Le désert des pinnacles

11 décembre 2023

Il est désormais temps de regagner Perth avant la dernière étape de notre voyage : Singapour ! Nous sommes encore à plus de 6h de l’aéroport et avons envisagé deux arrêts hauts en couleur pour conclure ce court road trip.

Le premier de la journée sera le Hutt Lagoon, l’un des quelques pink lakes dispersés sur le territoire australien. Sa couleur, qui varie notamment en fonction de la météo, est provoquée par une micro-algue spécifique aux eaux très salées. On peine un peu à trouver une véritable entrée au site alors on finit par se garer un peu au hasard sur le bas-côté. Il faut bien admettre qu’on est un peu surpris arrivés sur place. Nous avions repéré des photos d’une large étendue d’un rose vif et découvrons finalement une immense croûte de sel, bordée de quelques flaques colorées. En revanche, on retrouve bien les nuances de rose et de violet, sans doute plus marquées sur les photos qu’en réalité.

Après un court arrêt, nous reprenons donc la route en direction de Cervantes. Autour de nous, le décor change peu à peu. Les terres arides et ocres laissent place à des champs, à des milliers de moutons puis à des zones progressivement plus vertes.

C’est pourtant dans une zone très minérale que nous terminons notre journée. Le Désert des Pinnacles, situé dans le parc national de Nambung, est en effet célèbre pour ses structures géologiques dispersées au milieu d’un désert de sable jaune.

Il faut reconnaitre que l’endroit est un peu surréaliste. Au milieu de ce sable de couleur vive, d’étonnants pics de calcaire surgissent du sol, un peu à la manière de nos menhirs bretons. On en trouve de toutes les tailles et de toutes les formes, les plus grands atteignant près de quatre mètres.

L’origine de leur formation est encore assez mal connue. L’hypothèse la plus répandue est que la roche serait formée de milliers de coquillages, échoués sur le rivage de l’océan, tout proche, et transportés dans les terres par la force du vent. Au fil du temps, ces coques auraient donné le sable particulier du désert. A force d’érosion, une partie des coquillages aurait, elle, formé ces roches calcaires caractéristiques de Nambung.

Arrivés en fin de journée, on observe les changements de couleurs et d’ambiance de cette zone mystérieuse avec intérêt, profitant même des derniers rayons du soleil, au loin sur les dunes blanches de Lancelin.

Sous un ciel presque sans nuage, on savoure nos derniers instants en admirant les étoiles dans un décor digne d’un film de science fiction. Conscients de n’avoir eu qu’un très bref aperçu du pays, on se dit déjà que nous devrons revenir pour mieux le connaitre…

Étonnante cette Australie non ?

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les étoiles au dessus des Pinnacles

Coté pratique

Les activités

Nambung national Park
A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de $17 par jour et par véhicule.
Les Park Pass peuvent être intéressants en fonction de votre itinéraire et il en existe plusieurs formules regroupées ici : https://shop.dbca.wa.gov.au/collections/park-passes
De notre côté, nous avons opté pour un « holidays pass ».

Le désert des pinacles se visite en voiture sans difficulté et il est possible de s’arrêter un peu partout sur le bord de la route pour explorer les lieux à pied. Il existe également une option piétonne cependant, la boucle est assez courte (2km). Aussi, il n’est pas utile de prévoir d’y passer plus de 2h… à moins de vouloir faire des photos de nuit !

Le logement

Cervantes Pinnacles Motel, 7 Aragon Street, 6511 Cervantes, Australie
Un motel assez basique mais proposant une piscine. Idéalement, demandez les chambres 23 à 29. Par contre, nous avons eu la mauvaise surprise de découvrir que, à cette époque de l’année, le restaurant était fermé comme la plupart des commerces aux alentours…

Les repas

Sur le pouce faute de mieux !

Kalbarri NP

9 et 10 décembre 2023

Sur la route déserte et aride allant de Shark Bay à Kalbarri, on ne croise quasiment pas âme qui vivent. Quelques camions aux proportions démesurées, une dizaine de SUVs et le vide, la poussière et le vent chaud. Pourtant de temps à autre, un mouvement attire notre attention. On croise d’abord une famille d’émeus, particulièrement courants dans ces régions mais on devine aussi, plus discrète, une forme étrange sur le bas côté.

L’occasion pour nous d’un arrêt un peu brusque pour découvrir une bestiole dont nous n’avions même jamais entendu parler : l’échidné ! D’apparence proche d’un hérisson croisé avec une taupe, c’est en réalité un petit marsupial d’environ 35 cm aux impressionnantes pattes griffues. En cherchant à l’identifier, on découvre avec surprise qu’il fait partie des rares animaux à pouvoir pondre des œufs et ensuite allaiter ses petits, comme l’ornithorynque !

Le parc national de Kalbarri se divise en deux zones géographiques : une côtière et une en plein cœur du désert rouge. Cette dernière est majoritairement constituée de gorges et de canyons qui s’étendent sur des kilomètres le long de la rivière. Nous avions d’abord envisagé de découvrir le parc en suivant le sentier « The Loop » mais les températures caniculaires de la saison nous ont contraints à changer nos plans. En effet, en cas de grosses chaleurs, les rangers interdisent carrément l’accès, jugeant la balade trop dangereuse.

Encore une fois seuls dans le parc, on opte donc pour une visite sous les derniers rayons du soleil avec un arrêt sur différents points de vue et notamment la Nature’s Window, icône du parc accessible après avoir parcouru un sentier de quelques centaines de mètres. Si l’arche n’est pas aussi impressionnante que les formations américaines, l’endroit reste charmant avec ses couleurs dorées et sa vue sur les méandres de la Murchison. Cette zone du parc abrite quelques colonies de wallabies des rochers mais nous n’aurons malheureusement pas la chance d’en croiser.

Le ciel étant particulièrement dégagé ce soir là, on termine notre journée sous les étoiles de Kalbarri par une petite session d’exercice à la photo de nuit. Dans le silence de la nuit noire, on croit un instant mourir de peur en entendant du bruit dans les broussailles et en découvrant deux yeux réfléchissant la lumière de la frontale… avant d’apercevoir un kangourou détallant devant notre trépied… Quels aventuriers !

La seconde partie du parc est une région côtière baptisée Kalbarri Coastal Cliffs, située au Sud de la ville de Kalbarri. Toute aussi accidentée que dans les terres, cette zone offre d’innombrables vues sur l’Océan Indien et plusieurs sentiers de randonnée. Malgré l’air de la mer, on conseille de s’y rendre tôt le matin pour limiter l’impact de la chaleur.

Ayant un peu de temps devant nous, on décide de s’arrêter à tous les points de vue, profitant des contrastes entre les tons automnaux de la roche, le bleu de l’eau et le blanc de l’écume. On apprécie particulièrement la plage d’Eagle Gorge avec ses jolis coquillages enfouis dans le sable et la boucle qui relie Mushroom Rock et Rainbow Valley, pour une explosion de couleurs.

