La grande traversée

7 septembre 2021

Après avoir exploré le canyon de Sesriem pendant une heure, notre grand départ pour une journée de route à travers le pays commence par une petite galère de voiture. Notre joli pick-up blanc, désormais couvert d’une épaisse couche de poussière et de sable, décide aujourd’hui de façon aléatoire s’il redémarre ou non après un arrêt. C’est comme ça que, 10km après avoir quitté le parc et arrêtés pour récupérer de l’eau dans le coffre, on reste plantés 10 minutes sur le bas-côté. Après quelques essais, la voiture redémarre finalement.

On trace alors de nouveaux sillons dans la route caillouteuse, traversant ces décors étonnants et colorés, ponctués de quelques animaux se promenant au milieu de nul part : des springboks, des autruches et même des gnous sont là, disséminés dans ces étendues immenses.

On s’arrête finalement à Solitaire, nom particulièrement bien choisi, pour faire le plein et s’intéresser de plus près au fonctionnement de la voiture. Quitte à ne pas redémarrer, on a préféré le faire dans un endroit présentant un peu d’activité !

Là encore, on pense aux États-Unis et à la route 66. A Solitaire, on trouve en effet des tas de véhicules de l’époque laissés à l’abandon dans le sable, des vieilles pompes à essence et un magasin d’appoint qui nous projette plusieurs décennies en arrière. Comme prévu, la voiture ne redémarre pas. Heureusement, après un coup de fil (satellite !) à l’agence de location, on s’arrange avec le mécano de la station qui réajuste la batterie en moins de deux.

On file de nouveau sur la route, longuement, s’enfonçant toujours un peu plus dans le désert, croisant de moins en moins de voitures. Bientôt, la route traverse d’immenses étendues de poussière colorée et quelques montagnes rocheuses. On se croirait sur la lune. Puis, comme un mirage, la porte du Rostock Ritz apparait sur la droite. On s’engage sur cette route alternative pendant quelques kilomètres, s’enfonçant plus loin encore vers ce monde inhabité quand, finalement, quelques constructions apparaissent.

On dirait des bulles, posées dans la pente, de petites fenêtres carrées en guise d’ouverture. On pousse la porte, un peu curieux, pour découvrir une sorte d’oasis. L’intérieur de pierres grises, les décors de bois flotté, la douce fraicheur, toutes ces formes arrondies et harmonieuses… On aime tout. On aime la calme de l’endroit après des heures de voiture roulant sur le gravier. On aime la gentillesse des patrons et les ronronnements de leur chat. On aime le spectacle de la vue de leur restaurant, fenêtres grandes ouvertes sur le désert en contre bas. Et cerise sur le gâteau, on y mange aussi très bien !

Requinqués, on reprend la voiture pour le reste de la journée. Le trajet est long pour rejoindre Swakopmund où nous passerons trois nuits. Au cours du chemin, peu après le Rostock, on passe le tropique du Capricorne. Les plaines arides cèdent alors la place à un canyon gris dans lequel la route serpente un moment avant de rejoindre une longue ligne droite dans le sable : la côte des squelettes approche.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le décor du formidable Rostock Ritz !

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Dans le parc de Sesriem, plusieurs points méritent une petite visite :
– Elim Dune, de préférence au coucher du soleil
– Dune 45, de préférence au lever du soleil
– Big Daddy Dune
– Deadvlei
– Canyon de Sesriem

Certaines entreprises proposent des visites en montgolfière ou avion au dessus du désert !

Le logement

Sea Breeze Guest House, 48 Turmalin Street, Swakopmund
Un guest house tout confort situé au Nord de la ville tout près du front de mer. Les patrons sont adorables, le petit déjeuner varié et les chambres chaudes et confortables. On en garde un excellent souvenir !
Le site : http://www.seabreeze.com.na/

Les repas

Rostock Ritz, Off the C14, Farm Rostock, Namib-Naukluft Park
Un décor formidable au milieu du désert, des plats généreux et un personnel au petit soin. Nous n’y avons pas dormi et on le regretterait presque.

Blue Grass, Platz Am Meer Waterfront, Vineta, Swakopmund
Un bon restaurant en bord de mer. Les plats sont savoureux mais particulièrement copieux !

Le désert du namib

6 septembre 2021

Après une première nuit sous la tente un peu agitée pour cause de vent violent, on se lève tranquillement sous un timide soleil du désert. On prend alors la route pour s’enfoncer au cœur des dunes rosées. Au passage, autruches et oryx parsèment le paysage de tâches sombres. La route est étonnamment bonne, recouverte d’un goudron sombre flambant neuf. Après une petite heure, un parking apparait au bout du chemin.

