-côtés tant la route est abimée. L’heure tourne toujours et il faudra slalomer pendant près de 300km pour éviter les obstacles tout en priant pour ne pas avoir à s’arrêter. Il est 15h30 quand on arrive finalement à Maun pour faire le plein avant de rejoindre le logement. Comme prévu, la voiture ne redémarre pas tout de suite et il faudra encore user des pinces croco pour arriver à bon port. Mais nous y voilà. On se gare, on décharge et on s’écroule sous la tente.

Ça y est, le Botswana nous ouvre enfin les bras.

19 septembre 2021

Sam, notre guide pour les jours à venir, vient nous chercher de bon matin. Après avoir englouti une assiette de pancakes, on abandonne avec joie notre bolide pour grimper dans le sien : un énorme 4*4 complètement ouvert à l’arrière, spécialement conçu pour transport de petits groupes durant les safaris. Durant les deux premières heures, on roule doucement vers Kwai où nous attend notre première réserve naturelle. La route bitumée se transforme en piste et Sam prend le temps de nous présenter son travail et son pays tout au long du chemin.

A mesure que l’on s’écarte de la route, les paysages deviennent plus verts et, finalement, un cours d’eau apparait. Les paysages changent radicalement et les premiers animaux se montrent. Éléphants et hippopotames semblent apprécier l’endroit, s’offrant de longues séances de baignade. On retrouve avec un sourire le grondement caractéristique des hippos, le bruit de l’air expulsé par leurs narines en sortant de l’eau et leurs petites oreilles qui s’agitent.

Au loin, un éléphant enfoncé dans l’eau jusqu’au ventre grignote sagement des touffes d’herbes. En l’observant avec des jumelles, on assiste à la scène la plus loufoque de notre séjour ! Un crocodile installé tout près s’est subitement mis à courrir pour attraper un oiseau. Emporté par son élan, il a réussi à rater l’oiseau et s’est écroulé dans la mare voisine, disparaissant une fraction de seconde de notre champ de vision avant de resurgir à toute vitesse. Ébahis, on l’a vu se carapater en sens inverse et s’échapper dans une nouvelle mare. Derrière lui, un énorme hippopotame est apparu, probablement dérangé dans sa sieste par la chute du crocodile et visiblement très mécontent. Dans une impressionnante gerbe d’eau, il s’est enfoncé lui aussi dans la seconde mare, sous l’œil complètement indifférent de l’éléphant ! On regrette infiniment de ne pas avoir immortalisé cette scène improbable, rigolant encore aujourd’hui de la démarche catastrophée du pauvre crocodile.

Les premiers singes se montrent également, courant dans les hautes herbes avant de se réfugier dans les arbres ou flânant près de l’eau. C’est là que j’ai pris l’une de mes photos préférée. Elle est loin d’être parfaite mais elle me rappelle cet adorable petit singe était installé là, au bord de l’eau, contemplant les fleurs d’un air doux et rêveur… avant de les engloutir avec satisfaction, du pollen plein les moustaches.

On rencontrera aussi notre premier troupeau de buffle en lisière d’une zone boisée, encore tout agité. Un groupe de lionnes venait tout juste de les attaquer et d’emporter l’un des leurs sous les arbres. Si nous n’avons pas vu la scène, elle a en revanche été racontée par des touristes américains farceurs, expliquant à notre guide qu’ils avaient croisé des kangourous.

Sam trouvera rapidement les lionnes, encerclant ce qui avait dû être un buffle autrefois. Il s’approche près, suffisamment pour nous inquiéter un moment. Notre guide se veut néanmoins rassurant : les lions ne s’attaquent qu’aux animaux faibles, malades ou blessés. Pour eux, la voiture même ouverte à l’arrière, représente surtout un énorme animal, bien trop fatiguant à chasser… d’autant plus lorsqu’ils sont déjà à table. Sam nous inspire une immense confiance… alors on ouvre grand les yeux et les oreilles.

