Découverte en Amazonie

1er au 4 aout 2019

Quand on s’imagine dans le pays, on pense surtout aux sites archéologiques et la vallée sacrée. On songe aussi à des treks dans des hauteurs presque impensables chez nous. Pourtant, nous partons désormais dans un tout autre univers.   Un Pérou chaud et humide, boisé et sillonné de rivières. Un Pérou de faune et de forêt.

Un Pérou qui permet de pousser la porte de l’Amazonie.

Quand on approche de l’aéroport de Puerto Maldonado, le paysage qui apparait sous les nuages nous donne l’impression d’un tout autre voyage. Sous nos pieds, une forêt s’étend à perte de vue, traversée par un long fleuve tout en méandres. Au sol, l’air est humide et chaud. Un mini bus couleur safari vient nous récupérer et nous amène à travers la ville au point de départ de notre aventure. Tuk-tuks, arbres fruitiers immenses, maisons basses faites de briques et de tôle… on a radicalement changé de décor.

Après quelques formalités, on rejoint les rives du fleuve pour le début d’une aventure qui nous marquera à jamais. Au bout du ponton, de longs bateaux à fond plat nous attendent pour nous transporter au cœur de la forêt amazonienne. A bord, on nous sert un repas emballé dans des feuilles de bananier que l’on déguste les yeux rivés sur les berges à la recherche de caïmans, capibaras et autres bestioles locales. Quand on atteint le lodge, le soleil se couche déjà sur l’eau.

On découvre alors nos jolies petites cabanes au cœur de la forêt. Tout en bois, elles n’ont que des moustiquaires pour fenêtres. Sur le lit sont posées d’épaisses couvertures et des chandelles trônent sur les tables basses. C’est tout. Et c’est bien suffisant (pas la peine de compter sur l’eau chaude non plus). Seule la grande pièce commune est équipée d’électricité pour quelques heures par jour. On y prend le premier repas d’une excellente série où l’on découvre le riz à l’huile de noix de macadamia… une vraie merveille! On y découvre aussi et surtout notre guide pour tout le séjour. Léo parle un français impeccable et rendra notre séjour unique. Fin connaisseur de la nature, qu’il s’agisse de faune ou de flore, c’est aussi un petit farceur jamais contre une bonne plaisanterie.

Quand il nous propose, à la fin du repas, de partir à la chasse aux insectes, dans la forêt et de nuit… on a d’abord cru à une de ses blagues.

Pas du tout.

Nous voilà donc à la file indienne, frontale vissée sur la tête, engagés sur un chemin qui serpente dans la nuit noire. On croise nos premières araignées, grenouilles et autres phasmes et on finit par se détendre (tout en continuant à bien rester collé au reste du groupe). Quand Léo nous propose d’agiter un petit bout de bois devant un trou creusé dans le sol, on reste quand même un peu méfiants… chacun observe son voisin en attendant de savoir qui sera la victime, un peu comme une classe de primaire avant d’aller réciter une poésie. Puis finalement, notre guide prend les choses en main. Il agite son bâton quelques secondes… juste assez pour faire sortir une tarentule toute noire et velue. On rentrera finalement sans encombre, sans avoir croisé de grosses bêtes ou s’être faits manger par un anaconda. Le sommeil nous gagne vite et d’autres aventures nous attendent au réveil.

Le lendemain matin, nous partons pour une longue randonnée à travers la forêt. De petits sentiers de terre tournicotent entre d’immenses arbres dont on peine parfois à distinguer clairement la cime. Au bout d’une demi-heure, on est bien incapables de retrouver la direction du lodge. De longues lianes pendent sur les troncs, le sol est couvert de feuilles et, parfois, de gigantesques rameaux de palmier défraichis. On se sent minuscules aux pieds de ce gracieux monde végétal.

