De Khwai à Moremi

20 septembre 2021

Je crois qu’avant tout de chose, il faut que je vous raconte ma première nuit dans la brousse. Non contente de m’être initiée au camping en Namibie, je me suis cette fois initiée au camping sauvage au Botswana. Quand on est pas habituée, ça déménage !

Notre camp est constitué de plusieurs tentes à double entrée, à l’arrière desquelles une bâche forme une sorte de carré de murs : ça, c’est la salle de bain. Un trou creusé dans le sol surmonté de toilettes mobiles et une bonbonne d’eau suspendue à un arbre en guise de douche. L’un dans l’autre, on est plutôt bien installés. Si, dans la journée, notre camping sauvage mais confortable donnait déjà lieu à des moments surréalistes du type « Hey ! un éléphant me regarde me doucher ! ». La nuit, c’est une encore une autre histoire.

A peine une heure avant d’éteindre les lumières, on mangeait tranquillement avec Sam assis à une table près du feu. En plein milieu de la discussion, notre guide s’arrête, tend l’oreille et nous fait signe de nous taire. Avec une moue amusée, il attrape la lampe torche et la pointe sur la gauche pour trouver dans son faisceau lumineux… une hyène ! Sam nous explique le plus tranquillement du monde qu’elle reviendra dans la nuit, accompagnée de sa famille, à la recherche de quelques restes de repas avant de partir à la chasse. La petite famille est une habituée des lieux : elle a déjà réduit à néant ou presque une carcasse d’un éléphant mort non loin de là. Aujourd’hui, il ne reste que son crâne, marquant l’entrée du campement. C’est donc sur ces bonnes paroles que l’on s’installe sur nos lits de camp pour la nuit.

Mon binôme est surexcité. Impatient de les voir dans la nuit, il ne rabat pas la toile sur les fenêtres composées d’une épaisse moustiquaire, histoire d’être sûrs de ne pas les rater. On éteint, il s’écroule en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Pas moi.

Moi je reste là, les yeux écarquillés, alertée par les milliers de petits bruits de la brousse. Des feuilles séchées écrasées, des bonds dans les arbres, des grondements au loin. Quand, au bout d’une heure, rassurée de ne pas m’être déjà fait manger, je finis par sombrer… mon voisin se retourne dans son sommeil et m’effleure le bras… mon cœur rate au moins un battement, probablement deux ou trois, et je manque de tomber du lit. Je ne sais pas si j’avais déjà eu aussi peur de toute ma vie. Comme avec les hippopotames, la nuit va être longue.

Au petit matin, Sam, tout guilleret, nous demande si on a entendu les hyènes roder autour de la voiture. Il nous fait signe pour embarquer et profiter au mieux de ces heures fraiches propices à l’activité de la faune. La lumière est formidable. Elle recouvre d’un voile doré les herbes hautes, accentue les contrastes et donne au ciel des nuances laiteuses. on rencontre beaucoup d’antilopes de toute sorte, quelques zèbres et même un chacal !

Sam nous entraine vers une autre partie du parc, Moremi, espérant trouver d’autres prédateurs. SI la chance ne nous sourit pas tellement dans ce domaine, on croise en revanche un certain nombre d’éléphants, de plus en plus près. On rencontre d’ailleurs un mâle qui semble nous trouver trop proche. il s’agite, remue ses oreilles, gronde. pour la première fois, on entend distinctement ce curieux son, lourd et grave. Notre guide nous épate encore. Pas inquiet le moins du monde, il fixe le grand mâle, gronde à son tour puis murmure quelques bruits rassurants, comme ceux que l’on ferait à un jeune enfant pour le calmer. les oreilles cessent de fendre l’air, la trompe remue de moins en moins. L’éléphant nous regarde encore et s’en va dans les arbres sans se retourner. on est ébahis: notre guide parle aux éléphants !

