Gyokuzoin

16 avril 2023

Après une première partie du voyage en voiture, nous poursuivons aujourd’hui notre périple en train, le réseau ferré étant particulièrement réputé au Japon. Équipés de notre voucher, on se pointe donc la fleur au fusil à la gare… pour tomber sur une interminable file d’attente. En effet, pour récupérer les fameux JR pass, offrant un accès illimité au plus gros du réseau, il faut auparavant échanger son petit coupon contre le pass réel. Nous n’étions pas les seuls à en avoir eu l’idée. Il nous faudra près de 2h pour nous entamer le trajet et partir loin de Tokyo et de son agitation.

Après plusieurs correspondances finalement plutôt faciles, nous arrivons dans la petite gare de Oji où une courte rangée de taxis attend. Plus qu’une vingtaine minutes de trajet et nous arrivons enfin à Gyokuzoin.

Le sanctuaire, immense, offre aux voyageurs l’opportunité de séjourner entre ses murs, pour une nuit au plus. Arrivés vers 16h, un moine nous accueille et nous explique les grandes lignes de notre court séjour. Une fois débarrassés de nos bagages, nous partons donc à la découverte du sanctuaire, quasi déserté par les visiteurs à cette heure.

Nous avions vraiment négligé le temps qu’il nous faudrait pour le parcourir entièrement tant le lieu est immense. Très vite, on regrette de ne pas être partis plus tôt de Tokyo pour profiter davantage de l’atmosphère, sereine et apaisante. On se faufile entre les temples, grimpant des volées de marches, battant la pierre grise. On passe devant des statues de bouddhas par dizaines, de la plus petite à la plus majestueuse. On serpente le long de pagodes colorées et, surtout, on prend des dizaines de clichés.

Un premier sentier s’élève bientôt dans les hauteurs pour terminer sous des dizaines de torii. Au sommet, un petit temple offre une vue panoramique sur la forêt. Les premières lanternes s’éclairent à mesure que le soleil décline, soulignant qu’il est temps de rentrer au logement.

Les chaussures sont abandonnées à l’entrée, les kimonos enfilés et le repas servi dans la tradition, sur des plateaux de différentes hauteurs posés au sol, accompagné de thé chaud. Comme les moines, j’opte pour un repas végétarien dont il n’est pas facile d’identifier toutes les saveurs tant certains mets diffèrent de nos habitudes. Nous sommes finalement nombreux à résider au sanctuaire pour la nuit et pourtant, le calme est étonnant dans cette grande salle.

Avant de rejoindre nos futons pour une courte nuit de sommeil, on s’aventure de nouveau dans les allées pour admirer le sanctuaire de nuit, parsemé de milliers de lanternes éclairées. Nous sommes tous seuls, la plupart des visiteurs ayant opté pour les bains chauds ou pour un moment de repos. L’ambiance du sanctuaire change du tout au tout sous ces lumières, donnant l’impression d’évoluer au cœur d’un Miyazaki.

17 avril 2023

Nous sommes levés avant même le soleil ce matin là. Il est à peine 5h lorsque nous pénétrons dans un petit temple, emmitouflés dans des vêtements chauds, les yeux encore rougis. Chacun s’installe sur le sol autour du foyer et la cérémonie du feu commence bientôt sous fond d’un mantra rythmé de percussions.

Au son du tambour et d’une voix puissante, le rituel du Goma se déroule dans une ambiance mystique. Les premiers gestes ancestraux visent d’abord à nous libérer de mauvaises pensées. Alors que le feu s’élève au cœur de l’hôtel, le prêtre dépose peu à peu des morceaux de bois autour du brasier. Chacun correspond à une prière, rédigée par les visiteurs, et leur consumation amène, selon la croyance, à leur réalisation.

Le mantra s’achève lentement, les derniers coups résonnent sur la toile du tambour et le feu s’éteint doucement. Le prêtre nous invite alors à nous imprégner de la fumée résiduelle en guide de purification et de sagesse. On s’exécute sans un mot avant de quitter le temple, marqués par cette expérience loin des sentiers battus.

Après avoir assisté à la cérémonie du feu, nous poursuivons avec la prière du matin. Dans un décor bien plus luxueux et impressionnant, une poignée de moines bouddhistes s’installent au pied de petites tables de beau face aux effigies de Bishamon. Là aussi, toute la cérémonie est rythmé de mantra, cette fois récités en cœur. De curieuses percussions nous font sursauter la première fois, quand les prêtres, après les avoir fait défiler devant eux en chantant, frappent violemment leur livret de prière sur le bois. Seuls les visiteurs ayant « acheté » une prière sont autorisés à assister à cette cérémonie. Le grand-prêtre récite d’ailleurs leurs noms au cours de la célébration.

Avant de quitter les lieux, on nous propose de descendre au sous sol, dans le noir, pour faire le tour des fondations où se cachent quelques reliques sacrées. On ressort de là sous les lumières timides du petit matin, ayant vraiment l’impression d’avoir vécu des instants hors du temps.

La modernité nous rattrape pourtant bien vite. Alors que nous attendions le taxi pour repartir, un homme en costume tout essoufflé déboule d’un escalier et nous interpelle. Il est bientôt suivi d’un caméraman aux joues rougies par l’effort, ayant probablement traversé tout le sanctuaire au pas de course. Osaka TV, en visite sur le site, nous interroge alors sur notre expérience au sein de Gyokuzoin ! De quoi rajouter un peu d’insolite à notre journée déjà mouvementée.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La cérémonie du feu aux premières heures du jour

Coté pratique

Les activités

Prière du matin : 5000Y par groupe
Participation à la cérémonie du feu : compter 500 à 1000Y pour les morceaux de bois sur lesquels sont inscrites les prières.

Le logement

Gyokuzoin, 2280 Shigisan, Heguri, Ikoma District, Nara 636-0923
Le temple possède un bâtiment dédié à l’accueil des visiteurs, pour une nuit ou plus. Les locaux sont propres et les chambres assez grandes avec un petit balcon. On y trouve un petit coffre et une bouilloire pour se réchauffer après un tour dans les montagnes. Comme souvent dans les établissements traditionnels, les douches sont communes (les hommes d’un côté, les femmes de l’autre) et associées à des bains chauds.

Les repas

Il n’y a aucune option pour les repas à proximité du temple. Aussi, il est généralement proposé de prendre le petit-déjeuner et le diner sur place. Les repas sont copieux, de qualité et traditionnels. Une option végétarienne est disponible.

Autour de Shibuya

15 avril 2023

On ouvre les yeux ce matin-là sous une pluie battante des plus décourageantes. Pourtant, il est difficile d’esquiver notre journée. Notre voyage est aujourd’hui l’occasion de retrouvailles familiales avec des proches expatriés et 4 générations nous attendent pour une journée de visite. On les retrouve à la gare, déjà bien mouillés, au milieu de nuées de parapluies dévalant les rues.