A quelques mètres de nous, les lionnes ne détournent même pas la tête. Elles semblent être prises d’une sorte de frénésie. La gueule pleine de sang, elles grognent, se poussent et dévorent chaque bouchée qu’elles peuvent savourer en l’absence du mâle. Elles font un boucan incroyable : leur grondement résonne si fortement dans la poitrine qu’on a l’impression de la sentir vibrer à chaque nouvelle vague de râle. Instinctivement, les poils se dressent sur les bras. Aucun doute, on se souviendra longtemps de cette rencontre.

les animaux vus par Ptit Jo

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Les hippopotames (Hippopotamus amphibius) forment des harems autour d’un mâle dominant. Les jeunes mâles immatures sont tolérés tant qu’ils restent soumis et chassés à la moindre incartade.

Le rollier à long brins (Coracias caudatus) se repère de loin dans le bush, particulièrement en vol : ses magnifiques plumes bleues forment alors de véritables tâches de couleur dans le ciel

Le bateleur des savanes (Terathopius ecaudatus) est réputé pour ses incroyables parades nuptiales à base de multiples figures acrobatiques.

Le singe vervet (Chlorocebus sabaeus) est un petit primate malicieux et omnivore omnivore dont le régime peut aller des fleurs et fruits aux insectes, œufs ou encore rongeurs.

Le buffle d’Afrique (Syncerus caffer) et ses quelques 700kg vit en larges troupeaux dans des zones boisées. ses cornes peuvent atteindre 1,5 mètre d’envergure. Celles des mâles recouvrent le haut de sa tête, contrairement aux femelles.

Le lion d’Afrique (Panthera leo leo) est une force de la nature engloutissant 7kg de viande par jour. Son rugissement peut être entendu à 8km à la ronde !

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Le safari a été mené par Lungu Safari. Nous avons eu la chance d’être conduit par Sam, un guide formidable, plein d’anecdotes en tout genre. Timothy et Scamongo ont pris en charge toute la logistique et nous n’avions plus qu’à nous laisser guider. Un confort incroyable, surtout dans la brousse !

Le logement

Une tente plantée dans la savane.

Les repas

Cuisine au feu de bois par le chef cuistot de Lungu Safari : Tim. Mention spéciale pour son pain fait maison et ses pique-niques gargantuesques.

En route vers l’Okavango

17 septembre

Nous voilà partis pour vivre nos dernières heures en Namibie dans un décor bien différent de nos premiers jours dans le désert. Niché au bord du fleuve, notre lodge du jour est un dépaysement total. On le trouve au bout d’une piste de 5km dans le sable, perdu au milieu des arbres, posé sur de l’herbe verte ! Le Ngepi est un lieu atypique à l’ambiance un peu hippie. On y trouve plusieurs espaces communs, tous grand ouvert sur l’extérieur. Au bar, des drapeaux, chapeaux et billets du monde entier recouvrent les murs. Des feux de camps sont installés tout autour ainsi que des terrasses donnant sur l’eau. Certaines sont pleines de tapis, poufs et hamacs. On explore les lieux sous les arbres agités par des oiseaux colorés. Au loin, les hippopotames grondent. On ne les voit pas encore mais on devine leur présence. Au bout d’un petit chemin, on trouve carrément une piscine – comprendre un cube de grillage installé dans le fleuve – qui permet au plus courageux de se baigner en compagnie de charmantes bestioles. Sans trop de surprises, on passe notre tour !

Vient le moment de découvrir notre logement pour la nuit. On peut difficilement faire plus ouvert ! Une façade de roseaux sépare notre chambre du chemin extérieur, empêchant les autres voyageurs de nous voir, et un toit de paille est installé au-dessus de notre lit. C’est tout. Tout le reste donne directement sur l’eau. Douche et toilettes sont installées sous les feuilles d’arbres, la plomberie étant directement montée sur des troncs. Au moment de s’étendre sur le lit, on découvre mêmes quelques colocataires suspendues au plafond, en pleine méditation. On fait difficilement plus atypique non ?

Le bruit des hippopotames se fait toujours entendre. Ils paraissent nettement plus près. On se décide alors à partir à leur recherche en remontant la route. Toute une famille roupille là, à quelques mètres de la berge. On s’approche avec prudence, dissimulés entre palmiers et roseaux. Leur air de vache est trompeur et ces grosses bêtes sont bien plus rapides que nous, dans l’eau comme sur la terre ferme. On évite donc de les contrarier. Malgré cette réputation d’animal agressif, on les trouve plutôt paisibles voire même carrément mignons quand petits et grands dorment les uns sur les autres, un semblant de sourire sur le museau.

