Au cœur des souks

31 mars 2018

Notre journée à la découverte des souks commence dans une ambiance étonnamment tranquille. On s’y prend vers 11h, le temps d’avaler notre immense petit déjeuner et on est à nouveau surpris par le calme. Sous un doux soleil qui chauffe délicatement la peau, Marrakech s’éveille sagement, loin du brouhaha de la soirée. Les stands ouvrent peu à peu et personne ne hèle les passants, même les mobylettes slaloment sans effort et ont arrêté de klaxonner à tout-va. On choisit une rue proche de notre riad avant de s’engager dans les souks au gré de notre inspiration.

Le nez aux vents et le regard errant d’un stand à l’autre, on traverse les ruelles, étudiant les poteries aux décors raffinés, les babouches qui pendent au plafond et les vêtements brodés. Sans y prêter vraiment attention, on déboule sur l’animée Rahba El Kdima, ancien marché au grain envahi de marchandises et porte d’entrée sur de nombreux souks. Les apothicaires y ont élu domicile avec leurs plantes médicinales, poudres odorantes, racines, peaux de bêtes ou lézards séchés (beurk). Un peu plus loin, des centaines de paniers, couffins et corbeilles s’accumulent dans un joyeux bazar coloré. Des tapis suspendus partout face à nous recouvrent des maisons entières et marquent l’entrée du souk Zarbia, incroyablement désert et calme. Quelques timides rayons de soleil s’infiltrent à travers le toit de tôle et donnent un peu de vie à ces allées endormies.

Deux virages plus loin, les ruelles de plus en plus tortueuses s’encombrent de milliers de pièces de ferraille, du lustre majestueux à la babiole la plus anodine. Caverne d’Ali Baba qui brille de mille feux et où résonnent au loin les marteaux des dinandiers, l’endroit regorge des théières, petites lampes ou plateaux ciselés sur lesquels ondule la lumière du soleil ou de dizaines d’ampoules accrochées de toute part. Ça brille. C’est beau. Le souk des bijoutiers voisin déborde lui aussi de breloques qui s’accumulent dans les vitrines ou directement sous les yeux des passants. Au moindre coup d’œil envieux, les marchands vous entrainent dans une série d’essayages au son de traditions plus ou moins ancestrales et de « gazelles » en veux tu en voilà.

On s’enfonce encore dans les méandres de Marrakech quand des rangées de châles et d’étoffes aux mille nuances indiquent l’approche du petit souk des teinturiers. Les écheveaux de laines suspendus au dessus de nos têtes sèchent au soleil. Bleu intense, rouge sombre ou couleurs d’automne ornent des morceaux de bois installés ici et là. Quelques coupelles de colorants trainent sur les étals près de marmites d’un autre âge qui fument abondamment. Au coin d’une rue, on se retrouve emmitouflés dans un chèche indigo avant d’avoir pu dire « ouf ». Seuls les yeux ont été épargnés par ce voile coloré noué habillement par un marchand. D’un geste rapide, il dévoile le visage dans un immense sourire « ça mon amie, c’est la version climatisation berbère ». Comment se faire pigeonner en 3 leçons.

De grandes galeries au plafond de cèdre ont été envahies de vêtements et de babouches de toutes les formes. Elles nous ramènent à la Mouassine, rue pavée aux stands ouverts sur la voie et ornés de volets en bois. On y est presque les seuls touristes au milieu d’une foule dense qui circule entre les pâtisseries, les bazars et les morceaux de viande suspendus à des crochets. On ressort un peu perdus dans une artère où semble se jouer une course de mobylettes qui ne laissent aucune chance aux piétons.

Après des heures de vadrouille, le café Argana offre une pause en terrasse avec vue sur la place Jemaa El Fna et les montagnes enneigées de l’Atlas en toile de fond. Passés les vendeurs ambulants, charmeurs de serpents et hannaya traçant des formes de henné aux couleurs peu naturelles, la Koutoubia s’élève près des vestiges de l’ancienne mosquée. Elle rappelle la Giralda de Séville mais n’est malheureusement pas accessible aux non-musulmans. A ses pieds, baigné de senteurs de fleurs d’orangers, un grand jardin traversé de fontaines ouvre le chemin vers le quartier fortifié.

