Glacier National Park

27 août 2022

Le jour se lève sur une Colombie Britannique détrempée. Une impressionnant rideau de pluie assombrit le paysage de forêt que l’on devine par les fenêtres. On attend, longtemps, espérant une éclaircie peu décidée à se manifester. En début d’après-midi, on finit par craquer. Malgré la pluie désormais moins drue, on embarque vers le parc national des Glaciers. Le visitor center tout en bois nous ouvre ses portes et son atmosphère chaleureuse nous réchauffe un peu. A l’entrée, une sorte de ranger hippie aux cheveux blonds décolorés nous oriente nonchalamment sur la météo et les possibilités du jour. Dans les grandes lignes, il nous faut tenter notre chance sans trop espérer.

On opte alors vers une randonnée plus courte que prévue, le Great Glacier trail. Il faut bien reconnaitre que les premiers kilomètres qui traversent la forêt de pluie (on comprend mieux son nom) sont plein de charme malgré la météo. On marche sur des chemins de terre parsemés d’épines jaunies, entourés de larges troncs et de roches couvertes d’une mousse aux verts intenses. Finalement, la pluie perd encore de son intensité et le gris du ciel offre même des lumières douces et chaudes à l’ensemble. On longe un moment la rivière qui descend des glaciers dans un amas de roches polies avant de s’élancer vers les nuages épais et bas. Au bout de 2h, on atteindra des segments de montagnes aux roches étrangement colorées avant de revenir sur nos pas, un peu humides tout de même.

28 août 2022

Un ciel gris nous attend de nouveau ce matin-là mais, au moins, la pluie semble s’être arrêtée. On s’équipe bien avant de retourner vers le parc des Glaciers, prêts à tenter l’ascension du Perley Rock. L’ascension est vraiment le bon terme : le projet du jour consiste à parcourir 1200m de dénivelé positif sur une distance d’environ 5km…

On retrouve les chaises rouges au bord de la rivière tumultueuse avant de s’enfoncer à nouveau dans la forêt de pluie. Quand on la quitte au bout d’un mile environ, on aperçoit les sommets dissimulés la veille par d’épais nuages. C’est le départ de la session de grimpette. Au début, ce n’est pas vraiment difficile : on traverse d’anciens éboulements, on remonte sur d’étroits sentiers le long de petites cascades, on traverse de courts ponts au-dessus des torrents. Le sentier devient alors plus sinueux, commençant à arborer de jolis virages en épingles, de plus en plus réguliers. Quand on se retourne finalement pour jeter un coup d’œil en arrière et apercevoir, tout en bas, le début du sentier, on espère avoir fait le plus dur. Nous ne sommes pourtant loin d’être arrivés.

On monte, encore, longtemps. Les nuages se joignent à la fête, camouflent provisoirement le sommet de sorte qu’on n’en voit plus le bout. La fatigue commence à se faire sentir. Finalement, toute l’herbe disparait et l’on se retrouve au milieu des roches grises, face à la neige. Le chemin semble avoir disparu, seuls quelques pas dans la neige laissent penser à une suite dont on ne devine pas la trace. Un couple de Français, armé d’un GPS, arrive au moment où l’on songeait sérieusement à faire demi-tour. D’après eux, il faudrait encore traverser la neige glacée puis grimper quelques mètres avant de toucher au but. On se décide à les suivre, revigorés par cette promesse d’arrivée et par un coup de vent qui, en chassant les nuages, nous offre un premier aperçu du glacier.

La persévérance aura payé. Passée cette dernière épreuve, on aperçoit, enfin, l’accès au glacier. Mieux encore, on ne monte plus. C’est presque en sautillant qu’on traverse les centaines de mètres qui nous conduisent au pied de ce monstre de glace. Les blocs bleutés, l’eau verdoyante et les petits icebergs nous rappellent instantanément cette Islande que l’on avait adorée. On s’émerveille de ces couleurs, de ces proportions aussi. On jette un œil prudent aux cavernes, aux failles et à l’incroyable quantité d’eau qui coule sur la glace. Si, à cette saison, la fonte des glaces est habituelle, on ne peut s’empêcher de se demander si un tel débit est bien normal. On passe un long moment ici, longeant cette vaste étendue de glace parfois troublée par de sinistres craquements, émerveillés par cette nature brute.

Quand on se décide à partir, un beau temps relatif est revenu. On descend hors des nuages, on traverse la neige sans crainte, on parcourt à nouveau les virages en épingle poussiéreux. Après plusieurs heures de marche, on arrive en bas complètement vannés mais heureux de cette expérience.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le sommet de Perley Rock, comment ne pas être ébloui en marchant au pied du glacier?

Coté pratique

Les activités

Parc National de Glaciers
Avec ces grands cèdres recouverts de mousse, ces roches grignotées par le lichen, ses eaux tumultueuses et son ambiance humide, le parc des Glaciers tranche un peu avec les précédents parcs traversés. Il est de ceux où l’on appréciera un logement confortable le soir, après une longue journée de marche, pour siroter une tisane au coin du feu. A nos yeux, il mérite au moins une journée de visite.
A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de 10.5$ par jour et par adulte et 21$ pour un groupe ou une famille.
Les cartes découverte Parcs Canada sont souvent intéressants à l’Ouest du Canada car elles reviennent à 72.25$ par adulte et 145.25$ par groupe/famille. Elles sont donc amorties pour environ une semaine de visites et valables toute une année.

