Vers la Sierra Nevada

7 août 2017

Le soleil se lève sur Death Valley et réchauffe dès le matin une atmosphère qui, à la réflexion, ne s’était pas vraiment refroidie. Il est encore tôt et une légère brume semble, par endroit, flotter au dessus du sol. A deux pas de l’hôtel, d’intrigantes dunes de sables se laissent finalement découvrir. Dans la nuit noire de la veille, on aurait été bien incapable de les distinguer. Les dunes dansent devant les montagnes alentours, déjà maculées de traces de pas. On n’ose finalement pas s’aventurer bien loin, un peu inquiets de cette chaleur et de toute la route prévue aujourd’hui. On savoure simplement la découverte d’un paysage que beaucoup n’avaient encore jamais vu. Death Valley est décidément riche de surprises.

Entre la Vallée de la mort et le Yosemite, les monts enneigés fendent le ciel bleu entachés de quelques nuages. Près de Lone Pine, les Alabama hills paraissent abandonnées du reste du monde. Terre de western aux airs de Joshua Tree, ce paysage rocailleux tout en rondeur nous accueille pour une courte balade où nous ne sommes, une fois encore, pas dérangés par la foule. L’endroit est réputé pour avoir servi de décors à des centaines de films de cowboys et de ruées vers l’or et on découvre cet univers de contraste et de couleurs sur quelques kilomètres à peine. Quelques arches se dissimulent ici ou là au détour d’un virage ou au hasard d’un regard.

La ville voisine de Lone Pine nous laisse, elle, complètement de marbre. Elle ne représentera finalement qu’une étape pour le plein d’essence et une pause goûter (ou plutôt petit-déjeuner n°2… il faut bien ça).

De grands champs peuplés de vaches égayent le chemin jusqu’à Lee Vining où nous poserons nos bagages. Le paysage reprend des couleurs et on retrouve finalement du vert partout: on avait presque oublié que cette couleur existait. Bientôt, des forêts se dessinent sur les abords de la route et notre univers change radicalement. On s’arrête un moment dans notre motel avec vue sur le Mono Lake, le temps de déposer les valises et de faire connaissance avec notre voisin chat qui ronronne doucement dans nos jambes. Certains se laissent tomber sur le lit pendant que d’autres admirent la vue depuis la terrasse, accompagnés de notre nouveau compagnon à quatre pattes. Un peu reposés, on reprend finalement notre parcours vers des sources chaudes naturelles dont la simple pensée suffit à remotiver les troupes.

La route tournicote jusqu’aux Travertine Hot Springs, à peine signalées par un parking recouvert de poussière. Armés de maillots et de serviettes, on tombe rapidement sur le premier bassin, tout petit et déjà occupé par un vieux monsieur uniquement vêtu d’un chapeau. Il nous adresse un geste et un sourire sympathique qui ne nous encourage pas pour autant à venir partager cet espace étroit. Le second point d’eau forme trois petits bassins où pataugent quelques gamins. Par curiosité, on pousse jusqu’au troisième dissimulé dans les broussailles. Celui ci aussi est occupé par un vieil homme à la peau tannée par le soleil qui a choisi de remplacer le Stetson par une bière (pour le reste, on a pas voulu vérifier…). On retourne finalement au deuxième point d’eau et, par chance, nous sommes seuls au bout de quelques minutes. L’eau chaude détend tous les muscles sollicités ces quinze derniers jours et procure une douce sensation de bien être. Assis dans nos bassins avec vue sur les sommets de la Sierra Nevada, on savoure l’instant. Un guitariste arrive finalement armés de ses trois mots de français et monte se percher sur la roche. Quelques accords brisent le silence et précèdent une douce chanson folk.

Notre dernière session de voiture pour la journée nous ramène vers les bords du Mono Lake où la lumière prend des tons plus doux. Ce grand lac d’eau salée héberge d’étranges cheminées blanches figées au bord de l’eau. Les tuffas, concrétions calcaires, sont accessibles par un petit chemin qui longe le lac avant de serpenter dans des grands buissons fleuris. Les mouettes volent au dessus de nos têtes, au revoir le désert.

Coté pratique

Le logement

Jolie vue sur le lac depuis la terrasse.

Les visites

  • Alabama Hills, Arch Trail – Mobius Arch

Accès: Depuis l’embranchement entre la Whitney Portal Rd et la Movie Rd, suivre cette dernière sur environ 2.5 km. On aboutit à un Y, prendre à droite et garer la voiture au niveau d’un large renfoncement immédiatement sur la gauche. Le sentier part de derrière le parking et est signalé par des cailloux bordant celui-ci (seul sentier du parc).

