Autour de Bukit Lawang

30 novembre 2023

Après deux jours en dehors de toute civilisation, on renoue ce matin avec le monde des humains. Metha nous propose en effet de découvrir le village en tuktuk avant de rejoindre la capitale.

Nous voilà donc installés dans une sorte de sidecar bidouillé accroché à une mobylette qui pétarade. On se laisse ainsi entrainer le long de la route puis sur des chemins de terre serpentant dans les rizières. Metha nous explique ici la culture du riz et son importance en Indonésie puisqu’il est consommé à tous les repas. Il existe d’ailleurs un nom en bahasa pour chaque étape de sa culture et de sa consommation. Pour illustrer l’importance de cet aliment de base, elle nous précise aussi que l’un des privilèges accordés aux fonctionnaires est l’attribution de 10kg de riz par personne du foyer et par mois. On retrouve également le riz sur l’emblème national, riche de symboles :

  • l’étoile pour la croyance en un dieu unique
  • la chaîne pour l’humanisme
  • le bagnan pour l’unité (la devise du pays est d’ailleurs « l’unité dans la diversité)
  • la tête de buffle pour la démocratie
  • l’épi de riz pour le socialisme et la justice

La balade se poursuit sur les chemins qui s’enfoncent dans la campagne, passant entre les productions de caoutchouc, de bananes, de cacao et de palme. Au milieu ont poussé des maisons un peu partout, certaines au bord de canaux, d’autres plus en retrait pour installer un jardin cultivé. Tout le long de la route, les enfants nous adressent de larges sourires, chantonnant quelques hello en agitant la main. 

A peine descendus de notre tuktuk pour observer une petite plantation de poivre, trois minots se précipitent vers nous pour nous faire un câlin et nous taper la main, bientôt suivi par 4 autres. On s’étonne un peu de tant de joie et d’affection envers de parfaits inconnus mais on partage un petit moment avec eux avec plaisir, au milieu des jardins cultivés. certaines maisons, en plus des cultures, abritent de toutes petites entreprises souvent cachées dans l’arrière cour. Sur le chemin du retour, on s’arrête ainsi pour gouter le sucre de palme tout juste sorti de cuisson et observer la fabrication du tofu.

Notre matinée s’achève par une courte visite du cœur de Bukit, construite sur les rives de la Landak. En rive droit, on trouve beaucoup d’hôtels et chambres d’hôtes accessibles par des ponts de singes et de petits chemins piétons. Coté gauche, sont surtout installés boutiques de vêtements bariolés, cafés et restaurants parfois troglodytes. On est assez surpris par l’étendue de cette ville qui nous paraissait toute petite mais qui, en haute saison, doit grouiller de monde.

Notre voyage s’achève ici. A l’heure de récupérer les valises, un petit singe vient se poser sur notre balcon pour nous saluer. Nous quittons l’Indonésie avec de belles images de rencontres animalières et humaines. La prochaine fois c’est sûr, nous nous laisserons davantage de temps pour la découvrir.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La balade au dessus de la rivière, d’un pont suspendu à un autre

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Hotel Santika Premiere Dyandra, Jl. Kapten Maulana Lubis No.7, Petisah Tengah, Kec. Medan Petisah, Kota Medan, Sumatera Utara 20111
Le cout de la vie en Indonésie nous a permis de prendre ce joli hébergement dans le centre de Medan. Les chambres sont équipées et spacieuses, le petit-déjeuner gargantuesque et une piscine est disponible. En supplément, un salon de massage propose des prestations de très bonne qualité !

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)

Tiongsim Palladium, Jl. Kapten Maulana Lubis No.8, Petisah Tengah, Kec. Medan Petisah, Kota Medan, Sumatera Utara 20231
Juste à côté du Santika, ce restaurant est surtout réputé pour ces pâtes. Nous les avons trouvées bonnes mais sans plus. Les plats ont tendance à être un peu gras et l’anglais est très peu pratiqué.

Au cœur de la forêt

29 novembre 2023

Après une nouvelle nuit passée sous une pluie battante, on est heureux de retrouver le soleil. Trois options s’offrent à nous pour rejoindre Bukit Lawang ce matin là :

  • Rentrer en tubbing sur des chambres à air,
  • Traverser la rivière en bouée et rentrer par un chemin plat mais rapide,
  • Remonter la fameuse pente de la veille et allonger le chemin du retour pour espérer voir davantage d’animaux. 

Après quelques hésitations, c’est finalement cette dernière option que nous retenons et, finalement, on s’en sort mieux que prévu.

Encouragé par notre chance d’hier, on espère désormais rencontré le gibbon noir, timide primate endémique de la région. Udin nous emmène donc dans les endroits les plus indiqués pour le rencontrer. Si on trouve des traces de sa présence, on ne fera malheureusement que l’entendre de loin. En revanche, on croise quelques macaques qui s’écartent à peine du sentier à notre rencontre.

Complètement en dehors du sentier, alors que nous n’avions perçu absolument aucun signe et que nous faisions une petite pause boisson, Udin nous dégote soudain un orang-outan adolescent perché au sommet du plus grand arbre que l’on ait croisé jusqu’alors. Ébahis, on s’enfonce à sa suite dans la foret pour pouvoir l’observer. Juchée sur un arbre mort, je me fais agresser par une envolée de moustiques pendant qu’une sangsue s’attaque à mes chaussettes ! On ne reste donc pas longtemps sur place et on repart rapidement à l’aventure.

C’est finalement à moins d’un kilomètre du lodge que l’on rencontre notre dernier duo. Une maman somnole affalée sur une branche pendant que son petit, âgé d’environ 4 ans, fait de la balançoire dans les branches, portant à 11 le nombre de nos grands singes aperçus en deux jours. En cette saison des amours, les femelles ayant déjà des petits ont tendance à se rapprocher et à exclure les mâles, ce qui explique que l’on en ait croisé aucun.

Il peut paraitre surprenant d’avoir trouvés autant d’orangs-outans, parfois près des humains. En réalité cela est dû au passé du parc. Un centre de réhabilitation était en effet installé à Bukit Lawang. Fermé depuis une vingtaine d’années, des activités de nourrissage des animaux ont tout de même perduré pendant 10 ans, le temps que les grands singes puissent se réapproprier leurs lieux de vie. Certains sont donc encore très habitués aux hommes et ne s’éloignent jamais vraiment de l’ancien centre.

Aujourd’hui, il est strictement interdit de les nourrir, sauf pour une poignée de guides qui ne le font que dans des conditions très spécifiques (pas de nourriture au sol, pas d’approche directe, uniquement les femelles avec des petits…).

