Verte Raiatea

15 juillet 2021

Au départ de Tahiti, on choisit un siège côté gauche pour inaugurer notre pass inter-îles de l’archipel de la Société. L’endroit parfait pour survoler Moorea et passer les quelques quarante minutes de vol qui nous emmène à Raiatea, seconde île la plus importante après Tahiti. Un jus d’ananas et un magasine plus tard, on aperçoit les premiers contours de Raiatea par le hublot. Les nuages se bousculent sur les reliefs puis cèdent finalement la place à un temps plus clément sur la mer. Une vision parfaite se dessine, paysage traversé par un arc-en-ciel, symbole de notre séjour entre terre et mer, entre pluie et soleil. Quelle arrivée !

En sortie du minuscule aéroport, nos voitures de location à la vignette orange nous attendent sagement, portes ouvertes et papiers à l’intérieur : ici on est zen. On file alors sur les hauteurs d’Uturoa pour découvrir la villa U’upa, havre de paix tenu par Gilles et Christine. Couverte de bois vernie, ouverte sur une jolie piscine avec vue sur Tahaa, abritant vinis et petit geckos, leur maison est chaleureuse et accueillante : comme nos hôtes.

17 juillet 2021

Après une formidable journée en mer autour de Tahaa, on opte pour la terre ferme avec la randonnée des trois cascades située en sortie d’Uturoa. Plusieurs parkings sont possibles, de l’entrée du chemin cabossée jusqu’au départ de la randonnée en elle-même. On opte pour un entre deux, face aux productions de vanille, afin de profiter un peu mieux du décor végétal qui nous entoure. Arbres immenses, fleurs odorantes et papayes poussent tout au long de la roue jusqu’à la forêt.

Le sentier est peu balisé et donc souvent réalisé avec un guide local. Avantage de connaître du monde sur place, on se contente de suivre sans trop s’inquiéter de perdre notre chemin, repérable malgré tout par les traces sur la végétation, quelques cairns et une poignée de cordes. Il suffit finalement de suivre le cours d’eau au cœur d’une forêt verdoyante. D’immenses arbres occupent la scène, les racines empêtrées dans la roche sombre couverte de mousse et de fougères. Quelques lianes et orchidées pendent aux branches les plus basses et d’incroyables bosquets de bambous pointent vers le ciel caché par le feuillage. On adore ces forêts un peu primaires, au charme brut, loin de nos forêts bien sages et rangées.

La première cascade est toute petite, un peu à l’écart du sentier, et ne justifie pas à elle seule la balade. La seconde, plus imposante, glisse sur une paroi de pierre sombre et marque le début des acrobaties. Au pied d’un amas de rochers, la première corde nous tire en hauteur. Le chemin devient plus marqué, plus étroit aussi et les cordes se multiplient bien qu’il n’y ait pas de réel danger. On passait à nouveau au milieu de larges bambous quand deux jeunes chiennes sont apparues sur la route. Amicales, elles attendent les promeneurs pour les guider jusqu’à la cascade puis repartent avec les suivants. On se demande un peu, au passage, comment elles parviennent à grimper sur certains biefs sans se casser une patte… c’est préoccupés par cette pensée que l’on tombe à nouveau, au milieu de forêt, sur la famille de Narbonne ! On sourit de ce nouveau hasard, dernier de nos vacances. On espère vraiment, par la même occasion, qu’ils auront passé une fin de séjour aussi belle que la nôtre.

Les derniers mètres se font de rochers en rochers le long du petit cours d’eau. La troisième chute se dessine sur la falaise et vient mourir dans un petit bassin d’eau fraîche où se cachent anguilles et chevrettes. Cliché oblige, on enfile les maillots et on frissonne un bon coup avant d’aller mettre la tête sous la cascade. On peut l’affirmer désormais : non, l’eau n’est pas toujours chaude en Polynésie !

Des nuages sombres s’accumulent au-dessus de nos têtes sur le trajet du retour et les premières gouttes tombent. Le temps de rejoindre le logement, de grignoter et de prendre une bonne douche (ne pas s’attendre à rentrer propre de la balade…), un véritable déluge s’abat sur Raiatea. Contre toutes les attentes de la saison, il pleut de longues heures au point de nous laisser presque coincés jusqu’au lendemain en début après-midi.

18 juillet 2021

On finit pourtant par repartir, incapable d’abandonner l’idée d’un tour de l’île en voiture. On en profitera sans doute pas assez, pourtant Raiatea laisse deviner un grand potentiel derrière les nuages et le lagon rendu boueux par toutes l’eau ayant ruisselé sur les montagnes. Sur la côte Est, une large rivière parait fendre l’île en deux. Arbres fruitiers, haies colorées, fleurs et points de vue se succèdent au fil des kilomètres jusqu’au marae Taputapuatea, ancien centre politique, cérémoniel et funéraire, bien tristoune sous ce climat désastreux. Alors on en profite pour apprendre, lisant ensemble les pages historiques et culturels de notre guide et découvrant au fil des pages, l’histoire d’un bout de France qui nous est finalement totalement inconnu.

Contre toute attente, la pluie et les nuages gris finissent finalement par céder la place à l’un des plus beau coucher de soleil qu’on ait jamais vu. Alors que l’on roule vers l’aéroport, le ciel nous offre un festival de couleurs sans pareil. Malgré le timing un peu serré, on s’arrête en coup de vent pour quelques clichés. C’est désormais certain Raiatea avait vraiment beaucoup à offrir…

Le coup de cœur de Ptit Jo

Malgré la météo peut clémente, cette île nous a beaucoup plu… mais le coup de cœur revient au coucher de soleil sur la côte, inoubliable !

Coté pratique

Les activités

Mataio Vanille sur la route côtière de Raiatea
Le personnage, haut en couleur, nous a accueillis à l’improviste un dimanche et faits visiter sa ferme. On y a trouvé :

  • de la vanille standard à 50 000 XPF les 500g (420€ soit environ 2.5€ la gousse)
  • de la vanille déclassée (comprendre même goût mais visuel moins glamour) à 12 500 XPF les 500g (105€ soit environ 0.63€ la gousse)

En fonction des quantités, vous aurez peut-être, comme nous, la bonne surprise d’une réduction complémentaire !

Le logement

Villa U’upa, BP 1021, 98735 Uturoa
ce havre de paix est tenu par Gilles et Christine, globetrotteurs aux histoires incroyables avec qui nous avons souvent échangé durant les repas. Couverte de bois vernie, ouverte sur une jolie piscine avec vue sur Tahaa, abritant vinis et petit geckos, leur maison est chaleureuse et accueillante. Une adresse à conseiller mais des réservations à anticiper : ils n’ont que trois chambres.

Les repas

Villa Ixora, PK 2.7 East Coast- Sea side – Tepua Uturoa, 98735 
On est loin des roulottes et des barbecues improvisés. Ici, la cadre est plus chic et les tarifs de la carte suivent. On y passe un bon moment avec des plats de belle qualité (mention spéciale pour le Mahi-Mahi, particulièrement savoureux et leur crème brûlée à la vanille de Tahaa). Seule déception : la poitrine de porc, résolument trop grasse à notre goût.

Fish & Blue, EVAITOA PK9.3 C/MER Tevaitoa Raiatea, 98735
Un emplacement exceptionnel magnifié par un cadre soigné et chaleureux. On n’a pu l’apprécier à sa juste valeur à cause de la pluie mais on y retournerait sans hésiter un instant. Carte de cocktails sympathique.