Gion

19 avril 2023

Étonnant mélange de traditions et de modernité, Kyoto nécessite sans aucun doute un arrêt de plusieurs jours pour essayer d’en découvrir toutes ses facettes. Après la périphérie de la ville du côté du temple d’or, nous en visitons désormais le cœur.

On commence par le marché de Nishiki, large allée couverte sur laquelle donne plus d’une centaine de stands autour de la nourriture : brochettes, viandes, fruits de mer, gâteaux, crêpes, fruits secs, thé… En quelques centaines de mètres, il y a là de quoi s’organiser un vrai food tour ! Si certains stands nous font vraiment de l’œil (leurs omelettes sont absolument parfaites), d’autres nous rebutent un peu comme les brochettes de petits poulpes, encore entiers et tout mignons sur leur bout de bois fin. Au Japon, manger en marchant dans la rue ne se fait pas, on ne trouve d’ailleurs presque pas de poubelles publiques. Aussi, chaque commerce possède un petit bar où quelques bancs pour s’installer et déguster leurs produits sur le pouce, bien à l’abri sous un plafond coloré et vitré.

Le marché s’achève dans une longue galerie commerçante couverte que l’on arpentera, durant notre séjour, plusieurs fois à la recherche de cadeaux, vêtements ou encore pour dilapider notre monnaie dans les milliers de jeux de grappins existants ! On retrouve ce système de galeries dans la plupart des grandes villes japonaises et elles offrent chaque fois une multitude de commerces. On y trouve même plusieurs temples dispersés tout au long du parcours.

De l’autre côté de la rivière Kamo-gawa, juste après Pontocho, s’ouvre un Kyoto plus ancien à l’architecture bien moins occidentalisée. Gion, quartier plein de charme constitué de ruelles tortueuses bordées de ryokan, de maisons de thé et de bâtiments anciens abritant diverses boutiques, vaut effectivement le détour.

Le quartier vaut indéniablement le détour mais, en cet après midi grisonnante, il est pris d’assaut par une foule impressionnante de visiteurs. Tant qu’on peine à immortaliser l’ambiance des lieux. Au final, nous avons décidé d’y retourner le lendemain matin !

C’est justement en suivant ces jolies tenues que nous sommes tombés sur le temple bouddhiste Yasaka Kōshin-dō qui nous a tout de suite attiré l’œil avec ses milliers de balles aux tons vifs. Ce sanctuaire n’est sans doute pas le plus grand ni le plus intéressant du pays et pourtant, c’est l’un de ceux que j’ai préféré ! Toutes ces étoffes bariolées représentent Kukurizaru, singe aux pieds et mains liées. Dans ce lieu dédié à Koshin-san et aux singes de la sagesse, il est coutume de sacrifier l’un de ces désirs dans un Kukurizaru, permettant ainsi de se débarrasser de ses convoitises.

Au sein du temple comme dans la rue, on rencontre beaucoup de tenues traditionnelles, parfois portées par des japonais, d’autres par des touristes venus faire, le temps d’une journée, l’expérience de ces tenues mythiques. Dans les deux cas, on repart de ces lieux pleins de couleurs avec de jolies images dans la boîte !

Au sommet du quartier, perché sur une colline, trône Kiyomizu-dera, monument majeur de Kyoto. Le sanctuaire, qui abrite à la fois un temple bouddhiste et des bâtisses shinto est généralement très prisé à l’automne pour sa vue sur les arbres flamboyants. L’accès est libre sur la première partie, au sommet des marches, et offre déjà une vue intéressante sur la ville. La seconde partie des lieux, abritant la célèbre partie sur pilotis, nécessite, elle, un billet d’entrée.

Un peu abrutis par la foule de l’après-midi et fatigués d’avoir déambulé toute la journée, on repart tranquillement vers la rivière, changeant d’itinéraire au fil de nos envies. Au coin d’une rue, on rencontrera deux geishas aux pas pressés qui n’ont malheureusement pas souhaité être prises en photo. On les regarde avec curiosité s’engouffrer dans un taxi et filer sur la route à l’heure où le soleil décline, rejoignant sans doute des lieux plein d’histoire.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le petit mais très coloré temple bouddhiste Yasaka Kōshin-dō

Coté pratique

Les activités

Marché de Nishiki
Ouverts tous les jours de 9h à 17h, 19h pour certaines boutiques
Certaines échoppes ferment le mercredi et le dimanche
Entrée libre

Temple Yasaka Kōshin-dō
Ouverts tous les jours de 9h à 17h
Entrée libre

Sanctuaire Kiyomizu-dera
Ouverts tous les jours de 6h à 18h
Ouvertures nocturnes ponctuelles de 18h30 à 21h30
Entrée 400Y

Le logement

Hotel M’s Plus Shijo Omiya, Nakagyo-ku Nishikioomiyacho 114 , Nakagyo Ward, Kyoto, 604-8365
Chambres petites mais modernes et équipés. le logement est à proximité directe du métro mais ne propose pas de petit déjeuner. Une salle est cependant à disposition au rez de chaussée et offre la possibilité de prendre un café ou de réchauffer un plat.

Les repas

Nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés et les petits stands en ville. Le choix n’y manque pas et cela nous permet de tester beaucoup de spécialités.

Kura Sushi, Japon, 〒604-8035 Kyoto, Nakagyo Ward, Sakuranocho, 415 京都松竹座ビル B1F
Kura est une grande chaine japonaise qui mise sur l’un des fameux tapis roulant où passent sushis et makis. Il faut admettre que le système est étonnamment efficace. Soit on récupère des plats directement sur le tapis du bas et ils sont ajoutés automatiquement à la ta note, soit on commande sur une tablette et les plats arrivent sur le tapis roulant supérieur, accompagnés d’une petite musique. Les tarifs sont accessibles, les plats sont très corrects et l’expérience amusante. Seul inconvénient, il y a très souvent la queue… mieux vaut anticiper !
Le lien : https://www.kurasushi.co.jp/en/

Autour de Kyoto

18 avril 2023

Après une dizaine de jours de voyage, nous arrivons pour la première fois à Kyoto, autrefois capitale du Japon et réputée pour avoir conservé un patrimoine ancien. Plus portée sur les traditions que Tokyo, elle nous apparaissait comme une étape incontournable du voyage. Notre première visite se fait pourtant en périphérie de la ville, au pied des montagnes et dans un univers ancien.

Au bout d’une allée bordée d’arbres, le fameux Kinkaku-ji, plus communément connu sous le surnom de Temple d’or, est l’un des temples bouddhistes les plus emblématiques (et les plus visités) du Japon. Il doit sa renommée à la particularité de son bâtiment principal, dont les deux étages supérieurs sont recouverts de feuilles d’or… Installée au cœur d’un étang paisible, lui-même entouré d’un jardin, il faut bien reconnaitre que la bâtisse a de l’allure. Un héron posé là achève de parfaire cette harmonieuse entrée en matière, en tout point semblable à ce que l’on imaginait avant de parcourir le Japon.

