Fantômes de Californie

8 août 2017

Notre journée commence par un bon dans le passé, à une époque où quelques 10 000 personnes avaient fait de Bodie une importante cité minière. Bienvenue en 1880, à l’ère des saloons et des fumeries d’opium, où résonnaient minerais et ferrailles dans les allées de terre bordées de maisons en bois. Accessible par une route caillouteuse et pleine de poussière, les vestiges de la ville trônent à 2500 mètres d’altitude dans une prairie perdue. On gare nos SUVs dans un état lamentable sur le parking du Bodie State Historic Park et on aperçoit déjà les chariots et les roues abandonnées là. Perchée au dessus des maisons, l’usine minière est restée figée et presque intacte.

A ces pieds, les petites bâtisses en bois dégagent une curieuse impression. On regarde pas les fenêtres pour entrevoir une vie passée dont quelques objets abandonnés conservent le souvenir. C’est là le charme étrange de cette visite. On déambule le nez collé aux vitres et, derrière les lès de papier peint délavé et les vieux matelas à ressorts, c’est un bout d’histoire qui se dessine. On tombe ensuite sur une école ornée de cartes anciennes et de traces de craie, un saloon où seuls les meubles ont survécu et de vieilles autos au charme rétro. Un petit musée regroupe tout un tas d’effets personnels abandonnés à l’appel de mines d’or plus prometteuses. Bodie, c’est l’Amérique comme on l’imaginait.

De retour en 2017, une mauvaise surprise mécanique pointe le bout de son nez: le voyant indiquant un défaut de pression des pneus s’éclaire soudainement. On s’arrête pour regonfler à la première station croisée et on reprend la route en espérant ne pas avoir crevé sur le chemin chaotique de Bodie. La 120, plus connues comme la Tioga Road,  nous entraine sur les hauteurs et les sommets enneigés. C’est ainsi que l’on arrive à Tuolumne Meadows, immense prairie verdoyante qui pousse à 2600 mètres d’altitude. A peine arrivés on y croise des cerfs et biches en quantité, tout juste dissimulés dans les hautes herbes. Histoire de se dégourdir un peu les jambes, on opte pour une courte randonnée dans les prairies jusqu’aux Soda springs où coule une eau naturellement gazeuse. Sur le sentier, un ranger à cheval nous aborde et nous présente King, sa monture, avant de repartir en souriant. Dans les herbes, des chiens de prairie surgissent un peu partout. On les observe avec amusement guetter le moindre danger debout sur leurs pattes arrières avant de se suspendre aux brindilles pour grignoter et repartir en courant.

A quelques minutes de là, le Tenaya Lake, le plus vaste du Yosemite, brille au soleil. Les récents incendies ayant ravagé une partie du parc quelques semaines avant notre arrivée enrobent pourtant le décor d’une brume colorée et d’une étrange lumière. Si un chemin longe cet immense lac entouré de montagnes, on part tout de même le nez au vent en longeant la rive. Quelques acrobaties sur des ponts improvisés nous emmènent jusqu’à une petite plage pour une baignade improvisée (oui, c’est froid !). Assis face à cet horizon d’eau et de roches grises, on n’entend plus que le bruit des geais dans les branchages.

Olmsted Point sera notre dernière arrêt sur cette jolie Tioga Road. Paysage un peu lunaire à l’ambiance particulière, cet endroit est sans doute mon point de vue préféré sur cette partie du parc. On y passe un bon moment sans trop savoir pourquoi, à grimper sur quelques rochers et à composer avec 2/3 touristes durs de la feuille. Il est temps de rouler jusqu’au coeur de la vallée, vers Yosemite Village.

Comment décrire le flux improbable de voitures cherchant désespérément un place autour du Village? On tourne, on retourne et on tourne encore avant de pouvoir nous arrêter quelque part. même le système de navette ne semble pas avoir réussi à réguler tout ce monde. La foule est dense dans cette partie du parc et, à cette heure, nous ne sommes pas les seuls à espérer faire quelques achats dans le seul petit supermarché du parc. Le pique nique du lendemain rangé dans les sacs à dos, on opte finalement pour une soirée à l’hôtel en dehors du parc, sous un ciel noir et sans nuage.

Coté pratique

Le logement

Cedar Lodge, 9966 Highway 140, El Portal, CA 95318
Hôtel situé en dehors du parc Yosemite. Le petit déjeuner est à prévoir en supplément mais est assez copieux. Inutile d’envisager d’utiliser internet ou le téléphone ici, on est réellement coupé de tout !

Les visites

Bodie State Historic Park
Ouvert tous les jours de 8h à 18h entre mai et septembre, horaires réduits en hiver. Entrée $7.
La route qui mène à Bodie n’est pas goudronnée sur tout sa longueur et mieux vaut faire le plein avant de s’y rendre.

Yosemite National Park
Pass America the Beautiful accepté.
Tous les documents pratiques pour le parc sont ici: https://www.nps.gov/yose/planyourvisit/maps.htm
La Tioga Road est fermée en hiver car elle est enneigée. Les dates d’ouverture et de fermeture sont liées au taux d’enneigement…mieux vaut ne pas espérer l’emprunter en dehors de fin mai – début novembre.

Vers la Sierra Nevada

7 août 2017

Le soleil se lève sur Death Valley et réchauffe dès le matin une atmosphère qui, à la réflexion, ne s’était pas vraiment refroidie. Il est encore tôt et une légère brume semble, par endroit, flotter au dessus du sol. A deux pas de l’hôtel, d’intrigantes dunes de sables se laissent finalement découvrir. Dans la nuit noire de la veille, on aurait été bien incapable de les distinguer. Les dunes dansent devant les montagnes alentours, déjà maculées de traces de pas. On n’ose finalement pas s’aventurer bien loin, un peu inquiets de cette chaleur et de toute la route prévue aujourd’hui. On savoure simplement la découverte d’un paysage que beaucoup n’avaient encore jamais vu. Death Valley est décidément riche de surprises.

Entre la Vallée de la mort et le Yosemite, les monts enneigés fendent le ciel bleu entachés de quelques nuages. Près de Lone Pine, les Alabama hills paraissent abandonnées du reste du monde. Terre de western aux airs de Joshua Tree, ce paysage rocailleux tout en rondeur nous accueille pour une courte balade où nous ne sommes, une fois encore, pas dérangés par la foule. L’endroit est réputé pour avoir servi de décors à des centaines de films de cowboys et de ruées vers l’or et on découvre cet univers de contraste et de couleurs sur quelques kilomètres à peine. Quelques arches se dissimulent ici ou là au détour d’un virage ou au hasard d’un regard.

La ville voisine de Lone Pine nous laisse, elle, complètement de marbre. Elle ne représentera finalement qu’une étape pour le plein d’essence et une pause goûter (ou plutôt petit-déjeuner n°2… il faut bien ça).

