Retour à l’Ouest

16 Juin 2018

Moins d’un an après notre premier périple, mon fidèle sac à dos et moi même sommes de nouveau à l’aéroport, égayés d’un petit porte-clés élan dont la mission est de nous porter chance. Comme à chaque fois, l’impatience grandit à mesure que les avions roulent sur l’asphalte de l’autre côté de la vitre. Les hôtesses appellent via les micros. Une fois. Deux fois. Trop de fois. Enfin notre tour arrive.

On s’installe, on ferme les yeux et New-York semble apparaitre aussitôt à travers le hublot. On retrouve les pâles silhouettes des gratte-ciels dans la brume bleutée qui recouvre la ville. Le rituel de la douane se passe cette fois sans encombre et on laisse nos valises dans un coin pour notre nouvelle destination. Bientôt l’Ouest.

Vegas est sous nos pieds. On observe les alentours arides et poussiéreux avant de nommer les hôtels du Strip tellement reconnaissables. La clim tourne à plein régime mais l’aéroport est calme et tranquille. Rien à voir avec le souvenir remuant des rues blingbling de l’an passé. Les valises arrivent rapidement. Une. Deux. Cent. Puis rien. Jamais la mienne. La petite maligne est restée à New-York….

17 Juin 2018

Il est 6h et ma valise est là. Comme par magie, elle est apparue dans le hall d’entrée du motel au pied d’une vieille bonne-femme en pyjama. Comme un matin de Noël, je saute comme une enfant. Ma valise est revenue.

On quitte rapidement St Georges après avoir fait le plein de pompotes et de barres de céréales, base de notre régime alimentaire de roadtripers. Une première journée de route débute au travers d’immenses terres désolées, collines verdoyantes ou prairies d’herbes hautes où broutent les troupeaux de nombreux ranchs. Les kilomètres défilent dans le rétroviseur au rythme des camions clinquants et d’innombrables SUVs. Mon copilote immortalise l’instant sous toutes ses formes, de la série d’images un peu aléatoire aux coups de crayons sur son calepin.

Le Red Rock Canyon apparait finalement avec ses terres aux ocres intenses et, soudain, l’Ouest est à nous. L’air chaud s’engouffre par la fenêtre et couvre les notes d’AC/DC. Sur les traces de notre ancien périple, on repasse devant le Ruby’s avant de s’enfoncer dans Bryce. Faute de temps, on se contente d’une traversée en voiture vers le Rainbow Point qui offre une vue sur toute la vallée. Plus loin, sur Inspiration Point, les visiteurs ouvrent grand les yeux devant cet immense amphithéâtre aux formes élancées.

Une petite route perdue dans d’immenses espaces vides nous conduit à Capitol Reef. Nous sommes seuls, incroyablement seuls. A l’approche du parc, d’improbables étendues d’herbe verte bordées de barrières blanches immaculées transforment le décor. On traverse des villes tranquilles au gazon millimétré et aux pots de fleurs bien rangés. En toile de fond, les couleurs de Capitol Reef se devinent déjà. Le pays de la montagne arc en ciel porte bien son nom. Le spectacle offert par la route nous en met plein la vue. Des nuances d’ocre, de rouge, de rose, de gris, de blanc et même de violet s’entremêlent avec harmonie. La végétation de toutes formes se pare d’un camaïeu de vert étonnant. On s’arrêterait tous les 100 mètres pour immortaliser ses reliefs majestueux. A cette heure, le visitor center est déjà fermé. Nous avons juste le temps d’observer les pétroglyphs, vestiges d’un temps passé gravés dans la roche, avant de traverser Fruita et de rejoindre la Gifford Farmhouse.

Tout au long du chemin, les arbres sont chargés de fruits qui manquent encore un peu de soleil. Les branches des plus gros abricotiers que j’ai pu voir croulent sous le poids des fruits. Les cerfs mulets se reposent sous leur ombre ou gambadent par petits groupes sur les chemins désertés. Devant la veille ferme en bois, les marmottes courent dans l’herbe et explorent la bâtisse comme si nous n’existions pas.

