Le pick-up de Voila Moorea débarque de bon matin devant notre porte. Les yeux encore un peu embrumés et le soleil pas encore vraiment levé, on s’installe à l’arrière. Les cheveux battus par le vent, on roule un petit moment pour rejoindre le joli Taboo, petit voilier catamaran flashy mais intimiste et confortable qui nous permettra de découvrir le lagon aujourd’hui.
Bien installés sur le trampoline, on se laisse tranquillement porter sur le lagon désert à cette heure. En choisissant un départ matinal, on a la chance de laisser derrière nous toutes les autres excursions et les dizaines de bateaux qui ne tarderont pas à venir célébrer le 14 juillet sur les motus. Avec Marc, chemise à fleurs et grand chapeau de paille, on glisse sur les eaux tout en écoutant les histoires de l’île, les anecdotes historiques et les légendes entourant les baies. On aime beaucoup celle des hommes-tortues débarqués sur la plage de Vaihere et de la pieuvre géante réfugiée sur le mont Rotui.
Chassée par les Dieux, elle aurait déversée son encre dans la baie et appelé tous les nohu (poissons pierre) pour garder les lieux. On raconte aujourd’hui encore que les poissons vivant-là ne peuvent être pêchés car leur chair serait toujours empoisonnée par l’encre de la pieuvre. La baie aura d’ailleurs conservé un nom à l’image de la légende : Opunohu, littéralement ventre de poisson-pierre.
Bercés par le ronronnement du moteur et les explications de Marc, on observe le lagon à la recherche de tortues marines, sans succès pour cette fois. Taboo nous entraine le long des bungalows sur pilotis de l’Intercontinental pour une rencontre avec les requins pointe-noire et les raies pastenagues. Sous nos pieds, un incroyable bleu des mers du Sud est seulement troublé par la présence des silhouettes grises évoluant paisiblement. On nous donne quelques consignes puis il est l’heure de se jeter à l’eau.
On aura bien quelques secondes d’appréhension… puis la grâce des raies tournant autour de nous et la tranquillité des requins la font disparaitre. Ils sont là, à la fois proches et lointains, finalement pas si impressionnants et plutôt élégants. Les raies s’approchent, curieuses, formatées par des années de nourrissage régulier. Elles nous frôlent même parfois. Une belle expérience loin de la foule et dans le respect des animaux, parfaite pour approcher pour la première fois ces animaux à la si mauvaise, et complètement imméritée, réputation.
Le joli Taboo poursuit sa route vers un jardin de corail installé entre deux motus abritant bars et restaurants. A cet instant, rien ne bouge et pourtant, dans quelques heures, d’incroyables fêtes viendront réveiller les lieux.
On se jette vite à l’eau pour profiter de notre solitude. A peine mouillés, des nuées de poissons colorés se précipitent autour de nous, eux aussi sacrément bien éduqués. Les petits papillons, drôlement effrontés, viennent directement quémander au bout de nos doigts. On passe ici un cap par rapport au jardin de corail de Tahiti. Les coraux sont plus nombreux, plus beaux, sans doute plus peuplés aussi.
Notre dernier trajet nous emmène plus loin encore pour l’observation de tiki reconstitués par un artiste et coulés dans les eaux claires mais plus profondes du lagon. Représentations religieuses des Polynésiens, les tikis ont quasiment disparus, détruits par les premiers colons protestants. A l’époque, on les avait largués au large, face à la nouvelle église, pour faire passer un message on ne peut plus clair…
Sept tikis ont alors été reconstitués, simples représentations ou figures royales ainsi posées au fond de l’eau. On retrouve aussi un peu de corail, quelques poissons dont 3 petits poissons-vaches à l’allure bien particulière. En pleine séance de sauts et de plongeons, on recroise aussi notre famille du Sud, venue jeter l’ancre par hasard juste en face de nous. La Polynésie est bien petite !
Le coup de cœur de Ptit Jo
Notre première, et un peu émouvante rencontre avec les requins, pour une bonne dose de lutte contre les préjugés
Coté pratique
Les activités
Voila Moorea, G583+5X, Piha’ena 98728 Après une longue matinée sur le lagon, on rentre charmés par les lieux et ravis de cette expérience. On conseille sans aucune réserve Voila Moorea pour leur gentillesse et la qualité de la prestation. Taboo, en plus d’être particulièrement sympa, à l’immense avantage d’être conçu pour 8 personnes maximum ce qui permet une balade intime et à notre rythme. Notre départ matinal nous a également permis d’arriver systématiquement avant la foule sur les différents lieux de baignade. Que du bon à signaler !
Pour la demi-journée : Sortie partagée 8 500 XPF par adulte (environ 72€) Sortie privée : 62 000 XPF (environ 520€ pour 5 à 8 personnes)
Le logement
Te Ora Hau Ecolodge, Afareaitu PK 8, 2 c/ mer, 98728 On a adoré ce logement, tout simplement. La cuisine n’est pas très moderne mais ça n’a eu, à nos yeux, absolument aucune importance. Tout est charmant, l’emplacement exceptionnel (qui d’autre a des tortues de mer au fond de son jardin ?) et l’accueil parfait. Paddles et kayaks à disposition. Peut-être notre meilleur choix de logement jusqu’à présent.
On rejoint Moorea après une courte traversée en ferry depuis le port de Tahiti. L’île semble nous sourire. Le temps est radieux, le lagon azur et le décor sentent bon les vacances. Le long de la route on voit la mer, presque partout, et cette différence avec Tahiti nous ravit. Partout des vendeurs de fruits ont installé leurs étals colorés qui nous font de l’œil. On arrive après quelques minutes dans notre fabuleux logement, petite maison aux accents traditionnels toute en bois aux fenêtres ouvertes sur l’océan. Notre jardin est une petite plage ensoleillée pleine de charme où l’on passera toutes nos fins d’après midi avec délice.
Difficile de sortir les pieds du sable chaud et de quitter notre superbe paysage. Pourtant, on reprend la voiture pour faire le tour de l’île et profiter de quelques points de vue sur l’océan. Les baies s’enchainent, les cocotiers défilent et les premiers hôtels sur pilotis se dessinent sur une eau turquoise. L’Ouest de l’île est plus fréquenté, habité tandis que l’Est est plus brute, sans doute plus exposée aux éléments aussi.
Ambiance vacances oblige, on s’arrête chez Pareo Mana pour une activité tout ce qu’il y a de plus adaptée à notre journée : la fabrication de paréo. On choisit le tissu, la couleur, les dégradés… On fouille dans le stock de motifs, on teste la meilleure disposition avant de les installer au soleil sur le tissu pour imprimer leurs traces sur le paréo. Après quelques minutes de séchage, on récupère des paréos uniques et plein de couleurs, parfaits pour un souvenir de voyage inimitable.
La route du belvédère serpente de la baie d’Opunohu jusqu’aux hauteurs de cette île montagneuse. En plus de l’accès au point de vue, elle est le point de départ de plusieurs sentiers permettant de découvrir, sans trop d’acrobaties, les terres de Moorea. Entre culture et randonnée, on opte pour le sentier des ancêtres qui s’enfonce dans la forêt. Là aussi, on retrouve des airs d’Amazonie avec ces grands arbres de forêts humides. On est en revanche surpris du silence. On croisera une dizaine de personnes au plus sur toute la balade. Plus étonnant, on n’entend ni oiseaux, ni animaux. Si la faune marine de Polynésie est riche, sa faune terrestre semble en revanche quasi inexistante… Poulets mis à part ! Même sur les maraes disséminés dans les arbres, on les croise, farouches, courant dans les broussailles.
La forêt finit par céder la place aux champs d’ananas encadré par les sommets rocheux. Ils sont plantés par milliers sur ces parcelles vallonnées et piquent les jambes quand on s’en approche. Dans les allées, les ananas présentent presque tous les stades : fleurs, jeunes pousses, fruits miniatures ou au contraire odorants et dorés. On regrette beaucoup cette nouvelle averse qui nous surprend au milieu des champs et nous contraint à rebrousser chemin avant d’atteindre les trois cocotiers, point culminant de la balade.
Derrière les champs cultivés, la route nous ramène alors au lycée agricole. Sans en faire la visite complète, on fait tout de même une petite pause à l’accueil qui vend glaces, confitures et autres gourmandises fabriquées sur place. On nous propose une dégustation de confiture et on ne se prive pas pour tout essayer : corossol, ananas, passion, papaye, goyave, banane, coco et vanille sont proposés seuls ou mariés à des saveurs plus surprenantes comme l’aubergine ou le potiron. Mention spéciale et collective pour la confiture de papaye et unanimité sur la papaye passion, dévorée en deux jours.
En rentrant à la maison, rassasiés de confiture, on profite de notre coin de paradis entre jeux de société dans le jardin, test des paddles et kayak mis à disposition ou snorkeling… A la limite de la passe, derrière les coraux, on aura la chance de trouver un requin pointe blanche mais surtout des tortues marines ayant élu domicile juste devant chez nous.