Il reste encore 5km que seuls les véhicules équipés de 4 roues motrices sont en mesure de franchir. Avec prudence, on engage notre bolide dans le sable ondulé à la texture et à la profondeur variable. Le décor change, plus sauvage. Le sol craque sur les bas-côtés, n’ayant probablement pas vu une goutte d’eau depuis des années. Partout, les dunes adoptent des nuances d’orange et de rose, souvent changeantes. Leur hauteur varie aussi beaucoup. Sur le chemin, Le Roi Lion dans les oreilles, on observe aussi le trajet des voitures guidées pour envisager les meilleurs passages au retour.

Arrive finalement une grande étendue de sable faisant office de parking, plantée aux pieds de la Big Daddy, la plus grande dune du monde. On s’enfonce alors dans le sable coloré pour découvrir Deadvlei, ancien lac salé asséché d’un blanc éclatant. Vous le savez, j’ai une sensibilité particulière pour ces endroits du bout du monde, quasi lunaires, qui semblent avoir été désertés par les hommes. Deadvlei a tout de ces endroits : arbres figés dans le temps, sol qui craquèle sous les pieds, couleurs intenses et silence religieux. Il y a quelques touristes avec nous mais on les voit à peine tant l’endroit est grand. On déambule entre ces troncs, pas tout à fait morts mais pas tout à fait vivants non plus, avant de s’attaquer à la dune.

Nos chaussures disparaissent dans des épaisseurs de sable à mesure que l’on grimpe sur un flanc de Bid Daddy. De petits scarabées courent autour de nous, dévalant à une vitesse impressionnante la dune. Tout n’est que sable autour de nous désormais.

Il est désormais temps de repartir vers le camp. On s’engage en sens inverse sur le chemin de sable, attentif à suivre le chemin repéré le matin en observant les guides. On roule, doucement. On croise un troupeau d’oryx au loin et, finalement, on s’enlise.

S’est-on enlisés à cause du chemin sableux ou d’un arrêt précipité pour prendre une photo d’oryx ? Les opinions divergent… toujours est-il que nous nous retrouvons coincés dans le désert, notre énorme pick up enfoncé dans le sable. On commençait à creuser, armés d’une petite pelle et de nos mains, quand une famille britannique, tout sourire, a volé à notre secours. La première tentative de remorquage est peu concluante, la seconde ne l’est pas davantage et finalement, nos sauveurs d’un jour se retrouvent enlisés également. Nous voilà 6 à creuser. Dans une surprenante bonne humeur, on déplace du sable à n’en plus finir pour libérer nos véhicules enfoncés jusqu’aux essieux.

Un couple arrive et tente également sa chance au jeu du remorquage. Malgré toutes les précautions du monde… les voilà enlisés aussi ! Et de 8.

On creuse toujours, libérant d’étroits passages pour glisser sous les voitures. On creuse pendant un temps infini puis, finalement, la première voiture est libérée. On creuse de nouveau, se roulant dans le sable frais qui s’infiltre partout. Une seconde voiture avance enfin ! Pelles et mains s’agitent encore un moment, les moteurs ronronnent et les doigts se croisent. Et, sous le regard des oryx, à l’heure où le soleil commençait déjà à baisser, la troisième voiture est libérée. D’immenses sourires traversent les visages marqués et pleins d’une poussière rosée. Fatigués mais soulagés, on opte pour une petite photo de groupe immortalisant notre aventure, heureux de cette belle histoire d’entraide et de solidarité.

Les voitures repartent l’une après l’autre, surveillant que chacun regagne le bitume en sécurité. Le vent balaie doucement le haut des dunes, les oryx déambulent dans le parc quasiment désert à cette heure. Un dernier signe sur le parking et chacun se sépare, filant vers le camp. Comme un dernier signe encourageant, un oryx, suivi de son adorable bébé, traversent devant nous en courant avant de se figer dans la poussière, nous observant avec curiosité. Aviez-vous déjà vu une petite antilope si mignonne ?