Randonnée du Great Glacier
Le départ de la randonnée se fait dans une forêt de pluie charmante et verdoyante qui vaut, à mon sens le détour. Cependant le décor de ces premiers kilomètres est quasiment le même que le départ de Perley Rock. Aussi, il y a peu d’intérêt à faire les deux. Le reste de la balade de nous a pas paru offrir de points de vue significatifs mais la météo a peut-être faussé notre jugement.
Lien utile : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/canada/british-columbia/perley-rock-trail

Randonnée du Perley Rock
D’une longueur totale de 13km aller-retour, le Perley Rock trail est une épreuve physique, d’autant plus que le dénivelé positif ne se concentre que sur 5km environ. Cependant, l’arrivée sur le glacier est inoubliable et vaut vraiment les efforts pour y parvenir.
Lien utile : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/canada/british-columbia/great-glacier-trail

Bear Creek Falls
Si nous n’avons pas eu le temps de nous y arrêter, on pense vraiment que cette petite balade mérite un détour
Lien utile : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/canada/british-columbia/bear-creek-falls

Le logement

Alpine Meadows Lodge, 717 Elk Rd, Golden, BC V0A 1H0
Autant le dire tout de suite, on ne peut pas faire plus perdu que ce logement. On trouve l’auberge au bout d’une route qui traverse la forêt et qui ne donne sur rien d’autre ou presque. On a adoré l’intérieur en bois, son immense cheminée centrale et ses parties communes agréables avec une jolie vue. On a un peu moins aimé l’accueil, inexistant au mieux.

Les repas

Compte tenu des tarifs généralement appliqués dans les Rocheuses, nous avons le plus souvent opté pour des repas dans les auberges. Le plus pratique est de faire le plein de provisions à Calgary.

Wolf’s Den, 1105 9 St S, Golden, BC V0A 1H0
Une fois n’est pas coutume, nous sommes allés faire un tour dans Golden et avons mangé un (gros) morceau au Wolf’s Den. L’ambiance est typique de l’Amérique du Nord avec ses écrans d’émissions sportives, sa déco hétéroclite, ses énormes assiettes et la foule qui s’amasse sur les tables de bois.

Yoho National Park

26 août 2022

Sur la route de la Colombie Britannique, il est désormais temps de quitter Banff pour découvrir le Yoho National Park, souvent délaissé des visiteurs trop pressés. Pourtant, en termes de décor, Yoho semble avoir autant à offrir que ses voisins : routes de montagne, rivières agitées, sommets enneigés et forêts de conifères abritant une faune toute aussi abondante (même si elle ne se décide toujours pas à se montrer).

Yoho compte également d’imposantes cascades parmi lesquelles les Takakkaw falls, hautes de 250m. On peut les rejoindre directement par un petit chemin au départ d’un parking ou par une randonnée d’une dizaine de kilomètres. Pour cette fois, nous prendrons l’option la plus courte ! Le sentier longe la rivière, traverse par un pont de bois avant de remonter le long du cours d’eau. A mesure que l’on s’approche, une brume de plus en plus épaisse emplie l’air, humidifie vêtements et cheveux, brouillant parfois les rayons du soleil.

A quelques pas du chemin, les fameuses chaises rouges du Canada ont été installées pour la photo souvenir. Malgré leur histoire récente, on les trouve partout dans le pays. En 2011, le parc national du Gros-Morne a eu l’idée d’installer 18 duos de chaises Adirondack dans des endroits moins connus du parc. Les rangers ont alors invité les visiteurs à les retrouver et à partager des photos sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, ces chaises sont devenues emblématiques du pays et se trouvent dans plus d’une centaine d’endroits administrés par Parcs Canada sans compter les hôtels, restaurants et particuliers qui se sont emparés du phénomène.

Notre route nous fait croiser d’autres cascades et eaux tumultueuses quelques kilomètres plus loin. Ici, au Natural Bridge, la roche forme un pont naturel permettant aux plus courageux de passer d’une rive à l’autre. Le décor est assez sauvage, on s’attendrait presque à voir surgir Pocahontas entre deux arbres. Malheureusement, cet endroit nous a paru gâché par le comportement des visiteurs, parfaitement irrespectueux des consignes de sécurité, et par le soudain déferlement de trois bus touristiques bondés…

Heureusement, Emerald Lake nous a ramené un peu de calme et de sérénité (du moins, une fois qu’on a pu trouver une place de parking). Les bords du lac sont un enchantement immédiat : couleur incroyable, nature verdoyante, bâtiments de bois, café fleuri et logements perdus dans les arbres. J’ai adoré Emerald Lake au premier regard. Il règne ici une ambiance de vacances en famille, de détente et de repos, le tout servi dans un des plus jolis cadres que nous ayons vu dans les Rocheuses.

Ici aussi il est possible de faire le tour de cette large étendue d’eau. En prenant par l’Est, les premiers pas se font à travers l’hôtel, sur une route pavée reliant différents bungalows entre eux, dont certains avec d’incroyables terrasses ombragées donnant directement sur les eaux bleutées. Les pavés cèdent rapidement leur place à un chemin de terre traversant des étendues de framboisiers sauvages poussant au pied de larges arbres.

Peu à peu, le décor change. Le chemin rétrécit et s’humidifie, passant encore plus près de l’eau, encore plus près des arbres, offrant des points de vue différents et des couleurs souvent changeantes. Passée la moitié du tour, le soleil réchauffe le décor et le chemin s’élargit à nouveau, traverse de larges bandes de prairie jaunie pour aboutir à une zone de baignade improvisée. Le tour terminé, on trainait encore un moment au bord de l’eau pour profiter du paysage quand un gros coup de vent a soudainement ramené au-dessus de nos têtes des nuages d’un gris menaçant. Il n’aura pas fallu plus de 10 minutes pour qu’un violent orage se déclenche, soufflant un vent de panique sur ce décor de carte postale.

