Le désert des pinnacles

11 décembre 2023

Il est désormais temps de regagner Perth avant la dernière étape de notre voyage : Singapour ! Nous sommes encore à plus de 6h de l’aéroport et avons envisagé deux arrêts hauts en couleur pour conclure ce court road trip.

Le premier de la journée sera le Hutt Lagoon, l’un des quelques pink lakes dispersés sur le territoire australien. Sa couleur, qui varie notamment en fonction de la météo, est provoquée par une micro-algue spécifique aux eaux très salées. On peine un peu à trouver une véritable entrée au site alors on finit par se garer un peu au hasard sur le bas-côté. Il faut bien admettre qu’on est un peu surpris arrivés sur place. Nous avions repéré des photos d’une large étendue d’un rose vif et découvrons finalement une immense croûte de sel, bordée de quelques flaques colorées. En revanche, on retrouve bien les nuances de rose et de violet, sans doute plus marquées sur les photos qu’en réalité.

Après un court arrêt, nous reprenons donc la route en direction de Cervantes. Autour de nous, le décor change peu à peu. Les terres arides et ocres laissent place à des champs, à des milliers de moutons puis à des zones progressivement plus vertes.

C’est pourtant dans une zone très minérale que nous terminons notre journée. Le Désert des Pinnacles, situé dans le parc national de Nambung, est en effet célèbre pour ses structures géologiques dispersées au milieu d’un désert de sable jaune.

Il faut reconnaitre que l’endroit est un peu surréaliste. Au milieu de ce sable de couleur vive, d’étonnants pics de calcaire surgissent du sol, un peu à la manière de nos menhirs bretons. On en trouve de toutes les tailles et de toutes les formes, les plus grands atteignant près de quatre mètres.

L’origine de leur formation est encore assez mal connue. L’hypothèse la plus répandue est que la roche serait formée de milliers de coquillages, échoués sur le rivage de l’océan, tout proche, et transportés dans les terres par la force du vent. Au fil du temps, ces coques auraient donné le sable particulier du désert. A force d’érosion, une partie des coquillages aurait, elle, formé ces roches calcaires caractéristiques de Nambung.

Arrivés en fin de journée, on observe les changements de couleurs et d’ambiance de cette zone mystérieuse avec intérêt, profitant même des derniers rayons du soleil, au loin sur les dunes blanches de Lancelin.

Sous un ciel presque sans nuage, on savoure nos derniers instants en admirant les étoiles dans un décor digne d’un film de science fiction. Conscients de n’avoir eu qu’un très bref aperçu du pays, on se dit déjà que nous devrons revenir pour mieux le connaitre…

Étonnante cette Australie non ?

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les étoiles au dessus des Pinnacles

Coté pratique

Les activités

Nambung national Park
A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de $17 par jour et par véhicule.
Les Park Pass peuvent être intéressants en fonction de votre itinéraire et il en existe plusieurs formules regroupées ici : https://shop.dbca.wa.gov.au/collections/park-passes
De notre côté, nous avons opté pour un « holidays pass ».

Le désert des pinacles se visite en voiture sans difficulté et il est possible de s’arrêter un peu partout sur le bord de la route pour explorer les lieux à pied. Il existe également une option piétonne cependant, la boucle est assez courte (2km). Aussi, il n’est pas utile de prévoir d’y passer plus de 2h… à moins de vouloir faire des photos de nuit !

Le logement

Cervantes Pinnacles Motel, 7 Aragon Street, 6511 Cervantes, Australie
Un motel assez basique mais proposant une piscine. Idéalement, demandez les chambres 23 à 29. Par contre, nous avons eu la mauvaise surprise de découvrir que, à cette époque de l’année, le restaurant était fermé comme la plupart des commerces aux alentours…

Les repas

Sur le pouce faute de mieux !

François Peron NP

7 décembre 2023

C’est avec un enthousiasme énorme que nous débutons notre balade en direction du Cape Peron. Jens, notre guide du jour, vient nous chercher directement devant notre motel pour une journée dans des contrées au sable coloré qui nous ont sacrément fait de l’œil au moment de préparer l’itinéraire.

Si le début du chemin n’a rien de très exotique, on arrive rapidement à une portion de route couverte de sable où dégonfler les pneus devient indispensable. L’espace d’un instant, entourés de tout cette poudre orangée, on repense à notre aventure en Namibie où nous étions restés ensablés pendant des heures… Ces couleurs flamboyantes sont en réalité dues à du fer présent en quantité sur la côte de Shark Bay, au dessus de Denham.

Il n’y a pourtant pas que des couleurs de feu dans le parc François Peron. Autour de nous, de grandes étendues vertes prennent racine dans ce sol étrange. Elles abritent pas mois de 700 espèces de plantes différentes dans toute la baie et représentent un refuge pour les petits animaux, tant pour se protéger des variations de température que des prédateurs.

En parlant de petite bête, Jens arrête la voiture en urgence et nous fait descendre de son bolide. Il vient de repérer, sur le bord de la route, un petit lézard d’une dizaine de centimètres à peine : le thorny devil. Cette petite bête surprenante me plait tout de suite avec ses airs préhistoriques. Il est très important de ne pas les toucher car ces petits diables ne sont pas capables de boire par la bouche : ils aspirent l’eau, par la peau, dans de petites mares. Toute trace de crème solaire ou de savon les mettrait donc en danger, d’autant plus que leur instinct les pousse à rester immobile en cas d’alerte et à ne pas s’enfuir.

Autrefois relativement courant dans le secteur, le thorny devil a presque disparu depuis le COVID, victime des habitants de Western Australia venus visiter le parc par leur propres moyens sans aucune vigilance sur la faune locale… Avec beaucoup de tristesse, on découvre donc qu’une part importante de ces petits animaux a été victime de la route en moins de deux ans.

A notre arrivée au Cap Peron, on est tout de suite impressionnés par les couleurs de notre environnement. Des dunes oranges ponctuées de végétation d’un vert aux reflets bleutés ou argentés se fondent dans des plages de sable blanc. La mer arbore de jolies nuances de bleu, non pas en raison de différences de profondeur mais plutôt car de larges prairies d’herbe marine couvrent une partie des fonds marins. Depuis le sommet des dunes, on observe d’imposants groupes de cormorans ainsi que quelques dauphins venus chasser de petits bancs de poissons tout près de la plage. Les lieux paraissent magiques, presque irréels.

En remontant la plage à pied, on change de perspective. Les nuances de couleurs du sable apparaissent plus clairement, au contraire de la faune marine qui disparait sous cet angle, se fondant dans les vagues. Un air frais balaie le décor, rendant la chaleur très supportable voire presque agréable. On profite un moment des lieux, scrutant la mer à la recherche d’autres animaux. Avant de partir Jens, notre guide, nous propose un morning tea avec petits gâteaux, tasses de thé aux couleurs de la compagnie et nappe à carreaux !

Un peu plus loin, le Skipjack Point est aménagé par le biais d’une plateforme en plastique recyclé qui offre plusieurs points de vue sur la baie. On y trouve plusieurs panneaux explicatifs sur la faune locale qu’on observe un bon moment depuis les hauteurs. De là, on aperçoit assez rapidement une tortue, plusieurs petits requins et deux cowtail stingrays (littéralement les raies à queue de vache, reconnaissable à la sorte de plumeau noir qu’elles arborent au bout de la queue). On est vraiment étonnés de leur proximité avec le rivage dans ces eaux peu profondes. Là encore, des nuées de cormorans ont élus domicile, à tel point qu’un coup de vent bien orienté nous irrite les narines !