Arrivés au camp, une douche chaude salvatrice et un barbecue nous aident à nous remettre de nos émotions.  La nuit tombe, fraîche et noire. Les étoiles fleurissent dans le ciel et les feux de camp brillent dans l’obscurité. Comme elles sont belles ces nuits namibiennes…

7 septembre 2021

Avant de quitter Sesriem, on opte pour une dernière excursion vers le canyon situé tout près du camp. Un vent fort balaie le paysage et soulève de gros nuages de poussière tout le long du chemin. Arrivés au fond du canyon,  protégés des courants d’air, on se sent coupés du monde. Nous sommes seuls, évoluant entre les parois abruptes surmontées de nuages poussiéreux. Les rayons du soleil, étonnamment biens dessinés, donnent au canyon des airs un peu magiques. On s’enfonce dans la roche, arrivant presque au bout d’un passage bloqué par une mare d’eau, si rare.

Un bruit retentit alors, résonnant dans les pierres. On se baisse rapidement, on attend en silence sans un geste. Le bruit reprend. Plus fort, plus près. Dans l’ombre du cul de sac, un babouin apparaît, suivi d’un second. Ils avancent prudemment vers la mare, en lapent quelques gorgées, et repartent dans les rochers en sautant. Dans les rayons du soleil, on les aperçoit bondissant d’un côté à l’autre du canyon, disparaissant comme ils étaient apparus. Si aucune photo n’aura permis d’immortaliser ce moment, on repart tout de même le sourire aux lèvres, prêts à s’embarquer pour de nouvelles aventures.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Notre rencontre avec les premiers oryx, gracieux dans les herbes hautes

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Dans le parc, plusieurs points méritent une petite visite :
– Elim Dune, de préférence au coucher du soleil
– Dune 45, de préférence au lever du soleil
– Big Daddy Dune
– Deadvlei
– Canyon de Sesriem

Certaines entreprises proposent des visites en montgolfière ou avion au dessus du désert !

Le logement

Sesriem Oshana Camping
Un camping tout confort avec, à chaque emplacement, douche et WC privés, barbecue, évier et préau pour la voiture. Le plus: les oryx qui se promènent un peu plus loin et l’emplacement tout près de l’entrée du parc du Namib.
Le site: https://sunkarros.com/sesriem.html

Les repas

Cuisine au feu de bois dans le barbecue en briques !

Chivay et le canyon de Colca

21 juillet 2019

Le Pérou est finalement vaste et les trajets parfois longs. Celui-ci fut de ceux particulièrement mémorables qu’on aurait pourtant voulu éviter. Si les premières heures sont belles et sauvages, ponctuées de vigognes, de désert et de petits marchands ambulants, l’atteinte de Chivay aura fini par devenir une épreuve pour nos organismes peu accoutumés à de pareilles hauteurs.

On avait pourtant tout calculé pour respecter les règles : gagner les hauteurs progressivement, de 1000 mètres en 1000 mètres, passer deux nuits sur place pour s’habituer à l’altitude…. Chivay et ces 3500 mètres paraissaient donc parfaitement indiqués pour notre progression. Parfaitement indiqués à un détail près… la traversée d’un haut col à quelques 4900 mètres.

On aura beau enchainer les tisanes à base de maté de coca, s’éponger le front et les tempes à l’aide d’un alcool maison supposé adoucir le sorroche voire le sniffer carrément… l’arrivée à Chivay fait de gros dégâts sur les organismes. Il est à peine 15h mais déjà la moitié d’entre nous est hors service. Maux de tête ou violentes migraines, nausées, fatigue… on s’effondre dans nos lits moelleux. Les plus en forme tentent une petite balade, les autres s’écroulent jusqu’à la nuit tombée. On trouve finalement un peu de réconfort dans une délicieuse soupe chaude prise dans un restaurant glacial, persuadés que le plus dur est désormais passé.

22 juillet 2020

Le réveil sonne aux aurores pour une nouvelle balade. Direction Cruz del Condor pour observer la majesté de ces immenses volatiles. Il y a du monde le long des rambardes ouvrant sur le Canyon del Colca et son adorable vallée. On se bouscule un peu pour guetter les rapaces, nombreux, tournoyant dans le ciel, plongeant sous nos pieds, le plumage luisant sous la lumière du soleil. Vénéré par les peuples Incas, le condor des Andes est considéré comme le messager du ciel et de la terre. On peine à envisager leurs incroyables dimensions tant les montagnes semblent hautes et le canyon large. On les observe longuement planer ici, profitant des courants du matin avant de disparaitre plus loin dans la vallée.

