A travers la vallée de la Lune

Cette dernière journée en Sardaigne débute sur la route de la Costa Paradiso au cœur de la Gallura. Notre premier arrêt sera Tempio Pausania, cité de granit réputée pour son liège, ses vignes et ses eaux thermales.

En limite de la vieille ville, on commence par une petite balade vers la Fonti di Riggianu et ses eaux riches en oligoéléments. Conseillé par notre guide, le chemin vers la source est finalement assez décevant. Le retour à travers les pins vers la place de la Fonte Nuova est, lui, nettement plus charmant. On s’arrête un instant au bord des fontaines pour observer la vallée et profiter de l’air frais. Au bout du chemin, les ruelles de Tempio oscillent entre ombre et lumière. Les bâtisses sont massives mais recèlent un certain charme avec leurs jardinières fleuries.

Sur la place principale, la cathédrale San Pietro tout en pierre est pourtant seulement égayée de quelques mosaïques colorées. Elle est reliée à un oratoire, lui même relié à une petite chapelle. L’endroit est calme et sobre, à l’image du reste de la ville. Au hasard des ruelles, on termine finalement la visite autour de quelques spécialités sardes et d’un verre de mirto partagé.

Quelques kilomètres plus tard, la petite ville d’Aggius apparait sur une colline. Les vieilles maisons de granit y sont réputées comme étant les plus belles de la région et, pourtant, les rues sont absolument désertes. On n’y reste que le temps de se dégourdir les jambes entre marelles improvisées, courses aux pigeons ou escalade de rambardes.

La route panoramique qui traverse Aggius serpente dans la montagne entre amas de pierres et champs de chênes lièges. Au détour d’un virage apparait finalement la vallée de la lune, large étendue désertique où les blocs de granits sculptés par le vent se sont éparpillés. On s’arrête le long du bitume pour observer les roches aux formes étranges et mystérieuses. Certains y voient des profils d’hommes, d’autres croisent des rhinocéros au milieu des herbes hautes…

Vingt kilomètres, un chemin de sable pris par erreur et une petite tortue plus tard, nous arrivons au milieu du village de la Costa Paradiso où les villas se fondent dans la roche et la végétation.  Avant d’atteindre la plage, il reste à emprunter un court chemin perché entre la roche rose et la mer. L’escalier qui le compose est taillé dans la falaise et longe la côte aux couleurs variées de cette fin d’après midi. Nous n’y croisons que des vacanciers remontant en sens inverse et découvrons en contrebas une plage qui semble nous être à nouveau réservée.

Dissimulée dans une crique découpée et abritée du vent, Li Cossi et ses eaux peu profondes sont pleines de charmes. A l’arrière de la plage, une petite rivière termine sa course dans un étang. Il est un peu tard pour partir à la recherche de poissons, armés de nos masques et tubas. Un dernier moment de baignade s’impose cependant avant de repartir vers Olbia. et de rentrer vers la France, tout bronzés et reposés.

Coté pratique

Les repas

Trattoria la Gallurese : Via Novara 2 | Sardinia, 07029 Tempio Pausania

Sur l’archipel de la Maddalena

Nouveau réveil ensoleillé et nouveau départ sur les routes sinueuses de Sardaigne. Au vu du relief traversé ce matin, nous avons davantage l’impression de partir randonner que d’aller à la plage. Le port de Palau se dessine au bout de notre route après environ une heure de trajet. Nous n’avons pas vraiment le temps d’arriver et de visiter, les vendeurs de tickets pour la traversée nous tombent dessus avant même d’atteindre la mer… à peine le temps de se barbouiller de crème solaire, il est déjà temps d’embarquer !

Le ferry est presque plein malgré la saison. Nous voici maintenant cheveux au vent sur le pont et accompagnés par les mouettes, à la recherche du rocher de l’ours décrit dans tous les guides et qui guidait autrefois les marins. Face à nous, l’archipel de la Maddalena et ses 7 îles, certaines seulement accessibles en bateau. Nous nous contenterons de visiter celles accessibles en voiture : isola Maddalena et isola Caprera.

Au premier abord, Maddalena semble charmante. La ville est colorée et calme, des palmiers bordent le port où sont amarrés des bateaux parfois rutilants. Nous partons cependant en direction l’ile de la Caprera, écrin de verdure aux pinèdes odorantes. L’île est un enchantement pour une escapade nature.

Au bout de l’unique route qui traverse ce petit bout de terre se trouve le Monte Teialone, point culminant de l’archipel. En la remontant vers le nord, sur la droite, une esplanade de terre battue marque le départ d’un sentier de randonnée avec vue sur la mer vers la Cala Coticcio. Chargés comme des chameaux entre les appareils, le pique-nique et les palmes, nous suivons les marques vertes le long du chemin caillouteux qui serpente dans le maquis.

Après une descente abrupte, une première crique apparait sur la gauche. Un bref moment d’inquiétude s’installe: la plage est complètement recouverte de bois mort et le sable n’apparait même plus. Heureusement, de nouveaux points verts se dessinent un peu plus loin. Il faudra encore quelques minutes de marche et une dernière descente un peu raide avant de débarquer sur une plage minuscule.

La couleur de l’eau y est incroyable et l’endroit mérite sans doute son surnom de Tahiti Beach. Ce jour-là, seuls des italiens (plus ou moins habillés…) sont installés sur la plage qui, il faut bien l’admettre, n’est pas des plus faciles d’accès. Sur la gauche, dans les rochers, un chemin mène à une seconde plage du même type. On peut également la rejoindre à la nage, armés d’un masque et d’un tuba, à force de suivre distraitement les poissons…

Après un long moment passé à Coticcio, nous reprenons la route pour faire le tour de la Maddalena. En remontant par l’est sur la Regione Guardia Vecchia, un premier arrêt est décidé à la Cala Spalmatore pour prendre quelques photos. Bordée de blocs de granit, la plage est plutôt jolie mais souffre de la comparaison avec l’île de la Caprena tellement charmante.