Sur les abords de Bottle Bay, aux couleurs moins exotiques, Jens nous prépare un lunch frais. On tente une session de baignade mais l’eau est vraiment fraiche et agitée. A cette heure, le vent s’est levé sur la baie et il s’accentuera jusqu’en fin d’après midi. Le sable s’infiltre partout dans nos affaires mais le soleil réchauffe l’atmosphère. Au tour d’une tortilla, on discute de tout et de rien : la réputation de pays dangereux, finalement assez infondée, de l’Australie, l’histoire du pays, la gestion des animaux sauvages et le cas difficile des kangourous.

Avec une surprise non dissimulée, on apprend que plusieurs millions d’entre eux sont abattus chaque année. En effet, avec l’installation de points d’eau un peu partout pour abreuver les cheptels de moutons et bovins, leur population a cessé de s’autoréguler et à exploser, rendant la cohabitation avec les éleveurs difficiles. C’est finalement tout un business qui s’est construit autour de cette problématique puisque, désormais, la viande est couramment utilisée pour la nourriture animalière et le cuir de kangourou est très souvent employé… pour des baskets !

On terminera finalement cette journée de découverte sur la Gregory Beach pour une dernière observation des couleurs de Shark Bay et du parc national François Peron, résolument emballés par cette excursion.

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’incroyable vue depuis le Cap Peron

Coté pratique

Les activités

Explorer Tour (Full Day) avec Naturetime
Malgré le tarif (comptez jusqu’à $150 par personne pour les formules les plus complètes) certes élevé, nous avons passé une magnifique journée à explorer le parc et n’avons vraiment aucun regret.
Pour plus d’infos : https://www.naturetimetours.com/tours/shark-bay/kennedy-range/mt-augustus/francois-peron-national-park/

François Peron National Park
Il faut vraiment être équipé et maitriser la conduite dans le sable pour envisager de découvrir le parc seul et, même là, toute la connaissance des guides ferait défaut. Toutefois, c’est possible. A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de $17 par jour et par véhicule. Les Park Pass peuvent être intéressants en fonction de votre itinéraire et il en existe plusieurs formules regroupées ici : https://shop.dbca.wa.gov.au/collections/park-passes
De notre côté, nous avons opté pour un « holidays pass ».

La meilleure saison pour visiter le parc va de mai à septembre. Il fait moins chaud et, s’il a plu, on peut assister à la période de floraison. Les mois de janvier à mars sont, eux, particulièrement déconseillés en raison de la chaleur et le vent du désert amène des nuées de mouches très oppressantes. Enfin, d’après notre guide, il faut vraiment éviter la deuxième quinzaine de décembre où le parc est envahi de vacanciers locaux.

Le logement

Bay Lodge, 113 Knight Terrace, 6537 Denham, Australie
Sans doute la déception du séjour. Les photos sur booking nous avait paru sympa. En réalité, nous sommes tombés sur un motel en travaux, aux chambres pas très propres et au service inexistant : personne à l’arrivée et personne au départ.

Les repas

Sur le pouce, faute de mieux !
Denham hors saison est particulièrement calme et, à cette époque, même le supermarché ferme en début d’après midi. Attention donc à prévoir vos repas en avance.

La cote depuis Yanchep

4 décembre 2023

Le retour de Rottnest Island nous parait un peu long puisque, en plus du ferry, il nous faut regagner l’aéroport pour récupérer notre voiture de location : un large SUV blanc (pour le moment). Il est donc relativement tard lorsqu’on quitte Perth pour parcourir nos premiers kilomètres sur la route Australienne. Même un peu pris par le temps, on opte pour un arrêt dans le petit parc national de Yanchep, souvent délaissé des voyageurs.

Contrairement à ses plus proches voisins, le parc n’est en effet pas spécialement reconnu pour ses paysages ou ces structures géologique étonnantes. Il est surtout prisé des amateurs de botanique et d’ornithologie. Pour nous, il représentait surtout un arrêt au calme dans une zone de fraicheur, de verdure… et de kangourous !

Ils sont en effet des dizaines à apparaitre dès le parking du parc où seuls deux autres voitures sont arrêtées. Après quelques dizaines de kilomètres parcourus en plein soleil, on est assez surpris de trouver ici de grandes étendues d’herbe verte et de larges secteurs ombragés. Visiblement, les plus célèbres de marsupiaux apprécient eux aussi cet oasis de fraicheur et ont largement colonisé les pelouses bordant les bâtiments principaux.

On passe donc un certain temps à les observer de près, amusés par tout un tas de petites scènes de vie. Les grands mâles gardent un œil sur la situation, certains, tout juste adultes, sautillent dans tous les sens et les jeunes tentent encore, avec plus ou moins de succès, de squatter le ventre de leur maman malgré leur gabarit déjà important.

Les kangourous ne sont pas la seule animation du secteur et on est assez étonné par le nombre d’oiseaux qui évoluent dans un si petit secteur. On découvre des cacatoès colorés, des perruches mais surtout les kookaburra, endémiques d’Australie, qu’on repère au son bien avant de les distinguer dans les arbres. Leur chant sous forme de rire grave retentit largement entre les grands arbres de Yanchep.

Les randonnées proposées étant un peu longues pour le temps disponible, on opte pour une balade rapide le long du centre du parc, passant devant l’auberge et au bord des marais où de nombreux oiseaux évoluent encore. Dans un petit jardin fermé, perché dans un eucalyptus, on croise même un koala en pleine sieste. S’ils ne vivent pas en liberté dans les environs, cela offre quand même une opportunité de les observer de près sans trop les déranger. De grands et magnifiques saules pleureurs bordent le sentier qui nous ramène à la voiture, souvent entourés de quelques kangourous fouillant dans l’herbe. L’occasion de les observer une dernière fois avant de reprendre la route.

5 décembre 2023

Après une nuit d’étape à Cervantes, nous reprenons la route Australienne qui arbore désormais des paysages tels qu’on les imaginait : large bande de goudron, panneaux jaunes et poussière orange au milieu de grands espaces vides. Outre les SUV parfois impressionnants, on croise aussi d’improbables camions tractant jusqu’à trois remorques. Au fond, on aime assez ces grandes étendues de rien qui nous rappellent un peu l’Ouest américain.

Pour rejoindre le Nord, on décide d’un arrêt au Lesueur National Park. Celui ci est tellement petit et méconnu qu’il n’existe pas de réelle structure d’accueil. Une route panoramique le traverse de bout en bout, proposant à l’entrée une simple boite aux lettres pour le paiement des frais. Plutôt orienté pour les amateurs de botanique, ce parc propose tout de même quelques sentiers de randonnée.

On tente alors le Yued Ponar Trail, tout au bout de la route panoramique. On évolue au milieu de rien sur un sentier sablonneux qui serpentent au milieu d’arbustes. Soudain, des buissons s’agitent et un kangourou visiblement peu habitué à croiser du monde détale devant nous, surgissant de nul part. L’histoire ne dit pas qui de nous ou du marsupial aura eu le plus peur dans l’histoire… Même s’il est encore tôt, on souffre très rapidement de la chaleur et on finit d’ailleurs par renoncer à terminer le chemin en cours de route, peu convaincu par le décor. Le parc a sans doute plus de charme au printemps, lorsque que les différentes fleurs apparaissent que la température est plus clémente. Tant pis, la route nous attend toujours !

les animaux vus par Ptit Jo

Le kangourou gris (Macropus fuliginosus) mâle est presque deux fois plus gros que la femelle. Il dégage une odeur très forte ce qui lui vaut le surnom de « the stinker« .