De grands champs peuplés de vaches égayent le chemin jusqu’à Lee Vining où nous poserons nos bagages. Le paysage reprend des couleurs et on retrouve finalement du vert partout: on avait presque oublié que cette couleur existait. Bientôt, des forêts se dessinent sur les abords de la route et notre univers change radicalement. On s’arrête un moment dans notre motel avec vue sur le Mono Lake, le temps de déposer les valises et de faire connaissance avec notre voisin chat qui ronronne doucement dans nos jambes. Certains se laissent tomber sur le lit pendant que d’autres admirent la vue depuis la terrasse, accompagnés de notre nouveau compagnon à quatre pattes. Un peu reposés, on reprend finalement notre parcours vers des sources chaudes naturelles dont la simple pensée suffit à remotiver les troupes.

La route tournicote jusqu’aux Travertine Hot Springs, à peine signalées par un parking recouvert de poussière. Armés de maillots et de serviettes, on tombe rapidement sur le premier bassin, tout petit et déjà occupé par un vieux monsieur uniquement vêtu d’un chapeau. Il nous adresse un geste et un sourire sympathique qui ne nous encourage pas pour autant à venir partager cet espace étroit. Le second point d’eau forme trois petits bassins où pataugent quelques gamins. Par curiosité, on pousse jusqu’au troisième dissimulé dans les broussailles. Celui ci aussi est occupé par un vieil homme à la peau tannée par le soleil qui a choisi de remplacer le Stetson par une bière (pour le reste, on a pas voulu vérifier…). On retourne finalement au deuxième point d’eau et, par chance, nous sommes seuls au bout de quelques minutes. L’eau chaude détend tous les muscles sollicités ces quinze derniers jours et procure une douce sensation de bien être. Assis dans nos bassins avec vue sur les sommets de la Sierra Nevada, on savoure l’instant. Un guitariste arrive finalement armés de ses trois mots de français et monte se percher sur la roche. Quelques accords brisent le silence et précèdent une douce chanson folk.

Notre dernière session de voiture pour la journée nous ramène vers les bords du Mono Lake où la lumière prend des tons plus doux. Ce grand lac d’eau salée héberge d’étranges cheminées blanches figées au bord de l’eau. Les tuffas, concrétions calcaires, sont accessibles par un petit chemin qui longe le lac avant de serpenter dans des grands buissons fleuris. Les mouettes volent au dessus de nos têtes, au revoir le désert.

Coté pratique

Le logement

Yosemite Gateway Motel, 51340 US Highway 395, Lee Vining, CA 93541
Jolie vue sur le lac depuis la terrasse.

Les visites

Alabama Hills, Arch Trail – Mobius Arch
Accès: Depuis l’embranchement entre la Whitney Portal Rd et la Movie Rd, suivre cette dernière sur environ 2.5 km. On aboutit à un Y, prendre à droite et garer la voiture au niveau d’un large renfoncement immédiatement sur la gauche. Le sentier part de derrière le parking et est signalé par des cailloux bordant celui-ci (seul sentier du parc).

Travertine Hot Springs, sources chaudes naturelles de Bridgeport
Jack Sawyer Rd, Bridgeport, Californie. Latitude : 38.247019, Longitude : -119.203811. Pour les accès, le mieux est encore de jeter un œil ici: http://www.lostintheusa.fr/planifier/poi/26844/travertine-hot-springs-sources-chaudes-bridgeport-californie/

Las Vegas et Death Valley

6 août 2017

Sur le Strip grouillant de monde, les casinos aux décors extravagants se succèdent le long d’une avenue qui parait sans fin. Chaque hôtel-casino affiche son histoire, son identité et sa personnalité. Il y a tellement à voir qu’on avance à une lenteur affolante, trop occupés à pousser des portes et à se perdre dans des allées aux mille et unes curiosités: spectacles, œuvres d’art, boutiques farfelues et passants étranges prennent place entre les innombrables machines à sous et les tables de jeux.

Face à nous trône le Bellagio, son plafond de verre aux mille fleurs, ses allées de marbre et son Conservatory & Botanical Gardens plein d’élégance. On y trouve au passage la plus grande fontaine de chocolat du monde qui s’écoule derrière des parois de verre. L’occasion d’une bonne pâtisserie à la française car il faut bien admettre que les américains ne brillent pas par le raffinement de leurs gâteaux.

Le Caesars Palace voisin, dans lequel on se retrouve sans trop savoir comment, déborde de statues romaines et de dorures tout comme le Venetian, rutilant, avec ses gondoles et son Grand Canal artificiel abrités par un ciel artificiel presque troublant de réalisme. Cette Italie en carton pâte est finalement assez réussie.

On remonte ensuite vers le Flamingo tout de rose vêtu (où quelques flamands s’ébattent tranquillement dans un décor tropical) avant de pousser jusqu’au NewYork NewYork pour un tour de montagne russe dans des petits taxis jaunes d’où la vue sur le Strip est imprenable. Une improbable crêpe débordant de lemoncurd plus tard, il est déjà l’heure de prendre la route alors qu’on a à peine commencé à explorer la ville… à croire que l’on a largement sous estimé le temps à passer dans ce lieu à part. On se promet donc de revenir un jour pour découvrir toutes les surprises que réserve cet endroit hors norme.

Point le plus chaud, le plus aride et le plus bas sous le niveau de la mer des États-Unis, Death Valley est le désert des superlatifs… autant dire qu’on ne pouvait pas rater ça. On quitte donc Las Vegas un peu en urgence tant le temps est passé vite… Dans la précipitation, nos deux voitures se dispersent et ne se retrouveront finalement qu’à l’hôtel une fois la nuit tombée. Parce que oui, dans la vallée de la mort, il n’est pas utile d’espérer téléphoner… l’endroit perdrait de son charme. Nous voilà donc de nouveau sur la route à l’heure où la chaleur tombe un peu, en théorie.

Death Valley. Rien que le son est mythique. Avec un nom pareil, on s’attendait à un endroit morne et triste: il n’en est rien. Les paysages sont vallonnés, étonnamment colorés et parfois même recouverts de végétation. La première de nos voitures opte pour Dante’s View, son sol rouge et sa vue spectaculaire sur la vallée. Charmés par l’endroit, ses occupants y resteront pour admirer le coucher du soleil (merci François pour les photos !)

De notre côté, on choisit Zabriskie Point que le soleil couvre d’une douce lumière. Les collines blanches et sèches ondulent curieusement dans ce paysage où rien ne bouge. Le thermomètre s’affole toujours à cette heure déjà tardive mais peu importe, le décor est fascinant sous ses lueurs rosées. Avant qu’il ne fasse nuit, on se presse vers une dernière étape immanquable à nos yeux : à -86 mètres sous le niveau de la mer, Badwater nous attend.