  • Travertine Hot Springs, sources chaudes naturelles de Bridgeport

Jack Sawyer Rd, Bridgeport, Californie. Latitude : 38.247019, Longitude : -119.203811. Pour les accès, le mieux est encore de jeter un œil ici: http://www.lostintheusa.fr/planifier/poi/26844/travertine-hot-springs-sources-chaudes-bridgeport-californie/

Las Vegas et Death Valley

6 août 2017

Sur le Strip grouillant de monde, les casinos aux décors extravagants se succèdent le long d’une avenue qui parait sans fin. Chaque hôtel-casino affiche son histoire, son identité et sa personnalité. Il y a tellement à voir qu’on avance à une lenteur affolante, trop occupés à pousser des portes et à se perdre dans des allées aux mille et unes curiosités: spectacles, œuvres d’art, boutiques farfelues et passants étranges prennent place entre les innombrables machines à sous et les tables de jeux.

Face à nous trône le Bellagio, son plafond de verre aux mille fleurs, ses allées de marbre et son Conservatory & Botanical Gardens plein d’élégance. On y trouve au passage la plus grande fontaine de chocolat du monde qui s’écoule derrière des parois de verre. L’occasion d’une bonne pâtisserie à la française car il faut bien admettre que les américains ne brillent pas par le raffinement de leurs gâteaux.

Le Caesars Palace voisin, dans lequel on se retrouve sans trop savoir comment, déborde de statues romaines et de dorures tout comme le Venetian, rutilant, avec ses gondoles et son Grand Canal artificiel abrités par un ciel artificiel presque troublant de réalisme. Cette Italie en carton pâte est finalement assez réussie.

On remonte ensuite vers le Flamingo tout de rose vêtu (où quelques flamands s’ébattent tranquillement dans un décor tropical) avant de pousser jusqu’au NewYork NewYork pour un tour de montagne russe dans des petits taxis jaunes d’où la vue sur le Strip est imprenable. Une improbable crêpe débordant de lemoncurd plus tard, il est déjà l’heure de prendre la route alors qu’on a à peine commencé à explorer la ville… à croire que l’on a largement sous estimé le temps à passer dans ce lieu à part. On se promet donc de revenir un jour pour découvrir toutes les surprises que réserve cet endroit hors norme.

Point le plus chaud, le plus aride et le plus bas sous le niveau de la mer des États-Unis, Death Valley est le désert des superlatifs… autant dire qu’on ne pouvait pas rater ça. On quitte donc Las Vegas un peu en urgence tant le temps est passé vite… Dans la précipitation, nos deux voitures se dispersent et ne se retrouveront finalement qu’à l’hôtel une fois la nuit tombée. Parce que oui, dans la vallée de la mort, il n’est pas utile d’espérer téléphoner… l’endroit perdrait de son charme. Nous voilà donc de nouveau sur la route à l’heure où la chaleur tombe un peu, en théorie.

Death Valley. Rien que le son est mythique. Avec un nom pareil, on s’attendait à un endroit morne et triste: il n’en est rien. Les paysages sont vallonnés, étonnamment colorés et parfois même recouverts de végétation. La première de nos voitures opte pour Dante’s View, son sol rouge et sa vue spectaculaire sur la vallée. Charmés par l’endroit, ses occupants y resteront pour admirer le coucher du soleil (merci François pour les photos !)

De notre côté, on choisit Zabriskie Point que le soleil couvre d’une douce lumière. Les collines blanches et sèches ondulent curieusement dans ce paysage où rien ne bouge. Le thermomètre s’affole toujours à cette heure déjà tardive mais peu importe, le décor est fascinant sous ses lueurs rosées. Avant qu’il ne fasse nuit, on se presse vers une dernière étape immanquable à nos yeux : à -86 mètres sous le niveau de la mer, Badwater nous attend.

Cette immense étendue de sel éblouit même à cette heure. Le thermomètre augmente encore et on retrouve cette étrange impression de passer au sèche-cheveux en sortant de la voiture. Nous sommes presque seuls, les touristes semblent avoir déserté la zone avant la nuit. L’air est sec, le sel craque sous nos pieds et on dépasse les 100°F dans un silence assourdissant.  On se sent un peu abandonnés du reste du monde en evoluant dans cette ambiance irréelle. Derrière nous, une pancarte fixée sur la montagne marque le niveau de la mer et accentue notre impression d’être tout petit. Le soleil passe définitivement derrière la roche qui se couvre de brume et nous prenons une dernière fois la route pour notre hôtel au cœur de Death Valley.

Il fait nuit noire quand nous arrivons dans un décor de pierres et de bois où des rocking chairs patientent près d’un feu. La petite troupe étant cette fois réunie, le restaurant nous accueille dans une ambiance plutôt chaleureuse. Après la joyeuse agitation de Las Vegas, la douceur de ce parc hors norme est un délice. Rassasiés, on se retrouve à près de minuit dans une piscine encore chaude depuis laquelle nous n’avons qu’à lever la tête pour observer les étoiles. Magie des US quand tu nous tiens.

Coté pratique

Le logement

  • Stovepipe Wells Village Hotel, 51880 CA-190, DEATH VALLEY, CA 92328

Restaurant sur place et piscine ouverte jusqu’à minuit !

Les visites

  • Death Valley National Park

Pass America the Beautiful accepté
Tous les documents pratiques pour le parc sont ici: https://www.nps.gov/deva/planyourvisit/maps.htm