L’écolodge apparait finalement et nous sommes accueillis par un groupe de langurs argentés qui sautent de branches en branches autour du restaurant. Au cœur du groupe, on a la surprise de découvrir un petit singe tout jaune. Leur pelage se modifie en grandissant, prenant peu à peu les nuances de gris de leurs familles. On les observe longuement, pas lassés le moins du monde, essayant de relever les différences avec ceux de la foret. Ne sont-ils pas mignons?

Non content de cette aventure, on enchaine avec la visite des batcaves avant de s’autoriser une pause. Nous voilà donc partis de nouveau dans la jungle, dans un univers digne d’Indiana Jones. Frontale sur le front, on évolue de roches en roches sur des pierres luisantes et, parfois, couvertes de mousses. Au dessus de nos têtes, de larges ouvertures laissent entrevoir des arbres envahis de longues lianes. La pluie se met à tomber, rajoutant une touche de mystère au décor. Dans les coins les plus sombres de la grotte, des centaines de chauve-souris, d’au moins deux espèces différentes, ont élu domicile. Pour ne pas trop les déranger, on évite les photos, préférant les laisser le plus possible dans le noir.

Notre excursion dans la jungle de Sumatra s’arrête ici. Il est désormais (enfin) temps de filer sous la douche pour retrouver une apparence normale. On n’aura sans doute jamais autant apprécié ce moment !

les animaux vus par Ptit Jo

Le semnopithèque de Thomas (Presbytis thomasi) est endémique de Sumatra. Il est surnommé Punky Monkey en raison de sa crête de poils bicolores sur le haut du crâne.

La femelle orang-outan n’aura généralement pas plus de 3 bébés dans sa vie ! Ces grands singes peuvent souvent vivre environ 45 ans à l’état sauvage.

Le macaque crabier (Macaca fascicularis) ou macaque à longue queue sont très répandus en Asie du Sud Est, fréquentant aussi bien les forêts que les installations humaines.

Les macaques à queue de cochon (Macaca nemestrina) vivent en grands groupes qui se séparent en groupes plus petits durant la journée pour chercher à manger.

Le semnopithèque à coiffe (Trachypithecus cristatus) a des petits aux poils d’une jaune vif à la naissance, qui virent progressivement vers le gris argenté en grandissant

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)

Les hommes de la jungle

A Valérie, fidèle lectrice de nos aventures. Puisse t-elle en vivre de nouvelles, entourée d’animaux, depuis sa nouvelle demeure.

28 novembre 2023

Le soleil se lève sur la jungle du parc national du Mont Leuser après une nuit largement arrosée. Un peu groggy, on ouvre les yeux sur un décor calme et silencieux. Deux matelas de sol sont installés devant notre tente et du thé chaud nous attend. Au bord de la rivière, les feuilles d’arbres commencent a s’agiter. Une poignée de punky monkeys batifolent dans les branches, tantôt curieux tantôt peureux. L’un d’eux finit par descendre sur la plage et pos’installer dans l’eau, sans se soucier de notre présence. La journée commence bien.

Le petit déjeuner avalé, la randonnée commence par une session de grimpette sur un étroit sentier qui s’enfonce au cœur de la foret. Autant le préciser tout de suite, les amateurs de balade sur des chemins plats et dégagés seront très déçus. Ici, on monte, on descend, on monte encore, on enjambe des arbres, on esquive des racines et on patauge dans la gadoue régulièrement. Le temps, désormais clément, reste chaud et humide et nos sacs à dos pleins n’aident pas à rester secs. On comprend très vite qu’il sera inutile d’envisager de rentrer propre et sentant la rose…

Ce constat fait, on se concentre sur le monde qui nous entoure. La végétation est partout, dans toutes ses formes. Fougères et plantes rampantes occupent les niveaux les plus bas tandis que, plus haut, rotin piquant et arbustes se bousculent. Loin au dessus de tout ça, d’énormes arbres au tronc imposant s’élèvent vers le ciel, ombrageant largement la forêt par des ramifications toujours plus étendues. Un peu partout, des lianes semblent tomber du ciel, précieuses alliées pour gravir des pentes parfois coriaces. On croirait la forêt calme mais, en réalité, elle bourdonne de bruit. Cigales et grillons ne se taisent presque jamais, les oiseaux dissimulés dans les hauteurs poussent d’étranges cris et les hurlements de singe résonnent parfois en toile de fond. Curieusement, ce sont les geckos qui nous impressionnent le plus, surpris qu’une si petite bestiole puisse faire autant de boucan.

Bien sur, nous ne rencontrons pas tout de suite les stars de Bukit Lawang mais chaque nouvelle espèce nous intéresse. Très vite, on croise d’énormes fourmis longues comme un demi pouce. Udin en attrape une pour nous la montrer de plus près, expliquant la différence entre mâle et femelle. Les femelles, plus rependues, ont un abdomen plus long que leur tête. Les mâles, au contraire, ont une tête plus imposante. « Comme les humains » me chuchote t-on dans l’oreillette. Pas le temps de râler. Udin, un petit sourire sur les lèvres, ouvre grand la bouche pour y enfourner la fourmi. On en reste sans voix.

Bien plus vite qu’on ne l’aurait pensé, nos premiers orangs-outans, littéralement « homme de la jungle », évoluent au sommet d’un arbre haut de plusieurs dizaines de mètres. Une mère, dissimulée à la racine des branchages, est accompagnée de son jeune agité. Déjà âgé de quelques années pour s’éloigner autant d’elle, il est visiblement en pleine forme. De loin, on l’observe faire des cabrioles de branches en branches, son pelage roux brillant au soleil. Un autre guide passant près de nous nous indique une seconde femelle près d’ici. Enthousiastes, on file sur le chemin indiqué.

Quelques kilomètres plus loin, bien moins haut perchée mais sans doute mieux cachée dans les arbres, une imposante femelle orang-outan est tranquillement posée sur une branche sur laquelle on n’aurait peut-être pas osé poser le pied. En regardant attentivement, on se rend compte qu’elle cache sous son bras une toute petite tête. On observe patiemment et cela paie.

La femelle se retourne, se rapproche et nous expose désormais son petit pour une jolie séance pleine de tendresse. Ce jeune n’a que quelques mois et, malgré son apparence fragile, semble bien accroché aux poils de son ainée. Le repas de bébé terminé, on a même la chance de les voir regrimper plus haut dans les branches et se construire un nid de branches pour une petite sieste !

Ces grands singes en construisent environ 3 par jour et ne les réutilisent jamais deux fois. Cela leur sert majoritairement pour une petite sieste ou pour la nuit complète. On en trouve donc un peu partout en levant le nez vers la cime des arbres. Amusés de les voir si détendus, on laisse ces deux orangs-outans se reposer tranquillement avant de s’enfoncer à nouveau dans la jungle.

