Les fantômes de Doñana

Partis de Séville pour une dernière découverte, nous empruntons pour la première fois les routes andalouses entourées de champs d’oliviers. Les haies de cactus et des lauriers roses défilent jusqu’à l’entrée du parc national de Doñana situé à l’extrémité de la Costa de la Luz, à l’embouchure du Guadalquivir.

Avant d’accéder au parc, nous optons pour un détour à Matalascañas pour répondre aux estomacs affamés. Alors que la route longeait les pins et les dunes de sables depuis une quinzaine de kilomètres, la cité balnéaire surgit subitement en bordure de l’océan. Les barres d’immeubles et les rangées sans fin de maisons identiques étonnent un peu à l’entrée de cette immense réserve naturelle. La vraie surprise vient pourtant de l’absence complète d’activité dans les rues: les parkings sont vides, les volets clos et les restaurants fermés. Même le front de mer et la plage sont déserts. Nous finissons tout de même par trouver l’unique terrasse restée ouverte à cette saison avant d’aller profiter du bord de mer qui semble nous être réservé.

Après cette première pause, il ne nous faut que quelques minutes pour rejoindre la discrète entrée El Acebuche, définie par un portail noir tout juste ouvert entre deux grands pins. Sur le chemin menant jusqu’au centre d’information, des panneaux encourageants nous demandent de veiller aux lynx présents dans le parc. Fenêtres grandes ouvertes et appareil photo sur les genoux, nous roulons doucement, déjà à la recherche des  quantités d’oiseaux, de cerfs et (pour les chanceux) de lynx ibériques promis dans les guides. La balade s’achève cependant rapidement en raison d’une invasion de moustiques plus que coriaces. Les balades en 4*4 régulièrement proposées pour découvrir les dunes et sa faune ne sont plus disponibles pour la journée… Un plan B s’impose.

Nous optons finalement pour une autre entrée sur le parc repérée sur le plan du centre d’information: El Rocio. Le GPS nous signale qu’une partie de l’itinéraire n’est pas carrossable mais nous partons sans en tenir compte. La courte route se fait sans encombre et nous ne comprenons le message du GPS qu’à l’arrivée. Passés le parking, les routes ne sont en effet constituées que de sable dans le hameau.

La grande église marque l’entrée du village. D’un blanc immaculé tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, on ne voit en entrant que son autel bardé de dorures. Perdu au milieu du parc, ce lieu fait pourtant l’objet du plus grand pèlerinage d’Espagne, la Romeria del Rocio, où la foule forme une large procession de piétons et de cavaliers. Malgré cette renommée, là encore, tout semble désert. Seuls quelques cavaliers passent en trottant près de nous.

Avec ses grandes allées de terre battue marquées par les traces de sabot, El Rocio nous a transporté loin en dehors d’Espagne. Un peu étonnées, nous découvrons peu à peu cet endroit étrange où la vie n’a l’air d’être tournée que vers la religion et les chevaux. Les confréries fleurissent à chaque coin de rue et on s’attendrait presque à trouver un saloon entre les terrasses de bois. Notre chemin nous ramène au bord du marais où le cri des bernaches résonne. On aperçoit sur l’autre rive des colonies de flamants roses et des chevaux marchant tranquillement dans l’eau. Aucun moustique à l’horizon, le calme est absolu.

La suite du périple nous amène à Cadix, capitale de la Costa de la Luz. Assez peu touristique et encerclée par l’océan, la ville est un véritable labyrinthe de ruelles où l’on se perd, d’expérience, assez facilement. Nous traversons des quartiers animés aux bars, restaurants et boutiques animés pour arriver jusqu’au marché aux fleurs. La balade se poursuit en bord de mer jusqu’à la caleta, plage de Cadix prise entre deux anciens forts, permet d’observer les fortifications qui caractérise la cité. Le parque Genovés et sa cascade marqueront notre dernière étape ensoleillée en Andalousie. Après une semaine loin de la grisaille automnale, il ne reste qu’à repartir pour préparer le prochain périple.

Coté pratique

Un logement

Hôtel La cathédrale
Bien placé, un jacuzzi sur le toit face à la cathédrale de Cadix et de jolies réductions hors saison.
http://www.hotellacatedral.com/ aussi disponible à la réservation sur Booking.