Le soleil levé commence déjà à taper. Depuis notre arrivée au Pérou, on a largement adopté la technique de l’oignon : une multitude de couches que l’on enlève et remet à longueur de journée tant les variations de température et d’altitude sont fortes. Au bord d’un mirador offrant un panorama superbe sur la vallée, on s’en ajoute même une nouvelle, locale, à coup de pull coloré ou de poncho. On regretterait presque de ne pas s’être lancés dans un trek de plusieurs jours au cœur du canyon, si beau et coloré. A défaut, on en prend plein les yeux avant d’opter pour une courte balade près de Yanke dans un site archéologique complètement déserté par les touristes. Nous sommes seuls sur le chemin qui grimpe dans les vestiges d’habitations entourés de hautes herbes.

La journée se termine au cœur d’étranges sources chaudes visées à flanc de falaise. Quelques bassins construits de part et d’autres de la rivière, tantôt couverts, tantôt à l’air libres sont reliés par un pont de singe un peu tremblant. On ne pouvait imaginer mieux pour se remettre de nos émotions et quitter la vallée au meilleur de notre forme !

Le coup de cœur de Ptit Jo

La beauté du canyon de Colca et ses milliers de cultures en terrasses aux couleurs automnales.

Coté pratique

Les activités

Cruz del condor
Pour visiter le site, il est nécessaire d’acheter un droit d’accès à la région de Colca et donc au mirador des condors : 70 PEN par personne

Uyo Uyo Archaeological Site, 986H+4W Yanque
Un site archéologique désert à découvrir à travers une petite balade. Sans doute pas indispensable mais adapté pour passer deux heures.

Baños Termales de Chacapi
Les sources chaudes sont composées d’une piscine et 5 bassins, l’entrée coûte 15 PEN par personne

Le logement

Hôtel La Posada del Colca, Av. Salaverry 325, Valle del Cañon del Colca, Chivay
Un hôtel basique mais à la literie confortable avec de nombreuses couvertures, indispensables à Chivay. Le petit déjeuner est nourrissant mais la salle glaciale. Billard à disposition.

Les repas

Innkas Coffee, Plaza de Armas 705, Chivay 04145
Si le chauffage est en option dans la salle, on s’est régalé plusieurs soirs de copieuses soupes chaudes.

Canyonlands

20 juin 2018

3h45. Le réveil sonne dans la chambre de notre motel sans âme. Il fait nuit noire dehors. On boucle les valises en vitesse avant de charger la voiture et de glisser les clés sous la porte de la réception. Direction Canyonlands National Park… ou presque. Pas bien réveillés, on réussit à se tromper de route. Vingt minutes de détour et du stress de bon matin… pas le temps de se perdre, nous avons rendez vous avec le soleil. Une fois sur le bon chemin, on guette avec inquiétude les étoiles qui s’effacent une à une dans le ciel bleuté. Le temps file et la route est encore longue. Dans le rétroviseur, la lumière du jour dessine les contours des montagnes de La Sal avant de les colorer complètement. Curieusement, nous ne sommes pas les seuls sur la route ce matin là. Ça roule sur le bitume parfois tortueux de Canyonlands, ça roule plutôt vite d’ailleurs car le soleil n’attend pas. On hésite, on regarde par la fenêtre le ciel s’éclaircir et on pense un moment qu’on arrivera jamais à temps. Au bout de cinquante interminables minutes, le parking de Mesa Arch apparait enfin. On y croyait plus. Les sacs sont chargés négligemment sur le dos sans prendre le temps de trier quoique ce soit et nous voilà partis au pas de course sur le trail sans un regard pour le paysage, animés par un seul objectif: être à l’heure.

Il est presque 5h30 quand nous arrivons devant l’arche où une vingtaine de photographes, armés de trépieds, attend déjà. On cherche le meilleur angle de vue aux places disponibles, on fait des tests de clichés et je finis par glisser sur les genoux entre les trépieds, calée entre 3 sacs à dos et la tête baissée pour ne pas gêner. D’autres amateurs de levers de soleil arrivent au compte-gouttes et tout ce petit monde finit par former une foule compacte. Les retardataires un peu trop ambitieux tentent de se frayer un chemin au plus près de l’arche et se font sévèrement reprendre. L’envers du décor…. Le soleil est annoncé à 5h56, ses premiers rayons ne peignent pourtant la roche qu’une dizaine de minutes plus tard. La scène prend des couleurs, montagnes et canyons se dévoilent au fil du temps. Il n’y a plus que le bruit des appareils qui déclenchent, le temps s’est figé. A 6h30, la foule se dissipe. Nous sommes seuls face à l’arche encore baignée par les rayons chauds. Nous y restons près d’une demi heure, seuls face à ce décor incroyable à grignoter distraitement notre petit déjeuner sous une lumière irréelle. Le réveil difficile est déjà presque oublié.