La Kasbah, entourée de murailles, nous accueille pour le reste de l’après midi. On y trouve les tombeaux saadiens, vestiges d’une civilisation oubliés jusqu’au siècle dernier. L’entrée se fait par un couloir étroit qui débouche dans un jardin insoupçonné de l’extérieur. Les premiers tombeaux, tout de marbre, de cèdre et de stuc sculpté, sont visibles au premier coup d’œil. Pour les autres, plus fastueux, une file d’attente importante serpente le long des allées. Arrivés au bout, on nous presse un peu  pour permettre à tous les visiteurs d’observer les lieux. La visite est finalement assez rapide et il nous faut à peine une heure pour faire le tour du jardin.

La journée s’achève sur les hauteurs de la place Jemaa El Fna avec un couscous aux sept légumes renversant sous des airs de musique orientale au coucher du soleil. Une danseuse rentre dans la salle suivie d’une seconde, les gens se lèvent pour danser au milieu des tables rouges et un petit bout marchant à peine s’avance en tapant dans les mains. Et discrètement, on se laisse surprendre par Marrakech.

Coté pratique

Le logement

Riad Dihya, N 24 Derb Jdid Dabachi Médina, Médina, 40000 Marrakech
Riad plutôt bien situé et proche de Jemaa El Fna. Le petit déjeuner est très copieux et servi sur le toit du riad. Un bémol cependant, il n’y a pas de porte aux salles de bains. A payer en liquide uniquement.

Les visites

Tombeaux saadiens
Entrée par une petite porte à côté de la mosquée El-Mansour dans le quartier de la Kasbah. Entrée: 10Dh. Ouvert tous les jours de 9h à 16h45.

Les repas

Le Marrakchi, 52, Rue des Banques,
Réservation indispensable. Prix supérieurs à la moyenne mais couscous merveilleux. Danse orientale le soir.

Les quatre vallées

29 mars 2018

L’aéroport de Marrakech flambant neuf sent bon le soleil. En quittant le hall vitré, on déboule dans une nuée de taxis. Ça crie, ça interpelle et ça négocie déjà. On s’installe dans une vieille 206 où, surprise, rien n’est prévu pour s’attacher : « La ceinture au Maroc, c’est pour la police ». Ah.

Des mobylettes d’un autre âge pétaradent et couvrent la musique orientale de la voiture. Un air doux entre dans l’habitacle et, quand on oublie d’avoir peur de mourir dans un accident de voiture très proche, on savoure le début des vacances.

En un clin d’œil, nous voilà dans la médina, joyeux bordel aux murs colorés et à l’architecture typique. La Koutoubia apparait au milieu des palmiers et j’observe tout cette agitation les yeux grands ouverts sur un nouveau monde à mille lieues de mes voyages habituels.

Le taxi nous abandonne aux portes de Jemaa el Fna d’où on se perd bêtement pendant près d’une demi-heure, la valise raclant les pavés et accostés toutes les 3 minutes par des guides improvisés. Notre chemin enfin retrouvé, on déboule dans une allée bondée de stands en tout genre où la foule est si dense qu’on en arrive à bouchonner. On nous accoste encore, en bons touristes, jusque devant la porte du riad qui offre une pause de silence et de calme plus qu’appréciable après ce périple involontaire. Note pour l’avenir : ne pas être radin et accepter que l’hôtel vienne nous chercher à l’aéroport.

On prend un peu de temps pour s’installer et découvrir le riad avant de remettre le nez dehors où la foule est toujours aussi dense. Il fait nuit désormais sur la place Jemaa El Fna. Les tambours résonnent, les restaurants ambulants fument de toute part pendant que les vendeurs de jus de fruits pressés nous font de grands gestes depuis leurs stands odorants. L’appel de la prière retentit et couvre un bref instant le bruissement de la place. En attendant notre tajine, deux étages plus haut, on observe la foule qui s’agite et les lumières colorées de cet endroit qui ne semble jamais s’arrêter de vivre.

30 mars 2018

On ouvre les yeux ce matin sous le chant des oiseaux et des coqs qui sonnent le réveil. Le riad est silencieux et rien ne bouge dans les ruelles soudain désertes. L’artère si passante où des dizaines de stands s’entrechoquaient la veille dans un brouhaha confus a changé de visage : elle a désormais des airs d’autoroute à mobylettes qui zigzaguent entre les piétons. Nous sommes les seuls touristes à cette heure et même la place est silencieuse. Les stands ont replié leur bardas et les chats s’agitent à la recherche d’un morceau de poulet oublié ici ou là.