On trouve de tout dans cette forêt. Plantes médicinales à gogo (aviez vous déjà vu de l’arnica?), caoutchouc, arbres tambour, colorants naturels, orchidées sauvages… même les plus insensibles à toute forme de botanique auraient été charmés par cette balade, tellement riche de découvertes et d’expériences. On y croise des fourmis gardant farouchement certains arbres, d’autres aussi larges que le pouce et dont la morsure fait autant d’effet que s’être fait tirer dessus. On entend toutes sortes d’oiseaux, de bruissements. On découvre milles nuances de verts. On apprend où trouver de l’eau, où se soigner et comment survivre… et on joue avec les tarentules. Avec une confiance aveugle en Léo, on se prête au jeu du petit bout de bois devant les terriers. A force de kilomètres, on se battrait presque pour être le prochain à les approcher. On finit même par tomber sur toute une famille et à les observer avec tendresse. Parfaitement, avec tendresse.

On est loin de tout, loin du monde. On est soudainement minuscules et insignifiants. Plus que n’importe où ailleurs au fil de nos voyages, on comprend. On perçoit enfin l’impact que nous avons sur le monde, on appréhende cet environnement tellement complexe, si fort et pourtant si fragile. A l’heure d’écrire ce récit, les effrayantes images de l’Amazonie s’embrasant serrent encore le cœur tant le souvenir des kilomètres parcourus dans ce décor sont vifs. Quel immense gâchis…

On sort finalement des bois pour gagner un grand lac bordé de palmiers. En silence, on s’installe à bord de barques à fond plat et on rame, doucement. Ici vivent caïmans et anacondas, singes et oiseaux de toute sorte. On les cherche, longtemps, sans succès. Des pluies diluviennes se sont abattues sur l’Amazonie quelques jours avant notre arrivée, rafraichissant nettement l’atmosphère et encourageant les animaux à se dissimuler dans les arbres. On le sait, approcher la faune sauvage requiert une bonne dose de chance et de patience. Cette fois, la chance nous aura manqué. On aperçoit seulement quelques aras entre les branches de palmiers. Au cours de la balade, Léo nous propose une nouvelle expérience: la pêche au piranha. Vaillamment armés d’un fil de nylon et d’un bâton, on tente… et ça marche (une fois, la première: plus jamais on ne réussira !). Léo attrape cet étrange petit poisson et nous montre son impressionnante mâchoire avant de le laisser filer rejoindre sa bande. Il est désormais temps de rejoindre le lodge, ses hamacs et nos petites cabanes.

Quand on nous tire du lit ce matin là, il fait nuit noire dehors. Il est incroyablement tôt et on met machinalement un pied devant l’autre jusqu’au bateau. Léo nous explique alors le plan: remonter la rivière de nuit, sans lumière pour ne pas déranger la faune, entre les rapides et les blocs de pierres qui parsèment la rivière. Aucun risque selon lui, notre pilote connait la rivière comme sa poche. Non, ce n’est toujours pas une blague.

On nous équipe d’épaisses couvertures bariolées et le moteur se met à tourner. La lumière du bateau s’éteint, il fait désormais complètement noir, l’air est frais et vif, traversant le bateau de tout son long… et pourtant on s’endort. Alors que le jour était tout juste levé, on arrive dans une zone de forêt bien différente. Les méandres de la rivière se font plus tortueux, les rives plus sableuses et bordées de galets clairs. On nous débarque finalement devant une rangée de palmiers qui semblent pousser comme une forêt de bambous et on s’approche, en silence, d’un immense mur d’argile.

Ici, aras et perroquets viennent tous les matins pour grignoter la falaise dans un curieux ballet. L’argile agit comme un pansement gastrique et protège les oiseaux de l’acidité des fruits qu’ils peuvent trouver dans la forêt. Tout est très réglé : les oiseaux s’installent par familles et par espèces dans les arbres tout autour de la falaise et attendent. Si l’endroit est calme, une partie du groupe descend gratter l’argile, l’autre surveille les alentours. Les espèces se succèdent, se mélangent rarement et chaque groupe picore pendant quelques moments, faisant de nombreux va-et-vient entre arbres et falaise.

Ce matin-là, de timides groupes étaient postés dans les arbres, les premiers oiseaux s’aventuraient tout juste dans la falaise quand soudain, un brouhaha immense s’est fait entendre. Tous les oiseaux se sont enfuis d’un battement d’aile dans une parfaite synchronisation. Sans prévenir, ils ont volé dans toutes les directions dans un vacarme incroyable. On ne saura jamais ce qui les a effrayés, notre petit groupe étant à distance respectable et parfaitement silencieux. Léo penchait, lui, pour un jaguar ou un serpent.

