Gourmandises en musique

Cette dernière journée débute sous un brin de soleil pour nous changer de la brume ambiante qui persiste depuis notre arrivée. Le temps parfait pour découvrir le Prater, poumon vert de Vienne réputé pour sa grande roue.  Les stands s’étendent sur de longues allées mais le parc est presque désert en ce début de matinée (le parc est officiellement fermé après le 31 octobre…). Quelques manèges d’un autre temps y côtoient des attractions bien plus modernes et originales. On regrette un peu de ne pas être venus en pleine saison pour profiter des lumières, de la musique et des odeurs de barbe à papa.

En poursuivant vers les rives du Danube, on s’éloigne un peu des allées chics de la Vienne traditionnelle pour approcher son quartier plus alternatif. La Kunsthaus est la version rénovée par Hundertwasser d’une ancienne usine de meubles. Ses façades bariolées, ses sols irréguliers et ses assemblage de verre, de brique et de céramique sont les traits caractéristiques du travail de l’architecte autrichien. Les étages sont consacrés aux expositions permanentes ou temporaires et un café restaurant écolo réputé, le Dunkelbunt, occupe une partie du hall.

Un peu plus loin, la Hundertwasserhaus est construite dans la même veine. Il s’agit sans doute du HLM le plus connu d’Autriche avec ses loyers imbattables (5€ le m²…). Le Hundertwasser village, situé sur le trottoir d’en face, ressemble à un petit marché couvert au décor coloré. La plupart des boutiques n’abritent cependant que des marchands de souvenirs.

Sur le chemin du retour vers le centre ville, nous optons pour un petit détour vers le Belvédère et son jardin inspiré des créations de Le Nôtre. Les deux bâtiments abritent diverses expositions mais nous ne faisons que traverser le parc pour visiter le premier marché de Noël de la journée. Cette étape est l’occasion d’une rencontre avec des compatriotes savoyards qui embaument tout le marché avec leurs sandwichs à la raclette… On sourit devant les petits bonhommes de neige et les décors en bois, on admire des boules de verre pleines de détails et on s’étonne devant ce qui est sans doute le stand des plus gros beignets du monde. Une place est néanmoins réservée dans notre estomac pour une autre spécialité, il nous faudra donc patienter un peu.

Les prochains marchés sont situés le long du Ring vers le Museumsquartier. Il s’agit d’un des plus grands regroupements de musées au monde et il est difficile de savoir par où commencer. Par manque de temps, nous ne faisons que pousser la porte du musée des Beaux Arts, le Kunsthistorisches Museum (ou KHM pour les intimes) qui abrite les milliers d’œuvre accumulées par les Habsbourg pendant leur règne. En entrant par la rotonde, on regrette immédiatement de ne pas avoir notre après midi pour visiter ce lieu qui, rien que par son décor, vaut sans aucun doute le détour. Les stands de Noël ont envahi l’espace sur le parvis. Si les marchands sont similaires à ceux présents sur les autres marchés, on y découvre pour la première fois le Trdelnik, pâtisserie slovaque grillée à la braise et recouverte de sucre et de noisettes pilées. Cette découverte annonce l’heure du goûter, direction l’hôtel Sacher.

Il y a foule sur le trottoir qui longe la devanture. Les touristes forment une longue file d’attente devant le célèbre café mais aussi devant le comptoir qui vend directement les pâtisseries à emporter dans de belles boites en bois. Le couloir lambrissé, les lustres clinquants et les tapisseries rouges recouvertes de l’ananas des Habsbourg plantent le décor. On nous accueille en posant nos manteaux au vestiaire, le décor est grandiose… Il ne faut que quelques minutes pour qu’on nous serve la fameuse sachertorte, à base de génoise au chocolat et de confiture d’abricot et recouverte d’un glaçage au chocolat absolument parfait. Vienne n’est pas franchement une destination diététique mais peu importe au fond, la sachertorte est un incontournable.

Les grandes artères du centre ville toutes proches nous amènent vers la maison de la musique qui occupe un palais haut de plusieurs étages. Attirés par sa réputation de musée ludique, nous nous laissons tenter par cette dernière visite. Des marches d’escalier musicales en touches de piano annoncent la couleur. Au premier étage abrite une petite pièce noire où il est possible d’écouter autant que l’on veut le dernier concert du nouvel an pendant que, dans le hall voisin, un stand propose de créer sa propre valse par des lancers de dés aléatoires (avec plus ou moins de réussite). L’étage supérieur est comme un labyrinthe qui propose de jouer avec les sons. On colle l’oreille à des pommeaux de douches et des entonnoirs argentés pour essayer de reconnaitre les sons du corps humains ou les bruits du quotidien. Au virage d’après, on glisse la tête dans un demi globe terrestre pour atterrir à New York ou sur les plages de l’île de Pâques…Comme des enfants, on teste tous les jeux, tous les écrans, tous les sons… Encore quelques marches supplémentaires pour se promener dans la vie des plus grands compositeurs autrichiens à travers des appartements reconstitués. Pour finir, on choisit un morceaux pour jouer les chefs d’orchestre devant un grand écran. La maison de la musique n’est sans doute pas un incontournable mais on y passe un bon moment.

Il fait nuit noire dans Vienne quand nous quittons le palais. L’animation du weekend donne finalement à la ville tout le relief d’une capitale et le marché de Noël de la Karlskirche déborde de monde. Les tasses de vin chaud s’y entrechoquent dans la bonne humeur. Au centre, la grande place a été transformée en crèche géante où les enfants ont entamé une bataille de foin, à défaut de neige.

A l’autre bout du Ring, l’hôtel de ville aussi brille de mille feux. Les lumières du bâtiment gothique et du Christkindlmarkt scintillent dans la nuit. Une immense patinoire toute éclairée de violet serpente dans le parc en bordure des chalets de bois qui proposent une avalanche de décorations et de sucreries.

Avant de rentrer, nous tentons notre chance pour l’opéra de Vienne. En effet, une caisse spéciale ouvre dans Operngasse entre 2h et 1h30 avant chaque représentation. Elle permet d’acheter des Stehplätze, autrement dit des places debout, entre 3 et 6€ pour assister aux représentations. Sous la galerie couverte, une longue file d’attente est déjà formée. Certains se sont mis sur leur 31, d’autres sont emmitouflés dans leur doudoune et leur bottes fourrées.

