Sur les traces du léopard

28 mars 2022

Nous filons de nouveau pour une excursion safari dans le parc le plus célèbre du Sri Lanka : Yala. Il nous a beaucoup divisés. D’un côté, le parc est l’un des meilleurs endroits au monde pour voir les léopards qui y sont particulièrement nombreux. De l’autre, cet attrait en fait un lieu parfois surfréquenté avec des pics pouvant atteindre 700 véhicules par jour dans le bloc 1 (le parc en comprend 5).

On se laisse tout de même tenter avec une formule à la journée pour avoir la possibilité de s’aventurer plus loin que le bloc 1, très majoritairement choisi par les touristes qui optent le plus souvent pour une demi-journée.

A peine arrivés, on tombe sur une famille entière de langurs, résolument mes petits chouchous du voyage. Des jeunes de tout âge nous offrent des scènes craquantes, les plus petits ne semblent d’ailleurs pas avoir plus de quelques jours. Un premier petit singe joue distraitement avec des brindilles pendant qu’un second s’interroge sur l’utilité que pourrait bien avoir sa queue. Un peu plus loin, deux autres petits apprennent à se déplacer sans s’éloigner de leurs mamans, un autre se fait épouiller sans ménagement, observant avec envie ses cousins qui bondissent d’arbres et arbres. La journée commence bien !

Yala présente une diversité de paysages étonnante, passant de zones verdoyantes à des sortes de savane africaine au fil des kilomètres. Terre, eau, sable, roche… tout y passe. La faune en est forcément tout aussi variée. Mammifères, batraciens, reptiles, oiseaux…on croise de tout. Notre guide est tranquille et patient, il s’arrête aussi souvent qu’on le souhaite, veillant toujours à nous permettre d’observer au mieux les animaux, parfois bien cachés. Auriez-vous repéré le varan dans l’arbre ?

A force de rouler, on passe la lisière d’une forêt pour découvrir la mer. Quelques baraques de pêcheurs sont posées là, au milieu de ce monde animal. Au loin, une dizaine de buffles piétinent dans l’eau salée, près des dunes d’un sable presque doré. On s’arrête ici pour une courte pause, suivi de près par quelques oiseaux louchant avidement sur nos fruits.

Un tout autre univers nous attend désormais. De larges étendues d’eau claire s’étendent désormais au pied des montagnes. Lentilles, herbes et nénuphars sont à l’honneur au milieu de troncs cendrés qui ponctuent ces vastes étendues lisses. Au loin, on devine les éléphants qui traverse la zone en quête de fraicheur, enfoncés dans l’eau jusqu’aux genoux, seulement dérangés par quelques martin-pêcheurs qui tournoient dans les airs, arborant leurs ailes bleutées. Loin du reste du parc et de tout autre véhicule, on trouve ce secteur envoutant avec ces couleurs douces et sa lumière étrange.

Il ne faudra pas rouler longtemps pour trouver l’agitation tant redoutée de Yala. Un léopard a été repéré dans une zone boisée et tous les véhicules semblent s’être passé l’information. On se retrouve à 15, peut-être 20 jeeps, et les ennuis commencent. Les chauffeurs roulent à tout vitesse, guettant le moindre signe de la présence du félin. C’est la bousculade : les moteurs s’affolent, les voitures font demi-tour précipitamment à mesure que le pauvre animal se déplace. On finit même par redouter l’accident lorsque le léopard sort du bois, pris en chasse par un chauffeur zélé,  pour trouver refuge un peu plus loin.

Cette fois encore, on regrette vraiment le manque de formation et de pédagogie des chauffeurs/pisteurs, soucieux d’offrir à tout prix à leur client un cliché de léopard. Dans tout ce bazar, par chance, on aura trouvé notre chauffeur sans doute plus posé que la moyenne. On en est ravis, malgré notre seul et unique cliché un peu décevant.

Pour tenter de limiter l’impact de la fréquentation touristique du parc sur les animaux, Yala impose tout de même un arrêt de 2 heures des voitures en milieu de journée. On se retrouve donc sur un parking au bord d’un petit cours d’eau avec une dizaine d’autres jeep pour une pause déjeuner. Le spot est visiblement bien connu des macaques qui ont investi les arbres et guettent la moindre faute d’inattention pour rentrer dans les voitures et chaparder à manger. Il faut bien admettre que ça nous amuse beaucoup.