L’orage durera un long moment, trempant la forêt et tous les sentiers la traversant. Celui qui mène aux Wapta falls n’aura pas été épargné, désormais amputé de larges flaques d’eau et de boue. Sur un peu plus d’un kilomètre, on patauge donc entre les arbres jusqu’au premier belvédère de fortune, presque improvisé au-dessus des chutes. Les eaux sont grises, chargées de la terre et de la roche descendues des montagnes avec l’orage. Le ciel est encore sombre et menaçant. Pourtant, on est assez charmé par l’endroit. Les chutes dégagent une formidable impression de puissance, projetant des nuages de brumes sur des dizaines de mètres. Le grondement de l’eau est porté par le vent. Le décor est brut et sauvage. En bref, on ne regrette pas le détour !

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’ambiance « vacances en famille » autour du joli lac Yoho

Coté pratique

Les activités

Parc National de Yoho
Yoho est souvent oublié des voyageurs qui se concentrent sur l’axe Banff/Jasper. Il offre pourtant un environnement escarpé ainsi que des lacs et cascades tout aussi charmants.
A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de 10.5$ par jour et par adulte et 21$ pour un groupe ou une famille.
Les cartes découverte Parcs Canada sont souvent intéressants à l’Ouest du Canada car elles reviennent à 72.25$ par adulte et 145.25$ par groupe/famille. Elles sont donc amorties pour environ une semaine de visites et valables toute une année.

Randonnée au Emerald lake
Le tour du lac est particulièrement facile puisque quasiment plat. Il présente cependant quelques zones glissantes et un peu gadouilleuses. Entre lac et forêt, le décor est vraiment superbe.
Lien utile : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/canada/british-columbia/emerald-lake-loop

Randonnée aux Wapta Falls
La balade est courte mais un peu plus acrobatique sur la fin. On marche dans la foret sur des chemins relativement étroits avant d’arriver sur différents points de vue sur les chutes. Leur force est vraiment impressionnante.
Lien utile : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/canada/british-columbia/wapta-falls

Avec un peu de chance ?
Yoha abrite également le lac O’Hara avec ses eaux couleur saphir au milieu d’une vallée verdoyantes. Pour protéger cet environnement fragile, le parc a décidé d’en limiter l’accès. Les visiteurs sont donc invités à participer à une loterie afin de déterminer s’ils seront autorisés ou non à découvrir ce lieu. malgré deux tentatives, nous n’aurons pas eu cette chance. la prochaine fois peut être?
Toutes les infos pratiques sont ici : https://parcs.canada.ca/pn-np/bc/yoho/activ/randonnee-hike/ohara/visit
Pour un aperçu des randonnées possibles dans ce secteur, c’est ici : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/canada/british-columbia/lake-ohara-and-lake-oesa-via-alpine-loop-trail

Le logement

Alpine Meadows Lodge, 717 Elk Rd, Golden, BC V0A 1H0
Autant le dire tout de suite, on ne peut pas faire plus perdu que ce logement. On trouve l’auberge au bout d’une route qui traverse la forêt et qui ne donne sur rien d’autre ou presque. On a adoré l’intérieur en bois, son immense cheminée centrale et ses parties communes agréables avec une jolie vue. On a un peu moins aimé l’accueil, inexistant au mieux.

Les repas

Compte tenu des tarifs généralement appliqués dans les Rocheuses, nous avons le plus souvent opté pour des repas dans les auberges. Le plus pratique est de faire le plein de provisions à Calgary.

Wolf’s Den, 1105 9 St S, Golden, BC V0A 1H0
Une fois n’est pas coutume, nous sommes allés faire un tour dans Golden et avons mangé un (gros) morceau au Wolf’s Den. L’ambiance est typique de l’Amérique du Nord avec ses écrans d’émissions sportives, sa déco hétéroclite, ses énormes assiettes et la foule qui s’amasse sur les tables de bois.

De Moraine à Peyto

25 août 2022

Pour la première fois, nous testons le système de navette des parcs canadiens qui permet de contrôler (un peu) le flux de voyageurs et d’offrir une alternative au stationnement réduit. Arrivés tôt le matin sur l’un des immenses parkings relai, on patiente donc sagement devant une énorme bâtisse en bois, point de départ des remontées mécaniques qui fonctionnent été comme hiver (il parait qu’elles permettent parfois d’apercevoir des grizzlis dans la montagne). Le système est bien rodé et on ne tarde pas à grimper dans le bus, direction la route sinueuse qui file entre les arbres vers le lac Moraine.

Comme souvent, on se félicite d’avoir pris une option matinale. Malgré la popularité du site, il n’y a encore que peu de visiteurs à cette heure et le lac est baigné d’une lumière douce et peu intense, le soleil étant encore en partie dissimulé derrière d’imposants pans de roches grises.

L’atmosphère est paisible, sereine, plus intime que celle du lac Louise. Dès la descente du bus, un court sentier permet de parvenir au sommet d’un ancien éboulement. On grimpe les marches unes à unes au son des pikas qui courent dans les rochers. Arrivés en haut, la vue sur le lac est pleine de charme et de douceur.

