São Lourenço

27 mai 2019

Ce matin nous changeons radicalement d’ambiance avec la jolie randonnée à la pointe de São Lourenço à l’extrémité orientale de l’île portugaise. Loin des levadas et de la végétation luxuriante, on découvre ici de formidables paysages de falaises balayées par le vent. La balade débute par un chemin en descente, balisé par des marches en rondins. Il serpente dans le relief de la pointe entre herbes colorées et petites fleurs délicates, grimpe puis descend en ouvrant peu à peu la perspective sur l’océan d’un bleu profond. Le temps changeant, parfois sombre et nuageux, parfois lumineux, donne des couleurs dramatiques au décor.

La randonnée se poursuit le long d’un chemin caillouteux, juste assez large pour se croiser. On s’approche au plus près des falaises, le visage fouetté par le vent qui couvre presque le bruit de l’eau qui frappe la pierre. On aime cette nature brute et sauvage, ces roches abruptes aux couleurs variées, vestiges d’un temps où les volcans façonnaient le monde. Bras en croix, face au vent, on reste un instant à observer le mouvement des vagues, les oiseaux qui tournoient dans le ciel et les nuages courant au-dessus de nos têtes. Le sentier devient encore plus étroit et ponctué de marches en pierre. Ici, le climat semble presque aride. On longe la roche de plus près, au pied d’imposantes falaises qui s’élèvent toutes droites sur des dizaines de mètres au-dessus de nos têtes. Et soudain, toute la pointe s’offre à notre vue.

Derrière nous, la partie la plus large cache presque le reste de l’ile. Devant nous, la partie la plus étroite et escarpée file dans l’océan. On aperçoit déjà la casa Sardinha, ancienne maison des propriétaires de ce bout de nature sauvage et désormais vigie pour la protection de cet environnement unique. Ici, le vent s’arrête un instant de souffler et le soleil revient.

On poursuit notre route, jusque-là assez tranquille, jusqu’au sommet du Pico do Furado… Nos cuisses se rappellent instantanément la volée de marches gravie la veille et militent fermement pour un demi-tour immédiat. Armés de cookies et de beaucoup d’eau (ou d’eau et de beaucoup de cookies…), on poursuit l’ascension jusque au sommet. Un panorama superbe nous attend, seuls au bout du monde.

Attirés par la promesse de tortues marines et de rares phoques moines, nous filons passer l’après-midi à Caniçal pour une sortie snorkeling. La ville est étonnamment déserte à cette époque mais on devine sans peine la foule qui doit circuler les grands jours tant les structures d’accueil sont imposantes. Dans l’unique café ouvert, on sirote un chocolat chaud et une énième pasteis de nata tout en regardant le port sans vie. Il est désormais temps de se glisser dans les combinaisons de plongée d’un glamour incroyable et de monter sur la bateau. L’agence Azul Diving Center est tenue par des français ce qui facilite grandement les échanges. Notre accompagnatrice est biologiste et nous parle tout au long du trajet des espèces à rencontrer le temps d’une sortie. La météo n’étant pas au beau fixe, on compte tout de même sur la chance lorsque l’on approche de l’arche de pierre, repérée lors de la randonnée, qui surplombe notre site de plongée.


Autant le dire tout de suite, ni les tortues ni les phoques n’auront montré le bout de leur nez. En flottant au-dessus du sol rocailleux, on tombera tout de même sur de petits bancs de poissons, de mini méduses et des poissons multicolores. L’océan reste cependant un peu agité et les vagues nous projettent sur les rochers dès que l’on s’approche de trop près. Une palme décrochée et une rencontre rapprochée avec une colonie de crabes voisine rappellent assez vite à l’ordre : l’océan ne se laisse pas toujours approcher facilement. On remonte sur le bateau fatigués sans pour autant regretter la balade qui mériterait surement un climat plus favorable !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le passage le plus étroit et escarpé de la pointe est impressionnant et offre sans aucun doute le plus beau point de vue de toute la randonnée !

Coté pratique

Le logement

Pensao Astoria, Rua João Gago,10, 4Th Floor, Se, 9000-071 Funchal, Portugal
Cette pension n’est sans doute pas le meilleur hébergement de Funchal mais sans doute le mieux placé ! Le service est minimaliste et les places de parking difficiles à trouver mais quel bonheur de circuler dans le centre si facilement.

Les activités

Randonnée São Lourenço 7.2km aller retour et 417m de dénivelé positif
En dehors de l’ascension du pic, la randonnée n’est pas très difficile. En saison, elle est donc nettement plus fréquentée que lors de notre visite. Sur le chemin du retour nous avons croisé beaucoup plus de monde. Aussi, il ne faut pas hésiter à partir tôt même par temps nuageux. La balade ne perdra rien de son charme.

Azul Diving Center Madeira, Quinta do Lorde Marina, 9200-044 Caniçal Madeira
Personnel très sympa et sortie agréable malgré la météo

Les repas

Tout au long du séjour, nous avons testé plusieurs restaurants à Funchal.

Venda da Donna Maria, Bairro Santa Maria 51, Funchal, 9060-290
Pour tester les plats les plus emblématiques dans une ruelle étroite. Sans doute celui qui nous aura le moins charmé.

O Calhau, R. de João Gago 2, 9000-071 Funchal,
Situé dans une rue piétonne juste au pied de la pension. L’accueil y est charmant, la terrasse agréable, les prix accessibles et on s’est régalé ! Mention spéciale pour leur vitrine de desserts 🙂

Riso Risottoria del Mundo, Rua Santa Maria 274, Funchal, Madère 9060-291
Le restaurant le plus chic de notre séjour. Cadre parfait en bord de mer sur une terrasse abritée par de grandes voiles inspirées de celles des bateaux. On y mange des entrées, plats et desserts autour du riz sous toutes ses formes et ses couleurs. Tout est excellent. Une jolie mais couteuse découverte.

Caldeirao Verde

26 mai 2019

Nous partons aujourd’hui pour l’une des plus célèbres randonnées de Madère : Caldeirao Verde. Comme toujours sur l’île, la route depuis Funchal est à la fois jolie et acrobatique. ça monte et ça tourne tout du long du paysage qui arbore mille nuances de vert. Le point de départ se trouve au parc naturel de Queimadas et est constitué d’un charmant parc où se trouve de jolies bâtisses blanches et rouges au toit de chaume. On débute par un chemin de terre plutôt large qui circule entre petits arbres et cèdres majestueux avant de rejoindre les fameuses levadas.