Le koala (Phascolarctos cinereus) ne mange que les feuilles de certaines espèces d’eucalyptus. Ils passent donc le plus clair de leur temps dans les arbres.

Les cacatoès corella (Cacatua sanguinea) seraient près d’un million en Australie !

Le martin-chasseur géant (Dacelo novaeguineae), aussi appelé kookaburra est reconnaissable de loin grâce à son chant aux airs de rire machiavélique.

Le cacatoès rosalbin (Eolophus roseicapilla) est particulièrement courant en Australie, on en croise parfois des groupes de plusieurs dizaines individus.

La perruche à collier jaune (Barnardius zonarius) vit dans les forêts denses d’eucalyptus et dans les semi-déserts torrides.

Coté pratique

Les activités

Yanchep National Park
A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de $17 par jour et par véhicule.
Les Park Pass peuvent être intéressants en fonction de votre itinéraire et il en existe plusieurs formules regroupées ici : https://shop.dbca.wa.gov.au/collections/park-passes
De notre côté, nous avons opté pour un « holidays pass ».

Plusieurs randonnées sont possibles mais nous n’avons pas pu les envisager faute de temps. Vous trouverez toutes les informations ici : https://exploreparks.dbca.wa.gov.au/park/yanchep-national-park

Le logement

Cervantes Pinnacles Motel, 7 Aragon Street, 6511 Cervantes, Australie
Un motel assez basique mais proposant une piscine. Idéalement, demandez les chambres 23 à 29. Par contre, nous avons eu la mauvaise surprise de découvrir que, à cette époque de l’année, le restaurant était fermé comme la plupart des commerces aux alentours…

Les repas

Sur le pouce faute de mieux !

Autour de Bukit Lawang

30 novembre 2023

Après deux jours en dehors de toute civilisation, on renoue ce matin avec le monde des humains. Metha nous propose en effet de découvrir le village en tuktuk avant de rejoindre la capitale.

Nous voilà donc installés dans une sorte de sidecar bidouillé accroché à une mobylette qui pétarade. On se laisse ainsi entrainer le long de la route puis sur des chemins de terre serpentant dans les rizières. Metha nous explique ici la culture du riz et son importance en Indonésie puisqu’il est consommé à tous les repas. Il existe d’ailleurs un nom en bahasa pour chaque étape de sa culture et de sa consommation. Pour illustrer l’importance de cet aliment de base, elle nous précise aussi que l’un des privilèges accordés aux fonctionnaires est l’attribution de 10kg de riz par personne du foyer et par mois. On retrouve également le riz sur l’emblème national, riche de symboles :

  • l’étoile pour la croyance en un dieu unique
  • la chaîne pour l’humanisme
  • le bagnan pour l’unité (la devise du pays est d’ailleurs « l’unité dans la diversité)
  • la tête de buffle pour la démocratie
  • l’épi de riz pour le socialisme et la justice

La balade se poursuit sur les chemins qui s’enfoncent dans la campagne, passant entre les productions de caoutchouc, de bananes, de cacao et de palme. Au milieu ont poussé des maisons un peu partout, certaines au bord de canaux, d’autres plus en retrait pour installer un jardin cultivé. Tout le long de la route, les enfants nous adressent de larges sourires, chantonnant quelques hello en agitant la main. 

A peine descendus de notre tuktuk pour observer une petite plantation de poivre, trois minots se précipitent vers nous pour nous faire un câlin et nous taper la main, bientôt suivi par 4 autres. On s’étonne un peu de tant de joie et d’affection envers de parfaits inconnus mais on partage un petit moment avec eux avec plaisir, au milieu des jardins cultivés. certaines maisons, en plus des cultures, abritent de toutes petites entreprises souvent cachées dans l’arrière cour. Sur le chemin du retour, on s’arrête ainsi pour gouter le sucre de palme tout juste sorti de cuisson et observer la fabrication du tofu.

Notre matinée s’achève par une courte visite du cœur de Bukit, construite sur les rives de la Landak. En rive droit, on trouve beaucoup d’hôtels et chambres d’hôtes accessibles par des ponts de singes et de petits chemins piétons. Coté gauche, sont surtout installés boutiques de vêtements bariolés, cafés et restaurants parfois troglodytes. On est assez surpris par l’étendue de cette ville qui nous paraissait toute petite mais qui, en haute saison, doit grouiller de monde.

Notre voyage s’achève ici. A l’heure de récupérer les valises, un petit singe vient se poser sur notre balcon pour nous saluer. Nous quittons l’Indonésie avec de belles images de rencontres animalières et humaines. La prochaine fois c’est sûr, nous nous laisserons davantage de temps pour la découvrir.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La balade au dessus de la rivière, d’un pont suspendu à un autre

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Hotel Santika Premiere Dyandra, Jl. Kapten Maulana Lubis No.7, Petisah Tengah, Kec. Medan Petisah, Kota Medan, Sumatera Utara 20111
Le cout de la vie en Indonésie nous a permis de prendre ce joli hébergement dans le centre de Medan. Les chambres sont équipées et spacieuses, le petit-déjeuner gargantuesque et une piscine est disponible. En supplément, un salon de massage propose des prestations de très bonne qualité !

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)

Tiongsim Palladium, Jl. Kapten Maulana Lubis No.8, Petisah Tengah, Kec. Medan Petisah, Kota Medan, Sumatera Utara 20231
Juste à côté du Santika, ce restaurant est surtout réputé pour ces pâtes. Nous les avons trouvées bonnes mais sans plus. Les plats ont tendance à être un peu gras et l’anglais est très peu pratiqué.

Au cœur de la forêt

29 novembre 2023

Après une nouvelle nuit passée sous une pluie battante, on est heureux de retrouver le soleil. Trois options s’offrent à nous pour rejoindre Bukit Lawang ce matin là :

  • Rentrer en tubbing sur des chambres à air,
  • Traverser la rivière en bouée et rentrer par un chemin plat mais rapide,
  • Remonter la fameuse pente de la veille et allonger le chemin du retour pour espérer voir davantage d’animaux. 

Après quelques hésitations, c’est finalement cette dernière option que nous retenons et, finalement, on s’en sort mieux que prévu.

Encouragé par notre chance d’hier, on espère désormais rencontré le gibbon noir, timide primate endémique de la région. Udin nous emmène donc dans les endroits les plus indiqués pour le rencontrer. Si on trouve des traces de sa présence, on ne fera malheureusement que l’entendre de loin. En revanche, on croise quelques macaques qui s’écartent à peine du sentier à notre rencontre.

Complètement en dehors du sentier, alors que nous n’avions perçu absolument aucun signe et que nous faisions une petite pause boisson, Udin nous dégote soudain un orang-outan adolescent perché au sommet du plus grand arbre que l’on ait croisé jusqu’alors. Ébahis, on s’enfonce à sa suite dans la foret pour pouvoir l’observer. Juchée sur un arbre mort, je me fais agresser par une envolée de moustiques pendant qu’une sangsue s’attaque à mes chaussettes ! On ne reste donc pas longtemps sur place et on repart rapidement à l’aventure.