Le nez en l’air (quand on n’est pas occupé à esquiver les racines), on tente désormais d’observer le ciel à la recherche d’autres nids de feuilles fraiches. Au bout d’une heure, c’est cependant une flopée de fruits rouges jonchant le sol qui attire notre attention et nous pousse à redoubler de vigilance. Ils sont là, loin au dessus de nos têtes, points colorés dans un océan de vert. En plein repas, ils laissent tomber sans vergogne des sortes de petites pommes rouges près de nos têtes, pas dérangés le moins du monde par notre présence.

Il est l’heure pour nous aussi de se nourrir. Sous une petite aire de pique-nique, Udin nous offre un plat de riz frit et de crudités enveloppé dans une feuille de banane qui nous redonne un peu d’énergie. Le déjeuner avalé, on fait quelque pas autour de notre abri quand du bruit attire notre attention. Un nouveau duo, probablement attiré par les restes de nourriture de voyageurs négligents, apparait près de nous. Une grande femelle nous observe, longuement, suspendue à un tronc. Au dessus d’elle, les feuillages s’agitent en tous sens.

Ayant finalement décidé de s’approcher de nous, Maman orang-outan finit par attraper d’une main ferme son petit, le percher sur son dos avant de descendre à un mètre du sol attraper ce qui l’intéressait et de remonter en vitesse dans les branchages. Son petit s’empresse alors de se libérer, partant à l’aventure en réveillant toute la foret au passage. 

Les petits orangs-outans restent environ 8 ans avec leur mère et quelque chose nous dit que cette maman va encore avoir quelques années mouvementées !

Saison des pluies oblige, il est désormais temps de se diriger vers notre nouveau campement pour la nuit, campement situé au bas d’une très longue descente présentant des pentes jusqu’à 85 degrés. Sur les bords de la piste, des cordes ont même été installées. Udin nous expliquera plus tard que le principal problème rencontré par les visiteurs de la jungle ne sont pas les piqures ou morsures… mais les fractures. On comprend bien pourquoi !

les animaux vus par Ptit Jo

Le semnopithèque de Thomas (Presbytis thomasi) est endémique de Sumatra. Il est surnommé Punky Monkey en raison de sa crête de poils bicolores sur le haut du crâne.

La femelle orang-outan n’aura généralement pas plus de 3 bébés dans sa vie ! Ces grands singes peuvent souvent vivre environ 45 ans à l’état sauvage.

Le macaque crabier ou à longue queue (Macaca fascicularis) est très répandu en Asie du Sud Est, fréquentant aussi bien les forêts que les installations humaines.

Les macaques à queue de cochon (Macaca nemestrina) vivent en grands groupes qui se séparent en groupes plus petits durant la journée pour chercher à manger.

Le semnopithèque à coiffe (Trachypithecus cristatus) a des petits aux poils d’un jaune vif à la naissance, qui virent progressivement vers le gris argenté en grandissant

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)

Découverte de Sumatra

26 novembre 2023 

Notre arrivée a Medan est surprenante. Nous sommes quasiment les seuls européens dans le terminal et attirons des regards curieux. Metha, notre guide pour les jours a venir, nous repère tout de suite. Armée d’un large sourire et d’un dynamisme débordant, elle commence par nous offrir des foulards colorés avant d’attraper un passant au vol afin d’immortaliser l’instant. A peine sortis du terminal, 5 femmes s’approchent pour demander une photo avec nous également. On accepte, un peu déconcertés, et on récolte une flopée de sourires en retour.

Pour ce voyage, nous avons décidé d’opter pour une agence. C’est donc Jamil, notre chauffeur pour les prochains jours, qui nous récupère directement à l’aéroport pour nous déposer à notre hôtel. Il nous faudra près d’une heure pour rejoindre le centre de Medan en traversant toutes sortes d’environnement. Campagnes, banlieues anarchiques, bidonvilles et maisons cossues, on trouve un peu de tout. Sur les routes, des armées de scooters roulent partout, occupés par une, deux… ou le plus souvent quatre à cinq personnes !

Arrivés a l’hôtel, on profite d’un repos bien mérité. Demain, la jungle nous attend.

27 novembre 2023

Tout au long du chemin vers Bukit Lawang (littéralement, la porte de la colline), Metha nous raconte l’Indonésie, nous précise la fonction des bâtiments croisés, la rôle de la femme, la place de la religion… On découvre toute une nouvelle culture l’espace de quelques heures.

Et comme rien ne vaut un exemple, nous faisons un arrêt à Kuala pour un aperçu de la vie quotidienne en commençant par le marché. Tout de suite, on attire les regards mais aussi beaucoup de sourires. On nous suit des yeux, on nous fait de larges signes et on nous demande à nouveau des photos. A mesure que l’on s’avance dans les allées, on découvre fruits, épices et poissons frits. Pour être honnête, les odeurs ambiantes et les mouches ne nous font pas rêver mais l’arrêt vaut le coup d’œil, ne serait ce que pour la découverte.

On arrive à l’heure où les enfants quittent l’école en ce jour de fête des professeurs. Dans ce bazar bruyant et coloré, les gamins semblent juste heureux. Pour rentrer chez eux, on les voit s’agglutiner dans les voitures ou carrément sur leur toit, sur des scooters et sur des tuktuks dans un joyeux brouhaha. Là aussi, on nous interpelle pour des photos et on nous offre de larges sourires.

A mesure que l’on s’enfonce dans les terres, le décor change. Les villes se font plus petites, les maisons plus espacées, les abords plus verts. Et, malheureusement, la verdure vient d’abord des palmiers à huile dont la quantité nous frappe assez vite. Pour la petite histoire, ces palmiers n’ont rien d’endémiques. Originaires du Brésil, ils ont été implantés dans le jardin botanique de Java où ils ont semblé se plaire. Le filon était trouvé. Compte tenu des larges espaces boisés de Sumatra et Bornéo, le gouvernement a choisi de faire d’une pierre deux coups : donner un coup de boost à l’économie en rasant ces grands espaces naturels pour y faire de la production à grande échelle et envoyer un surplus de population de Java vers des îles moins occupées, désormais chargée de la culture des palmiers.

Arrivés avec notre regard d’occidental, on réalise alors la complexité de la situation. En effet, la production d’huile de palme génère aujourd’hui des revenus considérables et offre des salaires importants, essentiels dans une population frappée par quelques 30% de chômage. Pourtant, l’impact environnemental est d’autant plus grand que les palmiers, une fois leur rendement insuffisant, ne sont réemployés dans aucune activité. Leur bois est en effet trop fragile pour en faire des meubles et produit trop de fumée pour être employé en chauffage ou en cuisine.

Finalement, les palmiers deviennent un peu moins présents, laissant la place à une végétation plus variée, à des collines puis a des rizières. Bukit Lawang est au bout de la route.

