Expérience au Titicaca

23 juillet 2019

Après une longue journée de route, nous voilà arrivés tardivement à Puno sur les bords du lac Titicaca. Si l’emplacement avait a priori tout pour plaire, la ville n’a finalement rien de particulier. On en profite simplement pour reconstituer des réserves, manger un morceau et prévoir quelques cadeaux. Demain, nous sommes invités…

24 juillet 2019

Sous un soleil radieux, on descend vers le lac pour une journée d’excursion sur le plus haut lac navigable du monde à quelques 3800 mètres d’altitude. Lac parait d’ailleurs être un terme bien en dessous de la vérité tant son immensité impressionne, il s’étend en effet sur 190km de long et 80 de large entre le Pérou et la Bolivie. Après un court trajet en bateau, nous voilà débarqués sur les îles Uros, petit archipel flottant entièrement conçu par l’Homme à l’aide de roseaux et de terre. Un peu plus de 200 personnes vivent sur ces îles.

Pour la petite histoire, on pense que les Uros sont un des peuples les plus anciens d’Amérique. Pour éviter la sécheresse, ils auraient fui l’Altiplano pour rejoindre les régions côtières avant de s’exiler sur des îles… pour fuir le risque d’invasion Inca cette fois ! Les voilà donc flottants sur l’eau et s’alimentant essentiellement de la pêche et de la chasse aux oiseaux.

Quand on débarque sur le sol de paille, on est directement emmenés sur une place centrale, tous assis en cercle autour de la chef de village. Là, on nous explique la construction des îles à base de racines de totora, tressées puis fixées par des cordes afin de les transformer en blocs compacts. Une île flotte sur une trentaine de blocs sur lesquels on ajoute une couche de roseaux séchés. De lourdes pierres échouées au fond de l’eau assurent la stabilité de l’ensemble. Les roseaux sont régulièrement changés pour assurer la pérennité des îles qui peuvent perdurer pendant près de 30 ans.

Si les groupes de familles ont chacune leur île, l’organisation touristique est bien rodée et basée sur le partage : les bateaux de Puno s’arrêtent à tour de rôle sur chaque morceau de l’archipel pour assurer des revenus équitables dans une population ne vivant plus que de la présence des visiteurs ou presque.

On se balade un moment sur la petite île avant de grimper sur un mirador pas très rassurant pour observer le panorama et, sur l’eau, les bateaux de totora colorés. Après quelques échanges et quelques achats (dont un joli mobile en roseau tressé :)), on vogue vers l’île principale pour faire tamponner notre passeport avant de repartir en balade.

La journée devait se poursuivre paisiblement vers les îles Taquile… le temps en aura décidé autrement. Si le soleil est toujours au beau fixe, le lac, lui, s’agite. Il s’agite même beaucoup. De grosses vagues font tanguer le petit bateau et, à l’intérieur, les premiers passagers déchantent. Un plan B s’improvise et nous filons vers la presqu’île de Llachon, toujours ballotés par les flots. Heureux de poser le pied sur la terre ferme, nous débarquons donc accueillis dans une longue bâtisse meublée d’imposantes tables colorées rapidement remplies de soupes fumantes.

La longue balade sur les bords du lac, entre plage et terres cultivées, nous apaise et achève de nous remettre l’estomac en place. Les couleurs sont douces, chaleureuses. La vie semble paisible une fois le grand lac enfin calmé. Au fil des pas, on tombe sur d’autres voyageurs échoués avec nous sur Llachon, en pleine partie de volley avec les enfants du village. On s’incruste et on se prend la dérouillée du siècle avant de rejoindre nos hôtes du soir.

Chaque groupe de voyageurs est en effet accueilli par une famille pour passer la nuit dans de petites maisons traditionnelles avec vue sur le lac. On rencontre donc la mama tout sourire, son époux, tout en discrétion et son adorable Bodie, petite bestiole surexcitée amoureuse des lacets. On ne parle pas la même langue mais on partage un maté en souriant avant de découvrir une malle pleine de vêtements traditionnels. Ni une ni deux, nous voilà embarqués dans une session d’essayage que jalouserait Cristina Cordula. Ponchos, bonnets, immenses jupes à volants et chapeaux à pompons bariolés, nous voilà plongés dans un tourbillon de couleurs. On tournoie faisant voler tissu et laine d’alpaga, on rigole comme des enfants déguisés en superhéros.