A peine installés, nous voilà donc complètement démunis face à un mur d’argile vide et des branchages déserts. On patiente en sirotant un thé et en grignotant un petit déjeuner puis, timidement, les premiers oiseaux reviennent et le manège se remet en place. Ils ne seront jamais aussi nombreux que lors de notre arrivée mais on profite largement du spectacle de ces ailes colorées.

De retour au lodge, Léo nous entraine à nouveau dans la forêt, à la recherche d’animaux toujours bien timides. Notre guide est un peu dépité, il n’avait pas eu aussi peu de succès depuis des années. Il poursuit longuement, nous trainant sur des chemins qui nous font perdre un peu plus nos repères à chaque virage. Il continue de nous raconter des histoires, des recettes locales aux traditions en passant par le Pérou d’aujourd’hui.

En rentrant, on se promet de revenir un jour dans ce monde si différent du nôtre. Qui sait ce que nous trouverons la prochaine fois ?

Le coup de cœur de Ptit Jo

Difficile de choisir un moment parmi toutes ces aventures mais nos premiers pas dans la forêt amazonienne durant cette journée de balade resteront sans doute inoubliables.

Coté pratique

Ayant réservé notre voyage avec Andes Authentiques Tours, nous n’avons pas consulté avec précision toutes les formules existants pour l’Amazonie.

La plupart des (rares) établissement installés dans la forêt proposent des formules tout inclus : transport, hébergement, repas et activités.

Nous sommes restés 3 nuits au Caïman lodge et ne l’avons pas regretté. Moins luxueux que certains établissements, il nous a offert une expérience peut être plus authentique sans être pour autant digne d’une aventure de Mike Horn. Un excellent compromis à nos yeux. Les repas étaient tous excellents, des bananes sont disponibles directement suspendues à leur régime à l’entrée de la salle commune et un ponton permet d’observer le fleuve et les étoiles le soir.

Surtout, demandez Léo pour vous accompagner : il est sans doute le véritable artisan de la réussite de ce séjour !

Côté moustiques : nous avons eu la chance d’en croiser très peu à cette saison. Nous étions bien équipés : vêtements longs et chaussettes hautes imprégnés de répulsif, crème et spray anti moustiques et traitement contre le palu. Ce n’est sans doute pas pareil à toutes les saisons mais nous n’avons vraiment eu aucun soucis !

Expérience au Titicaca

23 juillet 2019

Après une longue journée de route, nous voilà arrivés tardivement à Puno sur les bords du lac Titicaca. Si l’emplacement avait a priori tout pour plaire, la ville n’a finalement rien de particulier. On en profite simplement pour reconstituer des réserves, manger un morceau et prévoir quelques cadeaux. Demain, nous sommes invités…

24 juillet 2019

Sous un soleil radieux, on descend vers le lac pour une journée d’excursion sur le plus haut lac navigable du monde à quelques 3800 mètres d’altitude. Lac parait d’ailleurs être un terme bien en dessous de la vérité tant son immensité impressionne, il s’étend en effet sur 190km de long et 80 de large entre le Pérou et la Bolivie. Après un court trajet en bateau, nous voilà débarqués sur les îles Uros, petit archipel flottant entièrement conçu par l’Homme à l’aide de roseaux et de terre. Un peu plus de 200 personnes vivent sur ces îles.

Pour la petite histoire, on pense que les Uros sont un des peuples les plus anciens d’Amérique. Pour éviter la sécheresse, ils auraient fui l’Altiplano pour rejoindre les régions côtières avant de s’exiler sur des îles… pour fuir le risque d’invasion Inca cette fois ! Les voilà donc flottants sur l’eau et s’alimentant essentiellement de la pêche et de la chasse aux oiseaux.

Quand on débarque sur le sol de paille, on est directement emmenés sur une place centrale, tous assis en cercle autour de la chef de village. Là, on nous explique la construction des îles à base de racines de totora, tressées puis fixées par des cordes afin de les transformer en blocs compacts. Une île flotte sur une trentaine de blocs sur lesquels on ajoute une couche de roseaux séchés. De lourdes pierres échouées au fond de l’eau assurent la stabilité de l’ensemble. Les roseaux sont régulièrement changés pour assurer la pérennité des îles qui peuvent perdurer pendant près de 30 ans.