Pour notre dernier après-midi en Namibie, on opte pour une visite solo du parc Bwabwata tout proche et notamment de la partie correspondant à l’ancienne réserve Mahango. On le trouve beaucoup plus verdoyant qu’Etosha, du fait de sa proximité avec le fleuve, mais aussi encore plus tranquille ! Le parc est pour nous seuls. Un doux soleil réchauffe les bras posés sur le bord de la fenêtre, la visite est parfaite. En s’enfonçant sur la première piste entourée d’arbres, on tombe sur nos premiers hippotragues avec leurs masques colorés. Les koudous sont également de la partie : on croisera notamment quelques mâles aux cornes impressionnantes.

Sur les bords du fleuve, la vie abonde. Des nombreuses antilopes se promènent, les oiseaux planent dans le ciel… et les éléphants surgissent des bosquets d’arbres pour traverser la route à 3 mètres de nous ! Une horde entière déambule juste sous nos yeux, à peine perturbés par notre présence. Leur peau sombre trahit une baignade récente. On est tellement éberlué sur le moment qu’on ne pense même pas à immortaliser l’instant. Et puis un peu plus loin, une deuxième famille nous offre un spectacle similaire, quittant les berges pour s’enfoncer dans le cœur du parc, bien plus sec.

Les éléphants ne sont pas les seuls à apprécier le fleuve. On y rencontre également une grande famille de phacochères en plein repas, des oiseaux parfois posés sur leur dos. Ce sont des pique-bœufs à bec rouge. Ces petits oiseaux d’une vingtaine de centimètres s’accrochent à la peau des grands mammifères pour manger tiques, vers et parasites dont les girafes, bœufs ou éléphants ne sont pas capables de se débarrasser seuls. Ils ont une allure étrange avec leurs yeux jaunes

Le paysage évolue au fil des kilomètres et, le long des berges, des arbres de plus en plus imposants apparaissent. On croise ici nos premiers baobabs aux troncs parfois lacérés par les éléphants. On rencontre aussi, pour la première fois, un couple d’autruches et ses petits ! Si les autruches ne sont pas forcément très élégantes, on a adoré leurs petits, courts sur pattes et tout plein de plumes.

Le soleil décline rapidement et le parc prend de jolies nuances dorées sur le chemin du retour. La grande route toute droite qui permet de regagner Ngepi est calme et aucun animal ne semblait décidé à apparaitre pour clôturer la journée. Alors qu’il ne restait que quelques kilomètres, une famille de babouins a finalement décidé de venir nous saluer ! Un adulte d’abord, puis deux, puis de petits groupes avec des jeunes accrochés à leur maman. Le grand mâle reste au bord de la route et semble surveiller que tout se passe bien tout en comptant ses troupes. Il ne rejoindra les arbres que quand toute sa famille aura traversé la route.

18 septembre 2021

Peu habituée à dormir dehors, la nuit aura été rude pour moi. Les hippopotames ayant grondé toute la nuit à proximité de notre logement n’auront rien arrangé. On les entendait, marchant dans les roseaux à la recherche de nourriture. Ils paraissaient toujours plus près… mais aucun n’est venu nous rendre visite dans la nuit ! Mon compagnon de chambrée, lui, a dormi comme un bébé. Au petit matin, ce sont les rayons du soleil levant nous tire des bras de Morphée. De l’autre côté du fleuve, le soleil apparait doucement de derrière les arbres, diffusant une douce lumière dorée. Un tel réveil mérite tous les grondements d’hippopotames.

Au dessus de nos têtes, nos collocs chauve-souris sont rentrées sagement au bercail. Bien serrées les unes contre les autres, elles entament une phase de repos bien méritées.

Nous sommes résolument sous le charme de Ngepi.

C’est désormais l’heure de quitter la Namibie, une longue route nous attend pour rejoindre Maun au Botswana. Mais ça, c’est une autre histoire 😉

les animaux vus par Ptit Jo

Les hippopotames (Hippopotamus amphibius) forment des harems autour d’un mâle dominant. Les jeunes mâles immatures sont tolérés tant qu’ils restent soumis et chassés à la moindre incartade.

L’hippotrague noir (Hippotragus niger) ne porte pas spécialement bien son nom… les femelles sont marrons !