Le sentier de plus en plus étroit est bordé de larges murs couverts de végétation d’un côté et d’un mince garde-corps de l’autre. Le temps devient soudain brumeux et les nuages flottent doucement au-dessus du vide, révélant de temps à autre les montagnes voisines. On se croirait au cœur de la jungle dans ce décor humide où les plantes sont reines. Fougères, mousses, fleurs et grand arbres se côtoient, se mélangent et envahissent tout. Tous les tons de vert semblent s’être donnés rendez-vous ici, au cœur de l’ile. L’eau est aussi présente partout. Le doux murmure de levadas accompagne nos pas tandis que quelques cascades ponctuent le parcours. Sur les parois, la mousse luit sous les gouttelettes qui glissent lentement le long des fougères. Arrive finalement une première grotte…

On pose nos frontales sur la tête et on s’enfonce dans la pénombre avant de ressortir dans des nuages plus épais encore et, soudain, le sentier quitte cette foret luxuriante pour s’ouvrir sur le vide. On longe une falaise grise le long de l’étroit chemin avant d’arriver au cœur d’un cirque rocheux. Au-dessus de nos têtes, d’incroyables falaises s’élèvent à la verticale. Un arbre immense, pendu à l’unique rocher qui dépasse, s’éclaire sous les rayons du soleil finalement décidé à réapparaître. On s’arrête un moment au bord de l’eau pour un pique-nique avant d’enchainer sur la seconde partie de la balade.

Le soleil désormais haut dans le ciel donne une toute autre ambiance au décor. Les reliefs enfin visibles ne perdent rien de leur charme. Sur la route, un terrible escalier nous casse les jambes. Ça monte raide le long de la falaise et la chaleur commence à se faire sentir. Puis finalement la fraicheur revient quand on croise de nouveaux tunnels, plus bas de plafonds encore et de petits cascades qui s’abattent sur le sentier.  On atterrit finalement dans une étroite gorge au parfum d’aventure où le vacarme de l’eau résonne. On la traverse sur une passerelle un peu branlante entre deux couloirs creusés dans la roche pour rejoindre la fin du circuit. Caldeirão do Inferno apparait finalement. Des centaines de filets d’eau courent sur un cirque rocheux couvert de petites plantes et s’écrasent en pluie fine sur un tapis de roches. L’occasion d’une dernière pause avant un retour à Madère, complètement sous le charme de ce petit bout de nature.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le passage des gorges en chemin vers Caldeirão do Inferno, entre tunnel sombre et bas de plafond, cascades et verdure. Le détour rallonge de près de deux heures la randonnée mais n’est à manque sous aucun prétexte !

Coté pratique

Le logement

Discovery Apartement, Estrada das Covas 55, 9230-089, Santana Portugal
Un appartement perdu dans les hauteurs de Santana qui donne sur un champs occupé par les moutons de la famille. On nous y accueille avec un plateau de petit gâteau et un Madère produit par la famille. Les propriétaires sont très gentils et les logements bien entretenus.

Les activités

Randonnée de Queimadas à Caldeirao Verde: 11.8km aller retour et 93m de dénivelé positif
Randonnée de Queimadas à Caldeirao do Inferno: 16.5 km aller retour et 1061m de dénivelé positif
randonnées n° 28 et 29 du Rotherbook

Les repas

Marcel’s Bistro, rua Manuel Marques Trindade, 18, Santana, Madère
Nous avons beaucoup aimé ce bistro au décor un peu fouillis mais à l’accueil chaleureux. Au programme, traditionnel pain à l’ail, assiettes copieuses et réconfortantes après une longue journée de marche et digestif offert par la maison.

Funchal et Ribeiro Frio

24 Mai 2020

Bienvenue à Madère !

Arriver à Funchal, c’est en soi un évènement. L’aéroport est réputé comme étant l’un des plus spectaculaire au monde. Après un immense virage au-dessus de l’océan, l’avion vient se placer parallèlement à l’ile et descend brusquement vers la terre. Cette partie de l’ile est souvent balayée par le vent et, ballotés sur nos sièges, on a l’impression d’être assis sur ressort. Sur la gauche, les maisons paraissent tout près. On aperçoit déjà les collines en terrasse et les petites maisons colorées. A droite, la mer semble toucher le ciel. Quand on s’arrête enfin sur la piste, des applaudissements nourris trahissent les angoisses de certains. Nous avons eu de la chance : quelques heures après, plus aucun avion n’était autorisé à atterrir compte tenu des conditions.

La voiture récupérée, on découvre les routes de l’ile aux pentes improbables. Ça monte, à descend et ça tourne jusque dans la capitale. On dépose nos bagages en vitesse dans notre pension avant de filer en ville sous le doux soleil de ces villes du Sud. Le centre pavé nous rappelle un ancien voyage à Lisbonne et les pasteis de nata qui fleurissent dans les vitrines des boulangeries nous font déjà de l’œil. On s’engage sur le front de mer qui semble bien calme tandis que les terrasses s’animent. Derrière elles, les maisons ont envahi toute la colline et disparaissent dans les nuages. On s’engage alors dans la rue Santa Maria où les œuvres de street art se disputent la vedette avec les restaurants alignés dans cette ruelle étroite. Un peu plus loin, le Mercado dos Lavradores est un enchantement pour les yeux et les papilles. Les fruits exotiques tous plus colorés les uns que les autres s’accumulent sur d’imposants paniers en osier, les fleurs égaient chaque stand et un brouhaha mélodieux animent cette ancienne halle art déco. On teste tout, spécialement les différentes sortes de fruits de la passion, toutes étonnantes et savoureuses. On s’initie aussi aux douceurs du madère et du pain chaud à l’ail (qu’on ne lâchera plus de la semaine). A peine arrivés, Madère nous plait déjà.

25 Mai 2020

A Madère, on vient surtout pour la nature et la randonnée (et un peu pour les pasteis de nata…). Après une soirée de balade en bord de mer, on attaque donc les choses sérieuses en filant vers Ribeiro Frio. En route, on passe sous l’impressionnante piste d’atterrissage qui semble se terminer directement au-dessus de l’eau.

On se gare à Portela avant de prendre un taxi pour nous remonter plus haut dans la montagne. Une fois sur place, un chemin tranquille nous emmène aux Balcoes pour un point de vue sur toute une chaine de montagnes verdoyantes qui court jusqu’à la mer. Le long du sentier coule les premières levadas de notre séjour. Environ 3 000 km de ces petits canaux d’irrigation creusés dans les rochers sillonnent Madère. Ils forment un étonnant système d’irrigation créé pour répartir l’eau du sommet des montagnes sur les coteaux et dans les vallées.

Les levadas, en plus de donner du charme au sentier, apporte un air frais et une douce musique tout au long de la balade. Autour de nous, tout est vert. Les plantes se développe partout et sous toutes les formes. On aime surtout les murs de mousses et de fougères encore humides qui surplombent les petits canaux. Après quelques kilomètres, la randonnée devient plus originale. Le chemin est tout juste assez grand pour une personne, bordé d’un côté par l’eau et de l’autre par le vide avant de tomber sur un étang au bleu étrange. Un tunnel sombre entre deux pans de roches ouvre finalement la voie sur une forêt. Le sentier devient plus large, les arbres plus hauts et plus grands et on rejoint finalement Portela par une longue descente.