Nos billets en poche, on remonte un couloir sobre pour déboucher dans l’entrée principale face au grand escalier. C’est un peu le choc des cultures entre les détenteurs de billets à 3€ et les Viennoises en tenue de gala. L’espace d’un instant, je regrette mon pull de Noël et admire les robes de princesse… Nos places debout attendent près des balcons, une ribambelle d’écharpes marquent déjà les places des premiers spectateurs. Les rangées se remplissent rapidement puis les lumières s’éteignent et les première notes résonnent. Notre escapade hivernale s’achève donc au son des airs de La Traviata, dans la chaleur des galeries du Staatsoper.

Aujourd’hui, les lumières des bougies de l’avent brillent sans doute sur les couronnes de sapin de Vienne. Le jour idéal pour se replonger dans l’ambiance et prolonger un peu l’esprit de Noël.

Joyeuses fêtes à tous 🙂

Coté pratique

Les visites

Kunst Haus
Entrée gratuite dans la cour et le hall, musée 10€
Tous les jours,  de 10h00 à 18h00
http://www.kunsthauswien.com/

Hundertwasser village
Entrée gratuite
Tous les jours,  de 10h00 à 18h00
http://www.hundertwasser-village.com/

Belvédère
Entrée 19€
Tous les jours,  de 10h00 à 18h00
http://www.belvedere.at/

Kunsthistorisches Museum
Entrée 12€
Mardi au Dimanche,  de 10h00 à 18h00
Jeudi,  de 10h00 à 21h00
https://www.khm.at/

Haus der Musik
Entrée 11€
Tous les jours,  de 10h00 à 12h00
http://www.hausdermusik.com/

Rathaus (Hôtel de ville)
Des visites guidées gratuites sont organisées les lundi, mercredi et vendredi à 13h.

Wiener Staatsoper (Opéra)
Entrée 7€ pour des visites du lundi au vendredi, horaires variables disponibles sur le site
http://www.wiener-staatsoper.at/en/your-visit/guided-tours/
Stehplätze (places debout) : ne pas hésiter à faire la queue, même un peu en dehors de la galerie couverte, les places debout sont assez nombreuses. Une fois dans la salle, les sous-titres sont disponibles en anglais et en allemand, bien pratique…

Dans les pas de Sissi

Arrivés à Schönbrunn sous la brume après seulement quelques stations de métro, nous découvrons le décor de la résidence d’été mythique des Habsbourg. Les volets du château semblent encore clos et le marché de Noël qui a pris place à ses pieds s’éveille peu à peu. Nous optons pour un billet combiné afin de visiter autant de lieux que possible dans l’immense domaine qui s’étend devant l’édifice. Nous débutons par le château à peine arrivés sur les lieux tant les touristes sont rares en ce vendredi matin. L’audioguide distribué à l’entrée nous accueille sur quelques notes de classique, raconte l’histoire du palais et les habitudes de ses occupants au fil des quelques 40 pièces accessibles (sur près d’un millier…). Les appartements sont grands et lumineux, le décor harmonieux malgré le flot de tableaux qui orne certains murs. Les pièces se succèdent mais chaque ambiance est unique : portes dérobées, lambris laqués, cabinets chinois et oriental, salle de bal scintillante habillées de miroirs et de stucs dorées… tous les châteaux se ressemblent probablement mais, pour quelques instants, on marche dans les pas de la famille impériale. Seule ombre au tableau : les photos sont interdites à l’intérieur…

La balade se poursuit dans les jardins presque déserts. Une légère brume flotte toujours dans les allées dégarnies. L’hiver froid et gris ne rend sans doute pas hommage aux jardins mais il faut tout de même circuler dans les allées pour découvrir quelques surprises comme les vraies/fausses ruines romaines, le labyrinthe, les volières ou les statues de marbre blanc.

Le zoo voisin est lui aussi bien calme, même les animaux ont préféré rester à l’abri. Le Tiergarten est pourtant le plus vieux d’Europe et permet d’admirer pandas, koalas, ours polaires ou éléphants. Une serra tropicale sur plusieurs étages a été reconstituée et les oiseaux colorés y volent en totale liberté… tout comme les chauve souris ! L’enclos des ours blancs est également flambant neuf. Plus surprenante dans un zoo et dissimulée dans la forêt, une ferme tyrolienne où se promènent vaches et cochons marque la sortie du parc. L’endroit idéal pour une pause déjeuner.

L’ambiance du lieu contraste avec la froideur extérieure. La salle recouverte de bois est chaude et accueillante, l’odeur du pain chatouille les narines et la patronne installe des décors de Noël en riant devant ses personnages animés. Les fenêtres ouvrent sur une forêt brumeuse où l’on s’attendrait à voir tomber la neige. On nous sert rapidement de belles tartines de fromage aux baies et une généreuse planche de charcuterie locale. A deux pas d’un des symboles de l’empire autrichien et en pleine capitale, nous voilà ramenés dans un chalet à la montagne.

La journée se poursuit vers la serre aux palmiers après avoir péniblement quitté le chalet. La lourde porte de la serre ouvre sur trois pavillons à l’atmosphère et au climat propres.  Le plus grand des pavillons présente des plantes méditerranéennes, le suivant des plantes d’Asie et le dernier voit s’épanouir des espèces tropicales. La température et l’humidité varient d’un secteur à l’autre pour recréer au mieux les conditions de vie. On circule donc entre les petites allées et les tunnels pour découvrir, entre autres, palmiers géants et orchidées.

Juste à côté, la maison du désert présente sa riche collection de cactus. Là encore, nous sommes seuls au monde. Cependant, en s’installant un instant sur un banc sans rien dire, le lieu s’anime. Une tortue se laisse observer entre deux rochers. Des oiseaux colorés apparaissent un à un et viennent se rouler dans le sable juste devant nos yeux. On les voit qui sautillent de branches en branches au-dessus de nos têtes. Une dernière animation nous attire avant de regagner le château.  Un aquarium plein de Doctor Fishes est placé à la sortie de la serre. On y glisse la main avec curiosité et, aussitôt, des dizaines de poissons viennent s’accrocher au bout de nos doigts.

