Dans les pas de Sir Lipton

26 mars 2022

Après un dîner d’anthologie et un petit déjeuner au moins aussi copieux chez Dean, il est l’heure de reprendre la route. Cette fois, c’est en tuk tuk qu’on démarre la journée au cœur des plantations d’Haputale. Deux par deux, on embarque sur les routes de montagne et, très vite, on se retrouve complètement cernés par les plantations de thé. Nos chauffeurs prennent leur temps et on s’arrête un peu partout en route autant pour des photos que pour des explications. On commence ainsi par s’intéresser aux feuilles de thé en elles même.

Seules les plus vertes sont ramassées, celles d’un vert plus vif et plus clair. La première, encore refermée sur elle même, sera utilisée pour la fabrication du thé blanc. La seconde, la plus petite des jeunes feuilles ouvertes, sera destinée à la production de thé vert. Enfin, les deux suivantes sont au coeur de la réputation de Ceylan et permettent de fabriquer le fameux thé noir. Tout le reste est laissé sur l’arbuste.Pour la première fois, on découvre aussi les fleurs de thé, blanc et jaunes aux airs des fleurs d’arbres fruitiers.

Dans notre tuktuk assorti au décor, on s’élève encore parmi les champs, découvrant l’un des nombreux sanctuaires religieux disséminés dans les plantations. Les cueilleurs étant le plus souvent d’origine tamoul, les  sanctuaires hindous sont les plus courants. C’est ainsi que, en haut d’une série de marches (encore !), au cœur de la verdure et de quelques habitations, on s’arrête dans un petit temple hindou coloré, mais pas autant que celui que nous avions visité près de Kandy.  Lui aussi est chargé de sculptures et de peintures de toutes sortes.

Toujours sur la route, nous rencontrons un groupe de cueilleuses en plein travail… et quel chantier ! Armées d’un sac fixé sur le haut de leur tête et retombant dans le dos, elles parcourent les plantations parfois franchement abruptes pour ramasser les plus belles feuilles. Une fois plein, les sacs pèsent en moyenne 8 kilos ! Ils sont alors ramenés à un point de pesée puis vidés sur de grandes bâches. Les hommes emballent alors le thé dans de nouveaux sacs ajourés et les chargent dans des camionnettes qui filent vers la fabrique. On est impressionnés par la dextérité, la vitesse mais aussi par la force de ces femmes qui affrontent montagne et chaleur à longueur de journée.

En arrivant au sommet de la colline, on découvre une vue fantastique sur les plantations de thé entrecoupées des potagers communs. Nous venons de pénétrer dans les champs appartenant à Lipton, qui finance des villages entiers pour leurs employés. Cueilleuses et ouvriers sont donc logés au cœur des montagnes, leurs enfants allant à l’école elle aussi financée par la firme. Le décor est vraiment grandiose, plein de couleurs et de relief, balayé par des vagues de nuages. On poursuit notre route jusqu’au belvédère de la plantation, le Lipton Seat, où Sir Thomas Lipton avait l’habitude de s’installer pour contempler ses terres. Le site ayant été complètement pris dans le brouillard au moment de notre arrivée, on l’aura finalement assez peu apprécié.

Sur le chemin du retour, on fait un rapide arrêt à la Dambatenne Tea Factory, la première achetée par Lipton au moment de démarrer son commerce, espérant en ressortir incollable sur la fabrication du thé. La visite est un peu expéditive mais permet de visualiser toutes les étapes du processus aidés d’un petit papier en anglais, histoire de dépasser la barrière de l’accent. On est cependant déçus par le fait qu’aucune dégustation ne soit proposée à la sortie.

Après une longue route, parfois sous la pluie, Chin nous arrête le long de la route, près des chutes de Diyaluma, parmi les plus connues du pays. On s’embarque de nouveau dans une ascension de montagne, suivant une trace parfois un peu floue avant d’arriver au sommet d’un à-pic où une petite rivière s’écoule tranquillement avant de se jeter dans le vide et d’échouer sur la roche, 170 mètres plus bas. La petite rivière est un lieu prisé pour le camping et de nombreuses personnes sont venues s’y installer pour la nuit, profitant d’une vue dégagée sur la vallée. En remontant le cours d’eau, on tombe rapidement sur une autre cascade, nettement plus petite, mais plutôt jolie. Le temps un peu menaçant et le jour bien avancé nous poussent à faire demi-tour et à reprendre la route, prêt pour un nouveau changement de décor.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le sommet des plantations Lipton entourant les potagers collectifs. Un paysage fantastique !

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Lipton’s seat, Q2J8+86J, Dambethenna Estate, Lipton Seat Rd, Haputale, Sri Lanka
Entrée 500 LSK + 100 par véhicule. Comptez environ 2500 LSK aller-retour pour le tuk tuk

Dambatenne Tea Factory, Q2M3+4F4, Bandarawela, Sri Lanka
Entrée 1000 LSK
Ouvert du lundi au samedi, de 6h à 19h30

Chutes de Diyaluma, P2MJ+7H3, Colombo -wellawaya, Colombo – Batticaloa Hwy, Koslanda, Sri Lanka
Comptez 45 minutes pour atteindre le sommet. Le parcours est ici : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/sri-lanka/badulla/diyaluma-falls

Le logement

Athgira River Camping, Mudunmankada Road, Rathnapura, Udawalawe, 70190, Sri Lanka
Ce campement permanent est situé en pleine nature et en bordure de rivière. La plupart des tentes sont orientées face au cours d’eau et sont équipées d’une vraie salle de douche avec toilettes. Étant arrivés tard et repartis très tôt, on aura assez peu visité les lieux finalement. Deux piscines sont disponibles.