C’est finalement à moins d’un kilomètre du lodge que l’on rencontre notre dernier duo. Une maman somnole affalée sur une branche pendant que son petit, âgé d’environ 4 ans, fait de la balançoire dans les branches, portant à 11 le nombre de nos grands singes aperçus en deux jours. En cette saison des amours, les femelles ayant déjà des petits ont tendance à se rapprocher et à exclure les mâles, ce qui explique que l’on en ait croisé aucun.

Il peut paraitre surprenant d’avoir trouvés autant d’orangs-outans, parfois près des humains. En réalité cela est dû au passé du parc. Un centre de réhabilitation était en effet installé à Bukit Lawang. Fermé depuis une vingtaine d’années, des activités de nourrissage des animaux ont tout de même perduré pendant 10 ans, le temps que les grands singes puissent se réapproprier leurs lieux de vie. Certains sont donc encore très habitués aux hommes et ne s’éloignent jamais vraiment de l’ancien centre.

Aujourd’hui, il est strictement interdit de les nourrir, sauf pour une poignée de guides qui ne le font que dans des conditions très spécifiques (pas de nourriture au sol, pas d’approche directe, uniquement les femelles avec des petits…).

L’écolodge apparait finalement et nous sommes accueillis par un groupe de langurs argentés qui sautent de branches en branches autour du restaurant. Au cœur du groupe, on a la surprise de découvrir un petit singe tout jaune. Leur pelage se modifie en grandissant, prenant peu à peu les nuances de gris de leurs familles. On les observe longuement, pas lassés le moins du monde, essayant de relever les différences avec ceux de la foret. Ne sont-ils pas mignons?

Non content de cette aventure, on enchaine avec la visite des batcaves avant de s’autoriser une pause. Nous voilà donc partis de nouveau dans la jungle, dans un univers digne d’Indiana Jones. Frontale sur le front, on évolue de roches en roches sur des pierres luisantes et, parfois, couvertes de mousses. Au dessus de nos têtes, de larges ouvertures laissent entrevoir des arbres envahis de longues lianes. La pluie se met à tomber, rajoutant une touche de mystère au décor. Dans les coins les plus sombres de la grotte, des centaines de chauve-souris, d’au moins deux espèces différentes, ont élu domicile. Pour ne pas trop les déranger, on évite les photos, préférant les laisser le plus possible dans le noir.

Notre excursion dans la jungle de Sumatra s’arrête ici. Il est désormais (enfin) temps de filer sous la douche pour retrouver une apparence normale. On n’aura sans doute jamais autant apprécié ce moment !

les animaux vus par Ptit Jo

Le semnopithèque de Thomas (Presbytis thomasi) est endémique de Sumatra. Il est surnommé Punky Monkey en raison de sa crête de poils bicolores sur le haut du crâne.

La femelle orang-outan n’aura généralement pas plus de 3 bébés dans sa vie ! Ces grands singes peuvent souvent vivre environ 45 ans à l’état sauvage.

Le macaque crabier (Macaca fascicularis) ou macaque à longue queue sont très répandus en Asie du Sud Est, fréquentant aussi bien les forêts que les installations humaines.

Les macaques à queue de cochon (Macaca nemestrina) vivent en grands groupes qui se séparent en groupes plus petits durant la journée pour chercher à manger.

Le semnopithèque à coiffe (Trachypithecus cristatus) a des petits aux poils d’une jaune vif à la naissance, qui virent progressivement vers le gris argenté en grandissant

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)

Les hommes de la jungle

A Valérie, fidèle lectrice de nos aventures. Puisse t-elle en vivre de nouvelles, entourée d’animaux, depuis sa nouvelle demeure.

28 novembre 2023

Le soleil se lève sur la jungle du parc national du Mont Leuser après une nuit largement arrosée. Un peu groggy, on ouvre les yeux sur un décor calme et silencieux. Deux matelas de sol sont installés devant notre tente et du thé chaud nous attend. Au bord de la rivière, les feuilles d’arbres commencent a s’agiter. Une poignée de punky monkeys batifolent dans les branches, tantôt curieux tantôt peureux. L’un d’eux finit par descendre sur la plage et pos’installer dans l’eau, sans se soucier de notre présence. La journée commence bien.

Le petit déjeuner avalé, la randonnée commence par une session de grimpette sur un étroit sentier qui s’enfonce au cœur de la foret. Autant le préciser tout de suite, les amateurs de balade sur des chemins plats et dégagés seront très déçus. Ici, on monte, on descend, on monte encore, on enjambe des arbres, on esquive des racines et on patauge dans la gadoue régulièrement. Le temps, désormais clément, reste chaud et humide et nos sacs à dos pleins n’aident pas à rester secs. On comprend très vite qu’il sera inutile d’envisager de rentrer propre et sentant la rose…

Ce constat fait, on se concentre sur le monde qui nous entoure. La végétation est partout, dans toutes ses formes. Fougères et plantes rampantes occupent les niveaux les plus bas tandis que, plus haut, rotin piquant et arbustes se bousculent. Loin au dessus de tout ça, d’énormes arbres au tronc imposant s’élèvent vers le ciel, ombrageant largement la forêt par des ramifications toujours plus étendues. Un peu partout, des lianes semblent tomber du ciel, précieuses alliées pour gravir des pentes parfois coriaces. On croirait la forêt calme mais, en réalité, elle bourdonne de bruit. Cigales et grillons ne se taisent presque jamais, les oiseaux dissimulés dans les hauteurs poussent d’étranges cris et les hurlements de singe résonnent parfois en toile de fond. Curieusement, ce sont les geckos qui nous impressionnent le plus, surpris qu’une si petite bestiole puisse faire autant de boucan.

Bien sur, nous ne rencontrons pas tout de suite les stars de Bukit Lawang mais chaque nouvelle espèce nous intéresse. Très vite, on croise d’énormes fourmis longues comme un demi pouce. Udin en attrape une pour nous la montrer de plus près, expliquant la différence entre mâle et femelle. Les femelles, plus rependues, ont un abdomen plus long que leur tête. Les mâles, au contraire, ont une tête plus imposante. « Comme les humains » me chuchote t-on dans l’oreillette. Pas le temps de râler. Udin, un petit sourire sur les lèvres, ouvre grand la bouche pour y enfourner la fourmi. On en reste sans voix.

Bien plus vite qu’on ne l’aurait pensé, nos premiers orangs-outans, littéralement « homme de la jungle », évoluent au sommet d’un arbre haut de plusieurs dizaines de mètres. Une mère, dissimulée à la racine des branchages, est accompagnée de son jeune agité. Déjà âgé de quelques années pour s’éloigner autant d’elle, il est visiblement en pleine forme. De loin, on l’observe faire des cabrioles de branches en branches, son pelage roux brillant au soleil. Un autre guide passant près de nous nous indique une seconde femelle près d’ici. Enthousiastes, on file sur le chemin indiqué.

Quelques kilomètres plus loin, bien moins haut perchée mais sans doute mieux cachée dans les arbres, une imposante femelle orang-outan est tranquillement posée sur une branche sur laquelle on n’aurait peut-être pas osé poser le pied. En regardant attentivement, on se rend compte qu’elle cache sous son bras une toute petite tête. On observe patiemment et cela paie.

