Mythique lagon

21 juillet 2021

Pour bien conclure ce récit de voyage, quoi de mieux qu’un dernier tour sur le lagon ? Ce matin là, c’est Captain’Mo qui vient nous chercher directement sur la plage de Matira pour notre balade privée sur son bateau. Armés de masques et tuba, de glacières, de canne à pêche et de monoï, on file sur les eaux désertes du lagon vers le Conrad, hôtel mythique symbole de luxe et de rêve. On comprend vite pourquoi quand on longe le motu, son décor de carte postale et ses bungalows incroyables.

On jette l’ancre au large du Conrad, entre deux autres bateaux, pour faire un petit coucou aux requins pointes noires qui s’agitent au milieu de quelques raies et poissons colorés, malheureusement un peu excités par de mauvais élèves qui leur jettent du poisson.

On repart rapidement à la recherche de notre objectif de la journée: les gracieuses raies manta. dans des eaux nettement plus profondes cette fois, on cherche un long moment depuis notre embarcation le moindre signe. Puis, finalement, on aperçoit un autre groupe de touristes se jetant à l’eau dans la précipitation. Sans trop réfléchir, on les suit, masques et tubas enfilés en urgence. On distingue à peine le fond dans cette eau d’un bleu sombre mais on ouvre grand les yeux à la recherche d’une trace de vie. Puis finalement, elles apparaissent. Elles sont des dizaines de raies aigle à planer sous nos palmes, gracieuses et secrètes.

A peine remis de cette jolie surprise, on repart vers le Nord de d’île pour tenter notre chance près du départ de la randonnée du Mont Popoti, entre la pointe et le Fare Ta’oto. Il faut chercher longuement dans les eaux troubles. Il faut chercher longtemps mais elle apparait. Notre première raie manta est là, volant dans le lagon, impassible. Comme elle est belle dans sa cape noire, agitant les nageoires dans un mouvement lent. Si le gabarit de celle ci est loin de rentrer dans les annales, Il suffit largement à nous impressionner. Bien qu’elle ne présente aucun danger, cette magnifique raie manta et ses 2.5 mètres d’envergure nous font quand même marquer un petit temps d’arrêt quand on réalise brusquement comme nous sommes petits à ses côtés. Un moment unique, mélange de joie, d’appréhension, d’admiration… morceau de rêve dans le bleu polynésien.

Notre petit bateau repart dans les eaux cristallines, tournicotant près des motus. C’est Tabu qui nous hébergera finalement le temps d’un repas. On s’y installe, seuls occupants de la petite île avec les crabes et les bernard-l’ermites, le temps d’un barbecue au bord de l’eau. Là encore, le décor à des airs de cartes postales, entre eau bleue, sable blanc, coquillages, cocos et pins odorants…. on pouvait difficilement trouver mieux !

Captain’Mo nous emmène digérer à l’autre bout du motu dans un jardin préservé et méconnu, loin des tours organisés. Plus minéral que celui de Tahaa, il est tout aussi beau si ce n’est plus. Variété de couleurs, de profondeurs, d’espèces… Les coraux prennent ici toutes les nuances de rose, de jaune et de violets, les bénitiers fleurissent partout, les poissons évoluent sans crainte. On y traine longuement, éblouis par ce décor que l’on observe pour la dernière fois.

Sur le chemin du retour, une nageoire puis deux, puis trois surgissent de l’eau. des dauphins. Une incroyable colonie de dauphins. S’ils sont bien présents en Polynésie, il est cependant rare de les apercevoir lors d’une virée en bateau (4 fois en 5 ans pour notre ami qui vit sur place…). Pourtant, ils sont là.

Grands et petits jouent à cache-cache avec nous, surgissent puis disparaissent ou réalisent d’improbables bonds. On les suit de longues minutes, jusqu’au coucher du soleil, dans un enthousiasme fou. les plus téméraires viennent jouer sous notre bateau, pointent leur nez tout près de la coque puis disparaissent en un éclaboussement. D’immenses sourires apparaissent sur les visages, heureux et reconnaissants pour la chance immense qu’ils nous auront offert ce soir là.