On terminera nos journées face à la mer, réchauffés par les braises de copieux barbecues, profitant d’un décor de rêve et de magnifiques nuits étoilées. Elle n’est pas belle cette île?
Le coup de cœur de Ptit Jo
Les champs d’ananas du Belvédère, totalement dépaysants, qu’on aurait aimé parcourir plus longtemps
Coté pratique
Les activités
Lycée Agricole Opunohu, sur la route du belvédère Dégustation de confiture gratuite (mais qui repart les mains vides?)
Pareo Mana, route du Tropical Garden Compter 2 800 XPF pour le plus beau tissu (environ 23€)
Le logement
Te Ora Hau Ecolodge, Afareaitu PK 8, 2 c/ mer, 98728 On a adoré ce logement, sans réserve. La cuisine n’est pas très moderne mais ça n’a eu, à nos yeux, absolument aucune importance. Tout est charmant, l’emplacement exceptionnel (qui d’autre a des tortues de mer au fond de son jardin ?) et l’accueil parfait. Paddle et kayaks à disposition ainsi qu’un barbecue. Peut-être notre meilleur choix de logement jusqu’à présent.
Un peu à la dernière minute et parce que notre tour de l’île fût plus rapide que prévu, on opte pour la découverte de Teahupoo, patrie du surf à l’extrémité de Tahiti Iti.
Sur la marina on fait donc connaissance avec Otilia et Cindy, mère et fille, et une chouette famille du Sud à l’accent chantant qui nous poursuivra d’île en île une bonne partie du séjour (coucou la famille !). L’équipe au complet, on file sur les eaux bleutées, les yeux grands ouverts sur le décor. Comme souvent, le temps de ce début de matinée est un peu maussade mais donne un étonnant charme à cette côte sauvage envahie de végétation. Les nuages cachent la cime des montagnes, quelques ondées se dessinent dans les terres et menacent le large.
Arrivée près du village désormais célèbre, Cindy nous raconte les enjeux liées aux JO 2024 qui éliront domicile sur ce site préservé. On évoque les projets, les difficultés, les revendications mais aussi le rapport des habitants à leur terre et à la mer. Ici, on vit près de la nature. A l’embouchure de la rivière, les petits Polynésiens apprennent à nager dès 3 ans. Vient ensuite le temps de jouer avec les vagues sur la plage, l’apprentissage du body surf puis l’entrée dans la cour des grands : le surf, le vrai.
En voilà une justement qui n’a pas tardé à y entrer par la grande porte Un sifflet retentit au loin et deux nageurs s’approchent, ventre collé à leur planche. Prof et élève profitent du taxi vers la plus célèbre vague de Polynésie, déjà impressionnante malgré les conditions relativement peu propices aux immenses vagues. Les deux nous offriront une jolie démonstration de surf. Lui, incarnant tout ce qu’on imagine du surfeur, sorte d’Aquaman flottant sur l’eau dans un bouillonnement d’écume. Elle, petit bout de femme au casque licorne, à peine émue de se frotter à un tel mythe.
Le temps capricieux s’acharne mais nous aussi sommes obstinés. Impensable de faire demi-tour si tôt dans la journée. On opte alors pour une session de snorkeling sur fond de sable blanc, entouré par des eaux sombres nettement plus profondes. On s’y plait beaucoup, évoluant paisiblement dans les patates de corail, croisant toujours plus de poissons colorés et rencontrant même notre premier poisson clown dissimulé dans une anémone rosée. En remontant à la surface, on dévore le pain coco d’Otilia sous un doux soleil enfin réapparu avant de reprendre la mer pour approcher encore des falaises de Te Pari.
Autant être honnête, quand Cindy nous annonce que la prochaine étape est d’aller voir une cascade dans la roche, on est enthousiastes. Quand elle nous détaille le plan, un peu moins. Rien de plus facile pourtant : sauter du bateau, nager jusqu’aux rochers, les traverser à pied, replonger, attendre une vague entrante (surtout pas sortante pour éviter de se fracasser le crâne), passer la tête sous une arche et nager dans une grotte. On se regarde quelques instants pour voir qui partira le premier puis on plonge, tous. Et contre toute attente, en suivant les conseils et sous la vigilance d’Otilia, c’est presque facile. Armée de son grand sourire elle nous accompagne à chaque étape et nous rassure. Les plus courageux grimpent même au-dessus de la cascade et sautent directement dans la grotte, histoire d’en rajouter un peu.
Quand, à l’arrêt suivant, on nous propose de rejoindre le rivage à la nage, il n’y a plus d’hésitation : on s’exécute. On avance sur un petit sentier à travers les cocotiers, on s’arrête un moment pour écouter un trou de souffleur et se faire copieusement (et accidentellement) arroser par une vague avant de remonter un petit cours d’eau dont les bords ont été envahis par des cairns. Le décor est fantastique, entre cocotiers et jungle, entre roche et verdure. On traverse encore un mini lavatube, on grimpe à l’aide d’une corde au sommet d’une petite cascade et nous voilà arrivés. On s’installe un moment dans les bassins frais, on court après les chevrettes avant de passer la tête sous une autre cascade d’eau froide et de larges sourires apparaissent sur les visages…
Après ces mini-aventures et un copieux repas avalé, on s’enfonce dans la forêt à la recherche des anguilles sacrées. Les images ne rendent vraiment pas justice au décor (petits soucis de réglages…) qui nous a un peu rappelé l’Amazonie. Après quelques minutes de marche entre des milliers de racines, on les trouvera finalement dans une rivière d’eau froide et peu profonde au fond rocailleux.
Au retour, Otilia nous apprend à réaliser de jolies couronnes de fougères avant de reprendre la mer pour un dernier arrêt snorkeling. Sur le quai, on dit au revoir avec un peu d’émotion tant cette expédition nous aura enchantés. Quelle belle journée à Te Pari.
Le coup de cœur de Ptit Jo
La formidable vue sur ces falaises sauvages, battues par le vent et les vagues, aux couleurs changeantes à chaque apparition du soleil
Coté pratique
Les activités
Visite de Te Pari Nous sommes partis avec Teahupoo Tahiti Surfari et ne l’avons vraiment pas regretté. Otilia et Cindy nous ont fait vivre une journée fantastique, pleine de découverte sur terre comme en mer et ponctuée de jolis échanges. On recommande sans la moindre hésitation le Vaiau Tour, 8500 XPF par personne (6heures annoncées mais nous y sommes restés nettement plus longtemps). D’autres formules sont disponibles sur leur site.
Le logement
Immeuble Ery, Rue des Remparts, Papeete 98714 Un logement à l’emplacement bien pratique mais aux prestations limitées.
Les repas
Urban café, 29 Rue Dumont D Urville, Papeete 98713 D’excellents et copieux brunchs sur une petite terrasse à l’arrière du restaurant, une chouette adresse !
Le Retro, Centre Vaima Front de mer, Papeete 98713 Une carte assez classique mais un très bon Mahi Mahi. Musique le weekend.
32 rue du Maréchal Foch, Papeete 98713 Une adresse qui ne paie pas de mine mais réputée comme le meilleur cochon du dimanche, parole de Polynésien
Contre toute attente, on aura vaincu la distance, le Covid, les galères de compagnies aériennes et de congés annulés pour célébrer 10 ans de notre entrée à l’école et une décennie de jolies amitiés.
Des années de « allez, on va le voir en Polynésie », des soirées de préparation, des semaines de course aux doses de vaccin non utilisées en fin de journée, des jours d’ajustements « surprises » de programme, 30 minutes de route, 3 heures d’embarquement, 22 heures de vol sans sortir de l’avion, 2 heures d’attente pour un test antigénique et 15 minutes de taxi.
C’est le temps qu’il nous aura fallu pour poser le pied sur cette île du bout du monde. Le temps qu’il nous aura fallu pour ouvrir les yeux sur la Polynésie.
8 juillet 2021
Il est un peu plus de 4h du matin lorsqu’on débarque à l’aéroport de Papeete, complètement décalés et pas encore soulagés. En cette période de pandémie, une dernière épreuve nous attend : un test antigénique en sortie d’avion dont le résultat conditionne notre sortie sur le territoire. Les bagages récupérés, on attend quelques minutes après une longue file d’attente… et finalement, c’est la libération ! Dans la nuit noire, un taxi file dans les rues désertes de Papeete jusqu’à notre petit appartement. On s’y allonge quelques heures en attendant le lever du soleil, bientôt prêts à découvrir l’autre bout du monde.
Un copieux brunch avalé, il est temps de faire le tour de la capitale. On se promène au hasard dans le centre, un peu déçus du manque de charme de la ville mais très surpris par la présence d’une incroyable quantité de poulets ! Partout, coqs, poules et poussins font leur vie sans trop se soucier des passants. Ils sont parfaitement libres de leur mouvement et carillonnent dans les rues à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit… Après quelques boutiques, on longe finalement les bords de mer avant de se décider à anticiper notre location de voiture pour partir à l’aventure !