Au hasard d’une bifurcation, nous nous retrouvons un peu plus loin dans un cul de sac à Bassa Tritina, face à la Corse. Le décor n’a rien à voir avec nos arrêts précédents: l’eau est moins claire, le vent souffle mais le côté sauvage de la Cala Trinita nous attire. Un chemin de bois bordé de fleurs roses mène à la mer. Un peu d’escalade et quelques clichés plus tard, on s’essaie à la pêche aux oursins armés d’un bambou trouvé là. Il faudra sans doute un peu d’entrainement avant de partir pour Koh Lanta…

Sur le chemin du retour, la SP14 nous mène jusqu’au sommet de la Guardia Vecchia, pour admirer la vue sur le parc national. En contrebas, la ville de la Maddalena sera notre dernier point d’étape avant de repartir vers Budoni. En attendant, on profite encore un peu de l’air de la mer, des iles voisines et de cette eau si bleue.

La descente en ville nous sort brusquement de cette ambiance sereine. Le GPS, Bernard pour les intimes, perd complétement les pédales et nous entraine dans un dédale de ruelles en angle droit où se cachent quantité de sens uniques et de voies sans issue. Arrivés dans un énième cul de sac, nous repartons à l’instinct vers le port où une place de parking nous attendait sagement.

Les rues pavées de la ville sont incroyablement calmes. Pleine de couleurs et de fleurs, l’atmosphère y est tranquille et on se félicite d’être venus hors saison. De nombreux escaliers permettent l’accès d’une rue à l’autre et serpentent entre deux marchands de glaces. C’est d’ailleurs sur cette note sucrée que nous terminerons notre journée, encore plein de sel et de sable mais enchantés de cette escapade en bateau.

Coté pratique

Les transports

Maddalena Lines, Piazza del Molo 18, 07020 Palau
Pour un aller retour jusqu’aux iles, une voiture et 3 passagers : 43,90€
Attention aux horaires du retour.

Tour de l’île
Le parcours en corniche autour de l’île fait un peu plus de 20km. Il est préférable de commencer par la Caprera et de remonter dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Farniente à Coda Cavallo

13 Mai 2017 – au départ de Budoni ce matin-là, le thermomètre affiche déjà plus de 25°C. Nous empruntons à nouveau la SP125, en direction du Nord cette fois. La route longe la cote et traverse quelques villages animés et colorés alors que nous nous étions presque habitués à ne croiser personne. La mer apparait de temps à autre au détour d’un virage jusqu’à la bifurcation vers la Punta di Coda Cavallo et sa plage du même nom où nous comptons passer une partie de la journée.

La petite route qui y mène est relativement étroite et traverse la campagne. On l’adore tout de suite avec ses paysages qui sentent bon les vacances. Au bout de la route, une bifurcation s’impose à nous. A gauche, un chemin de terre et de sable descend jusqu’au parking de la plage. A droite, une route bitumée monte sur les hauteurs vers un village de pierre. On l’emprunte pour admirer la vue avant de s’installer sur nos serviettes. Nous ne serons pas déçus par ce détour qui nous offre une superbe vue sur les îles de Tavolara et Molara et leur réserve marine. D’en haut, on distingue les contours de la presqu’île bordée par la mer Tyrrhénienne.

A nos pieds, les eaux claires aux nombreuses nuances de bleus nous séduisent. Après quelques photos, nous reprenons la route jusqu’au carrefour pour gagner le sable chaud. De gros nuages de poussière apparaissent dans le rétroviseur et on surveille un peu la route pour éviter tout impact sur nos voitures flambant neuves.

A peine arrivés, l’appel des eaux cristallines se fait entendre. Les sacs sont immédiatement abandonnés sur le sable et on se précipite dans l’eau malgré le froid. Armés de nos maques et tubas, nous croisons nos premiers petits poissons dans les fonds clairs.

A l’est de la plage, un sentier permet de longer le bord de mer et de revenir jusqu’au parking par la côte de granit, à l’embouchure de la réserve naturelle. L’occasion pour nous de repérer des fonds plus propices au snorkeling. On circule donc sur ce chemin au milieu des rochers, des fleurs violettes et de buissons un peu envahissants. On escalade quelques rochers pour le plaisir et, surtout, on observe la mer qui s’écrase sur le granit. Le paysage est très différent de la crique où nous avons laissé nos affaires. Il offre en tout cas une pause rafraichissante, cheveux au vent sous le soleil.

De retour sur la plage, nous déménageons nos affaires vers la crique avant de plonger à nouveau. Installés sur notre petit banc de sable, nous sommes à nouveau seuls au monde. Devant nous, des dizaines de bernard-l’hermites, bien installés dans leurs coquilles colorées, circulent lentement sur les rochers. L’eau est peu profonde, les algues et les oursins fleurissent dans le fond et il nous faut réfléchir un peu avant de poser les pieds. Installés au soleil, on profite un long moment de la chaleur et de la vue sur la baie.

A la recherche d’une glace pour nous rafraichir, nous partons vers Olbia à presque 45 minutes de la plage. C’est finalement l’arrivée en ville qui nous refroidit. Comme à Alghero, les alentours du cente ville aux bâtisses en béton sont complètement dénuées de charme. On laisse la voiture dans une rue parallèle au centre avant de tomber par hasard sur l’église San Paolo Apostolo et sa coupole de faïence colorée. Quelques ruelles entourent le Corso Umberto I, artère principale d’Olbia bordée de boutiques qui mène jusqu’au port. Avant de partir, on y cherche des souvenirs de Sardaigne à ramener dans nos valises déjà bien pleines.

Sur le chemin du retour, un dernier arrêt s’impose à Porto San Paolo afin d’admirer la vue sur l’ile de Tavolara. La ville est le point de départ d’expéditions en bateau qui permettent de profiter de la réserve marine. Le soleil décline. Les ruelles fleuries et le port semblent déserts. Budoni nous attend.

Coté pratique

Les transports

Olbia: Parking gratuit face à l’Hotel For You, Via Acquedotto Romano, 9, 07026 Olbia

Les visites

San Paolo Apostolo, Piazza Civitas 4, 07026, Olbia,

Cala Luna

12 Mai 2017. Après une journée au milieu des roches la veille, nous reprenons ce matin la route vers Dorgali. Quelques champs de coquelicots colorent parfois le paysage montagneux que nous avions déjà aimé la première fois. Avant de gagner la mer, il faut emprunter la SP26 et traverser la montagne via un tunnel avant d’aboutir dans une pinède un peu brumeuse.