On les observe longuement, ces petits singes malins à l’affût dans les arbres. Ici aussi c’est toute une famille qui nous entoure. On apprend à reconnaître les mâles et les jeunes, on observe les tout petits découvrant le monde et on devine déjà chez eux quelques traits de caractère. Certains restent sagement cramponnés à leur maman, d’autres montrent beaucoup de curiosité face au monde qui les entoure, d’autres encore n’hésitent pas à tester quelques bêtises à la moindre occasion. Sourire aux lèvres, on se dit que, décidément, nous ne sommes pas si éloignés d’eux.

Notre journée se termine avec une dernière belle surprise. Arrêtés au bord d’un plan d’eau, on a la joie de croiser une harde d’éléphants venus se rafraîchir tout près de notre jeep. Pendant de longues minutes ils savourent cet îlot de fraicheur, se roulant dans l’eau, chahutant ou avalant bruyamment des litres et des litres d’eau. Les plus petits s’enfoncent complètement, nageant presque, leur trompe dressée dans les airs comme un tuba. Ce manège terminé, ils regagnent la berge, se couvrent de sable et disparaissent dans la forêt sans un bruit.

On roulera encore quelques heures dans Yala, moins chanceux cette fois, un peu assommés par le soleil. On rentre finalement contents de l’expérience, le cœur tout de même un peu serrés pour les léopards qui préfèreraient sans doute une vie plus paisible. Alors oui, le parc de Yala est sans aucun doute à faire mais mieux vaut dans ce cas bien se renseigner avant de choisir un prestataire et poser, dès le début, les règles du jeu avec votre chauffeur.

les animaux vus par Ptit Jo

L’entelle ou langur (Semnopithecus entellus) est un singe sacré en Inde. Il vit en bande d’environ 25 individus.

Le cerf axis (Axis axis) coopère avec les entelles pour se nourrir : les entelles font tomber de la nourriture des arbres pendant que le cerf, aidé de son odorat, alerte en cas de danger.

Le buffle d’Asie (Bubalus arnee) passe une grande partie de son temps à se baigner dans les rivières et dans la boue pour se protéger des piqûres d’insectes

Si la morsure du varan du Bengale (Varanus bengalensis) n’est pas venimeuse, elle peut tout de même provoquer des septicémies foudroyantes…

Le sambar (Cervus unicolor) est le seul cervidé dont les faons ne sont pas tachetés de blanc.

Le Martin-Pêcheur de Smyrne (Halcyon smyrnensis) mange en réalité peu de poissons : il se nourrit aussi de grenouilles, de lézards, d’oisillons, des rongeurs ou d’insectes.

Le parc national de Yala présente la plus grande densité de léopard (Panthera pardus kotiya) dans le monde.

Le macaque à coque (Macaca sinica) ont la peau du visage qui rougit avec l’âge.

Les éléphants du Sri Lanka (Elephas maximus maximus) n’ont que rarement des défenses. Les mâles qui en ont sont appelés tuskers.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Parc National de Yala
Entrée 15$ la demi-journée
Ouvert tous les jours de 6h à 18h
Seuls les chauffeurs de jeep agrémentés peuvent conduire dans les parcs nationaux. Il vous faudra donc passer par un prestataire dont le coût varie entre 5000 et 7000 LSK la demi-journée et entre 10 000 et 13 000 LSK la journée.

Le logement

Blue Turtle Hotel, Kataragama Road,, Monaragala, 119/2 Tikiriwewa, Mahasenpura, 82600, Sri Lanka
Cet hôtel comme neuf est tenu par un couple de français, installés à quelques kilomètres seulement du parc national de Yala. Les chambres, spacieuses et climatisées, donnent sur une piscine entourée d’herbe, tout comme les espaces communs chaleureux et confortables. Des prestations de massage sont possibles à la demande. Un de nos logements préférés !

Les repas

L’hôtel sert des repas basées sur une carte occidentale proposant quelques assiettes locales que ce soit pour le diner ou pour le pet

Sigiriya le rocher du Lion

21 mars

Notre journée débute de bonne heure afin de profiter de l’ensoleillement, court à cette saison, mais surtout de la fraîcheur. Après un bref trajet et passée l’entrée du petit temple, nous entamons donc l’ascension du rocher de Pidurangala un peu avant 8h. 