Pour se mettre dans l’ambiance, on dépose nos sacs à dos sur la petite plage de Mahana au bout d’une étendue d’herbe bordée de cocotiers. Une famille s’est installée, chantant autour d’une table une jolie musique douce. Le sable nous est quasiment réservé et nous offre l’occasion de tester masques et tubas tranquillement pendant un long moment. Si les coraux croisés ici sont loin d’être les plus impressionnants du séjour, ils suffisent largement à nous dépayser.
Le soleil se couche tôt à ces latitudes et, dès 17h, il est temps d’envisager un lieu propice à l’observation du coucher du soleil. On choisit la plage de Taharuu au décor radicalement différent de notre premier arrêt. Ici, nous sommes chez les surfeurs. Ils sont des dizaines à affronter les vagues qui balaient la longue étendue de sable d’un noir profond. Derrière les montagnes, le soleil décline rapidement et offre à ce coin de nature des couleurs chaleureuses, conclusion parfaite d’une première journée.
9 juillet 2021
Sans doute un peu déphasés avec nos 12 heures de décalage horaire, on ouvre les yeux aux aurores sur cette nouvelle journée. Comme souvent au cours de ce voyage (qui a dit qu’il faisait toujours beau en Polynésie ?), le ciel est un peu mitigé et nous fait craindre pour la suite de l’aventure. Pourtant, le temps tient le coup jusqu’à notre arrivée à la pointe de Vénus où le grand phare ouvre sur un grand parc bordé par l’océan. D’un côté, les petits bateaux qui stationnent en hauteur offrent un lieu de chasse à la « chevrette » pour les enfants armés d’épuisettes. De l’autre, une plage de sable noir accueille petits et grands tant pour la baignade que pour le farniente. On fait le tour des lieux rapidement, tombant au passage sur quelques artisans locaux aux tenues chatoyantes.
Le tour de l’ile se poursuit vers les trois cascades de Faarumai, sous une pluie battante cette fois. La route permettant de faire le tour de l’île offre finalement peu de point de vue sur l’eau, la côte étant souvent occupée par des habitations. On aperçoit cependant quelques spots de surfs où les vagues s’arrondissent avant de s’écraser sur les rochers. Nous sommes tous seuls, poulets mis à part, quand nous arrivons sur le site. Une petite marche de 5 minutes mène jusqu’à la première cascade, impressionnante de hauteur, courant au milieu d’un cirque de pierre. L’accès aux deux autres, jugé trop dangereux, est malheureusement condamné dans l’attente de travaux.
Ni une ni deux, on reprend la route, à nouveau sous la pluie, en direction de la presqu’ile Tahiti Iti. Sur le chemin de la partie nord, on apprécie le paysage, plus sauvage, qui nous mène à Tautira. Cette toute petite plage au sable gris est sans doute ma préférée de l’île. Elle ne présente pas de jardins de coraux, n’est pas envahie de surfeurs et n’est pour ainsi dire pas très large non plus. Pourtant, elle dégage un charme fou avec ces montagnes verdoyantes en toile de fond.
Installés tranquillement sous l’ombre des cocotiers, on observe le décor quand deux pickups s’installent à nos côtés, chargés d’une ribambelle de gamins. Les deux adultes s’installent à l’arrière, mettent en route la musique tout en gardant un œil sur les marmots qui courent dans l’eau. Leur chien s’étale sous la voiture, roupillant paisiblement le nez au soleil, pas distrait le moins du monde par les rires et les cris de joie. Face à cette scène tranquille, on se dit que les petits tahitiens ont vraiment un incroyable terrain de jeu.
Sur le chemin du retour, on s’offre un crochet vers le plateau de Taravao, vendu par tous les guides comme « une petite Normandie ». Assez peu convaincus, on grimpe l’étroite route qui file vers le sommet avec notre mini voiture, peu habituée à tant d’efforts (avez-vous déjà eu une voiture qui coupe la musique lorsque la route monte trop ?). Arrivés au sommet, toujours accueillis par nos fameux poulets, on découvre un point de vue sur l’ile principale et les lagons qui l’entourent. L’heure est sans doute assez mal choisie car le soleil, haut dans le ciel, gâche un peu le spectacle. En redescendant, on traverse des champs bien verts bordés de petits arbres. Alors, vous voyez la Normandie ?
Pour finir, nos pas nous conduisent à nouveau vers Mahana pour profiter des tout derniers instants de lumière. Après quelques coups de palme, on ressort la tête de l’eau juste à temps pour admirer le coucher du soleil sur Moorea pendant que les premiers pêcheurs s’installent au bord de l’eau.
11 juillet
La Polynésie appartient aux lèves-tôt, même le dimanche ! Notre ami passe nous chercher dès 5h30 pour nous faire découvrir le marché de Papeete et toutes ses saveurs. Inutile de compter sur un marché animé après 8h du matin : ici tout s’éveille dès 4h. Les vendeurs de fruits et de légumes s’accumulent dans les rues autour des halles, les premières couronnes de fleurs sont exposées et les poissons remplissent les étals. On goutte de tout ou presque : du traditionnel cochon rôti au jus de canne, des petits pains vapeurs aux fruits inconnus en passant par les beignets sans oublier nos traditionnels pains au chocolat. On revient de là les bras chargés, conquis par quelques découvertes qu’on grignotera à nouveau tout au long du séjour.
Malheureusement, le temps se gâte à nouveau et notre excursion en 4*4 est annulée par le prestataire. On tente quand même notre chance, seuls avec notre pick-up, pour ne pas passer complètement à côté de la vallée de Papenoo.
Autant le dire tout de suite, s’engager là-bas sans connaître et sans véhicule adapté est concrètement une mauvaise idée. Heureusement, ce n’était pas notre cas ! On avance donc péniblement sur une route toute cabossée vers la vallée dont les sommets restent longtemps dissimulés dans la brume. Il tombe des cordes et pourtant, c’est beau. De nombreuses cascades, alimentées par la pluie continue, dévalent les falaises et jouent à cache-cache avec les nuages. Au pied de sommets, on se sent tout petits, un peu écrasés par toute cette verdure. Après deux passages à gué, quelques kilomètres et pas mal de secousses, on se résout finalement à faire demi-tour, inquiets à l’idée de se faire piéger par les eaux.
On roule longtemps autour de l’ile, attendant que la pluie passe, les yeux posés sur l’océan. Et, finalement, le soleil revient. On s’offre une pause avec un double Hei Hei burger (les amateurs de Vaiana comprendront) avant d’opter pour une rapide visite des grottes de Maraa. La visite n’a à mes yeux que peu d’intérêt. Ceci dit, un peu avant la troisième grotte, un escalier discret grimpe dans la montagne pour une randonnée folklorique nettement plus marquante.
Pas du tout préparés à une telle expédition, on se lance dans l’escalade de tout un flanc de montagne, sur cet étroit chemin de terre peu balisé. De temps à autre, une bonne âme à songer à installer des cordes pour faciliter l’ascension. On grimpe longtemps, du moins ça parait long, avant de sortir de la forêt trempés et de découvrir une vue sur le lagon. Encore quelques efforts avant d’apercevoir, tout au sommet, une balançoire ouverte sur le vide. Le retour est un peu plus acrobatique. La terre glisse sous nos pieds et on ressort de là couverts de poussière après avoir opté pour une descente au plus près du sol… difficile de décider si cette expédition est à conseiller ou non, elle laissera en tout cas un sacré souvenir !
On rentre en courant de cette parenthèse sportive, juste à temps pour prendre une douche et filer au Heiva, festival de premier plan en Polynésie. On y retrouve la mama, armée de son incroyable couronne de fleurs et de son immense sourire, ravie de faire partager un moment de culture et de tradition. C’est parti pour deux heures de danse et de musique traditionnelle. Deux troupes, semi pro et pro, présentent des spectacles bien différents aux rythmes enjoués. Une jolie conclusion colorée à la découverte de Tahiti.
Le coup de cœur de Ptit Jo
La douce et tranquille plage de Tautira, tout au bout de Tahiti Iti
Coté pratique
Les activités
Visite de la Papenoo On avait repéré Ia Orana Tahiti Expéditions mais nous n’avons pas eu l’occasion de faire la visite à leurs côtés. par contre nous avions eu un très bon contact ! de 45 à 85€ par personne en fonction de la formule choisie
Le logement
Immeuble Ery, Rue des Remparts, Papeete 98714 Un logement à l’emplacement bien pratique mais aux prestations limitées.
Les repas
Urban café, 29 Rue Dumont D Urville, Papeete 98713 D’excellents et copieux brunchs sur une petite terrasse à l’arrière du restaurant, une chouette adresse !
Le Retro, Centre Vaima Front de mer, Papeete 98713 Une carte assez classique mais un très bon Mahi Mahi. Musique le weekend.
