Colombo

30 mars 2022

Notre dernière journée sur Ceylan commence par une dernière rencontre animalière, moins naturelle que les précédentes mais tout aussi émouvante. Ce matin, on visite en effet un centre de conservation des tortues marines, animaux emblématiques du Sri Lanka. Le pays accueille en effet 5 des 7 espèces de tortues marines et tente de les protéger au mieux.

C’est ainsi que, sur la côte, se sont implantés différents centres qui recueillent les tortues malades ou blessées mais qui, surtout, surveillent les pontes sur les plages. En effet, afin de protéger les œufs de tortues, ils sont le plus souvent déterrés puis remis dans le sable dans des zones surveillées jusqu’à éclosion. Cela permet d’évaluer la population, d’éviter le braconnage mais aussi les accidents (les nids sont parfois écrasés). Si cette solution n’est pas idéale, c’est néanmoins la plus efficace à l’heure actuelle.

Quand on arrive à Kosgoda, on a donc l’immense chance de découvrir tout un bassin de bébé-tortues barbotant dans l’eau, attendant patiemment de retrouver la mer. Elles ont seulement quelques jours mais s’agitent déjà avec agilité. On craque complètement devant leurs grands yeux sombres, leur carapace brillante et leurs petites pattes. Cerise sur le gâteau, on nous propose de les mettre à l’eau.

Pour se financer, le centre propose en effet aux visiteurs de prendre une petite tortue et de la relâcher dans l’océan tout proche. Les yeux brillants d’un enfant à Disneyland, on attrape ces petits êtres si gracieux avec émotion avant de traverser la plage. A peine prise dans la main, ses pattes s’agitent, impatiente. On la pose dans le sable au plus près de l’eau, guettant dans le ciel les oiseaux. Elle s’active aussitôt, répondant à l’appel du large, et se laisse charrier par une série de vaguelettes.

Connaisseurs, les oiseaux tournoient au-dessus de nos têtes. Alors bêtement, on encourage nos tortues et on tremble quand les milans plongent vers l’eau. Par chance, ils repartiront bredouille pour cette fois. Nos tortues sont sauvées. Le sourire jusqu’aux oreilles mais le cœur un peu serré face à cette vie de défi qui les attend, on leur souhaite une longue vie.

Avant de partir, il nous restait une dernière étape : Colombo. On appréhendait un peu ce dernier moment citadin après deux semaines de vadrouille plutôt nature. Capitale économique et première ville du pays, Colombo est loin d’être sur le haut de la liste des coins à visiter dans le pays, souvent décrite comme étant sans charme voire carrément sans intérêt. Elle est surtout pratique pour son accès à d’innombrables lignes de train et sa proximité de l’aéroport. Malgré tout ce qu’on a pu lire, le quartier de Pettah nous semblait valoir la peine. Alors une fois n’est pas coutume, on a opté pour une visite guidée… et autant le dire, on n’a pas regretté !

Olivier nous accueille au mémorial de l’indépendance. Avec son enthousiasme et son bagout, il nous sort de notre torpeur en deux minutes et nous accroche tout de suite avec son récit. Il nous parle du Sri Lanka d’hier et d’aujourd’hui, de cette ville mal aimée qu’il a appris à connaitre, de son histoire à lui aussi.

Plus qu’une visite, c’est en réalité une véritable immersion qu’Olivier nous propose. On déboule ainsi au milieu d’une rue animée de Pettah ou des hommes transportent d’énormes sacs sur les épaules ou sur des chariots débordants. Des camions sont garés un peu partout, chargeant et déchargeant des quantités folles de thé, d’épices, de riz ou de lentilles. Les étroites devantures des magasins ne sont que la partie visible de l’iceberg : en jetant un œil dans les boutiques, on découvre d’interminables couloirs bourrés de marchandises.

L’immersion passe aussi par la découverte de nouvelles saveurs avec une dégustation de thé, de café mais aussi d’épices. On découvre Colombo comme nous ne l’aurions jamais vu seuls et on est vraiment ravis de l’expérience.

En sortant du quartier marchand de Pettah, on traverse le cœur de la ville qui ressemble à une fourmilière. Des milliers de tuktuks colorés se croisent ici dans un concert de klaxons, de moteurs et d’autres bruits. Loin du fort de Galle presque trop tranquille, on est ici dans un bouillon de vie formidablement vivant.

On est d’autant plus surpris quand on arrive finalement au Sri Ponnambalam Vanesar Kovil, immense temple hindou dissimulé par une enceinte blanche. Loin des lieux de cultes bariolés, bruyants et carrément kitschs ce temple est réellement surprenant. Pieds nus, on pénètre par la grande porte dans une atmosphère sombre. L’intérieur n’est que sculptures de pierre doucement éclairées d’une faible lumière jaune. On marche sur la pierre humide et rugueuse, levant la tête vers les chauves-souris installées là pour la journée, observant les sculptures et la préparation des offrandes.

Le cœur du temps dégage une atmosphère de ferveur paisible, la coursive en faisant le tour est plus animée, faisant office de lieu de rencontre et de discussion. On regrette infiniment de ne pas pouvoir prendre de photos de ce lieu étrange, de cette lumière tamisée et de ces pierres grisées. Pour un peu, on se croirait au cœur d’un film d’aventures à la recherche d’un fabuleux trésor disparu.

Une fois sortis de cette atmosphère mystérieuse, on embarque à nouveau dans nos bolides pour rejoindre les alentours du marché, là encore grouillant de vie. Olivier nous entraine vers une façade quelconque puis un escalier sombre. On atterrit un peu surpris dans une sorte de bar PMU au premier étage. On grimpe encore, empruntant d’étroits couloirs à peine plus larges que nos sacs-à-dos, pour finir dans un petit escalier en colimaçon à l’extérieur, planqué entre deux immeubles.

Au bout du périple, on découvre un toit terrasse avec vue sur la ville et l’animation du marché. Quelques caisses en plastiques et une table en bois sont posées là, l’occasion de boire un verre et d’assommer Olivier de question. Après deux semaines de voyage, on est ravis d’échanger sur toutes les petites choses qui nous ont étonnés, surpris ou déconcertés. Économie, culture, politique, religion… tout y passe. Le soleil finit par baisser dans le ciel, teintant de nuances violettes le ciel de Colombo. On réalise qu’il est déjà tard et que la visite touche à sa fin.

Avant de conclure cette balade, on traverse le marché de Colombo, débordant de fruits, de légumes et d’épices. Ça se bouscule dans les allées, les camions garés à proximité sont encore plein de vivres, les discussions animés résonnent sous la halle. Arrivés à reculons dans cette grande ville, on est finalement complètement charmés par cette visite différente, authentique et terriblement instructive. Elle nous a paru beaucoup trop courte on aurait adoré repartir pour une autre demi-journée d’aventures. C’est pourtant sur cette image qu’on quitte le Sri Lanka, chamboulés par la découverte d’un nouveau continent.

On aura été intéressés par tous ces temples et cette culture, ravis de nos rencontres animalières, bouleversés par la beauté des champs de thé, reposés par les bords de mer et titillés par le cœur de Colombo. On quitte donc le pays enrichis de toutes ces aventures et plein d’espoir pour le Sri Lanka, en pleine crise économique et politique au moment de notre voyage. Nul doute qu’ils sauront rebondir et offrir bientôt un tourisme plus responsable pour profiter encore mieux de cet île pleine de surprises.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Comment choisir entre les bébés tortues et notre visite avec Olivier?

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Galbokka Sea Turtle Conservation & Research Center, 53a Galbokka Rd, Kosgoda, Sri Lanka
Entrée 500 LSK
Lâché de tortues sur la plage : 2 000 LSK
Ouvert tous les jours de 7h30 à 18h 30

Tuk it Easy Colombo, Longdon Place, Colombo 00500, Sri Lanka
Prestation sur devis
Ouvert du lundi au samedi, de 8h30 à 19h.
Le site : https://tuk-it-easy-colombo.business.site/

Le logement

Pas le temps de dormir, notre vol nous attend !

Les repas

Firebeach, No. 02 Colombo – Galle Main Rd, Colombo 00300, Sri Lanka
Situé dans le Galle Face Hôtel, ce repère d’expatrié à une large carte de boissons et de snacks (nous n’avons pas pris le temps d’y manger). Le cadre est chaleureux mais bruyant, tant par la foule que par la musique. On y passe un bon moment avant de repartir pour la France.