La femelle se retourne, se rapproche et nous expose désormais son petit pour une jolie séance pleine de tendresse. Ce jeune n’a que quelques mois et, malgré son apparence fragile, semble bien accroché aux poils de son ainée. Le repas de bébé terminé, on a même la chance de les voir regrimper plus haut dans les branches et se construire un nid de branches pour une petite sieste !

Ces grands singes en construisent environ 3 par jour et ne les réutilisent jamais deux fois. Cela leur sert majoritairement pour une petite sieste ou pour la nuit complète. On en trouve donc un peu partout en levant le nez vers la cime des arbres. Amusés de les voir si détendus, on laisse ces deux orangs-outans se reposer tranquillement avant de s’enfoncer à nouveau dans la jungle.

Le nez en l’air (quand on n’est pas occupé à esquiver les racines), on tente désormais d’observer le ciel à la recherche d’autres nids de feuilles fraiches. Au bout d’une heure, c’est cependant une flopée de fruits rouges jonchant le sol qui attire notre attention et nous pousse à redoubler de vigilance. Ils sont là, loin au dessus de nos têtes, points colorés dans un océan de vert. En plein repas, ils laissent tomber sans vergogne des sortes de petites pommes rouges près de nos têtes, pas dérangés le moins du monde par notre présence.

Il est l’heure pour nous aussi de se nourrir. Sous une petite aire de pique-nique, Udin nous offre un plat de riz frit et de crudités enveloppé dans une feuille de banane qui nous redonne un peu d’énergie. Le déjeuner avalé, on fait quelque pas autour de notre abri quand du bruit attire notre attention. Un nouveau duo, probablement attiré par les restes de nourriture de voyageurs négligents, apparait près de nous. Une grande femelle nous observe, longuement, suspendue à un tronc. Au dessus d’elle, les feuillages s’agitent en tous sens.

Ayant finalement décidé de s’approcher de nous, Maman orang-outan finit par attraper d’une main ferme son petit, le percher sur son dos avant de descendre à un mètre du sol attraper ce qui l’intéressait et de remonter en vitesse dans les branchages. Son petit s’empresse alors de se libérer, partant à l’aventure en réveillant toute la foret au passage. 

Les petits orangs-outans restent environ 8 ans avec leur mère et quelque chose nous dit que cette maman va encore avoir quelques années mouvementées !

Saison des pluies oblige, il est désormais temps de se diriger vers notre nouveau campement pour la nuit, campement situé au bas d’une très longue descente présentant des pentes jusqu’à 85 degrés. Sur les bords de la piste, des cordes ont même été installées. Udin nous expliquera plus tard que le principal problème rencontré par les visiteurs de la jungle ne sont pas les piqures ou morsures… mais les fractures. On comprend bien pourquoi !

les animaux vus par Ptit Jo

Le semnopithèque de Thomas (Presbytis thomasi) est endémique de Sumatra. Il est surnommé Punky Monkey en raison de sa crête de poils bicolores sur le haut du crâne.

La femelle orang-outan n’aura généralement pas plus de 3 bébés dans sa vie ! Ces grands singes peuvent souvent vivre environ 45 ans à l’état sauvage.

Le macaque crabier ou à longue queue (Macaca fascicularis) est très répandu en Asie du Sud Est, fréquentant aussi bien les forêts que les installations humaines.

Les macaques à queue de cochon (Macaca nemestrina) vivent en grands groupes qui se séparent en groupes plus petits durant la journée pour chercher à manger.

Le semnopithèque à coiffe (Trachypithecus cristatus) a des petits aux poils d’un jaune vif à la naissance, qui virent progressivement vers le gris argenté en grandissant

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)

Découverte de Sumatra

26 novembre 2023 

Notre arrivée a Medan est surprenante. Nous sommes quasiment les seuls européens dans le terminal et attirons des regards curieux. Metha, notre guide pour les jours a venir, nous repère tout de suite. Armée d’un large sourire et d’un dynamisme débordant, elle commence par nous offrir des foulards colorés avant d’attraper un passant au vol afin d’immortaliser l’instant. A peine sortis du terminal, 5 femmes s’approchent pour demander une photo avec nous également. On accepte, un peu déconcertés, et on récolte une flopée de sourires en retour.

Pour ce voyage, nous avons décidé d’opter pour une agence. C’est donc Jamil, notre chauffeur pour les prochains jours, qui nous récupère directement à l’aéroport pour nous déposer à notre hôtel. Il nous faudra près d’une heure pour rejoindre le centre de Medan en traversant toutes sortes d’environnement. Campagnes, banlieues anarchiques, bidonvilles et maisons cossues, on trouve un peu de tout. Sur les routes, des armées de scooters roulent partout, occupés par une, deux… ou le plus souvent quatre à cinq personnes !

Arrivés a l’hôtel, on profite d’un repos bien mérité. Demain, la jungle nous attend.

27 novembre 2023

Tout au long du chemin vers Bukit Lawang (littéralement, la porte de la colline), Metha nous raconte l’Indonésie, nous précise la fonction des bâtiments croisés, la rôle de la femme, la place de la religion… On découvre toute une nouvelle culture l’espace de quelques heures.

Et comme rien ne vaut un exemple, nous faisons un arrêt à Kuala pour un aperçu de la vie quotidienne en commençant par le marché. Tout de suite, on attire les regards mais aussi beaucoup de sourires. On nous suit des yeux, on nous fait de larges signes et on nous demande à nouveau des photos. A mesure que l’on s’avance dans les allées, on découvre fruits, épices et poissons frits. Pour être honnête, les odeurs ambiantes et les mouches ne nous font pas rêver mais l’arrêt vaut le coup d’œil, ne serait ce que pour la découverte.

On arrive à l’heure où les enfants quittent l’école en ce jour de fête des professeurs. Dans ce bazar bruyant et coloré, les gamins semblent juste heureux. Pour rentrer chez eux, on les voit s’agglutiner dans les voitures ou carrément sur leur toit, sur des scooters et sur des tuktuks dans un joyeux brouhaha. Là aussi, on nous interpelle pour des photos et on nous offre de larges sourires.

A mesure que l’on s’enfonce dans les terres, le décor change. Les villes se font plus petites, les maisons plus espacées, les abords plus verts. Et, malheureusement, la verdure vient d’abord des palmiers à huile dont la quantité nous frappe assez vite. Pour la petite histoire, ces palmiers n’ont rien d’endémiques. Originaires du Brésil, ils ont été implantés dans le jardin botanique de Java où ils ont semblé se plaire. Le filon était trouvé. Compte tenu des larges espaces boisés de Sumatra et Bornéo, le gouvernement a choisi de faire d’une pierre deux coups : donner un coup de boost à l’économie en rasant ces grands espaces naturels pour y faire de la production à grande échelle et envoyer un surplus de population de Java vers des îles moins occupées, désormais chargée de la culture des palmiers.

Arrivés avec notre regard d’occidental, on réalise alors la complexité de la situation. En effet, la production d’huile de palme génère aujourd’hui des revenus considérables et offre des salaires importants, essentiels dans une population frappée par quelques 30% de chômage. Pourtant, l’impact environnemental est d’autant plus grand que les palmiers, une fois leur rendement insuffisant, ne sont réemployés dans aucune activité. Leur bois est en effet trop fragile pour en faire des meubles et produit trop de fumée pour être employé en chauffage ou en cuisine.

Finalement, les palmiers deviennent un peu moins présents, laissant la place à une végétation plus variée, à des collines puis a des rizières. Bukit Lawang est au bout de la route.