32 rue du Maréchal Foch, Papeete 98713 une adresse qui ne paie pas de mine mais réputée comme le meilleur cochon du dimanche, parole de Polynésien
Après quelques jours formidables en Amazonie, nous voilà revenus provisoirement dans la capitale péruvienne où notre petit groupe se sépare. Certains rentrent en France, d’autres poursuivent l’aventure vers la dernière grande étape de ce périple péruvien : la cordillère des Andes. Après une soirée en bord de mer à Lima et un trajet en bus de 7h aux nombreux virages, nous arrivons à Huaraz et ses quelques 3052 mètres. Sur le moment, tout va bien. On découvre la capitale des Andes sans grand charme mais pleine de vie, de bruit et de restaurants aux cuisines du monde.
Au matin, un mini bus jaune tout droit sorti des années 70 vient nous récupérer pour une longue journée de route dans la cordillère. Il faut près de 3h pour gagner le glacier, on s’arrête donc en cours de route pour faire une pause et avaler notre troisième maté de coca de la matinée, espérant encore naïvement qu’il nous sauvera des maux d’altitude… Un peu plus loin, on s’arrête de nouveau sur l’altiplano et ses prairies immenses balayées par le vent. Au milieu des étendues herbeuses, d’énormes boules de feuilles piquantes apparaissent ponctuellement et forment de petites colonies. Les puya raimondi fleurissent une fois dans leur vie, après une centaine d’années d’existence. Leur fleur s’élance vers le ciel en une hampe florale de près de 10 mètres avant de laisser la plante s’éteindre doucement, épuisée par un tel exploit. Entre les touffes herbeuses, on trouve aussi des sources gazeuses aux différentes nuances de bleu qui parsèment le paysage. On adore ces grandes prairies péruviennes sauvages croisées tout au long du séjour.
Une courte balade grimpe jusqu’au glacier Pastoruri dans un décor lunaire. Si on avait scrupuleusement respecté les règles de passage d’altitude jusqu’à présent, notre courte escale en Amazonie semble nous avoir fait repartir à zéro. De façon bien plus violente que lors de l’ascension de Vinicunca, en tout cas pour moi, l’altitude se rappelle au bon souvenir de nos organismes peu habitués. Ces ridicules kilomètres n’auront été que souffrance et seule l’impensable idée de ne pas arriver au sommet m’aura permis de continuer à avancer. Avec le recul, j’ai l’impression d’avoir mis des heures à gravir ces fichus 300 mètres de dénivelé : 4900-5200. Des chiffres qui donnent un peu le tournis. Arrivée en haut, un élan de découragement énorme s’abat sur moi à la perspective des balades à venir. J’abandonne mon sac à dos et je ronchonne longuement après cette idée idiote de cordillère des Andes. Puis finalement, en levant les yeux sur ce décor paisible, tout va mieux. Tout est contrasté autour de nous, la glace blanche tranche radicalement avec la pierre d’un gris mat, même le bleu du lac est étrangement profond. Au bout d’un moment, on repart tranquillement (forcément, ça descend) vers notre mini bus, marchant sur l’ancien domaine du glacier, le cœur un peu serré face à un nouveau constat écologique : le glacier recule malheureusement de près de 15 mètres par an.
Le lendemain, on file droit vers la dernière ascension du séjour, vers un immense classique des treks dans le secteur : la laguna 69. Sur la route, on croise un premier lac aux eaux turquoises baignant les pieds de parois abruptes et ensoleillées. Le lac Llanganuco ouvre sur une vallée colorée traversée d’une petite rivière agitée qui abrite le point de départ de cette randonnée. Les premiers kilomètres sont faciles, paisibles. On circule dans les herbes jaunies, entourées de hautes montagnes et de vaches se baladant librement. On arrive finalement à une série de lacets grimpant dans les herbes hautes et, étonnamment, on les vit plutôt bien. Nous sommes déjà à plus de 4000 mètres mais on souffre à peine plus que dans nos montagnes françaises. Des bosquets de fleurs violettes colorent peu à peu le chemin, quelques cascades s’écoulent sur les montagnes voisines et, progressivement, on se rapproche de la neige.
Au sommet de la première montée, un petit lac ouvre la porte d’un autre plateau charmant aux couleurs de savane. Au-dessus de lui, d’imposantes falaises grises forment un mur menaçant. C’est au sommet de ces falaises que la récompense nous attend.
On reprend la route calmement, les yeux grand ouverts sur cette montagne magique puis on grimpe, encore, longtemps. A mesure que l’on avance, la végétation disparait. Bientôt, une ambiance grise s’empare du décor. Le soleil tape fort et éblouit en se reflétant sur la neige. On avance toujours, au pied d’imposants cimetières de pierres surmontés d’énormes blocs de glace. Enfin arrive le lac, majestueux, d’une couleur parfaite. Aucune des photos ne lui rend justice. On s’arrête un long moment pour le pique-nique, le visage caressé par le soleil, une bonne fatigue dans les pattes mais heureux de cet accomplissement. On déjeune à 4600 mètres d’altitude où l’on savoure les derniers instants d’un séjour qui se mérite.
Un séjour plus éprouvant que tous les autres.
Un séjour dont on ressortira plus grands.
Le coup de cœur de Ptit Jo
L’arrivée à la laguna 69 reste sans doute le meilleur souvenir de la Cordillère, le décor est fantastique tout du long et je me souviens avec émotion des derniers mètres parcourus en courant pour avoir enfin la vue sur cette eau claire entourée de neige. Le meilleur moyen de terminer ce séjour.
Coté pratique
Les activités
Étant partis avec l’agence Andes Authentiques Tours, nous n’avons pas eu à organiser nous-mêmes ces excursions, voilà tout de même quelques informations.
Glacier Pastoruri Le glacier Pastoruri est accessible avec sa propre voiture (route en bon état) ou par le biais d’un tour organisé depuis Huaraz pour environ 35 PEN. Il faudra compter 6heures de route aller-retour plus le temps passé sur place. Toutes les agences proposent des arrêts sur la route et sur l’altiplano à proximité de Puma Pampa. L’entrée au parc Huascaran est comptée en supplément pour environ 30 PEN.
Laguna 69 Le point de départ de cette randonnée se fait à quelques 3900 mètres et le sentier grimpe jusqu’à 4600 pour une distance totale de 14km. Si cela peut paraitre impressionnant, la randonnée est sans doute nettement plus accessible qu’elle n’y paraît tout en constituant une véritable expérience pour les randonneurs en quête de nouveaux sommets. Si un guide est complètement inutile ici, il sera tout de même nécessaire de trouver un moyen de transport et de partir tôt car la route est un peu longue. De nombreuses agences propose cette prestation ce qui implique beaucoup de monde au point de départ mais les randonneurs se dispersent vite sur le chemin. Les tarifs sont à peu près identiques au glacier et il faut, là aussi, compter l’entrée au parc.
Le logement
Hôtel El Tumi, Jr.San Martin 1121, Huaraz L’hôtel est bien placé dans Huaraz et donne accès à un salon de massage (en supplément) au dernier étage, agréable après de longues journées de marche.
Les repas
Crêperie Patrick, Avenue Luzueiaga 422 On mange de tout dans ce restaurant, c’est bon mais pas inoubliable.
Mi Comedia pizzeria, Av. Centenario 351, Independencia Al Frente de la Unasam, Huaraz Une excellente pizza dans un décor cocooning et chaleureux, agréable dans la nuit froide de Huaraz.
Chili Heaven, Parque Ginebra Lot 28, Huaraz Une bonne adresse pour tous ceux qui n’ont pas peur de manger asiatique et relevé !
Tout juste un an après la fin d’un premier périple en Islande, le retour sur cette ile est un enchantement. Cette fois, la route nous entraine vers les fjords de l’Ouest, plus sauvages et isolés. Peu de touristes s’aventurent ici, moins de 10%, et ils sont encore plus rares en hiver.
La route est un peu longue depuis Keflavik et nous roulons pendant des heures, presque une journée entière. Le paysage changeant, entre eau et montagnes, plaines enneigées ou prairies colorées est toujours aussi charmant. On ne croise personne à part quelques moutons et poneys, l’asphalte semble nous avoir été réservé. Les premiers fjords arrivent finalement, à la fois tortueux et majestueux, offrant des panoramas jamais croisés l’an dernier. On s’arrête enfin dans l’un d’eux, au bout d’un chemin plein de cailloux et de terre.
Au milieu de nulle part, l’auberge de Heydalur est entourée de grandes prairies ou se promènent des dizaines de poneys. On s’arrête au restaurant à l’intérieur tout en bois en plein après-midi, accueillis par deux adorables chiens, un perroquet bavard et une petite grand-mère. Elle nous sert du poisson pêché dans le ruisseau voisin directement après notre commande (on la voit nous le ramener dans une grande bassine !) et une cargaison de pommes de terre. Un bonheur après tant de route.