Cette immense étendue de sel éblouit même à cette heure. Le thermomètre augmente encore et on retrouve cette étrange impression de passer au sèche-cheveux en sortant de la voiture. Nous sommes presque seuls, les touristes semblent avoir déserté la zone avant la nuit. L’air est sec, le sel craque sous nos pieds et on dépasse les 100°F dans un silence assourdissant.  On se sent un peu abandonnés du reste du monde en evoluant dans cette ambiance irréelle. Derrière nous, une pancarte fixée sur la montagne marque le niveau de la mer et accentue notre impression d’être tout petit. Le soleil passe définitivement derrière la roche qui se couvre de brume et nous prenons une dernière fois la route pour notre hôtel au cœur de Death Valley.

Il fait nuit noire quand nous arrivons dans un décor de pierres et de bois où des rocking chairs patientent près d’un feu. La petite troupe étant cette fois réunie, le restaurant nous accueille dans une ambiance plutôt chaleureuse. Après la joyeuse agitation de Las Vegas, la douceur de ce parc hors norme est un délice. Rassasiés, on se retrouve à près de minuit dans une piscine encore chaude depuis laquelle nous n’avons qu’à lever la tête pour observer les étoiles. Magie des US quand tu nous tiens.

Coté pratique

Le logement

Stovepipe Wells Village Hotel, 51880 CA-190, DEATH VALLEY, CA 92328
Restaurant sur place et piscine ouverte jusqu’à minuit !

Les visites

Death Valley National Park
Pass America the Beautiful accepté
Tous les documents pratiques pour le parc sont ici: https://www.nps.gov/deva/planyourvisit/maps.htm

Valley of Fire

5 août 2017

Le soleil est à peine levé sur Overton quand nous démarrons les voitures pour une nouvelle journée de périple. Valley of Fire, étape nature du jour, est réputée pour bien porter son nom: l’été, les températures deviennent vite insupportables. Sur le papier, la Vallée de Feu a pourtant tout pour elle: immense palette de couleurs, arches, pétroglyphes, canyons et faune locale. On opte donc pour un départ anticipé afin de profiter encore un peu des grands espaces avant d’arriver à Las Vegas.

Jusqu’à l’entrée du parc, la route traverse un paysage aride que les lumières du matin adoucissent un peu. A quelques miles de l’arrivée, les premières nuances de couleurs apparaissent et redonnent vie au décor. On s’arrête à l’entrée pour laisser $10 dans une enveloppe et découvrir les premières curiosités. A quelques pas du parking, un rocher aux allures d’éléphant marque le début de la visite pendant qu’un bighorn solitaire nous observe un peu plus loin dans un silence absolu. Nous sommes seuls et la magie des parcs américains opère à nouveau.

La scenic drive, comme toujours, est un spectacle de formes, de couleurs et d’ambiances. Le ciel arbore mille nuances, la route semble infinie et on sent déjà que cet endroit nous marquera. Un peu contraint par le temps, nous choisissons la randonnée la plus emblématique du parc, la Fire Wave. Les premiers pas se font les pieds dans le sable déjà chaud entre quelques arbustes et cactus. Au premier virage, on est plongé dans un décor multicolore qui semble défier les lois de la géologie. Le sentier disparait progressivement au profit de cairns disséminés dans la roche qui mènent sans effort à la vague colorée. On s’y installe quelques minutes, un peu assommés par ce climat désertique mais, surtout, fascinés par ce décor improbable.

Sur le chemin du retour, on hésite un moment à se lancer à la recherche de grottes armés de coordonnées GPS. Face à un TomTom récalcitrant et à des estomacs qui crient famine, on reprend finalement la route pour profiter de la machine à gaufres de l’hôtel qui nous attend sagement. De nouveaux points de vue apparaissent sur le chemin et on se félicite vraiment d’être partis tôt pour explorer ce parc magnifique. Aux États-Unis plus qu’ailleurs, le monde appartient vraiment à ceux qui se lèvent tôt.

L’arrivée à Las Vegas nous ramène un peu brutalement à la civilisation. Routes immenses et bâtiments à perte de vue… on avait presque oublié que les immeubles existaient. Pourtant, on se surprend vite à repérer les grands hôtels-casinos évoqués dans les guides et qui défilent sur le bord de la route. Avant de commencer les visites, on s’autorise une pause shopping dans un outlet pour quelques achats qui achèvent de remplir nos valises déjà bien chargées. Quelques deux heures, quatre détours et trois entrées de parking plus tard (la circulation dans les grandes villes n’est décidément pas notre point fort) nous voilà devant les portes du Bally’s où une flopée de touristes attend sa chambre. Juste derrière l’accueil, les machines à sous clignotent et envahissent tout l’espace. Les lumières donnent l’étrange impression de ne plus savoir où l’on est.

Une balade rapide sur le Strip nous donne un aperçu de cette ville où tout semble démesuré. Cette sorte de Disneyland pour adulte que j’étais, il faut bien le dire, persuadée d’avance de ne pas aimer, étonne et éveille la curiosité. On voudrait pouvoir explorer tous les hôtels aux décors chaque fois différents et se perdre dans les allées des casinos qui traversent d’un bâtiment à l’autre. Ambiance parisienne, italienne, new yorkaise… tout y passe. Avant de partir à l’assaut des casinos, un détour dans le downtown nous attend pour une visite un peu originale et un bond dans le passé… direction le musée du néon !

Temple des enseignes vintage et véritable bout d’histoire, le musée du néon expose des centaines de panneaux lumineux ayant fait le succès de motels ou de casinos. En petits groupes, un bénévole nous entraine dans les allées colorées du musée qui s’éclairent à mesure que la nuit tombe. Pendant près d’une heure, on circule dans cette bulle en écoutant plus ou moins attentivement notre guide qui y va chaque fois de se petite anecdote. Avec un accent aussi marqué que le sien, difficile de se concentrer sur les histoires et sur les photos en même temps… Ce tas de ferraille sauvé de la casse par des amoureux de l’histoire de Las Vegas semble pourtant reprendre vie au cours de la visite. Un endroit plein de charme et de nostalgie, prélude parfait pour la suite de notre balade.

Avant de regagner le strip, la Fremont street nous tire de la tranquillité du musée. Foule compacte, musique à fond, néons dans tous les coins et plafond recouvert de millions d’ampoules et de lasers animent cette rue que certains remontent… en tyrolienne ! Les casinos voisins de notre hôtel débordent eux aussi d’animation. Le Bellagio et son spectacle de jets d’eau brillent de mille feux, la Tour Eiffel locale a revêtu sa robe de lumière et toutes les enseignes s’éclairent. On marche dans cet univers incroyable jusqu’au NewYork New York, sans doute mon préféré, où les rues de West Village ont été recréées avec leurs cafés et leurs petites boutiques. On y retrouve le pont de Brooklyn, les grattes ciels et une montagne russe digne de celles de Coney Island depuis lesquelles on écoute avec amusement quelques téméraires s’égosiller. Un peu déphasés, on finit par réaliser qu’il est déjà deux heures du matin. L’heure de retrouver le Bally’s qui semble aussi animé qu’à notre arrivée.

