Spitzkoppe

10 septembre

Il est désormais temps de quitter les dunes et les bords de mer pour s’enfoncer dans les terres, vers une Namibie au visage bien différent. Avant de gagner les paysages de poussières, on s’offre tout de même un petit détour animalier. A une centaine de kilomètres au nord de Swakopmund, une gigantesque colonie d’otaries à élu domicile sur la cote des squelettes.

A Cape Cross, on trouve le plus grand groupe d’otaries à fourrure que compte la Namibie avec, au pic de la période de reproduction en décembre, plus de 100 000 individus. On les entend de loin, on le sent aussi ! Par chance, ce jour là, le sens du vent a quelque peu épargné nos narines. Pendant que l’océan s’écrase dans d’impressionnants rouleaux, on assiste à des tas de scènes de vie, du parking jusqu’à la mer. Jeunes otaries qui trottinent en remuant les fesses, petits tétant leur mère, intimidation des grands mâles… Une ancienne installation devait permettre de longer la plage tout en étant protégé des otaries qui peuvent parfois être agressives. L’une d’elles est restée campée tout le temps de notre visite devant la porte d’accès, refusant obstinément de nous laisser passer (on l’appellera Gandalf 😉 ). On finit par tenter une autre approche, un peu plus loin, et on découvre alors la plage couverte de ces mammifères à la fourrure sombre. Elles sont des milliers, recouvrant le sable, colorant la mer de tâches noires.

Le nombre ne suffit cependant pas à la protéger. Le long du chemin, on rencontre parfois des ossements, restes du repas des chacals et des hyènes qui peuplent la région. Par chance, on ne tombe pas sur les méfaits des humains. Avec l’accord du gouvernement, cette espèce est littéralement massacrée durant l’été, tant pour satisfaire les pêcheurs que pour revendre la fourrure à l’étranger… C’est près de 80 000 individus qui sont tués chaque année sur les côtes. On espère que le tourisme et la sensibilisation permettront de trouver une autre issue pour les otaries à fourrure.

On a aimé le Spitzkoppe au premier regard : ces montagnes surgissant du désert au milieu des nuages de poussières, ce silence, cette lumière… Dans la petite baraque qui sert d’accueil, on nous fournit un plan du site indiquant les emplacements de campings. Ici, chacun est libre de choisir sa place. On s’enfonce donc sur la route sableuse, charmés à chaque instant par les couleurs du décor, étudiant avec attention chaque emplacement. Ils nous paraissent tous formidables.

On opte finalement pour un lieu tout au bout du parc, à l’ouest, idéal pour observer le soleil descendre vers l’horizon. Nous sommes seuls quand on finit par déplier la tente et sortir nos affaires pour le repas. Dans les roches, on perçoit de rapides mouvements sans parvenir à en identifier la cause. Intrigués, on la fixe un moment quand un nouveau mouvement attire notre attention près de la route. Un écureuil est là, debout sur ses pattes, étudiant notre campement. Il semble hésiter sur la démarche à suivre.

On lui propose un peu d’eau dans un bouchon et le voilà qui s’avance. Prudemment d’abord, il finit par nous rejoindre en trottinant. Baptisé Squiky Marine pour l’occasion (les squatteuses se reconnaitront), on lui offre le gite et le couvert le temps de la soirée. La petite bête semble ravie !

Dans les montagnes, de petits cris se font entendre. Finalement, les petites bêtes que l’on cherchait se laissent deviner. Elles sont des familles entières, ces marmottes des montagnes, à courir dans la pierre rosée. Petits et grands nous offriront de jolies scènes de vie tout au long du séjour, à quelques pas de notre tente.

A l’heure où le soleil commence à teindre le ciel, l’agitation grandit. Quelques voitures arrivent et s’installent loin de nous, quelques piétons aussi. Ils viennent observer le coucher du soleil sur le bush. Pour le coup, on se félicite de ne pas s’être installés directement devant le meilleur spot mais de devoir marcher un peu : on est nettement plus tranquilles à cette heure que le couple de touristes posé là.