Un poste d’observation en hauteur apparait au dessus des arbres. Tout en bois mais visiblement pas tout neuf, il donne accès à une vue en hauteur sur un petit lac où barbotent des hippopotames. Cette fois, pas de course poursuite avec des crocodiles, ils semblent simplement au repos, pas même dérangés par les piques-boeuf qui leur tourne autour.

Notre route croise à nouveau le chemin d’un forêt où petits vervets et babouins ont élus domicile. Si les premiers ont tendance à se réfugier rapidement dans les arbres avec leur bouille de suie, les seconds vivent plutôt au sol, offrant de jolies scènes familiales. les jeunes font des bêtises avant de se faire rappeler à l’ordre par les adultes, les séances d’épouillage se multiplient et les touts petits observent le monde, les yeux grands ouverts sur le décor.

Une autre famille ponctue notre journée, au gabarit nettement plus imposant cette fois ! Là aussi on observe avec un sourire leurs comportements familiaux, leur attitude protectrice avec les petits, leur quiétude. L’un d’entre eux rompt d’un coup le calme ambiant. On croise alors un adulte barrir et partir en courant, terrifié par un petit oiseau pas plus gros qu’un pigeon et ayant agité ses ailes un peu trop près de lui. Cette fois, le sourire attendri s’élargit… il faut bien admettre qu’on se moque franchement !

La nuit tombe quand on rentre au camp, charmés par cette nouvelle journée. A nouveau attablés, on écoute tout en bavassant les bruits environnants, curieux de savoir si les hyènes nous rendront à nouveau visite. Cette fois pas besoin de tendre l’oreille: un rire tonitruant résonne entre les arbres. Il est communicatif, on rit franchement à notre tour, vraiment amusés d’entendre de telles sonorités dans la savane. Sam nous emmène à nouveau en voiture, dans la nuit noire et finalement, dans la lueur des phares, elles apparaissent à nouveau.

les animaux vus par Ptit Jo

Le zèbre de Burchell (Equus quagga burchellii) ou zèbre des plaines réalise des migrations de près de 300km à travers l’Afrique Australe.

Le cobe à croissant (Kobus ellipsiprymnus) est reconnaissable au cercle blanc sur sa croupe: il sert de balise aux autres membres du troupeau.

Le grand koudou (Tragelaphus strepsiceros) mâle arbore d’imposantes cornes en spirale d’1.2 à 1.8 mètres. Il peut franchir des obstacles de 2 à 3 mètres de haut d’un bond !

Le chacal à flancs rayés (Lupulella adusta) aime les zones humides et boisées, il est d’ailleurs monivores et mange une grande variété de plantes et de petits animaux

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Le rollier à long brins (Coracias caudatus) se repère de loin dans le bush, particulièrement en vol : ses magnifiques plumes bleues forment alors de véritables tâches de couleur dans le ciel

Les hippopotames (Hippopotamus amphibius) forment des harems autour d’un mâle dominant. Les jeunes mâles immatures sont tolérés tant qu’ils restent soumis et chassés à la moindre incartade.

Le babouins Chacma (Papio ursinus) vivent en groupe pouvant atteindre 50 individus. leurs petits ont de grandes oreilles toutes roses.

Le singe vervet (Chlorocebus sabaeus) est un petit primate malicieux et omnivore omnivore dont le régime peut aller des fleurs et fruits aux insectes, œufs ou encore rongeurs.

La hyène tachetée (Crocuta crocuta) vit en clan dirigé par une femelle dominante. Elles a un rôle essentiel dans l’écosystème car elle nettoie le bush des carcasses et des animaux malades.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Le safari a été mené par Lungu Safari. Nous avons eu la chance d’être conduit par Sam, un guide formidable, plein d’anecdotes en tout genre. Timothy et Scamongo ont pris en charge toute la logistique et nous n’avions plus qu’à nous laisser guider. Un confort incroyable, surtout dans la brousse !

Le logement

Une tente plantée dans la savane.

Les repas

Cuisine au feu de bois par le chef cuistot de Lungu Safari : Tim. Mention spéciale pour son pain fait maison et ses pique-niques gargantuesques.

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