Little five

9 septembre

Loin des safaris classiques à la recherche des lions et des éléphants, l’excursion de ce matin nous entraîne à la découverte des Little Five, ces petits animaux étonnants qui ont élu domicile dans cette nature où la vie ne semblait pas exister.

C’est Bianca qui nous récupère au Sea Breeze pour une demi-journée à bord de son véhicule tout terrain, un peu rustique mais tout à fait dans l’ambiance ! Tout joyeuse, elle file dans les dunes qui bordent la route entre Swakopmund et Walvis Bay. Dès les premières minutes de cette visite atypique on apprend beaucoup sur cet environnement où les animaux qui se dissimulent un peu partout : rochers, sable, plantes grasses…  tout est bon pour s’abriter du danger !

En soulevant un premier rocher qui semblait parfaitement normal, Bianca nous trouve ainsi une minuscule araignée capable de tuer une vache d’une simple morsure. Le ton est donné.

On roule un moment, bercé par les explications et les tentatives de notre guide pour nous aider à distinguer les traces caractéristiques de cette petite faune. A la vue de vagues traces dans le sable, elle se précipite soudain hors de la voiture pour creuser dans le sable à mains nues et découvrir, 20 centimètres sous la surface, un tout petit gecko. Il est manipulé avec précaution et douceur en prenant soin de le dissimuler autant que possible de la lumière qu’il affectionne peu.

Soyons clairs, ce gecko à peine plus grand que la paume de la main est sans doute la bestiole la plus adorable du désert.

Après un petit quart d’heure de route, nous faisons connaissance avec les scarabées du désert au dos noir strié, trottant à une vitesse impressionnante sur les dunes de sable. Endémiques de Namibie, ces petites bêtes sont connues pour leur capacité à obtenir de l’eau grâce à l’humidité du brouillard qui se condense sur son corps. Comment ? En levant les fesses ! L’eau se condense alors sur le dos et coule le long des stries jusque dans la bouche… sacrément malins.

Ces étonnantes bestioles marquent l’entrée d’une zone plus végétale où l’on retrouve davantage de bosquets de plantes grasses et donc davantage de surprises. La première d’entre elle sera un adorable bébé caméléon, bien camouflé dans les courtes branches. On met un certain temps à le trouver contrairement à notre guide au regard acéré. Bianca nous apprend avec tristesse que, si les caméléons souffrent aussi du changement climatique, ils sont aussi largement touchés par le trafic illégal d’animaux. Ces petites bêtes sans défense ou presque sont malheureusement souvent victimes d’individus mal intentionnés, sillonnant le désert pour les arracher à leur milieu naturel… Nous rencontrerons plusieurs fois au cours du voyage cette triste réalité d’un monde animal en danger, chaque fois plus touchés que la précédente par tant de bêtise.

Les bosquets voisins nous donnent l’occasion d’apercevoir, de loin, une veuve noire à la toile épaisse et pleine de sable… Mais d’autres animaux affectionnant particulièrement le sable sont encore au programme de cette matinée. En observant bien le sable, on devine un léger arrondi sous la surface. Bianca s’approche, de plus en plus près, jusqu’à ce que des écailles apparaissent à la surface. Puis des yeux. Puis tout un serpent. Une petite vipère des sables s’était dissimulée là, attendant son heure dans un camouflage parfait. J’ai beau avoir une peur bleue des serpents, il faut bien admettre que celui-ci m’impressionne par sa beauté. Ses écailles noires et dorées, ses yeux couleur de feu, son nez un peu retroussé et sa gracieuse ondulation…Cette petite vipère n’est qu’élégance, vous ne trouvez pas ?

Comme la veille, le brouillard se lève à mesure que la journée avance. Il est bientôt l’heure de faire une mini pause snack en compagnie d’une seconde voiture de chez Tommy. Autour de nous, de petits oiseaux au plumage clair s’affolent, espérant pouvoir grignoter un morceau de barre de céréales. Pas farouches, ils viennent même se poser sur le bout des doigts… ou le sommet du crâne des visiteurs !

Avant de rentrer, notre petite Jeep s’avance plus profondément dans les dunes et prend de la hauteur. Comme la veille, le sable qui nous entoure prend des reflets parfois rosés, parfois carrément noirs. Les dunes de sable sont en effet constituées en partie de Fe3O4, un minerai à base de fer. Bianca nous le démontre en passant un aimant sur une petite surface de sable, la quantité de métal récoltée est impressionnante !

Dans cette partie du parc aux reliefs plus marqués, notre guide espère conclure la balade en nous montrant le lézard Ferrari, son petit chouchou. Là encore, elle observe le sable à la recherche de traces invisibles pour les néophytes. Elle finit pourtant par en dégoter un au sommet d’une dune, revenant toute fière avec le bolide entre les mains. Rien à voir le gecko : ce petit lézard est lui tout en aérodynamisme, les pattes effilées aux longs doigts lui permettant de courir sur le sable sans s’enfoncer. On l’observe, impressionnés, traverser une distance folle en un éclair avant de s’enfoncer dans le sable et de disparaitre.

Il est désormais l’heure de quitter les dunes pour de bon, complètement charmés par ce décor non seulement grandiose mais aussi plein de surprises.

Avant de reprendre la route, on s’offre une nouvelle balade à Swakopmund, au charme renforcé par le soleil, profitant de l’occasion pour choisir quelques souvenirs à rapporter. On découvre alors le Craftmarket où des milliers d’objets artisanaux sont exposés sur le sol. Autant le dire tout de suite, il faut être prêt à se faire alpaguer tous les trois mètres et à négocier fermement pour tenter une entrée. Chaque vendeur nous interpelle, nous questionne longuement. On passe un temps fou sur la petite place, peinant à comparer les articles qui nous intéressent tant les sollicitations sont nombreuses. Dans tout ce brouhaha, on tombe sur Jean-Louis, ses rudiments de français et ses oryx en bois. Son grand sourire et sa gentillesse nous ont beaucoup plu. On lui achète donc des oryx avec plaisir avant de discuter un long moment de son travail, de son pays et de voyages. Une jolie rencontre pour conclure cette belle échappée en bord de mer.

les animaux vus par Ptit Jo

Le Scarabée du désert (onymacris unguicularis) baisse la tête et tend son abdomen. Le brouillard se condense sur son dos et coule directement dans sa bouche.

Le Gecko Palmato (Pachydactylus rangei) a de grands yeux sans paupières, qu’ils gardent propres en les léchant. Ses pieds palmés sont comme des raquettes sur le sable.

Le Caméléon Namaqua (Chamaeleo namaquensis) est le plus rapide du monde. Il pratique la thermorégulation et change de couleur pendant les différentes phases.

La Vipère de Péringuey (bitis peringueyi) recueille la rosée sur ses écailles et s’enfouit dans le sable pour surprendre ses proies !

Le Lézard « Ferrari » (Shovel-Snouted Lizard ou Meroles anchietae) lèche la crête de la dune dès qu’elle s’humidifie grâce au brouillard.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Tommy’s Living Desert Tours
Nous avons opté pour le Tommy’s little five, une demi-journée incluant boissons et snacks, 800 NAB
Le site : https://livingdeserttours.com.na/

Craftmarket, A.Schad Promenade, Swakopmund
On nous a appris en Zambie que la négociation devait toujours commencer à la moitié du prix annoncé pour atteindre un prix raisonnable et ne pas trop se faire avoir. Il ne faut pas non plus hésiter à mettre en concurrence les marchands qui affichent parfois des prix très différents pour un même article. A titre d’exemple, nous avons ramené ceci : 3 bracelets en malachite à 200 NAB, 2 oryx en bois, un petit éléphant en bois et un échiquier pour 1340 NAB

Le logement

Sea Breeze Guest House, 48 Turmalin Street, Swakopmund
Un guest house tout confort situé au Nord de la ville tout près du front de mer. Les patrons sont adorables, le petit déjeuner varié et les chambres chaudes et confortables. On en garde un excellent souvenir !
Le site : http://www.seabreeze.com.na/

Les repas

Cuisine au feu de bois dans le barb

Blue Grass, Platz Am Meer Waterfront, Vineta, Swakopmund
Un bon restaurant en bord de mer. Les plats sont savoureux mais particulièrement copieux.

Swakopmund et Walvis bay

8 septembre 2021

Changement d’ambiance radical sur les bords de mer. Ici, pas de short et pas de soleil : le brouillard fait partie intégrante du paysage et occupe l’espace quasiment à heure fixe. Au réveil, on est donc ravis de trouver une grande tasse de thé chaud et un buffet garni. C’est sous un ciel toujours gris que l’on se décide finalement à quitter l’univers douillet du Sea Breeze.