11 Septembre 2021

Après une nuit sous un ciel voilà qui ne nous aura malheureusement pas permis d’admirer les étoiles, on file à l’autre bout du parc pour découvrir le Bushman Paradise. Les visites et randonnées se font accompagnées d’un guide qui attend directement sur les points stratégiques. Il nous entraine le long d’une pente courte mais raide, équipée de chaines. Au sommet, on trouve comme une petite vallée, quelques arbres et une roche énorme cachant une sorte de caverne. Les parois sont couvertes de peintures anciennes (rhino, girafes, chasseurs…). Sa découverte est l’occasion d’une pause culturelle, tant pour l’histoire locale que pour la découverte des clics qui ponctuent la langue. Notre guide tente une initiation, plus que laborieuse, pour nous apprendre quelques mots de base. Il faudra bien admettre qu’on en a malheureusement pas retenu grand-chose tant c’était difficile !

En reprenant la voiture et s’enfonçant au cœur du Spitzkoppe, loin dans le sable, on retrouvera de nouvelles grottes et peintures, particulièrement bien conservées. elles sont situées dans de petites cavernes où l’on se faufile, profitant de l’ombre et du frais, particulièrement rares dans la réserve .

Notre visite se termine avec la réalisation du trail des Pontoks, toujours guidés. Disons le tout de suite : ça n’a rien d’un trail habituel, il n’y a d’ailleurs pas de balisage et pas de chemin ! Il s’agit plutôt de grimper à l’assaut d’une montagne, d’abord dans de petites roches puis en passant au-dessus ou au-dessous de gros blocs rocheux (on a beaucoup aimé cette partie !). Pour la première fois de notre séjour, le soleil tape brutalement et l’ascension nous parait parfois pénible. On s’arrête un intervalle régulier pour boire, avec précaution, observant notre énorme voiture devenir de plus en plus petite en contre-bas. Les roches deviennent de plus en plus grosses et le sommet se dévoile finalement, au sommet d’une montée toute lisse et un peu raide. D’un coup, le vent souffle fortement, nous baignant d’une fraicheur plus qu’appréciable. On s’installe un long moment au sommet, regard fixé sur cet horizon de vide pourtant tellement charmant.

Après un retour un peu chaotique dans les pierres qui se dérobaient sous nos pieds, on retrouve avec délice le camp de base et son bar qui offre des boissons fraiches pour nous remettre d’aplomb. Requinqués, on décide de rejoindre l’entrée du village où de nombreux stands de bric et de broc sont installés. Des familles et beaucoup d’enfants attendent là pour vendre des objets artisanaux ou du bois pour le feu. Pour la première fois de notre voyage, nous voilà directement confrontés à une autre Namibie, moins occidentalisée et surtout nettement moins aisée. Loin des grandes villes, on est ici dans un univers de débrouille. Lorsqu’on s’arrête pour distribuer des goodies offerts par mon travail et quelques cadeaux, tout le monde se précipite à notre rencontre.

Les premiers contacts sont parfois un peu méfiants mais, très vite, la vision des jouets dessine de larges sourires sur les visages. On savoure ces petits moments de joie avant d’être assez vite rattrapés par la réalité. Les parents nous laissent des bidons vides en nous demandant de l’eau, gratuite pour les campeurs mais payantes pour les locaux. Les enfants les plus âgés remercient pour les cadeaux puis demandent à manger. On ramène autant d’eau que possible, on laisse quelques réserves avant de partir, complètement démunis. Malgré toutes les bonnes intentions que l’on avait en arrivant, nos goodies nous paraissent soudainement bien inutiles et nos vies bien trop confortables. Peut-être est-ce aussi ça voyager ? Être confronté au monde réel derrière les images.

Après un barbecue au feu de bois et une bonne nuit de sommeil, il ne nous reste plus qu’à découvrir l’arche du Spitzkoppe au petit matin. Si nous n’avons pas eu le courage de tout remballer aux aurores, on a tout de même trouvé le site plein de charme sous cette lumière rosée du petit matin. On y est d’ailleurs complètement seul, idéal pour prendre quelques photos avant le grand départ. Une longue route nous attend à nouveau.

les animaux vus par Ptit Jo

Le Daman des rochers (Procavia capensis) adorent s’étendre au soleil en famille sous la vigilance d’un guetteur !