Rejoindre l’éco lodge a déjà un gout d’aventure. Avec sac et bagages, on traverse le pont suspendu au dessus de la rivière agitée. Sur cette rive, de jolis bungalows ont poussé entre les arbres et une large structure en bambou abrite la réception et le restaurant. A peine arrivés, on repère de petits singes s’activant dans les branchages. Nous laisserons ici l’essentiel de nos affaires et n’y reviendrons pour passer la nuit que dans deux jours. D’ici là, c’est dans la jungle, au cœur du parc national Gunung Leuser que nous passerons la nuit !

D’ailleurs, Udin, notre guide pour cette étape, nous propose de rejoindre notre campement rapidement car la pluie est attendue. Nous optons donc pour le chemin le plus court, traversant d’abord des plantations de palme, encore, avant de rejoindre la foret puis les bords de la rivière Ladak. Surprise, il faut marcher dans le cours d’eau pour rejoindre le camp. On s’y met volontiers, presque contents de se rafraichir un peu. Le décor est plutôt joli, le long de ce filet d’eau claire, bordé d’immenses arbres. Il nous faudra environ 1h30 pour rejoindre notre camp, installés directement sur la berge.

Le confort est rudimentaire mais complètement en lien avec l’expérience : cabane de bâches et de bambous, matelas et moustiquaires constitueront notre abri pour deux nuits. Notre guide lance un feu pour le repas puis nous offre thé et biscuits au bord de l’eau où il est facile de se baigner. On n’entend plus que le bruit du courant et des animaux dans la foret.

Ayant choisi la fin novembre, nous sommes complètement hors saison et seules trois personnes partagent notre campement, isolés dans une autre cabane. En contrepartie, nous sommes exposés aux pluies intenses de la mousson. Vers 16h, les premières gouttes tombent, d’abord rafraichissantes. Puis, des trombes d’eau s’abattent sur le camp… Espérons que notre choix aura tout de même été le bon.

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’arrivée à l’écolodge et sa colonie de petits singes

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Hotel Santika Premiere Dyandra, Jl. Kapten Maulana Lubis No.7, Petisah Tengah, Kec. Medan Petisah, Kota Medan, Sumatera Utara 20111
Le cout de la vie en Indonésie nous a permis de prendre ce joli hébergement dans le centre de Medan. Les chambres sont équipées et spacieuses, le petit-déjeuner gargantuesque et une piscine est disponible. En supplément, un salon de massage propose des prestations de très bonne qualité !

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)

Tiongsim Palladium, Jl. Kapten Maulana Lubis No.8, Petisah Tengah, Kec. Medan Petisah, Kota Medan, Sumatera Utara 20231
Juste à côté du Santika, ce restaurant est surtout réputé pour ces pâtes. nous les avons trouvées bonnes mais sans plus. Les plats ont tendance à être un peu gras et l’anglais est très peu pratiqué.

Sur les traces du léopard

28 mars 2022

Nous filons de nouveau pour une excursion safari dans le parc le plus célèbre du Sri Lanka : Yala. Il nous a beaucoup divisés. D’un côté, le parc est l’un des meilleurs endroits au monde pour voir les léopards qui y sont particulièrement nombreux. De l’autre, cet attrait en fait un lieu parfois surfréquenté avec des pics pouvant atteindre 700 véhicules par jour dans le bloc 1 (le parc en comprend 5).

On se laisse tout de même tenter avec une formule à la journée pour avoir la possibilité de s’aventurer plus loin que le bloc 1, très majoritairement choisi par les touristes qui optent le plus souvent pour une demi-journée.

A peine arrivés, on tombe sur une famille entière de langurs, résolument mes petits chouchous du voyage. Des jeunes de tout âge nous offrent des scènes craquantes, les plus petits ne semblent d’ailleurs pas avoir plus de quelques jours. Un premier petit singe joue distraitement avec des brindilles pendant qu’un second s’interroge sur l’utilité que pourrait bien avoir sa queue. Un peu plus loin, deux autres petits apprennent à se déplacer sans s’éloigner de leurs mamans, un autre se fait épouiller sans ménagement, observant avec envie ses cousins qui bondissent d’arbres et arbres. La journée commence bien !

Yala présente une diversité de paysages étonnante, passant de zones verdoyantes à des sortes de savane africaine au fil des kilomètres. Terre, eau, sable, roche… tout y passe. La faune en est forcément tout aussi variée. Mammifères, batraciens, reptiles, oiseaux…on croise de tout. Notre guide est tranquille et patient, il s’arrête aussi souvent qu’on le souhaite, veillant toujours à nous permettre d’observer au mieux les animaux, parfois bien cachés. Auriez-vous repéré le varan dans l’arbre ?

A force de rouler, on passe la lisière d’une forêt pour découvrir la mer. Quelques baraques de pêcheurs sont posées là, au milieu de ce monde animal. Au loin, une dizaine de buffles piétinent dans l’eau salée, près des dunes d’un sable presque doré. On s’arrête ici pour une courte pause, suivi de près par quelques oiseaux louchant avidement sur nos fruits.

Un tout autre univers nous attend désormais. De larges étendues d’eau claire s’étendent désormais au pied des montagnes. Lentilles, herbes et nénuphars sont à l’honneur au milieu de troncs cendrés qui ponctuent ces vastes étendues lisses. Au loin, on devine les éléphants qui traverse la zone en quête de fraicheur, enfoncés dans l’eau jusqu’aux genoux, seulement dérangés par quelques martin-pêcheurs qui tournoient dans les airs, arborant leurs ailes bleutées. Loin du reste du parc et de tout autre véhicule, on trouve ce secteur envoutant avec ces couleurs douces et sa lumière étrange.

Il ne faudra pas rouler longtemps pour trouver l’agitation tant redoutée de Yala. Un léopard a été repéré dans une zone boisée et tous les véhicules semblent s’être passé l’information. On se retrouve à 15, peut-être 20 jeeps, et les ennuis commencent. Les chauffeurs roulent à tout vitesse, guettant le moindre signe de la présence du félin. C’est la bousculade : les moteurs s’affolent, les voitures font demi-tour précipitamment à mesure que le pauvre animal se déplace. On finit même par redouter l’accident lorsque le léopard sort du bois, pris en chasse par un chauffeur zélé,  pour trouver refuge un peu plus loin.

Cette fois encore, on regrette vraiment le manque de formation et de pédagogie des chauffeurs/pisteurs, soucieux d’offrir à tout prix à leur client un cliché de léopard. Dans tout ce bazar, par chance, on aura trouvé notre chauffeur sans doute plus posé que la moyenne. On en est ravis, malgré notre seul et unique cliché un peu décevant.

Pour tenter de limiter l’impact de la fréquentation touristique du parc sur les animaux, Yala impose tout de même un arrêt de 2 heures des voitures en milieu de journée. On se retrouve donc sur un parking au bord d’un petit cours d’eau avec une dizaine d’autres jeep pour une pause déjeuner. Le spot est visiblement bien connu des macaques qui ont investi les arbres et guettent la moindre faute d’inattention pour rentrer dans les voitures et chaparder à manger. Il faut bien admettre que ça nous amuse beaucoup.