Le grand koudou (Tragelaphus strepsiceros) mâle arbore d’imposantes cornes en spirale d’1.2 à 1.8 mètres. Il peut franchir des obstacles de 2 à 3 mètres de haut d’un bond !

Le Sassabi (Damaliscus lunatus) vit en groupe de femelles et de jeunes. Il plie et pose les genoux à terme pour brouter l’herbe.

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Le phacochère (Phacochoerus africanus) a de longues canines en forme de défenses qui lui servent à déterrer des racines et à se défendre contre ses prédateurs.

L’autruche (Struthio) est capable de distancer une lionne avec des pointes à 90 km/h sur de très courtes distances.

Les impalas (Aepyceros melampus) utilisent leurs lignes noires présentes au bout des oreilles, sur le dos de la queue, le haut des cuisses et sur le front pour se reconnaître.

Le babouins Chacma (Papio ursinus) vivent en groupe pouvant atteindre 50 individus. leurs petits ont de grandes oreilles toutes roses.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Parc national de Bwabwata
Ce parc est le résultat de la fusion entre le parc national de Mahango et le parc de Caprivi. Il est peu visité car loin des itinéraires classiques (nous y avons passé l’après midi seuls) mais présente des paysages verts, variés et abrite une faune importante. Il est d’ailleurs traversé par « l’autoroute des éléphants ». Un SUV est fortement conseillé.
L’entrée au parc est payante et les frais sont à régler à l’une des entrées du parcs. Il faut compter 10 NAD par tranche de 24h pour la voiture et 400 NAD par tranche de 24h par personne. Attention, le parc ne prend que le liquide !
Pensez aussi à faire le plein avant d’entrer dans le parc !

Le logement

Ngépi Camping
Le Ngépi camp se situe directement les bords de l’Okavango. C’est un endroit un peu baba cool où les chambres sont directement ouvertes sur l’extérieur, où les douches sont sous les arbres face aux hippos. Des lieux de vie commune accueillent des hamacs et des coussins avec vue sur piscine… grillagée et directement posée dans le fleuve.

Les repas

Diner « buffet » au camp. On n’en garde pas un souvenir impérissable mais c’était tout à fait correct.

D’Etosha à rundu

15 Septembre

Le matin se lève déjà sur le Toshari. Alors qu’on aurait sans doute dû se lever aux aurores pour être à l’heure d’ouverture au parc d’Etosha, nos aventures de la veille et notre petit coup de stress nous ont un peu découragés. On profite donc  sans se presser d’une terrasse déserte pour le petit-déjeuner, sous un doux soleil réconfortant.

Quand on passe finalement les portes Sud, on est clairement pas dérangés par les autres touristes. La route n’est que pour nous et les springboks, décidés à traverser par dizaines pour rejoindre le point d’eau le plus proche. L’ambiance est pourtant un peu différente de ce côté du parc qui parait plus aménagé. Pour autant, les stations-services sont vides et les magasins de souvenirs bien tristes. On est contraint de repartir en arrière, incapables de passer la journée sans faire un plein.

Pour notre deuxième tentative d’entrée, la jauge de carburant au maximum, on commence par le pan, immense étendue asséchée. Le secteur est complètement désert. Des nuages de poussières s’élèvent entre les herbes jaunies où se promènent uniquement quelques autruches et antilopes. On poursuit doucement la route, attentifs, guettant léopards et guépards dans la savane. En vain. On quitte finalement les rives de cette zone un peu mystérieuse qui ne reprend vie que lors de la saison des pluies pour suivre la route des points d’eau la plus au Sud. Impalas et springboks sont un peu partout mais les carnivores sont plus rares. Au détour d’un croisement, dissimulé à l’ombre d’une borne d’indications, un petit chacal pointe finalement le bout de son nez. On en trouvera plusieurs ainsi installés, profitant d’un peu de fraicheur dans cette zone grillée par le soleil.