L’écureuil du Cap (Xerus inauris) utilise sa longue queue comme parasol lors des journées trop chaudes.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Cape Cross
Les installations sur place sont laissées à l’abandon et l’entrée du parc est assez chère mais nous avons aimé le détour.

Spitzkoppe
Plusieurs randonnées, guidées, peuvent être faites. Il faut compter environ 50 NAD les deux heures. Il fait chaud, pensez à emporter assez d’eau !

  • 4-5h Trail des Pontoks (moyen)
  • 6 à 8h Trail du Matterhorn (difficile)
  • 6 à 7h Trail des Bushmans (moyen)
Le logement

Spitzkoppe Restcamp, Spitzkoppe réserve
Les emplacements de camping sont dispersés dans toute la réserve et le choix est fait directement sur place. Aussi, pour avoir un peu de choix il est sans doute préférable d’arriver tôt… quoique, on les a tous trouvé formidables ! Les sites sont sommaires : pas d’électricité, des toilettes sèches sont installés à proximité des emplacements et des douches à ciel ouvert sont disponibles à proximité du bar. On a adoré l’endroit, sans réserve !

Les repas

Cuisine au feu de bois !

Swakopmund et Walvis bay

8 septembre 2021

Changement d’ambiance radical sur les bords de mer. Ici, pas de short et pas de soleil : le brouillard fait partie intégrante du paysage et occupe l’espace quasiment à heure fixe. Au réveil, on est donc ravis de trouver une grande tasse de thé chaud et un buffet garni. C’est sous un ciel toujours gris que l’on se décide finalement à quitter l’univers douillet du Sea Breeze.

Avant de rejoindre Walvis bay pour découvrir les dunes de la côte des squelettes, on déambule un peu dans le centre de Swakopmund, plus grande ville du littoral. A peine sortis de la voiture (reine ici), on tombe sur une allée où exposent quelques artisans. L’occasion de rencontrer Elton Mugomo dont nous avions repéré le travail dans notre logement de Windhoek ! On discute un moment avec l’artiste, ravi qu’on ait reconnu son style, et on en profite pour repartir avec plusieurs de ses toiles.

Avant de quitter la ville, nous avons pris le temps de traverser tout le centre et d’aller jusqu’à la jetée, long ponton de bois centenaire qui s’enfonce sur plus de 250m dans l’océan. Cette ancienne colonie allemande nous aura laissé un peu mitigés : certains bâtiments ont du charme mais la ville reste relativement froide et moins colorée que ce qu’on avait imaginé. A mon sens, son intérêt réside donc surtout dans la proximité du désert du Namib !

La route de Swakopmund à Walvis bay n’est d’ailleurs qu’un long sillon de goudron noir filant tout droit au milieu d’étendues de sable. A quelques 70km, Walvis Bay a, comme sa voisine, plusieurs visages. L’entrée de la ville est marquée par un immense camp de la Croix Rouge, suivi d’une large zone industrielle et d’un port aux eaux grises. On s’y arrête un instant pour régler notre tour avant de suivre le guide vers les bords de mer, bien plus cossus. On laissera d’ailleurs notre voiture sur « l’allée des millionnaires », face à d’immenses maisons, près d’un parc où de petits groupes suivent un cours de sport. Le changement est radical. Quelques flamands surveillent même notre véhicule pendant que nous grimpons avec notre guide dans un lourd 4*4 tout confort : la balade commence !

Les premiers kilomètres longent la mer et les marais salants à l’origine d’une importante part de l’économie locale. Partout, les flamands s’agitent dans l’eau peu profonde, remuant la vase avec leurs pattes pour se nourrir. A mesure que l’on s’éloigne des marais, la mer semble plus agitée, les oiseaux roses disparaissent pour laisser la place aux cormorans. On file maintenant sur une large plage balayée par le vent, aux rouleaux qui s’écrasent sur le sable humide. Quelques otaries apparaissent, pointent leur museau hors de l’eau avant de disparaitre dans les vagues. Puis par hasard, on tombe sur un petit bout de chou à peine étonné de nous trouver là, sur sa plage. Il nous accorde quelques minutes avant de lui aussi s’enfoncer dans l’océan. Sur cette large étendue de sable se cachent également quelques prédateurs, guettant les otaries les plus faibles. Si nous ne croiserons pas les hyènes, nous tombons en revanche sur deux chacals au camouflage étudié.