Notre matinée nous offre également une découverte dont on se serait bien passés : les mouches. Amenées par le vent du désert, elles sont un véritable fléau à certaines époques de l’année. Tout le long de la balade, on est donc harcelé par ces petites bêtes agaçantes qui se concentrent autour des yeux et de la bouche, à la recherche de minéraux. Si, jusqu’à présent, nous avions été chanceux, leur insistance et la chaleur croissante nous assomment assez rapidement. On rend donc les armes pour quelques heures et optons pour un peu de repos dans notre motel. En fin d’après midi, on retourne pourtant sur les falaises afin d’observer la roche sous de nouvelles lumières avec un coup de cœur particulier pour Pot Alley.

Le soir venu, notre motel nous offre un spectacle étonnant. Dans le stade voisin, occupé par des clubs de rugby en journée, les kangourous ont pris leurs aises. Ils sont plusieurs dizaines a avoir colonisé la pelouse. Assis dans les gradins, on se régale de les observer sous les lumières de fin de journée. On y croise d’imposants mâles bardés de muscles, de jeunes adultes en plein combat de boxe, des petits bouts s’initiant aux jeux de main et quelques mamans paisibles surveillant leurs petits. On reste là longtemps, un sandwich à la main, ravis de cette instant privilégié.

Notre séjour à Kalbarri s’achève ici, au soleil couchant, entre jolies découvertes et regrets sur le climat rencontré ce mois de décembre….

les animaux vus par Ptit Jo

Le kangourou gris (Macropus fuliginosus) mâle est presque deux fois plus gros que la femelle. Il dégage une odeur très forte ce qui lui vaut le surnom de « the stinker« .

L’émeu d’Australie (Dromaius novaehollandiae) peut courir à une vitesse de près de 55 km/h.

L’échidné à nez court (Tachyglossus aculeatus) est, comme l’ornithorynque, un mammifère qui pond des œufs. Mieux encore, il les laisse grandir dans une poche ventrale, comme les kangourous !

Coté pratique

Les activités

Kalbarri National Park
A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de $17 par jour et par véhicule.
Les Park Pass peuvent être intéressants en fonction de votre itinéraire et il en existe plusieurs formules regroupées ici : https://shop.dbca.wa.gov.au/collections/park-passes
De notre côté, nous avons opté pour un « holidays pass ».

Pensez à vérifier les conditions météo car les circuits de randonnée peuvent être fermés, notamment en cas de grosses chaleurs.

Le logement

Kalbarri Palm Resort, 8 Porter St, 6536 Kalbarri, Australie
Un motel sans prétention mais à l’emplacement pratique et entouré de kangourous !

Les repas

Sur le pouce !

Monkey Mia

8 décembre 2023

Il faut être honnête, nous avons beaucoup hésité à venir à Monkey Mia. D’un côté, le secteur est reconnu comme étant l’une des plus belles réserves marines ce qui permet d’aller à la rencontre de la faune. De l’autre, Monkey Mia est aussi un resort un peu bling bling, aux tarifs excessifs et pratiquant le nourrissage des dauphins dans des conditions qui nous laissent mitigés.

En effet, les pêcheurs ont commencé à nourrir les dauphins dès les années 60, attirant peu à peu les dauphins tous les jours à Monkey Mia. La rumeur s’est rapidement répandue et la situation a dégénéré, mettant en danger les animaux. Les autorités ont alors mis en place une sorte de compromis : l’accès à la réserve est payant et permet aux visiteurs de venir observer des nourrissages encadrés, trois fois par jour. La quantité de poissons est limitée afin de « forcer » les dauphins à poursuivre la chasse de leur côté. Parmi tous les visiteurs s’entassant sur la plage, trois sont tirés au sort à chaque session pour donner un unique poisson aux mammifères. Les fonds ainsi récoltés sont normalement reversés à la protection de la réserve.

Tout ça nous laisse tout de même dubitatifs et nous choisissons d’éviter cette activité, préférant opter pour un tour en bateau sur un catamaran réputé pour son soucis de l’environnement. Arrivés sur place et ne comptant pas rester au delà du tour en bateau, on négocie un accès gratuit au quai pour découvrir une longue plage de sable blanc, une eau turquoise et une famille de pélicans.

Le catamaran n’est qu’en partie occupé et on se balade facilement d’un côté à l’autre pour s’installer sur des bancs, le long du rebord ou carrément dans des filets suspendus au dessus de l’eau. L’air du matin fait du bien sous un soleil déjà haut et un ciel sans nuage. Tout semble parfait.

La balade en bateau dure environ deux heures dans la Shark bay, peu profonde et tapissée d’une des plus larges prairies d’algues au monde. Cette réserve abrite notamment près de 10 000 dugongs, mammifère marin extrêmement menacé que nous n’avions jamais eu l’occasion d’observer. Cousin du lamantin, il se nourrit presque exclusivement d’herbes marines, en avalant plusieurs dizaines de kilos par jour, ce qui rend les lieux particulièrement propices à sa rencontre. On ne tarde d’ailleurs pas à rencontrer les premiers individus, parfois en solo, parfois en groupe, croisant même plusieurs mères et leurs petits.

En plus des dugongs, on croise plusieurs tortues, raies… et de nombreux dauphins, d’abord à quelques dizaines de mètres puis jouant directement dans les vagues provoquées par le bateau.

De retour sur la terre ferme et n’ayant pas assez de temps pour poursuivre la route jusqu’à Coral bay, il est désormais l’heure d’entamer le retour vers Perth. La route quittant la péninsule propose un certain nombre de points de vue qui valent cependant un petit détour, nos préférés étant les observatoires de Goulet Bluff et Eagle Bluff. Entièrement aménagés, ils offrent une vue sympa sur les nuances de couleurs bordant le parc nation de François Peron ainsi qu’une occasion d’observer raies et requins dans les eaux peu profondes.

Notre dernier arrêt sera la très curieuse Shell Beach, constituée d’un nombre incalculable de petits coquillages blancs (des Fragum Cockle). Il paraitrait que, sous nos pieds, l’épaisseur de coquillage atteint près de 10 mètres sur certaines portions de la plage ! Ici, pas de sable donc, mais du blanc et des petits coquillages à perte de vue.

La Hamelin Pool étant fermée depuis quelques années à cause d’une tempête ayant ravagé le secteur, il ne nous reste plus qu’à retrouver le bush et son aridité, prêts à rejoindre Kalbarri.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La jolie vue depuis Eagle Bluff

Coté pratique

Les activités

Morning Monkey Mia Marine Life Cruise
$126 par adulte
$15 par adulte pour accéder à la réserve
Comme souvent dans le pays, les activités sont couteuses et c’est particulièrement vrai à Monkey Mia. Néanmoins, la balade se fait dans de bonnes conditions, le bateau est agréable et l’approche se fait dans le respect des animaux. On en garde donc un bon souvenir !
Pour plus d’infos : https://perfectnaturecruises.com.au/

Le logement

Bay Lodge, 113 Knight Terrace, 6537 Denham, Australie
Sans doute la déception du séjour. Les photos sur booking nous avait paru sympa. En réalité, nous sommes tombés sur un motel en travaux, aux chambres pas très propres et au service inexistant : personne à l’arrivée et personne au départ.

Les repas

Sur le pouce, faute de mieux !
Denham hors saison est particulièrement calme et, à cette époque, même le supermarché ferme en début d’après midi. Attention donc à prévoir vos repas en avance.