Un premier arrêt est décidé à Cala Gonone pour découvrir le Golfe d’Orosei. Nous laissons la voiture près du petit port où des dizaines de cabanes proposent des excursions en mer. Malgré la brume, nous remontons à pied le front de mer où se sont installées quelques terrasses abritées. Pourtant, Cala Gonone nous déçoit. La ville et le port n’ont pas de charme particulier et les plages ne nous font pas vraiment rêver. La météo ne plaide pas non plus en faveur de la petite ville. On s’installe tout de même pour déjeuner en terrasse avec vue sur la mer. Cette pause est l’occasion de goûter une spécialité sarde: les gulurgiones, ravioles farcies de purée de pomme de terre et pecorino, accompagnées d’une sauce tomate pleine de saveurs. Simple mais vraiment bon !

Nos ravioles avalées, nous reprenons la route pour Cala Fuili, point de départ d’une randonnée qui remonte le long du Golf D’Orosei. Il n’y a pas de réel parking à proximité de la plage et les voitures s’accumulent des deux côtés de la route, même au mois de Mai. Mieux vaut ne pas arriver trop tard si on ne veut pas commencer par remonter la route à pied.

Un escalier biscornu permet l’accès à la plage en contre bas. En sortie du chemin, le départ de la randonnée est discrètement signalé dans les arbres en amont de la Cala Fuili. La piste est pleine de cailloux et monte de façon un peu plus abrupte que ce que nous avions envisagé dans un premier temps. Les points rouges peints sur la roche nous confirment la marche à suivre et, rapidement, le sentier se divise en deux. La branche de gauche permet de rejoindre la grotte Blue Marino, réputée sur la côte sarde. Les visites sont réservées prioritairement aux excursions en bateau mais autorisées pour les piétons jusqu’à 13h. Vu l’heure, nous partons directement sur la droite en direction de Cala Luna.

La pente du sentier s’adoucit assez rapidement mais il reste largement occupé par la pierre. Le ciel se dégage enfin et la balade prend des couleurs. On suit le relief des falaises en n’apercevant que de temps à autre la mer entre les arbres. Le chemin est trompeur et nous perdons un peu la notion des distances… A chaque virage, on espère désespérément découvrir Cala Luna en contrebas.

Quelques mètres de descente un peu raide font leur apparition. Des poignées de métal ont d’ailleurs été installées ici et là pour aider à les traverser. Une dernière montée et enfin, alors que l’on n’y croyait presque plus, Cala Luna apparait sous un soleil radieux. Gagnés par l’enthousiasme, on se laisserait presque aller à courir si le chemin n’était pas si tortueux. En sortant du petit bois, enfin au niveau de la mer, une nouvelle surprise nous attend. Une forêt de lauriers roses en fleurs s’est installée dans le sable, créant une sorte labyrinthe jusqu’à la plage.

Nous tombons finalement sur un restaurant qui semble fermé avant d’atteindre une passerelle en bois. On admire la vue et les superbes couleurs du paysage quand un bruit dans les broussailles voisines attire notre attention. A notre grande surprise, un groin plein de terre apparait dans les herbes hautes. Une famille de cochons sauvages semble avoir élu domicile sur la plage, nous en avons compté jusqu’à 7 !

La plage en demi-lune nous séduit, coincée entre les falaises et les lauriers. Au loin, on devine Cala Gonone où nous avons passé la matinée puis les grottes marines proche de Cala Fuili. Chacun reste un moment à observer le décor avant d’aller se baigner pour la première fois depuis notre arrivée en Sardaigne. Même si l’eau est fraiche et si on perd rapidement pied, cette pause est réellement bienvenue après notre randonnée parfois éprouvante avec la chaleur.

Sur la droite, la balade se poursuit au dessus du ponton le long des falaises, sans doute en direction des criques voisines. Côté gauche, on devine quelques grottes sans doute accessible à pied. Cependant, étant un peu pris par le temps, nous finissons par repartir à pied vers Cala Fuili. Le chemin parait moins long au retour et nous y croisons cette fois quelques chèvres qui sautillent entre les rochers. Au sommet des marches, il ne reste que nos voitures. Les plages et les routes se sont vidées, le signe qu’il est sans doute temps de rentrer vers Budoni pour un repos bien mérité.

Coté pratique

La randonnée

Départ: Sentiero Cala Fuili – Cala Luna, 08022 Dorgali
Temps aller: 1h30
Temps retour: entre 1h10 et 1h30
Dénivelé : 5.6km, +150 m, -180m pour l’aller

Les transports

Navette en bateau : 10€ : Se garer

Des navettes en bateau permettent le retour vers Cala Gonone. Là-bas, une navette est disponible pour retourner aux voitures garées à Cala Fuili. Nous sommes arrivés au moment du départ de la dernière navette ce qui nous a permis d’être vraiment seuls au monde (mis à part les cochons sauvages). En saison et sans doute dans la journée, la plage est nettement plus animée car les bateaux amènent de nombreux touristes.

Les repas

Hotel Ristorante Cala Luna, Viale Palmasera 6, 08022 Cala Gonone

Au cœur du canyon de Su Gorropu

11 Mai 2017.

Notre seconde journée en Sardaigne s’annonce sous un ciel un peu voilé. Le soleil ne semble pas décidé à se montrer et le ciel vire au blanc. L’occasion de partir pour la plus grande randonnée de notre semaine et de profiter des températures relativement favorables.

Installés dans notre petite Yaris qui se prend pour une formule 1 à chaque démarrage, nous partons donc vers la SP125 réputée être la plus belle route de l’île. Mister Blue Sky dans les oreilles, on monte, on descend, on tourne, on croise de nombreux vélos et motos sur le trajet. Après une heure de route, Dorgali apparait au détour d’un virage sur les hauteurs. Il s’agit d’une petite ville dont on fait vite le tour avec ses deux rues principales. Son principal intérêt réside dans sa situation géographique, à quelques kilomètres seulement de Cala Gonone d’un côté et de Su Gorropu de l’autre. Juste avant l’arrivée au col de Genna Silana pour le départ, nous nous arrêtons sur le parking du camp de base Gorropu pour admirer le paysage.