La maison propose également l’accès gratuit à ses sources chaudes. Deux bassins extérieurs sont accessibles ainsi qu’une sorte de piscine lovée au milieu d’une serre désordonnée. Un drôle de nuage de vapeur flotte dans la serre où les arbres perdent leurs feuilles. On est à nouveau seuls, à peine dérangés par le chat de la maison en pleine ronde quotidienne. Si le bain d’eau chaude est agréable, en sortir est un autre sport. Les vêtements laissés dans la serre sont humides et froids, le sol glacé. On file à la voiture pour se réchauffer et reprendre la route dans la pénombre jusqu’à Sudavik.
A Sudavik, nous sommes accueillis par un couple de français installés ici depuis des années. Rencontrés via Air BnB, ils ont eu la gentillesse de repousser la fermeture du guesthouse pour nous. Ce soir, ils nous entrainement pour un cours de photo de nuit. Stephanie et Rodolphe prennent leur temps, vérifient notre matériel, se renseignent, conseillent… Ils passent près d’une heure avec nous avant même le début de l’excursion. On embarque finalement avec eux dans la nuit noire et froide pour tout apprendre de la photo de nuit. Un moment parfait, plein d‘astuces, de conseils et d’exemples. Nous restons plusieurs heures dehors à explorer toutes les possibilités tout en devinant de timides aurores boréales dans le ciel. Il est presque 2h du matin lorsque nous rentrons. On s’écroule après une journée de 20h dans nos couettes moelleuses et douillettes. Demain matin, il faudra se lever avant le soleil.
3 novembre 2019
Ce matin, Rodolphe nous entraine dans les highlands. Il fait à peine jour quand nous arrivons sur place pour une journée de cache-cache avec les renards polaires. Notre guide nous apprend tout des renards. Leurs habitudes, leurs liens compliqués avec les Islandais mais aussi le caractère et l’histoire de chaque individu. On apprend par la même occasion qu’il existe deux types de renards polaires en Islande : les gris qui vivent sur les bords des fjords et se nourrissent grâce aux marées et les blancs qui chassent dans les montagnes.
Nous voilà partis, emmitouflés dans des vêtements sombres, pour planquer au bord de l’eau ou dans les herbes hautes en espérant observer ces petits mammifères timides dans leur pêche du matin. On attend, immobiles, impatients et plus attentifs que jamais. Les minutes passent, les heures sans doute aussi. Le froid et l’humidité saisissent et il faut se rendre à l’évidence : les renards ne viendront pas.
On poursuit la balade dans un décor majestueux aux couleurs chaudes parfois dissimulées sous une fine couche de neige et de glace. Partout, le sol est recouvert de bosquets de myrtilles et de baies. D’épais buissons donnent l’impression de marcher sur de la moquette, on rebondit presque en dévalant les pentes. De l’autre côté du fjord, la réserve de Hornstrandir parait nettement moins hospitalière, l’accès y est d’ailleurs quasiment fermé en cette période. On marche des heures, à l’affut, dans ce paysage magnifique. Par chance, le soleil ne nous lâche pas de la journée et on aurait presque chaud malgré les températures qui frisent le zéro. Malgré tout le savoir de Rodolphe, malgré tous les indices repérés (les renards laissent plein d’oursins sur leur passage !) aucun renard ne se montre. Résignés, on prend le chemin du retour en baissant la garde.
Et puis soudain, ils apparaissent. De l’autre côté d’un méandre, deux petits renards gris tranchent avec les herbes hautes. Ils nous repèrent vite et s’enfuient, leur pelage d’hiver au vent. On peine à réaliser tant la surprise est grande. Motivés comme jamais, on reprend la quête, impatients de les retrouver. Une demi-heure passe encore. Ils ont disparus.
Alors qu’on pourrait penser que le sort s’acharne, elle apparait. Une petite femelle blanche dort sagement dans les buissons. Tofa devrait vivre nettement plus en altitude, chasser les oies sauvages et se dissimuler dans la neige. Pourtant elle est là. Notre guide nous fait signe, nous donne toutes les clés pour l’approcher sans l’effrayer. Sac à dos resserré et téléobjectif autour su cou, me voilà partie dans les milliers de myrtilles encore gelées, grimpant dans la pente abrupte avec les mains. Il est tard désormais et la lumière change. Le ciel devient blanc et il est difficile de repérer la petite femelle. Un pas devant l’autre, un peu au hasard, il faut surtout veiller à être silencieuse. Elle est enfin là. Encore quelques pas.
C’est le moment qu’ont choisi les buissons pour me rappeler à l’ordre. En un clin d’œil je me retrouve enfoncée jusqu’à la taille, une jambe probablement passée dans une ancienne tanière.
Tofa lève la tête, me regarde longuement sans me voir. Par chance, les renards ont une mauvaise vue et distingue surtout les contrastes. Le cœur battant et avec toutes les précautions du monde, je sors de mon trou et continue mon chemin. Toujours plus près. Cette fois Tofa me voit, elle se lève, m’observe. Je m’assieds sans bouger et lui laisse tout le temps de décider.
La rencontre est belle, sans doute la plus belle de toutes. Le monde s’arrête de tourner quelques secondes, le temps d’un regard, d’un accord. Les rêves de photographie animalières prennent soudain vie. Elle est magnifique. Son pelage blanc immaculé et ses longs poils lui donnent des airs de peluches. Son petit nez noir et ses grands yeux en amande lui donnent un air doux et charmeur. Tofa me laisse m’approcher encore, changer de place et prendre des dizaines de clichés.
Des étoiles dans les yeux, il est finalement temps de la laisser continuer son chemin.
On retourne à la voiture, lessivés mais heureux, emplis d’une tendresse infinie pour ces petites créatures. Sur la route, Rodolphe nous berce encore d’anecdotes sur son parcours, son métier et leur vie paisible dans les fjords mais surtout, il nous parle encore d’animaux. C’est sans doute ce qu’on aura préféré chez Rodolphe : son immense amour et respect pour les renards. Il nous rappelle constamment que nous sommes chez eux, simples visiteurs et que la rencontre est une chance. Elle n’en est que plus belle.
Coté pratique
Le logement
Sudavik Guesthouse, 20 Túngata, 420 Súðavík, Islande Accueil chaleureux et chambres confortables. Un salon et une cuisine commune permettent de s’installer après avoir cuisiné son repas (des économies de restaurants bienvenues en Islande !)
Les activités
A la fois guide et photographe, Rodolphe est sans hésiter la personne à recommander. On avait choisi cette balade car elle se veut respectueuse de l’environnement et des animaux : ici pas de nourrissage, pas d’appât, pas de selfie douteux ou d’animaux domestiqués. Juste de la patience, de la connaissance, du respect et du travail. De belles valeurs dans un superbe décor.
La rencontre avec les renards est un de ces moments qu’on ne peut jamais oublier. Il est impossible de regretter cette expérience que l’on conseille sans la moindre hésitation. Environ 200$.
Le cours de photo de nuit est également un très bon souvenir. On apprend plus en quelques heures qu’en des semaines de pratiques. Environ 120$.
Pour réserver c’est ici ! Dites leur bonjour pour nous !
Les Repas
Auberge Heydalur, Heydalur 401 Ísafjörður Pour un repas au cœur des fjords et une pause baignade
Quand on s’imagine dans le pays, on pense surtout aux sites archéologiques et la vallée sacrée. On songe aussi à des treks dans des hauteurs presque impensables chez nous. Pourtant, nous partons désormais dans un tout autre univers. Un Pérou chaud et humide, boisé et sillonné de rivières. Un Pérou de faune et de forêt.
Un Pérou qui permet de pousser la porte de l’Amazonie.
Quand on approche de l’aéroport de Puerto Maldonado, le paysage qui apparait sous les nuages nous donne l’impression d’un tout autre voyage. Sous nos pieds, une forêt s’étend à perte de vue, traversée par un long fleuve tout en méandres. Au sol, l’air est humide et chaud. Un mini bus couleur safari vient nous récupérer et nous amène à travers la ville au point de départ de notre aventure. Tuk-tuks, arbres fruitiers immenses, maisons basses faites de briques et de tôle… on a radicalement changé de décor.
Après quelques formalités, on rejoint les rives du fleuve pour le début d’une aventure qui nous marquera à jamais. Au bout du ponton, de longs bateaux à fond plat nous attendent pour nous transporter au cœur de la forêt amazonienne. A bord, on nous sert un repas emballé dans des feuilles de bananier que l’on déguste les yeux rivés sur les berges à la recherche de caïmans, capibaras et autres bestioles locales. Quand on atteint le lodge, le soleil se couche déjà sur l’eau.
On découvre alors nos jolies petites cabanes au cœur de la forêt. Tout en bois, elles n’ont que des moustiquaires pour fenêtres. Sur le lit sont posées d’épaisses couvertures et des chandelles trônent sur les tables basses. C’est tout. Et c’est bien suffisant (pas la peine de compter sur l’eau chaude non plus). Seule la grande pièce commune est équipée d’électricité pour quelques heures par jour. On y prend le premier repas d’une excellente série où l’on découvre le riz à l’huile de noix de macadamia… une vraie merveille! On y découvre aussi et surtout notre guide pour tout le séjour. Léo parle un français impeccable et rendra notre séjour unique. Fin connaisseur de la nature, qu’il s’agisse de faune ou de flore, c’est aussi un petit farceur jamais contre une bonne plaisanterie.