Vers 19h, il n’y a plus que le bruit d’un vague courant d’air dans les feuillages. Sous les derniers rayons chauds du soleil, on réalise que l’on est déjà partis très loin…

Coté pratique

Le logement

  • Aquarius Inn, 292 West Main Street, Bicknell, UT 84715

Un motel classique situé avant Torrey sur la route de Capitol Reef. Pas de petit déjeuner mais piscine et jacuzzi ouverts jusqu’à 23h !

Les visites

  • Bryce Canyon National Park

Pass América the Beautiful accepté

  • Capitol Reef National Park

Pass América the Beautiful accepté

Les repas

  • The Rim Rock Restaurant, 2523 UT-24, Torrey, UT 84775

Des baies vitrées avec vue sur Capitol Reef font le tour de ce restaurant de bois et de pierre. Un bon repas dans un beau décor !

Las Vegas et Death Valley

6 août 2017

Sur le Strip grouillant de monde, les casinos aux décors extravagants se succèdent le long d’une avenue qui parait sans fin. Chaque hôtel-casino affiche son histoire, son identité et sa personnalité. Il y a tellement à voir qu’on avance à une lenteur affolante, trop occupés à pousser des portes et à se perdre dans des allées aux mille et unes curiosités: spectacles, œuvres d’art, boutiques farfelues et passants étranges prennent place entre les innombrables machines à sous et les tables de jeux.

Face à nous trône le Bellagio, son plafond de verre aux mille fleurs, ses allées de marbre et son Conservatory & Botanical Gardens plein d’élégance. On y trouve au passage la plus grande fontaine de chocolat du monde qui s’écoule derrière des parois de verre. L’occasion d’une bonne pâtisserie à la française car il faut bien admettre que les américains ne brillent pas par le raffinement de leurs gâteaux.

Le Caesars Palace voisin, dans lequel on se retrouve sans trop savoir comment, déborde de statues romaines et de dorures tout comme le Venetian, rutilant, avec ses gondoles et son Grand Canal artificiel abrités par un ciel artificiel presque troublant de réalisme. Cette Italie en carton pâte est finalement assez réussie.

On remonte ensuite vers le Flamingo tout de rose vêtu (où quelques flamands s’ébattent tranquillement dans un décor tropical) avant de pousser jusqu’au NewYork NewYork pour un tour de montagne russe dans des petits taxis jaunes d’où la vue sur le Strip est imprenable. Une improbable crêpe débordant de lemoncurd plus tard, il est déjà l’heure de prendre la route alors qu’on a à peine commencé à explorer la ville… à croire que l’on a largement sous estimé le temps à passer dans ce lieu à part. On se promet donc de revenir un jour pour découvrir toutes les surprises que réserve cet endroit hors norme.

Point le plus chaud, le plus aride et le plus bas sous le niveau de la mer des États-Unis, Death Valley est le désert des superlatifs… autant dire qu’on ne pouvait pas rater ça. On quitte donc Las Vegas un peu en urgence tant le temps est passé vite… Dans la précipitation, nos deux voitures se dispersent et ne se retrouveront finalement qu’à l’hôtel une fois la nuit tombée. Parce que oui, dans la vallée de la mort, il n’est pas utile d’espérer téléphoner… l’endroit perdrait de son charme. Nous voilà donc de nouveau sur la route à l’heure où la chaleur tombe un peu, en théorie.

Death Valley. Rien que le son est mythique. Avec un nom pareil, on s’attendait à un endroit morne et triste: il n’en est rien. Les paysages sont vallonnés, étonnamment colorés et parfois même recouverts de végétation. La première de nos voitures opte pour Dante’s View, son sol rouge et sa vue spectaculaire sur la vallée. Charmés par l’endroit, ses occupants y resteront pour admirer le coucher du soleil (merci François pour les photos !)

De notre côté, on choisit Zabriskie Point que le soleil couvre d’une douce lumière. Les collines blanches et sèches ondulent curieusement dans ce paysage où rien ne bouge. Le thermomètre s’affole toujours à cette heure déjà tardive mais peu importe, le décor est fascinant sous ses lueurs rosées. Avant qu’il ne fasse nuit, on se presse vers une dernière étape immanquable à nos yeux : à -86 mètres sous le niveau de la mer, Badwater nous attend.