Le chemin pour arriver au canyon traverse des paysages variés souvent bordés d’une végétation méditerranéenne. De petits lézards courent dans nos pieds au milieu de pousses de menthe sauvage, de fleurs, de romarin ou de petites herbes qui sentent la banane… Les roches roulent sous les pieds sur le chemin pour atteindre les zones boisées où le calme est seulement troublé par le crissement des chenilles dans des arbres qui, parfois, tiennent debout par magie.

A mi-chemin, on aperçoit les premières grottes qui se dessinent dans la roche et on réalise le chemin déjà parcouru… qu’il faudra remonter. Nous aurons besoin d’environ 1h30 pour atteindre le fond de la vallée et découvrir un petit cours d’eau circulant entre de grandes roches blanches polies. L’occasion d’une belle pause pique nique les pieds dans l’eau (après avoir vérifier l’absence de visiteurs indésirables) pour admirer le canyon.

Su Gorropu est la gorge la plus profonde de Sardaigne avec ses pans de montagnes atteignant 450 m d’altitude. Elle s’est formée grâce à l’érosion créée par de le Rio Flumineddu qui tient davantage du filet d’eau à cette période. Au-dessus de nos têtes, les immenses falaises calcaire du canyon impressionnent.

L’arrivée dans le canyon en lui-même fait elle aussi sensation. On nous explique à l’entrée le fonctionnement du lieu et les différents itinéraires possibles. Trois parties composent le chemin :

Le vert, évidemment le plus praticable

Le jaune, qui demande un peu plus d’agilité et de grimpe mais qui n’est pas insurmontable. Attention tout de même aux glissades involontaires.

Le rouge qui se perd dans le fond du canyon et dont l’exploration est conseillée avec un guide.

Au-dessus de nos têtes, la bande de ciel semble parfois bien étroite. Certains secteurs de la gorge ne sont d’ailleurs larges que de 4 mètres. Roches grises, roches ocres, roches blanches se mélangent dans une curieuse harmonie. Des îlots de verdures apparaissent ici et là et réussissent à s’implanter sur les parois abruptes. Un filet d’eau coule d’une roche couverte de mousse et d’arbustes et offre un rafraichissement apprécié.

Comme des enfants, on escalade les roches au pied des falaises majestueuses. On grimpe en crabe, on teste les itinéraires et on se laisse glisser avec plus ou moins de confiance sur le chemin du retour.

Nous revenons sur nos pas après un long moment pour retrouver la zone de pique-nique. Une source d’eau claire, largement bienvenue, nous attend à la sortie des rochers. Marquée par un petit drapeau sarde, on peut y remplir sans hésiter les bouteilles d’eau : testée et approuvée !

Les premières minutes de la remontée sont nettement moins amusantes. Les tronçons sont abrupts et les jambes tiraillent un peu. Les plus rapides remontent en un peu plus d’une heure, la plupart mettront entre une heure et demi et deux heures. De retour aux voitures, le vent souffle dans tous les sens. Le bar de motards voisin offre un refuge et un moment de repos propice aux échanges sur la randonnée. Nous repartons finalement vers Budoni, un peu fatigués mais ravis de l’effort accompli et, surtout, de belles images plein la tête.

Coté pratique

Les transports

Camp Base Gorropu:

Randonnée: se garer au col de Genna Silana sur la SP125 au kilomètre 183, face à l’hôtel Silana

Les visites

Canyon de Gorropu
Ouvert de début mars et au premier week-end de novembre de 9h à 19h, plus tard l’été. Tarif : 5 €.

Il existe deux autres solutions pour accéder au canyon (tout est précisé au camp de base):

Garer sa voiture sur le parking du Camp de base Gorropu, situé entre Urzulei et Orgosolo. Le camp propose l’aller-retour en jeep pour accéder au sentier, plus bas, qui mène au canyon. Il faut 20 minutes pour arriver en jeep au niveau du sentier puis 2h de marche pour arriver à l’entrée du canyon. L’aller-retour en jeep jusqu’au début du sentier qui mène au site : 25 € par personne. L’aller simple en jeep (souvent la remontée) : 15 € par personne.

ou

Suivre la route en direction de “Rio Flumineddu” et se garer au niveau des ruines du pont “Sa Barva ». Traverser la rivière par le pont de secours et suivre un sentier qui conduit à un portail indiquant l’entrée d’une zone protégée. Le sentier continue le long de la rivière jusqu’au canyon.

Escapade Sarde

Après plusieurs jours de froid et de grisaille, le soleil décide finalement de montrer le bout de son nez en ce 9 Mai, jour de départ pour la Sardaigne. Installés sur le côté gauche de l’avion, incontestablement le meilleur endroit pour voyager, nous remontons la Seine, survolons la forêt de Fontainebleau, la Bourgogne puis les Alpes aux sommets enneigés. La Côte d’Azur et ses bateaux pour la Corse se dessinent ensuite sous nos yeux qui cherchent déjà les côtes Corses et Sardes, dissimulées dans une légère brume. Après 1h30 de vol qui passe en un clin d’œil, Olbia apparaît finalement dans les lumières orangées d’un soleil couchant.

La récupération de la voiture est un peu mouvementée et notre GPS peine à s’accoutumer aux itinéraires en chantier. Nous arrivons donc de nuit à l’hôtel où nous passerons la semaine, déjà impatients de prendre la route.

Les rayons du soleil qui passent à travers le rideau nous réveillent de bon matin. Nous partons pour la première journée vers Alghero une fois les sacs à dos chargés de crème solaire, de guides et de l’appareil photo. Malgré la distance, la route passe vite. Elle est souvent vallonnée et bordée de genets et de cactus en fleurs, de champs d’oliviers ou des petites forêts de chênes lièges.