Après un jus de passion tout ce qu’il y a de plus rafraichissant, on embarque vers la côte sauvage et la toute petite Porto da Cruz, une station balnéaire battue par les vents avec une petite crique de sable gris. Près de la plage, la cheminée de briques marque l’entrée d’un moulin où l’on broie encore la canne à sucre. A l’entrée, ça fleure bon le rhum et les fruits exotiques.

Avant de rentrer, on grimpe sur une colline par un sentier improvisé pour profiter de la vue sur la ville, les maisons perchés dans la végétation et surtout, des embruns de la mer.

Le coup de coeur de Ptit Jo

Le marché de Funchal, ses mille couleurs et la gentillesse des marchands qui nous ont laissé gouté à tout avant d’acheter !

Coté pratique

Le logement

Pensao Astoria, Rua João Gago,10, 4Th Floor, Se, 9000-071 Funchal, Portugal
Cette pension n’est sans doute pas le meilleur hébergement de Funchal mais sans doute le mieux placé ! Le service est minimaliste et les places de parking difficiles à trouver mais quel bonheur de circuler dans le centre si facilement.

Les activités

Randonnée de Riberiro Frio à Portela
Compter 11km. l’itinéraire ne fait pas de boucler. Il faut donc se garer à Portela puis prendre un taxi pour regagner le départ. On en trouve facilement près du mirador.

Les repas

Tout au long du séjour, nous avons testé plusieurs restaurants à Funchal.

Venda da Donna Maria, Bairro Santa Maria 51, Funchal, 9060-290
Pour tester les plats les plus emblématiques dans une ruelle étroite. Sans doute celui qui nous aura le moins charmé.

O Calhau, R. de João Gago 2, 9000-071 Funchal,
Situé dans une rue piétonne juste au pied de la pension. L’accueil y est charmant, la terrasse agréable, les prix accessibles et on s’est régalé ! Mention spéciale pour leur vitrine de desserts 🙂

Riso Risottoria del Mundo, Rua Santa Maria 274, Funchal, Madère 9060-291
Le restaurant le plus chic de notre séjour. Cadre parfait en bord de mer sur une terrasse abritée par de grandes voiles inspirées de celles des bateaux. On y mange des entrées, plats et desserts autour du riz sous toutes ses formes et ses couleurs. Tout est excellent. Une jolie mais couteuse découverte.

Le Cercle d’Or

7 novembre 2019

Ce matin nous filons sur la route sous un ciel chargé. Le soleil a laissé place à un champ de coton qui flotte au dessus de nos têtes. A mesure que l’on avale les kilomètres, on devine quand même d’imposants champs de lave dissimulés sous ce fin manteau blanc. La lave, c’est justement ce que nous sommes venus cherchés avec la Vidgelmir Lava Cave. On gare notre voiture toujours aussi sale sur un parking planté au milieu de ces grandes étendues sans véritable relief. Seule une sorte de préfabriqué a été posé là, flambant neuf. Pour nous accueillir, un labrador noir déboule en remuant la queue, un gant pendant de ses babines. Le propriétaire du gant a visiblement renoncé depuis longtemps à le récupérer. On joue un peu avec notre nouvel ami avant de croiser le patron qui nous équipe d’un casque et d’une frontale.

Avec un petit groupe, nous partons dans la neige pour descendre au cœur de la grotte. Avec son 1,6 km de long et ses 150 000 m3, la grotte est la plus grande d’Islande et la grotte de lave la plus large du monde. Elle se visite facilement par le biais d’un chemin aménagé qui serpente dans la roche colorée et les tunnels de lave séchée qui ressemble à du chocolat fondu (si si je vous assure !). Arrivés au fond de la grotte, bien loin de l’entrée et de l’extérieur, les lumières s’éteignent et le silence se fait. On découvre alors l’expérience du noir absolu. Les repères s’effacent instantanément, on perd la notion d’espace, de temps aussi. Un pas hasardeux après l’autre, on fait l’expérience de se déplacer sans repère. Les yeux grand ouverts cherchent le moindre rayon de lumière en vain. Puis finalement la lumière revient et on sort de cette grotte persuadés qu’on ignorait ce qu’est d’être dans le noir avant d’avoir vécu cette expérience.

Un peu plus loin, à l’autre bout du champ de lave, on s’arrête un moment près de Hraunfossar et Barnafoss à l’eau bleue si particulière. Impossible de rouler une journée en Islande sans découvrir de nouvelles cascades. Loin des imposantes chutes d’eau du Sud et de leur puissant débit, Hraunfossar est tout en douceur avec ses minces filets d’eau qui surgissent de la lave. Un peu plus loin, la rivière Hvítá passe dans un petit canyon au sommet du quel se jette Barnafoss avec fracas.

En chemin vers Thingvellir, les premiers flocons viennent se poser tranquillement sur le parebrise. Bientôt, ce sont quelques centimètres qui recouvrent la route. Dans ce décor immaculé et silencieux, on roule près d’une heure sans croiser personne. Quand nous arrivons à Thingvellir, le parc est noyé sous la neige. D’imposants bus touristiques ont soudainement envahi le parking et le visitor center est bondé d’humanoïdes ensevelis sous une épaisse couche de laine et de plumes d’oies. Heureusement, le climat a refroidi la plupart des visiteurs qui se contentent d’une photo depuis le belvédère. Au cœur du parc, nous sommes seuls, le bruit de nos pas s’étouffant dans l’épaisse neige.

8 novembre 2019

Pour notre dernière journée en Islande, on s’autorise un petit retour en arrière avec la cascade de Gullfoss à laquelle nous avions déjà rendu visite en 2018. Balayés par le vent, la neige et le froid, on y a retrouvé toutes les sensations qui font de Gullfoss un endroit hors norme !

Pour finir en douceur, on opte pour une découverte culinaire avec le pain géothermique cuit tout proche du spa Fontana. La visite est payante et courte mais ce jour là nous sommes seuls avec un guide très sympa qui nous entraine au bord de l’eau. Là bas, le sol bouillonne. De petits monticules de terre et de sable noir sont coiffés d’une pierre. Pour chaque pierre, une famille a lancé la cuisson d’un de ces pains traditionnels. On installe le notre en repartant avec celui enterré la veille pour une dégustation. Le pain est énorme, lourd et chaud. Avec sa texture de pain d’épices, on nous le conseille noyé sous une couche de beurre salée qui fond avec la chaleur résiduelle du pain. Un régal. Notre guide nous laisse en déguster sur place autant que notre estomac le permet… et nous offre un quart du pain pour rapporter en France !

En bon estomac sur pattes, on enchaine avec Fridheimar, l’écoserre touristique islandaise. Sur cette ile au climat rude, les fermiers se sont tournés vers la géothermie pour cultiver fruits et légumes sous serres (vous saviez que l’Islande était le premier producteur européen de bananes?). A Fridheimar, on a choisi de faire les choses en grand: 5 000 m² de serres et une tonne de tomates par jour, pour des serres exclusivement chauffées grâce à la géothermique. Depuis quelques années, la serre accueille des touristes pour un repas tourné autour de la tomate sous toutes ses formes: cocktails, plats, soupes et même desserts ! Nous y avons passé un excellent moment dans un décor plus qu’original. Pour ne rien gâcher, la ferme élève aussi des chevaux islandais que l’on peut approcher en partant.