À l’ombre des grands arbres, on évolue le long d’escaliers tortueux grimpant contre la roche sombre. On sort finalement assez vite des bois pour découvrir une lumière étrange, un peu brumeuse, flottant sur un paysage aux notes de vert. Un bouddha étendu dans une cavité, vieux de près de 1500 ans, arbore les reflets dorés du jour levant. Le chemin se poursuit facilement jusqu’à quelques blocs de roches, dernière étape à franchir pour découvrir la vue sur la forteresse de Sigiriya. Cette session de grimpe n’a rien de vraiment difficile, on y croisera même une maman avec son porte-bébé.

Au sommet, un courant d’air salue notre arrivée mais fait à peine remuer les oreilles de deux chiens bronzant sur la pierre, pas perturbés le moins du monde par les deux instagrameuses qui enchainent les poses douteuses. Debout sur la roche, on observe la forteresse sortir d’une mer de jungle silencieuse avant d’explorer les environs. Les alentours sont baignés de brume, parsemés d’arbres, d’étangs couverts de nénuphars et de rizières. Nous sommes moins d’une dizaine sur ce site où il règne, à cette heure, un calme absolu. En observant le rocher du lion face à nous, on se demande tout de même comment une forteresse a pu y être bâtie.

La journée se poursuit avec la visite de Sigiriya en elle-même. La forteresse n’est accessible qu’après avoir traversé des douves, autrefois infestées de crocodiles, et une zone de jardins aménagés de promenades et de bassins, parsemés d’arbres centenaires. Quelques singes chahutent dans les arbres, sautant de branches en branches. On croisera même des varans traversant les pelouses à toute petite allure. 

Une fois les jardins passés, il est temps de commencer à grimper jusqu’au sommet du rocher. Il commence à faire vraiment chaud et chaque coin d’ombre est apprécié à sa juste valeur. La chaleur et les marches ne sont pourtant pas la seule difficulté de la journée. Des panneaux nous indiquent un peu partout qu’une colonie de frelons a élu domicile dans la forteresse. Aussi, il est recommandé de se déplacer en silence pour éviter de les affoler.

A peine arrivés au premier escalier, c’est pourtant le chahut qui règne : de petits groupes redescendent au pas de course du niveau supérieur. Deux personnes en combinaison verte digne des apiculteurs arrivent à leur suite. Ils soutiennent un touriste au visage enflé et à l’air hagard. En y regardant de plus près, on réalise que le pauvre a encore un frelon entre les yeux et un sur le bras. On s’éloigne nous aussi au pas de course avant de le regarder partir en urgence avec une voiture du parc. Le ton est donné !

Un guide nous explique que les frelons vont se calmer mais qu’il vaut mieux renoncer à ce chemin pour l’instant. Un peu au hasard, on s’engage derrière un autre groupe et on grimpe de nouvelles marches. On finit par tomber sur un escalier métallique en colimaçon qui s’élève à flanc de falaise. C’est là que se trouve la grotte des demoiselles, célèbres fresques du Ve siècle réputées pour leur finesse. Pour préserver le lieu, les photos sont désormais interdites.

On grimpe les dernières marches avant l’escalier du lion, on les redescend, on grimpe, on redescend encore. Notre ascension est bloquée par des frelons agités. Et puis finalement, avec un peu de patience, deux militaires nous font signe d’avancer, pour de bon cette fois. De la fumée plane encore entre les arbres mais les agitateurs ailés semblent avoir disparu pour de bon. Du coup, nous sommes tous seuls sur la dernière plateforme, face aux énormes pattes qui marquent l’entrée de la forteresse. A l’époque de sa construction, l’escalier traversait même la tête d’un lion.

Arrivés sur le sommet du rocher, un paysage de terrasses et de bassins nous accueille, vestiges de la forteresse d’un roi inquiet pour son trône (forcément lorsque l’on assassine son père et que l’on bannit son frère…). Une épaisse forêt s’étend dans toutes les directions et quelques montagnes se laissent deviner à travers la brume. L’ascension aura été mouvementée mais, 1200 marches plus tard, nous sommes ravis d’avoir insisté.

En nous voyant arriver tout moites et rouges, notre guide nous propose un instant de réconfort avant de rentrer à l’hôtel. Nous voilà partis pour un petit centre de massage perdu au bout d’un chemin, entouré de grands arbres et d’une allée bordée de vanille. On nous y accueille avec beaucoup de gentillesse et on se laisse tenter par un long soin avant de retrouver nos chambres fraîches, prêts à repartir pour de nouvelles découvertes.