23 juillet 2021

C’est désormais l’heure de reprendre la navette vers l’aéroport pour le début d’une épopée de transport qui nous ramènera en France, sous la grisaille d’un été digne d’un mois d’octobre. Installés sur le quai, il est temps de dire au revoir, le cœur un peu serré après ces quinze jours de découverte, deux semaines surprenantes loin des clichés que l’on pouvait avoir en tête. Sur le pont, on regarde la silhouette de Captain’Mo s’éloigner, plein de reconnaissance, songeant aux retrouvailles prochaines pour se réconforter.

Malgré nos déboires avec la météo, malgré les petits ratés, on réalise à l’heure d’écrire ces lignes la chance qu’on a eue de pouvoir découvrir ce morceau de France méconnu, caché à l’autre bout du monde. C’est désormais sûr, à chaque parfum de vanille qui effleurera nos narines, à chaque regard posé sur nos perles, à chaque gamin croisé avec une paire de méduses, une part de nous s’embarquera pour la Polynésie. On range avec émotion nos colliers de coquillage, on jette un dernier coup d’œil aux photos… un prochain voyage nous attend bientôt.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Comment ne pas parler de la rencontre avec la gracieuse raie manta, à jamais gravée dans nos mémoires

Coté pratique

Les activités

Les randonnées
Pour la rando, nous nous sommes vraiment aidés de l’article de Les Deux Pieds Dehors, plein de bon conseils. Les traces GPS de Wikilocs sont fournies et sont bien utiles, surtout pour trouver le point de départ (une formule d’essai gratuite de 14j est disponible). Tout est détaillé ici : https://lesdeuxpiedsdehors.com/que-faire-a-bora-bora-polynesie/

Tohora Bora-Bora, sorties baleines ou snorkeling
Pour le snorkeling, nous avions la chance d’avoir un ami sur place avec un bateau. Pour tout ceux qui n’auront pas cette possibilité, on conseille Simon de Tohora Bora-Bora. Il est une référence en la matière et propose des sorties en petit groupe et à prix raisonnable (deux choses rares à Bora-Bora). C’est un fin connaisseur de la faune qui saura vous emmener dans les meilleurs endroits du lagon.
Tohora propose aussi des sorties baleines mais, arrivés un peu tôt dans la saison et compte tenu du vent important en mer, nous n’avons malheureusement pas pu les suivre dans cette aventure.

Le logement

Poevake Villa, Pointe de Matira, Bora Bora
L’emplacement de la maison est idéal, proche d’une supérette et à proximité directe de la plage de Matira. La vue est particulièrement sympa. On a noté quelques petits soucis techniques (pression de l’eau par exemple) mais rien de dramatique.

Dans une toute autre gamme et si vous souhaitez expérimenter les hôtels sur pilotis et les prestations luxueuses, on conseille le Conrad qui bénéficie selon nous du plus beau cadre et dont les prestations sont particulièrement réputées.

Les repas

The Lucky House Restaurant, F757+M9 Bora-Bora
On ne peut pas faire plus près du logement ! Le Lucky house fait figure de référence à Bora et propose deux cartes : une classique et une orientée pizzas. Les brochettes sont énormes mais on conseille surtout les crevettes au curry. Tarifs pour la carte classique un peu élevés à notre goût.

Bloody Mary’s, F7C4+37 Bora-Bora
Ordinairement très animé, il est surtout fréquenté par les touristes en été. Happy hour de 18 à 19h: un cocktail offert pour un acheté. Le ponton qui lui fait face est très bon spot pour les couchers de soleil.

Snack Matira, F775+MP2, Matira
Pas particulièrement raffiné, le snack est pourtant réputé sur bora-bora pour son large choix (du snack au poisson cru coco) et ses portions généreuses (prévoir deux estomacs pour arriver au bout du sandwich poulet frites…). Le cadre est particulièrement sympathique car toutes les tables donnent sur la mer. Une excellente adresse pour les petits budgets.