Ici, personne n’arbore de manteau de pluie ou, comme nous, de jolis k-ways Décathlon plus ou moins bariolés. Homme ou femme sont habillés le plus souvent avec soin, biens à l’abri sous d’imposants parapluies, presque tous transparents. Pour l’élégance à la française on repassera !

Une fois réchauffés par un lait chaud à la fleur de cerisier (ça existe !) et malgré l’heure relativement matinale, on tente une traversée de Takeshita Dori, temple du Kawaii et de la mode excentrique. Alors qu’on en avait entendu beaucoup de bien et que l’on s’attendait à ne plus savoir où donner de la tête, nous avons finalement été assez déçus par l’endroit qui manquait vraiment d’animation. Difficile de savoir si c’est parce que nous sommes arrivés tout juste à l’ouverture des boutiques ou parce que la météo n’était pas vraiment favorable mais nous avons vraiment l’impression d’être passés à côté.

On se dirige finalement assez rapidement vers les jardins et le sanctuaire Meiji Jingu, toujours largement arrosés. Moins ostentatoire que ceux visités la veille, le lieu est plus paisible. Seuls une série de barils de saké de toutes les provinces de l’empire orne la grande allée centrale, bordée d’arbres centenaires.

Le temple, constitué de plusieurs bâtiments construits autour d’une large place, semble n’être fait que de bois sombre et sobre. Deux grands arbres doivent, quand il fait beau, apporter une ombre appréciable sur les larges pavés gris. Le plus imposant d’entre eux est cerclé de supports débordant de prières. Alors qu’on rédigeait notre propre vœu à l’arrière de ces petits morceaux de bois colorés, nous avons rencontré tout un cortège de mariage en tenue traditionnelle, évoluant à l’abri des coursives dans des tenues soignées. Une jolie surprise !

Après une pause déjeuner (ou pause séchage), on se dirige à pied vers le célèbre quartier de Shibuya et son impressionnant passage piéton ou les bandes blanches traversent carrément le carrefour en diagonale. On est maintenant tellement humides que mon appareil photo fait des siennes, s’allumant uniquement selon son bon vouloir. Malgré la pluie, la foule est dense et il n’est pas facile de se faufiler entre les parapluies. On tente de grimper dans un immeuble voisin pour observer le passage et la foule en contre bas mais, sans réservation, nous nous retrouvons finalement dans un building un peu déporté où l’on s’installe un bon moment pour discuter. En retournant vers l’hôtel, on espère vraiment revoir le soleil le lendemain !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les élégants mariés de Meiji Jingu

Coté pratique

Les activités

Sanctuaire Meiji Jingu
Ouvert tous les jours du lever du soleil à 16h30.
Entrée gratuite
Sanctuaire particulièrement prisé pour les mariages, surtout le dimanche

Ticket de métro 24h : 600Y par personne

Le logement

Hotel Hillarys Akasaka, 107-0052 Préfecture de Tokyo, 3-12-5 Akasaka, Minato-ku, TokyoUn Hôtel idéalement placé et propre mais aux chambres, comme souvent dans ces grandes villes, plutôt petites. Le logement met à disposition des pyjamas et propose un accès à des bains traditionnels.

Les repas

Nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés et les petits stands en ville. Le choix n’y manque pas et cela nous permet de tester beaucoup de spécialités.

Temples et néons

14 avril 2023

Après une courte visite à la boutique Ghibli et un rapide câlin à Totoro, on quitte la Skytree pour rejoindre le temple Senso-ji. Si le centre commercial au pied de la tour est plutôt sympathique, la balade qui file jusqu’au sanctuaire est relativement sans intérêt. On note juste au passage de la rivière cet étrange bâtiment, pour le moins insolite, siège d’une célèbre marque de bière…

De l’autre côté du pont, on découvre rapidement une allée marchande grouillant de monde et dont l’entrée est marquée par une énorme porte rouge : la Nakamise-dori. Sur quelques centaines de mètres à peine, des dizaines de stands de nourriture fumants jouent des coudes avec des boutiques de souvenirs débordants de breloques en tout genre : maneki neko, lanternes, masques et baguettes s’entassent ici sous toutes leurs formes. Fatalement, on trouve dans cette ruelle plus de touristes que n’importe où en ville. On croise aussi nos premiers kimonos, l’artère étant bordée de boutiques de location à la journée. Malgré le manque d’authenticité dans tout ça, on se plait à capter quelques images colorées.

Vient alors l’arrivée aux pagodes et aux bâtiments même composant le temple. Entièrement détruit durant la seconde guerre mondiale, il a été complètement reconstruit pour coller à sa forme d’antan. On franchit une nouvelle porte, passant sous une gigantesque lanterne (il parait qu’elle pèse plus de 700 kg !) au fond sculpté en forme de dragon. Sur les abords, de petits stands enfumés par l’encens proposent diverses forment de prières et de prédictions pour l’avenir.

On peut y acheter des omamori, des amulettes aux pouvoirs diverses qui protègent de la malchance ou de la maladie, ainsi que des omikuji, prédictions inscrites sur des bandelettes de papier. Lorsque la prédiction est de mauvaise augure, elle est attachée sur un filin proche des échoppes. Quant aux imposants bruleurs d’encens, les jokoro, ils permettent aux visiteurs de s’imprégner de la fumée, tant pour la clarté de l’esprit que pour la guérison des parties endolories du corps.

On observe les différents rituels avec intérêt, entre offrandes aux esprits et espoirs de bonne fortune. L’atmosphère est ici, malgré la foule, plutôt spirituelle et le temple vaut finalement le détour.

Sur les abords du temple, un petit parc ramène un peu de verdure au milieu ces teintes grises et rouges. Quelques lieux de prières y sont dispersés, accueillant des hommages plus discrets, pendant que de nombreuses jeunes femmes déambulent en kimono dans ce décor de carte postale. En le traversant, on déboule dans une galerie marchande couverte, nettement plus calme et moins fréquentée, qu’on parcourt avec plaisir après ce bain de foule. On y trouve d’ailleurs de quoi se réconforter : des melon pan tout chauds, à la croute sucrée craquante et au cœur de glace vanille…

A force de traverser les ruelles de la ville, nous arrivons au parc d’Ueno, lui aussi réputé pour ses différents lieux de culte. Les plus connu est sans doute le Sanctuaire Tosho-gu, dissimulé au fond d’une allée bordée de grands arbres et de lanternes de pierre. Sa porte d’or est, il faut bien le reconnaitre, plutôt impressionnante avec ses sculptures féroces. Nos pas nous mènent ensuite au bord de l’étang Shinobazu, abritant lui aussi un sanctuaire à la façade couverte de lanternes blanches.