Le soleil se couche et il est désormais temps de rejoindre la grande bâtisse pour le diner. Chacun prend sa part, minime, à coup d’épluchage de carottes et de pommes de terre. En attendant nos assiettes, éclairés à la bougie, on joue au Uno avec des italiens aux règles douteuses, au jenga avec des péruviens moqueurs (même en quechua on comprend !) tout en partageant des Cusqueña fraiches. On ne regrette pas un instant d’avoir changé de plan en cours de route: on se sent bien à Llachon.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Quand on nous a proposé une nuit chez l’habitant, on n’était pas certains d’aimer le concept. On avait peur d’une ambiance bizarre et de sourires forcés… On ne regrette pas un instant de s’être laissés tenter !

Coté pratique

Les activités

Une journée au Titicaca
Cette excursion, très classique, a été organisée par Andes Authentiques Tours qui a également organisé nos réservations d’hôtels et nos transports. S’il est possible de voyager seul au Pérou, nous avons jugé qu’en groupe de 7, la gestion des transports en communs serait trop chronophage et avons opté pour la facilité et le confort d’une agence. De nombreuses agences proposent des expériences à la journée ou avec un nuit incluse.

Le logement

Plaza Mayor Hotel, Jr. Deustua 342, Puno 21001
Des chambres spacieuses et des prestations tout à fait classiques.

Les repas

La casona restaurant, Lima 423, Puno 21001, Pérou
Un excellent restaurant où l’on s’est, encore une fois, régalés avec la soupe au poulet.

Rupha Café, Jr, Moquegua 338, Puno
Un restaurant encensé par certains guides mais qui ne nous a pas laissé de souvenirs particuliers.

Safaris nordiques

10 Septembre 2020

Arrivés à notre dernière étape nature du séjour, nous rencontrons Sylvia, qui nous a organisé ce long weekend, venue nous accueillir directement sur place. Elle nous présente la structure, la région et nous offre une tonne de conseils sur des thématiques variées tout en se renseignant sur notre expérience dans la cabane. Après de longs échanges, on repart avec deux guides de randonnée de la région pour nous occuper entre deux excursions.

A peine le temps de les feuilleter et de défaire nos valises, il est déjà l’heure de retrouver Mikael Nilsson, notre guide pour deux jours. Mike est un grand bonhomme surprenant avec sa carrure imposante, sa coiffure improbable et ses cicatrices. Il nous raconte la création de son agence nature, ses années de pratiques dans la recherche d’animaux sauvages et, dès le départ, l’annonce est faite: en 18 ans, Mike a toujours réussi à trouver dans élans dans la forêt (on nous annonce même un record à 34 élans la même soirée). On y croit déjà !

Autour de la table, chacun se présente à tour de rôle. Le couple belgo-suédois avec qui nous partageons cette expérience nous fait rapidement sourire en nous racontant avec malice leur improbable rencontre…. dans un magasin Ikea ! ça ne s’invente pas. C’est donc avec une troupe de bonne humeur que nous filons en van dans la forêt, paré pour notre premier safari nordique.

Installés au bord d’un lac immense, une tasse de thé en main, on écoute Mike nous partager son savoir. Il nous raconte tout ou presque : la période de rut, la gestion des petits, la lutte de pouvoir pacifique des grands mâles et le lien complexe qu’entretient le pays avec la chasse. Ici, pas de chasse et pas de viande d’élan au menu: Nordic Discovery a des valeurs qui lui ont valu d’être saluée par la Société Suédoise d’Ecotourisme. Une vraie plus-value pour pouvoir observer ces grands animaux respectueusement, comme on aime, un pique nique local-bio-végétarien sur les genoux !