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’ascension de Pidurangala au matin, pour un vrai moment de sérénité

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Ascension du Pidurangala
Entrée 500 LKR

Forteresse de Sigiriya
Entrée 30$
Ouvert tous les jours de 7h30 à 17h30
Les créneaux les plus prisés sont ceux de 8h à 11h. Ne pas oublier d’apporter de l’eau !
Les visites guidées ne nous ont pas semblé nécessaire, un bon guide dans le sac à dos suffit probablement. Néanmoins, si vous êtes vraiment passionnés d’histoire, de nombreux guides proposent leurs services à l’entrée du site. Comptez environ 2000 LKR les deux heures.

Arogya treatment center, Moragaswewa, Habarana 50150, Sri Lanka
Ce centre propose différents massages ayurvédiques traditionnels. On en garde un souvenir assez neutre, ni bon ni mauvais. Les prix doivent être négociés pour éviter les arnaques. Attention à l’huile sur les cheveux, très difficile à enlever…

Le logement

Jays Holiday Resort, Threesinhagama, Habarana, Habarana, Sri Lanka
L’hôtel se situe au bout d’une toute petite route et au cœur d’un grand jardin aux airs de jungle. Les chambres sont basique mais climatisées et spacieuses. Nous avons adoré nos repas pris sur place et regrettons un peu de ne pas avoir opté pour un cours de de cuisine sri-lankaise. Un des coups de cœur du séjour.

Les repas

On a diné directement à l’hôtel. Les menus changent tous les jours et, chaque soirs, trois ou quatre entrées/plats et desserts sont proposés. La recette du rice and curry change elle aussi tous les soirs. On recommande chaudement !

Le parc National de Chobe

22 septembre 2021

Notre dernière vraie journée de safari est amputée d’un bon morceau lorsque, Covid oblige, on doit faire un détour par Kasane pour réaliser un nouveau test PCR. Il est déjà tard quand on atteint finalement le parc national de Chobe, le plus visité du Botswana. Sam nous installe pour déjeuner sur les hauteurs du parc, sans serpent cette fois. On est à nouveau surpris par le changement de décor, encore plus impressionnant vu d’en haut. Une large plaine s’étend en contre bas, à l’herbe d’un vert intense, parcourue par de larges canaux d’eau.

Nos sandwichs avalés, on rejoint la plaine pour y découvrir une faune grouillante comme on n’en avait encore jamais vu. Partout où l’on pose le regard, des silhouettes d’éléphants se dessinent sur la verdure ou se détachent d’un ciel brumeux. On y croise également des troupeaux d’antilopes, savourant un buffet vert qui s’étend à perte de vue. On tombe même sur quelques éléphants qui nagent dans un bras de la rivière, laissant juste apparaitre le haut de leur dos et leur trompe, brandie comme un tuba !

La route de sable longe l’eau pendant des kilomètres. Un doux soleil réchauffe l’atmosphère sans même brûler la peau et chaque recoin réserve une surprise. L’ambiance est parfaite. La densité d’éléphants est simplement incroyable. Ils sont partout, sur le rivage d’en face, dans les forêts bordant la route ou encore en plein milieu du chemin. Les zones marécageuses semblent les attirer plus que toutes les autres. On les observe mi amusés, mi dégoutés se vautrer dans des mares de boues, l’attraper avec la trompe et la propulser avec amusement sur leur dos… ou sur notre voiture !

On approche des familles entières de près. De très près. On y voit d’ailleurs des dizaines de petits, de tous les âges. Sam en profite pour nous raconter de nouvelles anecdotes et distiller quantités de connaissances sur les pachydermes. On apprend à cette occasion que les éléphants sont droitiers ou gauchers : leur tendance se note à l’usure de leurs défenses, toujours plus marquée d’un côté. Notre guide en profite aussi pour tordre le cou à certains mythes comme les cimetières d’éléphants. La réalité est beaucoup moins jolie : ces gros mammifères ne se sont jamais rendus dans des lieux particuliers pour mourir. Le chercheur ayant émis cette théorie est simplement tombé sur une « planque » de chasseurs d’ivoire ayant laissé sur place toutes les carcasses des animaux braconnés. On aurait vraiment préféré croire à la première version.