Les repas

Le campement propose un large buffet et des grillades pour le diner ainsi qu’un buffet pour le petit déjeuner. L’endroit accueille beaucoup de groupes et manque un peu d’intimité.

Les chutes Victoria, côté Zimbabwe

Après un dernier tour dans le parc de Chobe et une nouvelle traversée de frontière, nous arrivons désormais en Zambie pour la fin de notre roadtrip en Afrique Australe. Notre agence nous accueille dans son lodge miniature où quelques maisons blanches entourent un jardin et une piscine. On y rencontre Antoine qui a organisé et suivi notre périple à distance et on en profite pour lui raconter toutes nos péripéties de vive voix.

Après plusieurs jours au fin fond du bush, on prend aussi quelques minutes pour profiter d’une connexion internet et, surtout, rassurer les membres de nos familles qui, pour certains, nous voyaient déjà avalés par un lion. On s’amuse beaucoup en leur racontant les rugissements des lionnes, les serpents cachés dans les arbres et les éléphants un peu trop curieux. La nuit tombe rapidement. On savoure un bon repas chaud sur la terrasse et on s’écroule dans notre lit à baldaquins. Plus qu’une journée pour en prendre plein les yeux.

23 septembre 2021

Après quelques pancakes et un grand verre de jus de fruit, on file dans un taxi à la frontière la plus proche pour y découvrir les chutes victoria côté Zimbabwe d’abord. On montre visa, passeport et tests PCR et on s’embarque dans une traversée de la frontière… à pied ! une route goudronnée s’enfonce entre des clôtures, sans aucune vue sur les chutes voisines les premiers temps. En revanche, on y croise quelques babouins chacma occupés à fouiller les poubelles, à grimper sur les camions avant de disparaitre dans la végétation. On souffre un peu de la chaleur sur cet espace de goudron avant d’arriver au pont qui survole le Zambèze et de pouvoir observer une toute petite partie des chutes. Au bout du chemin, après avoir passé l’autre poste de frontière, on arrive à l’entrée du parc national des chutes.

Même si on ne savait pas trop à quoi s’attendre, on ne s’attendait pas du tout à un tel décor. L’entrée du parc est un joli bâtiment de bois et de verre incluant une boutique qui déborde de peluche. Le hall passé, un petit sentier serpente dans la verdure et la fraicheur pour longer les chutes sur plusieurs kilomètres. Si le Botswana était nettement plus vert que la Namibie, on était tout de même loin de s’attendre à autant de verdure et d’humidité. A l’ouest du parc, on trouve sans doute mon point de vue préféré sur une première chute d’eau qui s’efface en un grand fracas dans un canyon étroit, soufflant des nuages de gouttelettes au-dessus de la rivière.

En allant vers la partie est, l’environnement change vraiment en fonction de la proximité de la chute. Au plus près, on est presque dans la jungle avec de larges fougères humides poussant partout.

Un peu plus loin, une prairie herbeuse parcourue de quelques fleurs ouvre un large panorama sur les chutes et la frontière. Bordant le canyon, le chemin exposé en plein soleil et pourtant frais, rafraichi par d’énormes nuages de gouttelettes qui s’élèvent dans le ciel depuis le pied des chutes les plus puissantes. Nous sommes là au plus bas de la saison et le débit est pourtant déjà impressionnant.

On est complètement dépaysés et assez charmés par cette balade qui se fait tranquillement en quelques heures, arrêts photos inclus. Elle s’achève avec une vue sur la partie la plus sèche des chutes et un promontoire rocheux aux airs aussi dramatiques que colorés.

En sortant, un grand marché artisanal attend les touristes. De la musique résonne au rythme des mains qui battent les tamtams et des danseurs en tenue traditionnelles. De larges parterres de statuettes en bois ou en pierre luisent au soleil pendant que les passants cherchent la bonne affaire ou le cadeau parfait. On y fait nous aussi nos derniers achats avant de regagner la frontière, un peu déçus de ne pas avoir le temps de visiter la ville de Victoria Falls qui paraissait charmante.

Pour la suite ? On retourne en Zambie !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les points de vue du côté de Devil’s cataract, à l’Ouest du parc

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Côté Zimbabwe, le tarif est de 30 USD par adulte.

La meilleure période pour visiter les Chutes Victoria au pic de leur débit est généralement entre février et mai, juste après la saison des pluies. Entre août et janvier, les niveaux sont plus bas, ce qui rend les chutes moins impressionnantes. Pour autant, on a trouvé que la visite en valait la peine, les chutes restent marquantes même à cette saison !

Côté horaire, les meilleures seraient :

  • à l’ouverture pour le lever de soleil
  • à 14h pour les arcs-en-ciel
Le logement

Kamunjila Lodge, 55 Mwela St, Livingstone, Zambie
Situé au centre de Livingstone et à 10km des chutes, ce petit lodge propose des prestations simples mais efficaces. On apprécie son engagement écolo : douches chauffées au solaire, biogaz pour la cuisine, potager bio et bouteilles en verre.

Les repas

On a diné directement au lodge. Un repas assez classique et tout à fait occidental mais bon !