Avant de rejoindre Walvis bay pour découvrir les dunes de la côte des squelettes, on déambule un peu dans le centre de Swakopmund, plus grande ville du littoral. A peine sortis de la voiture (reine ici), on tombe sur une allée où exposent quelques artisans. L’occasion de rencontrer Elton Mugomo dont nous avions repéré le travail dans notre logement de Windhoek ! On discute un moment avec l’artiste, ravi qu’on ait reconnu son style, et on en profite pour repartir avec plusieurs de ses toiles.

Avant de quitter la ville, nous avons pris le temps de traverser tout le centre et d’aller jusqu’à la jetée, long ponton de bois centenaire qui s’enfonce sur plus de 250m dans l’océan. Cette ancienne colonie allemande nous aura laissé un peu mitigés : certains bâtiments ont du charme mais la ville reste relativement froide et moins colorée que ce qu’on avait imaginé. A mon sens, son intérêt réside donc surtout dans la proximité du désert du Namib !

La route de Swakopmund à Walvis bay n’est d’ailleurs qu’un long sillon de goudron noir filant tout droit au milieu d’étendues de sable. A quelques 70km, Walvis Bay a, comme sa voisine, plusieurs visages. L’entrée de la ville est marquée par un immense camp de la Croix Rouge, suivi d’une large zone industrielle et d’un port aux eaux grises. On s’y arrête un instant pour régler notre tour avant de suivre le guide vers les bords de mer, bien plus cossus. On laissera d’ailleurs notre voiture sur « l’allée des millionnaires », face à d’immenses maisons, près d’un parc où de petits groupes suivent un cours de sport. Le changement est radical. Quelques flamands surveillent même notre véhicule pendant que nous grimpons avec notre guide dans un lourd 4*4 tout confort : la balade commence !

Les premiers kilomètres longent la mer et les marais salants à l’origine d’une importante part de l’économie locale. Partout, les flamands s’agitent dans l’eau peu profonde, remuant la vase avec leurs pattes pour se nourrir. A mesure que l’on s’éloigne des marais, la mer semble plus agitée, les oiseaux roses disparaissent pour laisser la place aux cormorans. On file maintenant sur une large plage balayée par le vent, aux rouleaux qui s’écrasent sur le sable humide. Quelques otaries apparaissent, pointent leur museau hors de l’eau avant de disparaitre dans les vagues. Puis par hasard, on tombe sur un petit bout de chou à peine étonné de nous trouver là, sur sa plage. Il nous accorde quelques minutes avant de lui aussi s’enfoncer dans l’océan. Sur cette large étendue de sable se cachent également quelques prédateurs, guettant les otaries les plus faibles. Si nous ne croiserons pas les hyènes, nous tombons en revanche sur deux chacals au camouflage étudié.

Même si cela nécessite un réel savoir-faire, chacun est autorisé à rouler sur cette immense étendue de sable, parfois strié de rose en raison des minuscules grenats qui se mêlent au sable. Le weekend, les familles sont nombreuses à venir s’installer face à l’océan pour de longues parties de pêche. En revanche, il faut un permis pour s’enfoncer plus loin sur la côte, où les dunes de sable semblent s’écrouler directement dans l’eau : c’est là que nous allons.

Avec beaucoup de confiance, on se laisse entrainer sur l’étroite bande de sable mouillé, coincée entre les remous de l’eau et des dunes à la hauteur parfois vertigineuse. Notre pilote fait ça depuis toujours et semble s’amuser comme un fou. Au volant de son bolide, il a la lourde tâche de slalomer entre les vagues, de s’arrêter puis de repartir à mesure que les rouleaux gagnent le rivage. Bref, d’éviter par tous les moyens de noyer les moteurs… et nous avec ! Ici, pas question de rouler seul : les agences s’entendent pour être au moins deux à traverser cet étroit passage simultanément et les chauffeurs communiquent toujours entre eux par radio, s’assurant que personne ne reste à l’arrière.

L’épopée dure un long moment dans ce décor fantastique et puis, finalement, la plage s’élargit à nouveau. Notre guide descend, nous offre une boisson tout en riant : « Cette fois-ci, c’était chaud ! »

Nous quittons les bords de mer pour nous enfoncer maintenant dans les dunes de sable. Le moteur vrombit et par miracle la voiture s’élève dans les dunes, toujours plus haut. On zigzague, on grimpe, on redescend, on suit les courbes de cette nature sauvage avec une facilité déconcertante. Rien à voir avec nos misères de Sesriem…

On s’arrête finalement au sommet d’une immense dune.  D’un côté, un paysage incroyable s’offre à nous. Les courbes des dunes claires se dessinent dans le brouillard, l’océan se devine à peine. Une ambiance un peu irréelle se dégage de cette étendue sans fin aux reliefs sculptés par le vent. Nos pas se dessinent comme dans la neige sur le sable immaculé. On se sent ridiculement petit, formidablement émerveillés.

De l’autre côté, on découvre Sandwich Harbor, ancien port de pêche transformé aujourd’hui en réserve naturelle, niché en contrebas de la dune.

A mesure que les heures passent, le brouillard se dissipe. Les rayons du soleil offrent de nouvelles couleurs au désert, renforçant les reliefs doux. C’est l’heure de la récréation pour notre guide : on attache bien nos ceintures avant de glisser dans le sable. Le moteur gronde, on rebondit sur nos sièges… c’est parti pour une session de montagnes russes ! À vive allure, on prend d’improbables trajectoires dans le sable, on dévale des pentes escarpées puis on remonte sur les hauteurs pour quelques photos. Revenus au niveau de l’océan, désormais réchauffés par un grand soleil, on s’offre une pause pique-nique avant de rentrer, complètement sous le charme de cette expérience !

Le coup de cœur de Ptit Jo

La vue sur l’océan depuis le sommet des dunes. Du sable à perte de vue !

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Rendre visite à Elton Mugumo, Tobias Hainyeko street, Swakopmund
Son site : https://eltonmugomo.com/

Levo Tours, Corner 14th Road/1st street E, Walvis bay
Sortie en 4×4 jusqu’à Sandwich Harbor 2000 NAD
Boissons, snack et apéritif dinatoire compris pour les départs de l’après-midi. Le site : https://www.levodunetours.com/

Le logement

Sea Breeze Guest House, 48 Turmalin Street, Swakopmund
Un guest house tout confort situé au Nord de la ville tout près du front de mer. Les patrons sont adorables, le petit déjeuner varié et les chambres chaudes et confortables. On en garde un excellent souvenir !
Le site : http://www.seabreeze.com.na/

Les repas

Blue Grass, Platz Am Meer Waterfront, Vineta, Swakopmund
Un bon restaurant en bord de mer. Les plats sont savoureux mais particulièrement copieux.

La grande traversée

7 septembre 2021

Après avoir exploré le canyon de Sesriem pendant une heure, notre grand départ pour une journée de route à travers le pays commence par une petite galère de voiture. Notre joli pick-up blanc, désormais couvert d’une épaisse couche de poussière et de sable, décide aujourd’hui de façon aléatoire s’il redémarre ou non après un arrêt. C’est comme ça que, 10km après avoir quitté le parc et arrêtés pour récupérer de l’eau dans le coffre, on reste plantés 10 minutes sur le bas-côté. Après quelques essais, la voiture redémarre finalement.

On trace alors de nouveaux sillons dans la route caillouteuse, traversant ces décors étonnants et colorés, ponctués de quelques animaux se promenant au milieu de nul part : des springboks, des autruches et même des gnous sont là, disséminés dans ces étendues immenses.

On s’arrête finalement à Solitaire, nom particulièrement bien choisi, pour faire le plein et s’intéresser de plus près au fonctionnement de la voiture. Quitte à ne pas redémarrer, on a préféré le faire dans un endroit présentant un peu d’activité !

Là encore, on pense aux États-Unis et à la route 66. A Solitaire, on trouve en effet des tas de véhicules de l’époque laissés à l’abandon dans le sable, des vieilles pompes à essence et un magasin d’appoint qui nous projette plusieurs décennies en arrière. Comme prévu, la voiture ne redémarre pas. Heureusement, après un coup de fil (satellite !) à l’agence de location, on s’arrange avec le mécano de la station qui réajuste la batterie en moins de deux.