Passée cette première vision, on opte pour une balade entourée de pins qui court tout autour du temple, offrant plusieurs points de vue sur les étages dorés. A la fin du parcours, une maison de thé en partie dissimulée par la végétation permet de déguster une pâtisserie et un matcha dans un décor plein de sérénité.

La visite continue au temple Tenryu-ji, passant d’étangs en bosquets, le long d’une allée gravillonnée. Le jardin de promenade est sans doute tout aussi marquant que le temple d’or avec ses formes rondes, ses couleurs vives, ses eaux calmes et ses îlots rocheux. Au pied des arbres, d’incroyables tapis d’une mousse épaisse, humide et verdoyante couvrent les premières hauteurs des montagnes entourant l’ancienne capitale. En toile de fond, de majestueux pins grimpent vers les collines…. Quel spectacle ! Bien loin de l’agitation d’une grande ville et malgré le nombre de visiteurs, nous avons été surpris par le calme qui règne en maitre au cœur de cet îlot de verdure.

A quelques pas du jardin se trouve la bambouseraie d’Arashiyama, la plus célèbre du pays. Le bambou étant symbole de force et de prospérité, le secteur est, parait-il, autant prisé par les locaux que par les touristes. Les lieux sont en effet impressionnants : sur un demi kilomètre, des milliers de tiges s’élèvent vers le ciel autour d’un chemin étroit, les feuillages masquant presque l’azur tant ils sont denses. Ça, c’est pour la carte postale.

En revanche, si vous rêviez d’apprécier le bruissement du vent dans les fines feuilles, le balancement des longes tiges sous la brise et le calme d’une après midi de printemps… c’est raté ! A moins de vous lever très tôt, il faudra compter sur l’impressionnante foule qui traverse la bambouseraie, plus ou moins respectueusement (de nombreux bambous sont malheureusement gravés aux initiales des visiteurs…).

On termine la soirée sur Pontocho, célèbre allée piétonne longeant la rivière Kamo-gawa dans le centre-ville de Kyoto. Marquée par son architecture typique avec des bâtisses en bois sur deux étages et des lanternes en papier suspendues un peu partout, elle s’éveille à l’heure où le soleil se couche.

Cette allée étroite se gorge alors de monde et il est parfois difficile de circuler entre les façades des nombreux bars et restaurants pris d’assaut. Les plus prisés, où la réservation est indispensable, donnent parfois sur la rivière par le biais de larges baies vitrées. Malgré cette agitation, on s’attendrait presque à trouver derrière l’une de ces portes un de ces anciens salons de thé où geisha et maiko exerçaient leurs talents.

Pour ce qui est de la cuisine, il y en a pour tous les goûts : restaurants de poissons, de soupes, de viandes, de grillades ou même de cuisine internationale. le long de l’allée, il y en a aussi pour tous les prix, bien qu’il faille tout de même s’attendre à des tarifs plus élevés que la moyenne. En bref, si la traversée de ce secteur nous parait incontournable, mieux vaut avoir préparé sa soirée entre ces murs pour en profiter au mieux !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le paisible jardin du temple Tenryu-ji

Coté pratique

Les activités

Kinkaku ji (pavillon d’or)
Ouvert tous les jours de 9h à 17h
Entrée 400Y

Tenryu-ji
Ouvert tous les jours de 8h30 à 17h
Entrée 500Y pour les jardins, 300Y de plus pour l’intérieur des bâtiments

Bambouseraie d’Arashiyama
Ouverte tous les jours, 24h/24
Entrée gratuite

Le logement

Hotel M’s Plus Shijo Omiya, Nakagyo-ku Nishikioomiyacho 114 , Nakagyo Ward, Kyoto, 604-8365
Chambres petites mais modernes et équipées. Le logement est à proximité directe du métro mais ne propose pas de petit déjeuner. Une salle est cependant à disposition au rez de chaussée et offre la possibilité de prendre un café ou de réchauffer un plat.

Les repas

Maison de thé du temple Kinkaku ji
A la fin de votre visite, n’hésitez pas à vous arrêter pour déguster un thé près de l’autel dédié à Fudô Myôô (500Y).

Kura Sushi, Japon, 〒604-8035 Kyoto, Nakagyo Ward, Sakuranocho, 415 京都松竹座ビル B1F
Kura est une grande chaine japonaise qui mise sur l’un des fameux tapis roulant où passent sushis et makis. Il faut admettre que le système est étonnamment efficace. Soit on récupère des plats directement sur le tapis du bas et ils sont ajoutés automatiquement à la ta note, soit on commande sur une tablette et les plats arrivent sur le tapis roulant supérieur, accompagnés d’une petite musique. Les tarifs sont accessibles, les plats sont très corrects et l’expérience amusante. Seul inconvénient, il y a très souvent la queue… mieux vaut anticiper !
Le lien : https://www.kurasushi.co.jp/en/

Nara

17 avril 2023

Après un éveil au son des mantras de la cérémonie du feu, nous posons nos valises dans la célèbre cité de Nara. Bien moins imposants que Kyoto ou Osaka, elle est pourtant de tous les circuits touristiques lors d’un premier voyage au Japon. On comprend vite pourquoi…

Ancienne capitale du Japon aux nombreux monuments inscrits au patrimoine mondial de l’humanité, il s’en dégage une atmosphère d’un autre temps. Après l’animation et la modernité de Tokyo, Nara et son calme nous font du bien.

En partant de la gare à pied, on remonte donc l’allée principale (en s’achetant un petit melon pan au passage, il ne faut pas perdre les bonnes habitudes !). Rapidement, on tombe sur le Naramachi et son immense marché couvert, plein de boutiques et… de jolies plaques d’égout ! Le Japon possède en effet une improbable collection de pièces d’assainissement en fonte, souvent réalisées à l’effigie d’un emblème de la ville. Elles ont commencé à fleurir dans le pays dans les années 60, à une époque où il s’agissait de faire accepter à la population de couteux travaux de création de réseaux. On voudrait les mêmes à la maison non ?

Nos pas nous conduisent rapidement vers le parc de Nara, cœur de la ville et concentré d’histoire attenant aux quartiers les plus anciens. C’est aussi l’habitat des stars de la cité : les cerfs sacrés. Ils sont ici clairement chez eux, déambulant librement entre les monuments et au milieu des visiteurs, s’inclinant parfois devant les passants. Habitués à être nourris, ils ont fini par apprendre que ce geste leur attirait bien souvent une friandise. D’ailleurs, les touristes s’essayant à l’achat de nourriture sont souvent largement entourés, voire un peu dépassés par le nombre ou l’insistance de ces grands gourmands. On choisit plutôt de ne rien acheter, préférant une approche plus naturelle et plus zen.

