Sur les traces du léopard

28 mars 2022

Nous filons de nouveau pour une excursion safari dans le parc le plus célèbre du Sri Lanka : Yala. Il nous a beaucoup divisés. D’un côté, le parc est l’un des meilleurs endroits au monde pour voir les léopards qui y sont particulièrement nombreux. De l’autre, cet attrait en fait un lieu parfois surfréquenté avec des pics pouvant atteindre 700 véhicules par jour dans le bloc 1 (le parc en comprend 5).

On se laisse tout de même tenter avec une formule à la journée pour avoir la possibilité de s’aventurer plus loin que le bloc 1, très majoritairement choisi par les touristes qui optent le plus souvent pour une demi-journée.

A peine arrivés, on tombe sur une famille entière de langurs, résolument mes petits chouchous du voyage. Des jeunes de tout âge nous offrent des scènes craquantes, les plus petits ne semblent d’ailleurs pas avoir plus de quelques jours. Un premier petit singe joue distraitement avec des brindilles pendant qu’un second s’interroge sur l’utilité que pourrait bien avoir sa queue. Un peu plus loin, deux autres petits apprennent à se déplacer sans s’éloigner de leurs mamans, un autre se fait épouiller sans ménagement, observant avec envie ses cousins qui bondissent d’arbres et arbres. La journée commence bien !

Yala présente une diversité de paysages étonnante, passant de zones verdoyantes à des sortes de savane africaine au fil des kilomètres. Terre, eau, sable, roche… tout y passe. La faune en est forcément tout aussi variée. Mammifères, batraciens, reptiles, oiseaux…on croise de tout. Notre guide est tranquille et patient, il s’arrête aussi souvent qu’on le souhaite, veillant toujours à nous permettre d’observer au mieux les animaux, parfois bien cachés. Auriez-vous repéré le varan dans l’arbre ?

A force de rouler, on passe la lisière d’une forêt pour découvrir la mer. Quelques baraques de pêcheurs sont posées là, au milieu de ce monde animal. Au loin, une dizaine de buffles piétinent dans l’eau salée, près des dunes d’un sable presque doré. On s’arrête ici pour une courte pause, suivi de près par quelques oiseaux louchant avidement sur nos fruits.

Un tout autre univers nous attend désormais. De larges étendues d’eau claire s’étendent désormais au pied des montagnes. Lentilles, herbes et nénuphars sont à l’honneur au milieu de troncs cendrés qui ponctuent ces vastes étendues lisses. Au loin, on devine les éléphants qui traverse la zone en quête de fraicheur, enfoncés dans l’eau jusqu’aux genoux, seulement dérangés par quelques martin-pêcheurs qui tournoient dans les airs, arborant leurs ailes bleutées. Loin du reste du parc et de tout autre véhicule, on trouve ce secteur envoutant avec ces couleurs douces et sa lumière étrange.

Il ne faudra pas rouler longtemps pour trouver l’agitation tant redoutée de Yala. Un léopard a été repéré dans une zone boisée et tous les véhicules semblent s’être passé l’information. On se retrouve à 15, peut-être 20 jeeps, et les ennuis commencent. Les chauffeurs roulent à tout vitesse, guettant le moindre signe de la présence du félin. C’est la bousculade : les moteurs s’affolent, les voitures font demi-tour précipitamment à mesure que le pauvre animal se déplace. On finit même par redouter l’accident lorsque le léopard sort du bois, pris en chasse par un chauffeur zélé,  pour trouver refuge un peu plus loin.

Cette fois encore, on regrette vraiment le manque de formation et de pédagogie des chauffeurs/pisteurs, soucieux d’offrir à tout prix à leur client un cliché de léopard. Dans tout ce bazar, par chance, on aura trouvé notre chauffeur sans doute plus posé que la moyenne. On en est ravis, malgré notre seul et unique cliché un peu décevant.

Pour tenter de limiter l’impact de la fréquentation touristique du parc sur les animaux, Yala impose tout de même un arrêt de 2 heures des voitures en milieu de journée. On se retrouve donc sur un parking au bord d’un petit cours d’eau avec une dizaine d’autres jeep pour une pause déjeuner. Le spot est visiblement bien connu des macaques qui ont investi les arbres et guettent la moindre faute d’inattention pour rentrer dans les voitures et chaparder à manger. Il faut bien admettre que ça nous amuse beaucoup.