Quand il nous propose, à la fin du repas, de partir à la chasse aux insectes, dans la forêt et de nuit… on a d’abord cru à une de ses blagues.
Pas du tout.
Nous voilà donc à la file indienne, frontale vissée sur la tête, engagés sur un chemin qui serpente dans la nuit noire. On croise nos premières araignées, grenouilles et autres phasmes et on finit par se détendre (tout en continuant à bien rester collé au reste du groupe). Quand Léo nous propose d’agiter un petit bout de bois devant un trou creusé dans le sol, on reste quand même un peu méfiants… chacun observe son voisin en attendant de savoir qui sera la victime, un peu comme une classe de primaire avant d’aller réciter une poésie. Puis finalement, notre guide prend les choses en main. Il agite son bâton quelques secondes… juste assez pour faire sortir une tarentule toute noire et velue. On rentrera finalement sans encombre, sans avoir croisé de grosses bêtes ou s’être faits manger par un anaconda. Le sommeil nous gagne vite et d’autres aventures nous attendent au réveil.
Le lendemain matin, nous partons pour une longue randonnée à travers la forêt. De petits sentiers de terre tournicotent entre d’immenses arbres dont on peine parfois à distinguer clairement la cime. Au bout d’une demi-heure, on est bien incapables de retrouver la direction du lodge. De longues lianes pendent sur les troncs, le sol est couvert de feuilles et, parfois, de gigantesques rameaux de palmier défraichis. On se sent minuscules aux pieds de ce gracieux monde végétal.
On trouve de tout dans cette forêt. Plantes médicinales à gogo (aviez vous déjà vu de l’arnica?), caoutchouc, arbres tambour, colorants naturels, orchidées sauvages… même les plus insensibles à toute forme de botanique auraient été charmés par cette balade, tellement riche de découvertes et d’expériences. On y croise des fourmis gardant farouchement certains arbres, d’autres aussi larges que le pouce et dont la morsure fait autant d’effet que s’être fait tirer dessus. On entend toutes sortes d’oiseaux, de bruissements. On découvre milles nuances de verts. On apprend où trouver de l’eau, où se soigner et comment survivre… et on joue avec les tarentules. Avec une confiance aveugle en Léo, on se prête au jeu du petit bout de bois devant les terriers. A force de kilomètres, on se battrait presque pour être le prochain à les approcher. On finit même par tomber sur toute une famille et à les observer avec tendresse. Parfaitement, avec tendresse.
On est loin de tout, loin du monde. On est soudainement minuscules et insignifiants. Plus que n’importe où ailleurs au fil de nos voyages, on comprend. On perçoit enfin l’impact que nous avons sur le monde, on appréhende cet environnement tellement complexe, si fort et pourtant si fragile. A l’heure d’écrire ce récit, les effrayantes images de l’Amazonie s’embrasant serrent encore le cœur tant le souvenir des kilomètres parcourus dans ce décor sont vifs. Quel immense gâchis…
On sort finalement des bois pour gagner un grand lac bordé de palmiers. En silence, on s’installe à bord de barques à fond plat et on rame, doucement. Ici vivent caïmans et anacondas, singes et oiseaux de toute sorte. On les cherche, longtemps, sans succès. Des pluies diluviennes se sont abattues sur l’Amazonie quelques jours avant notre arrivée, rafraichissant nettement l’atmosphère et encourageant les animaux à se dissimuler dans les arbres. On le sait, approcher la faune sauvage requiert une bonne dose de chance et de patience. Cette fois, la chance nous aura manqué. On aperçoit seulement quelques aras entre les branches de palmiers. Au cours de la balade, Léo nous propose une nouvelle expérience: la pêche au piranha. Vaillamment armés d’un fil de nylon et d’un bâton, on tente… et ça marche (une fois, la première: plus jamais on ne réussira !). Léo attrape cet étrange petit poisson et nous montre son impressionnante mâchoire avant de le laisser filer rejoindre sa bande. Il est désormais temps de rejoindre le lodge, ses hamacs et nos petites cabanes.
Quand on nous tire du lit ce matin là, il fait nuit noire dehors. Il est incroyablement tôt et on met machinalement un pied devant l’autre jusqu’au bateau. Léo nous explique alors le plan: remonter la rivière de nuit, sans lumière pour ne pas déranger la faune, entre les rapides et les blocs de pierres qui parsèment la rivière. Aucun risque selon lui, notre pilote connait la rivière comme sa poche. Non, ce n’est toujours pas une blague.
On nous équipe d’épaisses couvertures bariolées et le moteur se met à tourner. La lumière du bateau s’éteint, il fait désormais complètement noir, l’air est frais et vif, traversant le bateau de tout son long… et pourtant on s’endort. Alors que le jour était tout juste levé, on arrive dans une zone de forêt bien différente. Les méandres de la rivière se font plus tortueux, les rives plus sableuses et bordées de galets clairs. On nous débarque finalement devant une rangée de palmiers qui semblent pousser comme une forêt de bambous et on s’approche, en silence, d’un immense mur d’argile.
Ici, aras et perroquets viennent tous les matins pour grignoter la falaise dans un curieux ballet. L’argile agit comme un pansement gastrique et protège les oiseaux de l’acidité des fruits qu’ils peuvent trouver dans la forêt. Tout est très réglé : les oiseaux s’installent par familles et par espèces dans les arbres tout autour de la falaise et attendent. Si l’endroit est calme, une partie du groupe descend gratter l’argile, l’autre surveille les alentours. Les espèces se succèdent, se mélangent rarement et chaque groupe picore pendant quelques moments, faisant de nombreux va-et-vient entre arbres et falaise.
Ce matin-là, de timides groupes étaient postés dans les arbres, les premiers oiseaux s’aventuraient tout juste dans la falaise quand soudain, un brouhaha immense s’est fait entendre. Tous les oiseaux se sont enfuis d’un battement d’aile dans une parfaite synchronisation. Sans prévenir, ils ont volé dans toutes les directions dans un vacarme incroyable. On ne saura jamais ce qui les a effrayés, notre petit groupe étant à distance respectable et parfaitement silencieux. Léo penchait, lui, pour un jaguar ou un serpent.
A peine installés, nous voilà donc complètement démunis face à un mur d’argile vide et des branchages déserts. On patiente en sirotant un thé et en grignotant un petit déjeuner puis, timidement, les premiers oiseaux reviennent et le manège se remet en place. Ils ne seront jamais aussi nombreux que lors de notre arrivée mais on profite largement du spectacle de ces ailes colorées.
De retour au lodge, Léo nous entraine à nouveau dans la forêt, à la recherche d’animaux toujours bien timides. Notre guide est un peu dépité, il n’avait pas eu aussi peu de succès depuis des années. Il poursuit longuement, nous trainant sur des chemins qui nous font perdre un peu plus nos repères à chaque virage. Il continue de nous raconter des histoires, des recettes locales aux traditions en passant par le Pérou d’aujourd’hui.
En rentrant, on se promet de revenir un jour dans ce monde si différent du nôtre. Qui sait ce que nous trouverons la prochaine fois ?
Le coup de cœur de Ptit Jo
Difficile de choisir un moment parmi toutes ces aventures mais nos premiers pas dans la forêt amazonienne durant cette journée de balade resteront sans doute inoubliables.
Coté pratique
Ayant réservé notre voyage avec Andes Authentiques Tours, nous n’avons pas consulté avec précision toutes les formules existants pour l’Amazonie.
La plupart des (rares) établissement installés dans la forêt proposent des formules tout inclus : transport, hébergement, repas et activités.
Nous sommes restés 3 nuits au Caïman lodge et ne l’avons pas regretté. Moins luxueux que certains établissements, il nous a offert une expérience peut être plus authentique sans être pour autant digne d’une aventure de Mike Horn. Un excellent compromis à nos yeux. Les repas étaient tous excellents, des bananes sont disponibles directement suspendues à leur régime à l’entrée de la salle commune et un ponton permet d’observer le fleuve et les étoiles le soir.
Surtout, demandez Léo pour vous accompagner : il est sans doute le véritable artisan de la réussite de ce séjour !
Côté moustiques : nous avons eu la chance d’en croiser très peu à cette saison. Nous étions bien équipés : vêtements longs et chaussettes hautes imprégnés de répulsif, crème et spray anti moustiques et traitement contre le palu. Ce n’est sans doute pas pareil à toutes les saisons mais nous n’avons vraiment eu aucun soucis !
Il fait nuit et froid quand nous nous réveillons ce matin-là. A l’heure où Cusco dort encore, nous rejoignons notre mini bus les yeux à moitié clos pour gagner un lieu de plus en plus prisé par les voyageurs. Un lieu qui, comme souvent au Pérou, se mérite.
On comate le plus gros du trajet, à peine éveillés quand le bus s’arrête au bord de la route pour un petit déjeuner dans une salle vitrée et glaciale où l’on se réconforte à grand coup de maté de coca brulant.