S’il y a un site qui nous a impressionné lors de notre voyage, c’est bien le Tōdai-ji. Cet immense sanctuaire abrite le plus vaste monument en bois du monde, écrin fragile pour un monstre de métal, le Daibutsu.

Passé la porte, on ouvre donc des yeux ronds sur plus de 250 tonnes de bronze et quelques 15 mètres de haut, rien que ça. Malgré ces chiffres, une étrange délicatesse flotte sur les traits de l’imposante sculpture. Autour d’elle, d’autres gardiens, figures mythologiques, sont plus inquiétants.

Bien qu’il soit difficile de poser son regard sur autre chose que l’incroyable bouddha et la charpente complexe qui l’abrite, on jette quand même un œil sur l’exposition on fond de la salle, présentant l’évolution du sanctuaire au fil des siècles, marqués de phase de déconstruction et de reconstruction.

En s’enfonçant dans le parc, le décor change, le paysage devient moins lisse, le parc laisse place à la forêt. On gagne ainsi le secteur du Kasuga Taisha et ses milliers de lanternes en pierre grise, recouvertes en partie de mousses et de branchages. Les lieux sont plus calmes, moins visités et les cerfs évoluent paisiblement entre les sculptures. Malgré l’effet marquant du Daibutsu, mon coup de cœur va sans doute à ces lieux où nature et spiritualité se mêlent avec harmonie.

Le sanctuaire shinto en lui-même, bâtiment tout de rouge et de blanc, est décoré de lanternes de bronze suspendues entre les couloirs. Son cœur est parfumé par les effluves d’une glycine centenaire aux branches s’étirant de tout côté, apportant une ombre discrète aux voyageurs fatigués. Sur les murs, des plaques de prières en forme de petits daims égayent encore les lieux. Nous n’avons pas forcément choisi de le visiter, peu convaincu par l’intérêt (on voit déjà beaucoup de chose de l’extérieur) mais les lieux méritent vraiment le détour.

On quitte finalement ce secteur paisible pour retourner à la gare par le centre ancien, peuplé de petites maisons de bois et de passants à vélo. Demain, d’autres décors, plus agités, nous attendent !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le secteur du Kasuga Taisha et ses milliers de lanternes

Coté pratique

Les activités

Temple Todai-ji
Ouvert tous les jours entre 7h30 et 8h jusqu’à 17h ou 17h30 selon les saisons
Entrée 600Y pour le Daibutsuden
Entrée 600Y pour le musée national voisin
Entrée combinée 1000Y

Kasuga Taisha
Ouvert tous les jours entre 6h30 et 7h jusqu’à 17h ou 17h30 selon les saisons
Entrée 500Y

Le logement

Hotel Rokune, Sanjo Miyamaecho 1-19, Nara, 630-8121, Japon
Hôtel situé à proximité de la gare de Nara et donc accessible à pied. L’enregistrement se fait automatiquement et il n’y a pas de personnel sur place. En revanche, les chambres sont grandes, confortables, disposent d’une petite cuisine, d’une large salle de bain et d’une machine à laver. une bonne surprise !

Les repas

Nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés et les petits stands en ville. Le choix n’y manque pas et cela nous permet de tester beaucoup de spécialités.

Salon Naramachi, 31-1 Ganriincho, Nara, 630-8221
A défaut de cérémonie du thé en bonne et due forme, nous avons opté pour une sorte de tea time dans un décor typique, tout en bois. Au-delà du calme et de la vue sur le jardin, il s’agit ici de déguster du matcha préparé dans la tradition et, surtout, des mochis savoureux. Le prix est relativement élevé mais la qualité nous a semblé bien supérieure à la moyenne.

Gyokuzoin

16 avril 2023

Après une première partie du voyage en voiture, nous poursuivons aujourd’hui notre périple en train, le réseau ferré étant particulièrement réputé au Japon. Équipés de notre voucher, on se pointe donc la fleur au fusil à la gare… pour tomber sur une interminable file d’attente. En effet, pour récupérer les fameux JR pass, offrant un accès illimité au plus gros du réseau, il faut auparavant échanger son petit coupon contre le pass réel. Nous n’étions pas les seuls à en avoir eu l’idée. Il nous faudra près de 2h pour nous entamer le trajet et partir loin de Tokyo et de son agitation.

Après plusieurs correspondances finalement plutôt faciles, nous arrivons dans la petite gare de Oji où une courte rangée de taxis attend. Plus qu’une vingtaine minutes de trajet et nous arrivons enfin à Gyokuzoin.

Le sanctuaire, immense, offre aux voyageurs l’opportunité de séjourner entre ses murs, pour une nuit au plus. Arrivés vers 16h, un moine nous accueille et nous explique les grandes lignes de notre court séjour. Une fois débarrassés de nos bagages, nous partons donc à la découverte du sanctuaire, quasi déserté par les visiteurs à cette heure.

Nous avions vraiment négligé le temps qu’il nous faudrait pour le parcourir entièrement tant le lieu est immense. Très vite, on regrette de ne pas être partis plus tôt de Tokyo pour profiter davantage de l’atmosphère, sereine et apaisante. On se faufile entre les temples, grimpant des volées de marches, battant la pierre grise. On passe devant des statues de bouddhas par dizaines, de la plus petite à la plus majestueuse. On serpente le long de pagodes colorées et, surtout, on prend des dizaines de clichés.

Un premier sentier s’élève bientôt dans les hauteurs pour terminer sous des dizaines de torii. Au sommet, un petit temple offre une vue panoramique sur la forêt. Les premières lanternes s’éclairent à mesure que le soleil décline, soulignant qu’il est temps de rentrer au logement.

Les chaussures sont abandonnées à l’entrée, les kimonos enfilés et le repas servi dans la tradition, sur des plateaux de différentes hauteurs posés au sol, accompagné de thé chaud. Comme les moines, j’opte pour un repas végétarien dont il n’est pas facile d’identifier toutes les saveurs tant certains mets diffèrent de nos habitudes. Nous sommes finalement nombreux à résider au sanctuaire pour la nuit et pourtant, le calme est étonnant dans cette grande salle.

Avant de rejoindre nos futons pour une courte nuit de sommeil, on s’aventure de nouveau dans les allées pour admirer le sanctuaire de nuit, parsemé de milliers de lanternes éclairées. Nous sommes tous seuls, la plupart des visiteurs ayant opté pour les bains chauds ou pour un moment de repos. L’ambiance du sanctuaire change du tout au tout sous ces lumières, donnant l’impression d’évoluer au cœur d’un Miyazaki.

17 avril 2023

Nous sommes levés avant même le soleil ce matin là. Il est à peine 5h lorsque nous pénétrons dans un petit temple, emmitouflés dans des vêtements chauds, les yeux encore rougis. Chacun s’installe sur le sol autour du foyer et la cérémonie du feu commence bientôt sous fond d’un mantra rythmé de percussions.