Nos visites spirituelles terminées, on se dirige vers un secteur plus coloré (et éclairé !) de la ville : Akihabara. Un vent de modernité souffle sur les premières centaines de mètres abritant autant d’échoppes de vêtements aux vitrines flashy que de fastfoods bariolés. Puis, en arrivant dans le quartier en lui-même, les façades se peignent d’enseignes lumineuses indiquant la présence d’arcades sur plusieurs étages, de mangas, de boutiques de retro gaming ou de fabrications de robots.

Ici, des dizaines de machines à grappins colonisent des bâtiments entiers, des cartes Pokémon s’exposent par milliers, des étagères croulent sous le nombre de mangas ou de jouets de collections. Au milieu de tout ce fouillis, des immeubles entiers accueillent des bars plus ou moins sélect, bars à chats ou maid cafés. Pas de doute, on a vraiment changé d’univers !

Le coup de cœur de Ptit Jo

La chasse aux pokémons rares dans le quartier d’Akihabara

Coté pratique

Les activités

Temple de Senso-Ji et porte du Kaminari Mon
Ouvert tous les jours de 6h à 17h.
Entrée gratuite

Sanctuaire Tosho-gu
Ouvert tous les jours de 9h à 17h.
Entrée 200Y

Ticket de métro 24h : 600Y par personne

Le logement

Hotel Hillarys Akasaka, 107-0052 Préfecture de Tokyo, 3-12-5 Akasaka, Minato-ku, TokyoUn Hôtel idéalement placé et propre mais aux chambres, comme souvent dans ces grandes villes, plutôt petites. Le logement met à disposition des pyjamas et propose un accès à des bains traditionnels.

Les repas

Nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés et les petits stands en ville. Le choix n’y manque pas et cela nous permet de tester beaucoup de spécialités.

Le centre de Tokyo

13 avril 2023

Après avoir pris la route, déposé les bagages à l’hôtel, rendu la voiture et pris le train depuis l’aéroport de Narita, nous faisons enfin nos premiers pas dans Tokyo. Un peu au hasard, nous avons choisi la gare centrale de Tokyo pour débuter notre visite. Son architecture est particulière : toute en brique et plutôt longue, la gare trône au milieu de buildings aux façades de verre qui filent vers le ciel.

Après une courte balade, on se laisse tenter par la visite du premier Pokémon Center de ce séjour. Enfants de la génération Pokémon, on découvre les lieux avec de grands yeux face aux murs de peluches, aux milliers de goodies et aux sachets de cartes brillants. Les lieux sont impressionnants, décorés et emprunts d’une excitation digne de l’entrée à Disneyland. En bons pigeons, on visitera d’ailleurs tous les centres qui croiseront notre chemin jusqu’à notre retour en France, découvrant chaque fois de nouveaux détails ou gadgets que l’on n’avait pas vu précédemment.

Avant de rentrer, on s’offre un détour vers la tour de Tokyo, sorte de Tour Eiffel bariolée au cœur d’une forêt de buildings. On choisit d’y grimper de nuit pour profiter des lumières de la ville vues d’en haut. Passés les milliers de poissons colorés suspendus entre les pieds de la structure et arrivés au premier niveau, un jeu de projections de lumières sur les parois vitrées rappelle la fin de la saison des cerisiers.

14 avril 2023

Cette fois, nous disposons d’une véritable journée pour découvrir la ville et pas simplement de quelques heures. On se dirige pour commencer dans l’un des coins les plus excentrés de Tokyo afin de visiter le TeamLab, un musée d’art numérique. Rien que l’arrivée est déconcertante. Une petite vidéo passe, nous expliquant que chaussures et chaussettes doivent être laissées au vestiaire et les pantalons remontés jusqu’aux genoux. On s’exécute avec curiosité et l’exploration commence…

Dans un couloir presque dépourvu de lumière, on remonte d’abord un petit ruisseau agité, sorte de pédiluve naturel (mais qui sent bien le chlore) destiné à garantir l’hygiène des lieux. On reconnait bien là le Japon ! La première salle que l’on traverse est, elle aussi, quasiment noire, à peine éclairée par quelques spots sur le plafonds. Le sol est recouvert d’immenses pans de tissus qui semblent recouvrir des coussins géants. On marche là-dedans en s’enfonçant parfois jusqu’aux genoux, les gamins se jettent sur le sol ou font des galipettes avec bonheur. Il ne faut donc pas plus de 5 minutes pour réaliser que ce musée n’a rien de traditionnel.

Un autre couloir, toujours aussi sombre, nous mène, lui, à une salle baignée de lumière. Des milliers de bandes LED tombant du plafond emplissent la salle dont les murs, sol et plafond sont entièrement recouverts de miroirs. On avance là-dedans comme dans un rideau de pluie, entourés d’un nombre improbables de gouttes de lumières aux couleurs et à l’intensité changeante. Un vrai moment de magie.

L’expérience continue de salles en salles, toujours plus intrigantes. Nous traversons ainsi un bassin immense, rempli d’eau chaude qui nous monte jusqu’aux genoux, sur laquelle sont projetés jeux de lumière et carpes koï irréelles puis, plus loin, une salle remplie d’immenses ballons aux couleurs changeant avec la lumière. Tout ici est jeu d’ombre et lumière, de miroirs et de projections oniriques. D’autres salles présentent encore des projections étonnantes au plafond, les laissant se refléter sur le sol pour perturber nos sens.

Finalement, sur la fin de l’exposition, on retrouve la lumière du jour dans un champ de mousse modernisé puis dans une fabuleuse pièce miroir où pendent des milliers d’orchidées de formes et de couleurs variées. On sort de là déboussolés mais absolument ravis de l’expérience, prêts à la recommencer !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Notre formidable visite du Team Lab !

Coté pratique

Les activités

Musée de l’art digital – Team Lab
Ouvert tous les jours de 9h à 22h. La dernière entrée se fait 1h avant les heures de fermeture.
Tarif adulte : 3800Y
Réservation indispensable
Lien utile : https://www.teamlab.art/fr/e/planets/

Tokyo Tower
Il existe deux possibilités de visite :
– Celle de l’observatoire principal (150m) : Tokyo Tower Main Deck (1200Y), ouvert de 9h à 23h
– Celle de l’observatoire principal et secondaire (150m/250m) : Tokyo Tower Top Deck Tour (3000Y) ouvert de 9h à 22h45
La dernière entrée se fait 30 minutes avant les heures de fermeture.