Charmés par cette dernière découverte, on retourne à regrets sur les routes en direction de Reyjkavik. Il est temps de faire à nouveau nos adieux à cette Islande qu’on aime tant, en espérant la revoir un jour d’été !

Coté pratique

Le logement

Héradsskólinn Historic Guesthouse, Héradsskóli, 840 Laugarvatn, Islande
Une expérience ! Une découverte ! Un coup de cœur ! Cette ancienne école reconvertie en auberge/hôtel est une merveilleuse surprise. On laisse ses chaussures à l’entrée, on grimpe quelques marches et on se retrouve projetés en arrière. Petit salon, bibliothèque avec jeux en bois pour les enfants, piano, lumière tamisée et ambiance rétro séduisent au premier coup d’œil. Les soupes chaudes accompagnées de pains moelleux du diner achèvent de nous convaincre. On adore.

Base Guesthouse by Keflavik Airport, 57 Valhallarbraut, 262 Keflavík, Islande
Hôtel quelconque mais idéalement placé pour un départ matinal à l’aéroport de Keflavik

Les activités

Vidgelmir Lava Cave
A réserver ici: https://guidetoiceland.is/fr/reserver-islande-voyage/explorer-grotte-vidgelmir

Bakery tour
A réserver ici: https://www.fontana.is/en/rye-bread-experience

Les repas

Héradsskólinn Historic Guesthouse, Héradsskóli, 840 Laugarvatn, Islande
Pas de grande gastronomie ici mais tout ce qu’on a mangé ici avait ce bon gout régressif des plats de notre enfance

Fridheimar, Fridheimar Reykholt, Selfoss 801 Islande
Réservation indispensable pour ce lieu exotique. La soupe est un incontournable mais les prix sont plus élevés que la moyenne.

Péninsule de Snæfellsnes

5 novembre 2019

Ce matin nous quittons à regret les fjords pour la péninsule de Snæfellsnes, nettement plus connue et touristique. Pour changer un peu, on embarque dans un ferry quasiment vide où des salons plus ou moins grands sont disponibles à tous les étages. On choisir un lieu en hauteur, face à la mer, guettant du coin de l’œil les dernières baleines. En vain. On s’installe finalement avec nos ordinateurs et jeux de société tout en profitant de la balade malgré quelques tendances au mal de mer. Alors que le port de Stykkishólmur approche, on observe cette longue bande de terre qui forme la péninsule. Les guides nous y promettent un cadre exceptionnel où se succèdent montagnes imposantes, longs fjords et paysages vallonnés. Largement grignotée par le trajet, cette journée est l’occasion de rouler simplement en observant le paysage annoncé jusqu’à la célèbre Kirkjufell. Sur le port, les mouettes dansent un ballet au dessus des falaises de basaltes et des maisons typiques en attendant notre arrivée.

Tous ceux qui un jour ont envisagé de venir en Islande ont déjà vu cette montagne, couverture de mon nombre de documents sur cette ile nordique. On l’imaginait accessible après une petite balade, elle est en réalité collée à la route (qui à ce moment là, était en plein travaux). En chemin, on croise nos premiers bus touristiques… et on s’inquiète. Arrivés sur place, on tombe sur une mariée posant bras nus devant la cascade dans un froid glacial… elle a le visage tout pale et ressemble à un fantôme glacé. Plus étrange encore elle est seule avec le photographe. Aucun doute, Kirkjufell a tout de « la pose photo » qui fera fureur sur les réseaux sociaux. On est finalement assez déçus par ce lieu et surement plus charmés par le fjord voisin.

La soirée qui s’annonce nous réconcilie cependant avec la petite ville voisine: les aurores sont annoncées ! On file en voiture, le nez collé au vitre et les yeux un peu sur la route… et les premières lueurs vertes apparaissent. Installés près d’un champs de lave, on observe la scène avec délice face aux vagues vertes qui illuminent le ciel. Même si ce soir les aurores étaient timides, on ne se lassera sans doute jamais de ce spectacle.

6 novembre 2019

La partie nord de la péninsule est peuplée de ces adorables chevaux islandais qu’on adore câliner pour commencer la journée. Les grandes prairies d’herbes jaunes qu’ils parcourent filent jusqu’aux montagnes enneigées et on aperçoit bientôt le Snæfellsjökull. Si son nom ne parle pas forcément de premier abord, le glacier est pourtant devenu célèbre lorsque Jules Verne en a fait le décor de son roman Voyage au centre de la Terre. La légende raconte qu’entre ces deux pics, une grotte conduit à un monde souterrain fantastique. C’est aussi ça l’Islande: des histoires de trolls, d’elfes, de fées et de mondes magiques…une légende à chaque décor.

Les prairies disparaissent au fil des kilomètres et laissent désormais place à des champs de lave. Au milieu de ce décor chaotique, on trouve le cratère de Saxhóll dont le sommet désormais effondré sur lui même est accessible à pied. Le vent souffle sur l’escalier de métal qui court le long du volcan mais l’ascension est rapide et vaut bien un petit arrêt.

Au bout d’un autre champ de lave, une route étroite conduit à Djúpalónssandur, une plage de galets noirs abritant les restes rouillés d’une épave de bateau, dissimulés entre les falaises de lave. L’endroit est étrange, à la fois rude et gracieux. Une partie de la baie est figée dans la glace tandis que les vagues frappent avec vacarme sur les galets tout proches. On trouve en route quatre « lifting stones » : une pancarte nous explique que les matelots testaient leur force en soulevant ces pierres pour mériter de monter à bord des navires. La première, dédiée aux petites natures, pèse tout juste 54kg… les véritables marins pouvaient, eux, soulever la dernière pierre de 154kg. A l’évidence, on n’était pas près de naviguer !

Passée la balade sur la plage, on gagne le sud de la péninsule pour s’aventurer dans les gorges de Rauðfeldsgjá, une sorte de couloir ouvert dans la roche au pied d’une falaise immense. La montagne, comme fendue en deux, laisse s’échapper un ruisseau glacé qui givre l’herbe et la roche sur son passage. En suivant son tracé, on pénètre dans la faille au cœur d’impressionnantes parois couvertes de mousse. En équilibre sur les pierres luisantes, on remonte le cours d’eau jusqu’à une petite cascade sans oser s’aventurer plus loin sans équipement. On aurait pourtant adoré aller plus loin et découvrir le cœur de ces falaises majestueuses.