Cette immense étendue de sel éblouit même à cette heure. Le thermomètre augmente encore et on retrouve cette étrange impression de passer au sèche-cheveux en sortant de la voiture. Nous sommes presque seuls, les touristes semblent avoir déserté la zone avant la nuit. L’air est sec, le sel craque sous nos pieds et on dépasse les 100°F dans un silence assourdissant.  On se sent un peu abandonnés du reste du monde en evoluant dans cette ambiance irréelle. Derrière nous, une pancarte fixée sur la montagne marque le niveau de la mer et accentue notre impression d’être tout petit. Le soleil passe définitivement derrière la roche qui se couvre de brume et nous prenons une dernière fois la route pour notre hôtel au cœur de Death Valley.

Il fait nuit noire quand nous arrivons dans un décor de pierres et de bois où des rocking chairs patientent près d’un feu. La petite troupe étant cette fois réunie, le restaurant nous accueille dans une ambiance plutôt chaleureuse. Après la joyeuse agitation de Las Vegas, la douceur de ce parc hors norme est un délice. Rassasiés, on se retrouve à près de minuit dans une piscine encore chaude depuis laquelle nous n’avons qu’à lever la tête pour observer les étoiles. Magie des US quand tu nous tiens.

Coté pratique

Le logement

  • Stovepipe Wells Village Hotel, 51880 CA-190, DEATH VALLEY, CA 92328

Restaurant sur place et piscine ouverte jusqu’à minuit !

Les visites

  • Death Valley National Park

Pass America the Beautiful accepté
Tous les documents pratiques pour le parc sont ici: https://www.nps.gov/deva/planyourvisit/maps.htm

Valley of Fire

5 août 2017

Le soleil est à peine levé sur Overton quand nous démarrons les voitures pour une nouvelle journée de périple. Valley of Fire, étape nature du jour, est réputée pour bien porter son nom: l’été, les températures deviennent vite insupportables. Sur le papier, la Vallée de Feu a pourtant tout pour elle: immense palette de couleurs, arches, pétroglyphes, canyons et faune locale. On opte donc pour un départ anticipé afin de profiter encore un peu des grands espaces avant d’arriver à Las Vegas.

Jusqu’à l’entrée du parc, la route traverse un paysage aride que les lumières du matin adoucissent un peu. A quelques miles de l’arrivée, les premières nuances de couleurs apparaissent et redonnent vie au décor. On s’arrête à l’entrée pour laisser $10 dans une enveloppe et découvrir les premières curiosités. A quelques pas du parking, un rocher aux allures d’éléphant marque le début de la visite pendant qu’un bighorn solitaire nous observe un peu plus loin dans un silence absolu. Nous sommes seuls et la magie des parcs américains opère à nouveau.

La scenic drive, comme toujours, est un spectacle de formes, de couleurs et d’ambiances. Le ciel arbore mille nuances, la route semble infinie et on sent déjà que cet endroit nous marquera. Un peu contraint par le temps, nous choisissons la randonnée la plus emblématique du parc, la Fire Wave. Les premiers pas se font les pieds dans le sable déjà chaud entre quelques arbustes et cactus. Au premier virage, on est plongé dans un décor multicolore qui semble défier les lois de la géologie. Le sentier disparait progressivement au profit de cairns disséminés dans la roche qui mènent sans effort à la vague colorée. On s’y installe quelques minutes, un peu assommés par ce climat désertique mais, surtout, fascinés par ce décor improbable.

Sur le chemin du retour, on hésite un moment à se lancer à la recherche de grottes armés de coordonnées GPS. Face à un TomTom récalcitrant et à des estomacs qui crient famine, on reprend finalement la route pour profiter de la machine à gaufres de l’hôtel qui nous attend sagement. De nouveaux points de vue apparaissent sur le chemin et on se félicite vraiment d’être partis tôt pour explorer ce parc magnifique. Aux États-Unis plus qu’ailleurs, le monde appartient vraiment à ceux qui se lèvent tôt.