Pour faire ses courses, on conseille les deux supérettes de Vaitape même si celle de Matira permet de dépanner pour un petit déjeuner. Attention cependant à venir le plus rapidement possible après le ravitaillement par bateau, sous peine de trouver des étagères un peu vide. Le meilleur jour? le mercredi !

Escapade à Tahaa

16 juillet 2021

Le petit-déjeuner avalé, notre petit groupe embarque pour une nouvelle journée sur l’eau. Destination Lagon nous entraîne sur le lagon bordant la jolie Tahaa, accessible uniquement par la mer. Et pour bien commencer, on attaque directement par la visite de la rhumerie Mana’o, toute jeune mais pleine d’ambition.

La distillerie a démarré par la fabrication de rhum classique, produit à base de mélasse (le résidu de transformation de la canne en sucre) pour finalement opter, il y a quelques années, pour la production de rhum agricole. Produit à base de jus de canne, ce type de rhum représente aujourd’hui moins de 5% des rhums produits. Mana’o en produit deux types : du rhum blanc (pour le ti punch) et du rhum paille, vieille en fûts d’armagnac, davantage consommé pur ou en cocktail. La distillerie se lance désormais dans une démarche de production plus écologique, recherchant l’appellation bio, transformant ses locaux dans une démarche d’économies d’énergie et valorisant l’utilisation de canne à sucre ancestrale. Pour ce qui est du goût, n’étant déjà pas amatrice, j’ai abandonné l’idée de poser un jugement sur une dégustation faite à 9h du matin…

On repart sur les eaux bleues en longeant l’île avant de voguer vers l’un des plus grands motus, occupé par un hôtel de luxe. Encore une fois, il n’y a personne. Pas âme qui vive sur les bungalows ou sur la plage, personne dans l’eau. On abandonne le navire et on remonte à pied sur la plage jusqu’à l’entrée du lagon. Notre guide nous entraîne alors vers un courant circulant à travers les patates de corail. L’un après l’autre, on s’étend et on se laisse porter, simplement. On en prend plein les yeux. Pas un coup de palme, à peine quelques brasses : l’eau nous promène entre végétaux et coraux au cœur de nuées de poissons colorés. C’est beau. On glisse sans autre effort que de tourner constamment la tête vers de nouvelles découvertes.

Le courant nous abandonne plus loin dans le jardin de corail. On se promène librement, cherchant le meilleur chemin ou le plus bel animal. D’une patate à l’autre, on a finalement la chance de tomber sur un banc entier de poissons chirurgiens bagnards. On les suit longtemps, traçant des vagues colorés entre les morceaux de récifs. On retrouve aussi des bénitiers flamboyants, des balistes colorés, de jolies demoiselles et des poissons clowns en pleine garde de leurs anémones. Le jardin est splendide, bien au-dessus de ceux traversés jusqu’alors et on se félicite d’avoir choisi un tel ordre pour visiter l’archipel (à écrire quelque part avec les places pour l’avion). J’ignore combien de temps nous sommes restés à patauger, ayant complètement perdu la notion du temps mais quel souvenir !

L’étape suivante est une exploitation de vanille, invisible depuis la mer, installée au bout d’un chemin de terre. Arrivés à la vallée de la vanille, on nous raconte les origines de la plante, les difficultés de culture, les étapes de fabrication et, surtout, on nous fait sentir. La vanille de Tahiti, bien plus rare et précieuse que celle de Madagascar, est aussi beaucoup moins sèche. On la découverte verte encore accrochée à sa plante, sorte de liane qui s’enroule autour d’arbres supports. Elle est récoltée ainsi, comme les bananes, pour éviter que les oiseaux ne l’abiment. Elle est ensuite séchée longuement, par étape, entre tôle exposée au soleil et sac de coton. Et surtout, la vanille est massée : chaque gousse passe entre les doigts des exploitants, massée doucement pour conserver sa jolie forme longiligne malgré le procédé de séchage. Le résultat est à la hauteur du travail fourni : les gousses sont épaisses, brillantes et dégagent un parfum enivrant.