En revanche, les bords du lac sont, comme à Louise, accessibles par un cheminement piéton tout plat et sans aucune difficulté. On passe d’abord devant la jolie boutique du parc puis le long d’un hôtel chaleureux où une cheminée crépite dans le salon de lecture, bien mieux intégré dans le décor que le château Fairmont. Un peu plus loin, une file d’attente s’est déjà formé pour embarquer sur l’un des canots colorés qui traversent le lac.

Au-delà des paysages, nous avons aussi (et surtout ?) traversé l’océan pour la faune sauvage. C’est donc résolu à trouver un ours que nous entamons vraiment la journée. On nous dit qu’une maman grizzli et son petit ont été repérés sur le sentier des Consolation Lakes. Septembre annonce en effet la saison des baies dont les ours se régalent avant un hiver rigoureux. Dans les secteurs à risque de rencontre, des panneaux informatifs conseillent, ou imposent parfois, de randonner à 2 ou 4. Au moment où nous allions nous engager dans le chemin, un couple d’Américains nous rejoint donc, un peu inquiet à l’idée de rencontrer maman grizzli.

Malgré nos efforts pour avancer sans bruit, nous traverserons toute la forêt sans apercevoir le moindre mouvement. Après une petite marche, les arbres s’effacent pour laisser place à une rivière peu profonde encombrée de pierres. Nous sommes un peu déçus finalement : la lumière de ce milieu de matinée ne rend pas hommage au paysage et aucun museau de grizzli ne se sera montré. On retourne donc sur nos pas avant de finir le tour du lac Moraine et de rejoindre la navette au dépôt, bondé cette fois.

Le choix de Consolation Lakes nous a contraint, par manque de temps, à renoncer à la grande balade envisagée près de Moraine. Pour occuper cette jolie journée, on opte donc pour le Sud de la promenade des glaciers, sans doute la plus célèbre route du Canada. Cette portion de plus de 200km relie les parcs nationaux de Banff et Jasper par une route bordée de montagnes, de glaciers, de forêts et de lacs bleutés. Elle nous amène au lac Peyto, accessible après un court chemin un brin escarpé par le biais d’un large belvédère. L’été, la fonte des glaciers charge les eaux de minéraux en suspension qui, en diffusant la lumière, donne au lac une couleur bleue particulière. C’est surtout sa forme qui nous a marqués : voyez-vous le loup là ?

Sur la gauche du belvédère, il est possible de suivre différents chemins à travers la forêt de sapins pour rejoindre un autre point de vue sur le lac, plus près du glacier et du delta.

Décidés à rattraper tout le retard possible, on terminera la soirée au lac Louise, espérant bénéficier cette fois des jolies lumières du coucher du soleil. S’il n’est malheureusement pas aussi impressionnant et marqué que prévu, les bords du lac prennent tout de même une étonnante teinte parfois jaune, parfois rosée. L’occasion, pour une fois, de prendre la pose pour un joli souvenir.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le spot départ des canots sur le lac Moraine au petit matin

Coté pratique

Les activités

Parc National de Banff
Banff a été le premier parc national du Canada et est sans doute le plus visité avec quelques trois millions de visiteurs chaque année. Il propose de nombreuses randonnées et des points de vue parmi les plus célèbre du Canada. A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de 10.5$ par jour et par adulte et 21$ pour un groupe ou une famille.
A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de 10.5$ par jour et par adulte et 21$ pour un groupe ou une famille.
Les cartes découverte Parcs Canada sont souvent intéressants à l’Ouest du Canada car elles reviennent à 72.25$ par adulte et 145.25$ par groupe/famille. Elles sont donc amorties pour environ une semaine de visites et valables toute une année.
Les déplacements dans le parc sont parfois compliqués même en se levant tôt. Un système de navettes a été donc mis en place par le parc et les réservations anticipées sont largement conseillées : https://parcs.canada.ca/pn-np/ab/banff/visit/parkbus/louise

Malheureusement, accéder au lac Moraine ne s’improvise vraiment pas. A cette saison, le petit parking du lac est plein dès 4h du matin et seul un hôtel couteux permet d’y loger. Il est donc vraiment nécessaire de passer par le système de réservation de navettes qui partent de Lake Louise. Deux options s’offrent alors à vous: réserver des mois à l’avance ou bénéficier des créneaux mis en ligne 48h avant le jour J. C’est l’option que nous avons choisie : le ranger du visitor center nous a gentiment donné l’heure de mise en ligne des places (aux environs de 7h le matin) et en quelques clics les billets étaient réservés.

A cause d’un genou récalcitrant et de l’énorme perte de temps liée à nos valises, nous avons réduit nos ambitions de randonnée du jour aux Consolation lakes. Une petite balade de quelques kilomètres dans un secteur a priori propice à la rencontre d’ours. Pour profiter d’une lumière plus agréable, il vaut sans doute mieux la faire l’après midi.
Lien utile : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/canada/alberta/consolation-lakes-trail

Nous avons aussi allongé un peu la découverte du lac Peyto par un petit sentier dans les arbres : https://www.alltrails.com/trail/canada/alberta/peyto-lake-panorama-overlook

Si on devait y retourner, on se lancerait probablement à l’assaut du Sentinel Pass…
Lien utile : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/canada/alberta/sentinel-pass-trail
…. en passant par Eiffel Lake.
Lien utile : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/canada/alberta/eiffel-lake-trail

Le logement

HI Lake Louise Alpine Center, 203 Village Rd, Lake Louise, AB T0L 1E0
Cette auberge de jeunesse, de par son emplacement à Lake Louise, est idéalement placée pour visiter le parc national de Banff. Les chambres individuelles sont petites mais les tarifs avantageux pour Banff, les sanitaires bien entretenus et le calme de l’auberge en font un choix intéressant. Une cuisine est ouverte à tous et un restaurant est également disponible tout au long de la journée. Il est cependant régulièrement pris d’assaut. La voie ferrée passe à proximité du parking mais le passage des trains ne nous a jamais dérangés. Nous relogerions probablement ici si nous devions y retourner.