François Peron NP

7 décembre 2023

C’est avec un enthousiasme énorme que nous débutons notre balade en direction du Cape Peron. Jens, notre guide du jour, vient nous chercher directement devant notre motel pour une journée dans des contrées au sable coloré qui nous ont sacrément fait de l’œil au moment de préparer l’itinéraire.

Si le début du chemin n’a rien de très exotique, on arrive rapidement à une portion de route couverte de sable où dégonfler les pneus devient indispensable. L’espace d’un instant, entourés de tout cette poudre orangée, on repense à notre aventure en Namibie où nous étions restés ensablés pendant des heures… Ces couleurs flamboyantes sont en réalité dues à du fer présent en quantité sur la côte de Shark Bay, au dessus de Denham.

Il n’y a pourtant pas que des couleurs de feu dans le parc François Peron. Autour de nous, de grandes étendues vertes prennent racine dans ce sol étrange. Elles abritent pas mois de 700 espèces de plantes différentes dans toute la baie et représentent un refuge pour les petits animaux, tant pour se protéger des variations de température que des prédateurs.

En parlant de petite bête, Jens arrête la voiture en urgence et nous fait descendre de son bolide. Il vient de repérer, sur le bord de la route, un petit lézard d’une dizaine de centimètres à peine : le thorny devil. Cette petite bête surprenante me plait tout de suite avec ses airs préhistoriques. Il est très important de ne pas les toucher car ces petits diables ne sont pas capables de boire par la bouche : ils aspirent l’eau, par la peau, dans de petites mares. Toute trace de crème solaire ou de savon les mettrait donc en danger, d’autant plus que leur instinct les pousse à rester immobile en cas d’alerte et à ne pas s’enfuir.

Autrefois relativement courant dans le secteur, le thorny devil a presque disparu depuis le COVID, victime des habitants de Western Australia venus visiter le parc par leur propres moyens sans aucune vigilance sur la faune locale… Avec beaucoup de tristesse, on découvre donc qu’une part importante de ces petits animaux a été victime de la route en moins de deux ans.

A notre arrivée au Cap Peron, on est tout de suite impressionnés par les couleurs de notre environnement. Des dunes oranges ponctuées de végétation d’un vert aux reflets bleutés ou argentés se fondent dans des plages de sable blanc. La mer arbore de jolies nuances de bleu, non pas en raison de différences de profondeur mais plutôt car de larges prairies d’herbe marine couvrent une partie des fonds marins. Depuis le sommet des dunes, on observe d’imposants groupes de cormorans ainsi que quelques dauphins venus chasser de petits bancs de poissons tout près de la plage. Les lieux paraissent magiques, presque irréels.

En remontant la plage à pied, on change de perspective. Les nuances de couleurs du sable apparaissent plus clairement, au contraire de la faune marine qui disparait sous cet angle, se fondant dans les vagues. Un air frais balaie le décor, rendant la chaleur très supportable voire presque agréable. On profite un moment des lieux, scrutant la mer à la recherche d’autres animaux. Avant de partir Jens, notre guide, nous propose un morning tea avec petits gâteaux, tasses de thé aux couleurs de la compagnie et nappe à carreaux !

Un peu plus loin, le Skipjack Point est aménagé par le biais d’une plateforme en plastique recyclé qui offre plusieurs points de vue sur la baie. On y trouve plusieurs panneaux explicatifs sur la faune locale qu’on observe un bon moment depuis les hauteurs. De là, on aperçoit assez rapidement une tortue, plusieurs petits requins et deux cowtail stingrays (littéralement les raies à queue de vache, reconnaissable à la sorte de plumeau noir qu’elles arborent au bout de la queue). On est vraiment étonnés de leur proximité avec le rivage dans ces eaux peu profondes. Là encore, des nuées de cormorans ont élus domicile, à tel point qu’un coup de vent bien orienté nous irrite les narines !

Sur les abords de Bottle Bay, aux couleurs moins exotiques, Jens nous prépare un lunch frais. On tente une session de baignade mais l’eau est vraiment fraiche et agitée. A cette heure, le vent s’est levé sur la baie et il s’accentuera jusqu’en fin d’après midi. Le sable s’infiltre partout dans nos affaires mais le soleil réchauffe l’atmosphère. Au tour d’une tortilla, on discute de tout et de rien : la réputation de pays dangereux, finalement assez infondée, de l’Australie, l’histoire du pays, la gestion des animaux sauvages et le cas difficile des kangourous.

Avec une surprise non dissimulée, on apprend que plusieurs millions d’entre eux sont abattus chaque année. En effet, avec l’installation de points d’eau un peu partout pour abreuver les cheptels de moutons et bovins, leur population a cessé de s’autoréguler et à exploser, rendant la cohabitation avec les éleveurs difficiles. C’est finalement tout un business qui s’est construit autour de cette problématique puisque, désormais, la viande est couramment utilisée pour la nourriture animalière et le cuir de kangourou est très souvent employé… pour des baskets !

On terminera finalement cette journée de découverte sur la Gregory Beach pour une dernière observation des couleurs de Shark Bay et du parc national François Peron, résolument emballés par cette excursion.

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’incroyable vue depuis le Cap Peron

Coté pratique

Les activités

Explorer Tour (Full Day) avec Naturetime
Malgré le tarif (comptez jusqu’à $150 par personne pour les formules les plus complètes) certes élevé, nous avons passé une magnifique journée à explorer le parc et n’avons vraiment aucun regret.
Pour plus d’infos : https://www.naturetimetours.com/tours/shark-bay/kennedy-range/mt-augustus/francois-peron-national-park/

François Peron National Park
Il faut vraiment être équipé et maitriser la conduite dans le sable pour envisager de découvrir le parc seul et, même là, toute la connaissance des guides ferait défaut. Toutefois, c’est possible. A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de $17 par jour et par véhicule. Les Park Pass peuvent être intéressants en fonction de votre itinéraire et il en existe plusieurs formules regroupées ici : https://shop.dbca.wa.gov.au/collections/park-passes
De notre côté, nous avons opté pour un « holidays pass ».

La meilleure saison pour visiter le parc va de mai à septembre. Il fait moins chaud et, s’il a plu, on peut assister à la période de floraison. Les mois de janvier à mars sont, eux, particulièrement déconseillés en raison de la chaleur et le vent du désert amène des nuées de mouches très oppressantes. Enfin, d’après notre guide, il faut vraiment éviter la deuxième quinzaine de décembre où le parc est envahi de vacanciers locaux.

Le logement

Bay Lodge, 113 Knight Terrace, 6537 Denham, Australie
Sans doute la déception du séjour. Les photos sur booking nous avait paru sympa. En réalité, nous sommes tombés sur un motel en travaux, aux chambres pas très propres et au service inexistant : personne à l’arrivée et personne au départ.

Les repas

Sur le pouce, faute de mieux !
Denham hors saison est particulièrement calme et, à cette époque, même le supermarché ferme en début d’après midi. Attention donc à prévoir vos repas en avance.

La cote depuis Yanchep

4 décembre 2023

Le retour de Rottnest Island nous parait un peu long puisque, en plus du ferry, il nous faut regagner l’aéroport pour récupérer notre voiture de location : un large SUV blanc (pour le moment). Il est donc relativement tard lorsqu’on quitte Perth pour parcourir nos premiers kilomètres sur la route Australienne. Même un peu pris par le temps, on opte pour un arrêt dans le petit parc national de Yanchep, souvent délaissé des voyageurs.