Escapade à Cordoue

Partis de Séville en train le matin, nous voici arrivés moins d’une heure plus tard à Cordoue. Cité médiévale en bord du Guadalquivir, Cordoue regorge de petites ruelles et de patios dissimulés derrière chaque porte ou presque. On y vient surtout pour sa mosquée cathédrale, véritable bijou que nous partons découvrir sur le champ…Sur le champ ou presque. En sortant de la gare, une grande allée large et fleurie nous entraine droit… à l’opposé du cœur de ville ancien. Après avoir retourné notre plan trop petit dans tous les sens et avoir mené une recherche assez vaine de panneaux, un couple d’espagnols vole à notre secours et nous entraine dans un dédale de ruelles pavées, directement jusqu’à la mosquée. Rencontre improbable (et salutaire) à peine arrivés.

Après cette petite mésaventure, nous arrivons dans la mezquita par la grande porte sous le minaret pour découvrir un nouveau patio des orangers. Si l’endroit rappelle Séville, le patio parait pourtant plus chaud avec ses palmiers et ses fontaines colorées. La file d’attente s’épuise rapidement et il est temps de pénétrer dans la mosquée par la puerta de las Palmas.

A peine entrés, on part se perdre entre les centaines de colonnes de marbre et de granit en provenance du monde entier. Les mains courant sur la surface des colonnes, on admire les séries d’arcs, les couleurs et les milliers de détails sculptés. Les travées semblent s’étendre indéfiniment et les effets de perspective laissent place à d’étonnants puits de lumière ici et là. En approchant des parties les plus anciennes, on imagine un instant le retour des dorures et des milliers de tapis qui devaient joncher le sol de l’époque.

L’édifice regorge de surprises et un arrêt lecture de guide s’impose pour comprendre le caractère unique de ce lieu. Les genres et les cultures s’y mélangent en une curieuse harmonie.

La mezquita s’est en effet bâtie sur près de 9 siècles, se réinventant au fil des époques, des conquêtes et des souverains. Temple romain, église, mosquée puis église à nouveau… une cathédrale étant venue se nicher directement au cœur de l’édifice, se fondant entre les colonnes. Cette immense bâtisse semble pourtant avoir conservé toute son âme, ou plutôt ses âmes.

On perd un peu la notion du temps à vagabonder le nez en l’air, à revenir sur ses pas pour redécouvrir un détail, une chapelle puis finalement la maqsûra. La coupole est un peu dissimulée mais mérite le détour avec ses dorures et ses arabesques colorées.

Après ce long moment de déambulation, nous ressortons prendre le soleil en bordure du fleuve. L’ancien pont romain permet de traverser le Guadalquivir où hérons et cormorans font sécher leurs plumes sur quelques rochers. Les notes d’un violon résonne sur le pont de pierres baigné de soleil et nous accompagne le temps de cette courte pause.

De retour en centre ville, nous nous dirigeons vers le quartier de la Juderia où fleurissent les boutiques de souvenirs surchargées. En s’éloignant un peu des rues bondées, on prend cependant plaisir à se perdre dans les allées blanches et fleuries. On s’arrête de temps à autre pour revenir sur nos pas et observer avec curiosité l’intérieur des bâtiments souvent ornés de mosaïques où s’ouvrant sur des patios ombragés. Les ruelles pavées nous mènent tour à tour au souk municipal (sorte de petit marché d’artisanat local), dans la cour de l’ancienne et minuscule synagogue pour terminer au pied de quelques vestiges romains.

Passés de quartier en quartier et armés de notre plan corrigé et largement annoté pour l’occasion, il est déjà l’heure de retourner vers la gare et de rentrer à Séville.