Péage pour le trajet retour Matsumoto- Tokyo : 9480Y

Trajet Aéroport Narita – Centre de Tokyo : 1350Y par personne

Ticket de métro 24h : 600Y par personne

Le logement

Hotel Hillarys Akasaka, 107-0052 Préfecture de Tokyo, 3-12-5 Akasaka, Minato-ku, TokyoUn Hôtel idéalement placé et propre mais aux chambres, comme souvent dans ces grandes villes, plutôt petites. Le logement met à disposition des pyjamas et propose un accès à des bains traditionnels.

Les repas

Nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés et les petits stands en ville. Le choix n’y manque pas et cela nous permet de tester beaucoup de spécialités.

Vers Matsumoto

12 avril 2023

Nous quittons Takayama pour rejoindre Matsumoto, dernière étape de notre périple en voiture avant de rejoindre les circuits plus traditionnels.

Le temps est plus que mitigé ce matin-là et, sur le chemin, on traverse de larges forêts froides et embrumées. A mesure que l’on avance, on s’enfonce dans la montagne. La route devient plus sinueuse, le décor change et on aperçoit quelques tas de neige entre les arbres.

Ce paysage me fait penser aux fameux bassins du Jigokudani Yaen Koen que l’on voit souvent dans les reportages animaliers. Les macaques japonais (ou singes des neiges), souvent insaisissables en dehors, s’y regroupent l’hiver pour profiter de la chaleur. Nous n’avions pas retenu cette étape, d’une part pour éviter un détour, d’autre part pour ne pas nous retrouver au milieu d’attroupements de touristes plus ou moins respectueux de la vie animale. Alors que je songeais à ces images, le nez collé contre la vitre froide, un singe décida de traverser la route en trombe. Comme par magie, un tout petit parking apparaissait au virage suivant pour nous offrir une chance de ramener de jolies images. Sans plus réfléchir, on s’y arrête, téléobjectif à la main et sens aux aguets.

Ils sont là, tout autour de nous dans les bois. On les entend d’abord puis on les croise, remontant la route ou grimpant dans les arbres. Un peu en contrebas, une femelle en plein repas est presque dissimulée par la végétation. Son étonnant visage rouge se repère heureusement relativement bien et elle se prête gentiment à une séance photo. Ce n’est que lorsqu’elle s’en ira qu’on remarquera un petit accroché à son ventre, bien au chaud dans une épaisse fourrure. On retourne nous aussi nous mettre au chaud, enchantés de cette jolie rencontre.

Sous une pluie désormais battante, on arrive finalement à la ferme Daio : l’une des plus grandes fermes de wasabi du pays. Si nous avions tous en tête l’étrange pâte verte et piquante, nous n’avions aucune idée de l’origine du produit et étions curieux d’en savoir davantage. La culture est finalement surprenante, installée quasiment dans un cours d’eau, traçant de larges sillons d’un vert vif. Sous les épaisses feuilles garnies de petites fleurs blanches se dissimule une racine de 10 à 15 cm. C’est elle qui, une fois récoltée, est utilisée dans différentes préparations. La ferme propose d’ailleurs d’en gouter certaines : saucisses, croquettes, burgers… et même de la glace ! Bien qu’il s’agisse d’une plante vivace, sa culture n’est pas aisée et les racines ne peuvent être récoltée qu’au bout de 2 ou 3 ans.

Passée la boutique et les tests culinaires, une balade d’une heure permet de déambuler dans les champs de wasabi. On trouve également, au milieu de cette ferme, quelques arbres fruitiers, des moulins, un sanctuaire ainsi qu’un petit temple…. Et, finalement, la pluie va bien à ce décor !

Le soleil revient pour notre arrivée à Matsumoto. Le long de la rivière, on remonte à pied vers son célèbre château par ruelle Nawate, surnommée la rue des grenouilles. Chose rare, malgré ses commerces (qui là encore ferment tôt), elle est entièrement piétonne. On y achète quelques éléments de vaisselle traditionnelle avant de poursuivre notre route vers la rue principale. Des boutiques de souvenirs plus classiques y fleurissent, proposant des temari, étranges boules de tissus aux prix tout aussi étonnants. Le temari, réalisé en fils de soie colorés, fait en réalité écho au passé de la ville, installé sur la route de la soie reliant Takayama à Suwa.  Véritable symbole de la ville, on en trouve un peu partout… même sur les plaques d’égouts !

Malgré nos petits arrêts, on parvient rapidement à l’imposante bâtisse installée sur d’épaisses murailles et entourée de douves. La visite n’est pas indispensable mais permet tout de même de découvrir l’intérieur du bâtiment, tout en bois et aux escaliers raides. Sa particularité, outre sa couleur, est qu’il s’agit de l’édifice d’origine et qu’il n’a jamais été reconstruit depuis sa création. En chaussettes, on évolue donc d’étages en étages, le long d’une exposition qui retrace le passé militaire des lieux. Le dernier étage offre, par de toutes petites ouvertures, un panorama intéressant sur la ville et sur les détails du toit.

Alors que l’on quittait le château, d’épais nuages amenés par le vent ont transformé l’atmosphère en un temps orageux. Sous ces lumières, le château porte particulièrement bien son surnom de « corbeau noir »… N’est-ce pas le meilleur moment pour prendre des photos ?

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les lumières d’un temps d’orage au dessus du corbeau noir…

Coté pratique

Les activités

Château de Matsumoto, 4-1 Marunouchi, Matsumoto, Nagano 390-0873
Ouvert tous les jours de 8h30 à 17h
Tarif adulte : 700Y
Lien utile : https://www.kanpai.fr/matsumoto#travel-guides-container

Ferme Daio Wasabi, 3640 Hotaka, Azumino, Nagano 399-8303, Japon
Ouvert tous les jours de 9h à 17h20
Lien utile : https://www.daiowasabi.co.jp/en/

Péage pour la journée : 1150Y

Le logement

松本はなれ (The Riverside Hideout guesthouse), 5 Chome-3-20 Ote, Matsumoto, Nagano 390-0874
Ce petit logement traditionnel est très agréable et plutôt bien placé dans Matsumoto. Le patron est très gentil et met à disposition une cuisine équipée.

Les repas

Pour cette première journée, nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés. Le choix n’y manque pas et cela nous a permis de tester différentes spécialités !

Shirakawa-gō

11 avril 2023

Nous filons ce matin vers un village inscrit au patrimoine de l’UNESCO : Shirakawa go. Avant de le visiter réellement, on opte pour un point de vue en hauteur visiblement bien connu des tour-opérateurs locaux. Depuis le point d’observation de Shiroyama et la terrasse du magasin de souvenirs, il est possible d’admirer un large panorama sur la vallée, la rivière bleutée et les sommets enneigées en toile de fond. Sur les abords, les cerisiers arborent leurs dernières fleurs avant la fin de la saison. Si la vue est charmante, la lumière de cette journée est malheureusement assez particulière et le paysage semble être enveloppé d’une sorte de brume de chaleur.