Contrairement à ses plus proches voisins, le parc n’est en effet pas spécialement reconnu pour ses paysages ou ces structures géologique étonnantes. Il est surtout prisé des amateurs de botanique et d’ornithologie. Pour nous, il représentait surtout un arrêt au calme dans une zone de fraicheur, de verdure… et de kangourous !

Ils sont en effet des dizaines à apparaitre dès le parking du parc où seuls deux autres voitures sont arrêtées. Après quelques dizaines de kilomètres parcourus en plein soleil, on est assez surpris de trouver ici de grandes étendues d’herbe verte et de larges secteurs ombragés. Visiblement, les plus célèbres de marsupiaux apprécient eux aussi cet oasis de fraicheur et ont largement colonisé les pelouses bordant les bâtiments principaux.

On passe donc un certain temps à les observer de près, amusés par tout un tas de petites scènes de vie. Les grands mâles gardent un œil sur la situation, certains, tout juste adultes, sautillent dans tous les sens et les jeunes tentent encore, avec plus ou moins de succès, de squatter le ventre de leur maman malgré leur gabarit déjà important.

Les kangourous ne sont pas la seule animation du secteur et on est assez étonné par le nombre d’oiseaux qui évoluent dans un si petit secteur. On découvre des cacatoès colorés, des perruches mais surtout les kookaburra, endémiques d’Australie, qu’on repère au son bien avant de les distinguer dans les arbres. Leur chant sous forme de rire grave retentit largement entre les grands arbres de Yanchep.

Les randonnées proposées étant un peu longues pour le temps disponible, on opte pour une balade rapide le long du centre du parc, passant devant l’auberge et au bord des marais où de nombreux oiseaux évoluent encore. Dans un petit jardin fermé, perché dans un eucalyptus, on croise même un koala en pleine sieste. S’ils ne vivent pas en liberté dans les environs, cela offre quand même une opportunité de les observer de près sans trop les déranger. De grands et magnifiques saules pleureurs bordent le sentier qui nous ramène à la voiture, souvent entourés de quelques kangourous fouillant dans l’herbe. L’occasion de les observer une dernière fois avant de reprendre la route.

5 décembre 2023

Après une nuit d’étape à Cervantes, nous reprenons la route Australienne qui arbore désormais des paysages tels qu’on les imaginait : large bande de goudron, panneaux jaunes et poussière orange au milieu de grands espaces vides. Outre les SUV parfois impressionnants, on croise aussi d’improbables camions tractant jusqu’à trois remorques. Au fond, on aime assez ces grandes étendues de rien qui nous rappellent un peu l’Ouest américain.

Pour rejoindre le Nord, on décide d’un arrêt au Lesueur National Park. Celui ci est tellement petit et méconnu qu’il n’existe pas de réelle structure d’accueil. Une route panoramique le traverse de bout en bout, proposant à l’entrée une simple boite aux lettres pour le paiement des frais. Plutôt orienté pour les amateurs de botanique, ce parc propose tout de même quelques sentiers de randonnée.

On tente alors le Yued Ponar Trail, tout au bout de la route panoramique. On évolue au milieu de rien sur un sentier sablonneux qui serpentent au milieu d’arbustes. Soudain, des buissons s’agitent et un kangourou visiblement peu habitué à croiser du monde détale devant nous, surgissant de nul part. L’histoire ne dit pas qui de nous ou du marsupial aura eu le plus peur dans l’histoire… Même s’il est encore tôt, on souffre très rapidement de la chaleur et on finit d’ailleurs par renoncer à terminer le chemin en cours de route, peu convaincu par le décor. Le parc a sans doute plus de charme au printemps, lorsque que les différentes fleurs apparaissent que la température est plus clémente. Tant pis, la route nous attend toujours !

les animaux vus par Ptit Jo

Le kangourou gris (Macropus fuliginosus) mâle est presque deux fois plus gros que la femelle. Il dégage une odeur très forte ce qui lui vaut le surnom de « the stinker« .

Le koala (Phascolarctos cinereus) ne mange que les feuilles de certaines espèces d’eucalyptus. Ils passent donc le plus clair de leur temps dans les arbres.

Les cacatoès corella (Cacatua sanguinea) seraient près d’un million en Australie !

Le martin-chasseur géant (Dacelo novaeguineae), aussi appelé kookaburra est reconnaissable de loin grâce à son chant aux airs de rire machiavélique.

Le cacatoès rosalbin (Eolophus roseicapilla) est particulièrement courant en Australie, on en croise parfois des groupes de plusieurs dizaines individus.

La perruche à collier jaune (Barnardius zonarius) vit dans les forêts denses d’eucalyptus et dans les semi-déserts torrides.

Coté pratique

Les activités

Yanchep National Park
A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de $17 par jour et par véhicule.
Les Park Pass peuvent être intéressants en fonction de votre itinéraire et il en existe plusieurs formules regroupées ici : https://shop.dbca.wa.gov.au/collections/park-passes
De notre côté, nous avons opté pour un « holidays pass ».

Plusieurs randonnées sont possibles mais nous n’avons pas pu les envisager faute de temps. Vous trouverez toutes les informations ici : https://exploreparks.dbca.wa.gov.au/park/yanchep-national-park

Le logement

Cervantes Pinnacles Motel, 7 Aragon Street, 6511 Cervantes, Australie
Un motel assez basique mais proposant une piscine. Idéalement, demandez les chambres 23 à 29. Par contre, nous avons eu la mauvaise surprise de découvrir que, à cette époque de l’année, le restaurant était fermé comme la plupart des commerces aux alentours…

Les repas

Sur le pouce faute de mieux !

Rottnest Island

1er décembre 2023

Après un séjour arrosé en Indonésie, nous voilà débarqués vers 1h du matin à l’aéroport de Perth, quasi désert. On retrouve ici une expérience de douane à l’américaine, le risque biologique en plus. Partout, des pancartes rappellent qu’il est interdit d’importer nourriture, plantes, terre ou animaux… si nos vêtements ont eu le temps d’être lavés avant le départ, on s’inquiète un peu de l’état de nos chaussures de randonnée après des jours à arpenter la foret de Sumatra et on s’imagine déjà ressortir en chaussettes… Par chance, on tombera sur un douanier immense qui emmènera nos baskets en « cellule de décontamination » et nous les rendra toutes propres et sèches après un peu d’attente, ouf !

Dans l’aéroport, des sapins arborent des décors en fleurs exotiques et un koala géant lumineux est paré d’un bonnet de père Noël. Pourtant, dehors, la chaleur nous surprend après une expérience de saison des pluies particulièrement humide. Lessivés, on se laisse transporter jusqu’à Fremantle où nous attend notre première aventure.

2 décembre 2023

Chatouillés par les rayons chauds du soleil, on ouvre les yeux sous un ciel d’un bleu intense dans une ambiance cocooning so british des plus charmantes. Pourtant, à peine le petit déjeuner avalé, on file vers les docks pour entamer la seconde grande expérience de notre voyage : Rottnest Island. Cette petite île au large de Perth aurait presque suffit à elle seule à justifier notre voyage en Australie. A défaut, c’est elle qui nous a décidés à tenter la côte Ouest, souvent délaissée au profit de Sydney et Cairns.