Coté pratique

Le logement

Bally’s Las Vegas Hotel & Casino, 3645 Las Vegas Boulevard South, Strip, Las Vegas, NV 89109
Las Vegas oblige, on a nous aussi voulu tester une nuit en casino. Les prix sont non négligeables et de nombreux frais supplémentaires sont souvent à ajouter. Notre verdict: pour une nuit l’intérêt est vraiment limité, on passe notre temps dehors à visiter et on ne profite finalement pas du tout de l’hôtel. Un motel bien placé représente sans doute un meilleur rapport qualité prix !

Les visites

Valley Of Fire State Park
Pass América the Beautiful non accepté, entrée $10 par voiture.
Tous les documents pratiques pour le parc sont ici: https://www.roadtrippin.fr/nevada/valley-fire/valley-fire.php
Pour la randonnée Fire wave: se garer au dernier petit parking en bord de route de la Scenic Drive juste avant d’atteindre White Domes (le terminus de la route).

Las Vegas Premium Outlets – South.
7400 Las Vegas Blvd S, Las Vegas, NV 89123-1000 (9h-20h)

Musée du néon, 770 N Las Vegas Blvd, Las Vegas, NV 89101
A réserver en ligne à l’avance http://www.neonmuseum.org/ , 1h, 10$. Les chances d’obtenir un billet en se rendant directement sur place sont presque nulles. Perches et trépieds interdits.

Au cœur des Narrows

4 août 2017

En émergeant ce matin-là, on découvre un temps humide et gris qui nous fait frissonner, le souvenir de notre épopée de la veille revient vite en mémoire. Le temps est cependant idéal pour se réconforter avec un petit déjeuner du Bumbleberry. Bol de lait chaud, bacon croustillant et pancakes nous remettent d’aplomb et on prend la route du visitor center de Zion pour une nouvelle journée de balade. Les orages de la veille ont refroidi l’atmosphère mais pas les touristes qui patientent pour embarquer dans la navette. Nous sommes visiblement nombreux à nous rendre ce matin à l’autre bout du parc, direction Temple of Sinawava.

En descendant de la navette, on comprend vite que les Narrows sont presque aussi célèbres qu’Angels Landing… mais nettement plus accessibles. Tous les visiteurs du parc semblent s’être retrouvés sur place. Bien loin de se préoccuper de la foule, un cerf déambule tranquillement sur l’autre rive et seuls quelques observateurs semblent s’en être rendu compte. Ici, la Virgin River qui traverse tout Zion se faufile dans un canyon étroit. On y accède par le Riverwalk, petit sentier d’un mile qui a des airs de file d’attente. La foule est dense même par ce temps et de nombreux écureuils gravitent autour de tout ce monde. Certains semblent presque obèses à force de grignoter les restes de touristes sans doute trop nombreux. On se glisse parmi la foule avec un peu d’inquiétude et on enfile nos chaussures aquatiques avant de s’avancer doucement dans l’eau. Loin des couleurs bleutées repérées sur les photos, la rivière a tourné au marron après les violents orages. Un frisson court jusqu’en haut du crâne mais l’impression de froid se dissipe finalement assez vite.

On avance d’abord à tâtons mais on apprend vite à circuler à l’aveugle de rochers en rochers. On déambule les pieds dans l’eau et, après quelques centaines de mètres, la foule se disperse. Beaucoup ne viennent finalement que pour le principe et seuls les randonneurs équipés continuent d’avancer. Le calme retrouvé, on prend enfin le temps de lever la tête et la mauvaise impression du début est vite oubliée.

Au cœur du slot canyon, on évolue dans le lit de la rivière entourés de 300 mètres de falaises. Quelques cascades prennent naissance sur ces pans de grès rosés où poussent de verdoyants jardins suspendus à la roche. De petits cailloux roulent sous les pieds, les gouttes d’eau accrochées aux bosquets glissent sur la paroi et le bruit de l’eau anime la scène. Plus on s’enfonce dans le canyon, plus il se rétrécit et plus les falaises paraissent hautes. Le décor est majestueux et l’on se sent soudainement minuscules. Un pas irréfléchi nous rappelle de temps à autre que la profondeur est changeante sur le chemin et on se retrouve parfois, un peu étonnés, avec de l’eau qui frôle les vêtements. Au fond, on se plait bien à patauger dans cette ambiance si particulière. Par crainte d’une nouvelle pluie, on finit cependant par faire demi tour pour regagner le riverwalk qui semble alors bien banal.

De retour au visitor center et le pique nique englouti, on profite d’un peu de temps libre pour flâner dans la boutique bien garnie du centre avant de faire une nouvelle rencontre inattendue dans les allées. Avant de quitter ce parc plein de charme, une dernière randonnée est décidée et le Watchman Trail, moins de 2h en trainaillant, nous semble alors tout désigné. Il nous faudra pourtant un long moment avant d’en trouver le départ (pourtant indiqué… hum).

Le soleil revient au moment où nous découvrons enfin la pancarte du trail. La balade n’est pas spécialement difficile mais monte tout au long du parcours peu ombragé. On retrouve des cactus dans les pentes rocailleuses avant d’accéder à une jolie plateforme d’observation. On y découvre la partie basse du Canyon de Zion tout en devinant, un peu plus loin, les bâtiments de Springdale. Si le chemin n’est pas aussi marquant que nos deux précédentes randonnées, il nous permet de finir notre visite sur une dernière vue panoramique qui, une fois encore, se mérite. Décidément, tout est beau à Zion.

Coté pratique

Le logement

North Shore inn at the Lake Mead, 520 North Moapa Valley Blvd, Overton, NV. 89040
Soyons honnêtes, Overton n’est pas vraiment un lien d’animation. La petite ville est en revanche idéalement situé pour notre première étape du lendemain: Valley of Fire. Le petit déjeuner vaut le détour et la piscine est vraiment appréciable avec la chaleur environnante.

Les visites

Zion National Park
Pass América the Beautiful accepté, Tous les documents pratiques pour le parc sont ici: https://www.nps.gov/zion/planyourvisit/maps.htm

De Bryce à Zion

3 août 2017

Il faut bien l’admettre, notre premier itinéraire prévoyait de faire l’impasse sur Bryce Canyon. Face aux protestations répétées d’une voyageuse avertie, nous avons revu un peu le parcours. Bien nous en a pris… Merci 😉

Partis tôt le matin, nous débarquons sur les rives du Bryce Canyon aperçu la veille. Garés près du Sunset Point, on opte pour une courte randonnée dans cet immense amphithéâtre en combinant le Queens Garden Trail et la Navajo loop. Le chemin descend doucement en serpentant entre les hoodoos de roche rouge, orange et jaune où quelques îlots de verdure tentent de se frayer un chemin. Ces grandes colonnes colorées, joliment appelées cheminées de fées, seraient les restes d’âmes ayant mal agi… bien plus poétique que toute autre explication géologique!