Célèbre pour ces maisons traditionnelles aux toits de chaume pentus, le village en abrite une soixantaine, la plupart étant aujourd’hui reconverties en restaurants ou logements pour les visiteurs. L’inclinaison particulière du toit a été conçue pour être capable de supporter les fortes chutes de neige hivernales. Cette particularité a donné à ces habitations le surnom de « gassho », diminutif de gassho-zukuri qui signifie littéralement « comme des mains qui prient ». Construite en bois et sans clou, elles sont étonnamment résistantes et, en plus de deux siècles, n’ont jamais été détruites malgré les tremblements de terre et les hivers rudes.

Depuis le parking principal, au pied des bâtisses, il est très facile de découvrir le village à pied. On y déambule au hasard des allées, observant ces maisons étranges entourées de rizières et de jardins.

La balade terminée, on se dirige vers la ville de Takayama, bien plus ancrée dans l’ère moderne. Et pourtant, son centre-ville ancien, bien qu’assez réduit, est plein de charme. Tout en bois sombre, il est parfois surprenant tant les entrées paraissent petites alors que les intérieurs surprennent par l’espace et la hauteur de plafond. En s’enfonçant dans certaines boutiques, on trouve d’ailleurs de petits jardins invisibles de l’extérieur. Ce centre-ville, préservé, est aussi très fragile. La zone est d’ailleurs totalement non-fumeur pour limiter les risques d’incendie.

On profite de cette promenade pour ramener nos premiers souvenirs au fil des boutiques. L’une de nos préférées est sans doute le marchand de baguettes aux murs recouverts de milliers de modèles en tout genre, de la camelote au bois précieux, du design le plus épuré aux décors les plus bariolés. Au centre de la boutique, des dizaines de repose-baguettes colorés sont exposés de sorte à ce qu’il soit presque impossible de ne pas trouver son bonheur.

Un peu plus loin, plusieurs brasseries de saké se font face, reconnaissables aux sakebayashi – de grosses boules de branches de cèdre compactées pendues au-dessus des portes. On en teste une qui propose, pour l’achat de quelques jetons, de gouter plusieurs échantillons de leurs meilleures ventes et de repartir avec un petit verre.

Vers 17h, on se fait à nouveau surprendre par la brusque fermeture des magasins. A 18h, même les restaurants s’y mettent… les rares restants ouverts ne fonctionnent que sur réservation et l’on se retrouve, après de vaines recherches, au supermarché du coin pour trouver un diner. Sur notre chemin, on prend encore quelques photos du décor avant de rejoindre l’hôtel.

Il est rare que je détaille nos logements mais celui-ci aura été sans aucun doute l’un de nos favoris ! Nos chambres impeccables étaient équipées de douche mais des bains étaient, en complément, mis à disposition. Histoire de tenter l’expérience japonaise jusqu’au bout, on se lance donc !

Nous voilà descendus, hommes d’un côté et femmes de l’autre, au niveau des bains d’une propreté parfaite. Un large vestiaire permet de laisser toutes ses affaires mais aussi de disposer, pour le retour, de plusieurs coiffeuses avec sèche-cheveux, savon, crème pour les mains et crème pour le visage. On trouve aussi des pyjamas tout doux mis à disposition des clients. Tradition oblige, on commence par se doucher sur les petits tabourets alignés face au mur avant de se glisser dans l’eau chaude des bains. Par chance, ma première visite se sera faite en solitaire et aura donc été particulièrement appréciée ! A la sortie, des glaces à l’eau étaient disponibles pour se remettre de cette bulle de chaleur… En bref, une expérience parfaite !

Installés le soir dans le hall pour prendre notre repas, on croisera d’ailleurs un grand nombre de visiteurs en pyjama, les jours encore roses de la chaleur des bains…

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le cœur de Takayama, tout en bois

Coté pratique

Les activités

Shirakawa-gō
1000Y pour le parking
Lien utile : https://www.kanpai.fr/fujiyoshida/pagode-chureito-arakurayama-sengen

Péage de Magome à Takayama en passant par Skirakawago : 6490Y

Le logement

Hotel Wood Takayama, 506-0845 Gifu, Takayama, Kamininomachi 80-2L’un des meilleurs logements que nous ayons eu. D’une propreté impeccable, idéalement situé, il propose plein de petites attentions pour un séjour cocooning.

Les repas

Nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés. Le choix n’y manque pas et cela nous a permis de partager quelques expériences culinaires !

De Magone à Tsumago

10 avril 2023

Après avoir testé melon pan (qui n’a absolument pas le goût de melon) et gâteau au thé matcha pour le petit déjeuner, nous filons en direction de Magome. Situé au cœur de la vallée de Kiso, entouré de montagnes, ce village traditionnel est construit directement de part et d’autre de l’historique Nakasendo.

Cette ancienne route traversait les Alpes Japonaises pour relier les villes de Kyoto et Tokyo à l’époque Edo. Dessinée sur plus de 500 kilomètres, elle permettait de commercer mais offrait aussi, par le biais de l’identification de dizaines de villes-étapes, de multiples possibilités pour les voyageurs de se restaurer et de se reposer. Seule une petite partie de cette route ancienne a été préservée, la plus belle étant l’objet de notre visite du jour !

Dès les premiers pas sur les pavés gris de Magome, on est charmés par l’architecture typique, les boutiques d’artisanat et les stands de street food fumants. Dans cet univers de bois et de minéral, une large place est faite à la végétation, accentuant encore le charme du village. Le hameau est plein de vie : les randonneurs se promènent paisiblement au soleil, les commerçants sont chaleureux et souriants. Pourtant, là encore tout est calme. Seul le petit ruisseau d’eau fraiche canalisé qui court tout du long s’agite, activant au passage quelques moulins.

Juste à côté de notre hôtel, un petit stand d’oyaki, délicieux petits pains cuits à la vapeur et fourrés de viande ou de légumes juteux, nous accueille à bras ouverts. On s’y arrête avec joie avant d’entamer la balade de 8km vers Tsumago, savourant autant nos petits pains que cette ambiance pleine de sérénité.

Le sentier en lui même, à la sortie du village, est parfaitement balisé et se fait sans difficulté. Le premier tiers de la randonnée grimpe un peu, traversant forets et hameaux peu fréquentés. Quelques panneaux indiquent la présence d’ours dans ces lieux mais nous n’en auront pas vu la moindre trace.

Les deux derniers tiers descendent, eux, tranquillement jusqu’à Tsumago. A mi-chemin, on découvre une maison de thé ancestrale au cœur sombre et enfumé, entourée d’arbres en fleurs. Malgré les quelques randonneurs installés là, seul le bruit de l’eau remplissant une fontaine trouble la paix des lieux.