Notre dernière étape nous entraine à nouveau vers la plage pour une rencontre animalière. Sur Ytri Tunga, les chances de tomber sur une colonie de phoques en pleine sieste sont grandes. Malheureusement le soleil se couche déjà et on commence à doute de la réussite de notre entreprise. En chemin, Búðakirkja, l’église noire, nous impose un détour photo qui n’arrange pas nos problèmes d’horaires. beaucoup plus tard que prévu, une piste carrossée nous emmène enfin jusqu’à la ferme abandonnée de Ytri Tunga. Sur la plage, pas de phoques… on avance un peu dans les rochers pour tomber sur d’imposants moutons islandais en plein diner… d’algues ! Ils se promènent avec aisance dans les blocs de pierre sombres et nous entrainent loin du parking. Le soleil est presque couché et le ciel prend des nuances bleutées particulièrement douces. Au loin, les montagnes se couvrent de nuages et disparaissent peu à peu. C’est le moment que choisissent les premiers phoques pour apparaitre discrètement, laissant seulement apercevoir le haut de leur tête. A la lisière des vagues, un autre s’est laissé échouer sur les algues et se laisse balloter pour les remous de la mer. Ses yeux s’ouvrent et se ferment doucement, comme s’il sombrait tranquillement dans un sommeil profond. L’heure pour nous de le laisser tranquille et de poursuivre notre chemin jusqu’à l’hôtel.

Coté pratique

Le logement

Grundarfjordur Guesthouse and Apartments, Hlidarvegur 15, 350 Grundarfjörður, Islande
Un guesthouse très propre en bordure du fjord. les chambres ne sont pas très grandes mais confortables.

Hotel Hafnarfjall, Hafnarskógur, 311 Borgarnes, Islande
Ici, on retrouve un peu l’esprit des motels américains. les chambres sont basiques mais largement suffisantes, le patron très sympa et les petits déjeuners copieux. Un jacuzzi est disponible à l’extérieur avec vue sur le fjord… ou sur les aurores boréales !

Les activités

Baldur Ferry, départ 12h – arrivée 15h
A réserver ici: https://guidetoiceland.is/fr/reserver-islande-voyage/ferry-brjanslaekur-flatey-stykkisholmur

Les repas

Sjavarpakkhusid, Hafnargata 2a, Stykkisholmur 340 Islande
On se régale d’un burger de poisson et de pommes de terres sautées qui fondent dans la bouche. Un bonheur dans un cadre typique et chaleureux avec vue sur le port

Arnarstapi Center and Snjofell Restaurant, Arnarstapavegur, Arnarstapi Islande
Soupes et pizzas bien chaudes à partager, servies dans une salle moderne flambant neuve avec de grandes baies vitrées… leurs cookies sont énormes !

Les fjords de l’Ouest

4 novembre 2019

Après une nuit reposante bien méritée (nos périples de jour et de nuit dans les highlands avaient eu raison de nous), le jour se lève sur la petite Súðavík. Dans le vieux village où nous dormons, il est interdit de séjourner en hiver : on ne peut rêver d’endroit plus calme dans tout le pays. Nous sommes à la toute fin de la saison et rien ne bouge autour de nous. Il n’y a que l’eau et les montagnes. Sur l’autre rive, de l’autre côté d’un bras de mer où passent les baleines l’été, la réserve Hornstrandir s’étend à perte de vue, figée dans la neige et la glace.

Cette journée sera l’une de ces journées de roadtrip qu’on adore, installés dans notre voiture baignée de musique à parcourir ces longues routes noires sous le soleil. Il nous faudra des heures pour traverser l’Ouest des fjords, on commence donc par un arrêt à Ísafjörður pour un ravitaillement en essence et en nourriture indispensable. Les stations service sont une denrée rare ici et on s’arrête presque systématiquement par peur de manquer. La capitale des fjords est coincée entre l’eau et les falaises et arbore quelques ruelles aux maisons colorées. On en fait rapidement le tour tout en testant la boulangerie locale avant de poursuivre notre chemin.

La route s’enfonce dans les terres entre les montagnes verdoyantes et les criques qui s’enchevêtrent sans jamais se ressembler. On est seuls en pleine nature pour une sensation de liberté sans fin. Près de Flateyri, on traverse sur une voie juste assez large pour notre voiture lorsque des rochers semblent s’agiter dans l’eau immobile. On s’arrête au milieu de l’eau pour observer la scène et rencontrer…. nos premiers phoques bronzant au soleil !

Les virages s’enchainent et chaque traversée au ras de l’eau nous offre une vue plus dégagée sur les fjords. Après des dizaines de kilomètres, on retrouve un semblant de vie à Þingeyri où quelques fermes et maisons forment un petit village tranquille entouré de troupeaux de moutons. Ici, notre itinéraire bifurque sur un chemin non goudronné et un peu remuant qui ouvre pourtant sur des panoramas toujours grandioses.

Les cailloux frappent sous la voiture à mesure que nous parcourons des kilomètres. D’épais nuages de poussières s’élèvent à l’arrière et on imagine déjà dans quel état sera la voiture à la fin de la journée. Et puis au détour d’un virage, la route se glace. Le décor devient blanc et on doit s’y reprendre à plusieurs fois pour grimper la dernière cote. Arrivés au somment, la petite vallée arbore des couleurs improbables. Le ciel semble violet et donne à la neige des teintes bleutées. Les herbes hautes ont givrées et la neige masque à peine le passage d’un petit renard. On repense à Tofa, notre jeune femelle croisée la veille tout en observant ce décor gelé et en surveillant du coin de l’œil l’unique voiture croisée de la matinée, déjà bien engagée dans les pentes verglacées.

Après mille précautions lors de la descente, on arrive finalement au niveau de Hrafnseyri où quelques maisons aux toits de verdure bordent la route. Au fond du fjord, une centrale électrique nous offre un parking bien pratique pour s’approcher de l’eau et observer les phoques tout près des berges. Encore quelques kilomètres et Fjallfoss apparait en contrebas de la route.

Lovée au cœur des fjords de l’ouest, la cascade de Dynjandi est une succession de chutes partant du haut d’un impressionnant ressaut rocheux. Une large colonne d’eau blanche dévale les pierres gelées et semble rebondir jusqu’aux eaux du fjord Arnarfjörður. L’ascension se fait sans grande difficulté tout au long des premières chutes mais l’accès à la plus haute est plus périlleux. Le vent, l’eau et le froid ont transformé les abords en véritable patinoire sur laquelle on marche avec une extrême précaution: personne n’a envie de se blesser si loin de tout… La balade est pleine de charme à cette époque et, bien que l’on fasse assez rapidement le tour du site, on en regrette absolument pas l’accès.

 Le chemin vers la côte est encore remuant, la voiture est désormais recouverte d’une épaisse couche de poussière rouge et de terre. D’énormes nids de poules surprennent de temps à autre mais les paysages valent bien quelques secousses. Quand la mer apparait de nouveau, le soleil est déjà entrain de disparaitre. Le ciel se colore de nuances ocres et s’assombrit tout à coup, plongeant l’Islande dans la nuit.