On file de nouveau sur la route, longuement, s’enfonçant toujours un peu plus dans le désert, croisant de moins en moins de voitures. Bientôt, la route traverse d’immenses étendues de poussière colorée et quelques montagnes rocheuses. On se croirait sur la lune. Puis, comme un mirage, la porte du Rostock Ritz apparait sur la droite. On s’engage sur cette route alternative pendant quelques kilomètres, s’enfonçant plus loin encore vers ce monde inhabité quand, finalement, quelques constructions apparaissent.

On dirait des bulles, posées dans la pente, de petites fenêtres carrées en guise d’ouverture. On pousse la porte, un peu curieux, pour découvrir une sorte d’oasis. L’intérieur de pierres grises, les décors de bois flotté, la douce fraicheur, toutes ces formes arrondies et harmonieuses… On aime tout. On aime la calme de l’endroit après des heures de voiture roulant sur le gravier. On aime la gentillesse des patrons et les ronronnements de leur chat. On aime le spectacle de la vue de leur restaurant, fenêtres grandes ouvertes sur le désert en contre bas. Et cerise sur le gâteau, on y mange aussi très bien !

Requinqués, on reprend la voiture pour le reste de la journée. Le trajet est long pour rejoindre Swakopmund où nous passerons trois nuits. Au cours du chemin, peu après le Rostock, on passe le tropique du Capricorne. Les plaines arides cèdent alors la place à un canyon gris dans lequel la route serpente un moment avant de rejoindre une longue ligne droite dans le sable : la côte des squelettes approche.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le décor du formidable Rostock Ritz !

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Dans le parc de Sesriem, plusieurs points méritent une petite visite :
– Elim Dune, de préférence au coucher du soleil
– Dune 45, de préférence au lever du soleil
– Big Daddy Dune
– Deadvlei
– Canyon de Sesriem

Certaines entreprises proposent des visites en montgolfière ou avion au dessus du désert !

Le logement

Sea Breeze Guest House, 48 Turmalin Street, Swakopmund
Un guest house tout confort situé au Nord de la ville tout près du front de mer. Les patrons sont adorables, le petit déjeuner varié et les chambres chaudes et confortables. On en garde un excellent souvenir !
Le site : http://www.seabreeze.com.na/

Les repas

Rostock Ritz, Off the C14, Farm Rostock, Namib-Naukluft Park
Un décor formidable au milieu du désert, des plats généreux et un personnel au petit soin. Nous n’y avons pas dormi et on le regretterait presque.

Blue Grass, Platz Am Meer Waterfront, Vineta, Swakopmund
Un bon restaurant en bord de mer. Les plats sont savoureux mais particulièrement copieux !

Le désert du namib

6 septembre 2021

Après une première nuit sous la tente un peu agitée pour cause de vent violent, on se lève tranquillement sous un timide soleil du désert. On prend alors la route pour s’enfoncer au cœur des dunes rosées. Au passage, autruches et oryx parsèment le paysage de tâches sombres. La route est étonnamment bonne, recouverte d’un goudron sombre flambant neuf. Après une petite heure, un parking apparait au bout du chemin.

Il reste encore 5km que seuls les véhicules équipés de 4 roues motrices sont en mesure de franchir. Avec prudence, on engage notre bolide dans le sable ondulé à la texture et à la profondeur variable. Le décor change, plus sauvage. Le sol craque sur les bas-côtés, n’ayant probablement pas vu une goutte d’eau depuis des années. Partout, les dunes adoptent des nuances d’orange et de rose, souvent changeantes. Leur hauteur varie aussi beaucoup. Sur le chemin, Le Roi Lion dans les oreilles, on observe aussi le trajet des voitures guidées pour envisager les meilleurs passages au retour.

Arrive finalement une grande étendue de sable faisant office de parking, plantée aux pieds de la Big Daddy, la plus grande dune du monde. On s’enfonce alors dans le sable coloré pour découvrir Deadvlei, ancien lac salé asséché d’un blanc éclatant. Vous le savez, j’ai une sensibilité particulière pour ces endroits du bout du monde, quasi lunaires, qui semblent avoir été désertés par les hommes. Deadvlei a tout de ces endroits : arbres figés dans le temps, sol qui craquèle sous les pieds, couleurs intenses et silence religieux. Il y a quelques touristes avec nous mais on les voit à peine tant l’endroit est grand. On déambule entre ces troncs, pas tout à fait morts mais pas tout à fait vivants non plus, avant de s’attaquer à la dune.

Nos chaussures disparaissent dans des épaisseurs de sable à mesure que l’on grimpe sur un flanc de Bid Daddy. De petits scarabées courent autour de nous, dévalant à une vitesse impressionnante la dune. Tout n’est que sable autour de nous désormais.

Il est désormais temps de repartir vers le camp. On s’engage en sens inverse sur le chemin de sable, attentif à suivre le chemin repéré le matin en observant les guides. On roule, doucement. On croise un troupeau d’oryx au loin et, finalement, on s’enlise.

S’est-on enlisés à cause du chemin sableux ou d’un arrêt précipité pour prendre une photo d’oryx ? Les opinions divergent… toujours est-il que nous nous retrouvons coincés dans le désert, notre énorme pick up enfoncé dans le sable. On commençait à creuser, armés d’une petite pelle et de nos mains, quand une famille britannique, tout sourire, a volé à notre secours. La première tentative de remorquage est peu concluante, la seconde ne l’est pas davantage et finalement, nos sauveurs d’un jour se retrouvent enlisés également. Nous voilà 6 à creuser. Dans une surprenante bonne humeur, on déplace du sable à n’en plus finir pour libérer nos véhicules enfoncés jusqu’aux essieux.

Un couple arrive et tente également sa chance au jeu du remorquage. Malgré toutes les précautions du monde… les voilà enlisés aussi ! Et de 8.

On creuse toujours, libérant d’étroits passages pour glisser sous les voitures. On creuse pendant un temps infini puis, finalement, la première voiture est libérée. On creuse de nouveau, se roulant dans le sable frais qui s’infiltre partout. Une seconde voiture avance enfin ! Pelles et mains s’agitent encore un moment, les moteurs ronronnent et les doigts se croisent. Et, sous le regard des oryx, à l’heure où le soleil commençait déjà à baisser, la troisième voiture est libérée. D’immenses sourires traversent les visages marqués et pleins d’une poussière rosée. Fatigués mais soulagés, on opte pour une petite photo de groupe immortalisant notre aventure, heureux de cette belle histoire d’entraide et de solidarité.

Les voitures repartent l’une après l’autre, surveillant que chacun regagne le bitume en sécurité. Le vent balaie doucement le haut des dunes, les oryx déambulent dans le parc quasiment désert à cette heure. Un dernier signe sur le parking et chacun se sépare, filant vers le camp. Comme un dernier signe encourageant, un oryx, suivi de son adorable bébé, traversent devant nous en courant avant de se figer dans la poussière, nous observant avec curiosité. Aviez-vous déjà vu une petite antilope si mignonne ?

Arrivés au camp, une douche chaude salvatrice et un barbecue nous aident à nous remettre de nos émotions.  La nuit tombe, fraîche et noire. Les étoiles fleurissent dans le ciel et les feux de camp brillent dans l’obscurité. Comme elles sont belles ces nuits namibiennes…

7 septembre 2021

Avant de quitter Sesriem, on opte pour une dernière excursion vers le canyon situé tout près du camp. Un vent fort balaie le paysage et soulève de gros nuages de poussière tout le long du chemin. Arrivés au fond du canyon,  protégés des courants d’air, on se sent coupés du monde. Nous sommes seuls, évoluant entre les parois abruptes surmontées de nuages poussiéreux. Les rayons du soleil, étonnamment biens dessinés, donnent au canyon des airs un peu magiques. On s’enfonce dans la roche, arrivant presque au bout d’un passage bloqué par une mare d’eau, si rare.

Un bruit retentit alors, résonnant dans les pierres. On se baisse rapidement, on attend en silence sans un geste. Le bruit reprend. Plus fort, plus près. Dans l’ombre du cul de sac, un babouin apparaît, suivi d’un second. Ils avancent prudemment vers la mare, en lapent quelques gorgées, et repartent dans les rochers en sautant. Dans les rayons du soleil, on les aperçoit bondissant d’un côté à l’autre du canyon, disparaissant comme ils étaient apparus. Si aucune photo n’aura permis d’immortaliser ce moment, on repart tout de même le sourire aux lèvres, prêts à s’embarquer pour de nouvelles aventures.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Notre rencontre avec les premiers oryx, gracieux dans les herbes hautes

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Dans le parc, plusieurs points méritent une petite visite :
– Elim Dune, de préférence au coucher du soleil
– Dune 45, de préférence au lever du soleil
– Big Daddy Dune
– Deadvlei
– Canyon de Sesriem

Certaines entreprises proposent des visites en montgolfière ou avion au dessus du désert !