Après 3 heures de trajet, on arrive finalement aux portes de Vinicunca dans un décor montagneux spectaculaire. Le parking perdu sur les hauteurs du monde est déjà plein. Des bus entiers, des minibus comme le nôtre ou des taxis s’accumulent au départ d’une randonnée d’exception. Quelques familles sont installées là, dans cet univers poussiéreux mais baigné de soleil. Vêtues de tenues bigarrées, elles veillent sur les lamas et alpagas qui errent sur les pentes ou proposent des mules aux voyageurs inquiets par la marche.
Le début de la balade, à plat, est plaisant. Dans cet univers désertique, les versants de la montagne arborent un vert étrange, le sol est recouvert d’une poussière rosée avec, en toile de fond, d’impressionnants sommets enneigés. Passé le premier kilomètre (ou le deuxième on ne sait plus !), le sentier s’élargit notablement. Une grande esplanade minérale fait figure d’étape dans cette course à la hauteur. Les randonneurs s’arrêtent, les mules aussi. Désormais, chacun devra poursuivre à pied. Au bout de cette esplanade, la mauvaise nouvelle de la journée : une montée, deux en fait en regardant bien…
Je ne sais pas si elles étaient vraiment si impressionnantes… En y repensant, ces montées n’étaient sans doute pas si terrible. Mais sur le moment, elles ont provoqué un immense découragement.
A cette altitude, l’organisme souffre. Si on a la chance de ne pas être malade, on peine à mettre un pied devant l’autre, surtout dans la dernière ascension qui file droit vers le mirador. Le cœur et la tête fonctionnent, le cerveau sacrifie le reste. Les jambes sont douloureuses rapidement et on se sent vraiment rouillés. Autour de nous, on voit de tout : de véritables athlètes qui souffrent à peine et d’autres randonneurs encore plus abattus que nous.
Puis finalement on y arrive, on voit enfin la pancarte indiquant le sommet. C’est seulement là qu’on cesse de fixer le sol et qu’on se retourne, ébahis. On découvre sous un nouvel angle l’incroyable vallée traversée puis, elle est enfin là: la montagne arc-en-ciel, ses couleurs sucrées et son ciel bleu intense. Elle est là, comme un aboutissement, peu importe le nom qu’on lui aura choisi : Cerro Colorado, Rainbow Mountain, Montana Siete Colores… 7 couleurs pour autant de minerais, accumulés depuis des siècles qui forment cet étrange environnement.
Ça y est, on a passé les 5000 mètres.
On a parcouru les 5 kilomètres les plus longs de notre vie.
On se retrouve sur les hauts sommets du monde après une randonnée dans des paysages à la fois magnifiques et uniques.
On respire un air unique, pur et frais.
On vit, en grand.
Autour de nous, de nombreux touristes partagent le même sentiment et le même sourire : tous ont réussi. On fait tamponner nos passeports et on observe, longuement.
Les plus courageux d’entre nous s’élancent à l’assaut de la montagne rouge voisine, dissimulée derrière les sommets. Ils seront quasiment seuls sur le trajet qui grimpe encore de quelques centaines de mètres pour découvrir un paysage désertique haut en couleurs. Avec le recul, je regrette infiniment de ne pas avoir tenté l’expérience et d’avoir laissé mes jambes fatiguées céder au repos.
Vinicunca demande du temps, de la patience et du courage.
Elle en vaut la peine, sans aucun doute.
Le coup de cœur de Ptit Jo
Le mirador sur cette montagne aux airs de berlingot se mérite mais la récompense est grande
Coté pratique
Les activités
Alors qu’il était autrefois difficile de se rendre sur les pans de la montagne sans faire de laborieux trek, une nouvelle route amène désormais bien plus près. Étant partis avec l’agence Andes Authentiques Tours, nous n’avons pas eu à organiser l’excursion. Nous avons bénéficié d’un guide tout au long de la balade qui veillait au bien être de chacun et qui nous a surtout laissé profiter des lieux autant qu’on le souhaitait. Dans votre choix d’excursion, il me semble que ce sera l’essentiel : avoir du temps pour savoir la montagne et l’explorer à son rythme.
Pour ce type d’excursion à la journée, il faudra compter environ 80 soles par personne. Certaines offres comprennent une nuit en refuge. Elles partent toutes aux environs de 4h du matin pour assurer du temps sur place. C’est donc l’heure de pointe. Certains sites conseillent de venir sur les lieux par ses propres moyens vers 11h et de faire la randonnée sans guide (ce qui est facilement réalisable)
Le logement
Hôtel Amerinka, Calle Marques 272, Cusco Des chambres spacieuses, un bon petit déjeuner et un emplacement parfait.
Les repas
Le Buffet Francés, Carmen Alto 219 San Blas, Cusco Pour une raclette andine accompagnée de charcuterie locale !
Granja Heidi, Cuesta San Blas 525 2nd Floor, Cusco Un restaurant de qualité dans un cadre charmant
Crêperie Backpacker La Bo’M, Calle Carmen Alto 283. San Blas., Cusco City Centre Pour le plaisir de manger des crêpes bretonnes à l’autre bout du monde dans une ambiance baba cool.
Jack’s Cafe, Choquechaka 509, Cusco Une référence que nous n’avons pourtant pas apprécié particulièrement.
Papachos, Portal de Belen 115 Plaza de Armas, Cusco Un restaurant à l’étage donnant sur la place des armes. Une cuisine à base de frites et de burgers, bien utile pour se remettre de nos émotions.
Grimper au Machu Picchu est toute une expérience. Une expérience qu’on s’imaginerait bien comme une longue marche dans la jungle et une découverte de cité perdue en découpant la dernière liane. Il y a du vrai : tout autour d’Aguas Calientes, l’univers est boisé et fleuri, de grandes orchidées grimpent dans les arbres qui colonisent les montagnes. Il existe un treck, le chemin de l’Inca, pour tenter de réaliser cette expérience. Mais il y a aussi une autre réalité, nettement plus courante.
La réalité d’un site surfréquenté que l’Unesco appelle à préserver dans la totale indifférence des autorités locales. S’il faut désormais réserver un billet à l’avance pour s’assurer une visite, on est très loin des quotas de visiteurs recommandés et ça se sent. Dans la ville, dès le lever du jour, une immense file d’attente se forme le long de la rivière. Les visiteurs sont parqués par créneau horaire et patientent longuement pour avoir un bus.
A l’arrivée, des dizaines de véhicules sont alignés les uns derrière les autres, lâchant des flots de visiteurs à intervalle régulier. Chaque billet correspond à un horaire. Nous avons choisi une visite tôt dans la matinée (et on s’en félicite) avec une petite originalité : un accès autorisé au Wayna Picchu, réservé à 400 personnes par jour. Il faut savoir que chaque billet correspond à un créneau spécifique et que la visite ne peut se faire que dans un sens. Tout retour en arrière est formellement interdit et les rappels à l’ordre à coup de sifflet strident sont immédiats. En suivant cette logique, toute sortie est définitive. Aussi, mieux vaut prendre son temps. Seule exception à cette règle : l’ascension du Wayna. L’accès étant situé en sortie du parc, il est autorisé d’entrer à nouveau au Machu Picchu une fois l’ascension terminée.
Passée l’entrée, on traverse donc le Machu Picchu rapidement pour faire partie des premiers à gravir la montagne. C’est un crève-cœur de le traverser si vite… la foule s’accumule à l’entrée et nous sommes quasiment seuls dans le reste du site sous une lumière douce de début de journée. On prend quelques clichés du décor, le Wayna Picchu en toile de fond, avant de reprendre notre chemin. Nous ne regrettons pas notre choix. Face au petit portail de bois qui ouvre l’accès au Wayna, nous sommes seuls. A mesure que l’heure d’ouverture approche, de plus en plus de randonneurs nous rejoignent et la température grimpe. C’est l’heure. On inscrit nos noms sur un registre et on s’élance sur un sentier qui semble nous être réservé. On marche vite pour profiter de cette intimité trop rare avant d’atteindre la plus impressionnante volée de marches que l’on n’ait jamais rencontrée.
Ça monte, tout le temps. Ça monte à coup de marches en pierres irrégulières et étonnamment hautes. Ça tape dans les jambes, les genoux et le cœur. Ça tape mais c’est grandiose. A l’approche du sommet, perchés au-dessus du vide, les vestiges du temple de la Lune apparaissent. Les escaliers toujours plus raides nous emmènent toujours plus haut. On pose les mains au sol pour s’aider, on jette un coup d’œil dans le vide, grisés. Le sommet arrive à quelques 2667m. Il ne nous reste qu’à contempler, en contre bas, la grandeur du Machu Picchu.
