Au sommet des Andes

5 au 8 août 2019

Après quelques jours formidables en Amazonie, nous voilà revenus provisoirement dans la capitale péruvienne où notre petit groupe se sépare. Certains rentrent en France, d’autres poursuivent l’aventure vers la dernière grande étape de ce périple péruvien : la cordillère des Andes. Après une soirée en bord de mer à Lima et un trajet en bus de 7h aux nombreux virages, nous arrivons à Huaraz et ses quelques 3052 mètres. Sur le moment, tout va bien. On découvre la capitale des Andes sans grand charme mais pleine de vie, de bruit et de restaurants aux cuisines du monde.

Au matin, un mini bus jaune tout droit sorti des années 70 vient nous récupérer pour une longue journée de route dans la cordillère. Il faut près de 3h pour gagner le glacier, on s’arrête donc en cours de route pour faire une pause et avaler notre troisième maté de coca de la matinée, espérant encore naïvement qu’il nous sauvera des maux d’altitude… Un peu plus loin, on s’arrête de nouveau sur l’altiplano et ses prairies immenses balayées par le vent. Au milieu des étendues herbeuses, d’énormes boules de feuilles piquantes apparaissent ponctuellement et forment de petites colonies. Les puya raimondi fleurissent une fois dans leur vie, après une centaine d’années d’existence. Leur fleur s’élance vers le ciel en une hampe florale de près de 10 mètres avant de laisser la plante s’éteindre doucement, épuisée par un tel exploit. Entre les touffes herbeuses, on trouve aussi des sources gazeuses aux différentes nuances de bleu qui parsèment le paysage. On adore ces grandes prairies péruviennes sauvages croisées tout au long du séjour.

Une courte balade grimpe jusqu’au glacier Pastoruri dans un décor lunaire. Si on avait scrupuleusement respecté les règles de passage d’altitude jusqu’à présent, notre courte escale en Amazonie semble nous avoir fait repartir à zéro. De façon bien plus violente que lors de l’ascension de Vinicunca, en tout cas pour moi, l’altitude se rappelle au bon souvenir de nos organismes peu habitués. Ces ridicules kilomètres n’auront été que souffrance et seule l’impensable idée de ne pas arriver au sommet m’aura permis de continuer à avancer. Avec le recul, j’ai l’impression d’avoir mis des heures à gravir ces fichus 300 mètres de dénivelé : 4900-5200. Des chiffres qui donnent un peu le tournis. Arrivée en haut, un élan de découragement énorme s’abat sur moi à la perspective des balades à venir. J’abandonne mon sac à dos et je ronchonne longuement après cette idée idiote de cordillère des Andes. Puis finalement, en levant les yeux sur ce décor paisible, tout va mieux. Tout est contrasté autour de nous, la glace blanche tranche radicalement avec la pierre d’un gris mat, même le bleu du lac est étrangement profond. Au bout d’un moment, on repart tranquillement (forcément, ça descend) vers notre mini bus, marchant sur l’ancien domaine du glacier, le cœur un peu serré face à un nouveau constat écologique : le glacier recule malheureusement de près de 15 mètres par an.

Le lendemain, on file droit vers la dernière ascension du séjour, vers un immense classique des treks dans le secteur : la laguna 69. Sur la route, on croise un premier lac aux eaux turquoises baignant les pieds de parois abruptes et ensoleillées. Le lac Llanganuco ouvre sur une vallée colorée traversée d’une petite rivière agitée qui abrite le point de départ de cette randonnée. Les premiers kilomètres sont faciles, paisibles. On circule dans les herbes jaunies, entourées de hautes montagnes et de vaches se baladant librement. On arrive finalement à une série de lacets grimpant dans les herbes hautes et, étonnamment, on les vit plutôt bien. Nous sommes déjà à plus de 4000 mètres mais on souffre à peine plus que dans nos montagnes françaises. Des bosquets de fleurs violettes colorent peu à peu le chemin, quelques cascades s’écoulent sur les montagnes voisines et, progressivement, on se rapproche de la neige.

Au sommet de la première montée, un petit lac ouvre la porte d’un autre plateau charmant aux couleurs de savane. Au-dessus de lui, d’imposantes falaises grises forment un mur menaçant. C’est au sommet de ces falaises que la récompense nous attend.

On reprend la route calmement, les yeux grand ouverts sur cette montagne magique puis on grimpe, encore, longtemps. A mesure que l’on avance, la végétation disparait. Bientôt, une ambiance grise s’empare du décor. Le soleil tape fort et éblouit en se reflétant sur la neige. On avance toujours, au pied d’imposants cimetières de pierres surmontés d’énormes blocs de glace. Enfin arrive le lac, majestueux, d’une couleur parfaite. Aucune des photos ne lui rend justice. On s’arrête un long moment pour le pique-nique, le visage caressé par le soleil, une bonne fatigue dans les pattes mais heureux de cet accomplissement. On déjeune à 4600 mètres d’altitude où l’on savoure les derniers instants d’un séjour qui se mérite.

Un séjour plus éprouvant que tous les autres.

Un séjour dont on ressortira plus grands.

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’arrivée à la laguna 69 reste sans doute le meilleur souvenir de la Cordillère, le décor est fantastique tout du long et je me souviens avec émotion des derniers mètres parcourus en courant pour avoir enfin la vue sur cette eau claire entourée de neige. Le meilleur moyen de terminer ce séjour.

Coté pratique

Les activités

Étant partis avec l’agence Andes Authentiques Tours, nous n’avons pas eu à organiser nous-mêmes ces excursions, voilà tout de même quelques informations.

Glacier Pastoruri
Le glacier Pastoruri est accessible avec sa propre voiture (route en bon état) ou par le biais d’un tour organisé depuis Huaraz pour environ 35 PEN. Il faudra compter 6heures de route aller-retour plus le temps passé sur place. Toutes les agences proposent des arrêts sur la route et sur l’altiplano à proximité de Puma Pampa. L’entrée au parc Huascaran est comptée en supplément pour environ 30 PEN.

Laguna 69
Le point de départ de cette randonnée se fait à quelques 3900 mètres et le sentier grimpe jusqu’à 4600 pour une distance totale de 14km. Si cela peut paraitre impressionnant, la randonnée est sans doute nettement plus accessible qu’elle n’y paraît tout en constituant une véritable expérience pour les randonneurs en quête de nouveaux sommets. Si un guide est complètement inutile ici, il sera tout de même nécessaire de trouver un moyen de transport et de partir tôt car la route est un peu longue. De nombreuses agences propose cette prestation ce qui implique beaucoup de monde au point de départ mais les randonneurs se dispersent vite sur le chemin. Les tarifs sont à peu près identiques au glacier et il faut, là aussi, compter l’entrée au parc.

Le logement

Hôtel El Tumi, Jr.San Martin 1121, Huaraz
L’hôtel est bien placé dans Huaraz et donne accès à un salon de massage (en supplément) au dernier étage, agréable après de longues journées de marche.

Les repas

Crêperie Patrick, Avenue Luzueiaga 422
On mange de tout dans ce restaurant, c’est bon mais pas inoubliable.

Mi Comedia pizzeria, Av. Centenario 351, Independencia Al Frente de la Unasam, Huaraz
Une excellente pizza dans un décor cocooning et chaleureux, agréable dans la nuit froide de Huaraz.

Chili Heaven, Parque Ginebra Lot 28, Huaraz
Une bonne adresse pour tous ceux qui n’ont pas peur de manger asiatique et relevé !