Le logement

Sesriem Oshana Camping
Un camping tout confort avec, à chaque emplacement, douche et WC privés, barbecue, évier et préau pour la voiture. Le plus: les oryx qui se promènent un peu plus loin et l’emplacement tout près de l’entrée du parc du Namib.
Le site: https://sunkarros.com/sesriem.html

Les repas

Cuisine au feu de bois dans le barbecue en briques !

Après l’attente

Mai 2020

Septembre 2020

Mai 2021

Et nous voilà finalement en septembre 2021.

Démarré il y a deux ans et reporté 3 fois, ce grand projet de voyage débute tout juste dans les couloirs de Roissy, à une heure où même l’aéroport dort encore. Vingt-quatre heures de trajet et deux escales nous séparent encore de la destination. On se met alors en mode automatique. Casque sur les oreilles, bandeau sur les yeux, on alterne entre phase de sommeil et état végétatif devant l’écran. C’est un peu long mais, finalement, ça passe.

L’escale à Doha est comme une récréation. On découvre cet aéroport immense et flambant neuf où boutiques de luxe, portraits de joueurs du PSG, voitures de sport et bijouteries aux vitrines débordant d’or se côtoient. On y trouve aussi un nombre incroyable de stands Harrods, célèbre enseigne londonienne, qui vendent de jolies boîtes de thé ou de petits ours en costume. Au centre, Harrods s’est même installé un adorable salon de thé qui semble être coupé du monde extérieur. A l’intérieur, musique, calme, chaleur et tea time offrent un instant de répit délicieux.

L’aéroport de Johannesburg est, lui, complètement désert. Encore quelques heures et nous verrons enfin la Namibie.

4 septembre 2021

Des plaines arides et désertiques apparaissent finalement à travers le hublot. Seule l’épreuve des contrôles de pass sanitaire nous sépare désormais de l’objectif. Dehors, un vent chaud souffle gentiment. James nous attend pour nous emmener à notre voiture et nous donner les consignes pour le trajet à venir. Notre bolide est un peu différent de ceux que l’on utilise d’habitude. Un énorme Toyota Hilux nous est réservé, au coffre blindé de matériel de camping et à la tente vissée sur le toit. On démonte tout, on teste, on remonte et nous voilà partis dans notre pick-up. On s’initie rapidement à la conduite à gauche dans les rues de la capitale avant de rejoindre le lodge où nous passerons la nuit. Demain, le voyage commence vraiment !

5 septembre 2021

Le petit déjeuner englouti en compagnie d’une mangouste un peu curieuse, il est temps de se lancer sur la route. En sortie de Windhoek, la route est bonne, large et goudronnée. Elle file dans les légers reliefs du paysage et, pour un peu, elle nous rappellerait presque les États-Unis. On y croise nos premiers babouins, traversant la route sans gêne, avant de quitter la grande route. Et puis le décor change. Rares sont les chemins goudronnés dans le pays, même les grands axes sont essentiellement de larges pistes poussiéreuses mais plutôt bien entretenues. D’énormes nuages de poussière volent en permanence autour de nous, s’infiltrant un peu partout, bouchant parfois la visibilité. On croise peu de monde : quelques troupeaux de chèvres, deux ou trois carrioles et une dizaine de voitures. Ça, c’est les vacances !

Le paysage change au fil des kilomètres, les routes deviennent un peu moins monotones et davantage tortueuses. On traverse une sorte de canyon où babouins et koudous se dissimulent dans les broussailles, à peine visibles. Peu à peu, on découvre cette Afrique australe si longtemps inaccessible…. mais ce sont les deux dernières heures de trajet que l’on préfère.

En sortie de la zone caillouteuse, d’immenses plaines bordées de montagnes apparaissent. L’herbe jaunie, les nuances orangées des montagnes, les buissons colorés nous enchantent. On y croise notre premier quivertree, endémique de cette partie du monde, puis nos premiers phacochères, traversant une route désormais plus sableuse. Les couleurs s’intensifient, le ciel se pare de nuages étranges et Sesriem apparaît finalement au bout du chemin.

A peine installés, on file vers Elim Dune pour profiter du coucher du soleil. Sur la route, les plaines herbeuses et jaunies prennent des reflets dorés à mesure que le soleil se couche. Les premiers oryx du séjour pointent alors le bout de leur nez, en troupeaux d’abord, puis par petits groupes. Symbole du pays, ils évoluent gracieusement dans la lumière chaude de la fin de journée.

Au bout de la route, les dunes de sable orangé apparaissent. Le sable doux, encore chaud, dessine de gracieuses courbes. Les surfaces des dunes sont recouvertes de petites ondulations dessinées par le vent, seulement entrecoupées de buissons d’un mélange de vert et de jaune. Bien qu’elle ne soit pas si haute, l’ascension d’Elim Dune ne sera pour moi que souffrance. Le sable rentre partout, s’entasse dans les chaussures. On s’enfonce, on recule à mesure qu’on avance. Bref, comme à Great Sand Dune, la grimpette me paraît être une épreuve. Le sommet en vaut pourtant la peine.

Le soleil descendant toujours plus bas vers l’horizon, les dunes ont pris des couleurs intenses. Des tons d’automne colorent désormais le paysage et le ciel bleu clair est désormais strié de nuages rosés, presque violets. Il fait quasiment nuit lorsqu’on quitte ce décor magique pour notre première nuit sous les étoiles…

Le coup de cœur de Ptit Jo

Notre rencontre avec les premiers oryx, gracieux dans les herbes hautes

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Rien de spécifique aujourd’hui en raison de la longue route !

Le logement

Londiningi guest house, 11 Winterberg Street PO box 9354, Windhoek
Un petit lodge charmant où nous avons fait étape pour une nuit. Parfait pour se reposer après un long vol. Petit déjeuner et diner disponibles sur place.

Les repas

Londiningi guesthouse, 11 Winterberg Street PO box 9354, Windhoek
Un repas sans prétention mais agréable. On adore les motifs d’animaux de la savane sur les desserts !

Mythique lagon

21 juillet 2021

Pour bien conclure ce récit de voyage, quoi de mieux qu’un dernier tour sur le lagon ? Ce matin là, c’est Captain’Mo qui vient nous chercher directement sur la plage de Matira pour notre balade privée sur son bateau. Armés de masques et tuba, de glacières, de canne à pêche et de monoï, on file sur les eaux désertes du lagon vers le Conrad, hôtel mythique symbole de luxe et de rêve. On comprend vite pourquoi quand on longe le motu, son décor de carte postale et ses bungalows incroyables.

On jette l’ancre au large du Conrad, entre deux autres bateaux, pour faire un petit coucou aux requins pointes noires qui s’agitent au milieu de quelques raies et poissons colorés, malheureusement un peu excités par de mauvais élèves qui leur jettent du poisson.

On repart rapidement à la recherche de notre objectif de la journée: les gracieuses raies manta. dans des eaux nettement plus profondes cette fois, on cherche un long moment depuis notre embarcation le moindre signe. Puis, finalement, on aperçoit un autre groupe de touristes se jetant à l’eau dans la précipitation. Sans trop réfléchir, on les suit, masques et tubas enfilés en urgence. On distingue à peine le fond dans cette eau d’un bleu sombre mais on ouvre grand les yeux à la recherche d’une trace de vie. Puis finalement, elles apparaissent. Elles sont des dizaines de raies aigle à planer sous nos palmes, gracieuses et secrètes.

A peine remis de cette jolie surprise, on repart vers le Nord de d’île pour tenter notre chance près du départ de la randonnée du Mont Popoti, entre la pointe et le Fare Ta’oto. Il faut chercher longuement dans les eaux troubles. Il faut chercher longtemps mais elle apparait. Notre première raie manta est là, volant dans le lagon, impassible. Comme elle est belle dans sa cape noire, agitant les nageoires dans un mouvement lent. Si le gabarit de celle ci est loin de rentrer dans les annales, Il suffit largement à nous impressionner. Bien qu’elle ne présente aucun danger, cette magnifique raie manta et ses 2.5 mètres d’envergure nous font quand même marquer un petit temps d’arrêt quand on réalise brusquement comme nous sommes petits à ses côtés. Un moment unique, mélange de joie, d’appréhension, d’admiration… morceau de rêve dans le bleu polynésien.