Rottnest Island, Rotto pour les intimes, est pourtant réputée pour son charme, sa tranquillité (aucun véhicule motorisé), ses eaux aux multiples nuances de bleu et ses jolies plages. C’est aussi, et surtout à nos yeux, le seul endroit au monde où il est possible d’observer les quokkas. On embarque donc, téléobjectif dans le sac, pour une nouvelle rencontre animalière !

Le ferry nous dépose dans le secteur de Thomson Bay où s’alignent les quelques hôtels, commerces et restaurants de l’île. Toute l’activité se concentre sur ce petit front de mer animé où le vélo règne sans partage. En ce début de weekend, la baie semble bondée, peuplée essentiellement d’Australiens venus passer une journée de détente. Partout les terrasses débordent de monde et on s’imagine assez mal partis pour rencontrer nos petits marsupiaux… Avant toute chose, on file récupérer nos montures pour pouvoir nous déplacer facilement durant le weekend. Nos valises, elles, seront directement prises en charge par la compagnie de ferry. Tout est fait pour faciliter la venue des voyageurs !

Cette incroyable facilité d’accès finit pourtant par nous tracasser un peu. On pense d’abord qu’il faudra s’enfoncer dans l’île pour rencontrer les quokkas au calme mais on est très vite surpris de les croiser au cœur même de la baie. On rencontre d’ailleurs un de nos premiers individus sur la terrasse d’un Subway, trottinant entre les touristes dont le comportement laisse souvent à désirer. Bien qu’il soit rappelé partout que ces petites boules de poils sont des animaux sauvages et pas des jouets, on trouve toujours quelques malins prompts à leur courir après où à leur donner à manger… désespérés par ce comportement et un peu inquiets pour la suite, on décide de gagner notre logement.

L’arrivée au camp nous ravit. Des rangées de tentes aménagées s’alignent dans un secteur ombragé et calme bordant une dune de sable. Au pied des tentes, quelques marsupiaux déambulent sereinement sans être dérangés, à peine perturbés par la présence des voyageurs. De l’autre côté de la dune se cache Longreach Bay et son bassin. Sable blanc, eaux peu profondes, mini récifs, le secteur est réputé pour être l’une des rares zones baignables où il est possible de faire du snorkeling. On s’arme donc de masques et de tubas… avant d’essayer de rentrer dans l’eau, franchement pas très chaude à cette saison.

Le soleil nous sèche heureusement rapidement et nous enfourchons nos vélos pour découvrir un petit bout de l’île, jusqu’au phare de Wadjemup. Passées 16h30, on ne croise plus personne ou presque sur les routes et on savoure ce moment de calme. Sur le bord de la voie, on rencontre de petits quokkas nettement plus timides et sauvages que ceux du Subway ! On pose nos vélos, on s’installe pour les regarder et on ne bouge plus. Un petit curieux s’approche, observe et nous sourit presque pour une rencontre douce comme on les aime et qui nous charme complètement.

Le soir venu, on est agréablement surpris par le calme retrouvé de l’île qui n’offre finalement que peu d’options d’hébergement. En revanche, en rejoignant Thomson Bay, on est carrément sidéré du nombre de quokkas qui ont envahi les espaces verts. Ils sont des centaines, le soir tombé, à se promener dans les allées, à fouiller le sol et à ruminer quelques plantes. En groupe ou en solo, de toutes les tailles, de tous les âges. Au bord du chemin, on fait même connaissance avec une jeune maman et son petit mâchonnant des feuilles sans élégance. On fond complètement devant ces bouilles toutes rondes aux airs de peluche, ravis d’avoir fait le choix de rester sur place.

3 décembre 2023

Disposant d’une journée entière, on grimpe sur nos vélos une fois le petit déjeuner englouti avec, pour objectif, de faire le tour complet de Rottnest. On commence par le Sud de l’île et on est assez rapidement surpris par l’aspect vallonné qu’elle arbore. On avait beau l’avoir lu sur différents blogs, les secteurs visités jusqu’à présent restaient relativement plats. Ici, passé le premier arrêt de la navette, on monte et on descend en continu. Avec la chaleur et les sacs plein d’eau, on croise beaucoup de visiteurs qui souffrent un peu sur leurs deux roues.

Chaque coup de pédale nous fait évoluer dans un décor plein de charme qui, parfois, nous fait un peu penser à la Bretagne. Les différentes criques rencontrées offrent des palettes de bleu variées et on s’arrête régulièrement pour observer la mer. On ne croisera aucun marsupial sur le chemin. En revanche, on fait rapidement connaissance avec les impressionnant scinques du roi Woondi à la peau luisante et noire.

On roule ainsi jusqu’à Little Salmon Bay où l’on s’offre une pause snorkeling dans un cadre idyllique. La plage est relativement petite mais suffit amplement à accueillir les visiteurs du jour. Une fois encore, on se fait un peu surprendre par la température de l’eau. Entre les couleurs attrayantes et le soleil, on oublie parfois que nous ne sommes pas vraiment là à la meilleure saison… Abrités par le vent, on se laisse pourtant tenter le long d’un sentier pédagogique sous-marin qui permet de découvrir quelques espèces de poissons locales.

Plus à l’ouest, le décor change et les visiteurs se raréfient nettement. La route perd en couleur, les plages sont plus sauvages, balayées par des vagues puissantes et par le vent. La végétation aussi évolue et, la plupart du temps, on brûle un peu au soleil en remontant ces quelques kilomètres vers l’extrémité de l’île. Pourtant, un petit ilot arboré va nous offrir une pause de fraicheur…

… et de mignonnerie ! Sous un bosquet d’arbres ayant surgi au milieu de nul part, deux quokkas font leur apparition. Mi timides mi curieux, ils s’approchent doucement en sautillant sur leurs étranges pattes arrières. L’occasion d’une nouvelle séance photo !

Finalement parvenus au cape Vlamingh, tout à l’Ouest, nous avons définitivement perdus les autres visiteurs. Nous sommes complètement seuls au bout de l’île qui présente désormais des secteurs plus rocailleux et des eaux plus profondes. Scrutant l’océan à la recherche d’otaries, on tombera finalement sur un groupe de dauphins étrangement agités, enchainant les cabrioles et des scènes de poursuite plus inhabituelles. On reste un long moment là, sur un belvédère, à regarder l’eau, seulement dérangés par le bruit des scinques grattant le sol.

Le chemin du retour se fera tout aussi paisiblement par le Nord de l’île. On traverse encore quelques chemins déserts avant de rejoindre une baie bordée de petites maisons de vacances où les Australiens allument déjà leurs barbecues. De notre côté, on choisit de terminer cette jolie parenthèse sur les bords du Basin, sirotant un cocktail aux derniers rayons du soleil, trois quokkas dans les pattes.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les jolies couleurs de Little Salmon Bay

Coté pratique

Les activités

Rottnest Express pour le trajet en ferry
Pour rejoindre Rottnest Island, on a opté pour un aller/retour avec transport de nos valises sur le ferry et jusqu’à l’hôtel depuis le B Shed Fremantle : $177 à deux. Départ le samedi en fin de matinée et retour le lundi en fin de matinée.
Le bateau propose des places à plusieurs niveaux, en intérieur et en extérieur et la gestion des bagages est vraiment confortable en plus d’être impeccable. En effet, sur Rottnest Island il n’y a quasiment que des vélos et une navette en bus. Les compagnies de ferry proposent donc un service de livraison des bagages jusque devant la porte des chambres d’hôtel. Un vrai bonheur !