L’arrivée à Las Vegas nous ramène un peu brutalement à la civilisation. Routes immenses et bâtiments à perte de vue… on avait presque oublié que les immeubles existaient. Pourtant, on se surprend vite à repérer les grands hôtels-casinos évoqués dans les guides et qui défilent sur le bord de la route. Avant de commencer les visites, on s’autorise une pause shopping dans un outlet pour quelques achats qui achèvent de remplir nos valises déjà bien chargées. Quelques deux heures, quatre détours et trois entrées de parking plus tard (la circulation dans les grandes villes n’est décidément pas notre point fort) nous voilà devant les portes du Bally’s où une flopée de touristes attend sa chambre. Juste derrière l’accueil, les machines à sous clignotent et envahissent tout l’espace. Les lumières donnent l’étrange impression de ne plus savoir où l’on est.

Une balade rapide sur le Strip nous donne un aperçu de cette ville où tout semble démesuré. Cette sorte de Disneyland pour adulte que j’étais, il faut bien le dire, persuadée d’avance de ne pas aimer, étonne et éveille la curiosité. On voudrait pouvoir explorer tous les hôtels aux décors chaque fois différents et se perdre dans les allées des casinos qui traversent d’un bâtiment à l’autre. Ambiance parisienne, italienne, new yorkaise… tout y passe. Avant de partir à l’assaut des casinos, un détour dans le downtown nous attend pour une visite un peu originale et un bond dans le passé… direction le musée du néon !

Temple des enseignes vintage et véritable bout d’histoire, le musée du néon expose des centaines de panneaux lumineux ayant fait le succès de motels ou de casinos. En petits groupes, un bénévole nous entraine dans les allées colorées du musée qui s’éclairent à mesure que la nuit tombe. Pendant près d’une heure, on circule dans cette bulle en écoutant plus ou moins attentivement notre guide qui y va chaque fois de se petite anecdote. Avec un accent aussi marqué que le sien, difficile de se concentrer sur les histoires et sur les photos en même temps… Ce tas de ferraille sauvé de la casse par des amoureux de l’histoire de Las Vegas semble pourtant reprendre vie au cours de la visite. Un endroit plein de charme et de nostalgie, prélude parfait pour la suite de notre balade.

Avant de regagner le strip, la Fremont street nous tire de la tranquillité du musée. Foule compacte, musique à fond, néons dans tous les coins et plafond recouvert de millions d’ampoules et de lasers animent cette rue que certains remontent… en tyrolienne ! Les casinos voisins de notre hôtel débordent eux aussi d’animation. Le Bellagio et son spectacle de jets d’eau brillent de mille feux, la Tour Eiffel locale a revêtu sa robe de lumière et toutes les enseignes s’éclairent. On marche dans cet univers incroyable jusqu’au NewYork New York, sans doute mon préféré, où les rues de West Village ont été recréées avec leurs cafés et leurs petites boutiques. On y retrouve le pont de Brooklyn, les grattes ciels et une montagne russe digne de celles de Coney Island depuis lesquelles on écoute avec amusement quelques téméraires s’égosiller. Un peu déphasés, on finit par réaliser qu’il est déjà deux heures du matin. L’heure de retrouver le Bally’s qui semble aussi animé qu’à notre arrivée.

Coté pratique

Le logement

  • Bally’s Las Vegas Hotel & Casino, 3645 Las Vegas Boulevard South, Strip, Las Vegas, NV 89109

Las Vegas oblige, on a nous aussi voulu tester une nuit en casino. Les prix sont non négligeables et de nombreux frais supplémentaires sont souvent à ajouter. Notre verdict: pour une nuit l’intérêt est vraiment limité, on passe notre temps dehors à visiter et on ne profite finalement pas du tout de l’hôtel. Un motel bien placé représente sans doute un meilleur rapport qualité prix !

Les visites

  • Valley Of Fire State Park

Pass América the Beautiful non accepté, entrée $10 par voiture.
Tous les documents pratiques pour le parc sont ici: https://www.roadtrippin.fr/nevada/valley-fire/valley-fire.php

Pour la randonnée Fire wave: se garer au dernier petit parking en bord de route de la Scenic Drive juste avant d’atteindre White Domes (le terminus de la route).

  • Las Vegas Premium Outlets – South.

7400 Las Vegas Blvd S, Las Vegas, NV 89123-1000 (9h-20h)

  • Musée du néon, 770 N Las Vegas Blvd, Las Vegas, NV 89101

A réserver en ligne à l’avance http://www.neonmuseum.org/ , 1h, 10$. Les chances d’obtenir un billet en se rendant directement sur place sont presque nulles. Perches et trépieds interdits.