La visite terminée, les lumières s’éteignent derrière nous et le parc du château se retrouve tout à coup plongé dans le noir. En remontant les allées prises dans la pénombre, on rejoint le château illuminé pour les fêtes. La place s’est subitement remplie, les stands de boissons sont pris d’assaut et les petites maisons dégagent une odeur d’anis et de cannelle. Les boules de verre scintillent à la lumière, les artisans locaux proposent leurs sculptures de bois ou leurs produits régionaux. Pendant que des musiciens s’installent sous le grand sapin, nous optons pour un strudel dans la cour du palais. Si la pâtisserie vaut le détour, l’ambiance du café froide et commerciale nous fait regretter le chalet tyrolien.

C’est sur cette note sucrée que s’achève notre journée à Schönbrunn. D’autres marchés de Noël nous attendent dans Vienne…

Coté pratique

Les visites

Grand tour avec audioguide
Entrée 13,5€
Tous les jours,  de 8h30 à 16h30
Juillet/Août,  de 8h30 à 18h00
https://www.schoenbrunn.at/

Le jardin zoologique de Schönbrunn
Entrée 18,5€
Novembre à Février,  de 8h30 à 16h30
Mars et Octobre,  de 8h30 à 17h30
Avril à Septembre,  de 8h30 à 18h30
http://www.zoovienna.at/

La grande serre aux palmiers
Entrée 4€
Octobre à Avril,  de 9h30 à 17h00
Mai à Septembre,  de 9h30 à 18h00
Octobre à Décembre,  de 9h00 à 17h00

La maison du désert
Entrée 4€
Janvier à Avril,  de 9h00 à 17h00
Mai à Septembre,  de 9h00 à 18h00
Octobre à Décembre,  de 9h00 à 17h00

Une alternative ?

Winter Pass, 39€
Comprenant le grand tour avec audioguide, le jardin zoologique de Schönbrunn, la maison du désert, la grande serre aux palmiers et la collection de voitures historiques

Noël de l’Est

Arrivés à Vienne en milieu de journée, la ville semble étonnamment calme pour une capitale. Les rues qui entourent notre appartement abritent tout un tas de galeries d’art et de vieilles librairies où rien ne bouge. Attirés par les lumières, nous finissons par emprunter un passage couvert aux vitrines décorées pour Noël avant de déboucher directement devant la cathédrale St Stéphane. Un peu étonnés de s’y être rendus si vite, nous faisons le tour le nez en l’air pour observer les tuiles colorées et les motifs du toit. La cathédrale est en rénovation mais les parties déjà ravalées permettent de se faire une bonne idée des détails dissimulés par les bâches.

L’édifice se reflète dans les étages vitrés de la Haas-Haus, porte d’entrée du Graben, ce quartier viennois où s’alignent façades impeccables et boutiques de luxe. Quelques fiacres circulent dans les avenues où d’autres chevaux attendent sagement sous une couverture. A deux pas de la cathédrale se trouve la plus discrète Peterskirche. Un peu en retrait du Graben, elle pourrait presque passer inaperçue au milieu de toutes ces vitrines éclairées. Il faut pourtant pousser la porte de cette église aux décors flamboyants, toute en couleurs et en dorures. Les notes d’un orgue résonnent sous la coupole pendant que nous observons ce décor étonnant. Vienne et sa musique…

Quelques pas supplémentaires suffisent à gagner la maison Demel, véritable institution à Vienne depuis près de 200 ans. Sa vitrine ornée de petits gâteaux laisse deviner l’intérieur de cette confiserie d’un autre âge, au plafond lambrissé et aux tables de marbre rose. En s’avançant dans la boutique, nous arrivons sur le salon et le jardin d’hiver où des Demelinerinnen, toutes de noir vêtues, nous installent face à l’atelier. Une dizaine de pâtissiers s’activent alors sous nos yeux et décorent des centaines de mignardises pour les fêtes. Un chocolat viennois et une pâtisserie (au nom imprononçable pour un non germaniste) plus tard, nous quittons le salon où se pressent toujours des flots d’habitués et de curieux.

Le grand palais de la Hofburg, ancien siège du pouvoir autrichien, se dresse immédiatement devant nous. Un petit marché de Noël formé de cabanes blanches a pris place à ses pieds et marque l’entrée du quartier des musées. En passant le porche, on tombe directement sur l’école d’équitation de Vienne dont les écuries vitrées attirent les passants. Nous choisirons cependant un autre trésor tout proche : la bibliothèque nationale et sa salle d’apparat.

Un escalier blanc et sobre mène à la grande salle où l’odeur subtile des livres anciens se devine déjà. Pénétrer dans la bibliothèque de Vienne est comme de pousser la porte de ses rêves d’enfant, remplis de bibliothèques interminables et d’échelles en bois. C’est un peu comme devenir Belle qui s’émerveille devant le cadeau de la Bête dans le célèbre Walt Disney. On s’extasie devant le plafond coloré et ses trompes l’œil, on rêve devant les milliers de livres aux couleurs passées et au cuir vieilli sagement rangés sur les étagères. Peu de touristes ont choisi de découvrir cet espace hors du temps à l’atmosphère feutrée malgré les quelques 200 000 livres de toutes les tailles et de toutes les époques qui sont conservés sous la grande voûte. Il est donc facile de s’attarder devant les ouvrages exposés en vitrine, les statues et les globes terrestres disséminés dans la Prunksaal. On voudrait pouvoir gravir les petits escaliers de marbre, accéder à l’étage et dessiner les reliures du bout des doigts…

Il fait déjà nuit quand nous ressortons finalement face à l’Albertina et à l’opéra. Le centre de Vienne s’anime, les allées commerçantes et parfois piétonnes s’offrent à nous le long du Ring et de la KärntnerStraβ. Comme dans toutes les capitales, les grandes enseignes se mêlent aux boutiques de souvenirs. Quelques cabanes prises d’assaut proposent du vin et, plus original, du punch chaud pour se remettre du froid qui commence à tomber.

Le hasard nous mènera finalement jusqu’à une petite salle de concert où une poignée de musiciens reprennent les classiques les plus connus. Notre première soirée viennoise s’achève sur les douces notes de violon qui nous trotteront dans la tête pour le reste du séjour. Nous repartons en sifflotant vers notre appartement dans la nuit noire et brumeuse, presque surpris de ne pas croiser la neige sur le chemin du retour.

Les fantômes de Doñana

Partis de Séville pour une dernière découverte, nous empruntons pour la première fois les routes andalouses entourées de champs d’oliviers. Les haies de cactus et des lauriers roses défilent jusqu’à l’entrée du parc national de Doñana situé à l’extrémité de la Costa de la Luz, à l’embouchure du Guadalquivir.