Les repas

Compte tenu des tarifs généralement appliqués dans les Rocheuses, nous avons le plus souvent opté pour des repas dans les auberges. Lake Louise n’offre pas beaucoup d’opportunités pour faire des courses, il existe juste une petite supérette. Le plus pratique est de faire le plein de provisions à Calgary.

Autour du Lac Louise

24 août 2022

C’est équipé de la tête aux pieds que nous partons enfin vers l’aventure. Notre première véritable journée débute aux aurores sur les rives du lac Louise, armés d’une tartine et d’un appareil photo. Au pied du grand hôtel, on guette le lever du soleil sur les parois rocheuses saupoudrées de neige à l’autre bout du lac. Bien sûr, dans des lieux si facilement accessibles en voiture, on est loin d’être seuls. Pourtant, il règne à ces heures un calme étonnant.

Dans le ciel sombre, un aigle pêcheur tournoie lentement au dessus des eaux turquoises et glacées. Il plane un bon moment avant de piquer vers la surface et de repartir avec un poisson coincés entre ses serres, presque sans éclaboussures. Sur la rive ouest, le petit chalet de location de canots ponctue le décor de quelques tâches de lumière.

Malheureusement, l’heure tourne et le ciel ne semble pas vouloir se dégager. Il faudra repasser pour tenter d’apercevoir une aurore flamboyante. Alors que les premiers canots longent la rive en silence, nous partons pour notre première randonnée en longeant l’autre côté du lac.

Au bout de quelques minutes, on se retourne vers l’immense hôtel du Château Fairmont, fièrement dressé sur les rives dans une ambiance à demi brumeuse. Puis d’un coup, le soleil transperce les nuages et colore le décor de lumières dorées, renforçant au passage l’étonnant bleu du lac.

Nous voici désormais arrivés aux portes de la plaine des six glaciers. Une pente plutôt douce nous entraine à travers une succession de paysages, tantôt rocheux, tantôt verdoyants. On serpente ainsi quelques kilomètres jusqu’à rejoindre un étonnant salon de thé intégré dans un chalet au milieu de nul part, posé au dessus d’un petit cours d’eau. De là, on perçoit parfois le craquement de la glace porté par le vent et le cri des pikas dissimulés dans la rocaille.

De la maison de thé, on rallonge un peu notre itinéraire avec un sentier grimpant sur une crête étroite et escarpée offrant un panorama sur le Mont Victoria et le col Abbot. Le calme et la fraicheur du matin sont incroyablement reposants et nous ne croiserons qu’une poignée de personnes jusqu’au glacier. En revanche, nous croisons nos premières bestioles. Les petits spermophile à mante dorée (oui c’est leur nom !) s’agitent autour de nous et un premiers pika se fait remarquer !

On l’observe un long moment, traversant un champ de roches en courant à une vitesse folle, revenant avec des branchages plus grands que lui entre les dents, répétant encore et encore l’exercice sans faiblir. Les pikas sont des herbivores qui n’hibernent pas durant l’hiver. Ils s’agitent donc ainsi tout l’été pour faire des provisions de végétation et la stocker sous des rochers… Ne sont ils pas craquants ?

Nos pas nous entrainent ensuite vers le sommet du Big Beehive (littéralement la grosse ruche). Qui dit sommet dit grimpette… Pendant un moment qui parait long pour nos jambes rouillées, on serpente le long d’étroits virages dans la forêt, gagnant peu à peu de l’altitude. Arrivés en haut, on découvre le lac Louise en contre-bas, éclairé par un rayon de soleil qui faisait cruellement défaut le matin. la vue est impressionnante.

Quelques pas plus loin, c’est le lac Agnès, aux nuances plus sombres et plus profondes, qui se laisse découvrir. On le rejoint en descendant une pente raide et poussiéreuses. A cette heure, il fait bien plus chaud et une partie des randonneurs semblent vraiment souffrir dans l’autre sens. En les voyant, on remercie intérieurement le ranger du visitor centre et ses bons conseils !

Accompagnés des petits rongeurs, on rejoint gentiment les bords du lac Louise en déambulant dans la foret. Ils sont noirs de monde à notre arrivée. Devant le Fairmont, des instagrameuses se mêlent à des touristes endimanchés et aux randonneurs chargés de gros sac-à-dos. Certains se risquent à plonger dans l’eau (elle est vraiment gelée…) pendant que d’autres cherchent leurs meilleurs profils. Le mélange des genres surprendra sans doute les amateurs de montagne mais il n’aura vraiment rien enlevé à notre magnifique journée.