Pour nous aider à nous remettre de toutes ces émotions, notre guide nous amène sur l’un des motu occupé par une petite pension. Elle propose aux visiteurs des buffets de spécialités et de jolies tables en bord de mer, abritées par des toits de feuilles tressées. De tous petits cocotiers bordent l’étroite plage qui offre une vue sur les deux îles. Après une, deux voire trois assiettes débordantes (pour les plus gros estomacs) sous la vigilance de « Pique Assiette », petite bête à quatre pattes des plus manipulatrices, on prend un instant de pause à observer l’eau et le piège à poisson qui alimente les cuisines. Quelques raies se sont perdues et attendent sagement leur remise à l’eau. On décide pourtant de repartir en mer à la rencontre des requins pointe noire en limite du lagon pour la dernière baignade de la journée.

Comment passer en Polynésie sans visiter une ferme perlière ? Véritable symbole de tradition, encore plus répandue que le tatouage, la perle est partout en Polynésie. Forme, taille, couleur, on a vu de tout en vitrine des nombreuses bijouteries croisées pendant notre séjour. La ferme Champion est donc l’occasion d’en savoir plus sur le procédé de production, le travail de sélection ou le temps nécessaire avant la récolte. Pourtant, en première approche, ce ne sont pas les perles qui nous charment mais la bâtisse abritant la boutique. Sur une extrémité de Tahaa, directement bordée par le lagon, la maison est posée sur un grand jardin d’herbe verte et de sable, abritée par un imposant banian dans lequel une cabane a même été installée. Dans un style colonial un peu rétro, toute de bois et de blanc, elle présente de larges ouvertures vers l’extérieur. On aurait adoré y séjourner un moment tant la maison inspire le calme et la sérénité.

Côté perle, on ressort quasiment expert en la matière. On nous montre tout : les huitres, les coquilles, les mille et une couleurs, les baroques, les rondes, les citrons, le système de classification et surtout, les bijoux. La ferme emploie ses propres designers et proposent toutes sortes de modèles, exposées aux quatre coins de la pièce qui abrite également un coffre-fort antique où se dissimule une partie des réserves. De terminer la journée par un long moment à la recherche… de la perle rare !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le jardin de corail de Tahaa a beau être fantastique, le coup de cœur revient à la maison coloniale de la ferme Champion dont Ptit Jo et moi sommes tombés amoureux

Coté pratique

Les activités

Destination Lagon
Un prestataire de qualité au bateau moderne et au pilote adorable. Nous avons passé une excellente journée avec eux, à notre rythme et selon nos envies. Une très bonne expérience.

La vallée de la vanille
Les explications sont intéressantes, les tarifs nettement moins. Compter 60 000 XPF les 500g de vanille standard (505€ soit environ 3€ la gousse). On déconseille d’acheter sur place pour faire des affaires, sauf les sprays cicatrisants que l’on ne trouve que difficilement ailleurs.

Pour la vanille, on conseille plutôt Mataio Vanille sur la route côtière de Raiatea. Le personnage, haut en couleur, nous a accueillis à l’improviste un dimanche et faits visiter sa ferme. On y a trouvé :

  • de la vanille standard à 50 000 XPF les 500g (420€ soit environ 2.5€ la gousse)
  • de la vanille déclassée (comprendre même goût mais visuel moins glamour) à 12 500 XPF les 500g (105€ soit environ 0.63€ la gousse)

En fonction des quantités, vous aurez peut-être, comme nous, la bonne surprise d’une réduction complémentaire !

La ferme Champion
Ce n’est clairement pas la boutique la plus low cost dans le domaine mais c’est en revanche une adresse sûre et réputée pour la grande qualité de ses perles et l’originalité des bijoux. Aussi, le rapport qualité-prix n’est pas inintéressant. Les perles A sont particulièrement couteuses mais on trouve de jolies choses dans les perles de classe B. Pour les C, impossible de trouver une perle ronde à moins qu’elle ne soit franchement abimée… par contre, elles peuvent parfois présenter un caractère original et esthétique, loin des classiques habituels.