Au son du tambour et d’une voix puissante, le rituel du Goma se déroule dans une ambiance mystique. Les premiers gestes ancestraux visent d’abord à nous libérer de mauvaises pensées. Alors que le feu s’élève au cœur de l’hôtel, le prêtre dépose peu à peu des morceaux de bois autour du brasier. Chacun correspond à une prière, rédigée par les visiteurs, et leur consumation amène, selon la croyance, à leur réalisation.

Le mantra s’achève lentement, les derniers coups résonnent sur la toile du tambour et le feu s’éteint doucement. Le prêtre nous invite alors à nous imprégner de la fumée résiduelle en guide de purification et de sagesse. On s’exécute sans un mot avant de quitter le temple, marqués par cette expérience loin des sentiers battus.

Après avoir assisté à la cérémonie du feu, nous poursuivons avec la prière du matin. Dans un décor bien plus luxueux et impressionnant, une poignée de moines bouddhistes s’installent au pied de petites tables de beau face aux effigies de Bishamon. Là aussi, toute la cérémonie est rythmé de mantra, cette fois récités en cœur. De curieuses percussions nous font sursauter la première fois, quand les prêtres, après les avoir fait défiler devant eux en chantant, frappent violemment leur livret de prière sur le bois. Seuls les visiteurs ayant « acheté » une prière sont autorisés à assister à cette cérémonie. Le grand-prêtre récite d’ailleurs leurs noms au cours de la célébration.

Avant de quitter les lieux, on nous propose de descendre au sous sol, dans le noir, pour faire le tour des fondations où se cachent quelques reliques sacrées. On ressort de là sous les lumières timides du petit matin, ayant vraiment l’impression d’avoir vécu des instants hors du temps.

La modernité nous rattrape pourtant bien vite. Alors que nous attendions le taxi pour repartir, un homme en costume tout essoufflé déboule d’un escalier et nous interpelle. Il est bientôt suivi d’un caméraman aux joues rougies par l’effort, ayant probablement traversé tout le sanctuaire au pas de course. Osaka TV, en visite sur le site, nous interroge alors sur notre expérience au sein de Gyokuzoin ! De quoi rajouter un peu d’insolite à notre journée déjà mouvementée.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La cérémonie du feu aux premières heures du jour

Coté pratique

Les activités

Prière du matin : 5000Y par groupe
Participation à la cérémonie du feu : compter 500 à 1000Y pour les morceaux de bois sur lesquels sont inscrites les prières.

Le logement

Gyokuzoin, 2280 Shigisan, Heguri, Ikoma District, Nara 636-0923
Le temple possède un bâtiment dédié à l’accueil des visiteurs, pour une nuit ou plus. Les locaux sont propres et les chambres assez grandes avec un petit balcon. On y trouve un petit coffre et une bouilloire pour se réchauffer après un tour dans les montagnes. Comme souvent dans les établissements traditionnels, les douches sont communes (les hommes d’un côté, les femmes de l’autre) et associées à des bains chauds.

Les repas

Il n’y a aucune option pour les repas à proximité du temple. Aussi, il est généralement proposé de prendre le petit-déjeuner et le diner sur place. Les repas sont copieux, de qualité et traditionnels. Une option végétarienne est disponible.

Autour de Shibuya

15 avril 2023

On ouvre les yeux ce matin-là sous une pluie battante des plus décourageantes. Pourtant, il est difficile d’esquiver notre journée. Notre voyage est aujourd’hui l’occasion de retrouvailles familiales avec des proches expatriés et 4 générations nous attendent pour une journée de visite. On les retrouve à la gare, déjà bien mouillés, au milieu de nuées de parapluies dévalant les rues.

Ici, personne n’arbore de manteau de pluie ou, comme nous, de jolis k-ways Décathlon plus ou moins bariolés. Homme ou femme sont habillés le plus souvent avec soin, biens à l’abri sous d’imposants parapluies, presque tous transparents. Pour l’élégance à la française on repassera !

Une fois réchauffés par un lait chaud à la fleur de cerisier (ça existe !) et malgré l’heure relativement matinale, on tente une traversée de Takeshita Dori, temple du Kawaii et de la mode excentrique. Alors qu’on en avait entendu beaucoup de bien et que l’on s’attendait à ne plus savoir où donner de la tête, nous avons finalement été assez déçus par l’endroit qui manquait vraiment d’animation. Difficile de savoir si c’est parce que nous sommes arrivés tout juste à l’ouverture des boutiques ou parce que la météo n’était pas vraiment favorable mais nous avons vraiment l’impression d’être passés à côté.

On se dirige finalement assez rapidement vers les jardins et le sanctuaire Meiji Jingu, toujours largement arrosés. Moins ostentatoire que ceux visités la veille, le lieu est plus paisible. Seuls une série de barils de saké de toutes les provinces de l’empire orne la grande allée centrale, bordée d’arbres centenaires.

Le temple, constitué de plusieurs bâtiments construits autour d’une large place, semble n’être fait que de bois sombre et sobre. Deux grands arbres doivent, quand il fait beau, apporter une ombre appréciable sur les larges pavés gris. Le plus imposant d’entre eux est cerclé de supports débordant de prières. Alors qu’on rédigeait notre propre vœu à l’arrière de ces petits morceaux de bois colorés, nous avons rencontré tout un cortège de mariage en tenue traditionnelle, évoluant à l’abri des coursives dans des tenues soignées. Une jolie surprise !

Après une pause déjeuner (ou pause séchage), on se dirige à pied vers le célèbre quartier de Shibuya et son impressionnant passage piéton ou les bandes blanches traversent carrément le carrefour en diagonale. On est maintenant tellement humides que mon appareil photo fait des siennes, s’allumant uniquement selon son bon vouloir. Malgré la pluie, la foule est dense et il n’est pas facile de se faufiler entre les parapluies. On tente de grimper dans un immeuble voisin pour observer le passage et la foule en contre bas mais, sans réservation, nous nous retrouvons finalement dans un building un peu déporté où l’on s’installe un bon moment pour discuter. En retournant vers l’hôtel, on espère vraiment revoir le soleil le lendemain !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les élégants mariés de Meiji Jingu

Coté pratique

Les activités

Sanctuaire Meiji Jingu
Ouvert tous les jours du lever du soleil à 16h30.
Entrée gratuite
Sanctuaire particulièrement prisé pour les mariages, surtout le dimanche

Ticket de métro 24h : 600Y par personne

Le logement

Hotel Hillarys Akasaka, 107-0052 Préfecture de Tokyo, 3-12-5 Akasaka, Minato-ku, TokyoUn Hôtel idéalement placé et propre mais aux chambres, comme souvent dans ces grandes villes, plutôt petites. Le logement met à disposition des pyjamas et propose un accès à des bains traditionnels.