En plus des éléphants, de larges groupes d’impalas côtoient babouins, zèbres, girafes et phacochères, arrivant sans cesse de la forêt pour profiter des zones fraiches et humides dans la plaine. Des hippopotames barbotent au loin. On ne les voit pas vraiment mais on reconnait désormais très bien leurs ronchonnements caractéristiques. Le parc grouille de vie et d’espèces comme nulle part ailleurs en Afrique Australe. On en prend plein les yeux et les oreilles.

Les couleurs changent à mesure que le soleil décline, donnant des reflets dorés au paysage. Seuls les plus gros animaux semblent s’attarder désormais. Les nuées d’impalas, elles, ont comme disparu. Les petits singes ont regagné les arbres. Un couple de girafes déambule sous le soleil, le mâle comptant sans doute sur cette ambiance douce pour charmer la femelle (un peu récalcitrante il faut l’avouer).

Bientôt, seuls les éléphants restent là, en groupe plus restreints. Ils marchent, encore et toujours, s’enfonçant dans la plaine.

C’est l’heure de notre dernière nuit sous la tente, montée bien en arrière de la rivière dans les mopanes qui commencent à perdre franchement leur feuillage. Sur les feuilles séchées, nos pas résonnent dans le noir. On profite une dernière fois du feu de camp, du pain chaud de Timothy, de la gentillesse de Sca et des histoires de Sam.

Au petit matin, on opte pour une dernière balade sur la plage avant de retrouver Kasane et de passer la frontière. Les groupes d’antilopes sont revenus, plus imposants que jamais. Elles sont des centaines à parcourir la plaine. Certains mâles se battent à coup de tête et de cornes. Les pique-bœufs planent d’un individu à l’autre, ravis de profiter d’un tel festin.

A proximité, une immense famille de babouins traine sous les arbres. Ils sont près d’une cinquantaine, fouillant le crottin d’éléphants à la recherche de fruits et de noix, arrachant des touffes d’herbes ou courant entre les pattes des antilopes. S’ils ne nous ressemblent pas autant que les grands singes, ils ont tout de même un nombre impressionnant de mimiques, de comportements et d’habitude qui nous interpellent. Les mères qui serrent les jeunes contre leur cœur, les échanges de regards, les bêtises des petits et les réprimandes. On craque surtout pour leur bouille d’elfe avec ces grandes oreilles roses disproportionnées.

Pour terminer sur une bonne note, nos derniers kilomètres sont peuplés de lionnes, de buffles et de croco, comme un clin d’œil à notre arrivée dans le pays. La boucle est bouclée, il ne nous reste, presque, qu’à rentrer

les animaux vus par Ptit Jo

Les impalas (Aepyceros melampus) utilisent leurs lignes noires présentes au bout des oreilles, sur le dos de la queue, le haut des cuisses et sur le front pour se reconnaître.

Le chacal à chabraque (Lupulella mesomelas) éduque ses petits pendant toute une année, faisant de sa descendance des pro de la chasse.

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Le guêpier carmin (Merops nubicoides) est armé d’un bec pointu qui lui permet d’attraper les insectes en vol sans difficulté

Le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus) est l’un des plus gros du monde et peut atteindre 750kg. Il chasse en restant immobile et surgit d’un coup hors de l’eau.

Le phacochère (Phacochoerus africanus) a de longues canines en forme de défenses qui lui servent à déterrer des racines et à se défendre contre ses prédateurs.

Le grand koudou (Tragelaphus strepsiceros) mâle arbore d’imposantes cornes en spirale d’1.2 à 1.8 mètres. Il peut franchir des obstacles de 2 à 3 mètres de haut d’un bond !

La girafe (Giraffa camelopardalis angolensis) est la plus grande espèce du règne animal avec une hauteur de près de 6 mètres pour les grands mâles.

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Le lion d’Afrique (Panthera leo leo) est une force de la nature engloutissant 7kg de viande par jour. Son rugissement peut être entendu à 8km à la ronde !

L’hippotrague noir (Hippotragus niger) ne porte pas spécialement bien son nom… les femelles sont marrons !

Le babouins Chacma (Papio ursinus) vivent en groupe pouvant atteindre 50 individus. leurs petits ont de grandes oreilles toutes roses.

Le singe vervet (Chlorocebus sabaeus) est un petit primate malicieux et omnivore omnivore dont le régime peut aller des fleurs et fruits aux insectes, œufs ou encore rongeurs.

La mangue rayée (Mungos mungo) est une petite bête spécialiste de la chasse au serpent. Elle les attrape d’un geste vif juste derrière la tête.