Avant d’accéder au parc, nous optons pour un détour à Matalascañas pour répondre aux estomacs affamés. Alors que la route longeait les pins et les dunes de sables depuis une quinzaine de kilomètres, la cité balnéaire surgit subitement en bordure de l’océan. Les barres d’immeubles et les rangées sans fin de maisons identiques étonnent un peu à l’entrée de cette immense réserve naturelle. La vraie surprise vient pourtant de l’absence complète d’activité dans les rues: les parkings sont vides, les volets clos et les restaurants fermés. Même le front de mer et la plage sont déserts. Nous finissons tout de même par trouver l’unique terrasse restée ouverte à cette saison avant d’aller profiter du bord de mer qui semble nous être réservé.

Après cette première pause, il ne nous faut que quelques minutes pour rejoindre la discrète entrée El Acebuche, définie par un portail noir tout juste ouvert entre deux grands pins. Sur le chemin menant jusqu’au centre d’information, des panneaux encourageants nous demandent de veiller aux lynx présents dans le parc. Fenêtres grandes ouvertes et appareil photo sur les genoux, nous roulons doucement, déjà à la recherche des  quantités d’oiseaux, de cerfs et (pour les chanceux) de lynx ibériques promis dans les guides. La balade s’achève cependant rapidement en raison d’une invasion de moustiques plus que coriaces. Les balades en 4*4 régulièrement proposées pour découvrir les dunes et sa faune ne sont plus disponibles pour la journée… Un plan B s’impose.

Nous optons finalement pour une autre entrée sur le parc repérée sur le plan du centre d’information: El Rocio. Le GPS nous signale qu’une partie de l’itinéraire n’est pas carrossable mais nous partons sans en tenir compte. La courte route se fait sans encombre et nous ne comprenons le message du GPS qu’à l’arrivée. Passés le parking, les routes ne sont en effet constituées que de sable dans le hameau.

La grande église marque l’entrée du village. D’un blanc immaculé tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, on ne voit en entrant que son autel bardé de dorures. Perdu au milieu du parc, ce lieu fait pourtant l’objet du plus grand pèlerinage d’Espagne, la Romeria del Rocio, où la foule forme une large procession de piétons et de cavaliers. Malgré cette renommée, là encore, tout semble désert. Seuls quelques cavaliers passent en trottant près de nous.

Avec ses grandes allées de terre battue marquées par les traces de sabot, El Rocio nous a transporté loin en dehors d’Espagne. Un peu étonnées, nous découvrons peu à peu cet endroit étrange où la vie n’a l’air d’être tournée que vers la religion et les chevaux. Les confréries fleurissent à chaque coin de rue et on s’attendrait presque à trouver un saloon entre les terrasses de bois. Notre chemin nous ramène au bord du marais où le cri des bernaches résonne. On aperçoit sur l’autre rive des colonies de flamants roses et des chevaux marchant tranquillement dans l’eau. Aucun moustique à l’horizon, le calme est absolu.

La suite du périple nous amène à Cadix, capitale de la Costa de la Luz. Assez peu touristique et encerclée par l’océan, la ville est un véritable labyrinthe de ruelles où l’on se perd, d’expérience, assez facilement. Nous traversons des quartiers animés aux bars, restaurants et boutiques animés pour arriver jusqu’au marché aux fleurs. La balade se poursuit en bord de mer jusqu’à la caleta, plage de Cadix prise entre deux anciens forts, permet d’observer les fortifications qui caractérise la cité. Le parque Genovés et sa cascade marqueront notre dernière étape ensoleillée en Andalousie. Après une semaine loin de la grisaille automnale, il ne reste qu’à repartir pour préparer le prochain périple.

Coté pratique

Un logement

Hôtel La cathédrale
Bien placé, un jacuzzi sur le toit face à la cathédrale de Cadix et de jolies réductions hors saison.
http://www.hotellacatedral.com/ aussi disponible à la réservation sur Booking.

Escapade à Cordoue

Partis de Séville en train le matin, nous voici arrivés moins d’une heure plus tard à Cordoue. Cité médiévale en bord du Guadalquivir, Cordoue regorge de petites ruelles et de patios dissimulés derrière chaque porte ou presque. On y vient surtout pour sa mosquée cathédrale, véritable bijou que nous partons découvrir sur le champ…Sur le champ ou presque. En sortant de la gare, une grande allée large et fleurie nous entraine droit… à l’opposé du cœur de ville ancien. Après avoir retourné notre plan trop petit dans tous les sens et avoir mené une recherche assez vaine de panneaux, un couple d’espagnols vole à notre secours et nous entraine dans un dédale de ruelles pavées, directement jusqu’à la mosquée. Rencontre improbable (et salutaire) à peine arrivés.

Après cette petite mésaventure, nous arrivons dans la mezquita par la grande porte sous le minaret pour découvrir un nouveau patio des orangers. Si l’endroit rappelle Séville, le patio parait pourtant plus chaud avec ses palmiers et ses fontaines colorées. La file d’attente s’épuise rapidement et il est temps de pénétrer dans la mosquée par la puerta de las Palmas.

A peine entrés, on part se perdre entre les centaines de colonnes de marbre et de granit en provenance du monde entier. Les mains courant sur la surface des colonnes, on admire les séries d’arcs, les couleurs et les milliers de détails sculptés. Les travées semblent s’étendre indéfiniment et les effets de perspective laissent place à d’étonnants puits de lumière ici et là. En approchant des parties les plus anciennes, on imagine un instant le retour des dorures et des milliers de tapis qui devaient joncher le sol de l’époque.

L’édifice regorge de surprises et un arrêt lecture de guide s’impose pour comprendre le caractère unique de ce lieu. Les genres et les cultures s’y mélangent en une curieuse harmonie.

La mezquita s’est en effet bâtie sur près de 9 siècles, se réinventant au fil des époques, des conquêtes et des souverains. Temple romain, église, mosquée puis église à nouveau… une cathédrale étant venue se nicher directement au cœur de l’édifice, se fondant entre les colonnes. Cette immense bâtisse semble pourtant avoir conservé toute son âme, ou plutôt ses âmes.

On perd un peu la notion du temps à vagabonder le nez en l’air, à revenir sur ses pas pour redécouvrir un détail, une chapelle puis finalement la maqsûra. La coupole est un peu dissimulée mais mérite le détour avec ses dorures et ses arabesques colorées.