Coté pratique

Les visites

Mosquée cathédrale de Cordoue
Visite gratuite avant 10h, entrée 8€
– de Mars à Octobre, du lundi au samedi,  de 10h00 à 19h00
Dimanches et jours fériés,  de 08h30à 11h30 et de 15h00 à 19h00.
– de Novembre à Février, du lundi au samedi,  de 10h00 à 18h00
Dimanches et jours fériés,  de 08h30 à 11h30 et de 15h00 à 18:00.
plus d’informations ici: http://www.catedraldecordoba.es

Les transports

Aller retour Séville – Cordoue
Départ de la Gare Santa Justa de Séville
Prix variable en fonction des horaires, train toutes les heures, trajet entre 40 minutes et 1h20
Se présenter au moins 20 minutes avant l’heure du départ pour un contrôle des bagages.
http://www.renfe.com/FR/viajeros/index.html

Au fil des pavés

Le souvenir de la place d’Espagne s’éveillant à mesure que le soleil se couche ayant marqué les esprits, la dernière journée à Séville débute sur une nouvelle visite au parc Maria Luisa. La place apparait sous un nouveau jour et le soleil radieux permet de découvrir à la lumière du jour les fresques qui jonchent notre parcours.

Une cinquantaine de bancs d’azulejos illustrent chaque province espagnole dans un jeu de couleurs et de dessins variés. On observe alors les cartes de chaque région, son blason et on révise au passage quelques scènes historiques: découverte de l’Amérique, guerre d’indépendance ou – beaucoup plus léger- Don Quichotte et ses célèbres moulins. Dans les petites tourelles, des livres ont été abandonnés ici et là et seront sans doute dévorés par les prochains passants qui s’installeront sur la place.

Les barques s’activent toujours sur le canal et passent tour à tour sous les ponts de Castille Aragon, Navarre et Leon. Les galeries couvertes offrent un peu d’ombre pour profiter du spectacle et regarder les perruches voler au dessus des calèches. Tout près, des kiosques débordent d’éventails colorés, de robes de flamenco et de gadgets rouges, or ou noirs. Dans les allées du parc, le calme règne toujours au son des fontaines et à l’ombre des arbres centenaires.

La balade du jour se poursuit dans le quartier Santa Cruz et ses ruelles sinueuses bordées de maisons colorées. On s’attroupe pour grignoter des tapas autour de petites terrasses entre lesquelles slaloment les touristes. Notre choix se porte sur Las Teresas au décor typique: affiches de tauromachie, jambons ibériques suspendus au plafond et mosaïques au mur.

Nous continuons la journée et les visites vers le Metropol Parasol. Aussi appelé « Setas de la Encarnacion » (Champignon de l’Incarnation), ce monument tout en bois fait figure d’ovni au milieu de l’architecture de Séville et surprend dès qu’on s’en approche. On y trouve un musée archéologique en sous sol, un marché couvert mais surtout… une terrasse perchée à 30 mètres de haut. On grimpe sur le toit par un ascenseur avant de suivre un chemin serpentant d’un parasol à l’autre. Du sommet, on reconnait aisément les arènes, la cathédrale et les différents quartiers déjà traversés sous la chaleur de ce mois d’octobre.

Après 3 jours de balade, une récompense bien méritée vient terminer cette escapade sévillane. Quelques semaines auparavant, nous avions en effet réservé une entrée dans le célèbre spa Aire. Dissimulée entre deux ruelles, la porte de verre ouvre sur un patio à la lumière douce où attendent de grandes banquettes et de belles théières d’argent. Une hôtesse vient nous chercher pour nous emmener au vestiaire où tout est fourni (scandales, peignoir, serviettes…). Rapidement changés, il nous suffit de suivre les bougies le long d’un escalier pour descendre vers les bains orientaux. Toutes les salles sont éclairées à la bougie et une douce chaleur nous enveloppe dès notre arrivée. Les lueurs des bougies dansent sur les murs rouges de la salle principale, une musique d’ambiance nous berce et un calme absolu règne dans les bains. Bain d’eau chaude, bain d’eau froide, bassin d’eau salée, jacuzzi immense, hamman et massage… le bien être est total.

Nous sortirons du spa plus de deux heures plus tard, les idées encore un peu embrumées par les vapeurs chaudes des bains. Le séjour à Séville s’achève sur une note de sérénité et sur un excellent repas, sans doute pour prolonger jusqu’au bout cette douceur andalouse.

Coté pratique

Les visites

Metropol Parasol
3€ et une boisson offerte à la cafeteria.
De Dimanche au Jeudi, de 10h00 à 22h30
De Vendredi au Samedi, de 10h00 au 23h00

Aire de Sevilla
Nombre d’entrées limité, réservation obligatoire en ligne http://www.airedesevilla.com/
Bains seuls : 31€, premiers massages à partir de 15 minutes pour 47€.
Accès à la terrasse avec vue sur la cathédrale et jacuzzi pour tout massage supérieur ou égal à 45 minutes.