Le Aus Waterhole apparait au bout d’une route nettement plus boisée. Alors que nous n’avions croisé que peu d’animaux, on découvre avec étonnement le spectacle qui nous y attend : jusqu’à 71 éléphants d’un coup. Ils sont venus par hordes entières, squattant chacun un bout du plan d’eau, tant pour boire que pour se rafraîchir. On regarde avec amusement toutes les interactions que ces dizaines de mammifères peuvent avoir entre eux. Les petits se cachent dans les pattes de leur mère, mimant leur attitude. Les ados s’agitent et pataugent en s’amusant, certains se lancent dans des combats de trompes et de grognements. Les matriarches veillent, observent les hordes voisines du coin de l’œil, prêtes à intervenir… ou à gronder les ados trop énervés. Mais personne ne se mélange, les hordes sont bien séparées.

On a un peu de mal à quitter le spot aux éléphants, mais la recherche des grands fauves nous appelle. On quitte donc les bois secs pour une étendue de jaune qui semble infinie. Quelques arbres solitaires se dressent au milieu de ce grand vide. On guette les branches, le pied des arbres ombragés. Sans succès. Des mystérieux oiseaux habitent cependant les lieux. Les autruches d’abord, avec leur physique atypique, leurs énormes pattes et leurs plumes qui s’agitent comme des tutus… mais aussi des messagers sagittaires, eux aussi hauts sur pattes. Ils s’agitent bizarrement, paraissant piétiner plus que marcher, tout en secouant la tête. Avec leurs plumes d’ornement au sommet du crâne, ils ont vraiment des allures de divas.

Le soir arrive bien vite. La lumière blanche, éblouissante, des heures de plein soleil s’apaise. Le jaune vif de la savane prend des nuances d’or. On espère encore. Sur le bord de la route, de larges buissons sont le refuge des calao qui planent au-dessus de la route. On a le sourire en croisant ces Zazou de la vie réelle qui ont le don de nous replonger en enfance. On se met encore la musique du Roi Lion et on remue sur nos sièges comme des gamins. Finalement, entre deux chansons, on repère au loin une masse dans les herbes hautes. On la suit, on observe. Les herbes s’agitent ! Et puis, deux défenses se laissent deviner. Un phacochère se promène là, tout seul.

L’heure tourne et, cette fois, on veut vraiment être à l’heure. On quitte Etosha à regret sous les lumières du soleil couchant, toujours charmés par cet endroit.

16 Septembre

Covid party oblige, notre dernière matinée prévue à Etosha doit être sacrifiée pour aller faire un test PCR avant de passer la frontière du Botswana. On regrette un peu de ne pas s’être levés plus tôt la veille, frustrés de ne pas pouvoir sillonner encore les routes blanches du parc. Après cette étape coton-tige, la route vers Rundu parait longue. Une immense ligne droite semble filer vers le nord du pays sur des centaines de kilomètres. On découvre au passage une Namibie plus verte mais aussi plus pauvre. Les bords de la route sont pleins de villages construits avec les moyens du bord, loin des grandes villes comme Windhoek et Swakopmund. Sur le bas-côté, de petits stands vendent bois, sculptures et fruits aux voyageurs. Partout, les gens marchent. Des femmes longent la route en transportant sacs ou bidons d’eau, des dizaines et des dizaines d’écoliers suivent le même chemin dans des uniformes impeccables. Rundu apparait au bout du compte, pas très avenante. On s’y arrête juste le temps de faire le plein (difficilement là encore) avant de rejoindre notre logement pour la nuit.

Nous dormons sur un camping au bord du fleuve mais c’est le lodge qui nous accueille avec un jus de fruits et de grands sourires. On nous apprend que le niveau du fleuve est trop bas pour envisager d’y faire du bateau mais que, en revanche, nous avons quartier libre pour utiliser les installations du lodge. On passera finalement ici un après-midi de repos, entre piscine et lecture sur un transat avant d’envisager de nouvelles aventures.

Le soir venu, le soleil se couche au bout du fleuve qui sépare la Namibie de l’Angola. Sur la rive d’en face, des enfants jouent et courent au milieu d’un troupeau de vaches dans la plus grande quiétude. On s’installe en terrasse, on observe les couleurs changeantes en sirotant une boisson fraîche. Il sera bientôt temps de quitter la Namibie.

les animaux vus par Ptit Jo

Le zèbre de Burchell (Equus quagga burchellii) ou zèbre des plaines réalise des migrations de près de 300km à travers l’Afrique Australe.

Le springbok (Antidorcas marsupialis) est une antiloppe sauteuse qui impressionne par ses performances: sauts de 2 mètres et pointes de vitesse à 90km/h.