Après ce long moment de déambulation, nous ressortons prendre le soleil en bordure du fleuve. L’ancien pont romain permet de traverser le Guadalquivir où hérons et cormorans font sécher leurs plumes sur quelques rochers. Les notes d’un violon résonne sur le pont de pierres baigné de soleil et nous accompagne le temps de cette courte pause.

De retour en centre ville, nous nous dirigeons vers le quartier de la Juderia où fleurissent les boutiques de souvenirs surchargées. En s’éloignant un peu des rues bondées, on prend cependant plaisir à se perdre dans les allées blanches et fleuries. On s’arrête de temps à autre pour revenir sur nos pas et observer avec curiosité l’intérieur des bâtiments souvent ornés de mosaïques où s’ouvrant sur des patios ombragés. Les ruelles pavées nous mènent tour à tour au souk municipal (sorte de petit marché d’artisanat local), dans la cour de l’ancienne et minuscule synagogue pour terminer au pied de quelques vestiges romains.

Passés de quartier en quartier et armés de notre plan corrigé et largement annoté pour l’occasion, il est déjà l’heure de retourner vers la gare et de rentrer à Séville.

Coté pratique

Les visites

Mosquée cathédrale de Cordoue
Visite gratuite avant 10h, entrée 8€
– de Mars à Octobre, du lundi au samedi,  de 10h00 à 19h00
Dimanches et jours fériés,  de 08h30à 11h30 et de 15h00 à 19h00.
– de Novembre à Février, du lundi au samedi,  de 10h00 à 18h00
Dimanches et jours fériés,  de 08h30 à 11h30 et de 15h00 à 18:00.
plus d’informations ici: http://www.catedraldecordoba.es

Les transports

Aller retour Séville – Cordoue
Départ de la Gare Santa Justa de Séville
Prix variable en fonction des horaires, train toutes les heures, trajet entre 40 minutes et 1h20
Se présenter au moins 20 minutes avant l’heure du départ pour un contrôle des bagages.
http://www.renfe.com/FR/viajeros/index.html

Au fil des pavés

Le souvenir de la place d’Espagne s’éveillant à mesure que le soleil se couche ayant marqué les esprits, la dernière journée à Séville débute sur une nouvelle visite au parc Maria Luisa. La place apparait sous un nouveau jour et le soleil radieux permet de découvrir à la lumière du jour les fresques qui jonchent notre parcours.

Une cinquantaine de bancs d’azulejos illustrent chaque province espagnole dans un jeu de couleurs et de dessins variés. On observe alors les cartes de chaque région, son blason et on révise au passage quelques scènes historiques: découverte de l’Amérique, guerre d’indépendance ou – beaucoup plus léger- Don Quichotte et ses célèbres moulins. Dans les petites tourelles, des livres ont été abandonnés ici et là et seront sans doute dévorés par les prochains passants qui s’installeront sur la place.

Les barques s’activent toujours sur le canal et passent tour à tour sous les ponts de Castille Aragon, Navarre et Leon. Les galeries couvertes offrent un peu d’ombre pour profiter du spectacle et regarder les perruches voler au dessus des calèches. Tout près, des kiosques débordent d’éventails colorés, de robes de flamenco et de gadgets rouges, or ou noirs. Dans les allées du parc, le calme règne toujours au son des fontaines et à l’ombre des arbres centenaires.

La balade du jour se poursuit dans le quartier Santa Cruz et ses ruelles sinueuses bordées de maisons colorées. On s’attroupe pour grignoter des tapas autour de petites terrasses entre lesquelles slaloment les touristes. Notre choix se porte sur Las Teresas au décor typique: affiches de tauromachie, jambons ibériques suspendus au plafond et mosaïques au mur.

Nous continuons la journée et les visites vers le Metropol Parasol. Aussi appelé « Setas de la Encarnacion » (Champignon de l’Incarnation), ce monument tout en bois fait figure d’ovni au milieu de l’architecture de Séville et surprend dès qu’on s’en approche. On y trouve un musée archéologique en sous sol, un marché couvert mais surtout… une terrasse perchée à 30 mètres de haut. On grimpe sur le toit par un ascenseur avant de suivre un chemin serpentant d’un parasol à l’autre. Du sommet, on reconnait aisément les arènes, la cathédrale et les différents quartiers déjà traversés sous la chaleur de ce mois d’octobre.

Après 3 jours de balade, une récompense bien méritée vient terminer cette escapade sévillane. Quelques semaines auparavant, nous avions en effet réservé une entrée dans le célèbre spa Aire. Dissimulée entre deux ruelles, la porte de verre ouvre sur un patio à la lumière douce où attendent de grandes banquettes et de belles théières d’argent. Une hôtesse vient nous chercher pour nous emmener au vestiaire où tout est fourni (scandales, peignoir, serviettes…). Rapidement changés, il nous suffit de suivre les bougies le long d’un escalier pour descendre vers les bains orientaux. Toutes les salles sont éclairées à la bougie et une douce chaleur nous enveloppe dès notre arrivée. Les lueurs des bougies dansent sur les murs rouges de la salle principale, une musique d’ambiance nous berce et un calme absolu règne dans les bains. Bain d’eau chaude, bain d’eau froide, bassin d’eau salée, jacuzzi immense, hamman et massage… le bien être est total.

Nous sortirons du spa plus de deux heures plus tard, les idées encore un peu embrumées par les vapeurs chaudes des bains. Le séjour à Séville s’achève sur une note de sérénité et sur un excellent repas, sans doute pour prolonger jusqu’au bout cette douceur andalouse.

Coté pratique

Les visites

Metropol Parasol
3€ et une boisson offerte à la cafeteria.
De Dimanche au Jeudi, de 10h00 à 22h30
De Vendredi au Samedi, de 10h00 au 23h00

Aire de Sevilla
Nombre d’entrées limité, réservation obligatoire en ligne http://www.airedesevilla.com/
Bains seuls : 31€, premiers massages à partir de 15 minutes pour 47€.
Accès à la terrasse avec vue sur la cathédrale et jacuzzi pour tout massage supérieur ou égal à 45 minutes.

Un repas?