Si tout paraissait assez uniforme vu d’en haut, curieusement, le paysage change au fil de la balade. On traverse ainsi des zones très dégagées où les hoodoos ont laissé la place à d’élégantes dunes colorées, on baisse la tête en passant sous quelques portes creusées dans la roche avant d’atterrir dans d’étroits canyons ombragés. Même avec ses quelques 2000 mètres d’altitude, Bryce n’est pas épargné par la chaleur du mois d’août et la dernière montée, qui permet de quitter l’amphithéâtre, parait un peu raide sur le moment. On ressort de cet univers un peu à part au Sunrise Point où nous attendent de nouveaux écureuils. Chacun grimpe à son rythme et jette un dernier coup d’œil à ce tableau coloré avant de sauter dans la voiture. De nouvelles surprises patientent au bout de la route !

En chemin pour Zion, la circulation ralentit brusquement. A deux doigts de ronchonner, un bref regard au loin dissuade d’émettre la moindre protestation. A quelques mètres de nous, une famille de bighorns traverse nonchalamment la route et se campe en bordure des bosquets. A flanc de falaise, la route tournoie entre les montagnes rosées et déjà l’endroit nous charme. Comme toujours, notre premier arrêt se fait au visitor center afin de vérifier la météo. Dans ces reliefs particulièrement accidentés, des flash floods sont régulièrement craints par les rangers et cet après midi ne fait pas exception. Nous voilà donc contraints de revoir notre programme et de nous lancer plus tôt que prévu dans LA randonnée du parc: Angels Landing.

Angels Landing au Zion National Park, c’est un mythe. 8,7 kilomètres, 450 mètres de dénivelé positif et certainement le trail le plus emprunté de tous les parcs nationaux américains. C’est aussi, pour certains, la randonnée la plus attendue de notre séjour. Réputé difficile, la perspective de réaliser ce trail en plein après midi ne nous enthousiasme pas particulièrement… mais comment renoncer à cet endroit?

Déposés par la navette au bord de la Virgin River, on jette un œil sur le panneau indiquant que huit personnes sont décédées sur le chemin depuis dix ans. Ambiance… Le début de la balade se fait gentiment le long de la rivière sous un soleil finalement assez doux. En arrivant face à la montée, une surprise inattendue nous attend: de l’ombre ! On monte en regardant le sol pour éviter de se rendre compte du dénivelé et, finalement, au bout du premier kilomètre, la vue sur le canyon récompense les premiers efforts. Encore un peu de grimpette avant de pénétrer dans un canyon étroit assez justement baptisé Refrigerator Canyon. Dans le fond, le sable et les débris de bois laissent deviner les traces des derniers orages. Alors qu’on s’habituait presque au plat, les 21 virages de Walter’s Wiggles se dressent devant nous. 21 virages, ça m’évoque l’Alpe d’Huez et les coureurs cyclistes arrivant au bout de leur vie sur le rond-point des pistes. Pas tout à fait une promenade de santé… et pourtant, on arrive au Scout Lookout sans souffrir ou presque. On commence même à se dire que le changement d’horaire était la meilleure chose qui pouvait arriver. Un premier point de vue nous attend… tout comme le dernier kilomètre qui se dresse littéralement face à nous.

Le dernier kilomètre justifie à lui tout seul la réputation de cet endroit. Des chaines courent le long d’un chemin plus ou moins étroit, légèrement entouré de vide sur 150 mètres de dénivelé. Par chance, nous ne sommes pas dérangés par l’affluence de randonneurs et une bonne moitié s’arrête au Lookout. On crapahute directement sur la roche en partageant parfois le chemin avec d’autres aventuriers. On grimpe sans se soucier du vide et on se sent finalement plutôt en sécurité. En arrivant au sommet de l’ultime crête, le panorama offert donne sur tout le parc. Avec une émotion un peu particulière, on admire ce tableau coloré en imaginant que, à bien y penser, les anges pourraient réellement atterrir ici. Angels Landing c’est beau, c’est grand, c’est magique.

Par hasard, en pleine observation, un éclair fend l’air et nous sort de notre rêverie. Le ciel s’assombrit brusquement. Encore perchés au sommet de notre crête, on remballe rapidement les appareils photos et les sacs à dos pour faire le chemin inverse. Les couleurs sont belles à l’annonce de l’orage mais nous ne pouvons pas prendre le risque de flâner. De retour au Scout Lookout, on file au pas de course dans les séries de virages. Dans le canyon, un vent frais circule et simule le bruit d’une vague. On se retourne, un peu inquiets par la perspective de voir des trombes d’eau dévaler la roche. Alors que l’on se presse, quelques inconscients continuent de grimper vers le sommet sans se préoccuper le moins du monde du ciel noir qui couvre désormais nos têtes.

L’orage éclate au moment où l’on s’installe dans la navette. Des trombes d’eau s’abattent sur Zion, la poussière rouge emportée par l’averse glisse sur la route et les téléphones vibrent: le parc envoie un message d’alerte à tous les visiteurs en les invitant à se mettre à l’abri au plus vite. Quelques sirènes retentissent: les rangers et les secours se pressent vers les Narrows où nous devions passer l’après midi. Une petite rivière s’est formée devant notre hôtel où presque 10 cm d’eau circulent. Il faudra plus d’une heure pour que le temps se calme. Installés au chaud et une fois sec, on se félicite finalement d’avoir changer nos plans… Aucun doute, Zion se mérite.

Coté pratique

Le logement
  • Bumbleberry Inn, 97 Bumbleberry Lane, Springdale, UT 84767

Excellent petit déjeuner pris dans le restaurant voisin. Piscine et salle de sport à disposition (s’il vous reste encore de l’énergie)

Les visites
  • Bryce Canyon National Park

Queens Garden Trail et Navajo loop: boucle de 5 km. Seule la remontée tape un peu dans les jambes et il n’y a pas d’ombre.
Pass América the Beautiful accepté, Tous les documents pratiques pour le parc sont ici: https://www.nps.gov/brca/planyourvisit/maps.htm

  • Zion National Park

Pass America the Beautiful accepté, Tous les documents pratiques pour le parc sont ici: https://www.nps.gov/zion/planyourvisit/maps.htm

Slot Canyon et rodéo

2 août 2017

Il n’est pas encore 8h30 quand nous arrivons à Antelope Canyon, déjà tout barbouillés de crème solaire et cachés sous les chapeaux et lunettes de soleil. Nous partons pourtant ce matin dans le cœur d’un slot canyon, creusé par le vent et le sable dans la roche au fil des années. Deux choix s’offraient à nous: Upper canyon, le plus populaire et donc fréquenté ou Lower canyon, le plus exigu et le plus escarpé. Sans la moindre hésitation, nous optons pour le second choix en espérant profiter du lieu plus calmement.