Les impalas (Aepyceros melampus) utilisent leurs lignes noires présentes au bout des oreilles, sur le dos de la queue, le haut des cuisses et sur le front pour se reconnaître.

L’autruche (Struthio) est capable de distancer une lionne avec des pointes à 90 km/h sur de très courtes distances.

Le chacal à chabraque (Lupulella mesomelas) éduque ses petits pendant toute une année, faisant de sa descendance des pro de la chasse.

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Le messager sagittaire (Sagittarius serpentarius), aussi appelé Secrétaire, passe la majeure partie de la journée à marcher dans la savane pour trouver ses proies.

Le calao leucomèle (Tockus leucomelas) aussi appelé Banana calao plane d’arbustes en arbustes en poussant des cris parfois stridents.

Le phacochère (Phacochoerus africanus) a de longues canines en forme de défenses qui lui servent à déterrer des racines et à se défendre contre ses prédateurs.

Le Dik Dik de Damara (Madoqua) est une antilope miniature dont le nom vient du bruit qu’elle fait lorsqu’elle se sent en danger.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Parc national d’Etosha
L’entrée au parc est payante et les frais sont à régler à l’une des entrées du parcs. Il faut compter 50 NAD par tranche de 24h pour la voiture et 150 NAD par tranche de 24h par personne. Pensez à faire le plein avant d’entrer dans le parc ! Quand nous y étions, toutes les stations d’Etosha étaient vides.

Des livres d’or sont disponibles dans le parc pour aider à localiser les animaux. A défaut de pourvoir les consulter avant de partir, voici nos spots préférés à l’Est :

  • Dolomietpunt : 7 girafes, des vautours, des springboks et des oryx
  • Duineveld : 13 éléphants
  • Olifantsrus : 1 éléphant depuis la plateforme d’observation
  • Bitterwater : pour un festival de faune incluant des lions vers 17h

Et nos spots préférés au Sud :

  • Okaukuejo : pour le coucher du soleil
  • Gemsbokylakte : zèbres, springboks, autruches, gnous… et chacal !
  • Aus : 70 éléphants au même point d’eau
Le logement

Toshari Lodge, Portion 1, Farm Afguns, Outjo, C38
Le lodge était vraiment magnifique. On a adoré les installations communes, les buffets du soir et du petit déjeuner, les grandes ouvertures sur l’extérieur… notre chambre était immense et confortable. Bref : un sans-faute.

On a adoré ce lodge mais, avec le recul, on regrette un peu de ne pas avoir passé au moins une nuit dans le parc pour éviter de courir en essayant de respecter (à peu près…) les horaires. On aurait ainsi pu profiter des points d’eau plus longuement en fin de journée où l’activité des animaux est vraiment plus importante. Si c’était à refaire, on choisirait sans doute l’Ouest du parc, moins fréquenté.

Onguma Tamboti Campsite, Etosha NP
Situé à l’Est d’Etosha, dans l’enceinte même du parc, ce campsite semble sympa mais nous ne l’avons vu que de nuit. En revanche, les installations sont de qualité (sanitaires à chaque emplacement) et le restaurant est accessible, avec vue directe sur le point d’eau de la réserve.

Hakusembe Lodge Campsite, Samsity Conserancy, Rundu
Le lodge est situé en bord de rivière dans un environnement charmant. Ses installations sont accessibles aux campeurs. Chaque emplacement est équipé de toilettes et de sanitaires individuels.

Les repas

Le diner du Toshari était vraiment de qualité, comme son petit-déjeuner. Les deux repas sont proposés sous forme de buffet dans un décor plein de charme et avec un personnel vraiment adorable.

Le camping d’Onguma propose aussi des repas, moins travaillés mais bien pratiques.

Le diner de l’Hakusembe est lui aussi sous forme de buffet. En revanche, on a trouvé le tarif bien trop élevé.

Le parc National d’Etosha

14 septembre

Après un bon petit déjeuner dans la grande salle de bois et de verre du Grootberg, il est temps de plier bagage et de reprendre la route. Nous filons aujourd’hui vers ce qui est sans doute le lieu le plus visité de Namibie : le parc National d’Etosha ! Le parc national d’Etosha est une des plus grandes réserves animalières d’Afrique puisqu’elle contient plus de 115 espèces de mammifères et 350 espèces d’oiseaux. On attendait donc cette étape avec impatience.