Galle

30 mars 2022

On quitte les tortues vertes de Polhena pour s’enfoncer dans l’arrière pays et découvrir ce qui se cache derrière la côte ensoleillée. Le Sud Ouest du Sri Lanka est bordé de plages et de cocotiers mais aussi et surtout de buildings qui dissimulent la mer au regard de tous ceux qui empruntent la route côtière principale. En s’enfonçant derrière les rangées de maisons ayant colonisé l’autre côté de la route, on découvre un univers bien différent et plein de vie, souvent négligé par les visiteurs.

C’est dans ce secteur pavillonnaire qu’un expatrié hollandais a pourtant décidé de monter son agence de location de vélos et d’organiser des tours guidés. Une fois nos bécanes récupérées, on file donc dans les petites rues, croisant les écoliers tout en uniforme et des cinghalais cachés sous des ombrelles. Notre guide nous entraine ensuite sur des chemins traversant des palmeraies pour arriver au cœur des rizières en pleine période de récolte. Pendant que certains fauchent les tiges de riz, d’autres récoltent les grains et les font sécher sous l’œil attentif de nombreux oiseaux.

La balade se termine dans un grand jardin arboré bordant un étang couvert de nénuphars, fleur emblématique du pays. On y découvre des arbres à cannelle, quelques fruits et épices ainsi que des cocotiers. L’occasion pour nous de goûter aux king coconuts croisées tout au long du séjour dans de petits stands en bordure des routes. Pleines d’eau, elles ont un goût subtil et sucré agréable et rafraichissant, l’idéal avant de regagner notre voiture.

Avant de rejoindre les grandes villes du pays, on s’offre un dernier arrêt au bord de l’océan. Là encore, tout est dissimulé par de larges bâtiments agglutinés sur tout le front de mer. On y accède donc par la porte d’un restaurant dont la terrasse donne sur une petite plage de sable doré, pleine de charme. Quelques rangées de transats ont pris place sous les palmiers, offrant une ombre salutaire et une vue parfaite sur les eaux claires. Il règne ici une ambiance paisible et joyeuse que l’on apprécie immédiatement. Pour parfaire le tableau, depuis les tables du Wijaya Beach, on aperçoit même quelques tortues pointant le bout de leur nez entre deux vagues. Une vraie réussite !

On arrive finalement à Galle sous une chaleur étouffante. La ville nouvelle grouille de monde, de bruits et de marchands. Elle n’est composée que de bâtiments en hauteur sans charme, un peu bordéliques et pris d’assaut par une foule qu’on n’avait pas croisée depuis bien longtemps. Autant dire que l’arrivée au fort de Galle est un choc. Dans ce morceau d’histoire figé dans le temps, installé sur une sorte de presqu’île entouré d’eau et de murailles, il règne un calme et un silence déconcertant.

Ce petit bout de terre, d’abord occupé par les Portugais, a finalement été récupéré par les Hollandais qui en ont fait une place forte de la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales. Retranchée derrière les murailles, la cité est devenue une place forte du commerce d’épices et de pierres précieuses. Elle semble ne pas avoir bougé depuis.

On débute notre visite par le fort en lui-même, étonnamment bien conservé, profitant du peu d’air offert par l’océan. On a l’impression d’être seuls. Pas de touristes, pas de bruits… même les locaux sont bien cachés, le plus souvent retranchés entre deux créneaux de muraille pour des rendez-vous galants. On longe ainsi les fortifications jusqu’au phare, devinant déjà les contours d’une architecture coloniale marquée.

Dans les ruelles bien sages et ordonnées, toujours silencieuses, on ne trouve pas de nuées de tuktuks, pas de voitures forçant sur le klaxon et encore moins d’animaux. On trouve au mieux quelques bicyclettes et surtout beaucoup de piétons. Galle parait être hors du temps et de l’espace, figée dans un autre univers loin du Sri Lanka que nous avons traversé pendant près de deux semaines. Dans les rues pavées, les boutiques de pierres précieuses se succèdent, parfois d’un raffinement surprenant. Elles sont accompagnées de restaurants, bars et boutiques de souvenirs finalement assez occidentalisés.

Assommés par la chaleur, on fait le tour de Galle un peu au hasard en se perdant les ruelles bien sages. Sur une grande place, des enfants se lancent dans une partie de cricket, profitant de l’ombre d’arbres immenses, apportant un peu de vie dans cet univers de calme. Au bout de quelques heures, on finit cependant par regagner l’hôtel, encore tout surpris par cette parenthèse hors du temps.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La formidable Wijaya Beach et ses tortues, qui m’aurait presque réconciliée avec les après-midis transat’ !

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Idle Bikes, Godawatta, Mihiripenna, Galle 80000, Sri Lanka
The Paddy Trail 20$
Ouvert tous les jours de 7h à 18h
Le site : https://www.idlebikes.com/

Le logement

The Lady Hill Hotel, 29 Upper Dickson Rd, Galle 80000, Sri Lanka
Cet hôtel au style colonial néerlandais est situé au sommet d’une colline dominant Galle. Un peu plus haut de gamme que tous les précédents, on l’a pourtant moins apprécié en raison de tous les « chichis » du service. Les chambres sont très propres mais relativement petites. elles disposent en revanche d’un balcon. Une piscine est accessible jusqu’à 18h. C’est finalement le restaurant panoramique situé sur le toit terrasse avec vue sur la ville et l’océan qui a le plus de charme.

Les repas

Wijaya Beach, 2727+39F, A2, Unawatuna, Sri Lanka
Une fois n’est pas coutume, on s’arrête pour déjeuner dans ce restaurant réputé sur toute la cote pour ces pizzas. Si on a trouvé les pizzas bonnes mais pas inoubliables, on a en revanche été complètement charmés par l’endroit. L’étroite plage bordée de palmiers est pleine de couleur et abritent quelques tortues de mer, on les aperçoit depuis la terrasse supérieure du restaurant. Le top !

The Lady Hill Hotel, 29 Upper Dickson Rd, Galle 80000, Sri Lanka
Pour cette dernière nuit à l’hôtel, on se laisse tenter par le restaurant panoramique. Les plats sont plutôt bons et bien servis, le jus de passion est un délice.

Détente à la plage

29 mars 2022

On s’approche doucement mais sûrement de la fin de notre voyage. Pourtant, aujourd’hui, on découvre encore un nouveau décor. Notre hôtel est perdu au bout d’un chemin donnant directement sur une étroite plage bordée de palmiers à l’environnement charmant. Quelques mètres seulement séparent les enrochements de l’eau, laissant juste assez de place pour installer une serviette sous les arbres. Dans les troncs, de petites perruches attendent impatiemment le retour de leurs parents pour manger. Sur le sable, deux ou trois bateaux colorés attendent de prendre la mer, un stand de chemises à fleurs est doucement secoué par les embruns et les effluves de crème solaire flottent dans l’air… une journée de repos nous appelle.

On s’installe à peine quand un mouvement à la surface de l’eau nous interpelle. Il disparait, réapparait… et une tête de tortue se laisse finalement deviner. Sourire jusqu’aux oreilles, on en aperçoit rapidement une seconde entre deux vagues. Elles nagent tranquillement au-dessus des roches qui forment de petits récifs parsemés d’algues. Sans plus réfléchir, on se débarrasse en vitesse de nos affaires et on file à l’eau, armés de nos masques et tubas.

Elles sont là, juste à côté de nous, pas perturbées le moins du monde. On se laisse flotter à leurs côtés dans l’eau peu profonde pour ne pas les brusquer. Ballotés par les vagues, on adopte donc la même méthode qu’elles : se laisser porter et suivre le courant sans lutter. On partage un moment paisible avec ces magnifiques animaux marins, les observant à loisir. Malgré une eau un peu trouble, on devine sans peine les motifs de leur peau colorée, les reliefs de leur carapace et leurs yeux sombres. Un vrai moment de magie.