Pour la visite des 4 vallées, on retrouve Morrocco Attractive Tours dans un confortable van que nous partagerons pour la journée avec un couple d’allemands à l’anglais impeccable. Marrakech est baignée de nuages et perd un peu de sa vitalité, même les routes semblent moins agitées. Autour de la ville, le paysage est recouvert d’une poussière rouge persistante qui uniformise le décor.

L’entrée au pays berbère est marquée par un regain de verdure et d’humidité. Des bâtisses qui tiennent parfois par miracle s’accumulent en hauteur et ouvrent des devantures pleines de poteries et d’artisanats. On s’arrête un peu au milieu de nulle part entre deux constructions où attendent une dizaine de dromadaires près d’une tente. Cliché oblige, on s’essaie à une balade dans la brume sur ces colosses avec amusement et avec une maitrise plus ou moins grande au décollage et à l’atterrissage.

Le décor verdit encore, ça tourne et de nombreux arbres fleurissent dans cette vallée arrosée par une pluie fine jusque sur les abords du cours d’eau. Ici, les cerisiers en fleurs colorent la vallée qui s’éveille enfin sous un rayon de soleil. Sur des kilomètres, on traverse des villages baignés par l’eau de la fonte des neiges et de nombreux restaurants se sont installés directement les pieds dans la rivière Ourika. On y accède depuis la route par des ponts suspendus plus ou moins rassurants qui rejoignent terrasses et canapés en cuirs installés sur l’autre rive.

Parmi tous ces restaurants érigés de l’autre côté de la rivière, seule une bâtisse semble s’être implantée près de nous, dans un virage ouvrant la voie vers les montagnes enneigées. Elle est aussi rouge que cette poussière marrakchi qui réapparait de temps à autre sur le trajet. On en pousse la porte pour découvrir l’argan sous ses mille et une formes, racontées par un petit bout de femme qui respire la bonne humeur. Du fruit à la noix, de l’huile aux cosmétiques, du miel à la pâte à tartiner, on nous explique tout ce qu’il y a à savoir sur l’argan avant de nous faire essayer chacun de ses emplois.

Des kilomètres de tables installées dans le lit de la rivière et de terrasses agricoles fleuries sont encore nécessaires pour nous rendre à notre dernière étape avant de quitter la vallée de l’Ourika. Au pied d’une petite ville qui grimpe dans les collines envahies de haies de cactus, un nouveau guide nous attend. Il nous entraine sur un chemin étroit serpentant entre les habitations et les marchands de souvenirs par une salve d’escaliers qui tournicotent. On monte presque seuls entre les terrasses, les tapis, les guirlandes de bijoux et les fontaines improvisées en devinant que le lieu est d’ordinaire bien plus animé. Étrange concept qu’un chemin de randonnée parsemé de boutiques de souvenirs… Les fleurs de cerisiers égayent ponctuellement ce paysage si minéral et, finalement, passés les restaurants aux tagines usées prêtes à servir à nouveau sur des feux de bois, la nature reprend sa place.

Rochers, saules, ruisseau, petits ponts plus ou moins improvisés et terrasses colorées s’entremêlent. La pente se raidit et le chemin escarpé a fini par avoir raison, pour quelques mètres, des terrasses improvisées.  Au dessus de nos têtes, un saule magnifique au vert intense abrite un café qui sent bon la menthe et dont la terrasse donne sur une cascade. On s’y arrête quelques minutes, le temps d’observer ce paysage rocailleux ponctués par quelques touches de couleurs. Le retour est un peu acrobatique, la roche humide et grise glisse mais notre guide, un peu moqueur mais plutôt bienveillant, veille sur ses protégés. Dans le village, des hordes de voitures de tourisme s’accumulent sur les parkings et sur la route et on se félicite d’être partis si tôt.