Après un rapide apprentissage de la langue des signes option recherche d’élans, on file en silence dans les bois pour une première tentative sous la lumière du jour. On recherche les traces dans les herbes hautes, on tend l’oreille, on observe avec attention tout en remontant la piste sagement, sans un bruit. Déjà le soleil menace de se coucher et baigne d’une lumière douce les milliers de myrtilles et d’airelles rougeoyantes qui couvrent l’épaisse mousse sur le sol. Après une heure, il est temps de renoncer à notre balade: les élans sont déjà partis. …

On part alors en voiture sur des routes pleines de cailloux, le nez collé à la fenêtre. On aperçoit quelques chevreuils sans plus de succès. Finalement, quand la lumière menace complètement de disparaitre, les premiers élans apparaissent à la lisière des bois. Mike avait prévenu: les élans sont des animaux nocturnes, peureux et apprécient rarement les poses au soleil. Il ne faudra donc pas compter sur eux pour une photographie incroyable! On croise tout de même une mère et son petit, puis un jeune, puis un grand mâle… bientôt, ils seront sept dans l’immense culture qui jouxte la forêt. Dans la nuit presque noire, à la lueur d’une puissante torche, on en croisera encore cinq, paisibles, avant de rentrer au lodge.

11 septembre 2020

Le nez dans notre bol de chocolat, on peine à se décider ce matin là sur notre randonnée. Le guide prêté la veille est plein de promesses et nous finissons par opter pour le coup de cœur de Sylvia. Après quelques difficultés à trouver le point de départ, nous voilà à déambuler tranquillement au bord de l’eau, l’oreille tendue dans l’espoir de percevoir un élan, un castor ou n’importe quel autre animal. L’endroit s’y prêterait sans mal, loin de la route, au cœur de paysages variés et au calme absolu. Les nuances de vert, l’abondante mousse, les myrtilles et champignons colorés nous charment encore et toujours et, le long du chemin, on finit par comprendre la Suède. Loin des roadtrips agités, de notre boulimie de kilomètres, de sites à visiter et d’images incroyables à ramener, la Suède est tranquille. Pour la première fois, on rêvasse à des vacances plus au calme, dans une maison au bord de l’eau, quelque part dans une foret perdue, à des kilomètres des autres habitations. Un instant, on se surprend à envier ces voyageurs installés là pour des jours à parcourir la même foret, sans autre but que de s’émerveiller de choses plus simples et de laisser leur esprit vagabonder.

Nos aventures nordiques se terminent presque. Une dernière expédition nous attend avec Mike. Ce soir, nous partons en canoë à la recherche des discrets castors. Si on repère sans mal leurs ouvrages, il nous faudra près de deux heures pour apercevoir une petite tête voguant sur l’eau. Elle disparait bien vite à notre approche et s’enfonce dans le lac, rejoignant les siens par des chemins impossibles à suivre. On poursuit encore une heure, avec mille précautions, la nuit tombée, une lampe torche visée au premier canoë comme repère. Le vent se lève et le froid commence à se faire sentir sur notre embarcation mais on se sent comme de vrais aventuriers, bravant les éléments à la recherche d’une rencontre mémorable. On croisera finalement deux castors ce soir là, furtivement mais, la sagesse de ce doux pays nous apaise. Peu importe la rapidité de la rencontre au fond, l’expérience, seule, était déjà belle.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Plus que tout, c’est la beauté des forêts qui nous aura marqué. Quel bonheur de se balader en rebondissant sur d’épais manteaux de mousse bien verte.

Coté pratique

Les activités

Nous avons réservé ces expérience avec Amazing Nature Scandinavia. Sylvia, qui nous a organisé trois jours en Suède, a été incroyablement disponible et prévenante : modifications de dates pour nous permettre de faire toutes les activités, recommandations de randonnées, prêts d’ouvrages et de cartes, infos pratiques sur Stockholm… elle nous a accompagnés tout au long du séjour et bien au-delà des activités réservées avec elle. Merci Sylvia !

Pour réserver :
Sylvia Adams – Amazing Nature Scandinavia
Tel: +46 (0)70 230 68 70
E-mail: sylvia@amazingscandinavia.com
Site: https://www.amazingscandinavia.com

Le logement

Nordic Discovery, Handelsbobacken 2, 714 91 Kopparberg, Suède
Nous sommes restés dans le Wilderness Lodge, directement en face des départs pour les excursions. L’intérieur est un peu vieillot mais confortable et le petit déjeuner varié.

Les repas

Pique nique en forêt !

Vers la Dalécarlie

8 Septembre 2020

Nous voici de bon matin embarqués dans de lac nouvelles aventures que l’on espère plus réussies que la veille. Nous filons vers les abords du lac Siljan, au cœur de la Dalécarlie, autre lieu très précisé des Suédois pendant leurs congés. La route est plus vallonnée que d’ordinaire et presque entièrement boisée. Seuls quelques lacs coupent la douce monotonie du décor.