On finit tout de même par abandonner les tortues vertes pour découvrir la plage de Mirissa, sans doute l’une des plus réputées du Sri Lanka. Cette escapade ayant été complètement imprévue, notre chauffeur était parti prendre un peu de repos. L’occasion pour nous de nous essayer au négoce de tuktuk… C’est comme ça qu’on se retrouve à filer sur la route, à peine rafraichi par l’air extérieur, à quatre à l’arrière d’un tuktuk ! Les sacs à dos jetés « dans le coffre », on s’entasse à trois sur la banquette et le dernier s’échoue sur nos genoux. Contre toute attente, on arrive en vie quinze minutes plus tard pour découvrir la plage, bien plus impressionnante.

Mirissa Beach dégage en effet une ambiance bien différente. Bordée d’une forêt de cocotiers et de parasols, incroyablement longue et large, elle accueille une foule de baigneurs et de surfeurs, des cours de yoga, des cours de nation et des bars où la musique résonne. On y trouve donc beaucoup de monde, particulièrement sur la partie centrale où se concentrent tous les hôtels.

A l’ouest de la plage de sable clair se dresse le Parrot Rock, étrange rocher à l’origine du nom tout aussi mystérieuse. En quelques marches, formées de bois, de roche et de pas mal de vide, on grimpe au sommet de ce gros caillou, bien plus vaste que ce qu’il ne paraissait au départ. De là-haut, on a un peu l’impression d’être sur une île aux pirates. Végétation luxuriante, mer de caraïbes s’abattant sur la roche noire et vue panoramique sur l’immense plage. Le Parrot Rock, offre une perspective vraiment différente sur Mirissa.

Sur le chemin du retour, on rencontre les fameux pêcheurs à échasse, étranges silhouettes installées sur de grands poteaux de bois. La pêche sur échasse est en effet typique de cette région, bien que ses origines soient obscures. Certains se servent d’une canne à pêche pour attraper de petits poissons, d’autres utilisent un filet qu’ils agitent doucement pour appâter le poisson. En haute saison, les pêcheurs peuvent en attraper jusqu’à 5 kilos !

Nous avions entendu beaucoup de mal de cette activité, notamment en raison de l’engouement des touristes pour cette tradition et des dérives qu’il entraine. Désormais, on trouve sur les côtes des « figurants », aidés de rabatteurs faisant payer chaque cliché. Par chance, sur la toute petite plage face à notre hôtel, on ne rencontre pas ce type de pratique et les pêcheurs sont tout ce qu’il y a de plus réel.

Sous la douce lumière du soleil couchant, dans un air encore chaud, on repart tranquillement au bord de l’eau. Au bout de la route, les banquettes du Doctor’s House se remplissent peu à peu, la musique résonne, le four à pizza chauffe… et la journée de repos s’achève.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La magie d’une rencontre avec les tortues de Pohlena

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Le logement

Turtle Eco Beach, Beach Road, Battalawatta, Madiha, Matara, Matara, Matara, 81000, Sri Lanka
L’hôtel est idéalement situé à quelques minutes à pied de la plage de Polhena. Il se compose de cinq maisons de pêcheurs rénovées disséminées dans un agréable jardin tropical entourant une piscine. Les chambres sont plutôt simples, et certaines ont une salle de bain à ciel ouvert. Les salles de bain situées à l’intérieur des chambres n’ont pas de porte.

Les repas

The Doctor’s House 87, Beach Road, Madiha, Matara 81000, Sri Lanka
Une fois n’est pas coutume, l’hôtel ne propose pas de diner. On opte donc pour le restaurant voisin avec une immense terrasse sous les palmiers. le lieu est connu pour ses grandes fêtes en saison mais, à notre époque, il était plutôt tranquille. Les plats principaux sont plutôt bons mais il vaut mieux passer sur les desserts.

Sur les traces du léopard

28 mars 2022

Nous filons de nouveau pour une excursion safari dans le parc le plus célèbre du Sri Lanka : Yala. Il nous a beaucoup divisés. D’un côté, le parc est l’un des meilleurs endroits au monde pour voir les léopards qui y sont particulièrement nombreux. De l’autre, cet attrait en fait un lieu parfois surfréquenté avec des pics pouvant atteindre 700 véhicules par jour dans le bloc 1 (le parc en comprend 5).

On se laisse tout de même tenter avec une formule à la journée pour avoir la possibilité de s’aventurer plus loin que le bloc 1, très majoritairement choisi par les touristes qui optent le plus souvent pour une demi-journée.

A peine arrivés, on tombe sur une famille entière de langurs, résolument mes petits chouchous du voyage. Des jeunes de tout âge nous offrent des scènes craquantes, les plus petits ne semblent d’ailleurs pas avoir plus de quelques jours. Un premier petit singe joue distraitement avec des brindilles pendant qu’un second s’interroge sur l’utilité que pourrait bien avoir sa queue. Un peu plus loin, deux autres petits apprennent à se déplacer sans s’éloigner de leurs mamans, un autre se fait épouiller sans ménagement, observant avec envie ses cousins qui bondissent d’arbres et arbres. La journée commence bien !

Yala présente une diversité de paysages étonnante, passant de zones verdoyantes à des sortes de savane africaine au fil des kilomètres. Terre, eau, sable, roche… tout y passe. La faune en est forcément tout aussi variée. Mammifères, batraciens, reptiles, oiseaux…on croise de tout. Notre guide est tranquille et patient, il s’arrête aussi souvent qu’on le souhaite, veillant toujours à nous permettre d’observer au mieux les animaux, parfois bien cachés. Auriez-vous repéré le varan dans l’arbre ?

A force de rouler, on passe la lisière d’une forêt pour découvrir la mer. Quelques baraques de pêcheurs sont posées là, au milieu de ce monde animal. Au loin, une dizaine de buffles piétinent dans l’eau salée, près des dunes d’un sable presque doré. On s’arrête ici pour une courte pause, suivi de près par quelques oiseaux louchant avidement sur nos fruits.

Un tout autre univers nous attend désormais. De larges étendues d’eau claire s’étendent désormais au pied des montagnes. Lentilles, herbes et nénuphars sont à l’honneur au milieu de troncs cendrés qui ponctuent ces vastes étendues lisses. Au loin, on devine les éléphants qui traverse la zone en quête de fraicheur, enfoncés dans l’eau jusqu’aux genoux, seulement dérangés par quelques martin-pêcheurs qui tournoient dans les airs, arborant leurs ailes bleutées. Loin du reste du parc et de tout autre véhicule, on trouve ce secteur envoutant avec ces couleurs douces et sa lumière étrange.

Il ne faudra pas rouler longtemps pour trouver l’agitation tant redoutée de Yala. Un léopard a été repéré dans une zone boisée et tous les véhicules semblent s’être passé l’information. On se retrouve à 15, peut-être 20 jeeps, et les ennuis commencent. Les chauffeurs roulent à tout vitesse, guettant le moindre signe de la présence du félin. C’est la bousculade : les moteurs s’affolent, les voitures font demi-tour précipitamment à mesure que le pauvre animal se déplace. On finit même par redouter l’accident lorsque le léopard sort du bois, pris en chasse par un chauffeur zélé,  pour trouver refuge un peu plus loin.

Cette fois encore, on regrette vraiment le manque de formation et de pédagogie des chauffeurs/pisteurs, soucieux d’offrir à tout prix à leur client un cliché de léopard. Dans tout ce bazar, par chance, on aura trouvé notre chauffeur sans doute plus posé que la moyenne. On en est ravis, malgré notre seul et unique cliché un peu décevant.

Pour tenter de limiter l’impact de la fréquentation touristique du parc sur les animaux, Yala impose tout de même un arrêt de 2 heures des voitures en milieu de journée. On se retrouve donc sur un parking au bord d’un petit cours d’eau avec une dizaine d’autres jeep pour une pause déjeuner. Le spot est visiblement bien connu des macaques qui ont investi les arbres et guettent la moindre faute d’inattention pour rentrer dans les voitures et chaparder à manger. Il faut bien admettre que ça nous amuse beaucoup.

On les observe longuement, ces petits singes malins à l’affût dans les arbres. Ici aussi c’est toute une famille qui nous entoure. On apprend à reconnaître les mâles et les jeunes, on observe les tout petits découvrant le monde et on devine déjà chez eux quelques traits de caractère. Certains restent sagement cramponnés à leur maman, d’autres montrent beaucoup de curiosité face au monde qui les entoure, d’autres encore n’hésitent pas à tester quelques bêtises à la moindre occasion. Sourire aux lèvres, on se dit que, décidément, nous ne sommes pas si éloignés d’eux.