Armés de nos réservations anticipées, on récupère nos billets avant d’aller patienter au bord d’une faille que l’on distingue à peine depuis la surface. La file d’attente a un côté Disneyland et, malgré les billets à horaires fixes réservés, on reste là un bon moment avant de pouvoir descendre. La plupart des guides sont emmitouflés dans des vêtements sombres, camouflés des pieds à la tête pour se protéger du soleil. On ne peut s’empêcher de les plaindre en pensant à la température qu’il doit faire sous ce tas de vêtements. Notre accompagnateur profite de l’attente pour nous expliquer la formation du canyon avec un peu de sable et de l’eau. Un peu plus loin, le son d’une flute accompagne une nouvelle arrivée de petits groupes.

Notre tour arrive et on reste sagement plantés devant, collés au guide. On se félicitera toute la visite de ce petit moment stratégique qui nous a permis de faire la plupart des photos souhaitées sans être gênés. Un escalier de métal nous amène sous la surface et une échelle marque le dernier point d’accès au canyon. On se bouscule un peu une fois en bas, le temps que chacun retrouve son groupe et avance à son rythme. Les visiteurs restent le nez en l’air et les yeux grands ouverts devant cet univers onirique. Enfin, la visite commence.

On s’enfonce dans le canyon en déambulant entre ses parois toutes en rondeur arborant des nuances de beige, de jaune, d’orange, de rouge et de rose. La lumière est plutôt vive mais varie d’un recoin à l’autre au fil de l’inclinaison de ces masses de grès sculptées. Les roches forment des vagues au profil parfois curieux. Dans les hauteurs, quelques troncs d’arbres sont encore vissés dans la roche, vestiges des dernières inondations liées aux orages. A mesure que l’on avance, le chemin se rétrécit et on ne peut souvent avancer que l’un à la suite de l’autre. Prisonnier de ces roches ondulantes formant un décor un peu magique, on finit par perdre la notion du temps. On retrouvera finalement le soleil plus d’une heure après, encore charmés par ce lieu insolite.

Pas du tout dans les temps prévus en début de journée, on débarque à Bryce Canyon vers 16h. Sur le bord de la route, quelques rencontres nous surprennent et on retrouve avec joie les petits écureuils qui peuplent les forêts américaines. Vu l’heure et avant d’opter pour une soirée rodéo, on s’autorise une pause shopping dans les quelques boutiques qui bordent la rue principale. On passe d’ailleurs un certain temps à fouiner dans le Rock shop où s’accumulent bois pétrifié, œufs de dinosaures et pierres aux motifs ondulés.

A 19h, installés dans les gradins avec des dizaines d’autres touristes, on se prépare à découvrir (en version parc à thème sans doute) une part de folklore made in USA. Sur la piste, toute une petite famille trottine en attendant le début du spectacle. Soudain, l’hymne national résonne, les drapeaux font un tour de piste et chacun se lève respectueusement…. les épreuves commencent. Les premiers courageux se lancent sur le dos de chevaux contrariés et finissent par voler dans le sable au bout de quelques secondes. Cette première épreuve terminée, les enfants entrent en scène, pas effrayés pour deux sous et encouragés par des parents survoltés. On les retrouve avec surprise agrippés comme ils peuvent sur le dos de moutons aux toisons bien fournies. Trois cavalières se disputent ensuite la victoire d’une course d’obstacles avant de laisser la place à d’énormes taureaux peu disposés à se faire monter. Quelques locaux audacieux tentent ainsi de faire un tour de piste sans se faire désarçonner et nous font, au passage, de belles frayeurs. Le spectacle s’achève sur une épreuve de lasso qui nous divise davantage mais qui, sans aucun doute, fait partie intégrante de cette culture de l’Ouest. Hi haaaa !

Coté pratique

Le logement

Best Western PLUS Ruby’s Inn 3 étoiles, 26 South Main Street, Bryce Canyon, UT 84764
Réservé avec une réduction de près de 30% sur booking, le Ruby’s a l’avantage d’être extrêmement bien placé à l’entrée de Bryce. Petit déjeuner non compris mais général store disponible sur place.

Les visites

Lower Antelope Canyon
Visite d’environ 2h, $33. visite guidée via Dixie Ellis’ Lower Antelope Canyon Tours. Réservation : https://antelopelowercanyon.com/. Nous avions réservé pour 8h50 et il aura fallu presque une heure d’attente pour atteindre le canyon. La lumière étant maximum entre 10h et 14h, ce décalage tombait finalement plutôt bien !
Coordonnées GPS 36.54.04.7 N 111.24.37.7 W.

Ruby’s Inn Rodeo Grounds, Central street, Bryce, UT 84764
$13 par adulte, du mercredi au samedi. Spectacle à 19h, réservation avant 17h.

Les repas

Dans un cadre un peu cantine, les pizzas sont garnies à la demande. On se fait surprendre par les proportions des pizzas « moyennes » au point de tous repartir avec notre doggybag. Prix très raisonnables vu qu’on mange pour deux repas…

Lever de soleil à Monument Valley

1er août 2017

Le ciel rosit à peine quand nous sortons sur la terrasse enroulés dans nos couvertures, installés comme de petits vieux sur nos chaises avec thés et cafés à la main. Une douce lumière baigne la vallée et les mesas face à nous. Dans un silence confortable, les minutes passent et la scène se contraste. Les premiers rayons du soleil percent au loin et dessine les contours de quelques nuages perdus au milieu d’un ciel rougeoyant. Derrière nous, les falaises prennent aussi des couleurs flamboyantes. Le spectacle est grandiose, l’instant presque magique. On reste encore un peu là, sans un mot, le temps de graver ce souvenir dans nos mémoires avant de regagner l’intérieur de notre cocon.

Sortes de mythes posés comme par magie au milieu d’immenses étendues de poussière orange, d’immenses monolithes forment ce paysage encré dans l’imaginaire collectif. Tout ici rappelle l’Ouest, les indiens, les cowboys et Lucky Luke… En plein territoire des Navajos, Monument Valley est un incontournable.

Un premier arrêt au lookout à proximité du visitor center et de l’hôtel The View donne une vision bien plus impressionnante que celle que nous avions depuis la terrasse. West Mitten, East Mitten et Merrick Buttes plantent le décor. Plusieurs options s’offrent aux visiteurs de Monument Valley. La Valley Drive, cabossée et pleine de sable, fait le tour de la plupart des formations rocheuses marquantes du parc mais pour sortir dans sentiers battus, des excursions proposent d’emprunter des voies autorisées seulement en présence des indiens de la réserve. Certains optent pour le tour en voiture alors que d’autres s’offrent une balade à cheval.