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’arrivée au sommet du Big Beehive pour la vue sur les lacs Louise et Agnès

Coté pratique

Les activités

Parc National de Banff
Banff a été le premier parc national du Canada et est sans doute le plus visité avec quelques trois millions de visiteurs chaque année. Il propose de nombreuses randonnées et des points de vue parmi les plus célèbre du Canada. A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de 10.5$ par jour et par adulte et 21$ pour un groupe ou une famille.
Les cartes découverte Parcs Canada sont souvent intéressants à l’Ouest du Canada car elles reviennent à 72.25$ par adulte et 145.25$ par groupe/famille. Elles sont donc amorties pour environ une semaine de visites et valables toute une année.
Les déplacements dans le parc sont parfois compliqués même en se levant tôt. Un système de navettes a été donc mis en place par le parc et les réservations anticipées sont largement conseillées : https://parcs.canada.ca/pn-np/ab/banff/visit/parkbus/louise

Combiné du Plain of Six Glaciers trail et Agnes lake trail en incluant le somme du Big Beehive
Une très jolie randonnée d’environ 11km qui traverse des paysages variés. on conseille de la faire dans le même sens que nous pour bénéficier d’une montée plus douce et profiter de l’ombre du matin sur la partie rocheuse. Ainsi, l’après midi se fait à l’ombre des sapins.
Lien utile : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/canada/alberta/lake-agnes-trail-to-plain-of-six-glaciers-trail-loop

Le logement

HI Lake Louise Alpine Center, 203 Village Rd, Lake Louise, AB T0L 1E0
Cette auberge de jeunesse, de par son emplacement à Lake Louise, est idéalement placée pour visiter le parc national de Banff. Les chambres individuelles sont petites mais les tarifs avantageux pour Banff, les sanitaires bien entretenus et le calme de l’auberge en font un choix intéressant. Une cuisine est ouverte à tous et un restaurant est également disponible tout au long de la journée. Il est cependant régulièrement pris d’assaut. La voie ferrée passe à proximité du parking mais le passage des trains ne nous a jamais dérangés. Nous relogerions probablement ici si nous devions y retourner.

Les repas

Compte tenu des tarifs généralement appliqués dans les Rocheuses, nous avons le plus souvent opté pour des repas dans les auberges. Lake Louise n’offre pas beaucoup d’opportunités pour faire des courses, il existe juste une petite supérette. Le plus pratique est de faire le plein de provisions à Calgary.

Une arrivée mouvementée

21 août 2022

Nous voilà parti pour notre 5e et dernier continent de cette année de voyage : l’Amérique. Pour l’occasion, nous avons choisi l’Amérique du Nord que nous adorons tout en visant une destination nouvelle… l’Ouest Canadien !

Notre voyage ne débutera cependant pas sous les meilleurs hospices : escale rajoutée, départ en retard, correspondance au pas de course et, à l’arrivée… pas de bagages. On les attend près de deux heures avant de nous diriger vers l’hôtel, résignés, sans aucune affaire ou presque.

22 août 2022

Toujours aucune nouvelle de nos valises. Aussi, en plus de faire nos traditionnelles courses alimentaires à Walmart, on cherche quelques objets de première nécessité et une tenue de rechange, histoire d’avoir le minimum pour tenir jusqu’au lendemain où nous espérons récupérer nos bagages. Nous n’avions en effet sur nous qu’un sac à dos rempli de matériel photo et un ordinateur, pas tout à fait l’équipement adéquat pour partir en montagne. Pourtant, une fois nos courses terminées, on file, confiants, vers le parc national de Banff. Pour nous remonter le moral, Banff nous accueille avec un ciel bleu un peu voilé et une large route filant entre montagnes et forêts. Le début des vacances ?

On choisit, pour notre premier arrêt, de visiter le Johnston Canyon auquel on accède par la jolie petite Bow River Parkway qui serpente entre les arbres. A notre grande surprise, le chemin piéton est très aménagé et longe la paroi rocheuse au-dessus des eaux agitées de la rivière. L’endroit est charmant et coloré : roches grises, mousses jaunes, sapins verts et eaux turquoise. On aboutit rapidement à une première cascade mais la beauté du décor est malheureusement un peu gâché par la foule.

Une petite grotte donnant sur la cascade fait l’objet d’une véritable file d’attente de touristes souhaitant se faire prendre en photo. Ils sont presque une cinquantaine à patienter le long du sentier. On poursuit notre balade en grimpant le long de la montagne et, tout de suite, la foule se dissipe. Enthousiastes, on ressert les lanières du sac à dos, prêts pour une randonnée de quelques heures… rapidement interrompue ! A peine une centaine de mètres plus loin, le sentier est fermé pour cause d’entretien. On repart donc un peu déçus vers la voiture, pourtant persuadés que le Johnston Canyon a beaucoup à offrir.

Avant de découvrir notre auberge, on s’arrête au Morant’s Curve, célèbre point de vue situé à quelques kilomètres de Lake Louise qui offre un joli panorama sur les Rocheuses Canadiennes et la Bow River. Au-delà de son paysage, ce point de vue est surtout connu pour le passage régulier des trains de marchandises qui serpentent au fil des méandres de la rivière, juste au-dessus de l’eau. Avec notre baraka du moment, le train ne montrera évidemment pas son nez ce soir-là. Pourtant, on apprécie vraiment cette petite pause au bord de l’eau.

Lake Louise est une toute petite ville majoritairement constitué d’hôtels en bois dispersés le long d’une route. Un mini centre commercial fait office de centre-ville et permet l’accès au visitor center. Comme toujours, on s’y arrête pour récupérer conseils de randonnées, des plans et surtout des informations sur les accès à certains sites, parfois très contraints dans Banff. Le ranger nous fournit toutes les informations nécessaires et nous oriente gentiment sur les horaires de navettes et tout en distillant de bons conseils de réservation. En dix minutes, nos prochains jours étaient planifiés !

On arrive enfin dans notre auberge de jeunesse, seul endroit financièrement accessible de Lake Louise où nous avons réussi à trouver une petite chambre pour deux. Elle est toute mignonne avec ces murs de bois, ses tables de pique-nique dans les arbres et son intérieur chaleureux. On s’y installe avec plaisir et on se pose enfin, plein d’espoir. Avec un peu de chance, nos valises seront là demain.