L’arrivée en ville nous refroidit un peu. Les abords sont essentiellement constitués de bâtisses en béton sans aucun charme. Pourtant, en partant à la recherche d’un parking le nez au vent, on se retrouve dans les ruelles étroites et pleines de cachet du centre. Les rues sont pavées et fleuries, le linge sèche aux fenêtres et la ville s’est parée de rose et de roues de vélo pour célébrer le 100e tour d’Italie. En passant devant les premières boutiques, les présentoirs chargés de corail rouge, typique de la région, nous attirent. En bons touristes, on se laisse aller à observer les colliers de coraux aux nuances changeantes et les quantités de bracelets qui s’accumulent sur les présentoirs.

En passant d’une ruelle biscornue à l’autre, nous nous retrouvons finalement sur le front de mer pour une balade au sommet des remparts. Ponctués de tours et de quelques catapultes, ils présentent aussi de jolies terrasses de restaurants. Accoudés aux larges pierres, on regarde un moment les voiliers et l’eau turquoise qui s’agite. Après avoir déambulé encore un moment dans les ruelles pleines de jeu d’ombre et de lumière, nous revenons vers le port pour grignoter un sandwich face aux bateaux.

Nos repas avalés, direction Capo Caccia: une presqu’île calcaire aux falaises de près de 200m de haut située à une petite quarantaine de minutes en voiture d’Alghero. Les panoramas croisés sur le chemin nous dépaysent pour de bon, l’air de la mer s’engouffre dans la voiture et le soleil chauffe. On repère les eaux turquoises et les petites plages en passant, ravis de l’absence de monde en cette saison. Le parking pour la grotte de Neptune est situé à l’extrémité du cap, au sommet d’une petite route qui offre de jolis point de vue sur le golf des nymphes.

Pour atteindre la grotte, il faut emprunter un escalier spectaculaire et descendre environ 650 marches à flanc de falaise. Les vagues cognent sur la roche en contrebas et quelques bateaux longent la cote afin d’amarrer directement dans le creux de la falaise. A l’approche de la mer, les barrières sont rongées par la rouille et l’air frais de la grotte contraste avec la chaleur des premières marches baignées de soleil. On achète nos billets parmi les passagers du bateau (censés être prioritaires pour la visite) avant de suivre le guide dans les profondeurs de la grotte.

L’intérieur est formé de salles aux colonnes de stalactites et de stalagmites plutôt impressionnantes entourant un lac d’eau salée central. La visite se fait à la file indienne dans des allées étroites, guidé par un italien à l’accent anglais un peu chantant. L’arrivée des bateaux amènent des groupes relativement importants et la foule est assez dense même en cette saison, les derniers de la file n’entendent sans doute pas grand chose. La découverte de la grotte est sympathique mais pas forcément éblouissante lorsqu’on a déjà visité des lieux similaires. une grande part de l’intérêt du site tient donc au chemin d’accès original et creusé dans la roche. Il nous faudra environ 10 minutes pour remonter sans flâner jusqu’au parking.

La journée se termine par un peu d’escalade près des falaises de Capo Caccia survolées par des nuées d’hirondelles. Il est déjà temps de retourner vers Budoni, le nez dans les guides de voyages pour préparer la journée suivante.

Coté pratique

Le logement

Club Marmara Sporting, Porto Ottiolu, 08020 Budoni
Les bungalows datent un peu mais sont très propres et les buffets sont relativement variés. En revanche la piscine n’est pas chauffée. Le club est relativement éloigné des points d’intérêt, la voiture est donc largement conseillée.

Les transports

Alghero : Se garer Via Giuseppe Garibaldi

Les repas

Focacceria Milese, 11 Via Giuseppe Garibaldi, 07041, Alghero
Pour grignoter un focaccio face au port

Les visites

Grotte de Neptune
Parco Naturale Regionale di Porto Conte, Località Capo Caccia, 07041 Alghero
Ouvert de 9h à 19h, 13€. Attention les arrivées en bateau sont prioritaires pour la visite

Le shopping

Bottega del Corallo, Piazza Civica, 3/1, 07041 Alghero

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Des airs d’opéra

Une journée de Mars pluvieuse est parfois l’occasion de découvertes lumineuses à côté de chez soi. On parcourt l’Europe pour finalement se souvenir que Paris n’est qu’à quelques minutes de train et qu’il serait sans doute temps de s’y intéresser de plus près. En sortant du métro ce samedi après-midi-là, je me rappelle pourquoi les visiteurs sont si nombreux à venir à Paris… et à l’Opéra.

Tous les touristes connaissent et visitent l’Opéra, gardant dans un coin de leur tête les histoires de fantôme, espérant voir la fresque de Chagall et la salle de spectacle recouverte de velours rouge. Sans doute n’ont-ils pas tous la chance de le découvrir comme nous, après la fermeture du public, comme seuls au monde dans les couloirs majestueux du palais Garnier.

17h, au milieu d’une petite foule de visiteurs, une voix s’élève. « Le groupe A avec moi ». Une frêle silhouette tout de noir vêtue s’avance. Notre guide n’est pas toute jeune et parait bien triste de prime abord. Elle nous entraine à travers un couloir sobre et sombre avant d’arriver à la première porte. Rita nous observe un instant et, avec son accent du nord de l’Europe, commence à raconter. Sous la Rotonde des Abonnés, pensée par Garnier comme la première étape d’un parcours initiatique à travers le palais, Rita nous ouvre les yeux sur tous les détails cachés dans le décor. Elle nous apprend à repérer les lettres cachées dans la coupole, les signes astrologiques, les instruments et les symboles… Il s’agit d’habituer son regard et de se laisser guider par l’architecte qui a voulu, à chaque étape, nous éblouir davantage.

« Cherchez bien sur la rotonde, vous y trouverez « 1861-1875 Jean Louis Charles Garnier »« 

Au premier virage, la Pythie nous accueille et déjà le décor s’enrichit. On s’en approche un peu, rapidement attirés par les marches qui l’entourent. Les premiers regards les suivent et se lèvent vers une nef de marbre haute de trente mètres.

La lumière blanche pique un peu les yeux et on préfère imaginer les lieux sous les premiers éclairages au gaz, chaleureux, vacillants et mystérieux. On rêvasse face à cet escalier plein de couleurs, un peu écrasés par tant de grandeur. Nous sommes si peu nombreux que l’opéra semble nous être réservé. L’histoire des lieux nous est contée en fond sonore, récits de construction ou des plus belles robes gravissant les marches.