Les repas

Nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés et les petits stands en ville. Le choix n’y manque pas et cela nous permet de tester beaucoup de spécialités.

Temples et néons

14 avril 2023

Après une courte visite à la boutique Ghibli et un rapide câlin à Totoro, on quitte la Skytree pour rejoindre le temple Senso-ji. Si le centre commercial au pied de la tour est plutôt sympathique, la balade qui file jusqu’au sanctuaire est relativement sans intérêt. On note juste au passage de la rivière cet étrange bâtiment, pour le moins insolite, siège d’une célèbre marque de bière…

De l’autre côté du pont, on découvre rapidement une allée marchande grouillant de monde et dont l’entrée est marquée par une énorme porte rouge : la Nakamise-dori. Sur quelques centaines de mètres à peine, des dizaines de stands de nourriture fumants jouent des coudes avec des boutiques de souvenirs débordants de breloques en tout genre : maneki neko, lanternes, masques et baguettes s’entassent ici sous toutes leurs formes. Fatalement, on trouve dans cette ruelle plus de touristes que n’importe où en ville. On croise aussi nos premiers kimonos, l’artère étant bordée de boutiques de location à la journée. Malgré le manque d’authenticité dans tout ça, on se plait à capter quelques images colorées.

Vient alors l’arrivée aux pagodes et aux bâtiments même composant le temple. Entièrement détruit durant la seconde guerre mondiale, il a été complètement reconstruit pour coller à sa forme d’antan. On franchit une nouvelle porte, passant sous une gigantesque lanterne (il parait qu’elle pèse plus de 700 kg !) au fond sculpté en forme de dragon. Sur les abords, de petits stands enfumés par l’encens proposent diverses forment de prières et de prédictions pour l’avenir.

On peut y acheter des omamori, des amulettes aux pouvoirs diverses qui protègent de la malchance ou de la maladie, ainsi que des omikuji, prédictions inscrites sur des bandelettes de papier. Lorsque la prédiction est de mauvaise augure, elle est attachée sur un filin proche des échoppes. Quant aux imposants bruleurs d’encens, les jokoro, ils permettent aux visiteurs de s’imprégner de la fumée, tant pour la clarté de l’esprit que pour la guérison des parties endolories du corps.

On observe les différents rituels avec intérêt, entre offrandes aux esprits et espoirs de bonne fortune. L’atmosphère est ici, malgré la foule, plutôt spirituelle et le temple vaut finalement le détour.

Sur les abords du temple, un petit parc ramène un peu de verdure au milieu ces teintes grises et rouges. Quelques lieux de prières y sont dispersés, accueillant des hommages plus discrets, pendant que de nombreuses jeunes femmes déambulent en kimono dans ce décor de carte postale. En le traversant, on déboule dans une galerie marchande couverte, nettement plus calme et moins fréquentée, qu’on parcourt avec plaisir après ce bain de foule. On y trouve d’ailleurs de quoi se réconforter : des melon pan tout chauds, à la croute sucrée craquante et au cœur de glace vanille…

A force de traverser les ruelles de la ville, nous arrivons au parc d’Ueno, lui aussi réputé pour ses différents lieux de culte. Les plus connu est sans doute le Sanctuaire Tosho-gu, dissimulé au fond d’une allée bordée de grands arbres et de lanternes de pierre. Sa porte d’or est, il faut bien le reconnaitre, plutôt impressionnante avec ses sculptures féroces. Nos pas nous mènent ensuite au bord de l’étang Shinobazu, abritant lui aussi un sanctuaire à la façade couverte de lanternes blanches.

Nos visites spirituelles terminées, on se dirige vers un secteur plus coloré (et éclairé !) de la ville : Akihabara. Un vent de modernité souffle sur les premières centaines de mètres abritant autant d’échoppes de vêtements aux vitrines flashy que de fastfoods bariolés. Puis, en arrivant dans le quartier en lui-même, les façades se peignent d’enseignes lumineuses indiquant la présence d’arcades sur plusieurs étages, de mangas, de boutiques de retro gaming ou de fabrications de robots.

Ici, des dizaines de machines à grappins colonisent des bâtiments entiers, des cartes Pokémon s’exposent par milliers, des étagères croulent sous le nombre de mangas ou de jouets de collections. Au milieu de tout ce fouillis, des immeubles entiers accueillent des bars plus ou moins sélect, bars à chats ou maid cafés. Pas de doute, on a vraiment changé d’univers !

Le coup de cœur de Ptit Jo

La chasse aux pokémons rares dans le quartier d’Akihabara

Coté pratique

Les activités

Temple de Senso-Ji et porte du Kaminari Mon
Ouvert tous les jours de 6h à 17h.
Entrée gratuite

Sanctuaire Tosho-gu
Ouvert tous les jours de 9h à 17h.
Entrée 200Y

Ticket de métro 24h : 600Y par personne

Le logement

Hotel Hillarys Akasaka, 107-0052 Préfecture de Tokyo, 3-12-5 Akasaka, Minato-ku, TokyoUn Hôtel idéalement placé et propre mais aux chambres, comme souvent dans ces grandes villes, plutôt petites. Le logement met à disposition des pyjamas et propose un accès à des bains traditionnels.

Les repas

Nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés et les petits stands en ville. Le choix n’y manque pas et cela nous permet de tester beaucoup de spécialités.

Le centre de Tokyo

13 avril 2023

Après avoir pris la route, déposé les bagages à l’hôtel, rendu la voiture et pris le train depuis l’aéroport de Narita, nous faisons enfin nos premiers pas dans Tokyo. Un peu au hasard, nous avons choisi la gare centrale de Tokyo pour débuter notre visite. Son architecture est particulière : toute en brique et plutôt longue, la gare trône au milieu de buildings aux façades de verre qui filent vers le ciel.

Après une courte balade, on se laisse tenter par la visite du premier Pokémon Center de ce séjour. Enfants de la génération Pokémon, on découvre les lieux avec de grands yeux face aux murs de peluches, aux milliers de goodies et aux sachets de cartes brillants. Les lieux sont impressionnants, décorés et emprunts d’une excitation digne de l’entrée à Disneyland. En bons pigeons, on visitera d’ailleurs tous les centres qui croiseront notre chemin jusqu’à notre retour en France, découvrant chaque fois de nouveaux détails ou gadgets que l’on n’avait pas vu précédemment.

Avant de rentrer, on s’offre un détour vers la tour de Tokyo, sorte de Tour Eiffel bariolée au cœur d’une forêt de buildings. On choisit d’y grimper de nuit pour profiter des lumières de la ville vues d’en haut. Passés les milliers de poissons colorés suspendus entre les pieds de la structure et arrivés au premier niveau, un jeu de projections de lumières sur les parois vitrées rappelle la fin de la saison des cerisiers.