La cité inca du Machu Picchu, « Vieille Montagne », s’élève depuis 500 ans sur un promontoire rocheux entre cordillères des Andes et forêt amazonienne. Sanctuaire religieux puis refuge et lieu de résistance des Incas face aux Espagnols, le site est chargé d’histoire et étonnament préservé. Pourtant, à l’heure où l’empire s’effondrait, la cité n’était pas même pas achevée. La ville a donc été abandonnée puis simplement oubliée jusqu’en 1870. Son emplacement, difficile d’accès est sans doute la principale raison de son oubli. Perchée à 2400 mètres et perdue dans la forêt, son lieu de construction a pourtant été soigneusement choisi. Située au croisement de plusieurs failles tectoniques, la cité a pu bénéficier d’un gisement de pierres facile d’accès et d’une position stratégique tout en hauteur. Mieux encore, la présence de failles a permis d’assurer un apport régulier en eau tout en drainant les eaux de pluie en cas d’orages, favorisant ainsi la durabilité des constructions. Décidément ces Incas, de sacrés ingénieurs !
Accompagnés d’un guide, on découvre la zone agricole et son immense ensemble de cultures en terrasses avant de traverser le village, entre habitations et lieux de culte sculptés dans la roche. Sous un soleil de plomb, on rencontre au passage les derniers habitants de la mythique cité: une groupe de lamas tondeuses à gazon et une adorable petite viscache des montagnes, pas farouche le moins du monde. Une jolie découverte malgré la foule rencontrée à l’entrée et heureusement dispersée sur tout le site.
Pour le chemin du retour, on opte pour une balade à pied pour remplacer le trajet en bus. Comme si nous n’en avions pas eu assez, ce sont 1500 marches supplémentaires qui nous conduisent au bord de la rivière dans un décor verdoyant et escarpé. On rejoint donc Aguas Calientes à pied, longeant les bords de l’eau et les rails de chemins de fer, seuls moyens existants pour accéder à la petite ville.
Le coup de cœur de Ptit Jo
La montée du Wayna Picchu est une aventure en soi. Plus encore que la vue au sommet, c’est bien la balade qui nous aura marqués, dans les traces d’une civilisation disparue
Coté pratique
Les activités
Excursion au Machu Picchu Il existe plusieurs moyens de se rendre au Machu Picchu: un trek de plusieurs jours (aux places limitées et au guide indispensable) ou l’arrivée par Aguas Calientes que l’on rejoint directement en train ou par une randonnée d’environ 2h.
Pour l’accès au site en lui même il existe deux formules: – le billet simple à 152PEN avec un créneau au choix entre 6h/12h et 12h/17h. Une heure d’entrée est indiquée et doit être respectée sous peine de se voir refuser l’accès… – le billet incluant le Wayna Picchu à 200 PEN. Une réservations plusieurs mois en avance est obligatoire. Deux créneaux sont possibles : 8h ou 10h. On conseille fortement celui de 8h et d’arriver en avance: grâce à cette astuce, nous étions seuls pour monter. Au retour par contre, nous avons croisé tous les randonneurs partis après nous, faisant la queue dans les escaliers. De quoi largement gâcher la balade.
A noter qu’il est impossible d’emporter un sac de plus de 20L sur le site mais qu’il est en revanche possible de faire tamponner son passeport avec une illustration du Machu Picchu à la sortie du site 🙂
Les repas
Restaurant Bistro Bar Indio Feliz, Pje. Lloque Yupanqui 103, Aguas Calientes Pour cette fois, on se fait vraiment plaisir car les tarifs de cet établissement sont supérieurs à la moyenne. Par contre, il propose un menu copieux aux saveurs franco-péruviennes. On y mange bien dans un décor surprenant.
C’est une longue journée d’excursion qui nous attend aujourd’hui à travers la vallée sacrée, haut lieu de tourisme péruvien longeant la rivière Urubamba. On y trouve de tout: villages charmants, cultures en terrasse, ruines, salines et treks de légende… On y va?
Petit village reconnu pour la qualité de son textile, Chinchero est l’endroit idéal pour assister à des démonstrations du savoir-faire péruvien en matière de textile. Différentes coopératives proposent des visites exposant toutes les étapes de fabrication : de la préparation de la laine à la teinture en passant par le tissage. Si les lieux ont un côté Disneyland, ils sont pourtant intéressants et hauts en couleur. On y passe un bon moment, guidés par une jeune femme tout sourire, et on rencontre une petite famille de cochons d’inde au passage… tout en essayant de ne pas penser à leur avenir incertain. Inconcevable de manger ces adorables frimousses !
En dehors des ateliers de tissage, le village est plein de charme. Il fait bon y trainer au hasard en profitant du calme de ses rues pavées. Devant l’église coloniale, une grande étendue d’herbe donnant sur des cultures en terrasse abrite vendeurs de textiles, fileuses de laine et ateliers de tri des papas, les pommes de terre. La place est bordée de maisons blanches au socle de pierres. Au loin, d’immenses pics enneigés se fondent dans le ciel bleu… Alors qu’on observait sagement ce superbe décor, une petite frimousse malicieuse est venue courir dans nos jambes, visiblement ravie de jouer à cache-cache dans les pattes de nos grandes perches !
Un lieu haut en couleurs qu’on recommande chaudement sur la route de la vallée sacrée !
L’étape suivante fait elle aussi figure d’incontournable à nos yeux. Au cœur des montagnes, 3600 bassins exploités depuis des centaines d’années permettent la récupération du sel issu d’une rivière à la source mystérieuse. Plusieurs dizaines de familles exploitent le site de générations en générations dans un décor grandiose, marchant entre les bassins sur d’épaisses couches de sel craquant sous leurs pas ou raclant la surface de l’eau colorée. S’il était possible il y a quelques années encore de se balader entre les bassins, le site n’est désormais accessible que depuis une plateforme en plein soleil, les bassins ayant été trop dégradés par des visiteurs irrespectueux. En sortant, il est possible d’acheter des paquets de sels de toutes les tailles pour des prix très raisonnables.
Difficile de vous raconter le procédé de fabrication exact ou l’origine d’une telle source de sel au milieu des montagnes… trop absorbée par cet étonnant spectacle et par mes photos, je ne me souviens même pas avoir entendu notre guide parler…
Voisin des salines, le site de Moray est lui aussi une véritable curiosité. Perchée à 3500 mètres d’altitude, cette immense zone de culture était en réalité un laboratoire agricole à ciel ouvert équipé d’un système d’irrigation. Les Incas y ont reproduit différents micro-environnements pour étudier la résistance des cultures à diverses paramètres dont la température. Les plants les plus résistants étaient alors répandus au quatre coins de l’empire pour assurer les récoltes. Plus de 200 espèces y ont été cultivées simultanément. Il n’y a pas à dire… ils sont forts ces Incas !
A quelques dizaines de kilomètres de Cusco, niché à flan de montagnes, on trouve pour finir l’un des villages les plus importants de l’empire Inca. Important en raison de son positionnement stratégique au croisement de plusieurs chemins incas, à l’entrée du site du Machu Picchu, mais important aussi dans l’histoire du Pérou. Dans les ruines d’Ollantaytombo se cache en effet un haut lieu de la résistance contre les conquistadors.
On grimpe jusqu’au sommet de la forteresse, et grimper est vraiment le mot, jusqu’au temple du soleil avant de rejoindre les cultures en terrasse par un chemin surplombant le vide. La plupart des touristes s’arrêtent à l’escalier et nous sommes quasiment seuls dans les terrasses.
En face, perché dans la montagne, le site de Pinkullyuna, gratuit, est accessible à pied et doit offrir une vue superbe sur le village. Par manque de temps, on opte néanmoins pour un bon repas avant de rejoindre la gare.
Notre journée se termine à la nuit tombée par un voyage en train mythique… qu’on aurait aimé faire de jour ! C’est LA mauvaise surprise du voyage organisé. Nous n’avons découvert l’heure des billets que quelques jours avant et impossible pour nous de changer l’horaire. On traverse donc l’un des plus beaux itinéraires du monde en train… dans le noir… L’arrivée animée à Aguas Calientes réconforte un peu: demain nous découvrirons une des sept merveilles du monde.
Le coup de cœur de Ptit Jo
Difficile de choisir entre le marché de Chinchero et les salines de Maras. Une atmosphère incroyable baigne ces deux lieux, entre paix, histoire et tradition.
Coté pratique
Les activités
Une journée dans la vallée sacrée Cette excursion, très classique, a été organisée par Andes Authentiques Tours qui a également organisé nos réservations d’hôtels et nos transports. S’il est possible de voyager seul au Pérou, nous avons jugé qu’en groupe de 7, la gestion des transports en communs serait trop chronophage et avons opté pour la facilité et le confort d’une agence. De nombreuses agences proposent des expériences à la journée au départ de Cusco.
Le logement
Hôtel Inti Punku Alameda Inn, Av. Los artesanos 209, Aguas Calientes Un logement classique idéalement placé en face du départ pour le Machu Picchu.
Les repas
Puka Rumi, Calle Ventiderio, Ollantaytambo On y mange des fajitas classiques et d’énormes assiettes de guacamole. Ouvert en continu et facile d’accès.