Pedal & flipper pour la location de vélo
Pour se déplacer sur l’île, rien de tel que le vélo. Rottnest fait une vingtaine de kilomètres de long et elle est plus vallonnée qu’il n’y parait. Aussi, si vous n’êtes pas un grand sportif, le vélo électrique est vraiment une option confortable !
– vélo classique : $30 la journée (24h)
– vélo électrique : $71 la journée (24h)

Le logement

Fremantle Bed & Breakfast, 5 Mouat Street, 6160 Fremantle, Australie
Un logement particulièrement confortable au charme très britannique et au petit déjeuner sain et varié. Nous n’y sommes passés qu’en coup de vent mais avons apprécié le calme et le repos offert par les lieux.

Discovery Resorts – Rottnest Island, Strue Rd, Rottnest Island WA 6161, Australie
Notre logement plaisir du séjour ! On y trouve de larges tentes « en dur » le long d’allées en bois qui traversent une zone boisée. Une cuisine et une salle de bain sont intégrées dans chaque logement et on peut observer de petits quokkas qui circulent entre les tentes. De plus, un bar restaurant est disponible toute la journée avec une superbe vue sur la mer et sur une plage de sable blanc, bordant un spot de snorkeling. Parfait non ?

Les repas

Frankie’s on Rotto, 342 Somerville Dr, Rottnest Island WA 6161, Australie
Nous avons beaucoup apprécié ce restaurant, calme en soirée, au menu varié et changeant. Idéal pour observer les quokkas le soir venu.

Osaka

20 et 22 avril 2023

Notre périple s’achève par le tour d’Osaka de nuit et nous avons choisi de débuter Shinsekai, quartier signifiant littéralement « nouveau monde ». Nous avions vu partout sur les blogs de voyage et guides touristiques des images de ces rues colorées et animées pourtant empruntes d’une réputation un peu sulfureuse, bien loin de l’image lisse et traditionnelle du Japon. Nous y avons bien retrouvé les façades éclairées et blingbling mais avons été surpris par l’absence complète de visiteurs. Réputé très animé avec ces nombreux restaurants et boutiques, nous nous sommes pourtant retrouvé seuls ou presque dans ce quartier à l’ambiance de Luna Park déserté. Pourtant, l’heure n’était pas si avancée. Même la célèbre Tour Tsutenkaku était éteinte, ne se devinant qu’à peine sur nos images. Aussi, il faut peut être viser une fin d’après midi pour mieux ressentir l’ambiance des lieux.

La rue de Dōtonbori est elle, pleine de vie même à des heures plus tardives. Véritable ovni dans le tranquille Japon, cette longue rue longe le canal du même nom dans une ambiance populaire, bruyante et particulièrement vivante. De chaque côté de la rue s’élèvent des enseignes plus folles et bariolées les unes que les autres : crabe géant animé, poulpes colorés, figures humaines et animales aux proportions gigantesques… et par dessus tout ça, des lumières, partout. sur les rares façades n’étant pas couvertes de moulages et autres pancartes, des écrans géants clignotent dans tous les sens, affichant publicités sur publicités.

Véritable cœur de la vie nocturne à Osaka, on trouve ici des bars et restaurants par dizaines mais aussi des salles de jeux, des cinémas, des bars diverses et variés, des karaokés ou encore des arcades. Toutes les spécialités locales sont représentées sur cette avenue mais ce sont surtout les takoyaki, boulettes à base de poulpe et symboles de la ville, qui sont vendues à tous les coins de rue.

Les bords du canal voisin sont eux aussi animés entre commerces géants, enseignes lumineuses et croisières touristiques. Deux sentiers, relativement étroits, permettent de longer l’eau en étant un peu plus au calme, et encore. Sur chaque pont se presse la foule, véritables lieux de rendez vous des locaux et de photographies pour les visiteurs voulant saisir les reflets des néons sur l’eau. C’est justement sur l’un de ces points que vous pourrez immortaliser le célèbre marathonien de la confiserie Glico, véritable star des lieux. es oreilles pleines de bruit et de musique, les yeux écarquillés devant tant de lumières, il est désormais temps de rentrer faire nos valises.

Notre voyage au Japon s’achève sur les rives des douves du château d’Osaka, dernière image d’un Japon d’un autre temps que nous avons finalement préféré au Japon moderne. Il est temps de refermer ce chapitre avant de nouvelles aventures en Asie… qui ne devraient plus tarder !

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’ambiance loufoque de la rue Dōtonbori

Coté pratique

Le logement

Hôtel Dans Le Coeur Osaka Umeda, Kita-ku Sonezaki 2-15-23, Osaka, 530-0051
Ce logement est à proximité directe de la gare et propose donc un emplacement très intéressant, à proximité de nombreux commerces. Les chambres sont propres mais de taille réduite, comme souvent dans les grandes villes. Il manque éventuellement un lieu pour se restaurer lorsqu’on achète quelques spécialités sur le pouce.

Les repas

Nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés et les petits stands en ville ou dans le grand centre commercial près de la gare. Le choix n’y manque pas et cela nous permet de tester beaucoup de spécialités.
Ceci étant, notre vrai coup de cœur a été le 551 Horai. Installés dans plusieurs coins de la ville, ces stands proposent raviolis et bao juteux qui nous ont régalés deux soirs de suite. On en aurait bien ramené à la maison !

Autour de Bukit Lawang

30 novembre 2023

Après deux jours en dehors de toute civilisation, on renoue ce matin avec le monde des humains. Metha nous propose en effet de découvrir le village en tuktuk avant de rejoindre la capitale.

Nous voilà donc installés dans une sorte de sidecar bidouillé accroché à une mobylette qui pétarade. On se laisse ainsi entrainer le long de la route puis sur des chemins de terre serpentant dans les rizières. Metha nous explique ici la culture du riz et son importance en Indonésie puisqu’il est consommé à tous les repas. Il existe d’ailleurs un nom en bahasa pour chaque étape de sa culture et de sa consommation. Pour illustrer l’importance de cet aliment de base, elle nous précise aussi que l’un des privilèges accordés aux fonctionnaires est l’attribution de 10kg de riz par personne du foyer et par mois. On retrouve également le riz sur l’emblème national, riche de symboles :

  • l’étoile pour la croyance en un dieu unique
  • la chaîne pour l’humanisme
  • le bagnan pour l’unité (la devise du pays est d’ailleurs « l’unité dans la diversité)
  • la tête de buffle pour la démocratie
  • l’épi de riz pour le socialisme et la justice

La balade se poursuit sur les chemins qui s’enfoncent dans la campagne, passant entre les productions de caoutchouc, de bananes, de cacao et de palme. Au milieu ont poussé des maisons un peu partout, certaines au bord de canaux, d’autres plus en retrait pour installer un jardin cultivé. Tout le long de la route, les enfants nous adressent de larges sourires, chantonnant quelques hello en agitant la main. 