Torres y garcia
Réservation obligatoire. Cadre très agréable et cuisine travaillée !
http://torresygarcia.es/

Séville historique

La matinée débute sous un soleil à nouveau radieux et devant un café siroté depuis notre toit terrasse. A nos pieds, les ruelles paraissent bien silencieuses en comparaison de la vie nocturne trépidante de la veille. La dernière tartine engloutie, il est temps de partir pour notre journée « visites » dans le quartier de la cathédrale tout proche. Au programme: les Archives Générales des Indes, la cathédrale et surtout… l’Alcazar !

Les Archives Générales des Indes seront notre premier point de chute de ce dimanche. Nées en 1785, elles abritent tous les documents liés aux colonies espagnoles sur près de 10km de rayonnages. Le rez de chaussée est assez réduit et on est rapidement tenté de monter les marches du grand escalier de marbre pour découvrir les couvertures vieillies de documents historiques. L’étage est en effet cerclé de grands couloirs silencieux bordés de bibliothèques en bois. On ne trouve pourtant que des boites d’archives sur les étagères vernies. Si ce détail n’enlève rien à la beauté du lieu, il est un peu déroutant pour les amoureux des livres et des bibliothèques. Un crochet dans le hall permet à nos aventuriers de rêvasser devant un coffre pirate aux serrures imprenables avant de partir vers notre prochain arrêt.

Arrivés sur la Plaza del Triunfo, une mauvaise surprise nous attend pourtant. La foule est dense devant les portes de l’Alcazar et une file d’attente qui parait interminable remonte près de la cathédrale. Pas vraiment surpris, nous partons donc nous mettre à l’extrémité de la file où un couple de britanniques est sur le départ. Un sourire compatissant agrémenté d’un « Good luck » donne le ton. Il nous faudra finalement près d’une heure pour passer la Puerta del León et accéder au palais (heure qui suffit largement à se rappeler de commander les billets en ligne la prochaine fois…). Au fond peu importe, l’Alcazar vaut largement ce petit sacrifice.

Dès le seuil de la porte franchi, on ne cesse de lever la tête pour observer chaque détail du patio et du Palacio del Rey Don Pedro. La visite débute au hasard par la maison de l’Amiral, héritage des grandes expéditions maritimes, avec sa grande salle d’audience au plafond sculpté et sa collection d’éventails. Très vite cependant, l’appel des couloirs du palais et de ses patios se fait entendre. On prend alors un malin plaisir à se perdre entre les arches sculptées, les panneaux ouvragés et les fresques d’azulejos.

Au fil des pas nous traversons tour à tour le salon des Ambassadeurs et sa coupole dorée, le patio de las Muñecas et le célèbre patio de las Doncellas où les arches sculptées se reflètent dans le bassin. On part au hasard, on se croise, on se retrouve entre deux allées et surtout on s’émerveille à chaque nouveau décor avant de gagner les jardins.

La balade débute alors par le Jardin del Principe où, comme la veille, flotte un agréable parfum de laurier et de jasmin.  Dans les allées des jardins, les haies de buis ou de thuyas ont fait place à de magnifiques haies d’orangers. Végétation verdoyante, palmiers par centaines et arbres fruitiers accompagnent nos promenades où les citrons, oranges, mandarines et même grenades n’attendent qu’un peu plus de soleil pour murir. L’Alcazar est comme un oasis au milieu de Séville.

Les jardins disposés en terrasses ont chacun leur propre caractère et renferment différents fontaines ou pavillons auprès desquels le temps semble s’être arrêté. Malgré le nombre important de visiteurs, les allées sont paisibles et parfois même désertes. Il est facile de se faire bercer par le chant des perroquets et le murmure des fontaines.

Après s’être égarés dans le labyrinthe et avoir pris quelques instants de repos à l’ombre des palmiers, nous remontons vers la galerie du grotesque pour prendre un peu de hauteur. Cette grande muraille de rocade traverse les jardins et remonte jusqu’au palais. Vu d’en haut, on se rend sans doute mieux compte de l’étendue de verdure et des différentes ambiances qu’il nous reste à parcourir avant de rejoindre la cathédrale…

Encore sous le charme de la visite de l’Alcazar, nous partons pour une une nouvelle (mais nettement plus courte) file d’attente. L’entrée se trouve sur la place Virgen de los Reyes, marqué par une reproduction géante de la girouette Giralda qui orne le sommet de l’ancien minaret. La cathédrale est en effet bâtie sur l’emplacement de l’ancienne grande mosquée dont il ne reste aujourd’hui que le minaret, reconverti en clocher, et la porte d’enceinte.

Dès les premiers pas, la cathédrale impressionne avec ses voûtes ouvragées de plus de 40m de haut. On se perd quelques instants dans les allées, le nez en l’air, avant de s’intéresser aux orgues, autels et chapelles tous plus rutilants les uns que les autres. Tableaux, panneaux sculptés et personnages dorés se cachent cependant le plus souvent derrière d’immenses grilles en fer forgé. Le mausolée de Christophe Colomb tout proche attire les visiteurs qui ne prêtent que peu d’attention aux petits couloirs qui mènent aux sacristies et à la salle capitulaire plus discrètes. De l’autre côté de la cathédrale, une grande porte s’ouvre sur le patio des orangers où se pressent les passants. Avant de les rejoindre, une dernière étape nous attend: l’ascension de la Giralda.

A l’annonce des quelques 97m de hauteur,  un instant de doute nous traverse l’esprit. Il est cependant vite dissipé par la perspective d’une vue imprenable sur tout Séville à l’heure où le soleil commence déjà à décliner. L’ascension se fait sans effort par des rampes d’accès où les marches semblent être bannies ! Tout au long de la montée, les fenêtres permettent d’entrevoir les décors de la Giralda et les ruelles animées en contrebas. Un concert de carillons attend les premiers arrivés au sommet pendant que les suivants observent les terrasses et piscines qui fleurissent sur les toits. Le dernier pallier offre le panorama tant attendu sur la ville aux couleurs blanches et ocres où l’on reconnait aisément les parcs déjà traversés. Il ne reste qu’à redescendre dans le patio après en avoir pris plein les yeux tout au long de la journée.

Après un très bon repas pris dans les ruelles, la soirée commence comme la veille au son des notes de musique. Sur la plaza de San Francisco, un groupe de cuivres fait résonner les notes du french cancan sous les applaudissements des passants. Avant de rentrer, nous nous laissons tenter par un cocktail sur l’un des rooftops repéré depuis la Giralda. Bien qu’un peu sélectif de prime abord, nous trouvons sans problème une place au somment de l’immeuble d’où la vue donne directement sur la cathédrale illuminée.