Notre petit bateau repart dans les eaux cristallines, tournicotant près des motus. C’est Tabu qui nous hébergera finalement le temps d’un repas. On s’y installe, seuls occupants de la petite île avec les crabes et les bernard-l’ermites, le temps d’un barbecue au bord de l’eau. Là encore, le décor à des airs de cartes postales, entre eau bleue, sable blanc, coquillages, cocos et pins odorants…. on pouvait difficilement trouver mieux !

Captain’Mo nous emmène digérer à l’autre bout du motu dans un jardin préservé et méconnu, loin des tours organisés. Plus minéral que celui de Tahaa, il est tout aussi beau si ce n’est plus. Variété de couleurs, de profondeurs, d’espèces… Les coraux prennent ici toutes les nuances de rose, de jaune et de violets, les bénitiers fleurissent partout, les poissons évoluent sans crainte. On y traine longuement, éblouis par ce décor que l’on observe pour la dernière fois.

Sur le chemin du retour, une nageoire puis deux, puis trois surgissent de l’eau. des dauphins. Une incroyable colonie de dauphins. S’ils sont bien présents en Polynésie, il est cependant rare de les apercevoir lors d’une virée en bateau (4 fois en 5 ans pour notre ami qui vit sur place…). Pourtant, ils sont là.

Grands et petits jouent à cache-cache avec nous, surgissent puis disparaissent ou réalisent d’improbables bonds. On les suit de longues minutes, jusqu’au coucher du soleil, dans un enthousiasme fou. les plus téméraires viennent jouer sous notre bateau, pointent leur nez tout près de la coque puis disparaissent en un éclaboussement. D’immenses sourires apparaissent sur les visages, heureux et reconnaissants pour la chance immense qu’ils nous auront offert ce soir là.

23 juillet 2021

C’est désormais l’heure de reprendre la navette vers l’aéroport pour le début d’une épopée de transport qui nous ramènera en France, sous la grisaille d’un été digne d’un mois d’octobre. Installés sur le quai, il est temps de dire au revoir, le cœur un peu serré après ces quinze jours de découverte, deux semaines surprenantes loin des clichés que l’on pouvait avoir en tête. Sur le pont, on regarde la silhouette de Captain’Mo s’éloigner, plein de reconnaissance, songeant aux retrouvailles prochaines pour se réconforter.

Malgré nos déboires avec la météo, malgré les petits ratés, on réalise à l’heure d’écrire ces lignes la chance qu’on a eue de pouvoir découvrir ce morceau de France méconnu, caché à l’autre bout du monde. C’est désormais sûr, à chaque parfum de vanille qui effleurera nos narines, à chaque regard posé sur nos perles, à chaque gamin croisé avec une paire de méduses, une part de nous s’embarquera pour la Polynésie. On range avec émotion nos colliers de coquillage, on jette un dernier coup d’œil aux photos… un prochain voyage nous attend bientôt.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Comment ne pas parler de la rencontre avec la gracieuse raie manta, à jamais gravée dans nos mémoires

Coté pratique

Les activités

Les randonnées
Pour la rando, nous nous sommes vraiment aidés de l’article de Les Deux Pieds Dehors, plein de bon conseils. Les traces GPS de Wikilocs sont fournies et sont bien utiles, surtout pour trouver le point de départ (une formule d’essai gratuite de 14j est disponible). Tout est détaillé ici : https://lesdeuxpiedsdehors.com/que-faire-a-bora-bora-polynesie/

Tohora Bora-Bora, sorties baleines ou snorkeling
Pour le snorkeling, nous avions la chance d’avoir un ami sur place avec un bateau. Pour tout ceux qui n’auront pas cette possibilité, on conseille Simon de Tohora Bora-Bora. Il est une référence en la matière et propose des sorties en petit groupe et à prix raisonnable (deux choses rares à Bora-Bora). C’est un fin connaisseur de la faune qui saura vous emmener dans les meilleurs endroits du lagon.
Tohora propose aussi des sorties baleines mais, arrivés un peu tôt dans la saison et compte tenu du vent important en mer, nous n’avons malheureusement pas pu les suivre dans cette aventure.

Le logement

Poevake Villa, Pointe de Matira, Bora Bora
L’emplacement de la maison est idéal, proche d’une supérette et à proximité directe de la plage de Matira. La vue est particulièrement sympa. On a noté quelques petits soucis techniques (pression de l’eau par exemple) mais rien de dramatique.

Dans une toute autre gamme et si vous souhaitez expérimenter les hôtels sur pilotis et les prestations luxueuses, on conseille le Conrad qui bénéficie selon nous du plus beau cadre et dont les prestations sont particulièrement réputées.

Les repas

The Lucky House Restaurant, F757+M9 Bora-Bora
On ne peut pas faire plus près du logement ! Le Lucky house fait figure de référence à Bora et propose deux cartes : une classique et une orientée pizzas. Les brochettes sont énormes mais on conseille surtout les crevettes au curry. Tarifs pour la carte classique un peu élevés à notre goût.

Bloody Mary’s, F7C4+37 Bora-Bora
Ordinairement très animé, il est surtout fréquenté par les touristes en été. Happy hour de 18 à 19h: un cocktail offert pour un acheté. Le ponton qui lui fait face est très bon spot pour les couchers de soleil.

Snack Matira, F775+MP2, Matira
Pas particulièrement raffiné, le snack est pourtant réputé sur bora-bora pour son large choix (du snack au poisson cru coco) et ses portions généreuses (prévoir deux estomacs pour arriver au bout du sandwich poulet frites…). Le cadre est particulièrement sympathique car toutes les tables donnent sur la mer. Une excellente adresse pour les petits budgets.

Pour faire ses courses, on conseille les deux supérettes de Vaitape même si celle de Matira permet de dépanner pour un petit déjeuner. Attention cependant à venir le plus rapidement possible après le ravitaillement par bateau, sous peine de trouver des étagères un peu vide. Le meilleur jour? le mercredi !

Bora Bora vue d’en haut

19 au 22 juillet 2021

Après une arrivée de nuit, on ouvre finalement les yeux sur la dernière étape de notre voyage : Bora-Bora. Depuis la terrasse couverte de notre logement, on observe le lagon coloré, l’imposant motu du Sofitel et les petits bungalows de l’InterContinental – Le Moana Resort. Histoire de voir au moins une fois à quoi ressemble ces hôtels aux nuits affichant 3 ou 4 chiffres et au petit-déjeuner à 50€, on se dirige à pied vers celui ci. Contre toute attente, on y rentre tout à fait facilement. On traverse des allées plantées de cocotiers avant de découvrir une piscine fleurie, le restaurant et les fameux bungalows. On aura même pu remonter le ponton à pied jusqu’à la mer turquoise. Si l’eau est splendide, tout comme le décor, on ne croisera aucun poisson au pied de ces bâtisses pleine de charme.

La visite terminée, on opte pour un tour de l’île en voiture. On s’arrête le long du chemin prendre quelques photos, observer la mer ou admirer les reliefs particuliers de cette petite île. Le tour est cependant rapide, 32 km, et aurait tout à fait pu se faire à vélo ! Compte tenu de la météo capricieuse que nous avons subi les deux premiers jours, on était cependant bien contents de pouvoir rentrer rapidement chez nous durant les averses…

Même si Bora est surtout réputée pour ses hôtels de charme et son lagon, il est également possible d’y randonner (je dirai même conseillé !). Ce matin là, on opte donc pour la balade du Mont Popoti au Nord de l’île, particulièrement séduisante. Le sentier part d’un chemin cabossé donnant sur la route qui monte à travers les arbres. Les premières centaines de mètres sont les plus « difficiles », grimpant vers la crête au soleil sur un sol un peu gadouilleux.

Au sommet de la deuxième côte, la plus raide, on commence déjà à apercevoir de jolies nuances de bleu à travers les arbres. Encore quelques efforts et le spectacle apparait, entre reliefs herbus et lagon coloré. Les motus se dessinent de part et d’autre de la crête, de toutes tailles, trainant derrière eux des étendues de sable blanc fendant les eaux. Le vent qui souffle par moment fait danser la prairie pendant que l’on grimpe jusqu’au rocher Popoti, point final de cette charmante randonnée.

Autre côte, autre vue, autre sommet : cette fois, on se lance à l’assaut des Antennes de Nunu’e, côté Sud. Le départ est une voie en terre qui file là aussi vers les hauteurs. Il faudra cependant rapidement s’écarter pour s’enfoncer dans les bois (merci la trace gps !). Des dizaines de petits lézards s’affolent à notre passage, visiblement peu habitués à croiser du monde. On avance un moment dans la forêt avant d’atterrir sur un chemin étroit le long d’une petite crête où le soleil tape fort.