Quelques idées de prix :

  • 25€ la perle de catégorie C montée sur un fil de cuir,
  • 84€ la perle ronde montée sur un fil de cuir,
  • 170€ la perle baroque B de 8mm
  • 275€ la perle ronde de 12 mm
Le logement

Nous n’avons pas dormi sur l’île malheureusement

Les repas

Le repas a été organisé directement par Destination Lagon.

Une journée en catamaran

14 juillet 2021

Le pick-up de Voila Moorea débarque de bon matin devant notre porte. Les yeux encore un peu embrumés et le soleil pas encore vraiment levé, on s’installe à l’arrière. Les cheveux battus par le vent, on roule un petit moment pour rejoindre le joli Taboo, petit voilier catamaran flashy mais intimiste et confortable qui nous permettra de découvrir le lagon aujourd’hui.

Bien installés sur le trampoline, on se laisse tranquillement porter sur le lagon désert à cette heure. En choisissant un départ matinal, on a la chance de laisser derrière nous toutes les autres excursions et les dizaines de bateaux qui ne tarderont pas à venir célébrer le 14 juillet sur les motus. Avec Marc, chemise à fleurs et grand chapeau de paille, on glisse sur les eaux tout en écoutant les histoires de l’île, les anecdotes historiques et les légendes entourant les baies. On aime beaucoup celle des hommes-tortues débarqués sur la plage de Vaihere et de la pieuvre géante réfugiée sur le mont Rotui.

Chassée par les Dieux, elle aurait déversée son encre dans la baie et appelé tous les nohu (poissons pierre) pour garder les lieux. On raconte aujourd’hui encore que les poissons vivant-là ne peuvent être pêchés car leur chair serait toujours empoisonnée par l’encre de la pieuvre. La baie aura d’ailleurs conservé un nom à l’image de la légende : Opunohu, littéralement ventre de poisson-pierre.

Bercés par le ronronnement du moteur et les explications de Marc, on observe le lagon à la recherche de tortues marines, sans succès pour cette fois. Taboo nous entraine le long des bungalows sur pilotis de l’Intercontinental pour une rencontre avec les requins pointe-noire et les raies pastenagues. Sous nos pieds, un incroyable bleu des mers du Sud est seulement troublé par la présence des silhouettes grises évoluant paisiblement. On nous donne quelques consignes puis il est l’heure de se jeter à l’eau.

On aura bien quelques secondes d’appréhension… puis la grâce des raies tournant autour de nous et la tranquillité des requins la font disparaitre. Ils sont là, à la fois proches et lointains, finalement pas si impressionnants et plutôt élégants. Les raies s’approchent, curieuses, formatées par des années de nourrissage régulier. Elles nous frôlent même parfois. Une belle expérience loin de la foule et dans le respect des animaux, parfaite pour approcher pour la première fois ces animaux à la si mauvaise, et complètement imméritée, réputation.

Le joli Taboo poursuit sa route vers un jardin de corail installé entre deux motus abritant bars et restaurants. A cet instant, rien ne bouge et pourtant, dans quelques heures, d’incroyables fêtes viendront réveiller les lieux.

On se jette vite à l’eau pour profiter de notre solitude. A peine mouillés, des nuées de poissons colorés se précipitent autour de nous, eux aussi sacrément bien éduqués. Les petits papillons, drôlement effrontés, viennent directement quémander au bout de nos doigts. On passe ici un cap par rapport au jardin de corail de Tahiti. Les coraux sont plus nombreux, plus beaux, sans doute plus peuplés aussi.