Headband tressé sur place dans les cheveux et juchée sur un mustang blanc comme neige, il est facile de se prendre au jeu. A la file indienne (c’est le cas de le dire !), on suit un vieil homme aux cheveux longs un peu déjanté qui nous entraine loin de la route derrière les dunes de sable. Le paysage change totalement, plus coloré, plus varié. On remonte un petit cours d’eau entouré de verdure où se croisent vaches et chevaux sauvages. Un petit poulain pointe même le bout de son nez. Notre guide nous raconte quelques anecdotes sur l’utilisation des plantes, le rapport avec les animaux… et les scènes de cinéma tournées entre deux rochers. Quand une photo de groupe est proposée, on le regarde avec angoisse partir au galop, une main sur les rênes, l’autre tenant mon appareil photo dans le vide, négligemment suspendu au bout des doigts. Après une heure et demi de balade que l’on ne voit pas passer, nous voilà revenus au point de départ, charmés de cette visite. Les circuits de randonnée étant fermés aux randonneurs en raison des fortes chaleurs, nous reprenons la route après une grosse demi journée sur place.

Il faudra deux nouvelles heures de route pour rejoindre Page sur les rives du lake Powell. En sortant de la voiture, la chaleur se fait à nouveau ressentir. Un tout petit sentier prend naissance à l’entrée de la ville et permet de rejoindre Horseshoe Bend, nouvelle curiosité géologique star des fonds d’écran Windows. Les premiers mètres se font les pieds dans le sable avant de descendre doucement vers le bord. 300 mètres plus bas, les rives du Colorado forment de curieux méandres bleus-verts. Le vide est directement sous nos pieds et seuls de discrets panneaux signalent que l’approche du bord est déconseillé en raison de la porosité de la roche… On prend quelques photos souvenirs avant de regagner l’hôtel dont la piscine est la meilleure récompense de la soirée.

Coté pratique

Le logement

Travelodge Page, 207 North Lake Powell Boulevard, Page, AZ 86040
Un motel sans rien de particulier si ce n’est son emplacement central en ville et sa piscine, agréable après une journée de forte chaleur.

Les visites

Monument Valley
Le parc est la propriété des indiens navajos donc le pass « America The Beautiful » n’est pas accepté, entrée à $20 par véhicule qui permet d’accéder au parc également le lendemain. La Valley Drive est ouverte de 6h à 20h30 de mai à septembre et de 8hà 16h30 d’octobre à avril.

Balade à cheval
Balade à cheval d’une durée une heure et demi (pour 90$) avec Roy Black Guided Tours. Avec ou sans réservation https://www.royblackguidedtours.com/

HorseshoeBend
De Page, prendre l’US89 vers le Sud. L’entrée du parking est à 1.5 miles après le croisement avec l’AZ98 sur la droite.

Les repas


Pour un peu de fraicheur après une journée de forte chaleur. On fait plus local mais les plats sont plutôt bons.

Grand Canyon

31 Juillet 2017

Notre périple reprend un cours plus classique ce matin là. Loin des réserves indiennes perdues au milieu de nul part, nous voilà sur la très passante route vers le non moins célèbre Grand Canyon. Fort de son succès, le parc national a dû s’équiper en conséquence et l’entrée ressemble à une gare de péage où patientent les voitures… et les bus. Cela ne semble pas déranger le moins du monde les wapitis qui font leur vie dans les bosquets aux abords du bitume. Comme tous les touristes, nous avons choisi de visiter la rive Sud du parc où les infrastructures ont été prévues en conséquence. Le changement est donc un peu brutal. Des cars entiers arrivent sur des parkings immenses déjà plein de voitures. Le train déverse une foule de passagers à la gare et déjà le système de navettes est pris d’assaut. Les chutes d’Havasu qu’il faut mériter à coup de kilomètres de marche sont bien loin.

On s’arrête donc à Grand Canyon village où sont regroupés restaurants, hôtels, supermarchés, banque, poste et bibliothèque. Tout le secteur est équipé de trois lignes de bus gratuites afin de limiter l’usage de la voiture et de préserver, un peu, l’espace naturel. Après quelques minutes d’attente, on embarque nous aussi dans une navette à destination d’Hermists Rest pour un peu de randonnée et un retour jusqu’au village. Le Rim Trail choisi longe ainsi le canyon sur plus de 21km et permet de passer de points de vue en points de vue presque sans effort.

A l’ouest de la rive, le canyon est particulièrement profond et donne d’ailleurs son nom, The Abyss, a un des points de vue traversé. C’est aussi le secteur le moins fréquenté car il est le plus éloigné du village. On est finalement assez seul sur ce chemin très aménagé et partiellement ombragé qui longe, parfois de près, ces grandes falaises. En contrebas, les méandres du Colorado rougi par toutes les pluies des jours précédents apparaissent de temps à autre. Les vues se succèdent et se ressemblent finalement beaucoup jusqu’à Powell Point, un peu plus aménagé et qui semble avancer dans le vide. De là, on observe le Bright Angel Trail qui s’enfonce dans le canyon en zigzagant. Réputé comme particulièrement éprouvant, il apparait soudain bien plus attrayant que notre petit parcours de santé.

A l’approche du village, les visiteurs s’amoncellent à nouveau autour du market. On y fait nous aussi escale pour le déjeuner avant de repartir vers les voitures, finalement un peu déçus de ne pas avoir été renversés par la vue. Avant de rejoindre Monument Valley, on opte néanmoins pour un nouvel arrêt sur les rives du Grand Canyon, coté Est cette fois. La Desert View Watchtower, construite selon une architecture inspirée par les indiens, s’élève toute en pierre au bord du gouffre. L’intérieur est peint de multiples fresques qui s’envolent jusqu’au sommet. Avec ses 21 mètres de haut, la tour d’observation offre une vue sur une bonne partie du parc et sur les Vermilion Cliffs au Nord. Marquant la fin de notre visite, cette halte aura sans doute été la plus séduisante du parc.

Les deux heures et demi qui suivent sont pleines de couleurs. Au dessus de nos têtes, le ciel est plus que changeant. Les nuages y dessinent des formes curieuses et baignent le paysage de lumières ondoyantes. A notre arrivée, le soleil se couche discrètement sur Monument Valley et colore la pierre de nuances pastelles. Il fait presque nuit quand nous prenons possession des deux petites maisons individuelles, flambant neuves et toutes équipées, qui nous hébergeront ce soir. Après un repas des plus copieux, on passera finalement un long moment dans la nuit noire, trépied et appareil photo à la main pour capturer les milliers d’étoiles luisant dans le ciel avec plus ou moins de succès. Que la nuit est belle à Monument Valley…

Coté pratique

Le logement

Goulding’s Lodge, 1000 Main Street, Monument Valley, UT 84536
Il y a peu d’hôtels à Monument Valley et seuls deux proposent une vue sur les mesas au lever du soleil. Goulding est l’un d’entre eux. Même si le tarif est élevé, le moment est inoubliable.