14 avril 2023

Cette fois, nous disposons d’une véritable journée pour découvrir la ville et pas simplement de quelques heures. On se dirige pour commencer dans l’un des coins les plus excentrés de Tokyo afin de visiter le TeamLab, un musée d’art numérique. Rien que l’arrivée est déconcertante. Une petite vidéo passe, nous expliquant que chaussures et chaussettes doivent être laissées au vestiaire et les pantalons remontés jusqu’aux genoux. On s’exécute avec curiosité et l’exploration commence…

Dans un couloir presque dépourvu de lumière, on remonte d’abord un petit ruisseau agité, sorte de pédiluve naturel (mais qui sent bien le chlore) destiné à garantir l’hygiène des lieux. On reconnait bien là le Japon ! La première salle que l’on traverse est, elle aussi, quasiment noire, à peine éclairée par quelques spots sur le plafonds. Le sol est recouvert d’immenses pans de tissus qui semblent recouvrir des coussins géants. On marche là-dedans en s’enfonçant parfois jusqu’aux genoux, les gamins se jettent sur le sol ou font des galipettes avec bonheur. Il ne faut donc pas plus de 5 minutes pour réaliser que ce musée n’a rien de traditionnel.

Un autre couloir, toujours aussi sombre, nous mène, lui, à une salle baignée de lumière. Des milliers de bandes LED tombant du plafond emplissent la salle dont les murs, sol et plafond sont entièrement recouverts de miroirs. On avance là-dedans comme dans un rideau de pluie, entourés d’un nombre improbables de gouttes de lumières aux couleurs et à l’intensité changeante. Un vrai moment de magie.

L’expérience continue de salles en salles, toujours plus intrigantes. Nous traversons ainsi un bassin immense, rempli d’eau chaude qui nous monte jusqu’aux genoux, sur laquelle sont projetés jeux de lumière et carpes koï irréelles puis, plus loin, une salle remplie d’immenses ballons aux couleurs changeant avec la lumière. Tout ici est jeu d’ombre et lumière, de miroirs et de projections oniriques. D’autres salles présentent encore des projections étonnantes au plafond, les laissant se refléter sur le sol pour perturber nos sens.

Finalement, sur la fin de l’exposition, on retrouve la lumière du jour dans un champ de mousse modernisé puis dans une fabuleuse pièce miroir où pendent des milliers d’orchidées de formes et de couleurs variées. On sort de là déboussolés mais absolument ravis de l’expérience, prêts à la recommencer !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Notre formidable visite du Team Lab !

Coté pratique

Les activités

Musée de l’art digital – Team Lab
Ouvert tous les jours de 9h à 22h. La dernière entrée se fait 1h avant les heures de fermeture.
Tarif adulte : 3800Y
Réservation indispensable
Lien utile : https://www.teamlab.art/fr/e/planets/

Tokyo Tower
Il existe deux possibilités de visite :
– Celle de l’observatoire principal (150m) : Tokyo Tower Main Deck (1200Y), ouvert de 9h à 23h
– Celle de l’observatoire principal et secondaire (150m/250m) : Tokyo Tower Top Deck Tour (3000Y) ouvert de 9h à 22h45
La dernière entrée se fait 30 minutes avant les heures de fermeture.

Péage pour le trajet retour Matsumoto- Tokyo : 9480Y

Trajet Aéroport Narita – Centre de Tokyo : 1350Y par personne

Ticket de métro 24h : 600Y par personne

Le logement

Hotel Hillarys Akasaka, 107-0052 Préfecture de Tokyo, 3-12-5 Akasaka, Minato-ku, TokyoUn Hôtel idéalement placé et propre mais aux chambres, comme souvent dans ces grandes villes, plutôt petites. Le logement met à disposition des pyjamas et propose un accès à des bains traditionnels.

Les repas

Nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés et les petits stands en ville. Le choix n’y manque pas et cela nous permet de tester beaucoup de spécialités.

Vers Matsumoto

12 avril 2023

Nous quittons Takayama pour rejoindre Matsumoto, dernière étape de notre périple en voiture avant de rejoindre les circuits plus traditionnels.

Le temps est plus que mitigé ce matin-là et, sur le chemin, on traverse de larges forêts froides et embrumées. A mesure que l’on avance, on s’enfonce dans la montagne. La route devient plus sinueuse, le décor change et on aperçoit quelques tas de neige entre les arbres.

Ce paysage me fait penser aux fameux bassins du Jigokudani Yaen Koen que l’on voit souvent dans les reportages animaliers. Les macaques japonais (ou singes des neiges), souvent insaisissables en dehors, s’y regroupent l’hiver pour profiter de la chaleur. Nous n’avions pas retenu cette étape, d’une part pour éviter un détour, d’autre part pour ne pas nous retrouver au milieu d’attroupements de touristes plus ou moins respectueux de la vie animale. Alors que je songeais à ces images, le nez collé contre la vitre froide, un singe décida de traverser la route en trombe. Comme par magie, un tout petit parking apparaissait au virage suivant pour nous offrir une chance de ramener de jolies images. Sans plus réfléchir, on s’y arrête, téléobjectif à la main et sens aux aguets.

Ils sont là, tout autour de nous dans les bois. On les entend d’abord puis on les croise, remontant la route ou grimpant dans les arbres. Un peu en contrebas, une femelle en plein repas est presque dissimulée par la végétation. Son étonnant visage rouge se repère heureusement relativement bien et elle se prête gentiment à une séance photo. Ce n’est que lorsqu’elle s’en ira qu’on remarquera un petit accroché à son ventre, bien au chaud dans une épaisse fourrure. On retourne nous aussi nous mettre au chaud, enchantés de cette jolie rencontre.

Sous une pluie désormais battante, on arrive finalement à la ferme Daio : l’une des plus grandes fermes de wasabi du pays. Si nous avions tous en tête l’étrange pâte verte et piquante, nous n’avions aucune idée de l’origine du produit et étions curieux d’en savoir davantage. La culture est finalement surprenante, installée quasiment dans un cours d’eau, traçant de larges sillons d’un vert vif. Sous les épaisses feuilles garnies de petites fleurs blanches se dissimule une racine de 10 à 15 cm. C’est elle qui, une fois récoltée, est utilisée dans différentes préparations. La ferme propose d’ailleurs d’en gouter certaines : saucisses, croquettes, burgers… et même de la glace ! Bien qu’il s’agisse d’une plante vivace, sa culture n’est pas aisée et les racines ne peuvent être récoltée qu’au bout de 2 ou 3 ans.

Passée la boutique et les tests culinaires, une balade d’une heure permet de déambuler dans les champs de wasabi. On trouve également, au milieu de cette ferme, quelques arbres fruitiers, des moulins, un sanctuaire ainsi qu’un petit temple…. Et, finalement, la pluie va bien à ce décor !