Les arbres font maintenant place à d’épais buissons, nettement plus bas, qui permettent enfin d’apercevoir la mer. Les derniers mètres sont vraiment pentus, la terre roule un peu sous nos pieds puis, on finit par atteindre le sommet. D’ici, on retrouve le Sofitel et son motu mais on profite surtout des nuances de couleurs et des jardins de coraux qui serpentent dans l’eau. De là, on devine même les îles de Tahaa et Raiatea.

Difficile d’évoquer Bora sans parler de la plage de Matira, seule plage naturelle de l’île. On s’y arrêtera presque tous les jours, profitant d’un petit moment de soleil ou de baignade. On croise finalement peu de monde sur cette longue étendue de sable. Les locaux se baignent peu à cette saison et les touristes restent le plus souvent sur les plages privées des hôtels. Notre endroit favori reste l’extrémité de la plage, à proximité du club de plongée, seul endroit où le snorkeling est réellement possible. Il faut s’enfoncer un peu vers l’ancien hôtel abandonné, là où l’eau est plus trouble et profonde, pour découvrir d’énormes patates de corail et des centaines de poissons. Sur le reste de la plage, dans les eaux les moins profondes, on croisera également beaucoup de raies, parfois dissimulées dans le sable. Attention aux pieds !

On termine ce tour de l’île, coté terre, par le coucher de soleil du Bloody Mary’s, parfaite image de la Polynésie avec ses motus, ses palmiers et ses pontons de bois. Encore quelques instants et il sera bientôt l’heure de rentrer…

Le coup de cœur de Ptit Jo

La randonnée du Mont Popoti, loin des clichés de Bora Bora, nous aura résolument charmés avec son incroyable décor. A faire absolument !

Coté pratique

Les activités

Les randonnées
Pour la rando, nous nous sommes vraiment aidés de l’article de Les Deux Pieds Dehors, plein de bon conseils. Les traces GPS de Wikilocs sont fournies et sont bien utiles, surtout pour trouver le point de départ (une formule d’essai gratuite de 14j est disponible). Tout est détaillé ici : https://lesdeuxpiedsdehors.com/que-faire-a-bora-bora-polynesie/

Tohora Bora-Bora, sorties baleines ou snorkeling
Pour le snorkeling, nous avions la chance d’avoir un ami sur place avec un bateau. Pour tout ceux qui n’auront pas cette possibilité, on conseille Simon de Tohora Bora-Bora. Il est une référence en la matière et propose des sorties en petit groupe et à prix raisonnable (deux choses rares à Bora-Bora). C’est un fin connaisseur de la faune qui saura vous emmener dans les meilleurs endroits du lagon.
Tohora propose aussi des sorties baleines mais, arrivés un peu tôt dans la saison et compte tenu du vent important en mer, nous n’avons malheureusement pas pu les suivre dans cette aventure.

Le logement

Poevake Villa, Pointe de Matira, Bora Bora
L’emplacement de la maison est idéal, proche d’une supérette et à proximité directe de la plage de Matira. La vue est particulièrement sympa. On a noté quelques petits soucis techniques (pression de l’eau par exemple) mais rien de dramatique.

Dans une toute autre gamme et si vous souhaitez expérimenter les hôtels sur pilotis et les prestations luxueuses, on conseille le Conrad qui bénéficie selon nous du plus beau cadre et dont les prestations sont particulièrement réputées.

Les repas

The Lucky House Restaurant, F757+M9 Bora-Bora
On ne peut pas faire plus près du logement ! Le Lucky house fait figure de référence à Bora et propose deux cartes : une classique et une orientée pizzas. Les brochettes sont énormes mais on conseille surtout les crevettes au curry. Tarifs pour la carte classique un peu élevés à notre goût.

Bloody Mary’s, F7C4+37 Bora-Bora
Ordinairement très animé, il est surtout fréquenté par les touristes en été. Happy hour de 18 à 19h: un cocktail offert pour un acheté. Le ponton qui lui fait face est très bon spot pour les couchers de soleil.

Snack Matira, F775+MP2, Matira
Pas particulièrement raffiné, le snack est pourtant réputé sur bora-bora pour son large choix (du snack au poisson cru coco) et ses portions généreuses (prévoir deux estomacs pour arriver au bout du sandwich poulet frites…). Le cadre est particulièrement sympathique car toutes les tables donnent sur la mer. Une excellente adresse pour les petits budgets.

Pour faire ses courses, on conseille les deux supérettes de Vaitape même si celle de Matira permet de dépanner pour un petit déjeuner. Attention cependant à venir le plus rapidement possible après le ravitaillement par bateau, sous peine de trouver des étagères un peu vide. Le meilleur jour? le mercredi !

Verte Raiatea

15 juillet 2021

Au départ de Tahiti, on choisit un siège côté gauche pour inaugurer notre pass inter-îles de l’archipel de la Société. L’endroit parfait pour survoler Moorea et passer les quelques quarante minutes de vol qui nous emmène à Raiatea, seconde île la plus importante après Tahiti. Un jus d’ananas et un magasine plus tard, on aperçoit les premiers contours de Raiatea par le hublot. Les nuages se bousculent sur les reliefs puis cèdent finalement la place à un temps plus clément sur la mer. Une vision parfaite se dessine, paysage traversé par un arc-en-ciel, symbole de notre séjour entre terre et mer, entre pluie et soleil. Quelle arrivée !

En sortie du minuscule aéroport, nos voitures de location à la vignette orange nous attendent sagement, portes ouvertes et papiers à l’intérieur : ici on est zen. On file alors sur les hauteurs d’Uturoa pour découvrir la villa U’upa, havre de paix tenu par Gilles et Christine. Couverte de bois vernie, ouverte sur une jolie piscine avec vue sur Tahaa, abritant vinis et petits geckos, leur maison est chaleureuse et accueillante : comme nos hôtes.

17 juillet 2021

Après une formidable journée en mer autour de Tahaa, on opte pour la terre ferme avec la randonnée des trois cascades située en sortie d’Uturoa. Plusieurs parkings sont possibles, de l’entrée du chemin cabossée jusqu’au départ de la randonnée en elle-même. On opte pour un entre deux, face aux productions de vanille, afin de profiter un peu mieux du décor végétal qui nous entoure. Arbres immenses, fleurs odorantes et papayes poussent tout au long de la route jusqu’à la forêt.

Le sentier est peu balisé et donc souvent réalisé avec un guide local. Avantage de connaître du monde sur place, on se contente de suivre sans trop s’inquiéter de perdre notre chemin, repérable malgré tout par les traces sur la végétation, quelques cairns et une poignée de cordes. Il suffit finalement de suivre le cours d’eau au cœur d’une forêt verdoyante. D’immenses arbres occupent la scène, les racines empêtrées dans la roche sombre couverte de mousse et de fougères. Quelques lianes et orchidées pendent aux branches les plus basses et d’incroyables bosquets de bambous pointent vers le ciel caché par le feuillage. On adore ces forêts un peu primaires, au charme brut, loin de nos forêts bien sages et rangées.

La première cascade est toute petite, un peu à l’écart du sentier, et ne justifie pas à elle seule la balade. La seconde, plus imposante, glisse sur une paroi de pierre sombre et marque le début des acrobaties. Au pied d’un amas de rochers, la première corde nous tire en hauteur. Le chemin devient plus marqué, plus étroit aussi et les cordes se multiplient bien qu’il n’y ait pas de réel danger. On passait à nouveau au milieu de larges bambous quand deux jeunes chiennes sont apparues sur la route. Amicales, elles attendent les promeneurs pour les guider jusqu’à la cascade puis repartent avec les suivants. On se demande un peu, au passage, comment elles parviennent à grimper sur certains biefs sans se casser une patte… c’est préoccupés par cette pensée que l’on tombe à nouveau, au milieu de forêt, sur la famille de Narbonne ! On sourit de ce nouveau hasard, dernier de nos vacances. On espère vraiment, par la même occasion, qu’ils auront passé une fin de séjour aussi belle que la nôtre.

Les derniers mètres se font de rochers en rochers le long du petit cours d’eau. La troisième chute se dessine sur la falaise et vient mourir dans un petit bassin d’eau fraîche où se cachent anguilles et chevrettes. Cliché oblige, on enfile les maillots et on frissonne un bon coup avant d’aller mettre la tête sous la cascade. On peut l’affirmer désormais : non, l’eau n’est pas toujours chaude en Polynésie !