Le buffle d’Afrique (Syncerus caffer) et ses quelques 700kg vit en larges troupeaux dans des zones boisées. ses cornes peuvent atteindre 1,5 mètre d’envergure. Celles des mâles recouvrent le haut de sa tête, contrairement aux femelles.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Le safari a été mené par Lungu Safari. Nous avons eu la chance d’être conduit par Sam, un guide formidable, plein d’anecdotes en tout genre. Timothy et Scamongo ont pris en charge toute la logistique et nous n’avions plus qu’à nous laisser guider. Un confort incroyable, surtout dans la brousse !

Le logement

Une tente plantée dans la savane.

Les repas

Cuisine au feu de bois par le chef cuistot de Lungu Safari : Tim. Mention spéciale pour son pain fait maison et ses pique-niques gargantuesques.

Le grand départ

18 septembre 2021

Après deux semaines sur les routes de Namibie, il est temps pour nous de traverser la frontière et de découvrir le Botswana. Une longue route nous attend de Ngepi jusqu’à Maun où nous devons rendre la voiture avant 16h. Comme cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu de petites galères du type rester ensablés dans le désert ou enfermés dans un parc national, notre voiture a décidé qu’elle ne démarrerait pas ce matin-là, histoire de garder le rythme.

Le petit déjeuner avalé, il a donc fallu trouver une bonne âme pour nous aider, sortir les pinces croco et démarrer. L’inquiétude s’installe doucement. Nous traversons le poste frontière dans moins d’une heure et la perspective de ne pas pouvoir repartir pour cause de panne de batterie nous affole un peu. Après deux tests antigéniques au poste frontière, un peu de paperasse et un coup de tampon sur nos passeports… on réalise que l’un de nos permis internationaux est périmé ! C’est donc à moi de prendre le volant de notre énorme bolide que je n’avais pas encore touché, pour conduire à gauche et d’une traite, de peur que la voiture ne redémarre jamais. Pour cette fois, elle repart.

Avant de quitter la frontière, une petite dame nous fait signe et nous alerte : « Attention aux nids de poule ! ». On lui fait signe en retour, plus inquiets de l’heure qui tourne que de l’état de la route.

Grosse erreur.

Si les premiers kilomètres goudronnés semblent bien meilleurs que les pistes namibiennes, on réalise vite que cela ne va pas durer. Les nids de poule se multiplient et s’élargissent. Ils deviennent des nids d’autruche, voire carrément de T-Rex ! De véritables cratères se forment au centre de la route, s’étendant quasiment d’un bout à l’autre. Les voitures finissent par passer sur les bas-côtés tant la route est abimée. L’heure tourne toujours et il faudra slalomer pendant près de 300km pour éviter les obstacles tout en priant pour ne pas avoir à s’arrêter. Il est 15h30 quand on arrive finalement à Maun pour faire le plein avant de rejoindre le logement. Comme prévu, la voiture ne redémarre pas tout de suite et il faudra encore user des pinces croco pour arriver à bon port. Mais nous y voilà. On se gare, on décharge et on s’écroule sous la tente.

Ça y est, le Botswana nous ouvre enfin les bras.

19 septembre 2021

Sam, notre guide pour les jours à venir, vient nous chercher de bon matin. Après avoir englouti une assiette de pancakes, on abandonne avec joie notre bolide pour grimper dans le sien : un énorme 4*4 complètement ouvert à l’arrière, spécialement conçu pour transport de petits groupes durant les safaris. Durant les deux premières heures, on roule doucement vers Kwai où nous attend notre première réserve naturelle. La route bitumée se transforme en piste et Sam prend le temps de nous présenter son travail et son pays tout au long du chemin.

A mesure que l’on s’écarte de la route, les paysages deviennent plus verts et, finalement, un cours d’eau apparait. Les paysages changent radicalement et les premiers animaux se montrent. Éléphants et hippopotames semblent apprécier l’endroit, s’offrant de longues séances de baignade. On retrouve avec un sourire le grondement caractéristique des hippos, le bruit de l’air expulsé par leurs narines en sortant de l’eau et leurs petites oreilles qui s’agitent.