Bercés par la musique, agréablement surpris par l’apparition de quelques girafes sur les bords de la route, on ne voit pas le temps passer jusqu’à l’entrée Ouest du parc. Devant le visitor center, on tombe un couple de français rencontré dès le premier soir à Windhoek, qui nous avait accidentellement piqué notre emplacement de camping à Sesriem et que l’on avait recroisé à plusieurs reprises dans nos hébergements. Ils nous expliquent rapidement la procédure d’entrée car il faut passer d’un poste à l’autre et remplir un peu de paperasse avant de découvrir les lieux. La voiture est également fouillée et les sacs plastiques bannis dans l’enceinte de la réserve.

Le safari commence dès le parking où l’on rencontre un énorme lézard bariolé, au corps d’un bleu sombre et à la tête orange ! Les formalités accomplies, armés de notre plan papier et l’appareil photo posé sur les genoux, on file sur les routes de sable, impatients de découvrir toute cette faune sauvage !

On tente notre chance un peu au hasard, choisissant les chemins les plus longs et, surtout, ceux qui passent à proximité du plus grand nombre de points d’eau possible. A cette période, la terre est sèche, la végétation peu dense et les animaux peinent parfois à satisfaire leur besoin en eau. Ils marchent alors de longues distances, d’un point d’eau à un autre. Ces regroupements sont donc une opportunité formidable pour découvrir ce qui est sans doute la plus grande richesse de la Namibie.

Sur les premiers kilomètres, on rencontre de nombreux zèbres, errant à la file indienne dans la poussière. Ils nous observent du coin de l’œil, à peine dérangés, nous offrant parfois ce bruit si caractéristique ou de jolies roulades sur le dos. Ces zèbres sont différents des zèbres des montagnes rencontrés dans le Damaraland. Leurs rayures sont plus larges, se rejoignent sous le ventre mais ont aussi des couleurs plus variées : des rayures grises se dessinent entre les blanches et les noires. Les petits sont adorables, tout frêles avec leur crinière épaisse.

Peu à peu, quelques oryx et springboks se joignent à la fête.  Ils traversent la voie les uns derrière les autres sans un regard, guidés par leur instinct à travers la savane. Dans les herbes hautes quelques koudous se laissent surprendre, suivis de leurs petits qui bondissent dans les buissons à notre passage, leur petite queue blanche fouettant les airs.

Le long de la route, on aperçoit plusieurs girafes semblant se diriger, comme nous, vers le Dolomietpunt Waterhole. On gare la voiture, on coupe les moteurs et on observe, seulement accompagnés d’une autre voiture encore plus sale que la nôtre. Elles arrivent, doucement, l’une après l’autre. Ce sont 6 girafes qui viendront jusqu’au bord de l’eau. Pattes écartées, elles baissent leur énorme tête jusqu’à provoquer des rides à la surface. D’impressionnants vautours arrivent à leur tour, tournant longuement dans le ciel avant d’atterrir, les uns après les autres, dans un bruyant battement d’aile. On reste un long moment sur les bords du point d’eau, amusés par les interactions entre les espèces, charmés par la grâce des girafes.

La route poussiéreuse s’enfonce plus loin encore dans le parc. A l’est, une immense plaine asséchée est parcourue de petites tornades de sables qui s’élèvent dans le ciel et disparaissent presque aussitôt. Seuls les zèbres semblent encore apprécier l’endroit. Le premier camp apparait finalement au bout d’un long moment.

Olifantsrus Camp est connu pour être un ancien abattoir d’éléphants, actif entre 1983 et 1985 à une époque où une surpopulation d’éléphants menaçait l’écosystème du parc. Depuis plusieurs années déjà, il a été reconverti en petit camping conservant les vestiges de ce passé sanglant tout en étant désormais tourné vers l’avenir et la sensibilisation. C’est un endroit isolé de tout avec un plateforme d’observation donnant sur un point d’eau qui permet de s’approcher au plus près des animaux sans les perturber. A l’instant même où l’on s’y installait, un éléphant est apparu au loin. Un grand mâle solitaire.