Notre dernier trajet nous emmène plus loin encore pour l’observation de tiki reconstitués par un artiste et coulés dans les eaux claires mais plus profondes du lagon. Représentations religieuses des Polynésiens, les tikis ont quasiment disparus, détruits par les premiers colons protestants. A l’époque, on les avait largués au large, face à la nouvelle église, pour faire passer un message on ne peut plus clair…

Sept tikis ont alors été reconstitués, simples représentations ou figures royales ainsi posées au fond de l’eau. On retrouve aussi un peu de corail, quelques poissons dont 3 petits poissons-vaches à l’allure bien particulière. En pleine séance de sauts et de plongeons, on recroise aussi notre famille du Sud, venue jeter l’ancre par hasard juste en face de nous. La Polynésie est bien petite !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Notre première, et un peu émouvante rencontre avec les requins, pour une bonne dose de lutte contre les préjugés

Coté pratique

Les activités

Voila Moorea, G583+5X, Piha’ena 98728
Après une longue matinée sur le lagon, on rentre charmés par les lieux et ravis de cette expérience. On conseille sans aucune réserve Voila Moorea pour leur gentillesse et la qualité de la prestation. Taboo, en plus d’être particulièrement sympa, à l’immense avantage d’être conçu pour 8 personnes maximum ce qui permet une balade intime et à notre rythme. Notre départ matinal nous a également permis d’arriver systématiquement avant la foule sur les différents lieux de baignade. Que du bon à signaler !

Pour la demi-journée :
Sortie partagée 8 500 XPF par adulte (environ 72€)
Sortie privée : 62 000 XPF (environ 520€ pour 5 à 8 personnes)

Le logement

Te Ora Hau Ecolodge, Afareaitu PK 8, 2 c/ mer, 98728
On a adoré ce logement, tout simplement. La cuisine n’est pas très moderne mais ça n’a eu, à nos yeux, absolument aucune importance. Tout est charmant, l’emplacement exceptionnel (qui d’autre a des tortues de mer au fond de son jardin ?) et l’accueil parfait. Paddles et kayaks à disposition. Peut-être notre meilleur choix de logement jusqu’à présent.

Les repas

Barbecues dans le jardin, rien de tel !

Les falaises de Te Pari

10 juillet 2021

Un peu à la dernière minute et parce que notre tour de l’île fût plus rapide que prévu, on opte pour la découverte de Teahupoo, patrie du surf à l’extrémité de Tahiti Iti.

Sur la marina on fait donc connaissance avec Otilia et Cindy, mère et fille, et une chouette famille du Sud à l’accent chantant qui nous poursuivra d’île en île une bonne partie du séjour (coucou la famille !). L’équipe au complet, on file sur les eaux bleutées, les yeux grands ouverts sur le décor. Comme souvent, le temps de ce début de matinée est un peu maussade mais donne un étonnant charme à cette côte sauvage envahie de végétation. Les nuages cachent la cime des montagnes, quelques ondées se dessinent dans les terres et menacent le large.

Arrivée près du village désormais célèbre, Cindy nous raconte les enjeux liées aux JO 2024 qui éliront domicile sur ce site préservé. On évoque les projets, les difficultés, les revendications mais aussi le rapport des habitants à leur terre et à la mer. Ici, on vit près de la nature. A l’embouchure de la rivière, les petits Polynésiens apprennent à nager dès 3 ans. Vient ensuite le temps de jouer avec les vagues sur la plage, l’apprentissage du body surf puis l’entrée dans la cour des grands : le surf, le vrai.

En voilà une justement qui n’a pas tardé à y entrer par la grande porte Un sifflet retentit au loin et deux nageurs s’approchent, ventre collé à leur planche. Prof et élève profitent du taxi vers la plus célèbre vague de Polynésie, déjà impressionnante malgré les conditions relativement peu propices aux immenses vagues. Les deux nous offriront une jolie démonstration de surf. Lui, incarnant tout ce qu’on imagine du surfeur, sorte d’Aquaman flottant sur l’eau dans un bouillonnement d’écume. Elle, petit bout de femme au casque licorne, à peine émue de se frotter à un tel mythe.