Le soleil revient pour notre arrivée à Matsumoto. Le long de la rivière, on remonte à pied vers son célèbre château par ruelle Nawate, surnommée la rue des grenouilles. Chose rare, malgré ses commerces (qui là encore ferment tôt), elle est entièrement piétonne. On y achète quelques éléments de vaisselle traditionnelle avant de poursuivre notre route vers la rue principale. Des boutiques de souvenirs plus classiques y fleurissent, proposant des temari, étranges boules de tissus aux prix tout aussi étonnants. Le temari, réalisé en fils de soie colorés, fait en réalité écho au passé de la ville, installé sur la route de la soie reliant Takayama à Suwa.  Véritable symbole de la ville, on en trouve un peu partout… même sur les plaques d’égouts !

Malgré nos petits arrêts, on parvient rapidement à l’imposante bâtisse installée sur d’épaisses murailles et entourée de douves. La visite n’est pas indispensable mais permet tout de même de découvrir l’intérieur du bâtiment, tout en bois et aux escaliers raides. Sa particularité, outre sa couleur, est qu’il s’agit de l’édifice d’origine et qu’il n’a jamais été reconstruit depuis sa création. En chaussettes, on évolue donc d’étages en étages, le long d’une exposition qui retrace le passé militaire des lieux. Le dernier étage offre, par de toutes petites ouvertures, un panorama intéressant sur la ville et sur les détails du toit.

Alors que l’on quittait le château, d’épais nuages amenés par le vent ont transformé l’atmosphère en un temps orageux. Sous ces lumières, le château porte particulièrement bien son surnom de « corbeau noir »… N’est-ce pas le meilleur moment pour prendre des photos ?

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les lumières d’un temps d’orage au dessus du corbeau noir…

Coté pratique

Les activités

Château de Matsumoto, 4-1 Marunouchi, Matsumoto, Nagano 390-0873
Ouvert tous les jours de 8h30 à 17h
Tarif adulte : 700Y
Lien utile : https://www.kanpai.fr/matsumoto#travel-guides-container

Ferme Daio Wasabi, 3640 Hotaka, Azumino, Nagano 399-8303, Japon
Ouvert tous les jours de 9h à 17h20
Lien utile : https://www.daiowasabi.co.jp/en/

Péage pour la journée : 1150Y

Le logement

松本はなれ (The Riverside Hideout guesthouse), 5 Chome-3-20 Ote, Matsumoto, Nagano 390-0874
Ce petit logement traditionnel est très agréable et plutôt bien placé dans Matsumoto. Le patron est très gentil et met à disposition une cuisine équipée.

Les repas

Pour cette première journée, nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés. Le choix n’y manque pas et cela nous a permis de tester différentes spécialités !

Shirakawa-gō

11 avril 2023

Nous filons ce matin vers un village inscrit au patrimoine de l’UNESCO : Shirakawa go. Avant de le visiter réellement, on opte pour un point de vue en hauteur visiblement bien connu des tour-opérateurs locaux. Depuis le point d’observation de Shiroyama et la terrasse du magasin de souvenirs, il est possible d’admirer un large panorama sur la vallée, la rivière bleutée et les sommets enneigées en toile de fond. Sur les abords, les cerisiers arborent leurs dernières fleurs avant la fin de la saison. Si la vue est charmante, la lumière de cette journée est malheureusement assez particulière et le paysage semble être enveloppé d’une sorte de brume de chaleur.

Célèbre pour ces maisons traditionnelles aux toits de chaume pentus, le village en abrite une soixantaine, la plupart étant aujourd’hui reconverties en restaurants ou logements pour les visiteurs. L’inclinaison particulière du toit a été conçue pour être capable de supporter les fortes chutes de neige hivernales. Cette particularité a donné à ces habitations le surnom de « gassho », diminutif de gassho-zukuri qui signifie littéralement « comme des mains qui prient ». Construite en bois et sans clou, elles sont étonnamment résistantes et, en plus de deux siècles, n’ont jamais été détruites malgré les tremblements de terre et les hivers rudes.

Depuis le parking principal, au pied des bâtisses, il est très facile de découvrir le village à pied. On y déambule au hasard des allées, observant ces maisons étranges entourées de rizières et de jardins.

La balade terminée, on se dirige vers la ville de Takayama, bien plus ancrée dans l’ère moderne. Et pourtant, son centre-ville ancien, bien qu’assez réduit, est plein de charme. Tout en bois sombre, il est parfois surprenant tant les entrées paraissent petites alors que les intérieurs surprennent par l’espace et la hauteur de plafond. En s’enfonçant dans certaines boutiques, on trouve d’ailleurs de petits jardins invisibles de l’extérieur. Ce centre-ville, préservé, est aussi très fragile. La zone est d’ailleurs totalement non-fumeur pour limiter les risques d’incendie.

On profite de cette promenade pour ramener nos premiers souvenirs au fil des boutiques. L’une de nos préférées est sans doute le marchand de baguettes aux murs recouverts de milliers de modèles en tout genre, de la camelote au bois précieux, du design le plus épuré aux décors les plus bariolés. Au centre de la boutique, des dizaines de repose-baguettes colorés sont exposés de sorte à ce qu’il soit presque impossible de ne pas trouver son bonheur.

Un peu plus loin, plusieurs brasseries de saké se font face, reconnaissables aux sakebayashi – de grosses boules de branches de cèdre compactées pendues au-dessus des portes. On en teste une qui propose, pour l’achat de quelques jetons, de gouter plusieurs échantillons de leurs meilleures ventes et de repartir avec un petit verre.

Vers 17h, on se fait à nouveau surprendre par la brusque fermeture des magasins. A 18h, même les restaurants s’y mettent… les rares restants ouverts ne fonctionnent que sur réservation et l’on se retrouve, après de vaines recherches, au supermarché du coin pour trouver un diner. Sur notre chemin, on prend encore quelques photos du décor avant de rejoindre l’hôtel.

Il est rare que je détaille nos logements mais celui-ci aura été sans aucun doute l’un de nos favoris ! Nos chambres impeccables étaient équipées de douche mais des bains étaient, en complément, mis à disposition. Histoire de tenter l’expérience japonaise jusqu’au bout, on se lance donc !

Nous voilà descendus, hommes d’un côté et femmes de l’autre, au niveau des bains d’une propreté parfaite. Un large vestiaire permet de laisser toutes ses affaires mais aussi de disposer, pour le retour, de plusieurs coiffeuses avec sèche-cheveux, savon, crème pour les mains et crème pour le visage. On trouve aussi des pyjamas tout doux mis à disposition des clients. Tradition oblige, on commence par se doucher sur les petits tabourets alignés face au mur avant de se glisser dans l’eau chaude des bains. Par chance, ma première visite se sera faite en solitaire et aura donc été particulièrement appréciée ! A la sortie, des glaces à l’eau étaient disponibles pour se remettre de cette bulle de chaleur… En bref, une expérience parfaite !