Un repas?

Torres y garcia
Réservation obligatoire. Cadre très agréable et cuisine travaillée !
http://torresygarcia.es/

*Photos de Aire issues de Tripadvisor

Séville historique

La matinée débute sous un soleil à nouveau radieux et devant un café siroté depuis notre toit terrasse. A nos pieds, les ruelles paraissent bien silencieuses en comparaison de la vie nocturne trépidante de la veille. La dernière tartine engloutie, il est temps de partir pour notre journée « visites » dans le quartier de la cathédrale tout proche. Au programme: les Archives Générales des Indes, la cathédrale et surtout… l’Alcazar !

Les Archives Générales des Indes seront notre premier point de chute de ce dimanche. Nées en 1785, elles abritent tous les documents liés aux colonies espagnoles sur près de 10km de rayonnages. Le rez de chaussée est assez réduit et on est rapidement tenté de monter les marches du grand escalier de marbre pour découvrir les couvertures vieillies de documents historiques. L’étage est en effet cerclé de grands couloirs silencieux bordés de bibliothèques en bois. On ne trouve pourtant que des boites d’archives sur les étagères vernies. Si ce détail n’enlève rien à la beauté du lieu, il est un peu déroutant pour les amoureux des livres et des bibliothèques. Un crochet dans le hall permet à nos aventuriers de rêvasser devant un coffre pirate aux serrures imprenables avant de partir vers notre prochain arrêt.

Arrivés sur la Plaza del Triunfo, une mauvaise surprise nous attend pourtant. La foule est dense devant les portes de l’Alcazar et une file d’attente qui parait interminable remonte près de la cathédrale. Pas vraiment surpris, nous partons donc nous mettre à l’extrémité de la file où un couple de britanniques est sur le départ. Un sourire compatissant agrémenté d’un « Good luck » donne le ton. Il nous faudra finalement près d’une heure pour passer la Puerta del León et accéder au palais (heure qui suffit largement à se rappeler de commander les billets en ligne la prochaine fois…). Au fond peu importe, l’Alcazar vaut largement ce petit sacrifice.

Dès le seuil de la porte franchi, on ne cesse de lever la tête pour observer chaque détail du patio et du Palacio del Rey Don Pedro. La visite débute au hasard par la maison de l’Amiral, héritage des grandes expéditions maritimes, avec sa grande salle d’audience au plafond sculpté et sa collection d’éventails. Très vite cependant, l’appel des couloirs du palais et de ses patios se fait entendre. On prend alors un malin plaisir à se perdre entre les arches sculptées, les panneaux ouvragés et les fresques d’azulejos.

Au fil des pas nous traversons tour à tour le salon des Ambassadeurs et sa coupole dorée, le patio de las Muñecas et le célèbre patio de las Doncellas où les arches sculptées se reflètent dans le bassin. On part au hasard, on se croise, on se retrouve entre deux allées et surtout on s’émerveille à chaque nouveau décor avant de gagner les jardins.

La balade débute alors par le Jardin del Principe où, comme la veille, flotte un agréable parfum de laurier et de jasmin.  Dans les allées des jardins, les haies de buis ou de thuyas ont fait place à de magnifiques haies d’orangers. Végétation verdoyante, palmiers par centaines et arbres fruitiers accompagnent nos promenades où les citrons, oranges, mandarines et même grenades n’attendent qu’un peu plus de soleil pour murir. L’Alcazar est comme un oasis au milieu de Séville.

Les jardins disposés en terrasses ont chacun leur propre caractère et renferment différents fontaines ou pavillons auprès desquels le temps semble s’être arrêté. Malgré le nombre important de visiteurs, les allées sont paisibles et parfois même désertes. Il est facile de se faire bercer par le chant des perroquets et le murmure des fontaines.