On les observe longuement, ces petits singes malins à l’affût dans les arbres. Ici aussi c’est toute une famille qui nous entoure. On apprend à reconnaître les mâles et les jeunes, on observe les tout petits découvrant le monde et on devine déjà chez eux quelques traits de caractère. Certains restent sagement cramponnés à leur maman, d’autres montrent beaucoup de curiosité face au monde qui les entoure, d’autres encore n’hésitent pas à tester quelques bêtises à la moindre occasion. Sourire aux lèvres, on se dit que, décidément, nous ne sommes pas si éloignés d’eux.

Notre journée se termine avec une dernière belle surprise. Arrêtés au bord d’un plan d’eau, on a la joie de croiser une harde d’éléphants venus se rafraîchir tout près de notre jeep. Pendant de longues minutes ils savourent cet îlot de fraicheur, se roulant dans l’eau, chahutant ou avalant bruyamment des litres et des litres d’eau. Les plus petits s’enfoncent complètement, nageant presque, leur trompe dressée dans les airs comme un tuba. Ce manège terminé, ils regagnent la berge, se couvrent de sable et disparaissent dans la forêt sans un bruit.

On roulera encore quelques heures dans Yala, moins chanceux cette fois, un peu assommés par le soleil. On rentre finalement contents de l’expérience, le cœur tout de même un peu serrés pour les léopards qui préfèreraient sans doute une vie plus paisible. Alors oui, le parc de Yala est sans aucun doute à faire mais mieux vaut dans ce cas bien se renseigner avant de choisir un prestataire et poser, dès le début, les règles du jeu avec votre chauffeur.

les animaux vus par Ptit Jo

L’entelle ou langur (Semnopithecus entellus) est un singe sacré en Inde. Il vit en bande d’environ 25 individus.

Le cerf axis (Axis axis) coopère avec les entelles pour se nourrir : les entelles font tomber de la nourriture des arbres pendant que le cerf, aidé de son odorat, alerte en cas de danger.

Le buffle d’Asie (Bubalus arnee) passe une grande partie de son temps à se baigner dans les rivières et dans la boue pour se protéger des piqûres d’insectes

Si la morsure du varan du Bengale (Varanus bengalensis) n’est pas venimeuse, elle peut tout de même provoquer des septicémies foudroyantes…

Le sambar (Cervus unicolor) est le seul cervidé dont les faons ne sont pas tachetés de blanc.

Le Martin-Pêcheur de Smyrne (Halcyon smyrnensis) mange en réalité peu de poissons : il se nourrit aussi de grenouilles, de lézards, d’oisillons, des rongeurs ou d’insectes.

Le parc national de Yala présente la plus grande densité de léopard (Panthera pardus kotiya) dans le monde.

Le macaque à coque (Macaca sinica) ont la peau du visage qui rougit avec l’âge.

Les éléphants du Sri Lanka (Elephas maximus maximus) n’ont que rarement des défenses. Les mâles qui en ont sont appelés tuskers.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Parc National de Yala
Entrée 15$ la demi-journée
Ouvert tous les jours de 6h à 18h
Seuls les chauffeurs de jeep agrémentés peuvent conduire dans les parcs nationaux. Il vous faudra donc passer par un prestataire dont le coût varie entre 5000 et 7000 LSK la demi-journée et entre 10 000 et 13 000 LSK la journée.

Le logement

Blue Turtle Hotel, Kataragama Road,, Monaragala, 119/2 Tikiriwewa, Mahasenpura, 82600, Sri Lanka
Cet hôtel comme neuf est tenu par un couple de français, installés à quelques kilomètres seulement du parc national de Yala. Les chambres, spacieuses et climatisées, donnent sur une piscine entourée d’herbe, tout comme les espaces communs chaleureux et confortables. Des prestations de massage sont possibles à la demande. Un de nos logements préférés !

Les repas

L’hôtel sert des repas basées sur une carte occidentale proposant quelques assiettes locales que ce soit pour le diner ou pour le pet

Sigiriya le rocher du Lion

21 mars

Notre journée débute de bonne heure afin de profiter de l’ensoleillement, court à cette saison, mais surtout de la fraîcheur. Après un bref trajet et passée l’entrée du petit temple, nous entamons donc l’ascension du rocher de Pidurangala un peu avant 8h. 

À l’ombre des grands arbres, on évolue le long d’escaliers tortueux grimpant contre la roche sombre. On sort finalement assez vite des bois pour découvrir une lumière étrange, un peu brumeuse, flottant sur un paysage aux notes de vert. Un bouddha étendu dans une cavité, vieux de près de 1500 ans, arbore les reflets dorés du jour levant. Le chemin se poursuit facilement jusqu’à quelques blocs de roches, dernière étape à franchir pour découvrir la vue sur la forteresse de Sigiriya. Cette session de grimpe n’a rien de vraiment difficile, on y croisera même une maman avec son porte-bébé.

Au sommet, un courant d’air salue notre arrivée mais fait à peine remuer les oreilles de deux chiens bronzant sur la pierre, pas perturbés le moins du monde par les deux instagrameuses qui enchainent les poses douteuses. Debout sur la roche, on observe la forteresse sortir d’une mer de jungle silencieuse avant d’explorer les environs. Les alentours sont baignés de brume, parsemés d’arbres, d’étangs couverts de nénuphars et de rizières. Nous sommes moins d’une dizaine sur ce site où il règne, à cette heure, un calme absolu. En observant le rocher du lion face à nous, on se demande tout de même comment une forteresse a pu y être bâtie.

La journée se poursuit avec la visite de Sigiriya en elle-même. La forteresse n’est accessible qu’après avoir traversé des douves, autrefois infestées de crocodiles, et une zone de jardins aménagés de promenades et de bassins, parsemés d’arbres centenaires. Quelques singes chahutent dans les arbres, sautant de branches en branches. On croisera même des varans traversant les pelouses à toute petite allure. 

Une fois les jardins passés, il est temps de commencer à grimper jusqu’au sommet du rocher. Il commence à faire vraiment chaud et chaque coin d’ombre est apprécié à sa juste valeur. La chaleur et les marches ne sont pourtant pas la seule difficulté de la journée. Des panneaux nous indiquent un peu partout qu’une colonie de frelons a élu domicile dans la forteresse. Aussi, il est recommandé de se déplacer en silence pour éviter de les affoler.