Balançant sa tête nonchalamment, il s’est approché lentement du point d’eau pour s’offrir une douche rafraichissante. L’expérience est vraiment chouette : assis en hauteur, on entend ses grondements, on entend l’eau aspirée par sa trompe, on l’entend jaillir au-dessus de sa tête. Un joli moment rien que pour nous.

La route se poursuit et les points d’eau s’enchainent. On note consciencieusement toutes nos observations pour pouvoir remplir les livres d’or présents aux entrées du parc. Ils permettent de signaler la présence des espèces rencontrés aux visiteurs afin de les aider à rencontrer leur animal favori. Zèbres, gnous, springboks, girafes, éléphants, autruches. On croise de tout un peu partout. Et puis finalement, vers 17h, on s’arrête à Bitterwater Waterhole.

L’endroit est incroyable. Là encore, on est absolument seuls… du moins les seuls humains. Un troupeau d’éléphants squatte le point d’eau, buvant bruyamment. Quelques girafes sont également là, attendant leur tour au milieu de dizaines de zèbres, d’oryx, de gnous, d’autruches, de springboks. Il y a là une faune incroyable, bruyante, mouvante. Les zèbres s’agitent, piaffent au passage d’un petit chacal. Un peu plus loin, deux éléphants s’affrontent du regard, grognant en agitant trompes et oreilles. D’un coup, la savane grouille de vie.

En repartant, on rencontre à l’ombre des arbres une famille de lions en pleine sieste. Mâles, femelles et petits sont groupés les uns contre les autres, les plus actifs se contentant d’observer le point d’eau d’un œil distrait. On les observe avec amusement se rouler sur le dos, bailler à s’en décrocher la mâchoire ou se laisser tomber sur le côté, frappés d’une incroyable flemme. D’énormes sourires traversent nos visages : on a vu des lions !

Passé ce spot mémorable, on s’intéresse de plus près à l’itinéraire pour regagner la sortie du parc où nous attend notre logement. On réalise avec horreur qu’il nous reste encore une longue distance à parcourir sur des routes normalement limitées à 60km/h. Le cerveau se met en marche et on calcule vite que, partis comme ça, on ne sera jamais sortis au coucher du soleil. On repart alors d’une traite, ignorant toutes les possibilités d’observation, concentrés comme jamais sur la route pour ne pas risquer un quelconque accident. On file comme l’éclair, un œil sur la montre, ronchonnant intérieurement contre cette nuit qui arrive beaucoup trop vite.

A l’heure où le ciel devient franchement rose, l’entrée Sud du parc apparait. On se croit alors sauvés : seuls 5km nous séparent de la sortie. On hésite et puis finalement, on s’autorise un arrêt express pour observer le soleil se coucher sur la savane, juste derrière un plan d’eau. La silhouette des girafes se dessine sur le ciel flamboyant, quelques antilopes s’abreuvent et une colonie de mangoustes traverse la scène en bondissant. A peine le soleil couché, on se précipite dans la voiture pour notre dernière ligne droite, confiants.

On aurait clairement pas dû.

Arrivés face à la sortie, on trouve les portes du parc closes. On apprend donc à nos dépends que lorsqu’on dit que le parc ferme au coucher du soleil… c’est précis. A l’instant où le soleil disparait, tout est bouclé. Pas 5 minutes avant ni 5 minutes après. Quelques habitations étant présentes de l’autre côté du grillage, on demande un peu d’aide et, finalement, le gardien vient nous ouvrir la première porte du sas de sortie… pas la deuxième. Malgré toutes nos négociations, il prévient sa supérieure et nous laisse l’attendre. Il fait nuit noire maintenant et nous sommes coincés depuis une demi-heure entre les deux portes, attendant avec inquiétude de connaitre notre sort. La responsable arrive finalement. Elle nous passe un sacré savon puis nous laisse finalement repartir dans le noir, un peu soulagés.

Note pour l’avenir : on ne rigole pas avec les horaires à Etosha.

les animaux vus par Ptit Jo

L’agame des Rochers (Agama agama) mâle est bigaré tandis que la femelle est d’un vert olive tacheté. Le matin, il prend un bain de soleil qui ravive ses couleurs.

Le zèbre de Burchell (Equus quagga burchellii) ou zèbre des plaines réalise des migrations de près de 300km à travers l’Afrique Australe.

Le grand koudou (Tragelaphus strepsicer