Séville n’a décidément pas fini de nous charmer.

Coté pratique

Les visites

Archives Générales des Indes
Entrée libre
Du lundi au samedi, de 09h30 à 17h00
Dimanche et jours fériés, de 10h00 à 14h00

El Real Alcazar de Séville
9,5€ entrée plein tarif
Du lundi au dimanche, de 09h30 à 17h00 entre octobre à mars
Du lundi au dimanche, de 09h30 à 19h00 entre avril et septembre
Visite guidée disponible sur le site :http://www.alcazarsevilla.org/visita-virtual/

La cathédrale de Séville
9€ entrée plein tarif
Lundi, de 11h00 à 15h 30 puis de 16h30 à 18h00
Du mardi au samedi, de 11h00 à 17h00
Dimanche, de 14h30 au 18h0
Ventes de billets et réservations sur le site: http://www.catedraldesevilla.es/

Un verre?

La terrasse EME Bar (EME Cathedral Seville Hotel)
Réservé à la clientèle à partir d’une certaine heure

Un repas?

Ostia Antica Ristorante
Le hasard nous a emmené dans ce restaurant italien qui, surprise, appartient lui aussi à EME. Pizzas et pâtes ont fait l’unanimité !

Douceur andalouse

Alors que la descente de l’avion commence, les montagnes apparaissent au loin, bloquant les nuages à l’horizon. Le soleil se reflète à la surface du Guadalquivir et dans les quelques lacs formant de grandes étendues aussi claires que de la neige. Même depuis les nuages, l’aridité de cette partie de l’Espagne se devine pourtant. La terre est sombre, vallonnée et jalonnée de quelques bosquets d’arbres mais le paysage change à l’approche de l’atterrissage. De longues lignes droites découpent de grands champs, les premières villes apparaissent et les méandres du fleuve s’assagissent: Séville n’est plus qu’à quelques kilomètres.

29 Octobre 2016 – 12h et quelques 24°C à l’extérieur. Le soleil est radieux, les lunettes de soleil de sortie et les chapeaux vissés sur la tête: le séjour débute sous les meilleures auspices.

Le charme de Séville se révèle dès l’arrivée en centre ville: palmiers et orangers qui bordent les avenues, terrasses bondées, musique et ciel sans nuage. En attendant les clés de notre appartement, nous filons sur les rives paisibles du fleuve à la recherche du Mercado Del Arenal et d’un endroit où manger. Un peu déçus par le nombre d’étals fermés sur le marché, c’est finalement le Pompeia Café qui nous attire avec ses jus de fruits frais exotiques et ses paellas (sans parler de la mousse de canard et du digestif offert par la maison…).

Juste à côté, les arènes sont en plein ravalement mais les allés qui les entourent respirent le calme et sentent bon le jasmin. Les bâtisses blanches et jaunes préfigurent déjà des atmosphères que nous croiserons tout au long du séjour. Sur le chemin du retour, une mariée et toute sa famille traverse devant nous dans un défilé de calèches où les sabots des chevaux résonnent dans la rue.

Il faut se perdre dans les rues du centre pour se faire une idée de la vie andalouse. On découvre au fil des pas les premiers bars à tapas, les jambons suspendus au plafond, les affiches de flamenco, de tauromachie et les verres de vin qui s’entrechoquent. On se laisse aussi surprendre, en passant une porte, par des lieux à part comme la plaza del Cabildo. C’est d’ailleurs au détour d’une ruelle comme celle ci, juste à côté de la cathédrale, que nous attendent nos deux appartements dont les chambres donnent sur les toits de Séville et sa Giralda.

Après avoir déposé les valises, la petite troupe repart donc en direction de l’immense Parc de María Luisa complètement remanié pour l’exposition ibério américaine de 1929. On y entre par la Plaza de America où les enfants distribuent des graines aux oiseaux et jouent près des fontaines. De l’autre côté de la rue, le jardin des délices est lui quasiment désert.

On trouve ici le musée des coutumes et arts populaires et le musée d’archéologie dont les décors sont soulignés par la lumière douce de cette fin d’après midi. Des groupes de perruches se cachent dans les arbres et chantent joyeusement au dessus de nos têtes… quand elles ne laissent pas tomber dessus les fruits des palmiers !

La découverte du parc s’achève à la nuit tombante après avoir traversé des allées d’arbres centenaires, de petites places et de jardins. La foule se densifie un peu à l’approche de la célèbre Place d’Espagne qui nous émerveille au premier coup d’œil. Le jeu des colonnes, les bancs d’azulejos colorés et les reflets sur le canal donnent au lieu un côté magique. Un escalier immense nous attend dans la pénombre pour mieux observer l’ampleur de ce lieu. Les rambardes de bois sombres et les marches d’azulejos ne sont pas encore éclairées, les ombres des passants dansent sur les murs blancs, comme animées par les derniers rayons. A mesure que le soleil se couche, les lumières s’allument une à une près des canaux et dans les allées. De nouveaux détails, de nouvelles mosaïques et de nouveaux jeux d’ombres et de lumière se révèlent et la place semble s’éveiller peu à peu.

Il est bientôt temps de rentrer après une dernière balade dans le quartier de l’Ayuntamiento et de la Calle Sierpes où des musiciens animent chaque coin de rue pour le plus grand plaisir de nos oreilles.

Côté pratique

Trajet

Aéroport – centre-ville
– un tour de navette peut suffire. Navette EA, 4€ l’aller, arrêt Avenida Carlos IV Jardines del prado de San Sebastian
-le taxi coûte environ 25€, pratique quand on est plusieurs et pressés..

Logement

Apartamentos Mariano de Cavia. Un peu bruyant mais bien placé sur la Calle Mariano de Cavia

Restaurant

Pompeia Cafe, 12 Calle Adriano

Pays merveilleux

Pour terminer ce weekend enchanté, quoi de mieux qu’une randonnée à travers la forêt? Direction le sommet Tegelberg qui culmine à 1720 m d’altitude pour une vue panoramique sur la Bavière.

L’accès au Tegelberg se fait de bon matin en en téléphérique. Au sommet nous attend le sentier vers les châteaux si réputé. Le chemin classique aboutit sur le Marienbrücke mais nous optons pour un détour le long des futures pistes de ski afin de redescendre en bordure des lacs.