Notre journée se termine avec une dernière belle surprise. Arrêtés au bord d’un plan d’eau, on a la joie de croiser une harde d’éléphants venus se rafraîchir tout près de notre jeep. Pendant de longues minutes ils savourent cet îlot de fraicheur, se roulant dans l’eau, chahutant ou avalant bruyamment des litres et des litres d’eau. Les plus petits s’enfoncent complètement, nageant presque, leur trompe dressée dans les airs comme un tuba. Ce manège terminé, ils regagnent la berge, se couvrent de sable et disparaissent dans la forêt sans un bruit.

On roulera encore quelques heures dans Yala, moins chanceux cette fois, un peu assommés par le soleil. On rentre finalement contents de l’expérience, le cœur tout de même un peu serrés pour les léopards qui préfèreraient sans doute une vie plus paisible. Alors oui, le parc de Yala est sans aucun doute à faire mais mieux vaut dans ce cas bien se renseigner avant de choisir un prestataire et poser, dès le début, les règles du jeu avec votre chauffeur.

les animaux vus par Ptit Jo

L’entelle ou langur (Semnopithecus entellus) est un singe sacré en Inde. Il vit en bande d’environ 25 individus.

Le cerf axis (Axis axis) coopère avec les entelles pour se nourrir : les entelles font tomber de la nourriture des arbres pendant que le cerf, aidé de son odorat, alerte en cas de danger.

Le buffle d’Asie (Bubalus arnee) passe une grande partie de son temps à se baigner dans les rivières et dans la boue pour se protéger des piqûres d’insectes

Si la morsure du varan du Bengale (Varanus bengalensis) n’est pas venimeuse, elle peut tout de même provoquer des septicémies foudroyantes…

Le sambar (Cervus unicolor) est le seul cervidé dont les faons ne sont pas tachetés de blanc.

Le Martin-Pêcheur de Smyrne (Halcyon smyrnensis) mange en réalité peu de poissons : il se nourrit aussi de grenouilles, de lézards, d’oisillons, des rongeurs ou d’insectes.

Le parc national de Yala présente la plus grande densité de léopard (Panthera pardus kotiya) dans le monde.

Le macaque à coque (Macaca sinica) ont la peau du visage qui rougit avec l’âge.

Les éléphants du Sri Lanka (Elephas maximus maximus) n’ont que rarement des défenses. Les mâles qui en ont sont appelés tuskers.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Parc National de Yala
Entrée 15$ la demi-journée
Ouvert tous les jours de 6h à 18h
Seuls les chauffeurs de jeep agrémentés peuvent conduire dans les parcs nationaux. Il vous faudra donc passer par un prestataire dont le coût varie entre 5000 et 7000 LSK la demi-journée et entre 10 000 et 13 000 LSK la journée.

Le logement

Blue Turtle Hotel, Kataragama Road,, Monaragala, 119/2 Tikiriwewa, Mahasenpura, 82600, Sri Lanka
Cet hôtel comme neuf est tenu par un couple de français, installés à quelques kilomètres seulement du parc national de Yala. Les chambres, spacieuses et climatisées, donnent sur une piscine entourée d’herbe, tout comme les espaces communs chaleureux et confortables. Des prestations de massage sont possibles à la demande. Un de nos logements préférés !

Les repas

L’hôtel sert des repas basées sur une carte occidentale proposant quelques assiettes locales que ce soit pour le diner ou pour le pet

Uda Walawe

27 mars 2022

Il fait encore nuit quand nous quittons nos tentes pour embarquer dans une jeep aménagée pour les safaris. L’ambiance silencieuse des premiers kilomètres sous le jour se levant doucement nous rappellent de bons souvenirs de Namibie et du Botswana. A l’entrée du parc national Uda Walawe, on s’inquiète un peu de voir les jeeps rangées le long de la route, attendant l’ouverture, et quelques vendeurs à pied proposer eau et chapeau. Heureusement, à peine l’entrée passée, chacun part dans sa direction et nous resterons quasiment seuls tout au long de la matinée.

Le jour est maintenant levé mais offre un ciel étrange, un peu blanc et brumeux. Rapidement, on aperçoit notre premier éléphant au bord d’un lac, occupé à s’arroser copieusement. Ces oreilles toutes roses et sa trompe parsemée de points clairs le rendent identifiable entre tous les éléphants de la réserve. D’autres se devinent dans les bois, plus farouches.

On croise également nos premiers paons dans les arbres, parfois franchement haut perchés, et des dizaines d’oiseaux de toutes sortes plein de couleurs. Les cris des paons résonnent régulièrement dans la broussaille, ponctuant le trajet à intervalle régulier. On en croise un, puis deux, puis dix et on arrête de compter tant ils sont nombreux. Aucun ne se décidera pourtant à faire la roue. Le parc, très boisé, offre un abri à de nombreux animaux plutôt discrets. Les cerfs se confondent avec leur environnement, les singes se dissimulent dans les hautes branches mais, finalement, on les observe assez facilement en étant un peu attentif.

Quelques carnivores occupent également les lieux. Le fameux léopard, toujours introuvable, mais aussi de petites mangoustes à la vivacité étonnante et aux dents sacrément pointues. On rencontre aussi, le chacal sri-lankais que l’on met un certain temps à identifier, caché dans les hautes herbes. Contrairement à celui que nous avions eu à l’Ecopark, notre chauffeur semble tenir à approcher les animaux de façon respectueuse et à nous garder loin des autres véhicules. On apprécie d’autant plus la balade qu’elle se fait dans des conditions sereines ou chaque rencontre est une jolie surprise.

On quitte le parc par une route surélevée bordée d’un côté par une jungle dense, de l’autre par un immense réservoir d’eau. Au bout de la route, des montagnes couvertes de verdure se dissimulent dans la brume. Ceux qui ne se dissimulent pas du tout en revanche sont les buffles, pas effrayés le moins du monde par cette route passante. Ils broutent effrontément sur les bas-côtés, traversant quand cela les chantent. À l’ouest du réservoir, la forêt prend le pas sur l’eau et une mince langue de terre grignote l’eau. On y découvre avec surprise tout un groupe d’éléphants déambulant tranquillement sur la rive.

Le petit déjeuner avalé au camp, on file vers l’Éléphant Transit Home pour l’une des plus jolies séquences de mignonnerie du voyage. Le centre recueille en effet les éléphants orphelins et blessés et les relâche dans le parc national une fois remis sur pieds, parfois au bout de longues années. S’il n’est pas possible d’approcher les animaux, il est en revanche possible d’assister à leur nourrissage depuis une plateforme et de visiter le centre d’information, plein d’anecdotes intéressantes. 

La scène ne dure pas si longtemps mais provoque assurément de larges sourires sur les visages. Les éléphants sont, par petits groupes, amenés d’une large prairie vers le cœur du centre où les attendent toutes sortes de branchages mais aussi d’impressionnantes rations de lait. A peine l’accès ouvert, on les voit trottiner en file indienne jusqu’à la nourriture, barrissant parfois d’impatience. On trouve ici des spécimens presque adultes mais aussi de tout jeunes éléphanteaux encore couverts d’un épais duvet. Si on ne peut s’empêcher d’avoir le cœur un peu serré devant leur nombre, on se laisse vraiment attendrir par ces scènes de vie touchantes. Pour tous ceux qui le souhaitent, une boîte est disponible à l’entrée pour les dons qui permettent de financer soins et nourritures pour ce refuge modèle au Sri Lanka.

Le plein de tendresse fait, Chin nous emmène doucement vers d’autres paysages et roule vers le Sud où mer et soleil nous attendent après une dernière étape animalière. On passera le reste de la journée dans notre hôtel, profitant d’un moment de pause avant d’entamer les derniers jours de notre voyage.

les animaux vus par Ptit Jo

Les éléphants du Sri Lanka (Elephas maximus maximus) n’ont que rarement des défenses. Les mâles qui en ont sont appelés tuskers.

Le macaque à coque (Macaca sinica) ont la peau du visage qui rougit avec l’âge.