Après s’être égarés dans le labyrinthe et avoir pris quelques instants de repos à l’ombre des palmiers, nous remontons vers la galerie du grotesque pour prendre un peu de hauteur. Cette grande muraille de rocade traverse les jardins et remonte jusqu’au palais. Vu d’en haut, on se rend sans doute mieux compte de l’étendue de verdure et des différentes ambiances qu’il nous reste à parcourir avant de rejoindre la cathédrale…

Encore sous le charme de la visite de l’Alcazar, nous partons pour une une nouvelle (mais nettement plus courte) file d’attente. L’entrée se trouve sur la place Virgen de los Reyes, marqué par une reproduction géante de la girouette Giralda qui orne le sommet de l’ancien minaret. La cathédrale est en effet bâtie sur l’emplacement de l’ancienne grande mosquée dont il ne reste aujourd’hui que le minaret, reconverti en clocher, et la porte d’enceinte.

Dès les premiers pas, la cathédrale impressionne avec ses voûtes ouvragées de plus de 40m de haut. On se perd quelques instants dans les allées, le nez en l’air, avant de s’intéresser aux orgues, autels et chapelles tous plus rutilants les uns que les autres. Tableaux, panneaux sculptés et personnages dorés se cachent cependant le plus souvent derrière d’immenses grilles en fer forgé. Le mausolée de Christophe Colomb tout proche attire les visiteurs qui ne prêtent que peu d’attention aux petits couloirs qui mènent aux sacristies et à la salle capitulaire plus discrètes. De l’autre côté de la cathédrale, une grande porte s’ouvre sur le patio des orangers où se pressent les passants. Avant de les rejoindre, une dernière étape nous attend: l’ascension de la Giralda.

A l’annonce des quelques 97m de hauteur,  un instant de doute nous traverse l’esprit. Il est cependant vite dissipé par la perspective d’une vue imprenable sur tout Séville à l’heure où le soleil commence déjà à décliner. L’ascension se fait sans effort par des rampes d’accès où les marches semblent être bannies ! Tout au long de la montée, les fenêtres permettent d’entrevoir les décors de la Giralda et les ruelles animées en contrebas. Un concert de carillons attend les premiers arrivés au sommet pendant que les suivants observent les terrasses et piscines qui fleurissent sur les toits. Le dernier pallier offre le panorama tant attendu sur la ville aux couleurs blanches et ocres où l’on reconnait aisément les parcs déjà traversés. Il ne reste qu’à redescendre dans le patio après en avoir pris plein les yeux tout au long de la journée.

Après un très bon repas pris dans les ruelles, la soirée commence comme la veille au son des notes de musique. Sur la plaza de San Francisco, un groupe de cuivres fait résonner les notes du french cancan sous les applaudissements des passants. Avant de rentrer, nous nous laissons tenter par un cocktail sur l’un des rooftops repéré depuis la Giralda. Bien qu’un peu sélectif de prime abord, nous trouvons sans problème une place au somment de l’immeuble d’où la vue donne directement sur la cathédrale illuminée.

Séville n’a décidément pas fini de nous charmer.

Coté pratique

Les visites

Archives Générales des Indes
Entrée libre
Du lundi au samedi, de 09h30 à 17h00
Dimanche et jours fériés, de 10h00 à 14h00

El Real Alcazar de Séville
9,5€ entrée plein tarif
Du lundi au dimanche, de 09h30 à 17h00 entre octobre à mars
Du lundi au dimanche, de 09h30 à 19h00 entre avril et septembre
Visite guidée disponible sur le site :http://www.alcazarsevilla.org/visita-virtual/

La cathédrale de Séville
9€ entrée plein tarif
Lundi, de 11h00 à 15h 30 puis de 16h30 à 18h00
Du mardi au samedi, de 11h00 à 17h00
Dimanche, de 14h30 au 18h0
Ventes de billets et réservations sur le site: http://www.catedraldesevilla.es/

Un verre?

La terrasse EME Bar (EME Cathedral Seville Hotel)
Réservé à la clientèle à partir d’une certaine heure

Un repas?

Ostia Antica Ristorante
Le hasard nous a emmené dans ce restaurant italien qui, surprise, appartient lui aussi à EME. Pizzas et pâtes ont fait l’unanimité !

Douceur andalouse

Alors que la descente de l’avion commence, les montagnes apparaissent au loin, bloquant les nuages à l’horizon. Le soleil se reflète à la surface du Guadalquivir et dans les quelques lacs formant de grandes étendues aussi claires que de la neige. Même depuis les nuages, l’aridité de cette partie de l’Espagne se devine pourtant. La terre est sombre, vallonnée et jalonnée de quelques bosquets d’arbres mais le paysage change à l’approche de l’atterrissage. De longues lignes droites découpent de grands champs, les premières villes apparaissent et les méandres du fleuve s’assagissent: Séville n’est plus qu’à quelques kilomètres.