On poursuit alors dans vers une partie plus boisée et ombragée dans laquelle se nichent quelques petits sanctuaires. Des sculptures de pierre grise, aux traits effacés et perdues dans la mousse, ont été posées là, par petits groupes, le long de la route à l’abri des arbres.

Au moment d’arriver sur la route goudronnée, un court détour permet de prendre une bouffée de fraicheur entre deux cascades. Si elles ne sont pas spécialement intéressantes, elles permettent de récupérer un sentier plus agréable que la route.

Tsumago apparait finalement au bout de la route. Plus petit, plus plat aussi, que Magome, le village semble également plus sombre et plus ancien. Les maisons sont d’un bois presque noir aux portes basses et l’ombre des montagnes a envahi le décor. On le traverse dans le calme, ne trouvant que quelques maisons témoins d’une autre époque et échoppes d’artisanat. Au bout de la route, la gare routière nous permet de revenir rapidement sur nos pas par un système de navette bien rodé.

Le trajet en bus achevé, on retrouve la jolie Magome à l’heure où tout s’agite. La plupart des randonneurs sont rentrés et déambulent dans la rue principale. Il ne faut pas trainer si l’on souhaite acheter un souvenir ou un repas car la plupart des magasins ferment dès 16h30. A 17h, tout est clos. On attend un peu pour ressortir sous les lumières de fin de journée, lorsque la village est encore plus beau sous des nuances dorées. Pour ma part, cette journée aura été ma préférée du séjour. Ce décor n’est-il pas magique ?

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’arrivée au village de Magome, magique !

Coté pratique

Les activités

Randonnée de Magome à Tsumago (8km)
La Nakasendo peut se faire à pied sur toute sa longueur mais le tronçon de Magome à Tsumago est le plus réputé pour la beauté de son décor. Il est également possible de pousser jusqu’au village suivant (Tsumago – Nagiso, 3.6km) en veillant bien aux horaires de retour des navettes. Les deux sens sont possibles mais la montée est plus longue si l’on part de Tsumago.
Navette entre Magome et Tsumago : 4 AR / jour entre 10h30 et 17h (600¥)
Lien utile : https://kowala.fr/magome-a-tsumago-infos-pratiques-parcourir-nakasendo/#BusRetour

Péage de Matsumoto à Magome : 3860Y

Le logement

Magome Chaya, 508-0502 Gifu, Nakatsugawa, Magome 4296 , Japon, Nakatsugawa
Nous avions choisi un logement en plein cœur de Magome pour profiter un maximum du village. Il dispose d’une petite place de parking à l’arrière, rarement utilisée et parfaite pour nous. Les chambres sont dans un style traditionnel avec futons et les douches communes comme souvent en dehors des grandes villes. L’établissement n’a, en soi, rien de marquant mais il propose des repas et est très bien placé.

Les repas

L’hôtel choisi proposait une option pour le diner et une pour le petit déjeuner.

Le diner était excessivement copieux et dans un style traditionnel présentant à la fois soupe, légume frits, viande crue, poisson, sobas… pour autant, et surtout compte tenu du prix, nous ne l’avons pas trouvé inoubliable. Le petit déjeuner en revanche est vraiment à conseiller. Nous avons eu du thé, du riz, de l’omelette, du poisson, des algues nori… tout était très bon.

Si on s’y prend suffisamment tôt, il est possible d’acheter beaucoup de choses dans le village et de diner avec ses emplettes une fois les magasins fermés. Nous avons par exemple adoré les petits oyaki, tout de suite à gauche en sortant de l’hôtel.

Autour du Mont Fuji

9 avril 2023

Nous voici en route pour une nouvelle découverte asiatique attendue depuis longtemps : le Japon. Repoussé tous les 6 mois depuis près de 3 ans, ce voyage au pays du soleil levant aura largement été contrarié par le Covid.

Alors, installés dans l’aéroport en attendant de partir, on se demande encore si, cette fois, c’est la bonne. 18 heures plus tard et une interminable escale dans un aéroport désert plus tard, nous ouvrons les yeux sur Tokyo.

Nous avons choisi une première approche différente du trajet classique pour les premiers jours de notre voyage et celle-ci commence par la location d’une voiture. On récupère donc une de ces Toyota toutes carrées qu’on ne trouve qu’en Asie et on file sous la pluie à travers la mégalopole. Il ne nous reste que 45 minutes de route quand une éclaircie se manifeste enfin et laisse apparaitre des montagnes verdoyantes couvertes de forêts variées, ponctuées de touches de rose en cette période de floraison des arbres fruitiers. Le décor est vraiment chouette le long de l’autoroute qui longe la rivière, offrant un joli panorama sur les montagnes aux sommets encore couverts de nuages.

Par chance, le ciel se dégage à mesure que le soleil décline et que nous approchons du Mont Fuji. Sur les bords du lac, les cerisiers sont encore en fleurs et offrent une paisible promenade. On s’y arrête un moment, enfin en vacances, avant de rejoindre notre logement pour la nuit.

Quel réconfort quand on arrive sur les lieux ! Notre petite maison à l’intérieur tout en bois fait penser à un chalet. De larges fenêtres donnent une superbe vue sur le volcan qui disparait peu à peu dans l’obscurité. On s’installe par terre, en tailleur autour d’une immense table de bois, un ramen de supermarché fumant sur les genoux. Une tisane plus tard, on s’écroule sur nos premiers futons, prêts à débuter cette nouvelle aventure.

9 avril 2023

Il est un peu plus de 5h quand on ouvre les yeux sur un Mont Fuji dégagé de tout nuage. La neige est à peine rosie par les derniers rayons du soleil levant : la journée promet d’être belle.

On frappe à la porte pour nous apporter le petit déjeuner, une marmite de bouillon de légumes, des œufs et un épais pain de mie. De quoi démarrer la journée en douceur dans une atmosphère de paix et de calme. Devant nous, le volcan se dessine désormais clairement sur un large ciel bleu.

Avant de débuter notre programme, on tente un arrêt au lac Kawaguchi. Davantage pensé pour les piétons que pour les voitures, il est difficile de s’y arrêter. On y prend tout de même quelques photos au bord de l’eau avant de repartir au plus vite, de crainte d’avoir des soucis avec notre parking improvisé.

Le sanctuaire Arakurayama Sengen au sommet duquel trône la pagode de Chureito est sans doute l’un des plus photogénique du Japon. Pourtant, à notre arrivée, on rencontre un tourisme essentiellement local… et matinal. Pourtant arrivés relativement tôt, nous parcourons des lieux grouillant de visiteurs répartis un peu partout sur la colline. Pour la visite, deux options principales s’offrent à nous. D’abord un escalier, pris d’assaut, où les visiteurs font littéralement la queue pendant des heures pour prendre « la photo » que l’on voit partout dans les livres de voyages ou sur les réseaux sociaux. Il faut dire que la pagode rouge qui se dessine sur le Mont Fuji et les cerisiers en fleurs a de quoi séduire… n’ayant ni le courage, ni l’envie de passer notre journée à attendre, on grimpe plutôt par une sorte de large chemin goudronné qui monte en épingle.