Le cerf axis (Axis axis) coopère avec les entelles pour se nourrir : les entelles font tomber de la nourriture des arbres pendant que le cerf, aidé de son odorat, alerte en cas de danger.

Le guêpier d’Orient (Merops orientalis) est capable d’imaginer ce que son prédateur peut voir ou non, faculté partagée uniquement par les Hominidae

Le mâle paon bleu (Pavo cristatus) peut atteindre 2.25m en comptant la longueur totale de sa queue ! Il préfère courir plutôt que s’envoler.

La mangouste indienne grise (Herpestes edwardsii) vit le plus souvent en couple dans un terrier. Elle est curieuse et se retrouve souvent autour des villes.

Le chacal sri-lankais (Canis aureus naria) est essentiellement charognard. Il complète son alimentation avec des rongeurs, des œufs, des fruits ou des insectes.

Le buffle d’Asie (Bubalus arnee) passe une grande partie de son temps à se baigner dans les rivières et dans la boue pour se protéger des piqûres d’insectes

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Parc National d’Uda Walawe
Entrée 4000 LSK
Ouvert tous les jours de 6h à 18h
Seuls les chauffeurs de jeep agrémentés peuvent conduire dans les parcs nationaux. Il vous faudra donc passer par un prestataire dont le coût varie entre 5000 et 7000 LSK la demi-journée.

Elephant Transit Home, CRG8+MJF, C.P.D De Silva Rd, B427, Udawalawa, Sri Lanka
Entrée 500 LSK
Ouvert tous les jours de 8h à 18h
Nourrissage à 9h, 12h, 15h et 18h

Le logement

Blue Turtle Hotel, Kataragama Road,, Monaragala, 119/2 Tikiriwewa, Mahasenpura, 82600, Sri Lanka
Cet hôtel comme neuf est tenu par un couple de français, installés à quelques kilomètres seulement du parc national de Yala. Les chambres, spacieuses et climatisées, donnent sur une piscine entourée d’herbe, tout comme les espaces communs chaleureux et confortables. Des prestations de massage sont possibles à la demande. Un de nos logements préférés !

Les repas

L’hôtel sert des repas basés sur une carte occidentale proposant quelques assiettes locales que ce soit pour le diner ou pour le petit-déjeuner.

Dans les pas de Sir Lipton

26 mars 2022

Après un dîner d’anthologie et un petit déjeuner au moins aussi copieux chez Dean, il est l’heure de reprendre la route. Cette fois, c’est en tuk tuk qu’on démarre la journée au cœur des plantations d’Haputale. Deux par deux, on embarque sur les routes de montagne et, très vite, on se retrouve complètement cernés par les plantations de thé. Nos chauffeurs prennent leur temps et on s’arrête un peu partout en route autant pour des photos que pour des explications. On commence ainsi par s’intéresser aux feuilles de thé en elles même.

Seules les plus vertes sont ramassées, celles d’un vert plus vif et plus clair. La première, encore refermée sur elle même, sera utilisée pour la fabrication du thé blanc. La seconde, la plus petite des jeunes feuilles ouvertes, sera destinée à la production de thé vert. Enfin, les deux suivantes sont au coeur de la réputation de Ceylan et permettent de fabriquer le fameux thé noir. Tout le reste est laissé sur l’arbuste.Pour la première fois, on découvre aussi les fleurs de thé, blanc et jaunes aux airs des fleurs d’arbres fruitiers.

Dans notre tuktuk assorti au décor, on s’élève encore parmi les champs, découvrant l’un des nombreux sanctuaires religieux disséminés dans les plantations. Les cueilleurs étant le plus souvent d’origine tamoul, les  sanctuaires hindous sont les plus courants. C’est ainsi que, en haut d’une série de marches (encore !), au cœur de la verdure et de quelques habitations, on s’arrête dans un petit temple hindou coloré, mais pas autant que celui que nous avions visité près de Kandy.  Lui aussi est chargé de sculptures et de peintures de toutes sortes.

Toujours sur la route, nous rencontrons un groupe de cueilleuses en plein travail… et quel chantier ! Armées d’un sac fixé sur le haut de leur tête et retombant dans le dos, elles parcourent les plantations parfois franchement abruptes pour ramasser les plus belles feuilles. Une fois plein, les sacs pèsent en moyenne 8 kilos ! Ils sont alors ramenés à un point de pesée puis vidés sur de grandes bâches. Les hommes emballent alors le thé dans de nouveaux sacs ajourés et les chargent dans des camionnettes qui filent vers la fabrique. On est impressionnés par la dextérité, la vitesse mais aussi par la force de ces femmes qui affrontent montagne et chaleur à longueur de journée.

En arrivant au sommet de la colline, on découvre une vue fantastique sur les plantations de thé entrecoupées des potagers communs. Nous venons de pénétrer dans les champs appartenant à Lipton, qui finance des villages entiers pour leurs employés. Cueilleuses et ouvriers sont donc logés au cœur des montagnes, leurs enfants allant à l’école elle aussi financée par la firme. Le décor est vraiment grandiose, plein de couleurs et de relief, balayé par des vagues de nuages. On poursuit notre route jusqu’au belvédère de la plantation, le Lipton Seat, où Sir Thomas Lipton avait l’habitude de s’installer pour contempler ses terres. Le site ayant été complètement pris dans le brouillard au moment de notre arrivée, on l’aura finalement assez peu apprécié.

Sur le chemin du retour, on fait un rapide arrêt à la Dambatenne Tea Factory, la première achetée par Lipton au moment de démarrer son commerce, espérant en ressortir incollable sur la fabrication du thé. La visite est un peu expéditive mais permet de visualiser toutes les étapes du processus aidés d’un petit papier en anglais, histoire de dépasser la barrière de l’accent. On est cependant déçus par le fait qu’aucune dégustation ne soit proposée à la sortie.

Après une longue route, parfois sous la pluie, Chin nous arrête le long de la route, près des chutes de Diyaluma, parmi les plus connues du pays. On s’embarque de nouveau dans une ascension de montagne, suivant une trace parfois un peu floue avant d’arriver au sommet d’un à-pic où une petite rivière s’écoule tranquillement avant de se jeter dans le vide et d’échouer sur la roche, 170 mètres plus bas. La petite rivière est un lieu prisé pour le camping et de nombreuses personnes sont venues s’y installer pour la nuit, profitant d’une vue dégagée sur la vallée. En remontant le cours d’eau, on tombe rapidement sur une autre cascade, nettement plus petite, mais plutôt jolie. Le temps un peu menaçant et le jour bien avancé nous poussent à faire demi-tour et à reprendre la route, prêt pour un nouveau changement de décor.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le sommet des plantations Lipton entourant les potagers collectifs. Un paysage fantastique !

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Lipton’s seat, Q2J8+86J, Dambethenna Estate, Lipton Seat Rd, Haputale, Sri Lanka
Entrée 500 LSK + 100 par véhicule. Comptez environ 2500 LSK aller-retour pour le tuk tuk

Dambatenne Tea Factory, Q2M3+4F4, Bandarawela, Sri Lanka
Entrée 1000 LSK
Ouvert du lundi au samedi, de 6h à 19h30

Chutes de Diyaluma, P2MJ+7H3, Colombo -wellawaya, Colombo – Batticaloa Hwy, Koslanda, Sri Lanka
Comptez 45 minutes pour atteindre le sommet. Le parcours est ici : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/sri-lanka/badulla/diyaluma-falls

Le logement

Athgira River Camping, Mudunmankada Road, Rathnapura, Udawalawe, 70190, Sri Lanka
Ce campement permanent est situé en pleine nature et en bordure de rivière. La plupart des tentes sont orientées face au cours d’eau et sont équipées d’une vraie salle de douche avec toilettes. Étant arrivés tard et repartis très tôt, on aura assez peu visité les lieux finalement. Deux piscines sont disponibles.

Les repas

Le campement propose un large buffet et des grillades pour le diner ainsi qu’un buffet pour le petit déjeuner. L’endroit accueille beaucoup de groupes et manque un peu d’intimité.