Coté pratique

Le logement

Móra guesthouse, Krossholt, Barðaströnd, Road 62, 451 Birkimelur, Islande
Une petite maison nous est réservée juste à côté de celle des propriétaires. Une piscine d’eau chaude est accessible de l’autre côté de la rue et on peut commander des œufs de la ferme en arrivant. Un petit intérieur douillet parfait pour notre étape.

Les activités

Cascade de Dynjandi (Fjallfoss)
On accède facilement aux cascades depuis la route 60 par un chemin gravillonné rougeâtre qui longe le fjord Arnarfjörður. La route descend jusqu’à atteindre les rives du fjord où un parking permet de stationner gratuitement. Des sanitaires et des tables de pique-nique ont été installés à proximité mais il faisait bien trop froid pour s’y arrêter !

Les repas

A Ísafjörður, seule véritable ville des fjords, on trouve un supermarché où on trouve de toute pour les repas à la maison. En sorties des caisses, un traiteur chinois propose également des repas à emporter.

Les lumières du Nord

5 novembre 2018

Chaque soir, le nez dans la tisane et bien au chaud, un seul rituel revient : le suivi minutieux des prévisions météo. Le ciel d’Islande est un attrait majeur de l’hiver et notre première expérience des aurores boréales n’a été qu’un avant-gout.  Ce soir est notre dernière vraie chance de les observer. On scrute donc le déplacement des nuages et l’intensité des vents solaires. Vers 23h, une éclaircie se devine par la fenêtre et on commence enfin à distinguer les étoiles. Par la grande baie vitrée du salon plongé dans l’obscurité, on surveille avec attention l’apparition d’un voile clair dans le ciel. Les minutes passent et rien ne bouge, pourtant on y croit. 23h20, les yeux plissés, le nez collé contre la vitre, on devine enfin une éclaircie. Ni une ni deux, on file dehors vérifier cette impression : pause longue programmée, suspens et lumière verte qui apparait sur l’écran… Les aurores arrivent !

Avec une excitation similaire à celle d’un enfant de cinq ans découvrant Disneyland, on remet nos nombreuses couches anti froid et on part sur les routes noires à la recherche d’un lieu isolé. La plage de Reynisfjara survolée lors de la tempête n’étant qu’à quelques kilomètres, on opte rapidement pour cette voie. A notre arrivée, le ciel se colore déjà de douces lumières vertes diffuses. On s’équipe plus vite que jamais avant de s’installer sur la plage de sable sombre. A l’est, le phare de Dyrholaey balaie la nuit noire mais ne suffit pas à éclairer la plage. Si la mer semble tranquille et le bruit des vagues rassurant, on reste tout de même à proximité du parking pour ne pas se faire surprendre dans l’obscurité. Une grande trainée verte fend soudain le ciel tel un arc en ciel. Le spectacle commence.

Le ciel s’agite sous nos yeux et les aurores prennent des formes multiples. Des taches diffuses apparaissent ici et là tandis que certaines aurores dansent au-dessus des falaises et flottent comme des rubans. Partout, les lumières du Nord se révèlent. Un incroyable rideau lumineux semble désormais longer la mer et laisse deviner des jolies lueurs violettes. Après de longues minutes, il s’efface en un nuage vert intense puis laisse place à l’obscurité. A l’Ouest, de timides lueurs font à leur tour leur apparition. Elles s’élèvent vers le ciel à la verticale telle une rangée de bougies puis fuient elles aussi en dansant au-dessus des falaises. On reste là deux heures, la tête en l’air, fascinés par ce voyage unique. La morsure du froid et du vent devient cependant difficile à supporter. Les doigts sont gelés et les bouger simplement devient pénible, de longs frissons nous parcourent de part en part et la fatigue se fait sentir. Les lumières, elles, perdent doucement en intensité et en régularité. Il est temps de regagner notre chambre, à jamais marqués par cette nuit magique.

Au réveil, Reynisfjara nous appelle à nouveau. La météo semble clémente et la mer relativement tranquille, on tente à nouveau notre chance. Il y a foule ce matin-là mais la plage est dégagée. Les falaises baignées de soleil se découvre enfin et des nuées de centaines d’oiseaux planent au-dessus de nos têtes. On découvre finalement l’étendue des colonnes de basaltes qui s’élèvent sur des dizaines de mètres au-dessus d’une grotte sombre. Au loin, les falaises de Dyrholaey ont cessé d’être battues par les flots et on découvre seulement la fameuse arche.

Quelques heures de route nous séparent de Reykjavik pour cette dernière journée de voyage. On la parcourt sur fond d’Hyperballad de Björk et de ses paroles inspirées.

We live on a mountain
Right at the top
There's a beautiful view
From the top of the mountain

La route est comme toujours superbe et contrastée, entre prairies d’automnes et monts enneigés. Une dernière caresse aux poneys et déjà Reykjavik apparait au bout du chemin. Magnifique Islande c’est promis, nous reviendrons bientôt.

Coté pratique

Le logement

Base Guesthouse by Keflavik Airport, 57 Valhallarbraut, 262 Keflavík, Islande
Hôtel quelconque mais idéalement placé pour un départ matinal à l’aéroport de Keflavik

Les prévisions météo

Pas mieux que ce site : https://en.vedur.is/weather/forecasts/aurora/
On y trouve tout et plus particulièrement la position des nuages heures par heures et les prévisions d’intensité. Nous les avons vues ce soir là avec une prévision de 3 sur 9 et le spectacle était déjà marquant. On espère en voir un jour où les prévisions sont à 5 !

D’eau et de glace

4 novembre 2018

L’Hali hôtel se révèle sous une douce lumière matinale. Arrivés de nuit la veille, nous n’avions repéré ni les sommets enneigés, ni le lac entourant le complexe… ni les poneys islandais se promenant joyeusement autour de l’hôtel tout en faisant visiblement tourner en bourrique leur propriétaire !

20181104 (4)

Le petit déjeuner englouti, on file découvrir le clou de notre séjour, le glacier Vatnajökull qui couvre 10% de l’Islande et est aussi étendu que la Corse. Tout de suite, ça en impose. Armés de casques et de crampons, on monte dans d’énormes 4*4 qui tiennent plus du monster truck que du paisible SUV. Le haut des roues nous arrivent à la taille et on se croirait presque partis pour explorer la Lune…. Au volant de cet engin hors normes, notre chauffeur est un étrange mélange de viking et de hippie. Blond, grand et costaud, il est coiffé d’un bonnet à grosses fleurs roses et de  lunettes rondes et colorées très années 70. Entre deux explications scientifiques sur le glacier, il dérive sur les rencontres, le karma et la positive attitude. Tout un programme !

Pendant ce temps, les pneus crissent un peu. On s’enfonce dans certaines zones moins givrées avant d’être brimbalés dans les champs de bosses. D’immenses étendues vallonnées de glace bleue gris s’étendent autour de nous. Bien plus loin, on devine les falaises de glace au pied des montagnes. L’endroit est incroyablement grand, rude et dépaysant. On nous dépose entre deux monticules de glace mêlée de cendre noire. A quelques mètres se cache l’entrée d’une grotte de glace plus ou moins aménagée.