23 août 2022

Cette fois nous n’y croyons plus. La compagnie aérienne n’a aucune idée de la localisation de nos bagages, le temps est gris et froid et nous n’avons presque rien pour nous couvrir. Résignés, on repart vers Calgary en espérant trouver des vêtements chauds à un prix raisonnable. On reprend donc la route pour deux heures, on tourne une heure supplémentaire dans un décathlon providentiel et on revient sur nos pas, équipés avec le minimum pour tous les temps cette fois.

Sur le chemin du retour, on se laisse à nouveau tenter par le détour de la Bow River Parkway où l’on croise dans première bestiole entrain de rejoindre ses petits dissimulés dans les arbres puis, quelques mètres plus loin, nos premiers wapitis du séjour. Le sourire revient.

On tente donc de nouveau notre chance au Morant’s Curve et, cette fois, le grondement d’un énorme train de marchandises roulant sur les rails se fait entendre. Une imposante locomotive au rouge fané apparait dans les arbres suivie d’un nombre incalculable de wagons. Son passage dure longtemps, on perd le fil du compte tant le train est long. Cette fois, on espère que notre voyage commence vraiment !

Le coup de cœur de Ptit Jo

La jolie Bow River Parkway et son dernier point de vue sur le Morant’s Curve

Coté pratique

Les activités

Parc National de Banff
Banff a été le premier parc national du Canada et est sans doute le plus visité avec quelques trois millions de visiteurs chaque année. Il propose de nombreuses randonnées et des points de vue parmi les plus célèbre du Canada. A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de 10.5$ par jour et par adulte et 21$ pour un groupe ou une famille.
Les cartes découverte Parcs Canada sont souvent intéressants à l’Ouest du Canada car elles reviennent à 72.25$ par adulte et 145.25$ par groupe/famille. Elles sont donc amorties pour environ une semaine de visites et valables toute une année.
Les déplacements dans le parc sont parfois compliqués même en se levant tôt. Un système de navettes a été donc mis en place par le parc et les réservations anticipées sont largement conseillées : https://parcs.canada.ca/pn-np/ab/banff/visit/parkbus/louise

Johnston Canyon Trail
Le trajet jusqu’aux chutes inférieures est vraiment rapide, environ 2.5 km. Nous n’avons malheureusement pas pu faire la randonnée en entier en raison de la fermeture provisoire du site.
Lien utile : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/canada/alberta/johnston-canyon-to-ink-pots

Le logement

Comfort Inn & Suites South, 4611 Macleod Trail SW, Calgary, AB T2G 0A6
Nous n’avons pas vraiment pu profiter de tous les équipements proposés par cet hôtel et notamment de sa piscine avec toboggan et de son jacuzzi. En effet, sans valise, nous n’avions pas de maillots de bain. Les chambres sont cependant spacieuses et relativement bien équipés. Le petit-déjeuner est basique mais c’est le seul endroit où nous avons trouvé une machine à gaufres !

HI Lake Louise Alpine Center, 203 Village Rd, Lake Louise, AB T0L 1E0
Cette auberge de jeunesse, de par son emplacement à Lake Louise, est idéalement placée pour visiter le parc national de Banff. Les chambres individuelles sont petites mais les tarifs avantageux pour Banff, les sanitaires bien entretenus et le calme de l’auberge en font un choix intéressant. Une cuisine est ouverte à tous et un restaurant est également disponible tout au long de la journée. Il est cependant régulièrement pris d’assaut. La voie ferrée passe à proximité du parking mais le passage des trains ne nous a jamais dérangés. Nous relogerions probablement ici si nous devions y retourner.

Les repas

Compte tenu des tarifs généralement appliqués dans les Rocheuses, nous avons le plus souvent opté pour des repas dans les auberges. Lake Louise n’offre pas beaucoup d’opportunités pour faire des courses, il existe juste une petite supérette. Le plus pratique est de faire le plein de provisions à Calgary.

De Bryce à Zion

3 août 2017

Il faut bien l’admettre, notre premier itinéraire prévoyait de faire l’impasse sur Bryce Canyon. Face aux protestations répétées d’une voyageuse avertie, nous avons revu un peu le parcours. Bien nous en a pris… Merci 😉

Partis tôt le matin, nous débarquons sur les rives du Bryce Canyon aperçu la veille. Garés près du Sunset Point, on opte pour une courte randonnée dans cet immense amphithéâtre en combinant le Queens Garden Trail et la Navajo loop. Le chemin descend doucement en serpentant entre les hoodoos de roche rouge, orange et jaune où quelques îlots de verdure tentent de se frayer un chemin. Ces grandes colonnes colorées, joliment appelées cheminées de fées, seraient les restes d’âmes ayant mal agi… bien plus poétique que toute autre explication géologique!

Si tout paraissait assez uniforme vu d’en haut, curieusement, le paysage change au fil de la balade. On traverse ainsi des zones très dégagées où les hoodoos ont laissé la place à d’élégantes dunes colorées, on baisse la tête en passant sous quelques portes creusées dans la roche avant d’atterrir dans d’étroits canyons ombragés. Même avec ses quelques 2000 mètres d’altitude, Bryce n’est pas épargné par la chaleur du mois d’août et la dernière montée, qui permet de quitter l’amphithéâtre, parait un peu raide sur le moment. On ressort de cet univers un peu à part au Sunrise Point où nous attendent de nouveaux écureuils. Chacun grimpe à son rythme et jette un dernier coup d’œil à ce tableau coloré avant de sauter dans la voiture. De nouvelles surprises patientent au bout de la route !