Un arrêt au visitor center nous permet de trouver le départ d’une randonnée éloignée des sentiers habituels. Le False Kiva Trail n’est pas indiqué sur les plans remis à l’entrée du parc et il nous faut noter les explications du ranger pour l’atteindre. Encore quelques minutes de voiture et le chemin, marqué uniquement par des cairns, se dessine dans la poussière entre les buissons épineux et les cactus. On amorce rapidement la descente avant de s’engager dans des amas de pierres rosées. Au cours de la balade, la vue s’ouvre en grand sur le canyon. On avance rapidement, un peu abrités du soleil, et il ne nous faut qu’une demi heure pour atteindre la kiva perchée dans une alcôve creusée dans la falaise. Au dessus de nos têtes, nichées dans d’immenses blocs de grès, les hirondelles vont et viennent en chantant.

On grimpe un peu au hasard dans les cailloux qui roulent sous nos pieds pour atteindre le fameux cercle de pierres. Perchés sur notre belvédère naturel, on reste un moment là à se demander qui a bien pu vouloir s’installer dans un endroit si peu accessible. Fatalement, ça grimpe sur le chemin du retour. Même à 10h, le soleil brûle déjà la peau. A force de marcher le nez en l’air, on perd un instant de vue les cairns. En un clin d’œil, on s’écarte du chemin, on tourne en rond plusieurs fois avant d’escalader la roche pour espérer retrouver la route. En moins de trois quarts d’heure, on regagne tout de même notre voiture à la carrosserie et au volant brûlants.

A l’extrémité d’Island in the Sky, la partie la plus accessible du parc, Grand View Point est sans doute le point de vue le plus prisé du parc. Entièrement aménagé, il offre un panorama très dégagé sur le sud de Canyonslands et les méandres de la Green River et du Colorado, souvent dissimulés par les falaises. On opte pour le sentier tracé le long de la rive sur quelques kilomètres et qui permet de découvrir la vue sur l’autre versant. Étonnamment, on se lasse assez vite de cette balade tout plate et fréquentée. On s’y promène un peu plus d’une demi heure et on repart finalement assez vite. A quelques centaines de mètres du point de vue, une petite aire de pique nique nous offre une ombre appréciable. D’énormes corbeaux y ont élu domicile et volent autour des tables à la recherche de quelques restes oubliés. Le thermomètre s’affole toujours et nous quittons l’Utah sous une atmosphère étouffante. De nouvelles aventures nous attendent dans le Colorado !

Coté pratique

Le logement

Cortez Mesa Verde Inn, 640 South Broadway, Cortez, CO 81321, États-UnisUn motel qui ne paie vraiment pas de mine depuis l’extérieur. Les chambres sont pourtant propres, plutôt spacieuses et conformes à ce que l’on attend d’un motel. Piscine accessible et petit déjeuner inclus dans le prix de la chambre. Sans doute un des hôtels les moins chers de Moab.

Les visites

Canyonlands National Park
Pass America The Beautiful accepté. Se lever tôt pour éviter la chaleur… rude en plein après midi.
False Kiva Trail n’est pas indiqué sur le prospectus de Canyonlands, il est en revanche indiqué par les rangers dans le visitor center. Compter une demi heure de descente et 40 minutes pour remonter en suivant attentivement les cairns.

Slot Canyon et rodéo

2 août 2017

Il n’est pas encore 8h30 quand nous arrivons à Antelope Canyon, déjà tout barbouillés de crème solaire et cachés sous les chapeaux et lunettes de soleil. Nous partons pourtant ce matin dans le cœur d’un slot canyon, creusé par le vent et le sable dans la roche au fil des années. Deux choix s’offraient à nous: Upper canyon, le plus populaire et donc fréquenté ou Lower canyon, le plus exigu et le plus escarpé. Sans la moindre hésitation, nous optons pour le second choix en espérant profiter du lieu plus calmement.

Armés de nos réservations anticipées, on récupère nos billets avant d’aller patienter au bord d’une faille que l’on distingue à peine depuis la surface. La file d’attente a un côté Disneyland et, malgré les billets à horaires fixes réservés, on reste là un bon moment avant de pouvoir descendre. La plupart des guides sont emmitouflés dans des vêtements sombres, camouflés des pieds à la tête pour se protéger du soleil. On ne peut s’empêcher de les plaindre en pensant à la température qu’il doit faire sous ce tas de vêtements. Notre accompagnateur profite de l’attente pour nous expliquer la formation du canyon avec un peu de sable et de l’eau. Un peu plus loin, le son d’une flute accompagne une nouvelle arrivée de petits groupes.