Rejoindre l’éco lodge a déjà un gout d’aventure. Avec sac et bagages, on traverse le pont suspendu au dessus de la rivière agitée. Sur cette rive, de jolis bungalows ont poussé entre les arbres et une large structure en bambou abrite la réception et le restaurant. A peine arrivés, on repère de petits singes s’activant dans les branchages. Nous laisserons ici l’essentiel de nos affaires et n’y reviendrons pour passer la nuit que dans deux jours. D’ici là, c’est dans la jungle, au cœur du parc national Gunung Leuser que nous passerons la nuit !

D’ailleurs, Udin, notre guide pour cette étape, nous propose de rejoindre notre campement rapidement car la pluie est attendue. Nous optons donc pour le chemin le plus court, traversant d’abord des plantations de palme, encore, avant de rejoindre la foret puis les bords de la rivière Ladak. Surprise, il faut marcher dans le cours d’eau pour rejoindre le camp. On s’y met volontiers, presque contents de se rafraichir un peu. Le décor est plutôt joli, le long de ce filet d’eau claire, bordé d’immenses arbres. Il nous faudra environ 1h30 pour rejoindre notre camp, installés directement sur la berge.

Le confort est rudimentaire mais complètement en lien avec l’expérience : cabane de bâches et de bambous, matelas et moustiquaires constitueront notre abri pour deux nuits. Notre guide lance un feu pour le repas puis nous offre thé et biscuits au bord de l’eau où il est facile de se baigner. On n’entend plus que le bruit du courant et des animaux dans la foret.

Ayant choisi la fin novembre, nous sommes complètement hors saison et seules trois personnes partagent notre campement, isolés dans une autre cabane. En contrepartie, nous sommes exposés aux pluies intenses de la mousson. Vers 16h, les premières gouttes tombent, d’abord rafraichissantes. Puis, des trombes d’eau s’abattent sur le camp… Espérons que notre choix aura tout de même été le bon.

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’arrivée à l’écolodge et sa colonie de petits singes

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Hotel Santika Premiere Dyandra, Jl. Kapten Maulana Lubis No.7, Petisah Tengah, Kec. Medan Petisah, Kota Medan, Sumatera Utara 20111
Le cout de la vie en Indonésie nous a permis de prendre ce joli hébergement dans le centre de Medan. Les chambres sont équipées et spacieuses, le petit-déjeuner gargantuesque et une piscine est disponible. En supplément, un salon de massage propose des prestations de très bonne qualité !

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)

Tiongsim Palladium, Jl. Kapten Maulana Lubis No.8, Petisah Tengah, Kec. Medan Petisah, Kota Medan, Sumatera Utara 20231
Juste à côté du Santika, ce restaurant est surtout réputé pour ces pâtes. nous les avons trouvées bonnes mais sans plus. Les plats ont tendance à être un peu gras et l’anglais est très peu pratiqué.

Retour à Calgary

3 Septembre 2022

Il est désormais temps de rejoindre Calgary après un voyage mouvementé ! Pour rester dans la même lignée, cette dernière étape ne pouvait pas se dérouler sans accroc.

C’est ainsi qu’on découvre au réveil un ciel plein de fumée couvrant d’une sorte de brume le paysage. Les incendies en cours dans le parc ne sont toujours pas arrêtés et l’atmosphère s’en fait vraiment ressentir aujourd’hui.

Notre programme du jour consistait à traverser la promenade des glaciers, une longue route de plus de 200km entre Jasper et Banff, l’une des plus belles du monde, filant entre montagnes enneigées, lacs et forêts. Bref, l’étape idéale un jour de brume grise.

On s’embarque néanmoins sur cette voie jusqu’aux Athabasca falls, accessibles directement depuis un grand parking. La balade est courte et se fait le long d’un escalier parfois incrusté entre deux pans de roches. En été, les eaux froides de la rivière sont gonflées par l’eau de fonte des glaciers et l’Athabasca prend une teinte étrange d’un blanc laiteux. En hiver, elle arbore plutôt des teintes bleutées. La roche sombre semble découpée par les eaux claires et bouillonnantes, offrant quelques paysages vraiment sympas.

La route se poursuit jusqu’aux Sunwapta falls qui, malheureusement, nous ont beaucoup déçus. On les avait souvent vues en photo et on se faisait une joie de les rejoindre au bout d’un chemin de rando. Désormais accessibles au plus grand nombre par un parking, on y trouve une foule incroyable et souvent peu respectueuse du site. Le parc a donc installé des barrières un peu partout, empêchant les voyageurs d’accéder aux plus beaux points de vue…

Les kilomètres passent mais, malheureusement, la brume reste dense et les montagnes bien discrètes. C’est donc dans une ambiance un peu mystique que l’on découvre le champ de glace Columbia. Sur la petite route menant à ses pieds, des panneaux datés permettent de visualiser concrètement l’incroyable recul du glacier. On est frappé par cette image illustrant tragiquement le concept de changement climatique… pendant qu’un peu plus loin, d’énormes trucks chargés de touristes roulent sur la glace !

Nous voici arrivés à la fin de la route dans la jolie ville de Banff. Bien plus animée que Jasper, elle semble abriter la plupart des randonneurs du secteur. Malgré tout, en fin d’après-midi, nous sommes presque seuls sur la petite balade menant aux quelques cheminées de fée cachées dans les sapins. Au bout du chemin, un joli panorama sur la rivière conclut finalement bien cette journée !

4 Septembre 2022

Après avoir trainé pendant des heures à Banff à la recherche de nos souvenirs, au milieu des terrasses et des boutiques animées, nous sommes finalement arrivés à Calgary d’où nous repartirons pour la France. Ayant décidé de ne consacrer que peu de temps à cette ville, on se limite au Kensington Village dans le centre-ville de Calgary.

Traversé par la Stephen Avenue Walk, piétonne, on y retrouve essentiellement des magasins et des restaurants. Ce quartier est cependant entouré de grand buildings que l’on suppose occupés le plus souvent par des bureaux et les rues sont en réalité assez peu animées. A quelques minutes de marche à peine se dresse la Calgary Tower, symbole de la ville avec ses 190m de hauteur. Il est possible d’y monter pour profiter, par beau temps, d’une vue s’étendant jusqu’aux Rocheuses.

La nuit tombe rapidement sur le centre ville et nous nous dirigeons tranquillement vers la rivière Bow et son pont couvert, exclusivement réservé aux piétons, aux vélos… et aux trottinettes ! Installé en 2012, il a la particularité de ne pas disposer de piles et de s’appuyer uniquement sur les berges pour ne pas perturber la faune aquatique. Ces couleurs sont un clin d’œil au drapeau canadien.

C’est sur ces lumières qu’on clôture notre voyage mouvementé dans l’Ouest Canadien et, en même temps, notre tour des 5 continents en un an.

Une magnifique expérience qui nous aura permis de voguer des plages polynésiennes aux savanes arides, des champs de thé verdoyants aux lochs brumeux pour atterrir dans des montagnes aux sommets glacés. Une année magnifique qui nous aura parfois chamboulés mais surtout ouverts sur d’autres horizons. Et pourtant, à peine rentrés, on prévoit déjà notre prochaine aventure…

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les abords du champs de glace de Columbia, particulièrement marquants.