En chemin pour Zion, la circulation ralentit brusquement. A deux doigts de ronchonner, un bref regard au loin dissuade d’émettre la moindre protestation. A quelques mètres de nous, une famille de bighorns traverse nonchalamment la route et se campe en bordure des bosquets. A flanc de falaise, la route tournoie entre les montagnes rosées et déjà l’endroit nous charme. Comme toujours, notre premier arrêt se fait au visitor center afin de vérifier la météo. Dans ces reliefs particulièrement accidentés, des flash floods sont régulièrement craints par les rangers et cet après midi ne fait pas exception. Nous voilà donc contraints de revoir notre programme et de nous lancer plus tôt que prévu dans LA randonnée du parc: Angels Landing.

Angels Landing au Zion National Park, c’est un mythe. 8,7 kilomètres, 450 mètres de dénivelé positif et certainement le trail le plus emprunté de tous les parcs nationaux américains. C’est aussi, pour certains, la randonnée la plus attendue de notre séjour. Réputé difficile, la perspective de réaliser ce trail en plein après midi ne nous enthousiasme pas particulièrement… mais comment renoncer à cet endroit?

Déposés par la navette au bord de la Virgin River, on jette un œil sur le panneau indiquant que huit personnes sont décédées sur le chemin depuis dix ans. Ambiance… Le début de la balade se fait gentiment le long de la rivière sous un soleil finalement assez doux. En arrivant face à la montée, une surprise inattendue nous attend: de l’ombre ! On monte en regardant le sol pour éviter de se rendre compte du dénivelé et, finalement, au bout du premier kilomètre, la vue sur le canyon récompense les premiers efforts. Encore un peu de grimpette avant de pénétrer dans un canyon étroit assez justement baptisé Refrigerator Canyon. Dans le fond, le sable et les débris de bois laissent deviner les traces des derniers orages. Alors qu’on s’habituait presque au plat, les 21 virages de Walter’s Wiggles se dressent devant nous. 21 virages, ça m’évoque l’Alpe d’Huez et les coureurs cyclistes arrivant au bout de leur vie sur le rond-point des pistes. Pas tout à fait une promenade de santé… et pourtant, on arrive au Scout Lookout sans souffrir ou presque. On commence même à se dire que le changement d’horaire était la meilleure chose qui pouvait arriver. Un premier point de vue nous attend… tout comme le dernier kilomètre qui se dresse littéralement face à nous.

Le dernier kilomètre justifie à lui tout seul la réputation de cet endroit. Des chaines courent le long d’un chemin plus ou moins étroit, légèrement entouré de vide sur 150 mètres de dénivelé. Par chance, nous ne sommes pas dérangés par l’affluence de randonneurs et une bonne moitié s’arrête au Lookout. On crapahute directement sur la roche en partageant parfois le chemin avec d’autres aventuriers. On grimpe sans se soucier du vide et on se sent finalement plutôt en sécurité. En arrivant au sommet de l’ultime crête, le panorama offert donne sur tout le parc. Avec une émotion un peu particulière, on admire ce tableau coloré en imaginant que, à bien y penser, les anges pourraient réellement atterrir ici. Angels Landing c’est beau, c’est grand, c’est magique.

Par hasard, en pleine observation, un éclair fend l’air et nous sort de notre rêverie. Le ciel s’assombrit brusquement. Encore perchés au sommet de notre crête, on remballe rapidement les appareils photos et les sacs à dos pour faire le chemin inverse. Les couleurs sont belles à l’annonce de l’orage mais nous ne pouvons pas prendre le risque de flâner. De retour au Scout Lookout, on file au pas de course dans les séries de virages. Dans le canyon, un vent frais circule et simule le bruit d’une vague. On se retourne, un peu inquiets par la perspective de voir des trombes d’eau dévaler la roche. Alors que l’on se presse, quelques inconscients continuent de grimper vers le sommet sans se préoccuper le moins du monde du ciel noir qui couvre désormais nos têtes.

L’orage éclate au moment où l’on s’installe dans la navette. Des trombes d’eau s’abattent sur Zion, la poussière rouge emportée par l’averse glisse sur la route et les téléphones vibrent: le parc envoie un message d’alerte à tous les visiteurs en les invitant à se mettre à l’abri au plus vite. Quelques sirènes retentissent: les rangers et les secours se pressent vers les Narrows où nous devions passer l’après midi. Une petite rivière s’est formée devant notre hôtel où presque 10 cm d’eau circulent. Il faudra plus d’une heure pour que le temps se calme. Installés au chaud et une fois sec, on se félicite finalement d’avoir changer nos plans… Aucun doute, Zion se mérite.

Coté pratique

Le logement
  • Bumbleberry Inn, 97 Bumbleberry Lane, Springdale, UT 84767

Excellent petit déjeuner pris dans le restaurant voisin. Piscine et salle de sport à disposition (s’il vous reste encore de l’énergie)

Les visites
  • Bryce Canyon National Park

Queens Garden Trail et Navajo loop: boucle de 5 km. Seule la remontée tape un peu dans les jambes et il n’y a pas d’ombre.
Pass América the Beautiful accepté, Tous les documents pratiques pour le parc sont ici: https://www.nps.gov/brca/planyourvisit/maps.htm

  • Zion National Park

Pass America the Beautiful accepté, Tous les documents pratiques pour le parc sont ici: https://www.nps.gov/zion/planyourvisit/maps.htm