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Les visites

Randonnée le long d’Hermit Road
De Hermits Rest à Monument Creek Vista : 2 à 3h ; 11 km ; niveau facile, possibilité de raccourcir si besoin avec les nombreux arrêts de navette

Desert View Watchtower, Grand Canyon Village, Arizona 86023
Ouvert tous les jours de 8h à 19h, horaires réduits en hiver.

Tous les documents pratiques pour le Grand Canyon sont ici: https://www.nps.gov/grca/planyourvisit/maps.htm

Les repas


Buffet de crudités et plats copieux dont la cuisine est orientée Nouveaux Mexique. Prix relativement importants.

Sur la route 66

28 juillet 2017

Faire de la route aux États-Unis est d’une facilité étonnante. On avale les kilomètres dans nos confortables SUV automatiques et armés de régulateurs sans vraiment se rendre compte des distances parcourues. Pourtant, et pour l’unique fois du séjour, les quelques 60 miles qui nous séparaient d’Amboy nous ont semblés interminables. Le bitume s’étend de façon rectiligne à perte de vue, les abords sont simplement déserts et poussiéreux et rien ne bouge. On se relaie en cours de route tant la concentration parait difficile à maintenir. Nous sommes seuls au monde.

La route 66 pointe finalement son nez après une heure de traversée du désert, comme un oasis abandonné du monde. Ambiance fantomatique dans cette vieille station essence du Roy’s Motel & Cafe. Le vent est chaud, la chaleur un peu assommante et la voiture affiche 115 degrés Fahrenheit. On prend quelques photos, on teste une root beer (sans alcool of course) avant de repartir vers Kingman sur une route heureusement plus animée.

Kingman passée, on retrouve la route 66 et son ambiance un peu particulière. Des trains immenses longent la route et semblent filer à l’infini, des rangées de boites aux lettres fleurissent au bord de l’asphalte sans que l’on devine pour autant de maisons dans ces grandes plaines. La fin de journée s’annonce et avec elle, de douces nuances repeignent le paysage.

On arrive un peu tard au Hackbery General Store, temple de la babiole estampillée route 66, qui a déjà fermé ses portes. Il n’y a plus qu’à jeter un œil aux vitres poussiéreuses avec curiosité avant de flâner le long des vieilles voitures et pompes à essence. On se fait par la même occasion un ami chat qui bronze sur le coffre d’une vieille voiture dans un silence absolu. Le décor est plein de charme, la lumière magnifique et on se félicite presque d’être arrivés en retard.

Encore 35 miles avant d’atteindre l’hôtel. Dans le rétroviseur, on observe le soleil qui s’efface lentement. Quelques gros nuages se forment et des orages éclatent partout autour de nous. Bien à l’abri, on devine les trainées de pluie qui s’abattent au dessus des canyons pendant que d’impressionnants éclairs fendent le ciel. Il fait nuit lorsque l’on arrive à l’hôtel. Par chance, le restaurant prolonge un peu l’ouverture rien que pour nous. On grignote en vitesse avant de préparer les sacs de randonnées et de filer au lit. Demain nous serons levés avant le soleil pour découvrir la plus incroyable des réserves.

30 Juillet 2017

Du fin fond de notre réserve indienne, deux choix s’offrent à nous pour le retour: partir aux aurores à pied ou prendre l’hélicoptère. On opte pour la seconde solution, à la fois pour profiter de l’expérience et pour recharger un peu les batteries avant une journée de route jusqu’au Grand Canyon.

Personne ne se bat pas pour prendre le volant au retour, achevés par cette longue attente. On grignote des restes de cookies et de barres de céréales pour se remettre un peu d’aplomb tout en regardant par la fenêtre, les yeux dans le vide. Dans les grandes plaines qui bordent la route, une antilope d’Amérique apparait au loin comme un fantôme. Elle nous regarde passer un instant et disparait tel un mirage. Le ciel s’assombrit et de nouveaux nuages sombres déversent des torrents de pluie au loin. On ferme doucement les yeux dans le silence de la route pour les rouvrir un peu avant Seligman.

En arrivant, on retrouve le vieux chemin de fer que nous avions déjà croisé près d’Hackberry. De nouveaux klaxons se font entendre, signalant l’arrivée de ces trains à rallonge dont l’Amérique à le secret. Ils longent la petite Seligman qui, plus qu’une ville, ressemble davantage à une longue avenue parsemée de motels et de boutiques à la gloire de la route 66. Autant de musées à ciel ouvert qui offrent une pause bienvenue pour la tête et les jambes. Dans un calme étonnant, on flâne avec curiosité entre les vieilles carcasses de voitures ou de camions, les anciennes pompes à essence et les gift shops qui croulent de souvenirs terriblement tentants et où chacun achète une bêtise inutile avec délice. On ne vit ici que grâce au tourisme et ça se sent. Les décors sont savamment mis en scène et on entretient avec soin une ambiance fifties. Avant de reprendre la route, le RoadRunner nous héberge le temps d’un repas plutôt sympa dans cette petite bourgade au charme désuet.

45 minutes plus tard apparait Williams, la plus dynamique des localités historiques de la Route 66 en Arizona. Célèbre pour avoir été la dernière à être encore traversée par la Route 66 originelle, Williams parait nettement plus encrée dans la vie actuelle que sa voisine Seligman. La rue principale est animée, baignée de la musique des restaurants et diners qui se sont installés entre les magasins et les panneaux vintage. Vu l’heure, on n’y passe qu’un bref instant, plus court que l’on aurait pu le souhaiter, juste le temps de s’imprégner un peu de l’ambiance. En repartant, on passe devant la gare où trône The Train, vieille machine de métal tirée par une locomotive à vapeur à l’aspect tout aussi ancien.

Arrivés à l’hôtel en toute fin de soirée sous un ciel toujours plus menaçant, une bonne surprise nous attend: un surclassement pour toutes nos chambres. Après avoir déposé les valises et lancé un pari idiot, on court vers la piscine, plus que fraîche, pour terminer cette longue journée.

Coté pratique

Le logement

Grand Canyon Inn and Motel, 317 South State Route 64, Val, AZ 86046
Un point de départ proche du Grand Canyon avec piscine. Petit déjeuner non inclus mais proposé à la carte.

Les visites

Roy’s Gasoline, 87520 National Trails Hwy, Amboy, CA 92304
Pour l’expérience de la route 66

Hackberry general store, 11255 E Hwy 66, Hackberry, Kingman, AZ 86411
Ouvert tous les jours, du lundi au dimanche. De 9 h à 18 h d’avril à octobre, de 10 h à 17 h de novembre à mars

Les repas

RoadRunner, 22330 West Old Highway 66, Seligman, AZ 86337-0805