Des nuages sombres s’accumulent au-dessus de nos têtes sur le trajet du retour et les premières gouttes tombent. Le temps de rejoindre le logement, de grignoter et de prendre une bonne douche (ne pas s’attendre à rentrer propre de la balade…), un véritable déluge s’abat sur Raiatea. Contre toutes les attentes de la saison, il pleut de longues heures au point de nous laisser presque coincés jusqu’au lendemain en début après-midi.

18 juillet 2021

On finit pourtant par repartir, incapable d’abandonner l’idée d’un tour de l’île en voiture. On en profitera sans doute pas assez, pourtant Raiatea laisse deviner un grand potentiel derrière les nuages et le lagon rendu boueux par toutes l’eau ayant ruisselé sur les montagnes. Sur la côte Est, une large rivière parait fendre l’île en deux. Arbres fruitiers, haies colorées, fleurs et points de vue se succèdent au fil des kilomètres jusqu’au marae Taputapuatea, ancien centre politique, cérémoniel et funéraire, bien tristoune sous ce climat désastreux. Alors on en profite pour apprendre, lisant ensemble les pages historiques et culturels de notre guide et découvrant au fil des pages, l’histoire d’un bout de France qui nous est finalement totalement inconnu.

Contre toute attente, la pluie et les nuages gris finissent finalement par céder la place à l’un des plus beau coucher de soleil qu’on ait jamais vu. Alors que l’on roule vers l’aéroport, le ciel nous offre un festival de couleurs sans pareil. Malgré le timing un peu serré, on s’arrête en coup de vent pour quelques clichés. C’est désormais certain Raiatea avait vraiment beaucoup à offrir…

Le coup de cœur de Ptit Jo

Malgré la météo peut clémente, cette île nous a beaucoup plu… mais le coup de cœur revient au coucher de soleil sur la côte, inoubliable !

Coté pratique

Les activités

Mataio Vanille sur la route côtière de Raiatea
Le personnage, haut en couleur, nous a accueillis à l’improviste un dimanche et faits visiter sa ferme. On y a trouvé :

  • de la vanille standard à 50 000 XPF les 500g (420€ soit environ 2.5€ la gousse)
  • de la vanille déclassée (comprendre même goût mais visuel moins glamour) à 12 500 XPF les 500g (105€ soit environ 0.63€ la gousse)

En fonction des quantités, vous aurez peut-être, comme nous, la bonne surprise d’une réduction complémentaire !

Le logement

Villa U’upa, BP 1021, 98735 Uturoa
ce havre de paix est tenu par Gilles et Christine, globetrotteurs aux histoires incroyables avec qui nous avons souvent échangé durant les repas. Couverte de bois vernie, ouverte sur une jolie piscine avec vue sur Tahaa, abritant vinis et petit geckos, leur maison est chaleureuse et accueillante. Une adresse à conseiller mais des réservations à anticiper : ils n’ont que trois chambres.

Les repas

Villa Ixora, PK 2.7 East Coast- Sea side – Tepua Uturoa, 98735 
On est loin des roulottes et des barbecues improvisés. Ici, la cadre est plus chic et les tarifs de la carte suivent. On y passe un bon moment avec des plats de belle qualité (mention spéciale pour le Mahi-Mahi, particulièrement savoureux et leur crème brûlée à la vanille de Tahaa). Seule déception : la poitrine de porc, résolument trop grasse à notre goût.

Fish & Blue, EVAITOA PK9.3 C/MER Tevaitoa Raiatea, 98735
Un emplacement exceptionnel magnifié par un cadre soigné et chaleureux. On n’a pu l’apprécier à sa juste valeur à cause de la pluie mais on y retournerait sans hésiter un instant. Carte de cocktails sympathique.

Escapade à Tahaa

16 juillet 2021

Le petit-déjeuner avalé, notre petit groupe embarque pour une nouvelle journée sur l’eau. Destination Lagon nous entraîne sur le lagon bordant la jolie Tahaa, accessible uniquement par la mer. Et pour bien commencer, on attaque directement par la visite de la rhumerie Mana’o, toute jeune mais pleine d’ambition.

La distillerie a démarré par la fabrication de rhum classique, produit à base de mélasse (le résidu de transformation de la canne en sucre) pour finalement opter, il y a quelques années, pour la production de rhum agricole. Produit à base de jus de canne, ce type de rhum représente aujourd’hui moins de 5% des rhums produits. Mana’o en produit deux types : du rhum blanc (pour le ti punch) et du rhum paille, vieille en fûts d’armagnac, davantage consommé pur ou en cocktail. La distillerie se lance désormais dans une démarche de production plus écologique, recherchant l’appellation bio, transformant ses locaux dans une démarche d’économies d’énergie et valorisant l’utilisation de canne à sucre ancestrale. Pour ce qui est du goût, n’étant déjà pas amatrice, j’ai abandonné l’idée de poser un jugement sur une dégustation faite à 9h du matin…

On repart sur les eaux bleues en longeant l’île avant de voguer vers l’un des plus grands motus, occupé par un hôtel de luxe. Encore une fois, il n’y a personne. Pas âme qui vive sur les bungalows ou sur la plage, personne dans l’eau. On abandonne le navire et on remonte à pied sur la plage jusqu’à l’entrée du lagon. Notre guide nous entraîne alors vers un courant circulant à travers les patates de corail. L’un après l’autre, on s’étend et on se laisse porter, simplement. On en prend plein les yeux. Pas un coup de palme, à peine quelques brasses : l’eau nous promène entre végétaux et coraux au cœur de nuées de poissons colorés. C’est beau. On glisse sans autre effort que de tourner constamment la tête vers de nouvelles découvertes.

Le courant nous abandonne plus loin dans le jardin de corail. On se promène librement, cherchant le meilleur chemin ou le plus bel animal. D’une patate à l’autre, on a finalement la chance de tomber sur un banc entier de poissons chirurgiens bagnards. On les suit longtemps, traçant des vagues colorés entre les morceaux de récifs. On retrouve aussi des bénitiers flamboyants, des balistes colorés, de jolies demoiselles et des poissons clowns en pleine garde de leurs anémones. Le jardin est splendide, bien au-dessus de ceux traversés jusqu’alors et on se félicite d’avoir choisi un tel ordre pour visiter l’archipel. J’ignore combien de temps nous sommes restés à patauger, ayant complètement perdu la notion du temps mais quel souvenir !

L’étape suivante est une exploitation de vanille, invisible depuis la mer, installée au bout d’un chemin de terre. Arrivés à la vallée de la vanille, on nous raconte les origines de la plante, les difficultés de culture, les étapes de fabrication et, surtout, on nous fait sentir. La vanille de Tahiti, bien plus rare et précieuse que celle de Madagascar, est aussi beaucoup moins sèche. On la découverte verte encore accrochée à sa plante, sorte de liane qui s’enroule autour d’arbres supports. Elle est récoltée ainsi, comme les bananes, pour éviter que les oiseaux ne l’abiment. Elle est ensuite séchée longuement, par étape, entre tôle exposée au soleil et sac de coton. Et surtout, la vanille est massée : chaque gousse passe entre les doigts des exploitants, massée doucement pour conserver sa jolie forme longiligne malgré le procédé de séchage. Le résultat est à la hauteur du travail fourni : les gousses sont épaisses, brillantes et dégagent un parfum enivrant.

Pour nous aider à nous remettre de toutes ces émotions, notre guide nous amène sur l’un des motu occupé par une petite pension. Elle propose aux visiteurs des buffets de spécialités et de jolies tables en bord de mer, abritées par des toits de feuilles tressées. De tous petits cocotiers bordent l’étroite plage qui offre une vue sur les deux îles. Après une, deux voire trois assiettes débordantes (pour les plus gros estomacs) sous la vigilance de « Pique Assiette », petite bête à quatre pattes des plus manipulatrices, on prend un instant de pause à observer l’eau et le piège à poisson qui alimente les cuisines. Quelques raies se sont perdues et attendent sagement leur remise à l’eau. On décide pourtant de repartir en mer à la rencontre des requins pointe noire en limite du lagon pour la dernière baignade de la journée.

