Séville historique

La matinée débute sous un soleil à nouveau radieux et devant un café siroté depuis notre toit terrasse. A nos pieds, les ruelles paraissent bien silencieuses en comparaison de la vie nocturne trépidante de la veille. La dernière tartine engloutie, il est temps de partir pour notre journée « visites » dans le quartier de la cathédrale tout proche. Au programme: les Archives Générales des Indes, la cathédrale et surtout… l’Alcazar !

Les Archives Générales des Indes seront notre premier point de chute de ce dimanche. Nées en 1785, elles abritent tous les documents liés aux colonies espagnoles sur près de 10km de rayonnages. Le rez de chaussée est assez réduit et on est rapidement tenté de monter les marches du grand escalier de marbre pour découvrir les couvertures vieillies de documents historiques. L’étage est en effet cerclé de grands couloirs silencieux bordés de bibliothèques en bois. On ne trouve pourtant que des boites d’archives sur les étagères vernies. Si ce détail n’enlève rien à la beauté du lieu, il est un peu déroutant pour les amoureux des livres et des bibliothèques. Un crochet dans le hall permet à nos aventuriers de rêvasser devant un coffre pirate aux serrures imprenables avant de partir vers notre prochain arrêt.

Arrivés sur la Plaza del Triunfo, une mauvaise surprise nous attend pourtant. La foule est dense devant les portes de l’Alcazar et une file d’attente qui parait interminable remonte près de la cathédrale. Pas vraiment surpris, nous partons donc nous mettre à l’extrémité de la file où un couple de britanniques est sur le départ. Un sourire compatissant agrémenté d’un « Good luck » donne le ton. Il nous faudra finalement près d’une heure pour passer la Puerta del León et accéder au palais (heure qui suffit largement à se rappeler de commander les billets en ligne la prochaine fois…). Au fond peu importe, l’Alcazar vaut largement ce petit sacrifice.

Dès le seuil de la porte franchi, on ne cesse de lever la tête pour observer chaque détail du patio et du Palacio del Rey Don Pedro. La visite débute au hasard par la maison de l’Amiral, héritage des grandes expéditions maritimes, avec sa grande salle d’audience au plafond sculpté et sa collection d’éventails. Très vite cependant, l’appel des couloirs du palais et de ses patios se fait entendre. On prend alors un malin plaisir à se perdre entre les arches sculptées, les panneaux ouvragés et les fresques d’azulejos.

Au fil des pas nous traversons tour à tour le salon des Ambassadeurs et sa coupole dorée, le patio de las Muñecas et le célèbre patio de las Doncellas où les arches sculptées se reflètent dans le bassin. On part au hasard, on se croise, on se retrouve entre deux allées et surtout on s’émerveille à chaque nouveau décor avant de gagner les jardins.

La balade débute alors par le Jardin del Principe où, comme la veille, flotte un agréable parfum de laurier et de jasmin.  Dans les allées des jardins, les haies de buis ou de thuyas ont fait place à de magnifiques haies d’orangers. Végétation verdoyante, palmiers par centaines et arbres fruitiers accompagnent nos promenades où les citrons, oranges, mandarines et même grenades n’attendent qu’un peu plus de soleil pour murir. L’Alcazar est comme un oasis au milieu de Séville.

Les jardins disposés en terrasses ont chacun leur propre caractère et renferment différents fontaines ou pavillons auprès desquels le temps semble s’être arrêté. Malgré le nombre important de visiteurs, les allées sont paisibles et parfois même désertes. Il est facile de se faire bercer par le chant des perroquets et le murmure des fontaines.