Malgré le petit groupe de visiteurs, la grotte conserve son aspect un peu magique avec ses parois bleutées sont tout en rondeur. La lumière qui passe à travers les différentes couches de glace donne des nuances changeantes à mesure que l’on avance. Partout autour de nous le froid a figé l’eau, la cendre et des bulles d’air d’un autre temps. Face à un pareil décor, la visite parait bien trop courte et il est déjà temps de regagner le point de départ de cette excursion. Heureusement, cette journée s’annonce prometteuse.

De retour à notre point de départ, il est enfin temps de découvrir Jökulsárlón, la lagune glaciaire qui justifierait à elle seule le voyage en Islande. Ici, des blocs de glace détachés du Vatnajökull flottent sur une vaste étendue d’eau reliée à la mer par un canal étroit.  Arrivés sur place, on ne sait par quoi commencer tant le paysage est incroyable. On se résout finalement à longer le canal pour gagner la plage des diamants, immense étendue de sable d’un noir intense sur laquelle se sont échoués des blocs de glace translucides et brillants. La glace est polie par les vagues qui s’abattent sur la rive, ramenant à terre les blocs échappés de la lagune. Peu d’endroits au monde égalent la beauté de cette plage pleine de contrastes où la glace prend mille formes et nuances. Même le ciel est changeant, tantôt d’un bleu intense, tantôt strié de nuages et de tons rosés.

On perd la notion du temps à déambuler dans les blocs de glace et à graver chaque détail dans nos mémoires. Pourtant, les bords de la lagune ne sont pas en reste. Si on retrouve ici aussi de petits blogs sur la rive, le paysage est bien différent. La lagune, où d’énormes icebergs flottent tranquillement, est cerclée de montagnes enneigées. De temps à autre, on aperçoit entre deux icebergs une petite tête de phoque qui replonge aussi tôt. Un peu contraint par les horaires, on avale une soupe chaude face à l’eau avant de filer sur les routes pour notre prochaine étape.

Notre prochaine étape est justement toute proche. Beaucoup moins connue que Jökulsárlón, Fjallsárlón ne présente que peu d’icebergs. En revanche, elle offre une vue directe sur d’impressionnants pans de glaciers qui tombent à la verticale dans l’eau brune. On profite un moment du décor, seuls et un peu ventilés, loin de l’agitation de la lagune voisine, avant de quitter définitivement ces contrées gelées.

Pour clore cette journée bien chargée, on rejoint le parc national du Vatnajökull qui propose différents chemins de randonnée. A notre arrivée sur le parking, la lumière commence déjà à baisser et on opte pour le sentier le plus court vers la cascade de Svartifoss. La balade est paisible le long d’un chemin sans difficulté qui serpente dans les arbres ou longe la rivière. Il ne nous faut pas longtemps pour apercevoir la cascade d’orgues basaltiques recherchée. Si un chemin permet de se rendre au bord de l’eau, il est en revanche complètement inaccessible sans crampons. Nous voilà donc contraints de faire demi-tour et de regagner Vik de nuit pour un repos bien mérité avant une dernière journée en Islande.

Coté pratique

Le logement

Farmhouse Lodge, Skeiðflöt, 871 Skeiðflötur, Islande
On adore cette ancienne fermée perdue dans les champs et entièrement réhabilitée. Tout est propre et chaleureux, les tisanes sont à disposition est le petit déjeuner est très bon. Une vraie réussite.

Les visites

Grotte de glace
On a réservé notre excursion avec Guide to iceland, la référence pour les excursions islandaise. il en existe plusieurs réparties dans le sud de l’Islande. Attention cependant à la saison: nous étions au tout début des grottes de glace ce qui ne nous a pas permis de visiter les plus belles et les plus grandes. ceci étant, notre petite grotte valait à elle seule le détour !

Les repas

Halldorskaffi, Vikurbraut 28 | Vík í Mýrdal, Vik 870
Pour un bon repas et un bout de gâteau dans une ambiance animée et chaleureuse

Tempête à Dyrholaey

3 novembre 2018

Dès les rideaux tirés ce jour là, on devine que l’Islande va se montrer sous un tout nouvel aspect. Nos belles journées de novembre ont laissé place à un temps gris blanc chargé d’humidité. Les couloirs du guesthouse semblent bien frais comparés à notre petite chambre surchauffée et les fenêtres sont couvertes d’épaisses gouttelettes qui donneraient envie de retourner sous la couette. Bien à l’abri sous leur impressionnante toison, les moutons qui nous entourent semblent, eux, parfaitement à l’aise dans ce décor pluvieux. On les trouve partout sur la route, disséminés dans les pentes des volcans, éparpillés dans d’immenses champs ou sagement regroupés près des fermes.

Comme nous le rappelle le nombre conséquent de voitures regroupées sur le parking notre premier arrêt, Skogafoss est presque aussi célèbre que sa voisine Seljalandsfoss. Le décor pourtant est assez différent. L’étroite cascade a laissé place à un impressionnant rideau d’eau au pied duquel on se sent tout petit. La pluie qui tombe désormais densément sur le Sud de l’Islande se mêle aux gouttelettes d’eau de la cascade balayée par le vent. L’escalier qui grimpe jusqu’au sommet de la cascade est encore plus exposé et on regagne la voiture trempés moins d’une heure après notre arrivée.

Tout en séchant provisoirement, nous filons vers Dyrhólaey, un promontoire rocheux haut d’une centaine de mètres abritant une arche de basalte. Arrivés sur place, le temps est déchainé. De violentes bourrasques de vent nous bousculent et nous portent lorsque l’on se laisse basculer doucement en arrière. On admire le décor aux couleurs intenses et la vue incroyable depuis le sentier. Loin à l’ouest, battus par les vagues, trois pitons rocheux se dressent près des falaises. La légende raconte qu’il s’agirait de trolls pétrifiés par la clarté de l’aube… Autour d’eux, la mer aux reflets sombres est déchainée, de violentes vagues s’abattent sur le sable noir et les falaises, noyant les grottes et l’arche. L’écume est balayée par le vent et forme de longues trainées blanches au sommet des vagues. Le spectacle est incroyable, puissant, vibrant. On reste longtemps à admirer ce paysage déchainé malgré le froid et la pluie, fascinés par une nature si sauvage.

La plage de Reynisfjara voisine n’a rien à envier à cette atmosphère mouvementée. D’énormes rouleaux s’écrasent sur la plage et semblent courir sur le sable sur des dizaines de mètres. Même en s’approchant avec prudence, on se laisserait facilement surprendre par cette mer agitée, prête à sanctionner la moindre inattention. La plage réputée comme l’une des plus belles de monde est aussi l’une des plus dangereuse. L’accès aux falaises de basaltes est presque impossible au cœur de cette tempête, on se contente donc d’étudier ces étranges colonnes luisantes qui s’élèvent sur des dizaines de mètres en attendant une meilleure occasion.