Le couloir menant aux loges est l’occasion pour Rita de nous plonger dans les histoires d’amour contrariées du fantôme de l’opéra; entre romance, rêve de gloire et passion de la musique. Le silence est religieux autour de notre guide toujours habitée par son récit. Un bruit dans le couloir fait soudainement sursauter les visiteurs captivés par un lac souterrain mystérieux, des passages aux secrets bien gardés et des lustres s’effondrant dans la foule. Ses derniers mots sont accueillis par de chaleureux applaudissements qui couvrent les rares sons émanant de la salle de spectacle voisine.

En attendant la fin de la répétition qui se joue, notre guide nous entraine vers le grand foyer, sorte de réplique miniature d’une galerie des glaces dont il n’a que peu à envier. Son plafond coloré et baigné de lumière nous raconte l’histoire de la musique. Les lyres qui nous accompagnent depuis le début de la visite se font plus belles et plus détaillées que jamais. Les lustres étincellent. Les miroirs se succèdent. A chaque extrémité, les petits salons du Soleil et la Lune à l’allure presque mystique offrent une étonnante parenthèse.

Nous terminons finalement par  la salle de spectacle conçue dans la tradition des théâtres à l’italienne avec sa succession de loges et de balcons. Dorures, marbre, velours rouge et cristal, le décor est, comme promis, toujours plus riche. On s’installe dans les fauteuils pour écouter les dernières anecdotes et observer les lieux. Sur le plateau, qu’il est interdit de photographier, les techniciens s’agitent pour effectuer les derniers réglages, insensibles au décor qui les entourent.

« On de dit pas la scène ici, on parle de plateau. La Seine, elle, coule à Paris ».

Au dessus de leur tête, la fresque de Marc Chagall et ses couleurs vives surprennent, détonnent presque. Elle restera cependant la dernière image de la visite.

En regagnant la sortie, on jette un dernier coup d’œil à cet escalier majestueux et aux couloirs mystérieusement déserts. Combien de passages secrets se dissimulent réellement derrière le marbre froid? Combien de secrets abritent encore les loges ou les coulisses? Si les murs du palais Garnier pouvaient parler, ils auraient certainement autant d’histoires que Rita à raconter.

La visite

Tous les samedis à 17h, après la fermeture au public.
8 Rue Scribe, 75009 Paris
Entrée adulte 17,50€.
Réservation en ligne indispensable : https://www.cultival.fr/visites/les-mysteres-du-palais-garnier-apres-fermeture-au-public-a-partir-du-01012016

State of mind

Notre dernière journée à New-York débute le long de l’Hudson après des crêpes au lemon curd grignotées dans une minuscule boutique. A quelques blocs de là, l’Hudson River Park marque le départ d’une balade qui court de la 57th au Financial District. On marche un long moment entre le bitume et le ciel bleu, entre les espaces verts et l’eau qui frappe sur le quai.

Après de longues minutes où nous croisons tour à tour joggers, vélos, basketteurs et hordes de poussettes, une grande verrière marque finalement l’entrée de la petite North Cove Marina. Les bateaux luxueux du World Trade Center amarrés là brillent au soleil. Un peu plus loin, le South Cove Park arbore de spacieux pontons où il fait bon s’attarder pour profiter du cadre verdoyant et d’une belle vue sur le New Jersey qui nous fait face.

Arrivés à Battery Park, nous remontons Broadway pour tomber nez à nez avec le Charging Bull, installé là après le krach boursier de 1987. L’endroit fourmille de touristes qui attrapent les cornes de la statue (entre autres) censées porter chance. On arrive finalement dans le quartier de Wall Street au ruelles étroites puis au New York Stock Exchange étonnamment calme.

A l’est du City Hall, on termine la visite du quartier par la traversée de l’emblématique Brooklyn Bridge et sa vue sur le quartier Downtown de Manhattan. On veille à rester sur l’allée piétonne de près de 2km, régulièrement rappelés à l’ordre par les cyclistes qui traversent à toute vitesse. A l’autre bout du pont, le Brooklyn Bridge Park s’étend sur une longue partie du front de mer de l’East River. Nous ne faisons que le longer avant de regagner le métro voisin pour rejoindre le Village.

L’arrivée à Greenwich dépayse, les maisons de ville en briques se succèdent et les hauts buildings vitrés ont laissé leur place. On arpente les rues bordées de cafés, de fleuristes ou de boutiques de déco et de vêtements. L’immeuble de Friends réveille de vieux souvenirs au 90 Bedfort Street et le Washington Square Park offre une pause bien méritée au milieu des écureuils et des joueurs d’échecs. Un peu plus loin, le Chelsea Market a investi les murs d’une ancienne usine de biscuits, The National Biscuit Company (les fondateurs des fameux Oreo). Transformé en marché couvert, il accueille restaurants et pâtisseries qui se succèdent dans les longs couloirs de style industriel du bâtiment. Le quartier semble flambant neuf et animé, entre galeries d’art et bars branchés.

Nous choisissons l’hôtel The Standard qui donne sur la High Line pour célébrer nos derniers moments sur place. La terrasse verdoyante installée sur le toit de l’immeuble offre une superbe vue sur tout le sud de New York; on y sert des cocktails colorés sur de petites tables de jardin. A l’étage inférieur, de larges baies vitrées parcourent tout le niveau: elles entourent un jacuzzi autour duquel les clients viennent profiter de la musique et du panorama. Vers 19h, la clientèle et l’ambiance change peu à peu: mannequins en talons aiguilles improbables et gravures de mode prennent possession des lieux et des canapés…Le soleil sur couche sur New-York quand nous repartons donc vers l’auberge pour visiter le dernier monument de notre liste.

Après être passés devant tous les matins, nous poussons enfin la porte de l’Empire State Building, direction l’observatoire du 86e étage (il est également possible de monter au 102e étage). A cette heure ci, il n’y a quasiment aucune file d’attente et nous pouvons circuler aux quatre coins de la plateforme pour observer la ville qui scintille sous nos yeux. Une lueur vive émane de Times Square, le Chrysler building étincelle et les files de taxis illuminent les grandes artères.