La tête dans les nuages

25 mars 2022

Note journée débute dans la douceur du Clove Garden alors qu’il fait encore nuit noire dehors. Une petite voiture nous attend, bien moins imposante que celle de notre chauffeur habituel, pour nous emmener dans les montagnes, sur une route étroite et sinueuse. On roule une bonne heure dans le noir avant de percevoir le jour derrière les arbres. On grimpe encore un moment avant de s’arrêter au portail d’entrée du parc national d’Horton’s plains.

Cet immense plateau, baigné par les sources des trois grands fleuves du Sri Lanka, est réputé pour sa faune et sa flore tout en diversité. Avant de le découvrir à pied, on s’enfonce encore un peu dans le parc sous une lumière incroyable. Les rayons du soleil couvrent d’un manteau doré les hautes herbes, passant à travers les nuages pour souligner l’ombre des daims dans la plaine. Le paysage est formidable, parsemé de rosée, dans une douce fraîcheur. On regretterait presque de ne pas être partis encore plus tôt.

On nous dépose sur le parking du centre de conservation, fermé à cette heure, face à une mer de nuages remontant progressivement de la vallée. Les rayons du soleil se cachent entre les arbres, une douce brume entoure le décor. Le centre est le point d’une jolie boucle accessible à tous les randonneurs près à parcourir une dizaine de kilomètres.

Arrivés au point de départ, on opte pour le côté gauche, plus difficile mais aussi plus proche des points de vue. On marche un moment dans la forêt, sens en alerte, espérant croiser singe ou léopard. Nous sommes presque seuls dans ce silence du matin.

La vue se dégage finalement et l’escarpement rocheux se laisse deviner. Joliment baptisé le World’s End, il surplombe, quelques 900 mètres plus bas, les plantations de thé de la vallée de Nuwara Eliya entourée de quelques-uns des plus hauts sommets du pays. Les nuages, déjà hauts à cette heure, masquent un peu l’effet du vide mais le point de vue reste impressionnant. On se félicite d’avoir commencé dans ce sens car une brume de plus en plus dense engloutit le paysage à vue d’œil.

Le sentier repart dans les plaines sous un soleil de plus en plus haut. Partis équipés comme des oignons, on retire les couches de vêtements une à une au fil des kilomètres. La vue est maintenant bien dégagée sur le plateau mais aucun léopard ne se décide à montrer le bout de son museau. A mesure que l’on se rapproche de l’eau, de grands arbres ressemblant beaucoup à des rhododendrons apparaissent, parfois par forêts entières. Les randonneurs sont plus nombreux désormais, surtout aux abords de la cascade Baker baignée de fraîcheur. Il ne nous reste qu’une dernière ligne droite (et un escalier qui grimpe fort) avant de regagner le parking où nous attend notre chauffeur assoupi.

La journée se poursuit près de Ella avec l’ascension du Little Adam’s Peak. Le sentier n’est pas très long et grimpe en tournicotant dans les champs de thé qui bordent la petite ville animée. Sur le chemin, on passe devant un complexe de bars et de piscines en construction à la musique bruyante puis, alors que les enfants nous proposent des king coconuts une longue tyrolienne file au-dessus de nos têtes. Arrivés en haut du sentier, c’est encore une série de marches qui nous permet d’accéder à la crête recherchée. Le temps maussade donne des couleurs un peu dramatiques aux paysages, renforçant les nuances de vert.

Une fois redescendus, Chin nous guide à travers la jungle et nous lâche sur un tout petit chemin qui circule à travers les arbres, loin de de tout. On tombe sur quelques vaches cachées dans les broussailles avant de déboucher sur une vallée située un peu en contrebas. Le célèbre pont aux neuf arches apparaît alors au milieu d’un océan de verdure. Coup de chance, des horaires accrochées directement sur un arbre nous annoncent l’arrivée prochaine d’un train. Quelques minutes après, un train bleu tout comme celui que nous avons emprunté la veille s’immobilise sur l’ouvrage de pierre et l’endroit fourmille tout à coup.

Les passagers descendent prendre des photos, les vendeurs de grignotage et de boissons installés aux abords sortent leurs paniers et défilent le long des voitures, les locaux continuent, imperturbables, leur route le long des voies. Une averse éclair disperse tout ce petit monde en un clin d’œil, offrant des couleurs intenses au décor. Elle s’arrête aussi vite qu’elle avait débuté, nous permettant de reprendre notre chemin en sens inverse, charmés par cette jolie journée.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le lever de soleil sur les plaines d’Horton

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Parc National de Horton Plains
Entrée 4000 LSK
Ouvert tous les jours de 6h à 18h
Pour en profiter au maximum et admirer le lever du soleil, il faut vraiment être là avant l’ouverture. Comptez 1h30 de trajet depuis Nuwara Eliya.
Pour la rando, on conseille le sens le plus « difficile » (à gauche au carrefour) pour arriver au point de vue le plus rapidement. Seule la dernière partie présente une montée un peu abrupte mais courte.

Little Adam’s peak
La balade n’est pas vraiment indiquée. Nous avons pris le large chemin qui grimpe dans les champs de thé près du restaurant Ella Flower Garden Resort. Une fois arrivé au Flying Ravana Mega Zipline, il ne reste qu’une centaine de marches à gravir.

Pont aux neuf arches
Il existe sans doute différents itinéraires pour s’y rendre mais le notre a débuté du même parking face au Ella Flower Garden Resort. Une allée descend jusqu’au Bunk Station Hostel. en le poursuivant, on arrive à des petites maisons (Salini Homestay) qui donne sur des rizières. Un chemin étroit passe devant ses maisons en tournant à gauche et longe les rizières. En le suivant un bon moment, nous avons atterri sur un point de vue en hauteur sur le train. Les horaires de passage y étaient affichées à même les troncs d’arbres. Le sentier redescend à la sortie du tunnel et permet de rejoindre le point à pied.
Le train passe 4 fois par jour dont une généralement entre 15h et 16h30.

Le logement

Deen’s Homestay, Monisha Villa, Hamparawa, Bandarawela, Bandarawela, Sri Lanka
Deen’s Homestay n’est clairement pas le plus bel hôtel que nous avons eu. Les chambres sont assez basiques et la salle de bain aussi… mais on s’y sent vraiment bien ! les chambres sont situées au dernier étage de la maison familiale et donnent sur une petite terrasse et des espaces communs confortables. La maison est entourée d’un jardin avec fleurs et potagers. Chez Deen, tout le monde est souriant et accessible… et surtout, on y mange très bien !

Les repas

Comme toujours, nous dînons à l’hôtel mais ce rice and curry là nous aura marqué ! Avec d’immenses sourires, on nous apporte encore une nouvelle recette de ce plat national avec des plats débordants sans cesse remplis. On goûte à tout avec curiosité et on se régale à chaque bouchée. Un vrai bon moment, comme à la maison ! Le petit déjeuner n’est pas en reste, impossible d’en venir à bout malgré toute notre bonne volonté.

Un train pas comme les autres

24 mars 2022

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé le train. Des premiers souvenirs des trains de nuit pour l’Italie aux aller-retours récurrents entre l’école et la maison, chaque voyage passé le nez collé à la fenêtre paraissait être une aventure. Les images de trains traçant leurs routes au cœur des champs de thé, fenêtres et portes grandes ouvertes sur des paysages grandioses, trottent donc dans mon esprit depuis des lustres. Autant dire que j’attendais cette journée avec autant d’impatience que d’inquiétude.

Nous voici donc sur le quai de la gare de Kandy, attendant le train pour Nuwara Eliya en compagnie d’une foule de touristes, de familles, de moines, d’écoliers et des inébranlables chiens qui semblent avoir colonisé sagement chaque recoin du pays. En passant par notre agence, nous avons pu obtenir des places réservées. On découvre donc notre voiture aux sièges un peu vieillis mais confortables, balayés par l’air du ventilateur tournant au plafond. Chacun s’installe et, largement en retard, nous partons enfin !

L’air s’engouffre par les fenêtres grandes ouvertes du wagon, l’air chaud caresse le visage et la musique retentit. Par les haut-parleurs de wagons, on entend Sean Paul ou Ed Sheeran entrecoupés de musiques aux sonorités indiennes. Les premiers kilomètres défilent. Quelques amis s’installent entre deux voitures pour jouer aux cartes, d’autres filent s’assoir aux portes grandes ouvertes, les pieds dans le vide. Au bout du wagon, un petit groupe danse sur la musique en riant.