A peine arrivés au premier escalier, c’est pourtant le chahut qui règne : de petits groupes redescendent au pas de course du niveau supérieur. Deux personnes en combinaison verte digne des apiculteurs arrivent à leur suite. Ils soutiennent un touriste au visage enflé et à l’air hagard. En y regardant de plus près, on réalise que le pauvre a encore un frelon entre les yeux et un sur le bras. On s’éloigne nous aussi au pas de course avant de le regarder partir en urgence avec une voiture du parc. Le ton est donné !

Un guide nous explique que les frelons vont se calmer mais qu’il vaut mieux renoncer à ce chemin pour l’instant. Un peu au hasard, on s’engage derrière un autre groupe et on grimpe de nouvelles marches. On finit par tomber sur un escalier métallique en colimaçon qui s’élève à flanc de falaise. C’est là que se trouve la grotte des demoiselles, célèbres fresques du Ve siècle réputées pour leur finesse. Pour préserver le lieu, les photos sont désormais interdites.

On grimpe les dernières marches avant l’escalier du lion, on les redescend, on grimpe, on redescend encore. Notre ascension est bloquée par des frelons agités. Et puis finalement, avec un peu de patience, deux militaires nous font signe d’avancer, pour de bon cette fois. De la fumée plane encore entre les arbres mais les agitateurs ailés semblent avoir disparu pour de bon. Du coup, nous sommes tous seuls sur la dernière plateforme, face aux énormes pattes qui marquent l’entrée de la forteresse. A l’époque de sa construction, l’escalier traversait même la tête d’un lion.

Arrivés sur le sommet du rocher, un paysage de terrasses et de bassins nous accueille, vestiges de la forteresse d’un roi inquiet pour son trône (forcément lorsque l’on assassine son père et que l’on bannit son frère…). Une épaisse forêt s’étend dans toutes les directions et quelques montagnes se laissent deviner à travers la brume. L’ascension aura été mouvementée mais, 1200 marches plus tard, nous sommes ravis d’avoir insisté.

En nous voyant arriver tout moites et rouges, notre guide nous propose un instant de réconfort avant de rentrer à l’hôtel. Nous voilà partis pour un petit centre de massage perdu au bout d’un chemin, entouré de grands arbres et d’une allée bordée de vanille. On nous y accueille avec beaucoup de gentillesse et on se laisse tenter par un long soin avant de retrouver nos chambres fraîches, prêts à repartir pour de nouvelles découvertes.

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’ascension de Pidurangala au matin, pour un vrai moment de sérénité

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Shanti et plus spécifiquement par Noémi. A l’heure où nous sommes partis au Sri Lanka, en pleine période Covid, il était obligatoire de prendre une agence. Ce n’est sans doute pas indispensable si, comme moi, vous aimez organiser seul vos trajets. C’est en revanche confortable, notamment pour organiser les transports avec un chauffeur, bien plus rapides et pratiques que le bus et le train. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également offert un bon moment de convivialité en fin de séjour et a su s’adapter à toutes nos demandes.

Le site: https://www.shantitravel.com/fr/voyage-sri-lanka

Les activités

Ascension du Pidurangala
Entrée 500 LKR

Forteresse de Sigiriya
Entrée 30$
Ouvert tous les jours de 7h30 à 17h30
Les créneaux les plus prisés sont ceux de 8h à 11h. Ne pas oublier d’apporter de l’eau !
Les visites guidées ne nous ont pas semblé nécessaire, un bon guide dans le sac à dos suffit probablement. Néanmoins, si vous êtes vraiment passionnés d’histoire, de nombreux guides proposent leurs services à l’entrée du site. Comptez environ 2000 LKR les deux heures.

Arogya treatment center, Moragaswewa, Habarana 50150, Sri Lanka
Ce centre propose différents massages ayurvédiques traditionnels. On en garde un souvenir assez neutre, ni bon ni mauvais. Les prix doivent être négociés pour éviter les arnaques. Attention à l’huile sur les cheveux, très difficile à enlever…

Le logement

Jays Holiday Resort, Threesinhagama, Habarana, Habarana, Sri Lanka
L’hôtel se situe au bout d’une toute petite route et au cœur d’un grand jardin aux airs de jungle. Les chambres sont basique mais climatisées et spacieuses. Nous avons adoré nos repas pris sur place et regrettons un peu de ne pas avoir opté pour un cours de de cuisine sri-lankaise. Un des coups de cœur du séjour.

Les repas

On a diné directement à l’hôtel. Les menus changent tous les jours et, chaque soirs, trois ou quatre entrées/plats et desserts sont proposés. La recette du rice and curry change elle aussi tous les soirs. On recommande chaudement !

Le parc National de Chobe

22 septembre 2021

Notre dernière vraie journée de safari est amputée d’un bon morceau lorsque, Covid oblige, on doit faire un détour par Kasane pour réaliser un nouveau test PCR. Il est déjà tard quand on atteint finalement le parc national de Chobe, le plus visité du Botswana. Sam nous installe pour déjeuner sur les hauteurs du parc, sans serpent cette fois. On est à nouveau surpris par le changement de décor, encore plus impressionnant vu d’en haut. Une large plaine s’étend en contre bas, à l’herbe d’un vert intense, parcourue par de larges canaux d’eau.

Nos sandwichs avalés, on rejoint la plaine pour y découvrir une faune grouillante comme on n’en avait encore jamais vu. Partout où l’on pose le regard, des silhouettes d’éléphants se dessinent sur la verdure ou se détachent d’un ciel brumeux. On y croise également des troupeaux d’antilopes, savourant un buffet vert qui s’étend à perte de vue. On tombe même sur quelques éléphants qui nagent dans un bras de la rivière, laissant juste apparaitre le haut de leur dos et leur trompe, brandie comme un tuba !

La route de sable longe l’eau pendant des kilomètres. Un doux soleil réchauffe l’atmosphère sans même brûler la peau et chaque recoin réserve une surprise. L’ambiance est parfaite. La densité d’éléphants est simplement incroyable. Ils sont partout, sur le rivage d’en face, dans les forêts bordant la route ou encore en plein milieu du chemin. Les zones marécageuses semblent les attirer plus que toutes les autres. On les observe mi amusés, mi dégoutés se vautrer dans des mares de boues, l’attraper avec la trompe et la propulser avec amusement sur leur dos… ou sur notre voiture !

On approche des familles entières de près. De très près. On y voit d’ailleurs des dizaines de petits, de tous les âges. Sam en profite pour nous raconter de nouvelles anecdotes et distiller quantités de connaissances sur les pachydermes. On apprend à cette occasion que les éléphants sont droitiers ou gauchers : leur tendance se note à l’usure de leurs défenses, toujours plus marquée d’un côté. Notre guide en profite aussi pour tordre le cou à certains mythes comme les cimetières d’éléphants. La réalité est beaucoup moins jolie : ces gros mammifères ne se sont jamais rendus dans des lieux particuliers pour mourir. Le chercheur ayant émis cette théorie est simplement tombé sur une « planque » de chasseurs d’ivoire ayant laissé sur place toutes les carcasses des animaux braconnés. On aurait vraiment préféré croire à la première version.