Un premier sanctuaire en bois se trouve le long de cette route et de nombreux visiteurs patientent en file pour faire une brève prière. On découvre les premiers rites, les premières plaques en bois ainsi que le calme et l’ordre typiquement Japonais.

Un peu plus haut, la pagode, rouge vif, est assaillie de touristes. Il faut cependant reconnaitre que les points de vue et paysages sont vraiment plaisants. En jouant un peu des coudes, on parvient à prendre quelques photos et à entendre, perchés dans les arbres, nos premiers singes.

La visite terminée, on reprend notre bolide tout carré pour rejoindre les chutes de Shiraito, nettement plus paisibles. Elles sont pourtant très accessibles par le biais d’un petit sentier aménagé offrant différents points de vue sur les chutes qui s’étirent sur tout un pan de roche. Bien que la balade soit courte, elle mérite vraiment le coup d’œil et offre une pause fraicheur appréciée.

Avant de s’enfoncer dans les montagnes, on tente un dernier arrêt photo dans les champs de thé. Ayant repéré l’endroit sur un blog, on part confiants quant au résultat… la réalité était plus périlleuse. Les champs de thé ne sont accessibles que par un étroit chemin qui nous donne quelques sueurs froides en voiture. Arrivés sur place, on réalise qu’ils sont beaucoup plus « urbains » que les champs rencontrés au Sri Lanka. Le décor est un peu gaché par des lignes électriques ou de larges bâtiments en toile de fond. On déconseillerait presque.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les jolies chutes de Shiraito et leur tranquillité

Coté pratique

Les activités

Pagode Chureito , 2-chome-4-1 Asama, Fujiyoshida, Yamanashi 403-0011
Les lieux sont très précisés, notamment par les touristes locaux. Dès 9h, la queue était interminable pour accéder au point d’observation de la pagode et la foule était dense. Pour une visite plus sereine, il faut sans doute privilégier une arrivée vraiment très matinale.
1000Y pour le parking
Lien utile : https://www.kanpai.fr/fujiyoshida/pagode-chureito-arakurayama-sengen

Chutes de Shiraito, 273-1 Kamiide, Fujinomiya, Shizuoka 418-0103
Une courte balade hors des sentiers battus.
500Y pour le parking
Lien utile : https://www.kanpai.fr/fujinomiya/chutes-eau-shiraito

Champs de thé, 29 Nakano, Fuji, Shizuoka 417-0809
Lien utile : https://japonsecret.fr/champs-the-vert-fuji/

Péage pour l’ensemble du trajet de l’aéroport à l’hôtel : 6560Y
Péage pour la journée du 9 avril, de l’hôtel jusqu’à Matsumoto : 1210Y

Le logement

Kawaguchiko Country Cottage Ban, 401-0304 Yamanashi, Fujikawaguchiko, Kawaguchi 2092
Un logement formidable à la propreté impeccable et à la vue marquante. Nous l’avons adoré et ne regrettons pour rien au monde d’avoir commencer notre séjour ici. On aurait presque aimé y rester une seconde nuit pour tester le barbecue.

松本はなれ (The Riverside Hideout guesthouse), 5 Chome-3-20 Ote, Matsumoto, Nagano 390-0874
Ce petit logement traditionnel est très agréable et plutôt bien placé dans Matsumoto. Le patron est très gentil et met à disposition une cuisine équipée.

Les repas

Pour cette première journée, nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés. Le choix n’y manque pas et cela nous a permis de faire nos premières expériences culinaires !

Candem

11 mars 2023

Camden est, sans le moindre doute, mon quartier préféré de Londres. Univers éclectique, coloré, artistique et un peu alternatif, on y trouve tout ce que l’Angleterre a de plus décomplexé.

Installé au bord des canaux menant au Regent’s park, le quartier a d’abord été un lieu important de stockage de marchandises arrivant par bateau. On le voit d’ailleurs à plusieurs reprises dans la série Peaky Blinders dans laquelle Alfie Solomons a monté un empire entre ces entrepôts de briques. A la fin de l’ère industrielle, Camden Town est devenu un lieu de rencontre pour les adeptes des cultures alternatives. Pendant longtemps, de nombreux punks, gothiques et skinheads ont ainsi vécu à Camden Town.

Malgré une évolution nette depuis quelques années et l’apparition de grandes chaines dans les rues, c’est encore aujourd’hui un haut lieu des communautés punk, goth et emo, surtout le soir, lorsque des concerts se jouent un peu partout. Bref, de quoi laisser présager une balade colorée !

La visite commence dès la sortie du métro où des stands de bubble waffles croulant sous les sucreries nous accueillent. Juste derrière, l’Inverness market propose des stands de bric-à-brac et de vêtements de toutes sortes, qu’on ne croise généralement pas partout. Leur robes gothiques me font de l’œil pendant que d’autres regardent avec envie les vestes en jean customisées. On y trouve aussi des articles plus communs à des tarifs généralement intéressants… et négociables 😉

La rue principale donne vraiment le ton de la matinée ! Ici, les façades sont toutes plus extravagantes les unes que les autres, mettant en scène dragon, éléphant, chaussures à piques, anges déchus et sorciers volants. L’intérieur des boutiques vaut souvent le coup d’œil également : magasins de souvenirs croulant sous les articles bariolés, tatoueurs, perceurs, encens, chapeliers ou encore vendeurs de chaussures.

Des chaussures, il y en a de toutes les sortes dans les boutiques de Camden : un artiste crée à la demande des Converses en les peignant à la main, une autre échoppe se spécialise dans les plateformes gothiques tandis qu’une dernière vend d’improbables bottines où figurent Tom et Jerry. Face à une telle tentation, je finis par craquer pour une paire de docs aux roses brodées… So british !

Camden est aussi un lieu prisé des artistes, notamment ceux de street art, qui s’expriment un peu partout autour de la rue principale. Les fresques changent régulièrement et il ne faut pas hésiter à faire quelques détours pour toutes les découvrir !

Au bout de la rue, on arrive dans le marché en lui même, cœur battant du quartier avec ses univers multiples. Les abords du canal sont plutôt tranquilles, proposant essentiellement de l’artisanat comme on pouvait en trouver à l’Apple Market de Covent Garden.