A peine descendus de notre tuktuk pour observer une petite plantation de poivre, trois minots se précipitent vers nous pour nous faire un câlin et nous taper la main, bientôt suivi par 4 autres. On s’étonne un peu de tant de joie et d’affection envers de parfaits inconnus mais on partage un petit moment avec eux avec plaisir, au milieu des jardins cultivés. certaines maisons, en plus des cultures, abritent de toutes petites entreprises souvent cachées dans l’arrière cour. Sur le chemin du retour, on s’arrête ainsi pour gouter le sucre de palme tout juste sorti de cuisson et observer la fabrication du tofu.

Notre matinée s’achève par une courte visite du cœur de Bukit, construite sur les rives de la Landak. En rive droit, on trouve beaucoup d’hôtels et chambres d’hôtes accessibles par des ponts de singes et de petits chemins piétons. Coté gauche, sont surtout installés boutiques de vêtements bariolés, cafés et restaurants parfois troglodytes. On est assez surpris par l’étendue de cette ville qui nous paraissait toute petite mais qui, en haute saison, doit grouiller de monde.

Notre voyage s’achève ici. A l’heure de récupérer les valises, un petit singe vient se poser sur notre balcon pour nous saluer. Nous quittons l’Indonésie avec de belles images de rencontres animalières et humaines. La prochaine fois c’est sûr, nous nous laisserons davantage de temps pour la découvrir.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La balade au dessus de la rivière, d’un pont suspendu à un autre

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Hotel Santika Premiere Dyandra, Jl. Kapten Maulana Lubis No.7, Petisah Tengah, Kec. Medan Petisah, Kota Medan, Sumatera Utara 20111
Le cout de la vie en Indonésie nous a permis de prendre ce joli hébergement dans le centre de Medan. Les chambres sont équipées et spacieuses, le petit-déjeuner gargantuesque et une piscine est disponible. En supplément, un salon de massage propose des prestations de très bonne qualité !

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)

Tiongsim Palladium, Jl. Kapten Maulana Lubis No.8, Petisah Tengah, Kec. Medan Petisah, Kota Medan, Sumatera Utara 20231
Juste à côté du Santika, ce restaurant est surtout réputé pour ces pâtes. Nous les avons trouvées bonnes mais sans plus. Les plats ont tendance à être un peu gras et l’anglais est très peu pratiqué.

Au cœur de la forêt

29 novembre 2023

Après une nouvelle nuit passée sous une pluie battante, on est heureux de retrouver le soleil. Trois options s’offrent à nous pour rejoindre Bukit Lawang ce matin là :

  • Rentrer en tubbing sur des chambres à air,
  • Traverser la rivière en bouée et rentrer par un chemin plat mais rapide,
  • Remonter la fameuse pente de la veille et allonger le chemin du retour pour espérer voir davantage d’animaux. 

Après quelques hésitations, c’est finalement cette dernière option que nous retenons et, finalement, on s’en sort mieux que prévu.

Encouragé par notre chance d’hier, on espère désormais rencontré le gibbon noir, timide primate endémique de la région. Udin nous emmène donc dans les endroits les plus indiqués pour le rencontrer. Si on trouve des traces de sa présence, on ne fera malheureusement que l’entendre de loin. En revanche, on croise quelques macaques qui s’écartent à peine du sentier à notre rencontre.

Complètement en dehors du sentier, alors que nous n’avions perçu absolument aucun signe et que nous faisions une petite pause boisson, Udin nous dégote soudain un orang-outan adolescent perché au sommet du plus grand arbre que l’on ait croisé jusqu’alors. Ébahis, on s’enfonce à sa suite dans la foret pour pouvoir l’observer. Juchée sur un arbre mort, je me fais agresser par une envolée de moustiques pendant qu’une sangsue s’attaque à mes chaussettes ! On ne reste donc pas longtemps sur place et on repart rapidement à l’aventure.

C’est finalement à moins d’un kilomètre du lodge que l’on rencontre notre dernier duo. Une maman somnole affalée sur une branche pendant que son petit, âgé d’environ 4 ans, fait de la balançoire dans les branches, portant à 11 le nombre de nos grands singes aperçus en deux jours. En cette saison des amours, les femelles ayant déjà des petits ont tendance à se rapprocher et à exclure les mâles, ce qui explique que l’on en ait croisé aucun.

Il peut paraitre surprenant d’avoir trouvés autant d’orangs-outans, parfois près des humains. En réalité cela est dû au passé du parc. Un centre de réhabilitation était en effet installé à Bukit Lawang. Fermé depuis une vingtaine d’années, des activités de nourrissage des animaux ont tout de même perduré pendant 10 ans, le temps que les grands singes puissent se réapproprier leurs lieux de vie. Certains sont donc encore très habitués aux hommes et ne s’éloignent jamais vraiment de l’ancien centre.

Aujourd’hui, il est strictement interdit de les nourrir, sauf pour une poignée de guides qui ne le font que dans des conditions très spécifiques (pas de nourriture au sol, pas d’approche directe, uniquement les femelles avec des petits…).

L’écolodge apparait finalement et nous sommes accueillis par un groupe de langurs argentés qui sautent de branches en branches autour du restaurant. Au cœur du groupe, on a la surprise de découvrir un petit singe tout jaune. Leur pelage se modifie en grandissant, prenant peu à peu les nuances de gris de leurs familles. On les observe longuement, pas lassés le moins du monde, essayant de relever les différences avec ceux de la foret. Ne sont-ils pas mignons?

Non content de cette aventure, on enchaine avec la visite des batcaves avant de s’autoriser une pause. Nous voilà donc partis de nouveau dans la jungle, dans un univers digne d’Indiana Jones. Frontale sur le front, on évolue de roches en roches sur des pierres luisantes et, parfois, couvertes de mousses. Au dessus de nos têtes, de larges ouvertures laissent entrevoir des arbres envahis de longues lianes. La pluie se met à tomber, rajoutant une touche de mystère au décor. Dans les coins les plus sombres de la grotte, des centaines de chauve-souris, d’au moins deux espèces différentes, ont élu domicile. Pour ne pas trop les déranger, on évite les photos, préférant les laisser le plus possible dans le noir.

Notre excursion dans la jungle de Sumatra s’arrête ici. Il est désormais (enfin) temps de filer sous la douche pour retrouver une apparence normale. On n’aura sans doute jamais autant apprécié ce moment !

les animaux vus par Ptit Jo

Le semnopithèque de Thomas (Presbytis thomasi) est endémique de Sumatra. Il est surnommé Punky Monkey en raison de sa crête de poils bicolores sur le haut du crâne.

La femelle orang-outan n’aura généralement pas plus de 3 bébés dans sa vie ! Ces grands singes peuvent souvent vivre environ 45 ans à l’état sauvage.

Le macaque crabier (Macaca fascicularis) ou macaque à longue queue sont très répandus en Asie du Sud Est, fréquentant aussi bien les forêts que les installations humaines.

Les macaques à queue de cochon (Macaca nemestrina) vivent en grands groupes qui se séparent en groupes plus petits durant la journée pour chercher à manger.

Le semnopithèque à coiffe (Trachypithecus cristatus) a des petits aux poils d’une jaune vif à la naissance, qui virent progressivement vers le gris argenté en grandissant

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)

Les hommes de la jungle

A Valérie, fidèle lectrice de nos aventures. Puisse t-elle en vivre de nouvelles, entourée d’animaux, depuis sa nouvelle demeure.