Notre premier arrêt sera l’usine de fabrique des chevaux de bois de Dalécarlie.  Figure emblématique de la Suède mais plus encore de cette région, tant par leur matière que par leur couleur, les petits chevaux de bois rouges étaient à l’origine, sculptées par les bucherons pour leurs enfants. En bons touristes, on s’arrête donc à l’usine pour en savoir plus. Si les locaux sentent bons le bois et si les chevaux sont terriblement mignons, on regrette un peu que la visite ne soit pas plus explicative et vivante. Nos quelques achats souvenirs gentiment suggérés à l’avance rangés dans les sacs (coucou maman ^^), on reprend la route en poursuivant le tour du lac.

Après un bref arrêt à Mora pour une pause pique-nique en bordure du lac, seulement occupé par une multitude de canard bien décidés à partager notre repas, on file vers notre randonnée du jour, dégotée sur un site internet en chemin. Les maisons croisées dans les villages toujours plus petits semblent plus anciennes, le bois vieilli qui les composent d’un rouge plus profond. Pour la première fois, on perçoit une Suède plus profonde. On se gare au milieu de nulle part, près d’un tout petit embarcadère en bordure du lac Alviken, pour commencer la balade par… un tour en barque ! Ici, contrairement aux villages traversés, les maisons ont d’immenses jardins entretenus par de petits robots mais, plus encore, elles ont une vue imprenable sur le lac et l’ile boisée qu’il abrite. Chacun a son propre bateau, accroché le long de la pelouse aux pontons de bois.

On découvre très vite les indications de la balade qui nous expliquent le système de traversée : une barque sur chaque rive en permanence. Après quelques réflexions, nous voilà donc embarqués, ramant péniblement dans les algues pour traverser le lac. Arrivés en face, on patauge dans la boue pour récupérer le second bateau et revenir, chacun dans notre canot, vers le point de départ. On amarre le premier, on repart à nouveau avec le second et nous voilà, au bout d’une bonne heure, enfin prêts à commencer la marche ! Une micro aventure comme on les aime !

Le long de la balade, le décor est changeant. On traverse d’abord une forêt verdoyante, pleine de mousse et de champignons. Les quelques feuillus perdus au milieu des bois ont déjà commencé à rougir et colorent par petite touche ce camaïeu de vert. Plus loin, on longe d’immenses propriétés bordant l’eau, passant au fond des jardins des particuliers, pour finalement déboucher dans une zone humide. Là, le chemin passe directement sur des planches de bois posées au-dessus du sol. Dans les arbres, on trouve partout des cabanes pour les oiseaux, à peine dérangés par nos rebonds sur le bois mou. Après un peu plus de 7km, on retrouve notre bolide bleu électrique, ravis de ne pas devoir rentrer en barque !

Il ne nous reste qu’à tenter notre chance dans un hôtel sur les hauteurs de Rättvik en espérant apercevoir, de là-haut, un coucher de soleil mémorable.

Le coup de coeur de Ptit Jo

Une balade qui commence par des allers-retours en bateau ne peut être qu’un coup de cœur ! Sans doute pas la plus connue des randonnées du lac Siljan, l’Alviken runt nous aura laissé à tous un bon souvenir.

Coté pratique

Les activités

Nils Olsson Hemslöjd AB, Edåkersvägen 17, 792 77 Nusnäs
Pour une visite dans le berceau des petits chevaux

Randonnée Alviken runt, 7.5km. Pour tout savoir, c’est par ici : https://voyagerenphotos.com/2017/02/randonnee-dalecarlie-suede-centrale/

Le logement

Best western Hotell Lerdalshoejden, Mickelsgatan, 795 35 Rättvik
Si les chambres sont un peu vieillottes, l’emplacement sur les hauteurs et la grande salle de restaurant vitrée sont très agréables. Billard, sauna et jacuzzi à disposition. Petit déjeuner buffet.

Les repas

Bella Pizza, Agatan 11, 795 31 Rättvik
Des pizzas particulièrement copieuses et de qualité. En revanche, le personnel ne parle pas anglais