On quitte rapidement les paysages urbains dans cette ambiance chaleureuse pour découvrir un monde plus vert et plus rural. De gares en gares, on rencontre des centaines d’écoliers en uniforme blanc impeccable. On observe aussi la vie qui défile le long des rails, parfois très près, et le bazar engendré par notre arrivée à chaque passage à niveau. les premiers eucalyptus apparaissent finalement, le terrain devient de plus en plus vallonné. A vitesse mini, on arrive finalement au pays du thé.

Du thé partout. Du thé à perte de vue.

Le paysage qui, a lui seul aurait suffit à justifier mes envies de Ceylan, défile désormais sous nos yeux. On traverse montagnes et collines, rivières et petites cascades mais, surtout, de gigantesques plantations. Dans les champs, on rencontre les cueilleuses affairées et les enfants qui rentrent de l’école. Certains nous observent avec d’immenses sourires, adressant des grands signes de la main.

Un contrôleur m’ouvre la porte et je cède moi aussi à la tentation des gens dans le vide, calée contre une paroi, appareil photo à la main. Ce monde de verdure parait incroyable, baigné d’un soleil chaleureux. Au bout de quelques heures, on rencontre un premier tunnel. les habitués restent immobiles, les touristes rentrent précipitamment leurs jambes, un air frais s’engouffre dans la voiture. Le train s’agite brusquement: les passagers se mettent à crier comme dans des montagnes russes et s’arrêtent dès le retour de la lumière. A chaque tunnel, le même manège se répète. on finit par crier aussi pour s’amuser.

Dans les allées, la musique s’est tue. Les vendeurs ambulants passent distraitement dentre les rangées de sièges qui se sont vidés au fil des gares fleuries. Les voyageurs ont désormais le nez rivé à la fenêtre, perdus dans leurs pensées. Bercés par le ronronnement du train, on regarde encore ces champs de verdure s’étendre vers l’horizon avant de deviner Nuwara Eliya et ses files de tuk tuks.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Nous serons restés des heures dans le train sans en regretter une minute. Une journée parfaite !

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Voyage en train
Nous avons opté pour le trajet entre Kandy et Nuwara Eliya mais il est aussi possible de poursuivre jusqu’à Ella.
Gare de Kandy – gare de Nanu Oya (Nuwara Eliya) en train : 4H30 – 160 LKR/pers. pour un billet en seconde classe
Il n’est pas possible d’acheter ses billets en ligne, il faudra donc aller à la gare le plus tôt possible (idéalement plusieurs jours avant). Étant passé par une agence de voyage, nous avons pu réserver à l’avance moyennant une commission.
Si vous pouvez choisir une porte pour faire ce beau voyage, préférez le côté droit 😉

Pedro Tea Factory, WQXQ+VJQ, Nuwara Eliya 22200, Sri Lanka
Entrée 500 LSK
Ouvert tous les jours de 8h à 11h et de 14h à 16h. L’usine est à l’arrêt l’après-midi, il faut donc venir le matin pour voir les machines en activité.
Nous avons été très déçue par cette visite que nous avons trouvé très courte. Les explications données sont très succinctes et on a l’impression de déranger tout du long. A l’arrivée, on nous offre un thé au hasard sans nous préciser lequel, parmi toute la gamme proposée, est servi. On repart donc rapidement, les mains vides.

Le logement

Villa de Roshe, 60 6C Unique View Road, Nuwara Eliya, Nuwara Eliya, Sri Lanka
Située sur les hauteurs de Nuwara Eliya, la Villa de Roshe et ses deux tourelles a tout du cottage britannique. Il n’y a que trois chambres, immenses et confortables. La salle de bain est particulièrement grande et bien équipée. En bref, on s’y sent bien. Des espaces communs sont disponibles au rez de chaussée mais nous n’en avons pas profité par manque de temps.

Les repas

Une fois encore nous avons diné à l’hôtel avec un rice and curry réinterprété qui nous a ravis. Avec un temps frisquet à l’extérieur, on s’est senti particulièrement bien ce soir-là, comme dans un cocon. Nous n’avons pas pu tester le petit déjeuner habituel, partis trop tôt le matin mais l’hôtel nous avait préparé une version à emporter.

Voyage dans le passé

23 mars

Pour cette dernière journée orientée vers la culture, nous partons pour Dambulla, point de passage presque obligé sur la route de Kandy. L’endroit est surtout réputé pour son Golden Rock Temple en deux parties.

Chin nous dépose au pied d’un grand escalier de pierres grises qui grimpe vers la partie ancienne, face à une école bouddhiste où des hommes de tout âge ont revêtu la traditionnelle tenue orange. Dans une atmosphère moite et un peu grisonnante, on se lance donc dans une nouvelle ascension. Sur le chemin, les arbres s’agitent au passage des macaques venus guetter les encas des touristes et les offrandes des locaux.

Au sommet, on dépose nos chaussures à la consigne et on passe les lourdes portes peintes pour découvrir le site. A l’heure où nous arrivons, nous sommes finalement surpris de ne trouver quasiment que des Sri-lankais sur place. Des familles entières ont gravi les marches, apportant de larges assiettes de fruits ou de fleurs. Une façade récente d’un blanc immaculé masque l’entrée des grottes transformées en temples au fil des siècles. Les premiers moines ermites se seraient d’ailleurs installés ici dès le 3e siècle av JC.

Guide à la main, on découvre avec étonnement les cinq cavernes aux tailles et aux décors différents, marquées par une succession de styles et d’empires. Les plus étroites dégagent une puissante odeur de fleurs, frangipaniers et nénuphars étant déposés tous les jours par les fidèles. Les sanctuaires mêlent peintures et sculptures de toutes sortes, mixant les représentations, à mi-chemin entre Histoire et mythologie. Les plus veilles statues ont parfois gardé la trace des pellicules d’or qui les recouvraient dans des temps plus anciens.

Cette première visite terminée, on redescend par un second escalier nettement plus fréquenté que le premier. Sur les côtés, on y trouve vendeurs de babioles, de nourriture ou de fleurs avant d’arriver à l’ouvrage le plus kitch que nous ayons croisé dans le pays. Le Golden Temple est surmonté d’un bouddha doré colossal dont la position des mains représente l’enseignement de bouddha à ses disciples. Sous ses pieds, le bâtiment bariolé abrite un musée du bouddhisme qui ne nous a pas vraiment inspirés.

Après cette plongée dans l’histoire bouddhiste, on poursuit notre route vers Kandy avec un nouvel arrêt, dans un temple hindouiste cette fois. Le Sri Muthumariamman Thevasthanam est notre première rencontre avec cette religion. L’extérieur est déjà une révolution.

Le temple est submergé de centaines de statues représentant toutes sortes de dieux et d’avatars bariolés dans une incroyable accumulation. Les couleurs chatoyantes de l’extérieur n’ont rien à envier à celles que l’on retrouve une fois la porte franchie. Arrivés à la fin d’une cérémonie, on pénètre dans les lieux dans un formidable vacarme, les yeux grands ouverts sur une multitude de couleurs et de fresques. Dehors, on a même la chance de tomber sur un mariage traditionnel et de découvrir les formidables tenues des invités.

Nous arrivons finalement à Kandy dans l’après midi et sommes, en première approche, un peu déçus par la ville. Ancienne cité royale, on s’attendait à lui trouver un charme fou et des rues gorgées d’Histoire. Finalement, ses rues ressemblent à toutes les grandes villes, accumulant les devantures de magasin dans un défilé constant de voitures, de bus et de tuktuks. Les murs de l’ancienne cité royale font finalement figure d’exception dans ce décor. Installée au bord d’un grand lac, elle est le seul endroit où nous trouvons un peu de calme et de paix.

La cité royale, bordée de douves, abrite surtout le Temple de la Dent, lieu de culte et de pèlerinage pour un grand nombre de fidèles. Une atmosphère curieuse se dégage de ce sanctuaire sur deux étages majoritairement constitué de bois. Il abriterait en effet une dent de Bouddha, partie d’Inde vers Ceylan cachée, selon la légende, dans les cheveux d’une princesse. Il règne donc dans ses murs une ferveur toute particulière. Les tables d’offrandes croulent sous les fleurs, dégageant un parfum entêtant à l’étage supérieur. Face à tant de ferveur et de recueillement, on n’osera pas prendre des photos, préférant laisser aux fidèles leur moment sans être dérangé.