28 novembre 2023

Le soleil se lève sur la jungle du parc national du Mont Leuser après une nuit largement arrosée. Un peu groggy, on ouvre les yeux sur un décor calme et silencieux. Deux matelas de sol sont installés devant notre tente et du thé chaud nous attend. Au bord de la rivière, les feuilles d’arbres commencent a s’agiter. Une poignée de punky monkeys batifolent dans les branches, tantôt curieux tantôt peureux. L’un d’eux finit par descendre sur la plage et pos’installer dans l’eau, sans se soucier de notre présence. La journée commence bien.

Le petit déjeuner avalé, la randonnée commence par une session de grimpette sur un étroit sentier qui s’enfonce au cœur de la foret. Autant le préciser tout de suite, les amateurs de balade sur des chemins plats et dégagés seront très déçus. Ici, on monte, on descend, on monte encore, on enjambe des arbres, on esquive des racines et on patauge dans la gadoue régulièrement. Le temps, désormais clément, reste chaud et humide et nos sacs à dos pleins n’aident pas à rester secs. On comprend très vite qu’il sera inutile d’envisager de rentrer propre et sentant la rose…

Ce constat fait, on se concentre sur le monde qui nous entoure. La végétation est partout, dans toutes ses formes. Fougères et plantes rampantes occupent les niveaux les plus bas tandis que, plus haut, rotin piquant et arbustes se bousculent. Loin au dessus de tout ça, d’énormes arbres au tronc imposant s’élèvent vers le ciel, ombrageant largement la forêt par des ramifications toujours plus étendues. Un peu partout, des lianes semblent tomber du ciel, précieuses alliées pour gravir des pentes parfois coriaces. On croirait la forêt calme mais, en réalité, elle bourdonne de bruit. Cigales et grillons ne se taisent presque jamais, les oiseaux dissimulés dans les hauteurs poussent d’étranges cris et les hurlements de singe résonnent parfois en toile de fond. Curieusement, ce sont les geckos qui nous impressionnent le plus, surpris qu’une si petite bestiole puisse faire autant de boucan.

Bien sur, nous ne rencontrons pas tout de suite les stars de Bukit Lawang mais chaque nouvelle espèce nous intéresse. Très vite, on croise d’énormes fourmis longues comme un demi pouce. Udin en attrape une pour nous la montrer de plus près, expliquant la différence entre mâle et femelle. Les femelles, plus rependues, ont un abdomen plus long que leur tête. Les mâles, au contraire, ont une tête plus imposante. « Comme les humains » me chuchote t-on dans l’oreillette. Pas le temps de râler. Udin, un petit sourire sur les lèvres, ouvre grand la bouche pour y enfourner la fourmi. On en reste sans voix.

Bien plus vite qu’on ne l’aurait pensé, nos premiers orangs-outans, littéralement « homme de la jungle », évoluent au sommet d’un arbre haut de plusieurs dizaines de mètres. Une mère, dissimulée à la racine des branchages, est accompagnée de son jeune agité. Déjà âgé de quelques années pour s’éloigner autant d’elle, il est visiblement en pleine forme. De loin, on l’observe faire des cabrioles de branches en branches, son pelage roux brillant au soleil. Un autre guide passant près de nous nous indique une seconde femelle près d’ici. Enthousiastes, on file sur le chemin indiqué.

Quelques kilomètres plus loin, bien moins haut perchée mais sans doute mieux cachée dans les arbres, une imposante femelle orang-outan est tranquillement posée sur une branche sur laquelle on n’aurait peut-être pas osé poser le pied. En regardant attentivement, on se rend compte qu’elle cache sous son bras une toute petite tête. On observe patiemment et cela paie.

La femelle se retourne, se rapproche et nous expose désormais son petit pour une jolie séance pleine de tendresse. Ce jeune n’a que quelques mois et, malgré son apparence fragile, semble bien accroché aux poils de son ainée. Le repas de bébé terminé, on a même la chance de les voir regrimper plus haut dans les branches et se construire un nid de branches pour une petite sieste !

Ces grands singes en construisent environ 3 par jour et ne les réutilisent jamais deux fois. Cela leur sert majoritairement pour une petite sieste ou pour la nuit complète. On en trouve donc un peu partout en levant le nez vers la cime des arbres. Amusés de les voir si détendus, on laisse ces deux orangs-outans se reposer tranquillement avant de s’enfoncer à nouveau dans la jungle.

Le nez en l’air (quand on n’est pas occupé à esquiver les racines), on tente désormais d’observer le ciel à la recherche d’autres nids de feuilles fraiches. Au bout d’une heure, c’est cependant une flopée de fruits rouges jonchant le sol qui attire notre attention et nous pousse à redoubler de vigilance. Ils sont là, loin au dessus de nos têtes, points colorés dans un océan de vert. En plein repas, ils laissent tomber sans vergogne des sortes de petites pommes rouges près de nos têtes, pas dérangés le moins du monde par notre présence.

Il est l’heure pour nous aussi de se nourrir. Sous une petite aire de pique-nique, Udin nous offre un plat de riz frit et de crudités enveloppé dans une feuille de banane qui nous redonne un peu d’énergie. Le déjeuner avalé, on fait quelque pas autour de notre abri quand du bruit attire notre attention. Un nouveau duo, probablement attiré par les restes de nourriture de voyageurs négligents, apparait près de nous. Une grande femelle nous observe, longuement, suspendue à un tronc. Au dessus d’elle, les feuillages s’agitent en tous sens.

Ayant finalement décidé de s’approcher de nous, Maman orang-outan finit par attraper d’une main ferme son petit, le percher sur son dos avant de descendre à un mètre du sol attraper ce qui l’intéressait et de remonter en vitesse dans les branchages. Son petit s’empresse alors de se libérer, partant à l’aventure en réveillant toute la foret au passage. 

Les petits orangs-outans restent environ 8 ans avec leur mère et quelque chose nous dit que cette maman va encore avoir quelques années mouvementées !

Saison des pluies oblige, il est désormais temps de se diriger vers notre nouveau campement pour la nuit, campement situé au bas d’une très longue descente présentant des pentes jusqu’à 85 degrés. Sur les bords de la piste, des cordes ont même été installées. Udin nous expliquera plus tard que le principal problème rencontré par les visiteurs de la jungle ne sont pas les piqures ou morsures… mais les fractures. On comprend bien pourquoi !

les animaux vus par Ptit Jo

Le semnopithèque de Thomas (Presbytis thomasi) est endémique de Sumatra. Il est surnommé Punky Monkey en raison de sa crête de poils bicolores sur le haut du crâne.

La femelle orang-outan n’aura généralement pas plus de 3 bébés dans sa vie ! Ces grands singes peuvent souvent vivre environ 45 ans à l’état sauvage.

Le macaque crabier ou à longue queue (Macaca fascicularis) est très répandu en Asie du Sud Est, fréquentant aussi bien les forêts que les installations humaines.

Les macaques à queue de cochon (Macaca nemestrina) vivent en grands groupes qui se séparent en groupes plus petits durant la journée pour chercher à manger.

Le semnopithèque à coiffe (Trachypithecus cristatus) a des petits aux poils d’un jaune vif à la naissance, qui virent progressivement vers le gris argenté en grandissant

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)