Coté pratique

Les activités

Parc national de Jasper
Difficile de dire qui de Banff ou de Jasper est le plus fameux parc des Rocheuses. Haute montagne, lac, animaux… il coche vraiment toutes les cases d’une expédition au Canada réussie.
A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de 10.5$ par jour et par adulte et 21$ pour un groupe ou une famille.
Les cartes découverte Parcs Canada sont souvent intéressants à l’Ouest du Canada car elles reviennent à 72.25$ par adulte et 145.25$ par groupe/famille. Elles sont donc amorties pour environ une semaine de visites et valables toute une année.

Le logement

HI Banff Alpine CentreUne auberge de jeunesse très sympa avec cuisine ou petit restaurant. Les petit-déjeuners (en supplément) sont savoureux. Les chambres sont basiques mais suffisantes, les sanitaires communs sont très bien entretenus.

Les repas

Compte tenu des tarifs généralement appliqués dans les Rocheuses, nous avons le plus souvent opté pour des repas dans les auberges. Le plus pratique est de faire le plein de provisions à Calgary.

Autour du Lac Maligne

2 septembre 2022

Pour notre dernière véritable journée de découverte du Canada, on commence par le Canyon Maligne qui fait souvent office de vitrine pour le parc. On le voit d’ailleurs dans tous les guides et les brochures. Peu de chance d’en douter à l’arrivée sur place : le parking est bondé et un large bâtiment en bois accueille différents services de restauration et une boutique de souvenirs. De nombreux voyageurs s’engagent dans la balade, parfois plus difficile qu’il n’y parait, et une part non négligeable peine à remonter, visiblement peu habitués à ce genre d’environnement. A peine arrivés, on est donc un peu déçus de cette foule et de ce bruit.

De plus, peu d’endroits offrent finalement des vues sur le canyon, sinueux, parfois profond et ombragé. Incapables de prendre une photo correcte, on avance donc assez rapidement le long du cours d’eau, jusqu’à gagner le dernier pont. C’est seulement là qu’on retrouve un peu de quiétude. On s’enfonce alors dans la forêt pour regagner le parking par les hauteurs après s’être attaqué à une pente sacrément raide. Après toutes les belles randonnées que nous avons faites, celle-ci est vraiment une déception et on peine à comprendre sa célébrité.

Nous partons désormais pour une autre star du parc, le lac Maligne. Curieusement, on y trouve moins de monde. En attendant de pouvoir faire une balade en bateau, on s’offre un petit tour du lac à pied, abrités par la forêt. La promenade ne présente aucune difficulté et on la traverse nonchalamment. Sur le chemin du retour, une randonneuse, interpellée par mon téléobjectif, vient vers moi « There is a moose overthere ». On peine à en croire nos oreilles. Comme les ours, les élans n’ont pas daigné montrer leurs naseaux du séjour et on les rencontrerait là, au bord du lac le plus fréquenté de Jasper, à deux pas du parking ?

On avance à l’affût, guettant le moindre mouvement dans les arbres… pour finalement le trouver en plein milieu du chemin. Il nous regarde tranquillement, pas interpellé le moins du monde par les curieux qui arrivent au fur et à mesure. C’est la première fois qu’on en croise d’aussi près et, à l’intérieur, on saute de joie comme des enfants. Reconnaissable à ses bois, le petit mâle finit par carrément commencer une sieste dans l’herbe sous nos yeux ébahis. On le quitte un peu à regrets, soucieux de ne pas le déranger davantage mais ravis de cette jolie surprise.

Il est temps d’embarquer pour une croisière sur le lac en direction de Spirit Island. Le ciel bleu, les couleurs de la forêt est des herbes hautes, la petite maison de bois louant des canots… le décor est plein de charme. Il est encore plus formidable quand notre petit mâle, sans doute lassé par les curieux, décide de surgir de bois pour une session de baignade. On ne pouvait rêver d’un meilleur timing.

Il faut bien admettre que, une fois sur le bateau, on n’écoute pas grand-chose des explications données par la guide. Installés à l’arrière, protégés du vent par les fenêtres baignées de soleil et ouvrant sur une chaine de montagnes sans fin, on se laisse bercer. Seules les traces d’anciens incendies nous secouent un peu, réveillant dans nos esprits les images des forêts en proie aux flammes à quelques dizaines de kilomètres de là.

Il ne nous reste que quelques minutes pour atteindre l’une des îles les plus connues de pays et ces quelques miles sont encore plus impressionnants. Le lac devient plus étroit, les paysages de montagne offrent une vue encore plus belle. On approche doucement de la fin d’après-midi et les rayons du soleil, plus doux, donnent des tons chaleureux à Spirit Island. La croisière y prévoit un court arrêt, juste le temps que chacun prenne sa photo et regagne tranquillement son siège. L’endroit est paisible, loin de tout et les bateaux ne s’y arrêtent que l’un après l’autre pour ne pas troubler la sérénité des lieux.

De retour sur la terre ferme, on décide de regagner la petite ville de Jasper qui nous plait temps. On y passe une bonne soirée sur l’un de ces toits terrasse animé et cosy. Dans le ciel, des nuages grisés s’étendent de plus en plus loin et les hélicoptères de pompier tournent de plus en plus. Sur la route de notre hôtel, un début d’incendie s’est déclaré la veille et on craint vraiment de voir l’ampleur des dégâts en rentrant.

Si nous avions déjà traversé une forêt encore fumante lors de notre voyage au Botswana, nous n’avions encore jamais été confrontés à un incendie. Celui-ci nous a probablement marqué à jamais. Depuis les bords de la route, on découvre avec effroi tout le chemin parcouru par les flammes dans la journée. On ne se serait jamais attendus à une telle distance. Dans la nuit noire, les flammes brillent désormais sur tout un flanc de montagne et des nuages de fumée rougeoyant s’élèvent dans le ciel. Sur le bord de la route, d’autres voyageurs nous rejoignent, sortant de la voiture avec un air médusé sur le visage. On reste là un moment, impuissants, avant de repartir le cœur serré.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Notre rencontre avec l’élan sur les bords du lac Maligne

Coté pratique

Les activités

Parc national de Jasper
Difficile de dire qui de Banff ou de Jasper est le plus fameux parc des Rocheuses. Haute montagne, lac, animaux… il coche vraiment toutes les cases d’une expédition au Canada réussie.
A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de 10.5$ par jour et par adulte et 21$ pour un groupe ou une famille.
Les cartes découverte Parcs Canada sont souvent intéressants à l’Ouest du Canada car elles reviennent à 72.25$ par adulte et 145.25$ par groupe/famille. Elles sont donc amorties pour environ une semaine de visites et valables toute une année.

Boucle du Canyon Maligne
Une courte boucle de quelques kilomètres fréquentée par tout Jasper. Mieux vaut s’y rendre tôt pour ne pas souffrir de la chaleur et de la foule.
Lien utile : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/canada/alberta/maligne-canyon-loop

Croisière sur le Lac Maligne
On a longuement hésité avant de réserver et, finalement, la tentation de découvrir la Spirit Island était trop forte. préférez les départs tôt le matin ou tard le soir pour bénéficier d’une ambiance brumeuse un peu mystique ou de douces lumières. Réservation indispensable.
Tarif : variables selon la période, comptez $72 par adulte
Lien utile : https://www.banffjaspercollection.com/attractions/maligne-lake-cruise/

Le logement

Les logements dans le parc de Jasper sont souvent très couteux à moins de s’y prendre vraiment très en avance (et encore). Nous avons donc opté pour un logement à Hinton, en dehors du parc. Si nous y avons gagné en prix, nous y avons cependant perdu en confort : la route est longue le matin pour rejoindre les centres d’intérêt et Hinton ressemble davantage à une grande zone commerciale (pratique pour faire les courses) qu’à une ville. la ville de Jasper, au contraire, nous a beaucoup plu. Il y a vraiment un choix à faire ici entre charme et confort et tarif…

Twin pine inn & suites, 595 Gregg Ave, Hinton, AB T7V 1N2
Un motel assez classique qui présente un restaurant et une salle de jeu. Les chambres sont propres, grandes et confortables.