Notre première étape américaine s’achève avec cette impression d’être sur le toit du monde, des souvenirs plein la tête et des étoiles plein les yeux. A bientôt New York, nous reviendrons !

« Il y a quelque chose dans l’air de New York qui rend le sommeil inutile ».
Simone de Beauvoir

 

Les musées et les visites
  • Empire State Building

Tous les jours, de 8h à 2h (dernier ascenseur à 1h15)
350 5th Avenue, angle 34th St
Entrée adulte avec accès au 86e étage $34.
Entrée adulte avec accès au 86e et 102e étages $54.
Réservation en ligne: http://www.esbnyc.com/fr/acheter-des-billets

848 Washington St, New York, NY 10014, États-Unis
http://www.standardhotels.com/new-york/properties/high-line

Rêve américain

Il est tôt ce matin quand nous partons vers le sud de Manhattan où une fine brume flotte encore entre les larges rues et les buildings vitrés. Nos billets donnant accès à la couronne de la statue de la liberté en poche, nous voilà déjà à Battery Park où la compagnie Statue Cruises nous attend pour une virée en bateau. Les voyageurs embarquant avec nous sont peu nombreux malgré l’attrait apparent de cette visite. Après un premier contrôle de sécurité, les moteurs démarrent pour suivre la boucle proposée à tous les voyageurs quelques soient les billets choisis: Battery Park – Liberty Island – Ellis Island – Battery Park.

Sur les bancs de bois blancs chauffés par le soleil qui pointe finalement le bout de son nez, on profite du tour en bateau pour admirer la vue sur la skyline et prendre l’air. Arrivés sur Liberty Island, nous croisons les premiers rangers qui procèdent à de nouveaux contrôles. On nous passe finalement des bracelets autour du bras, précieux sésames qui garantissent l’accès à l’ensemble du site.

Ils nous permettront ainsi de visiter le socle de la statue où trône l’ancienne torche, de grimper sur le belvédère pour profiter d’une vue imprenable sur la baie de New-York et enfin de monter jusqu’à la couronne par un petit escalier en colimaçon, aussi bas de plafond qu’étroit (324 marches aller-retour). Quelques petites vitres forment le tour de la couronne. La vue y est plus restreinte que depuis le belvédère mais on aperçoit mieux les détails de la statue et de la torche.

En redescendant, nous entamons le tour de l’île par un petit chemin aménagé pour l’occasion. On y croise une colonie de bernaches du Canada ainsi que 5 statues représentent les personnages clefs de l’histoire du monument. Là encore, la balade est particulièrement calme.

De retour sur Manhattan, nous nous dirigeons vers Grand Central et son marché pour une pause déjeuner. La gare fait partie de ces lieux new yorkais mythiques aperçus dans des dizaines de films et de séries. A peine entrés dans le hall, on ne sait plus trop où donner de la tête. Au dessus de nous, un ciel peint et étoilé donne au lieu un charme unique. Malgré les affichages qui défilent, les passants qui se pressent et les voix qui résonnent sous la voute, une atmosphère plutôt paisible se dégage de cette gare immense.

Dans le dédale de couloirs apparait finalement le Grand Central Market, grand marché de produits frais qui s’étale sur une centaine de mètres. Épices, thés, épicerie fine, gâteaux improbables, stands italiens, espagnols ou asiatiques… Tout est là. On y achète de quoi pique-niquer avant d’aller s’installer dans un autre hall couvert de pelouse synthétique, aménagé avec des tables de jardin aux nappes de Vichy pour tout l’été. Sur cet air de vacances, nous décidons d’une pause dans notre programme de visite: direction Coney Island, à l’extrême Sud de Brooklyn.

Une heure plus tard et à peine sortis du métro, la vue sur les vieilles montagnes russes au charme désuet et la longue plage de sable nous transporte dans un autre univers. Coney Island est sans doute pour les touristes un lieu insolite, il est pourtant prisés par les New Yorkais.

Sur le chemin de la plage, les odeurs de hots dogs, de bonbons et de barbes à papa flottent jusqu’à nous. On s’installe un moment sur le sable pour écrire nos cartes postales, tremper les pieds dans l’eau et profiter d’un repos bien mérité au bord de l’Atlantique un peu agité.

Sur le front de mer, la promenade Riegelmann tout en bois délimite les contours du Luna Park qui nous tend les bras. Entre attractions originales et grands classiques, on y passe un vrai bon moment, parfois bercés par la musique des différents stands, parfois parcourus de vrais frissons… Nos attractions préférées? PlatinumWristband (chaises volantes), Steeplechase (littéralement assis sur un cheval), Soarin Eagles (des montagnes russes réalisées allongés et suspendus dans le vide !) ou encore Thunderbolt et sa chute verticale… On ne regrette vraiment pas le détour.

Pour achever cette journée parfaite, nous retournons sur Times Square pour passer la soirée au Ellen’s Stardust Dinner. On y vient sans doute pas pour la nourriture (poulet, gaufre liégeoise et haricots dans le même plat, ça surprend…), on pousse peut être un peu la porte pour la décoration mais on afflue surtout pour les serveurs !

Tous rêvent de réussir à Broadway et enchainent les performances vocales entre deux commandes. Grands classiques de comédies musicales ou tubes du moment, les chansons se suivent et on en oublie presque les assiettes. Un serveur passe entre les clients, un plateau dans une main, un micro dans la seconde. Un autre se retrouve bientôt se dandinant sur une banquette entre deux tables… Prestations en solo, duos ou quatuors, le spectacle est permanent. Au vu du nombre de ses compatriotes présents ce soir là, notre serveur, français, se lance dans une interprétation de Comme d’habitude qui conclura la soirée. On lui souhaite bon courage en lui laissant un petit mot sur l’addition et on quitte ce lieu unique en chantonnant sur le trajet du retour.

Pour un aperçu de notre diner, il suffit de cliquer !