En plus des éléphants, de larges groupes d’impalas côtoient babouins, zèbres, girafes et phacochères, arrivant sans cesse de la forêt pour profiter des zones fraiches et humides dans la plaine. Des hippopotames barbotent au loin. On ne les voit pas vraiment mais on reconnait désormais très bien leurs ronchonnements caractéristiques. Le parc grouille de vie et d’espèces comme nulle part ailleurs en Afrique Australe. On en prend plein les yeux et les oreilles.

Les couleurs changent à mesure que le soleil décline, donnant des reflets dorés au paysage. Seuls les plus gros animaux semblent s’attarder désormais. Les nuées d’impalas, elles, ont comme disparu. Les petits singes ont regagné les arbres. Un couple de girafes déambule sous le soleil, le mâle comptant sans doute sur cette ambiance douce pour charmer la femelle (un peu récalcitrante il faut l’avouer).

Bientôt, seuls les éléphants restent là, en groupe plus restreints. Ils marchent, encore et toujours, s’enfonçant dans la plaine.

C’est l’heure de notre dernière nuit sous la tente, montée bien en arrière de la rivière dans les mopanes qui commencent à perdre franchement leur feuillage. Sur les feuilles séchées, nos pas résonnent dans le noir. On profite une dernière fois du feu de camp, du pain chaud de Timothy, de la gentillesse de Sca et des histoires de Sam.

Au petit matin, on opte pour une dernière balade sur la plage avant de retrouver Kasane et de passer la frontière. Les groupes d’antilopes sont revenus, plus imposants que jamais. Elles sont des centaines à parcourir la plaine. Certains mâles se battent à coup de tête et de cornes. Les pique-bœufs planent d’un individu à l’autre, ravis de profiter d’un tel festin.

A proximité, une immense famille de babouins traine sous les arbres. Ils sont près d’une cinquantaine, fouillant le crottin d’éléphants à la recherche de fruits et de noix, arrachant des touffes d’herbes ou courant entre les pattes des antilopes. S’ils ne nous ressemblent pas autant que les grands singes, ils ont tout de même un nombre impressionnant de mimiques, de comportements et d’habitude qui nous interpellent. Les mères qui serrent les jeunes contre leur cœur, les échanges de regards, les bêtises des petits et les réprimandes. On craque surtout pour leur bouille d’elfe avec ces grandes oreilles roses disproportionnées.

Pour terminer sur une bonne note, nos derniers kilomètres sont peuplés de lionnes, de buffles et de croco, comme un clin d’œil à notre arrivée dans le pays. La boucle est bouclée, il ne nous reste, presque, qu’à rentrer

les animaux vus par Ptit Jo

Les impalas (Aepyceros melampus) utilisent leurs lignes noires présentes au bout des oreilles, sur le dos de la queue, le haut des cuisses et sur le front pour se reconnaître.

Le chacal à chabraque (Lupulella mesomelas) éduque ses petits pendant toute une année, faisant de sa descendance des pro de la chasse.

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Le guêpier carmin (Merops nubicoides) est armé d’un bec pointu qui lui permet d’attraper les insectes en vol sans difficulté

Le crocodile du Nil (Crocodylus niloticus) est l’un des plus gros du monde et peut atteindre 750kg. Il chasse en restant immobile et surgit d’un coup hors de l’eau.

Le phacochère (Phacochoerus africanus) a de longues canines en forme de défenses qui lui servent à déterrer des racines et à se défendre contre ses prédateurs.

Le grand koudou (Tragelaphus strepsiceros) mâle arbore d’imposantes cornes en spirale d’1.2 à 1.8 mètres. Il peut franchir des obstacles de 2 à 3 mètres de haut d’un bond !

La girafe (Giraffa camelopardalis angolensis) est la plus grande espèce du règne animal avec une hauteur de près de 6 mètres pour les grands mâles.

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Le lion d’Afrique (Panthera leo leo) est une force de la nature engloutissant 7kg de viande par jour. Son rugissement peut être entendu à 8km à la ronde !

L’hippotrague noir (Hippotragus niger) ne porte pas spécialement bien son nom… les femelles sont marrons !

Le babouins Chacma (Papio ursinus) vivent en groupe pouvant atteindre 50 individus. leurs petits ont de grandes oreilles toutes roses.

Le singe vervet (Chlorocebus sabaeus) est un petit primate malicieux et omnivore omnivore dont le régime peut aller des fleurs et fruits aux insectes, œufs ou encore rongeurs.

La mangue rayée (Mungos mungo) est une petite bête spécialiste de la chasse au serpent. Elle les attrape d’un geste vif juste derrière la tête.

Le buffle d’Afrique (Syncerus caffer) et ses quelques 700kg vit en larges troupeaux dans des zones boisées. ses cornes peuvent atteindre 1,5 mètre d’envergure. Celles des mâles recouvrent le haut de sa tête, contrairement aux femelles.

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Le safari a été mené par Lungu Safari. Nous avons eu la chance d’être conduit par Sam, un guide formidable, plein d’anecdotes en tout genre. Timothy et Scamongo ont pris en charge toute la logistique et nous n’avions plus qu’à nous laisser guider. Un confort incroyable, surtout dans la brousse !

Le logement

Une tente plantée dans la savane.

Les repas

Cuisine au feu de bois par le chef cuistot de Lungu Safari : Tim. Mention spéciale pour son pain fait maison et ses pique-niques gargantuesques.

Le grand départ

18 septembre 2021

Après deux semaines sur les routes de Namibie, il est temps pour nous de traverser la frontière et de découvrir le Botswana. Une longue route nous attend de Ngepi jusqu’à Maun où nous devons rendre la voiture avant 16h. Comme cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu de petites galères du type rester ensablés dans le désert ou enfermés dans un parc national, notre voiture a décidé qu’elle ne démarrerait pas ce matin-là, histoire de garder le rythme.

Le petit déjeuner avalé, il a donc fallu trouver une bonne âme pour nous aider, sortir les pinces croco et démarrer. L’inquiétude s’installe doucement. Nous traversons le poste frontière dans moins d’une heure et la perspective de ne pas pouvoir repartir pour cause de panne de batterie nous affole un peu. Après deux tests antigéniques au poste frontière, un peu de paperasse et un coup de tampon sur nos passeports… on réalise que l’un de nos permis internationaux est périmé ! C’est donc à moi de prendre le volant de notre énorme bolide que je n’avais pas encore touché, pour conduire à gauche et d’une traite, de peur que la voiture ne redémarre jamais. Pour cette fois, elle repart.

Avant de quitter la frontière, une petite dame nous fait signe et nous alerte : « Attention aux nids de poule ! ». On lui fait signe en retour, plus inquiets de l’heure qui tourne que de l’état de la route.