Les repas

Compte tenu des tarifs généralement appliqués dans les Rocheuses, nous avons le plus souvent opté pour des repas dans les auberges. Le plus pratique est de faire le plein de provisions à Calgary ou, ici, à Hinton.

Jasper Pizza Place, 402 Connaught Dr, Jasper, AB T0E 1E0
Malgré tout, on a craqué devant la bonne odeur de pizza et le rooftop plein de charme de cet établissement. Nous y sommes même retournés deux fois. Attention tout de fois, les files d’attente sont parfois longues et les tarifs plutôt élevés.

Autour du Mont Cavell

1 septembre 2022

Après avoir rencontré les ours au dernier endroit où on aurait pensé les voir, nous partons vers le Mont Edith Cavell plein d’espoir, les yeux rivés sur les branchages bordant la route sinueuse. A cette heure, le parking est bondé et c’est par miracle que l’on trouve finalement une place. Une fois équipés, on monte tranquillement sous un soleil doux et chaud. Les premières centaines de mètres se font directement sur l’asphalte, nous amenant au cœur du cirque glaciaire. En contrebas, l’impressionnant sillon de roches laisse imaginer l’emprise d’un glacier emplissant tout l’espace en hiver. On découvre alors sa version estivale, étrangement suspendue à la roche avec, à ses pieds, un lac aux eaux d’un vert laiteux.

Le sentier se poursuit sur la moraine, envahie de petits spermophiles. On abandonne l’asphalte pour un chemin de graviers et de poussières, laissant par la même occasion bon nombre de visiteurs. A chaque intersection ou presque, il est possible de choisir entre un chemin court et abrupt ou un chemin plus long et moins exigeant. On opte pour la deuxième option, souhaitant nous promener tranquillement. On tournicote un moment dans les sapins avant d’émerger dans une prairie alpine fleurie, parfois balayée d’un vent froid venu des hauteurs. Tout au long du chemin, le glacier apparait sous différents angles.

Alors que l’on se dirigeait vers un nouvel embranchement, d’épais buissons ont commencé à s’agiter. On s’arrête un instant pour découvrir, quelques secondes après, une énorme marmotte pas farouche pour deux sous. Elle nous passe entre les pieds sans crainte avant de disparaitre dans un nouveau buisson. La chance serait-elle de retour ?

La balade se termine un cran plus haut, sur un petit sommet dépourvu de verdure, gris et poussiéreux. On s’y installe un instant, charmés par la vue et par cette balade avant de rebrousser chemin par le sentier le plus pentu.

Des eaux laiteuses aux eaux claires, il n’y a que quelques kilomètres. La route nous conduit facilement à un autre sentier phare de Jasper : la vallée des cinq lacs. Sur les premiers kilomètres, on se croirait un peu à Fontainebleau, crapahutant sur des chemins de terre mêlée au sable, entourés de pins et de roches grises. Le soleil tape plus fort, propageant des odeurs de sève dans les endroits les plus boisés. On découvre les lacs au fur et à mesure et finalement, chacun à son charme, sa nuance de couleur, son atmosphère. D’improbables couleurs peignent le paysage : les eaux passent du bleu à l’émeraude, les herbes hautes arborent des nuances de vert et de jaune dans une atmosphère tantôt nuageuse, tantôt brulante.

Le dernier lac, le plus grand, est souvent négligé par les visiteurs. On s’y trouve donc seuls, évoluant à l’ombre des arbres dans une forêt de plus en plus épaisse. Seuls les écureuils s’agitant entre les troncs d’arbre troublent parfois la tranquillité des lieux, laissant tomber des pommes de pins sur leur passage.

Sur le chemin du retour, on tombe sur une famille de wapitis broutant dans les herbes sur le bord de la route. Malgré nos différentes rencontres au fil de nos voyages, c’est la première fois que nous approchons des petits de près. On découvre leur cri lorsqu’ils recherchent leur maman, on les observe chasser les libellules avec amusement… Bref, on savoure la scène sous un soleil couchant. Finalement, il y a vraiment des animaux au Canada !

Le coup de cœur de Ptit Jo

On a vraiment adoré la randonnée du Mont Cavell et ses jolis points de vue. Un de coups de coeur du séjour

Coté pratique

Les activités

Parc national de Jasper
Difficile de dire qui de Banff ou de Jasper est le plus fameux parc des Rocheuses. Haute montagne, lac, animaux… il coche vraiment toutes les cases d’une expédition au Canada réussie.
A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de 10.5$ par jour et par adulte et 21$ pour un groupe ou une famille.
Les cartes découverte Parcs Canada sont souvent intéressants à l’Ouest du Canada car elles reviennent à 72.25$ par adulte et 145.25$ par groupe/famille. Elles sont donc amorties pour environ une semaine de visites et valables toute une année.

Randonnée du Mont Edith Cavell
Sans hésiter l’un des coups de cœur des Rocheuses. Cette randonnée de 8km présente un formidable décor entre roche, glace et prairies alpines. Pour arriver au sommet, il est possible de choisir à plusieurs reprises entre une option plus longue et moins difficile ou une option plus courte et plus pentue.
Lien utile : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/canada/alberta/edith-cavell-meadows-trail

Randonnée de la Vallée des Cinq Lacs
On croise beaucoup de familles autours des cinq lacs. La balade est plutôt facile, présente de jolis décor et peut être raccourcie en coupant avant de faire le tour du premier lac.
Lien utile : https://www.alltrails.com/fr/randonnee/canada/alberta/valley-of-the-five-lakes-and-first-lake

Le logement

Les logements dans le parc de Jasper sont souvent très couteux à moins de s’y prendre vraiment très en avance (et encore). Nous avons donc opté pour un logement à Hinton, en dehors du parc. Si nous y avons gagné en prix, nous y avons cependant perdu en confort : la route est longue le matin pour rejoindre les centres d’intérêt et Hinton ressemble davantage à une grande zone commerciale (pratique pour faire les courses) qu’à une ville. la ville de Jasper, au contraire, nous a beaucoup plu. Il y a vraiment un choix à faire ici entre charme et confort et tarif…

Twin pine inn & suites, 595 Gregg Ave, Hinton, AB T7V 1N2
Un motel assez classique qui présente un restaurant et une salle de jeu. Les chambres sont propres, grandes et confortables.

Les repas

Compte tenu des tarifs généralement appliqués dans les Rocheuses, nous avons le plus souvent opté pour des repas dans les auberges. Le plus pratique est de faire le plein de provisions à Calgary ou, ici, à Hinton.

Jasper Pizza Place, 402 Connaught Dr, Jasper, AB T0E 1E0
Malgré tout, on a craqué devant la bonne odeur de pizza et le rooftop plein de charme de cet établissement. Nous y sommes même retournés deux fois. Attention tout de fois, les files d’attente sont parfois longues et les tarifs plutôt élevés.