La route se poursuit vers l’Est de l’Islande et de longues heures de route donnent à voir un paysage nouveau, toujours plus rude. Les prairies aux couleurs d’automne disparaissent peu à peu sous la neige pour laisser place à d’immenses étendues glacées. le vent balaye la route et provoque de petits tourbillons de neige dans un décor digne de Game of Throne. A mesure que la nuit tombe et que l’asphalte se recouvre de neige, on s’attendrait presque à voir surgir un marcheur blanc….

Coté pratique

Le logement

Hali Country Hotel, Hali 2, 781 Hali
Hôtel très correct idéalement placé pour rejoindre Jökulsárlón. Vue superbe au réveil et petit déjeuner buffet compris. A l’accueil, un écran permet de suivre les prévisions d’aurores boréales et devant l’entrée…. un énorme rocher vous parlera !

Les visites

Skogafoss, Parking payant

Les repas

The Soup Company, Vikurbraut 5, Vik 870
Sans doute les meilleures soupes d’Islande !

Hali Country Restaurant, Hali 2, 781 Hali
Restaurant relativement cher qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable, il a cependant le mérite d’être situé dans l’enceinte de l’hôtel.

Terres du Sud Islandais

2 novembre 2018

Quand le soleil se lève sur Geysir, tout n’est que calme et silence. La salle du petit déjeuner est vide et donne sur les champs enneigés baignés d’une lumière rosée qui persiste. Entre deux bouchées de ce pain chaud et incroyablement réconfortant, on nous demande si nous avons aperçu les aurores boréales par la fenêtre durant la nuit. Trop longtemps emmitouflés dans la couette, nous n’avons même pas pensé à ouvrir l’œil aux heures propices… la promesse est faite : nous ne nous ferons pas avoir deux fois.

Les fameux geysers, point d’orgue de la région, sont situés dans un petit parc installé de l’autre côté de la route. A cette heure-ci, les hordes de bus en provenance de Reykjavik ne sont pas encore arrivées et nous nous rendons sur place à pied, presque seuls.

Le chemin est entouré d’herbes tantôt colorées tantôt recouvertes d’une épaisse couche de glace. Les bassins d’eau brûlante crachent des nuages de fumée tout au long du parcours tandis que des plaques de glace craquèlent au dessus de petits ruisseaux. Au bout du chemin, on attend le Strokkur, réglé comme un métronome, dont les éruptions surprennent pourtant les visiteurs toutes les dix minutes. Des colonnes d’eau de vingt mètres s’élèvent alors dans le ciel accompagnées de nuages de vapeur blanche.

Si le passage est sans doute incontournable, on fait vite le tour des geysers et on peut reprendre la route pile à l’heure pour ne pas croiser la foule de périples organisés.

La route vers Gullfoss est rapide et légèrement vallonnée. On roule vers des montagnes blanches au milieu des champs et des fermes de poneys islandais, nos grands chouchous du voyage. Il nous faut moins d’une heure pour gagner le visiteur center et garer notre voiture. Une simple ouverture de la porte suffit pour comprendre que l’endroit est aéré. La portière est lourde, le vent s’engouffre dans la voiture secouée par les bourrasques. On rajoute autant d’épaisseurs que possible avant de quitter l’habitacle chaleureux et de se confronter à cet air glacial. Le temps a beau être magnifique, la puissance du vent fait de cette courte balade une véritable expédition. On parcourt le chemin glacé avec prudence, engoncés dans nos cinq couches de vêtements, accrochés à nos capuches et trimballés par les bourrasques. Arrivés en bas d’un escalier métallique, un dernier coup de vent nous fait reculer d’un pas avant de pouvoir poser les yeux sur les chutes. Le spectacle est à la hauteur de cette micro aventure. D’immenses colonnes d’eau dévalent sur plusieurs niveaux une pierre sombre couverte de neige et de glace. Au pied des chutes, des nuages brumeux emplissent un étroit canyon qui file vers les champs. la puissance de l’eau s’exprime en un incroyable vacarme au cœur de ces vastes étendues enneigées.

De nouveau sur la route, nous rejoignons la 35, empruntée là veille, après ce court détour dans les terres. Notre prochaine étape est Kerið, un ancien volcan dont le sommet s’est affaissé lors de sa dernière éruption. Bien que l’accès au site soit bien balisé (et payant), on est quasiment seuls en cette saison. Situé au cœur d’un champ de lave, Kerið marque d’abord par sa couleur rouge qui se devine sous la neige. Dès les premiers mètres du tour du lac, on retrouve quelques bourrasques d’air glacé qui rendent le pied fragile sur la roche polie. On escalade d’abord la face la plus abrupte avant de redescendre en pente plus douce, mais toujours glissante, vers les bords du lac figé par le froid. Les lumières changeantes du ciel rendent le décor un peu magique et complètement unique.

Pour notre dernière étape, on retrouve les circuits classiques pour tout premier voyage en Islande (on le sait déjà, il y en aura d’autres !). Seljalandsfoss est sans doute la plus connue et la plus photographiée des cascades de l’île. Située au pied d’un glacier, elle se détache d’une falaise sombre ce qui permet, l’été, de longer la roche derrière la cascade. En hiver, pas question de se lancer dans les balades humides : le chemin est glacé et parsemé de pierres lisses prêtes à dévaler la pente à la moindre erreur. L’eau et le vent ont aussi givré la bordure du chemin et toutes les marches des accès en hauteur. Pour grimper, chaque pas exige toute notre attention et des crampons sont les bienvenus. Si la plupart des voyageurs ne s’attarde que sur la cascade principale, après quelques photos, nous poussons le chemin sur quelques centaines de mètres pour rejoindre le ruisseau. Dissimulée dans la roche, Gljúfrabúi , une autre cascade, déverse des torrents d’eau sur une roche noire et luisante parsemée de mousse verte. L’atmosphère de ce lieu baigné d’une étrange lumière donne au décor des allures de grotte magique.

Avant de découvrir notre petite auberge, on profite des derniers rayons du soleil sur la plage de sable noire voisine tandis que le dernier ferry de la journée rejoint paisiblement les iles Vestmann. Le calme avant la tempête…

Coté pratique

Le logement

South Iceland Guesthouse, Steinar 3, 861 Steinar, Islande
Un petit guest house au pied d’un volcan, entouré de moutons. Petit déjeuner compris. Salle de bain communes refaites récemment.

Les visites

Geysir: Accès gratuit.

Kerið: 400ISK par personne

Seljalandsfoss: Parking payant

Les repas

Yellow, 800 Selfoss
Une enseigne de restauration rapide Healthy où l’on choisit sa viande (poulet, bœuf ou végétarien), ses légumes (patates douces, riz, nouilles) et la sauce pour un prix raisonnable.

Gamla fjósið,
Un petit restaurant en bord de route dans un ancien corps de ferme. Déco d’un autre âge mais cuisine réconfortante.