Arrivés au sommet, le paysage nous attire encore une fois l’œil. D’un côté, la Bavière encore brumeuse, ses petits villages et les forêts que l’on distingue en contrebas du chemin. De l’autre, les sommets déjà enneigés de l’Autriche tout proche. Les premiers pas se feront donc à la frontière de ces deux univers et dans la neige, à la grande joie de nos grands enfants…

La balade se poursuit jusqu’à un relais de montagne caché dans les sapins. La vue dégagée sur la vallée et sur les châteaux en fait un arrêt idéal: Schwangau et ses bâtisses d’un autre temps commencent tout juste à se deviner près du lac. Le soleil est désormais bien levé et l’été indien prend finalement tout son sens en ce mois d’octobre.

Après la neige et les pistes enherbées, nous atteignons finalement la forêt de sapins. Le décor est un peu plus sombre, le tracé circule entre les troncs et nous fait emprunter de petites marches dessinées par les milliers de racines. La lumière revient finalement pour nous offrir LA vue tant attendue. Perché sur son rocher, entouré des plus belles couleurs et la montagne en toile de fond, le Neuschwanstein se dresse devant nous. Un petit moment de magie immortalisé par tous après ces quelques heures de balade.

Il ne reste qu’une petite heure de descente avant de rejoindre le départ du téléphérique. Nous nous initions au passage au slackline sur un atelier laissé à disposition à l’arrivée… avec plus ou moins de succès ! Le weekend touche déjà à sa fin et après un dernier repas « léger », nous repartons vers la France la tête pleine de souvenirs.

A la faveur de l’automne

Découverte par un heureux hasard sur une page de magazine, la Bavière et ses célèbres châteaux est soudain apparue comme une évidence. Il n’aura fallu que quelques jours pour organiser ce nouveau périple sur un véritable coup de cœur. Nous voilà donc partis de notre chère Alsace pour une expédition un soir d’octobre.

Quelques heures de route, qui se termineront sous une pluie battante, auront suffi pour gagner le cœur des forêts. L’arrivée de nuit à Fussen sur un parking brumeux et sombre est un peu étonnante, seule la lumière de l’entrée est restée allumée. Nous poussons la porte de cette auberge de jeunesse étrangement silencieuse où nous attendent sagement nos clés. Un paquet de bonbons sous le bras, la visite de l’endroit commence à travers les couloirs obscurs où rien ne bouge. Une immense véranda de bois finit par apparaître mais on distingue à peine les montagnes par la fenêtre. La fatigue se fait sentir et il est déjà temps de regagner les dortoirs embués : une belle surprise se fera connaître au réveil.

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A peine levés, le premier réflexe est de pousser le rideau et de regarder par la fenêtre. L’air est toujours brumeux mais aucun doute, le ciel est bleu ! Le petit déjeuner est rapidement avalé et nous partons à la rencontre de cette Bavière tant attendue. Sur la route, les couleurs sont magnifiques : l’automne s’annonce à peine mais les premiers arbres commencent à jaunir et le sommet des montagnes blanchit à vue d’œil.

Le château du Neuschwanstein apparait finalement entre les arbres. Loin du reste des touristes, nous optons pour un chemin qui grimpe dans la forêt avant de rejoindre la demeure de Louis II. Si certains choisissent de partir en courant, les photographes trainent à l’arrière pour admirer le jeu de couleurs, les lacs et les montagnes que l’on aperçoit entre les troncs d’arbres. Un dernier détour nous amène en contrebas du château où coule une impressionnante cascade. L’eau est glacée mais nous restons un moment à gravir les rochers et à profiter de l’endroit si calme. Au dessus de nos têtes passe la passerelle Marienbrücke d’où la vue doit être grandiose. Avant de s’y rendre, la visite guidée étant déjà réservée, il est temps de repartir pour approcher de plus près cet immense château aux couleurs éclatantes.

Perché entre le ciel et les montagnes et fraichement rénové, le lieu à tout des plus beaux contes. Walt Disney s’en serait d’ailleurs inspiré pour construire le château de la belle au bois dormant. Les tourelles, colonnes et pierres taillées donnent un véritable charme à la cour où l’on se sent tout petit. L’intérieur du château, bariolé et lumineux, ne fait que renforcer son aspect irréel. Au cours de la visite, un balcon s’offre à nous pour découvrir l’incroyable vue qui s’étend sous nos pieds. D’un côté, les reflets du paysage dans le lac Alpsee, le château de Hohenschwangau et les auberges en contrebas.

De l’autre, de grandes étendues et des lacs à perte de vue. Depuis les fenêtres, de nouveaux chemins se devinent dans la montagne et nous partons à la recherche du pont de Marie pour admirer une dernière fois le paysage au dessus de la gorge de la Pollät…

En redescendant vers la ville après une parenthèse enchantée au château du Neuschwanstein, la vue exceptionnelle depuis les hauteurs nous revient en mémoire. Les nombreux lacs de la région paraissent alors être l’endroit idéal pour une balade et un pique nique. A proximité directe de Fussen, le Forgensee nous attire immédiatement par sa couleur bleue improbable. Le petit village de Waltenhofen sera donc notre prochaine étape.

Avec ses petites maisons typiques et d’un blanc éclatant, Waltenhofen fait preuve d’un charme indéniable. Pourtant, le regard se pose immédiatement sur les eaux bleues du lac. Nous nous installons donc sous l’enceinte de l’église pour profiter de la jetée déserte. Le temps est désormais radieux et la brume du matin a disparu depuis longtemps. La couleur du ciel se confond parfois avec l’immense lac qui s’étend devant nous. En réponse à cet appel à la détente, les plus courageux se jettent à l’eau pendant que les autres se lancent dans un concours de ricochets.

Une visite de Fussen s’impose en fin d’après midi avant que la nuit tombe et les petites ruelles pavées agrémentées de fontaines sont rapidement arpentées. Ici encore, les couleurs attirent l’œil: des maisons rouges, jaunes, bleues ou vertes se dressent en centre ville. Certaines façades sont décorées de motifs traditionnels typiques des alpes bavaroises. La ville est calme en cette saison et nous sommes presque les seuls touristes.

La soirée finira dans un weinstube lambrissé pour déguster un de ces plats léger et diététique dont l’Allemagne a le secret !