29 Octobre 2016 – 12h et quelques 24°C à l’extérieur. Le soleil est radieux, les lunettes de soleil de sortie et les chapeaux vissés sur la tête: le séjour débute sous les meilleures auspices.

Le charme de Séville se révèle dès l’arrivée en centre ville: palmiers et orangers qui bordent les avenues, terrasses bondées, musique et ciel sans nuage. En attendant les clés de notre appartement, nous filons sur les rives paisibles du fleuve à la recherche du Mercado Del Arenal et d’un endroit où manger. Un peu déçus par le nombre d’étals fermés sur le marché, c’est finalement le Pompeia Café qui nous attire avec ses jus de fruits frais exotiques et ses paellas (sans parler de la mousse de canard et du digestif offert par la maison…).

Juste à côté, les arènes sont en plein ravalement mais les allés qui les entourent respirent le calme et sentent bon le jasmin. Les bâtisses blanches et jaunes préfigurent déjà des atmosphères que nous croiserons tout au long du séjour. Sur le chemin du retour, une mariée et toute sa famille traverse devant nous dans un défilé de calèches où les sabots des chevaux résonnent dans la rue.

Il faut se perdre dans les rues du centre pour se faire une idée de la vie andalouse. On découvre au fil des pas les premiers bars à tapas, les jambons suspendus au plafond, les affiches de flamenco, de tauromachie et les verres de vin qui s’entrechoquent. On se laisse aussi surprendre, en passant une porte, par des lieux à part comme la plaza del Cabildo. C’est d’ailleurs au détour d’une ruelle comme celle ci, juste à côté de la cathédrale, que nous attendent nos deux appartements dont les chambres donnent sur les toits de Séville et sa Giralda.

Après avoir déposé les valises, la petite troupe repart donc en direction de l’immense Parc de María Luisa complètement remanié pour l’exposition ibério américaine de 1929. On y entre par la Plaza de America où les enfants distribuent des graines aux oiseaux et jouent près des fontaines. De l’autre côté de la rue, le jardin des délices est lui quasiment désert.

On trouve ici le musée des coutumes et arts populaires et le musée d’archéologie dont les décors sont soulignés par la lumière douce de cette fin d’après midi. Des groupes de perruches se cachent dans les arbres et chantent joyeusement au dessus de nos têtes… quand elles ne laissent pas tomber dessus les fruits des palmiers !

La découverte du parc s’achève à la nuit tombante après avoir traversé des allées d’arbres centenaires, de petites places et de jardins. La foule se densifie un peu à l’approche de la célèbre Place d’Espagne qui nous émerveille au premier coup d’œil. Le jeu des colonnes, les bancs d’azulejos colorés et les reflets sur le canal donnent au lieu un côté magique. Un escalier immense nous attend dans la pénombre pour mieux observer l’ampleur de ce lieu. Les rambardes de bois sombres et les marches d’azulejos ne sont pas encore éclairées, les ombres des passants dansent sur les murs blancs, comme animées par les derniers rayons. A mesure que le soleil se couche, les lumières s’allument une à une près des canaux et dans les allées. De nouveaux détails, de nouvelles mosaïques et de nouveaux jeux d’ombres et de lumière se révèlent et la place semble s’éveiller peu à peu.

Il est bientôt temps de rentrer après une dernière balade dans le quartier de l’Ayuntamiento et de la Calle Sierpes où des musiciens animent chaque coin de rue pour le plus grand plaisir de nos oreilles.

Côté pratique

Trajet

Aéroport – centre-ville
– un tour de navette peut suffire. Navette EA, 4€ l’aller, arrêt Avenida Carlos IV Jardines del prado de San Sebastian
-le taxi coûte environ 25€, pratique quand on est plusieurs et pressés..

Logement

Apartamentos Mariano de Cavia. Un peu bruyant mais bien placé sur la Calle Mariano de Cavia

Restaurant

Pompeia Cafe, 12 Calle Adriano