Côté pratique

Les musées et les visites
  • Statue de la liberté

Tous les jours, de 9h à 17h
Entrée adulte avec accès à la couronne $21,55.
Réservation en ligne:  https://www.statuecruises.com/statue-liberty-and-ellis-island-tickets#/
Attention les contrôle de sécurité sont stricts et longs. la consigne est obligatoire pour les sacs à dos. Pour une date fixée, les billets pour la couronnes ouvrent 4 mois à l’avance et ferment 2 mois avant la date.

  • Luna Park

Horaires variables, à vérifier ici: http://lunaparknyc.com/plan/park-hours/
Pour s’y rendre: lignes D, F, N et Q jusqu’à la station CONEY ISLAND STILLWELL AV
Les attractions: http://lunaparknyc.com/explore/rides/

  • Prix raisonnables mais passages réguliers pour les « tips » qui aident à financer les cours de chant et de danse des serveurs.

Prendre de la hauteur au Rockfeller

Comme tous les matins, nous commençons la journée par un énorme petit-déjeuner sur la terrasse ensoleillée du « Pain Quotidien » de Park Avenue, point de départ idéal pour nos balades et secteur prisé des fameux dog-sitters. L’occasion de parcourir pour la centième fois nos guides de voyages et de repenser le programme de la journée tout en observant le flot de passants et de taxis jaunes.

Dernier musée de notre séjour, nous choisissons de commencer par le Museum Of Modern Art. Présenté comme le temple de l’art moderne, nous attendions beaucoup du MOMA. L’architecture du lieu ne nous a pas emballés et deux étages étaient fermés pour cause d’installation (ce qui n’était pas signalé à l’entrée). On y retrouve malgré tout quelques œuvres de Pollock ou Picasso ainsi que les célèbres soupes Campbell et les Marilyn d’Andy Warhol. On profitera finalement plus longtemps du jardin des sculptures et de sa terrasse que des étages un peu décevants du musée…

Étape New-yorkaise incontournable, nous voilà arrivés au Rockfeller Center après quelques détours. Un simple trajet en ascenseur nous emmène sur le Top of The Rock pour découvrir une plate-forme d’observation à la vue spectaculaire. Du haut de ces 70 étages, on devine les silhouettes du Chrysler et de l’Empire State Building qui se détachent de la skyline. La statue de la liberté se fond dans la brume de l’Hudson et parait minuscule à côté des tours vitrées de la City. De l’autre côté, l’immense rectangle de verdure qu’est Central Park s’étend à nos pieds. On profite du panorama un long moment tout en repérant les quartiers déjà traversés ou les terrasses aménagées en jardin et restaurant.

De retour les pieds sur terre, un arrêt s’impose à la Magnolia Bakery sur les traces de Carrie Bradshaw. La foule y est dense et il faut jouer un peu des coudes pour grignoter un de leur célèbre cupcake ou goûter leur cheesecake au citron vert. Nos pâtisseries sont toutes juste avalées quand nous arrivons devant la majestueuse New York Public Library, autre symbole de la ville.

Patience et Fortitude, les deux lions de marbre rose, montent la garde à l’entrée du bâtiment. Le grand hall récemment rénové est simplement majestueux et donne accès à deux escaliers qui mènent aux  salles de lecture…. fermées pour rénovation ! Déception suprême. Tout en déambulant dans les couloirs frais et quasiment désert de la bibliothèque, on se promet de revenir à New York pour la redécouvrir entièrement restaurée.

A défaut d’avoir pu s’émerveiller devant les rangées de livres plus au moins anciens de la salle de lecture, nous nous rabattons sur Midtown Comics pour une plongée chez nos héros préférés. Installée au 1er étage d’un immeuble, il faut gravir un escalier étroit pour accéder aux rangées de bandes dessinées et aux collections de figurines de la boutique. A la recherche de souvenirs à rapporter, on passe de longues minutes à fouiller dans les bacs et à étudier les graphismes colorés protégés par leurs couvertures plastifiées. Dans la boutique Nintendo voisine, l’heure est aussi aux souvenirs d’enfance. Entre les peluches Pokemon et les Yoshi bariolés, on s’offre une partie de Mario Kart endiablée avant de filer vers un nouveau quartier.

Quelques stations de métro plus tard, nous découvrons la High Line, ancienne voie ferrée aérienne aujourd’hui transformée en parc suspendu depuis 2009.  Sur le même modèle que la coulée verte parisienne, elle traverse le Meatpacking district et Chelsea sur un peu plus de 2km. Avec son théâtre urbain, ses amateurs de yoga ou ses locaux lézardant sur des transats de bois, on goûte à une atmosphère paisible tout au long de la balade. L’occasion d’observer une exposition d’art temporaire pleine de charme après la déception du MOMA.

En remontant vers Times Square, nous rencontrons les deux Naked CowBoys avec leurs bottes et leurs guitares. Pas le temps de s’attarder cependant, le New Amsterdam Theatre nous attend pour une représentation d’Aladdin, The Musical.

Décors superbes, costumes colorés, illusions, humour, génie fabuleux et longuement acclamé…. Notre journée finit donc en musique par un moment magique à Broadway. « Exactly what you wished for… »

Côté pratique

Les musées et les visites
  • MOMA : 11 West, 53 Street

Tous les jours, de 10h30 à 17h30
Prolongation jusqu’à 20h le vendredi
Entrée adulte $25. Gratuit le vendredi de 16h à 20h.
Attention au sac-à-dos, même les rouges, la consigne est obligatoire et la file d’attente importante.
Réservation en ligne: https://www.moma.org/tickets/select

  • Top of The Rock : W 52th Street entre la 6ème et la 5ème Avenue.

De 8h à minuit, dernier ascenseur à 23h
Entrée adulte $40
Réservation en ligne : https://www.topoftherocknyc.com/ticket-menu/

  • New York Public Library : 5th avenue à la hauteur de la 42nd Street

Lundi, jeudi et samedi, de 10h à 18h
Mardi et mercredi, de 10h à 20h
Dimanche, de 13h à 17h
Entrée gratuite


Nos boutiques préférées
  • Midtown Comics: 200 W 40th Street
  • Nintendo store: 10 Rockfeller Plaza
  • nue
  • Magnolia Bakery : 1280 Avenue of the Americas