Comment passer en Polynésie sans visiter une ferme perlière ? Véritable symbole de tradition, encore plus répandue que le tatouage, la perle est partout en Polynésie. Forme, taille, couleur, on a vu de tout en vitrine des nombreuses bijouteries croisées pendant notre séjour. La ferme Champion est donc l’occasion d’en savoir plus sur le procédé de production, le travail de sélection ou le temps nécessaire avant la récolte. Pourtant, en première approche, ce ne sont pas les perles qui nous charment mais la bâtisse abritant la boutique. Sur une extrémité de Tahaa, directement bordée par le lagon, la maison est posée sur un grand jardin d’herbe verte et de sable, abritée par un imposant banian dans lequel une cabane a même été installée. Dans un style colonial un peu rétro, toute de bois et de blanc, elle présente de larges ouvertures vers l’extérieur. On aurait adoré y séjourner un moment tant la maison inspire le calme et la sérénité.

Côté perle, on ressort quasiment expert en la matière. On nous montre tout : les huitres, les coquilles, les mille et une couleurs, les baroques, les rondes, les citrons, le système de classification et surtout, les bijoux. La ferme emploie ses propres designers et proposent toutes sortes de modèles, exposées aux quatre coins de la pièce qui abrite également un coffre-fort antique où se dissimule une partie des réserves. De terminer la journée par un long moment à la recherche… de la perle rare !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le jardin de corail de Tahaa a beau être fantastique, le coup de cœur revient à la maison coloniale de la ferme Champion dont Ptit Jo et moi sommes tombés amoureux

Coté pratique

Les activités

Destination Lagon
Un prestataire de qualité au bateau moderne et au pilote adorable. Nous avons passé une excellente journée avec eux, à notre rythme et selon nos envies. Une très bonne expérience.

La vallée de la vanille
Les explications sont intéressantes, les tarifs nettement moins. Compter 60 000 XPF les 500g de vanille standard (505€ soit environ 3€ la gousse). On déconseille d’acheter sur place pour faire des affaires, sauf les sprays cicatrisants que l’on ne trouve que difficilement ailleurs.

Pour la vanille, on conseille plutôt Mataio Vanille sur la route côtière de Raiatea. Le personnage, haut en couleur, nous a accueillis à l’improviste un dimanche et faits visiter sa ferme. On y a trouvé :

  • de la vanille standard à 50 000 XPF les 500g (420€ soit environ 2.5€ la gousse)
  • de la vanille déclassée (comprendre même goût mais visuel moins glamour) à 12 500 XPF les 500g (105€ soit environ 0.63€ la gousse)

En fonction des quantités, vous aurez peut-être, comme nous, la bonne surprise d’une réduction complémentaire !

La ferme Champion
Ce n’est clairement pas la boutique la plus low cost dans le domaine mais c’est en revanche une adresse sûre et réputée pour la grande qualité de ses perles et l’originalité des bijoux. Aussi, le rapport qualité-prix n’est pas inintéressant. Les perles A sont particulièrement couteuses mais on trouve de jolies choses dans les perles de classe B. Pour les C, impossible de trouver une perle ronde à moins qu’elle ne soit franchement abimée… par contre, elles peuvent parfois présenter un caractère original et esthétique, loin des classiques habituels.

Quelques idées de prix :

  • 25€ la perle de catégorie C montée sur un fil de cuir,
  • 84€ la perle ronde montée sur un fil de cuir,
  • 170€ la perle baroque B de 8mm
  • 275€ la perle ronde de 12 mm
Le logement

Nous n’avons pas dormi sur l’île malheureusement

Les repas

Le repas a été organisé directement par Destination Lagon.

Une journée en catamaran

14 juillet 2021

Le pick-up de Voila Moorea débarque de bon matin devant notre porte. Les yeux encore un peu embrumés et le soleil pas encore vraiment levé, on s’installe à l’arrière. Les cheveux battus par le vent, on roule un petit moment pour rejoindre le joli Taboo, petit voilier catamaran flashy mais intimiste et confortable qui nous permettra de découvrir le lagon aujourd’hui.

Bien installés sur le trampoline, on se laisse tranquillement porter sur le lagon désert à cette heure. En choisissant un départ matinal, on a la chance de laisser derrière nous toutes les autres excursions et les dizaines de bateaux qui ne tarderont pas à venir célébrer le 14 juillet sur les motus. Avec Marc, chemise à fleurs et grand chapeau de paille, on glisse sur les eaux tout en écoutant les histoires de l’île, les anecdotes historiques et les légendes entourant les baies. On aime beaucoup celle des hommes-tortues débarqués sur la plage de Vaihere et de la pieuvre géante réfugiée sur le mont Rotui.

Chassée par les Dieux, elle aurait déversée son encre dans la baie et appelé tous les nohu (poissons pierre) pour garder les lieux. On raconte aujourd’hui encore que les poissons vivant-là ne peuvent être pêchés car leur chair serait toujours empoisonnée par l’encre de la pieuvre. La baie aura d’ailleurs conservé un nom à l’image de la légende : Opunohu, littéralement ventre de poisson-pierre.

Bercés par le ronronnement du moteur et les explications de Marc, on observe le lagon à la recherche de tortues marines, sans succès pour cette fois. Taboo nous entraine le long des bungalows sur pilotis de l’Intercontinental pour une rencontre avec les requins pointe-noire et les raies pastenagues. Sous nos pieds, un incroyable bleu des mers du Sud est seulement troublé par la présence des silhouettes grises évoluant paisiblement. On nous donne quelques consignes puis il est l’heure de se jeter à l’eau.

On aura bien quelques secondes d’appréhension… puis la grâce des raies tournant autour de nous et la tranquillité des requins la font disparaitre. Ils sont là, à la fois proches et lointains, finalement pas si impressionnants et plutôt élégants. Les raies s’approchent, curieuses, formatées par des années de nourrissage régulier. Elles nous frôlent même parfois. Une belle expérience loin de la foule et dans le respect des animaux, parfaite pour approcher pour la première fois ces animaux à la si mauvaise, et complètement imméritée, réputation.

Le joli Taboo poursuit sa route vers un jardin de corail installé entre deux motus abritant bars et restaurants. A cet instant, rien ne bouge et pourtant, dans quelques heures, d’incroyables fêtes viendront réveiller les lieux.

On se jette vite à l’eau pour profiter de notre solitude. A peine mouillés, des nuées de poissons colorés se précipitent autour de nous, eux aussi sacrément bien éduqués. Les petits papillons, drôlement effrontés, viennent directement quémander au bout de nos doigts. On passe ici un cap par rapport au jardin de corail de Tahiti. Les coraux sont plus nombreux, plus beaux, sans doute plus peuplés aussi.

Notre dernier trajet nous emmène plus loin encore pour l’observation de tiki reconstitués par un artiste et coulés dans les eaux claires mais plus profondes du lagon. Représentations religieuses des Polynésiens, les tikis ont quasiment disparus, détruits par les premiers colons protestants. A l’époque, on les avait largués au large, face à la nouvelle église, pour faire passer un message on ne peut plus clair…

Sept tikis ont alors été reconstitués, simples représentations ou figures royales ainsi posées au fond de l’eau. On retrouve aussi un peu de corail, quelques poissons dont 3 petits poissons-vaches à l’allure bien particulière. En pleine séance de sauts et de plongeons, on recroise aussi notre famille du Sud, venue jeter l’ancre par hasard juste en face de nous. La Polynésie est bien petite !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Notre première, et un peu émouvante rencontre avec les requins, pour une bonne dose de lutte contre les préjugés

Coté pratique

Les activités

Voila Moorea, G583+5X, Piha’ena 98728
Après une longue matinée sur le lagon, on rentre charmés par les lieux et ravis de cette expérience. On conseille sans aucune réserve Voila Moorea pour leur gentillesse et la qualité de la prestation. Taboo, en plus d’être particulièrement sympa, à l’immense avantage d’être conçu pour 8 personnes maximum ce qui permet une balade intime et à notre rythme. Notre départ matinal nous a également permis d’arriver systématiquement avant la foule sur les différents lieux de baignade. Que du bon à signaler !

Pour la demi-journée :
Sortie partagée 8 500 XPF par adulte (environ 72€)
Sortie privée : 62 000 XPF (environ 520€ pour 5 à 8 personnes)

Le logement

Te Ora Hau Ecolodge, Afareaitu PK 8, 2 c/ mer, 98728
On a adoré ce logement, tout simplement. La cuisine n’est pas très moderne mais ça n’a eu, à nos yeux, absolument aucune importance. Tout est charmant, l’emplacement exceptionnel (qui d’autre a des tortues de mer au fond de son jardin ?) et l’accueil parfait. Paddles et kayaks à disposition. Peut-être notre meilleur choix de logement jusqu’à présent.

Les repas

Barbecues dans le jardin, rien de tel !