Après s’être égarés dans le labyrinthe et avoir pris quelques instants de repos à l’ombre des palmiers, nous remontons vers la galerie du grotesque pour prendre un peu de hauteur. Cette grande muraille de rocade traverse les jardins et remonte jusqu’au palais. Vu d’en haut, on se rend sans doute mieux compte de l’étendue de verdure et des différentes ambiances qu’il nous reste à parcourir avant de rejoindre la cathédrale…

Encore sous le charme de la visite de l’Alcazar, nous partons pour une une nouvelle (mais nettement plus courte) file d’attente. L’entrée se trouve sur la place Virgen de los Reyes, marqué par une reproduction géante de la girouette Giralda qui orne le sommet de l’ancien minaret. La cathédrale est en effet bâtie sur l’emplacement de l’ancienne grande mosquée dont il ne reste aujourd’hui que le minaret, reconverti en clocher, et la porte d’enceinte.

Dès les premiers pas, la cathédrale impressionne avec ses voûtes ouvragées de plus de 40m de haut. On se perd quelques instants dans les allées, le nez en l’air, avant de s’intéresser aux orgues, autels et chapelles tous plus rutilants les uns que les autres. Tableaux, panneaux sculptés et personnages dorés se cachent cependant le plus souvent derrière d’immenses grilles en fer forgé. Le mausolée de Christophe Colomb tout proche attire les visiteurs qui ne prêtent que peu d’attention aux petits couloirs qui mènent aux sacristies et à la salle capitulaire plus discrètes. De l’autre côté de la cathédrale, une grande porte s’ouvre sur le patio des orangers où se pressent les passants. Avant de les rejoindre, une dernière étape nous attend: l’ascension de la Giralda.

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A l’annonce des quelques 97m de hauteur,  un instant de doute nous traverse l’esprit. Il est cependant vite dissipé par la perspective d’une vue imprenable sur tout Séville à l’heure où le soleil commence déjà à décliner. L’ascension se fait sans effort par des rampes d’accès où les marches semblent être bannies ! Tout au long de la montée, les fenêtres permettent d’entrevoir les décors de la Giralda et les ruelles animées en contrebas. Un concert de carillons attend les premiers arrivés au sommet pendant que les suivants observent les terrasses et piscines qui fleurissent sur les toits. Le dernier pallier offre le panorama tant attendu sur la ville aux couleurs blanches et ocres où l’on reconnait aisément les parcs déjà traversés. Il ne reste qu’à redescendre dans le patio après en avoir pris plein les yeux tout au long de la journée.

Après un très bon repas pris dans les ruelles, la soirée commence comme la veille au son des notes de musique. Sur la plaza de San Francisco, un groupe de cuivres fait résonner les notes du french cancan sous les applaudissements des passants. Avant de rentrer, nous nous laissons tenter par un cocktail sur l’un des rooftops repéré depuis la Giralda. Bien qu’un peu sélectif de prime abord, nous trouvons sans problème une place au somment de l’immeuble d’où la vue donne directement sur la cathédrale illuminée.

Séville n’a décidément pas fini de nous charmer.

Coté pratique

Les visites

  • Archives Générales des Indes

Entrée libre
Du lundi au samedi, de 09h30 à 17h00
Dimanche et jours fériés, de 10h00 à 14h00

  • El Real Alcazar de Séville

9,5€ entrée plein tarif
Du lundi au dimanche, de 09h30 à 17h00 entre octobre à mars
Du lundi au dimanche, de 09h30 à 19h00 entre avril et septembre
Visite guidée disponible sur le site :http://www.alcazarsevilla.org/visita-virtual/

  • La cathédrale de Séville

9€ entrée plein tarif
Lundi, de 11h00 à 15h 30 puis de 16h30 à 18h00
Du mardi au samedi, de 11h00 à 17h00

Dimanche, de 14h30 au 18h0
Ventes de billets et réservations sur le site: http://www.catedraldesevilla.es/

 

Un verre?

La terrasse EME Bar (EME Cathedral Seville Hotel)
Réservé à la clientèle à partir d’une certaine heure

 

Un repas?

Ostia Antica Ristorante
Le hasard nous a emmené dans ce restaurant italien qui, surprise, appartient lui aussi à EME. Pizzas et pâtes ont fait l’unanimité !


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