La cité royale se visite en réalité assez rapidement. Elle se compose de l’ancienne salle du trône, d’un petit musée consacré à Raja, un éléphant ayant servi le temple durant des décennies, et d’un musée international du bouddhisme. Pas forcément convaincus, on y entre pourtant par curiosité. Si le musée n’abrite rien d’ancien, il permet en revanche de s’intéresser à la diffusion du bouddhisme dans la monde et aux différentes représentations d’un bout à l’autre de l’Asie.

Cette partie historique nous aura finalement occupés beaucoup moins longtemps que prévu. On se dirige alors vers le marché de Kandy pour observer les stands croulant sous les fruits et légumes colorés, les vendeurs de poissons séchés ou d’épices. La plupart des échoppes sont situées à l’extérieur sous des baraques de tôle mais le marché abrite aussi un bâtiment en dur à étages, davantage tournés vers les touristes. On y trouve ici quantités de thé, d’épices ou de souvenirs prêts à être ramenés.

Avant de quitter la ville, on remonte l’artère principale à la recherche d’une boulangerie, bien décidés à tester quelques spécialités locales. Partis à la recherche d’un moyen sûr de traverser l’avenue, on tombe sur un tunnel aux multiples fresques de street art. J’ai un vrai coup de cœur pour ces allées colorées, couvertes de masques traditionnels et d’éléphants.

On s’arrête un peu au hasard devant une vitrine pleine de pains et de gâteaux et on se lance, confiants, dans l’achat de rotis et de chaussons farcis. Jusqu’ici, nous avons été conquis par la cuisine Sri Lankaise, savoureuse sans être trop épicée. C’est donc sans hésiter que l’on croque à pleine dent dans notre grignotage salée. La première bouchée passe sans encombre, la deuxième titille les papilles, la suivante déclenche un incendie dans la bouche ! On réalise finalement, un peu bêtes (et rouges !) que la cuisine des hôtels est sans doute un peu arrangés pour nos palais d’européens…

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les heures de prières au temple de la Dent, dans les odeurs enivrantes de fleurs.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Temple du Rocher Royal
Entrée 1500 LSK + consigne des chaussures
Ouvert tous les jours de 7h à 19h
Mieux vaut venir tôt le matin ou 1h30 avant la fermeture
Les visites guidées ne nous ont pas semblé nécessaire, un bon guide dans le sac à dos suffit probablement.

Sri Muthumariamman Thevasthanam
Entrée 500 LSK + consigne des chaussures
Ouvert tous les jours de 7h à 18h pour l’extérieur et entre 7h/12h et 16h30/19h30 pour l’intérieur.

Temple de la Dent
Entrée 1500 LSK + consigne des chaussures
Ouvert tous les jours de 5h30 à 20h, cérémonies des offrandes entre 5h30 et 7h, 9h30 et 11h ou 18h30 et 20h.
Le billet inclut la visite de la cité Royale (Musée Raja, salle des audiences et musée international du bouddhisme)

Pour les sites sacrées, il est nécessaire de prévoir une tenue couvrant les épaules et les genoux… ou s’équiper d’un paréo lorsqu’il fait chaud !

Le logement

Clove garden, 198/11 George E De Silva Mwt, Kandy, Kandy, 20000, Sri Lanka
L’hôtel est situé dans un grand jardin dans les hauteurs de Kandy. L’environnement et le personnel sont plutôt chouettes. Les chambres (cinq en tout) sont petites mais confortables. La piscine de l’hôtel voisin, à quelques pas, est accessible gratuitement. En revanche, nous y avons trouvé beaucoup de moustiques. Les tarifs des boissons y sont plus élevés que d’ordinaire.

Les repas

Nous avons diné directement à l’hôtel. Les assiettes sont copieuses mais pas spécialement marquantes. Le petit déjeuner est, lui, vraiment énorme avec gaufres ou pancakes. On n’en sera pas venu à bout.

Culture et Safari

22 mars

On poursuit notre périple culturel en partant ce matin vers la cité ancienne de Polonnaruwa, seconde capitale historique du pays bâtie par les monarques au Xe siècle.

On récupère un vélo à l’entrée du site et on file sur les allées, tantôt pavées tantôt sableuses qui traversent ce lieu historique, sorte de citadelle fortifiée. Guide touristique dans la poche, on découvre les spécificités des architectures bouddhistes et hindouistes au fil des arrêts. On apprécie particulièrement le secteur du Quadrilatère, son vatadage circulaire et ses bas reliefs étonnament bien conservés arborant lions, éléphants et divinités.

La balade est agréable et le vélo nous permet d’avoir un peu de fraîcheur. On file entre les zones boisées abritant quantités de vestiges et quelques familles de daims tachetés qui disparaissent à notre passage. Arrivé au Rankoth Vihara, on réalise cependant comme la température est élevée. Le site est entouré de sable et de rares arbres qui couvrent d’un peu d’ombre la cour. Les temples se visitant sans chaussures, on regrette vraiment de ne pas avoir pris de chaussettes ce jour-là. Le sol exposé au soleil depuis des heures est bouillant et on traverse de zones d’ombre en zones d’ombre au pas de course pour limiter les dégâts (comment avoir l’air bête…).

Un peu plus loin, nous découvrons le petit temple hindou de Shiva en pleine cérémonie. Les singes se sont regroupés autour du sanctuaire, attendant avec impatience la distribution des offrandes. Les macaques sont les plus effrontés, débarquant en famille pour se précipiter sur les bananes et pastèques. Dans les arbres, un tout petit peu plus loin, on trouve aussi des langurs, plus discrets et pourtant plus imposants. On adore leur bouille de suie qui surgit dans les feuilles sombres.

Au bout du site, quelques baraques vendent de la coco, des boissons ou des souvenirs sur le chemin de Gal Vihara. Ce secteur abrite 4 bouddhas dont 3 bien plus impressionnants que ceux que nous avions rencontrés auparavant. Si on avait croisé très peu de monde jusque là, tous les touristes semblent désormais s’être regroupés ici. Loin des zones verdoyantes, on visite un lieu très aménagé et presque sans âme que l’on apprécie finalement beaucoup moins que le reste de notre balade où la nature avait repris ses droits.

La journée se poursuit dans un environnement bien différent puisque nous partons pour notre premier safari à la recherche des éléphants d’Asie. Bien plus petits que leurs congénères d’Afrique, ils se distinguent aussi par la rareté de leurs défenses et par leur pigmentation rose sur la trompe et les oreilles. Sur les conseils de Chin, on opte pour le Hurulu Eco Park. En arrivant, on est tout de suite inquiétés par le nombre de jeeps garées sur le parking, prêtes à partir ensemble à l’aventure.

Autant le dire tout de suite, les premiers temps ne nous plaisent pas vraiment. Les voitures se suivent à la file indienne et n’hésitent pas à encercler le premier grand mâle découvert sur le chemin. S’il ne semble pas perturbé ou inquiet, cela nous fait quand même mal au cœur de le voir prisonnier d’une horde de voyageurs armés d’appareils photos. A la grande surprise du chauffeur, on demande donc à partir rapidement.

Un peu plus loin, on rencontre un second jeune mâle et, là aussi, une série de voiture s’attroupe autour de lui. Le jeune agite la trompe, remue les oreilles et gronde, mi effrayé mi agacé. Là aussi, on demande à partir, refusant de cautionner ce genre de pratiques, surtout après notre belle expérience au Botswana.

Notre chauffeur semble finalement comprendre notre problème et, passé l’étonnement, nous entraîne dans les profondeurs du parc où nous sommes désormais quasiment seuls. Il s’arrête au bord d’une forêt, coupe le moteur et attend. La magie opère de nouveau. Un éléphant sort des broussailles, puis deux, puis dix. C’est tout une famille qui débarque devant nous. On assiste à de jolies scènes, on sourit devant les petits tout poilus et, enfin, on profite du moment. D’autres jeeps apparaissent finalement et suivent notre exemple, coupant leurs moteurs pour mieux profiter et laissant les éléphants décider eux-mêmes de s’approcher ou non.