Notre tour arrive et on reste sagement plantés devant, collés au guide. On se félicitera toute la visite de ce petit moment stratégique qui nous a permis de faire la plupart des photos souhaitées sans être gênés. Un escalier de métal nous amène sous la surface et une échelle marque le dernier point d’accès au canyon. On se bouscule un peu une fois en bas, le temps que chacun retrouve son groupe et avance à son rythme. Les visiteurs restent le nez en l’air et les yeux grands ouverts devant cet univers onirique. Enfin, la visite commence.

On s’enfonce dans le canyon en déambulant entre ses parois toutes en rondeur arborant des nuances de beige, de jaune, d’orange, de rouge et de rose. La lumière est plutôt vive mais varie d’un recoin à l’autre au fil de l’inclinaison de ces masses de grès sculptées. Les roches forment des vagues au profil parfois curieux. Dans les hauteurs, quelques troncs d’arbres sont encore vissés dans la roche, vestiges des dernières inondations liées aux orages. A mesure que l’on avance, le chemin se rétrécit et on ne peut souvent avancer que l’un à la suite de l’autre. Prisonnier de ces roches ondulantes formant un décor un peu magique, on finit par perdre la notion du temps. On retrouvera finalement le soleil plus d’une heure après, encore charmés par ce lieu insolite.

Pas du tout dans les temps prévus en début de journée, on débarque à Bryce Canyon vers 16h. Sur le bord de la route, quelques rencontres nous surprennent et on retrouve avec joie les petits écureuils qui peuplent les forêts américaines. Vu l’heure et avant d’opter pour une soirée rodéo, on s’autorise une pause shopping dans les quelques boutiques qui bordent la rue principale. On passe d’ailleurs un certain temps à fouiner dans le Rock shop où s’accumulent bois pétrifié, œufs de dinosaures et pierres aux motifs ondulés.

A 19h, installés dans les gradins avec des dizaines d’autres touristes, on se prépare à découvrir (en version parc à thème sans doute) une part de folklore made in USA. Sur la piste, toute une petite famille trottine en attendant le début du spectacle. Soudain, l’hymne national résonne, les drapeaux font un tour de piste et chacun se lève respectueusement…. les épreuves commencent. Les premiers courageux se lancent sur le dos de chevaux contrariés et finissent par voler dans le sable au bout de quelques secondes. Cette première épreuve terminée, les enfants entrent en scène, pas effrayés pour deux sous et encouragés par des parents survoltés. On les retrouve avec surprise agrippés comme ils peuvent sur le dos de moutons aux toisons bien fournies. Trois cavalières se disputent ensuite la victoire d’une course d’obstacles avant de laisser la place à d’énormes taureaux peu disposés à se faire monter. Quelques locaux audacieux tentent ainsi de faire un tour de piste sans se faire désarçonner et nous font, au passage, de belles frayeurs. Le spectacle s’achève sur une épreuve de lasso qui nous divise davantage mais qui, sans aucun doute, fait partie intégrante de cette culture de l’Ouest. Hi haaaa !

Coté pratique

Le logement

Best Western PLUS Ruby’s Inn 3 étoiles, 26 South Main Street, Bryce Canyon, UT 84764
Réservé avec une réduction de près de 30% sur booking, le Ruby’s a l’avantage d’être extrêmement bien placé à l’entrée de Bryce. Petit déjeuner non compris mais général store disponible sur place.

Les visites

Lower Antelope Canyon
Visite d’environ 2h, $33. visite guidée via Dixie Ellis’ Lower Antelope Canyon Tours. Réservation : https://antelopelowercanyon.com/. Nous avions réservé pour 8h50 et il aura fallu presque une heure d’attente pour atteindre le canyon. La lumière étant maximum entre 10h et 14h, ce décalage tombait finalement plutôt bien !
Coordonnées GPS 36.54.04.7 N 111.24.37.7 W.

Ruby’s Inn Rodeo Grounds, Central street, Bryce, UT 84764
$13 par adulte, du mercredi au samedi. Spectacle à 19h, réservation avant 17h.

Les repas

Dans un cadre un peu cantine, les pizzas sont garnies à la demande. On se fait surprendre par les proportions des pizzas « moyennes » au point de tous repartir avec notre doggybag. Prix très raisonnables vu qu’on mange pour deux repas…