Même si cela nécessite un réel savoir-faire, chacun est autorisé à rouler sur cette immense étendue de sable, parfois strié de rose en raison des minuscules grenats qui se mêlent au sable. Le weekend, les familles sont nombreuses à venir s’installer face à l’océan pour de longues parties de pêche. En revanche, il faut un permis pour s’enfoncer plus loin sur la côte, où les dunes de sable semblent s’écrouler directement dans l’eau : c’est là que nous allons.

Avec beaucoup de confiance, on se laisse entrainer sur l’étroite bande de sable mouillé, coincée entre les remous de l’eau et des dunes à la hauteur parfois vertigineuse. Notre pilote fait ça depuis toujours et semble s’amuser comme un fou. Au volant de son bolide, il a la lourde tâche de slalomer entre les vagues, de s’arrêter puis de repartir à mesure que les rouleaux gagnent le rivage. Bref, d’éviter par tous les moyens de noyer les moteurs… et nous avec ! Ici, pas question de rouler seul : les agences s’entendent pour être au moins deux à traverser cet étroit passage simultanément et les chauffeurs communiquent toujours entre eux par radio, s’assurant que personne ne reste à l’arrière.

L’épopée dure un long moment dans ce décor fantastique et puis, finalement, la plage s’élargit à nouveau. Notre guide descend, nous offre une boisson tout en riant : « Cette fois-ci, c’était chaud ! »

Nous quittons les bords de mer pour nous enfoncer maintenant dans les dunes de sable. Le moteur vrombit et par miracle la voiture s’élève dans les dunes, toujours plus haut. On zigzague, on grimpe, on redescend, on suit les courbes de cette nature sauvage avec une facilité déconcertante. Rien à voir avec nos misères de Sesriem…

On s’arrête finalement au sommet d’une immense dune.  D’un côté, un paysage incroyable s’offre à nous. Les courbes des dunes claires se dessinent dans le brouillard, l’océan se devine à peine. Une ambiance un peu irréelle se dégage de cette étendue sans fin aux reliefs sculptés par le vent. Nos pas se dessinent comme dans la neige sur le sable immaculé. On se sent ridiculement petit, formidablement émerveillés.

De l’autre côté, on découvre Sandwich Harbor, ancien port de pêche transformé aujourd’hui en réserve naturelle, niché en contrebas de la dune.

A mesure que les heures passent, le brouillard se dissipe. Les rayons du soleil offrent de nouvelles couleurs au désert, renforçant les reliefs doux. C’est l’heure de la récréation pour notre guide : on attache bien nos ceintures avant de glisser dans le sable. Le moteur gronde, on rebondit sur nos sièges… c’est parti pour une session de montagnes russes ! À vive allure, on prend d’improbables trajectoires dans le sable, on dévale des pentes escarpées puis on remonte sur les hauteurs pour quelques photos. Revenus au niveau de l’océan, désormais réchauffés par un grand soleil, on s’offre une pause pique-nique avant de rentrer, complètement sous le charme de cette expérience !

Le coup de cœur de Ptit Jo

La vue sur l’océan depuis le sommet des dunes. Du sable à perte de vue !

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Rendre visite à Elton Mugumo, Tobias Hainyeko street, Swakopmund
Son site : https://eltonmugomo.com/

Levo Tours, Corner 14th Road/1st street E, Walvis bay
Sortie en 4×4 jusqu’à Sandwich Harbor 2000 NAD
Boissons, snack et apéritif dinatoire compris pour les départs de l’après-midi. Le site : https://www.levodunetours.com/

Le logement

Sea Breeze Guest House, 48 Turmalin Street, Swakopmund
Un guest house tout confort situé au Nord de la ville tout près du front de mer. Les patrons sont adorables, le petit déjeuner varié et les chambres chaudes et confortables. On en garde un excellent souvenir !
Le site : http://www.seabreeze.com.na/

Les repas

Blue Grass, Platz Am Meer Waterfront, Vineta, Swakopmund
Un bon restaurant en bord de mer. Les plats sont savoureux mais particulièrement copieux.