La montagne arc en ciel

31 juillet 2019

Il fait nuit et froid quand nous nous réveillons ce matin-là. A l’heure où Cusco dort encore, nous rejoignons notre mini bus les yeux à moitié clos pour gagner un lieu de plus en plus prisé par les voyageurs. Un lieu qui, comme souvent au Pérou, se mérite.

On comate le plus gros du trajet, à peine éveillés quand le bus s’arrête au bord de la route pour un petit déjeuner dans une salle vitrée et glaciale où l’on se réconforte à grand coup de maté de coca brulant.

Après 3 heures de trajet, on arrive finalement aux portes de Vinicunca dans un décor montagneux spectaculaire. Le parking perdu sur les hauteurs du monde est déjà plein. Des bus entiers, des minibus comme le nôtre ou des taxis s’accumulent au départ d’une randonnée d’exception. Quelques familles sont installées là, dans cet univers poussiéreux mais baigné de soleil. Vêtues de tenues bigarrées, elles veillent sur les lamas et alpagas qui errent sur les pentes ou proposent des mules aux voyageurs inquiets par la marche.

Le début de la balade, à plat, est plaisant. Dans cet univers désertique, les versants de la montagne arborent un vert étrange, le sol est recouvert d’une poussière rosée avec, en toile de fond, d’impressionnants sommets enneigés. Passé le premier kilomètre (ou le deuxième on ne sait plus !), le sentier s’élargit notablement. Une grande esplanade minérale fait figure d’étape dans cette course à la hauteur. Les randonneurs s’arrêtent, les mules aussi. Désormais, chacun devra poursuivre à pied. Au bout de cette esplanade, la mauvaise nouvelle de la journée : une montée, deux en fait en regardant bien…

Je ne sais pas si elles étaient vraiment si impressionnantes… En y repensant, ces montées n’étaient sans doute pas si terrible. Mais sur le moment, elles ont provoqué un immense découragement.

A cette altitude, l’organisme souffre. Si on a la chance de ne pas être malade, on peine à mettre un pied devant l’autre, surtout dans la dernière ascension qui file droit vers le mirador. Le cœur et la tête fonctionnent, le cerveau sacrifie le reste. Les jambes sont douloureuses rapidement et on se sent vraiment rouillés. Autour de nous, on voit de tout : de véritables athlètes qui souffrent à peine et d’autres randonneurs encore plus abattus que nous.

Puis finalement on y arrive, on voit enfin la pancarte indiquant le sommet. C’est seulement là qu’on cesse de fixer le sol et qu’on se retourne, ébahis. On découvre sous un nouvel angle l’incroyable vallée traversée puis, elle est enfin là: la montagne arc-en-ciel, ses couleurs sucrées et son ciel bleu intense. Elle est là, comme un aboutissement, peu importe le nom qu’on lui aura choisi : Cerro Colorado, Rainbow Mountain, Montana Siete Colores… 7 couleurs pour autant de minerais, accumulés depuis des siècles qui forment cet étrange environnement.

Ça y est, on a passé les 5000 mètres.

On a parcouru les 5 kilomètres les plus longs de notre vie.

On se retrouve sur les hauts sommets du monde après une randonnée dans des paysages à la fois magnifiques et uniques.

On respire un air unique, pur et frais.

On vit, en grand.

Autour de nous, de nombreux touristes partagent le même sentiment et le même sourire : tous ont réussi. On fait tamponner nos passeports et on observe, longuement.

Les plus courageux d’entre nous s’élancent à l’assaut de la montagne rouge voisine, dissimulée derrière les sommets. Ils seront quasiment seuls sur le trajet qui grimpe encore de quelques centaines de mètres pour découvrir un paysage désertique haut en couleurs. Avec le recul, je regrette infiniment de ne pas avoir tenté l’expérience et d’avoir laissé mes jambes fatiguées céder au repos.

Vinicunca demande du temps, de la patience et du courage.

Elle en vaut la peine, sans aucun doute.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le mirador sur cette montagne aux airs de berlingot se mérite mais la récompense est grande

Coté pratique

Les activités

Alors qu’il était autrefois difficile de se rendre sur les pans de la montagne sans faire de laborieux trek, une nouvelle route amène désormais bien plus près. Étant partis avec l’agence Andes Authentiques Tours, nous n’avons pas eu à organiser l’excursion. Nous avons bénéficié d’un guide tout au long de la balade qui veillait au bien être de chacun et qui nous a surtout laissé profiter des lieux autant qu’on le souhaitait. Dans votre choix d’excursion, il me semble que ce sera l’essentiel : avoir du temps pour savoir la montagne et l’explorer à son rythme.

Pour ce type d’excursion à la journée, il faudra compter environ 80 soles par personne. Certaines offres comprennent une nuit en refuge. Elles partent toutes aux environs de 4h du matin pour assurer du temps sur place. C’est donc l’heure de pointe. Certains sites conseillent de venir sur les lieux par ses propres moyens vers 11h et de faire la randonnée sans guide (ce qui est facilement réalisable)

Le logement

Hôtel Amerinka, Calle Marques 272, Cusco
Des chambres spacieuses, un bon petit déjeuner et un emplacement parfait.

Les repas

Le Buffet Francés, Carmen Alto 219 San Blas, Cusco
Pour une raclette andine accompagnée de charcuterie locale !

Granja Heidi, Cuesta San Blas 525 2nd Floor, Cusco
Un restaurant de qualité dans un cadre charmant

Crêperie Backpacker La Bo’M, Calle Carmen Alto 283. San Blas., Cusco City Centre
Pour le plaisir de manger des crêpes bretonnes à l’autre bout du monde dans une ambiance baba cool.

Jack’s Cafe, Choquechaka 509, Cusco
Une référence que nous n’avons pourtant pas apprécié particulièrement.

Papachos, Portal de Belen 115 Plaza de Armas, Cusco
Un restaurant à l’étage donnant sur la place des armes. Une cuisine à base de frites et de burgers, bien utile pour se remettre de nos émotions.