En revanche, directement sur la rive, se trouve un immense food court où toutes les cuisines du monde sont représentées. Des dizaines de stands d’où s’échappent fumées et odeurs alléchantes s’entremêlent dans un joyeux bazar. Tout est tentant, on en fait le tour trois fois avant d’arriver à se décider… sur la commande de plusieurs plats à partager !

Le ventre plein, on s’embarque désormais au cœur du dédale d’allées qui constitue le marché. Nos pas nous mènent d’abord au Stable Market, installé dans d’anciennes écuries. On y trouve surtout du matériel rétro, des articles de collection et des antiquités dans un décor relativement bien conservé.

Sous les arcades, des magasins plus imposants se sont installés. On y trouve des boutiques de créateurs et tout un tas de gadgets ou vêtements rigolos, punk, hippie ou tout droit sortis des années folles. Touriste et locaux s’activent également dans les friperies, les disquaires et les magasins de déco.

Dehors, les allées pavées tournicotent entre les bâtiments de briques. On y trouve le magasin le plus célèbre du quartier : Cyberdog, un magasin complètement loufoque et difficile à décrire. Sur fond de techno et de lumières clignotantes, des gogos danseuses se trémoussent sur les parois dans des tenues loufoques. A l’intérieur, on trouve des tenues aux formes et aux couleurs déconcertantes, brillant parfois dans le noir…

C’est sur cette visite que l’on conclut non weed-end à Londres, capitale pleine de vie et bariolée dans laquelle il fait toujours bon flâner. Les années passent mais on ne se lasse vraiment jamais de cet endroit !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les anciennes écuries de Camden et leur parquet qui craque

Coté pratique

Le logement

Un logement très bien placé comprenant deux chambre et un canapé lit. Dans l’ensemble, il est plutôt agréable mais manque un peu de vaisselle et d’équipements.
Lien pour réserver via Air BnB : appartement ⸱ Chez J.O.

Les repas

Le choix ne manque pas sur le food market de Camden, on en a testé plusieurs mais notre coup de cœur est Curries no worries, un super stand indien plein de saveurs avec option végétarienne.

Notting Hill et Twickenham

11 mars 2023

Notting Hill résonne comme un incontournable pour les amateurs de romance anglaise mais c’est surtout un quartier coloré de la capitale, grouillant de monde le vendredi et le samedi, jours de brocante. Nous voilà donc partis un samedi matin pour gouter à l’ambiance réputée de ces quelques rues.

En sortant du métro, on est rapidement happés par un flot de visiteurs. En suivant le mouvement, on foule rapidement Portobello Road, cœur du quartier où cafés, brocanteurs, antiquaires et vitrines bigarrées se côtoient. Entre deux maisons de briques, on trouve des façades bariolées et des portes colorées pleines de charme. Dans les jardins, les magnolias commencent à fleurir et donnent des airs de printemps à cette jolie matinée de mars.

En descendant la rue, le nombre de boutiques augmente mais c’est surtout Alice’s Shop qui attire notre attention. Temple du bric-à-brac bien dans son jus, elle rend hommage à Alice au Pays des Merveilles : sa devanture ferait d’ailleurs référence à la reine de cœur. Beaucoup plus sympa, c’est l’adorable Paddington qui nous accueille au côté d’un portrait en noir et blanc de la Reine. A l’intérieur, il y en a partout, dans le moindre recoin, du sol au plafond. On peine même à avancer de peur que tout s’écroule avec un coup de sac. Le patron a d’ailleurs bien compris le truc et n’hésite pas à demander au client quel est l’objet de sa venue… avant de s’enfoncer dans un dédale de bibelots, à la recherche d’un article correspondant.

Le marché de Portobello commence alors. Les devantures s’enchainent et on se perd entre les boutiques dont certaines sont étonnamment profondes ! Antiquités et seconde-main laissent peu à peu place à un marché plus classique où fruits, légumes, miel et petits artisans s’exposent. Entre la foule, la musique et les odeurs émanant des stands de street food, on finit par ne plus trop savoir où on en est. Pas de doute, le quartier vit intensément le weekend !

Pourtant, en quittant la rue principale pour les artères perpendiculaires, le calme revient assez vite. On découvre alors de jolies maisons, tantôt classiques, tantôt pleines de couleurs, auxquelles on accède par quelques marches. Cette partie de Notting Hill est essentiellement résidentielle et contraste vraiment avec le début de la balade. On passe un bon moment dans les rues, observant les maisons, jetant un œil par la fenêtre pour deviner leurs aménagements, se surprenant à choisir celle qui peut être, dans un autre monde, pourrait être la notre.

On quitte la romance et la délicatesse des comédies romantiques pour un tout autre univers : le rugby !

Si vous vous demandiez comment nous en étions venus à choisir le mois de mars pour visiter Londres (il faut bien admettre que c’était incongru…), voilà la réponse : le crunch. Sans doute le plus attendu des matchs du tournoi des 6 nations, cette rencontre Angleterre- France se sera fait désirer. Nous devions initialement y assister en 2021 mais, Covid oblige, il nous a fallu renoncer. Peu importe, cette fois, nous y sommes et la Marseillaise résonne dans cet immense stade de plus de 80 000 personnes.

Aux abords du stade et dans les transports, les Anglais nous regardent, amusés, arborant nos couleurs bleu blanc rouge. Avec fair-play, ils nous gratifient souvent d’un « Allez les blue » amical, bien que persuadés que la chance sera de leur côté. Pourtant, à peine le coup d’envoi donné, les Français offrent un véritable festival à ceux qui, comme nous, auront réussi à traverser la Manche. Au bout d’un quart d’heure, les Anglais dépités commence à baisser le son et à noyer leur chagrin dans la Guinness. A la mi-temps, les chiffres tombent : la France n’avait pas marqué 25 points à Twickenham depuis 1972… allez les bleus !

L’attente aura finalement valu la peine car, sous nos yeux, le match du siècle vient sans doute d’avoir lieu. Le XV de France s’imposera finalement 53-10 en mettant fin à une série de 17 années de défaite sur les terres anglaises, explosant au passage tous les records. Les Français exultent, les Anglais s’inclinent avec classe, nous promettant avec humour de régler ça lors de la prochaine coupe du monde…

Sport ou romance, l’Angleterre est décidément belle !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les magnifique maisons de Elgin Crescent

Coté pratique

Le logement

Un logement très bien placé comprenant deux chambre et un canapé lit. Dans l’ensemble, il est plutôt agréable mais manque un peu de vaisselle et d’équipements.
Lien pour réserver via Air BnB : appartement ⸱ Chez J.O.

Les activités

Pour observer les jolies maisons de Notting Hill, vous pouvez vous rendre à :

  • Lancaster Road
  • Elgin Crescent
  • Denbigh Terrace
  • Hillgate Place
  • Callcott Street