Au loin, un éléphant enfoncé dans l’eau jusqu’au ventre grignote sagement des touffes d’herbes. En l’observant avec des jumelles, on assiste à la scène la plus loufoque de notre séjour ! Un crocodile installé tout près s’est subitement mis à courrir pour attraper un oiseau. Emporté par son élan, il a réussi à rater l’oiseau et s’est écroulé dans la mare voisine, disparaissant une fraction de seconde de notre champ de vision avant de resurgir à toute vitesse. Ébahis, on l’a vu se carapater en sens inverse et s’échapper dans une nouvelle mare. Derrière lui, un énorme hippopotame est apparu, probablement dérangé dans sa sieste par la chute du crocodile et visiblement très mécontent. Dans une impressionnante gerbe d’eau, il s’est enfoncé lui aussi dans la seconde mare, sous l’œil complètement indifférent de l’éléphant ! On regrette infiniment de ne pas avoir immortalisé cette scène improbable, rigolant encore aujourd’hui de la démarche catastrophée du pauvre crocodile.

Les premiers singes se montrent également, courant dans les hautes herbes avant de se réfugier dans les arbres ou flânant près de l’eau. C’est là que j’ai pris l’une de mes photos préférée. Elle est loin d’être parfaite mais elle me rappelle cet adorable petit singe était installé là, au bord de l’eau, contemplant les fleurs d’un air doux et rêveur… avant de les engloutir avec satisfaction, du pollen plein les moustaches.

On rencontrera aussi notre premier troupeau de buffle en lisière d’une zone boisée, encore tout agité. Un groupe de lionnes venait tout juste de les attaquer et d’emporter l’un des leurs sous les arbres. Si nous n’avons pas vu la scène, elle a en revanche été racontée par des touristes américains farceurs, expliquant à notre guide qu’ils avaient croisé des kangourous.

Sam trouvera rapidement les lionnes, encerclant ce qui avait dû être un buffle autrefois. Il s’approche près, suffisamment pour nous inquiéter un moment. Notre guide se veut néanmoins rassurant : les lions ne s’attaquent qu’aux animaux faibles, malades ou blessés. Pour eux, la voiture même ouverte à l’arrière, représente surtout un énorme animal, bien trop fatiguant à chasser… d’autant plus lorsqu’ils sont déjà à table. Sam nous inspire une immense confiance… alors on ouvre grand les yeux et les oreilles.

A quelques mètres de nous, les lionnes ne détournent même pas la tête. Elles semblent être prises d’une sorte de frénésie. La gueule pleine de sang, elles grognent, se poussent et dévorent chaque bouchée qu’elles peuvent savourer en l’absence du mâle. Elles font un boucan incroyable : leur grondement résonne si fortement dans la poitrine qu’on a l’impression de la sentir vibrer à chaque nouvelle vague de râle. Instinctivement, les poils se dressent sur les bras. Aucun doute, on se souviendra longtemps de cette rencontre.

les animaux vus par Ptit Jo

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Les hippopotames (Hippopotamus amphibius) forment des harems autour d’un mâle dominant. Les jeunes mâles immatures sont tolérés tant qu’ils restent soumis et chassés à la moindre incartade.

Le rollier à long brins (Coracias caudatus) se repère de loin dans le bush, particulièrement en vol : ses magnifiques plumes bleues forment alors de véritables tâches de couleur dans le ciel

Le bateleur des savanes (Terathopius ecaudatus) est réputé pour ses incroyables parades nuptiales à base de multiples figures acrobatiques.

Le singe vervet (Chlorocebus sabaeus) est un petit primate malicieux et omnivore omnivore dont le régime peut aller des fleurs et fruits aux insectes, œufs ou encore rongeurs.

Le buffle d’Afrique (Syncerus caffer) et ses quelques 700kg vit en larges troupeaux dans des zones boisées. ses cornes peuvent atteindre 1,5 mètre d’envergure. Celles des mâles recouvrent le haut de sa tête, contrairement aux femelles.

Le lion d’Afrique (Panthera leo leo) est une force de la nature engloutissant 7kg de viande par jour. Son rugissement peut être entendu à 8km à la ronde !

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Le safari a été mené par Lungu Safari. Nous avons eu la chance d’être conduit par Sam, un guide formidable, plein d’anecdotes en tout genre. Timothy et Scamongo ont pris en charge toute la logistique et nous n’avions plus qu’à nous laisser guider. Un confort incroyable, surtout dans la brousse !

Le logement

Une tente plantée dans la savane.

Les repas

Cuisine au feu de bois par le chef cuistot de Lungu Safari : Tim. Mention spéciale pour son pain fait maison et ses pique-niques gargantuesques.