Si les groupes de familles ont chacune leur île, l’organisation touristique est bien rodée et basée sur le partage : les bateaux de Puno s’arrêtent à tour de rôle sur chaque morceau de l’archipel pour assurer des revenus équitables dans une population ne vivant plus que de la présence des visiteurs ou presque.

On se balade un moment sur la petite île avant de grimper sur un mirador pas très rassurant pour observer le panorama et, sur l’eau, les bateaux de totora colorés. Après quelques échanges et quelques achats (dont un joli mobile en roseau tressé :)), on vogue vers l’île principale pour faire tamponner notre passeport avant de repartir en balade.

La journée devait se poursuivre paisiblement vers les îles Taquile… le temps en aura décidé autrement. Si le soleil est toujours au beau fixe, le lac, lui, s’agite. Il s’agite même beaucoup. De grosses vagues font tanguer le petit bateau et, à l’intérieur, les premiers passagers déchantent. Un plan B s’improvise et nous filons vers la presqu’île de Llachon, toujours ballotés par les flots. Heureux de poser le pied sur la terre ferme, nous débarquons donc accueillis dans une longue bâtisse meublée d’imposantes tables colorées rapidement remplies de soupes fumantes.

La longue balade sur les bords du lac, entre plage et terres cultivées, nous apaise et achève de nous remettre l’estomac en place. Les couleurs sont douces, chaleureuses. La vie semble paisible une fois le grand lac enfin calmé. Au fil des pas, on tombe sur d’autres voyageurs échoués avec nous sur Llachon, en pleine partie de volley avec les enfants du village. On s’incruste et on se prend la dérouillée du siècle avant de rejoindre nos hôtes du soir.

Chaque groupe de voyageurs est en effet accueilli par une famille pour passer la nuit dans de petites maisons traditionnelles avec vue sur le lac. On rencontre donc la mama tout sourire, son époux, tout en discrétion et son adorable Bodie, petite bestiole surexcitée amoureuse des lacets. On ne parle pas la même langue mais on partage un maté en souriant avant de découvrir une malle pleine de vêtements traditionnels. Ni une ni deux, nous voilà embarqués dans une session d’essayage que jalouserait Cristina Cordula. Ponchos, bonnets, immenses jupes à volants et chapeaux à pompons bariolés, nous voilà plongés dans un tourbillon de couleurs. On tournoie faisant voler tissu et laine d’alpaga, on rigole comme des enfants déguisés en superhéros.

Le soleil se couche et il est désormais temps de rejoindre la grande bâtisse pour le diner. Chacun prend sa part, minime, à coup d’épluchage de carottes et de pommes de terre. En attendant nos assiettes, éclairés à la bougie, on joue au Uno avec des italiens aux règles douteuses, au jenga avec des péruviens moqueurs (même en quechua on comprend !) tout en partageant des Cusqueña fraiches. On ne regrette pas un instant d’avoir changé de plan en cours de route: on se sent bien à Llachon.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Quand on nous a proposé une nuit chez l’habitant, on n’était pas certains d’aimer le concept. On avait peur d’une ambiance bizarre et de sourires forcés… On ne regrette pas un instant de s’être laissés tenter !

Coté pratique

Les activités

Une journée au Titicaca
Cette excursion, très classique, a été organisée par Andes Authentiques Tours qui a également organisé nos réservations d’hôtels et nos transports. S’il est possible de voyager seul au Pérou, nous avons jugé qu’en groupe de 7, la gestion des transports en communs serait trop chronophage et avons opté pour la facilité et le confort d’une agence. De nombreuses agences proposent des expériences à la journée ou avec un nuit incluse.

Le logement

Plaza Mayor Hotel, Jr. Deustua 342, Puno 21001
Des chambres spacieuses et des prestations tout à fait classiques.

Les repas

La casona restaurant, Lima 423, Puno 21001, Pérou
Un excellent restaurant où l’on s’est, encore une fois, régalés avec la soupe au poulet.

Rupha Café, Jr, Moquegua 338, Puno
Un restaurant encensé par certains guides mais qui ne nous a pas laissé de souvenirs particuliers.