Grosse erreur.

Si les premiers kilomètres goudronnés semblent bien meilleurs que les pistes namibiennes, on réalise vite que cela ne va pas durer. Les nids de poule se multiplient et s’élargissent. Ils deviennent des nids d’autruche, voire carrément de T-Rex ! De véritables cratères se forment au centre de la route, s’étendant quasiment d’un bout à l’autre. Les voitures finissent par passer sur les bas-côtés tant la route est abimée. L’heure tourne toujours et il faudra slalomer pendant près de 300km pour éviter les obstacles tout en priant pour ne pas avoir à s’arrêter. Il est 15h30 quand on arrive finalement à Maun pour faire le plein avant de rejoindre le logement. Comme prévu, la voiture ne redémarre pas tout de suite et il faudra encore user des pinces croco pour arriver à bon port. Mais nous y voilà. On se gare, on décharge et on s’écroule sous la tente.

Ça y est, le Botswana nous ouvre enfin les bras.

19 septembre 2021

Sam, notre guide pour les jours à venir, vient nous chercher de bon matin. Après avoir englouti une assiette de pancakes, on abandonne avec joie notre bolide pour grimper dans le sien : un énorme 4*4 complètement ouvert à l’arrière, spécialement conçu pour transport de petits groupes durant les safaris. Durant les deux premières heures, on roule doucement vers Kwai où nous attend notre première réserve naturelle. La route bitumée se transforme en piste et Sam prend le temps de nous présenter son travail et son pays tout au long du chemin.

A mesure que l’on s’écarte de la route, les paysages deviennent plus verts et, finalement, un cours d’eau apparait. Les paysages changent radicalement et les premiers animaux se montrent. Éléphants et hippopotames semblent apprécier l’endroit, s’offrant de longues séances de baignade. On retrouve avec un sourire le grondement caractéristique des hippos, le bruit de l’air expulsé par leurs narines en sortant de l’eau et leurs petites oreilles qui s’agitent.

Au loin, un éléphant enfoncé dans l’eau jusqu’au ventre grignote sagement des touffes d’herbes. En l’observant avec des jumelles, on assiste à la scène la plus loufoque de notre séjour ! Un crocodile installé tout près s’est subitement mis à courrir pour attraper un oiseau. Emporté par son élan, il a réussi à rater l’oiseau et s’est écroulé dans la mare voisine, disparaissant une fraction de seconde de notre champ de vision avant de resurgir à toute vitesse. Ébahis, on l’a vu se carapater en sens inverse et s’échapper dans une nouvelle mare. Derrière lui, un énorme hippopotame est apparu, probablement dérangé dans sa sieste par la chute du crocodile et visiblement très mécontent. Dans une impressionnante gerbe d’eau, il s’est enfoncé lui aussi dans la seconde mare, sous l’œil complètement indifférent de l’éléphant ! On regrette infiniment de ne pas avoir immortalisé cette scène improbable, rigolant encore aujourd’hui de la démarche catastrophée du pauvre crocodile.

Les premiers singes se montrent également, courant dans les hautes herbes avant de se réfugier dans les arbres ou flânant près de l’eau. C’est là que j’ai pris l’une de mes photos préférée. Elle est loin d’être parfaite mais elle me rappelle cet adorable petit singe était installé là, au bord de l’eau, contemplant les fleurs d’un air doux et rêveur… avant de les engloutir avec satisfaction, du pollen plein les moustaches.

On rencontrera aussi notre premier troupeau de buffle en lisière d’une zone boisée, encore tout agité. Un groupe de lionnes venait tout juste de les attaquer et d’emporter l’un des leurs sous les arbres. Si nous n’avons pas vu la scène, elle a en revanche été racontée par des touristes américains farceurs, expliquant à notre guide qu’ils avaient croisé des kangourous.

Sam trouvera rapidement les lionnes, encerclant ce qui avait dû être un buffle autrefois. Il s’approche près, suffisamment pour nous inquiéter un moment. Notre guide se veut néanmoins rassurant : les lions ne s’attaquent qu’aux animaux faibles, malades ou blessés. Pour eux, la voiture même ouverte à l’arrière, représente surtout un énorme animal, bien trop fatiguant à chasser… d’autant plus lorsqu’ils sont déjà à table. Sam nous inspire une immense confiance… alors on ouvre grand les yeux et les oreilles.

A quelques mètres de nous, les lionnes ne détournent même pas la tête. Elles semblent être prises d’une sorte de frénésie. La gueule pleine de sang, elles grognent, se poussent et dévorent chaque bouchée qu’elles peuvent savourer en l’absence du mâle. Elles font un boucan incroyable : leur grondement résonne si fortement dans la poitrine qu’on a l’impression de la sentir vibrer à chaque nouvelle vague de râle. Instinctivement, les poils se dressent sur les bras. Aucun doute, on se souviendra longtemps de cette rencontre.

les animaux vus par Ptit Jo

L’éléphant de savane (Loxodonta africana) est le plus grand animal terrestre, avec en moyenne 4 mètres à l’épaule et environ 6 tonnes pour le mâle.

Les hippopotames (Hippopotamus amphibius) forment des harems autour d’un mâle dominant. Les jeunes mâles immatures sont tolérés tant qu’ils restent soumis et chassés à la moindre incartade.

Le rollier à long brins (Coracias caudatus) se repère de loin dans le bush, particulièrement en vol : ses magnifiques plumes bleues forment alors de véritables tâches de couleur dans le ciel

Le bateleur des savanes (Terathopius ecaudatus) est réputé pour ses incroyables parades nuptiales à base de multiples figures acrobatiques.

Le singe vervet (Chlorocebus sabaeus) est un petit primate malicieux et omnivore omnivore dont le régime peut aller des fleurs et fruits aux insectes, œufs ou encore rongeurs.

Le buffle d’Afrique (Syncerus caffer) et ses quelques 700kg vit en larges troupeaux dans des zones boisées. ses cornes peuvent atteindre 1,5 mètre d’envergure. Celles des mâles recouvrent le haut de sa tête, contrairement aux femelles.

Le lion d’Afrique (Panthera leo leo) est une force de la nature engloutissant 7kg de viande par jour. Son rugissement peut être entendu à 8km à la ronde !

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Le safari a été mené par Lungu Safari. Nous avons eu la chance d’être conduit par Sam, un guide formidable, plein d’anecdotes en tout genre. Timothy et Scamongo ont pris en charge toute la logistique et nous n’avions plus qu’à nous laisser guider. Un confort incroyable, surtout dans la brousse !

Le logement

Une tente plantée dans la savane.

Les repas

Cuisine au feu de bois par le chef cuistot de Lungu Safari : Tim. Mention spéciale pour son pain fait maison et ses pique-niques gargantuesques.