Installés le soir dans le hall pour prendre notre repas, on croisera d’ailleurs un grand nombre de visiteurs en pyjama, les jours encore roses de la chaleur des bains…

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le cœur de Takayama, tout en bois

Coté pratique

Les activités

Shirakawa-gō
1000Y pour le parking
Lien utile : https://www.kanpai.fr/fujiyoshida/pagode-chureito-arakurayama-sengen

Péage de Magome à Takayama en passant par Skirakawago : 6490Y

Le logement

Hotel Wood Takayama, 506-0845 Gifu, Takayama, Kamininomachi 80-2L’un des meilleurs logements que nous ayons eu. D’une propreté impeccable, idéalement situé, il propose plein de petites attentions pour un séjour cocooning.

Les repas

Nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés. Le choix n’y manque pas et cela nous a permis de partager quelques expériences culinaires !

De Magone à Tsumago

10 avril 2023

Après avoir testé melon pan (qui n’a absolument pas le goût de melon) et gâteau au thé matcha pour le petit déjeuner, nous filons en direction de Magome. Situé au cœur de la vallée de Kiso, entouré de montagnes, ce village traditionnel est construit directement de part et d’autre de l’historique Nakasendo.

Cette ancienne route traversait les Alpes Japonaises pour relier les villes de Kyoto et Tokyo à l’époque Edo. Dessinée sur plus de 500 kilomètres, elle permettait de commercer mais offrait aussi, par le biais de l’identification de dizaines de villes-étapes, de multiples possibilités pour les voyageurs de se restaurer et de se reposer. Seule une petite partie de cette route ancienne a été préservée, la plus belle étant l’objet de notre visite du jour !

Dès les premiers pas sur les pavés gris de Magome, on est charmés par l’architecture typique, les boutiques d’artisanat et les stands de street food fumants. Dans cet univers de bois et de minéral, une large place est faite à la végétation, accentuant encore le charme du village. Le hameau est plein de vie : les randonneurs se promènent paisiblement au soleil, les commerçants sont chaleureux et souriants. Pourtant, là encore tout est calme. Seul le petit ruisseau d’eau fraiche canalisé qui court tout du long s’agite, activant au passage quelques moulins.

Juste à côté de notre hôtel, un petit stand d’oyaki, délicieux petits pains cuits à la vapeur et fourrés de viande ou de légumes juteux, nous accueille à bras ouverts. On s’y arrête avec joie avant d’entamer la balade de 8km vers Tsumago, savourant autant nos petits pains que cette ambiance pleine de sérénité.

Le sentier en lui même, à la sortie du village, est parfaitement balisé et se fait sans difficulté. Le premier tiers de la randonnée grimpe un peu, traversant forets et hameaux peu fréquentés. Quelques panneaux indiquent la présence d’ours dans ces lieux mais nous n’en auront pas vu la moindre trace.

Les deux derniers tiers descendent, eux, tranquillement jusqu’à Tsumago. A mi-chemin, on découvre une maison de thé ancestrale au cœur sombre et enfumé, entourée d’arbres en fleurs. Malgré les quelques randonneurs installés là, seul le bruit de l’eau remplissant une fontaine trouble la paix des lieux.

On poursuit alors dans vers une partie plus boisée et ombragée dans laquelle se nichent quelques petits sanctuaires. Des sculptures de pierre grise, aux traits effacés et perdues dans la mousse, ont été posées là, par petits groupes, le long de la route à l’abri des arbres.

Au moment d’arriver sur la route goudronnée, un court détour permet de prendre une bouffée de fraicheur entre deux cascades. Si elles ne sont pas spécialement intéressantes, elles permettent de récupérer un sentier plus agréable que la route.

Tsumago apparait finalement au bout de la route. Plus petit, plus plat aussi, que Magome, le village semble également plus sombre et plus ancien. Les maisons sont d’un bois presque noir aux portes basses et l’ombre des montagnes a envahi le décor. On le traverse dans le calme, ne trouvant que quelques maisons témoins d’une autre époque et échoppes d’artisanat. Au bout de la route, la gare routière nous permet de revenir rapidement sur nos pas par un système de navette bien rodé.

Le trajet en bus achevé, on retrouve la jolie Magome à l’heure où tout s’agite. La plupart des randonneurs sont rentrés et déambulent dans la rue principale. Il ne faut pas trainer si l’on souhaite acheter un souvenir ou un repas car la plupart des magasins ferment dès 16h30. A 17h, tout est clos. On attend un peu pour ressortir sous les lumières de fin de journée, lorsque la village est encore plus beau sous des nuances dorées. Pour ma part, cette journée aura été ma préférée du séjour. Ce décor n’est-il pas magique ?

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’arrivée au village de Magome, magique !

Coté pratique

Les activités

Randonnée de Magome à Tsumago (8km)
La Nakasendo peut se faire à pied sur toute sa longueur mais le tronçon de Magome à Tsumago est le plus réputé pour la beauté de son décor. Il est également possible de pousser jusqu’au village suivant (Tsumago – Nagiso, 3.6km) en veillant bien aux horaires de retour des navettes. Les deux sens sont possibles mais la montée est plus longue si l’on part de Tsumago.
Navette entre Magome et Tsumago : 4 AR / jour entre 10h30 et 17h (600¥)
Lien utile : https://kowala.fr/magome-a-tsumago-infos-pratiques-parcourir-nakasendo/#BusRetour

Péage de Matsumoto à Magome : 3860Y

Le logement

Magome Chaya, 508-0502 Gifu, Nakatsugawa, Magome 4296 , Japon, Nakatsugawa
Nous avions choisi un logement en plein cœur de Magome pour profiter un maximum du village. Il dispose d’une petite place de parking à l’arrière, rarement utilisée et parfaite pour nous. Les chambres sont dans un style traditionnel avec futons et les douches communes comme souvent en dehors des grandes villes. L’établissement n’a, en soi, rien de marquant mais il propose des repas et est très bien placé.

Les repas

L’hôtel choisi proposait une option pour le diner et une pour le petit déjeuner.

Le diner était excessivement copieux et dans un style traditionnel présentant à la fois soupe, légume frits, viande crue, poisson, sobas… pour autant, et surtout compte tenu du prix, nous ne l’avons pas trouvé inoubliable. Le petit déjeuner en revanche est vraiment à conseiller. Nous avons eu du thé, du riz, de l’omelette, du poisson, des algues nori… tout était très bon.

Si on s’y prend suffisamment tôt, il est possible d’acheter beaucoup de choses dans le village et de diner avec ses emplettes une fois les magasins fermés. Nous avons par exemple adoré les petits oyaki, tout de suite à gauche en sortant de l’hôtel.