On les observe longuement, ces petits singes malins à l’affût dans les arbres. Ici aussi c’est toute une famille qui nous entoure. On apprend à reconnaître les mâles et les jeunes, on observe les tout petits découvrant le monde et on devine déjà chez eux quelques traits de caractère. Certains restent sagement cramponnés à leur maman, d’autres montrent beaucoup de curiosité face au monde qui les entoure, d’autres encore n’hésitent pas à tester quelques bêtises à la moindre occasion. Sourire aux lèvres, on se dit que, décidément, nous ne sommes pas si éloignés d’eux.

Notre journée se termine avec une dernière belle surprise. Arrêtés au bord d’un plan d’eau, on a la joie de croiser une harde d’éléphants venus se rafraîchir tout près de notre jeep. Pendant de longues minutes ils savourent cet îlot de fraicheur, se roulant dans l’eau, chahutant ou avalant bruyamment des litres et des litres d’eau. Les plus petits s’enfoncent complètement, nageant presque, leur trompe dressée dans les airs comme un tuba. Ce manège terminé, ils regagnent la berge, se couvrent de sable et disparaissent dans la forêt sans un bruit.

On roulera encore quelques heures dans Yala, moins chanceux cette fois, un peu assommés par le soleil. On rentre finalement contents de l’expérience, le cœur tout de même un peu serrés pour les léopards qui préfèreraient sans doute une vie plus paisible. Alors oui, le parc de Yala est sans aucun doute à faire mais mieux vaut dans ce cas bien se renseigner avant de choisir un prestataire et poser, dès le début, les règles du jeu avec votre chauffeur.

les animaux vus par Ptit Jo

L’entelle ou langur (Semnopithecus entellus) est un singe sacré en Inde. Il vit en bande d’environ 25 individus.

Le cerf axis (Axis axis) coopère avec les entelles pour se nourrir : les entelles font tomber de la nourriture des arbres pendant que le cerf, aidé de son odorat, alerte en cas de danger.

Le buffle d’Asie (Bubalus arnee) passe une grande partie de son temps à se baigner dans les rivières et dans la boue pour se protéger des piqûres d’insectes

Si la morsure du varan du Bengale (Varanus bengalensis) n’est pas venimeuse, elle peut tout de même provoquer des septicémies foudroyantes…

Le sambar (Cervus unicolor) est le seul cervidé dont les faons ne sont pas tachetés de blanc.

Le Martin-Pêcheur de Smyrne (Halcyon smyrnensis) mange en réalité peu de poissons : il se nourrit aussi de grenouilles, de lézards, d’oisillons, des rongeurs ou d’insectes.

Le parc national de Yala présente la plus grande densité de léopard (Panthera pardus kotiya) dans le monde.

Le macaque à coque (Macaca sinica) ont la peau du visage qui rougit avec l’âge.

Les éléphants du Sri Lanka (Elephas maximus maximus) n’ont que rarement des défenses. Les mâles qui en ont sont appelés tuskers.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Parc National de Yala
Entrée 15$ la demi-journée
Ouvert tous les jours de 6h à 18h
Seuls les chauffeurs de jeep agrémentés peuvent conduire dans les parcs nationaux. Il vous faudra donc passer par un prestataire dont le coût varie entre 5000 et 7000 LSK la demi-journée et entre 10 000 et 13 000 LSK la journée.

Le logement

Blue Turtle Hotel, Kataragama Road,, Monaragala, 119/2 Tikiriwewa, Mahasenpura, 82600, Sri Lanka
Cet hôtel comme neuf est tenu par un couple de français, installés à quelques kilomètres seulement du parc national de Yala. Les chambres, spacieuses et climatisées, donnent sur une piscine entourée d’herbe, tout comme les espaces communs chaleureux et confortables. Des prestations de massage sont possibles à la demande. Un de nos logements préférés !

Les repas

L’hôtel sert des repas basées sur une carte occidentale proposant quelques assiettes locales que ce soit pour le diner ou pour le pet