Le temps capricieux s’acharne mais nous aussi sommes obstinés. Impensable de faire demi-tour si tôt dans la journée. On opte alors pour une session de snorkeling sur fond de sable blanc, entouré par des eaux sombres nettement plus profondes. On s’y plait beaucoup, évoluant paisiblement dans les patates de corail, croisant toujours plus de poissons colorés et rencontrant même notre premier poisson clown dissimulé dans une anémone rosée. En remontant à la surface, on dévore le pain coco d’Otilia sous un doux soleil enfin réapparu avant de reprendre la mer pour approcher encore des falaises de Te Pari.

Autant être honnête, quand Cindy nous annonce que la prochaine étape est d’aller voir une cascade dans la roche, on est enthousiastes. Quand elle nous détaille le plan, un peu moins. Rien de plus facile pourtant : sauter du bateau, nager jusqu’aux rochers, les traverser à pied, replonger, attendre une vague entrante (surtout pas sortante pour éviter de se fracasser le crâne), passer la tête sous une arche et nager dans une grotte. On se regarde quelques instants pour voir qui partira le premier puis on plonge, tous. Et contre toute attente, en suivant les conseils et sous la vigilance d’Otilia, c’est presque facile. Armée de son grand sourire elle nous accompagne à chaque étape et nous rassure. Les plus courageux grimpent même au-dessus de la cascade et sautent directement dans la grotte, histoire d’en rajouter un peu.

Quand, à l’arrêt suivant, on nous propose de rejoindre le rivage à la nage, il n’y a plus d’hésitation : on s’exécute. On avance sur un petit sentier à travers les cocotiers, on s’arrête un moment pour écouter un trou de souffleur et se faire copieusement (et accidentellement) arroser par une vague avant de remonter un petit cours d’eau dont les bords ont été envahis par des cairns. Le décor est fantastique, entre cocotiers et jungle, entre roche et verdure. On traverse encore un mini lavatube, on grimpe à l’aide d’une corde au sommet d’une petite cascade et nous voilà arrivés. On s’installe un moment dans les bassins frais, on court après les chevrettes avant de passer la tête sous une autre cascade d’eau froide et de larges sourires apparaissent sur les visages…

Après ces mini-aventures et un copieux repas avalé, on s’enfonce dans la forêt à la recherche des anguilles sacrées. Les images ne rendent vraiment pas justice au décor (petits soucis de réglages…) qui nous a un peu rappelé l’Amazonie. Après quelques minutes de marche entre des milliers de racines, on les trouvera finalement dans une rivière d’eau froide et peu profonde au fond rocailleux.

Au retour, Otilia nous apprend à réaliser de jolies couronnes de fougères avant de reprendre la mer pour un dernier arrêt snorkeling. Sur le quai, on dit au revoir avec un peu d’émotion tant cette expédition nous aura enchantés. Quelle belle journée à Te Pari.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La formidable vue sur ces falaises sauvages, battues par le vent et les vagues, aux couleurs changeantes à chaque apparition du soleil

Coté pratique

Les activités

Visite de Te Pari
Nous sommes partis avec Teahupoo Tahiti Surfari et ne l’avons vraiment pas regretté. Otilia et Cindy nous ont fait vivre une journée fantastique, pleine de découverte sur terre comme en mer et ponctuée de jolis échanges. On recommande sans la moindre hésitation le Vaiau Tour, 8500 XPF par personne (6heures annoncées mais nous y sommes restés nettement plus longtemps). D’autres formules sont disponibles sur leur site.

Le logement

Immeuble Ery, Rue des Remparts, Papeete 98714
Un logement à l’emplacement bien pratique mais aux prestations limitées.

Les repas

Urban café, 29 Rue Dumont D Urville, Papeete 98713
D’excellents et copieux brunchs sur une petite terrasse à l’arrière du restaurant, une chouette adresse !

Le Retro, Centre Vaima Front de mer, Papeete 98713
Une carte assez classique mais un très bon Mahi Mahi. Musique le weekend.

32 rue du Maréchal Foch, Papeete 98713
Une adresse qui ne paie pas de mine mais réputée comme le meilleur cochon du dimanche, parole de Polynésien