Dans la vallée voisine d’Oukaimeden, les reliefs sont plus marqués, les pins se mêlent aux terrasses d’arbres fruitiers et la neige coiffe abondamment les sommets. Le décor est multicolore, la terre zébrée de rouge (oxyde de fer), de noir (basalte) et de jaune (cuivre). Les villages sombres sont égayés par le soleil et envahis d’écoliers qui se pressent autour des voitures à chaque arrêt. On serpente sur une route de montagne étroite qui donne une bonne idée du relief. Au bout d’une forêt de pin, on se sent perdu loin du reste du monde.

La vallée verdoyante de Sidi Fares semble vide. On s’installe sur une terrasse dans une maison berbère pour un énorme repas traditionnel composé de soupe, de pain et d’huile, d’olives, d’un tajine, d’un couscous (oui oui les deux dans un même repas) pour finir avec des oranges marinées dans la cannelle et un thé à la menthe. La vue est imprenable, le doux bruit du vent qui court dans les hautes herbes est seulement interrompu des appels à la prière qui courent d’un village à l’autre. Comme Marrakech parait loin.

Notre repas gargantuesque terminé, on traverse une nouvelle zone montagneuse aride et inhabitée où seuls les pics enneigés viennent rompre la monotonie du paysage. La voiture est bien silencieuse et certains passagers, bercés par la route et assommés par un abus de semoule, s’endorment sur la fenêtre. La route débouche finalement sur la vallée d’Asni, bien plus riche que les précédentes. Les nombreux arbres fruitiers qui fleurissent au bord de la rivière confèrent un tout autre niveau de vie à certains habitants. Les maisons semblent plus solides, mieux entretenues et Richard Branson est même venu y construire un luxueux hôtel. On s’arrête peu si ce n’est pour prendre quelques photos sur le bord de la route. Il est temps de repartir vers Marrakech à 60 kilomètres de là.

On file donc sur les hauteurs de l’Atlas qui me charment instantanément. Le plateau du Kik n’inspire que quiétude avec ses champs d’herbe verte et de blé à perte de vues, ses petits troupeaux de vaches ou de moutons conduits par des femmes aux vêtements colorés ou des hommes juchés sur des ânes et ses maisons qui épousent les courbes des collines et se fondent dans le paysage. Les fleurs des champs viennent ponctuellement s’ajouter à ce paysage bucolique et plein de tranquillité. On s’arrête un moment et, à défaut de pouvoir explorer cet univers hors du temps à pied, on partage quelques noix avec une petite fille au grand sourire.

La route vers Marrakech semble bien rectiligne après tous les détours d’une vallée à l’autre. De retour en ville, toute l’agitation est revenue, des mobylettes aux tambours de la grand place. De nouvelles découvertes nous y attendent.

Coté pratique

Le logement

Riad Dihya, N 24 Derb Jdid Dabachi Médina, Médina, 40000 Marrakech
Riad plutôt bien situé et proche de Jemaa El Fna. Le petit déjeuner est très copieux et servi sur le toit du riad. Un bémol cependant, il n’y a pas de porte aux salles de bains. A payer en liquide uniquement.

Les visites

Visite des 4 vallées avec Morocco Attractive Tours
Départ à 8h de la place Jemaa El Fna, 79€ par personne incluant le tour en dromadaire. La journée est dans l’ensemble plutôt réussie et le guide est attentif et disponible. Tous les détails sont ici: http://www.moroccoattractivetours.com/tours/Full-day-tour-from-Marrakech-to-the-Atlas-Mountains-4-valleys-&-lake.php

Pour les photos:
– les fenêtres de la voiture ne s’ouvrent pas ce qui empêchent parfois de prendre toutes les photos souhaitées.
– le guide nous a précisé que les Marocains n’aimaient peu être pris en photo, il est donc demandé de respecter cette habitude et de se limiter autant que possible aux paysages.

Les repas

Taj’in Darna, 50 Place Jamaa El Fna
Tajine aux légumes plein de saveurs mais peu copieux. Vue sur la place Jemaa El Fna depuis l’une des terrasses les plus hautes (et ventilées).

If you’re leaving San Francisco

10 au 12 août 2017

Nos problèmes de pneus crevés se rappellent à notre bon souvenir ce matin. Même si l’agence de location nous envoie une nouvelle voiture et s’occupe de changer la roue de l’ancienne, le temps de la récupérer et de rouler jusqu’à San Francisco nous oblige à tracer en ligne droite jusqu’à l’aéroport.

Il fait à peine 12 degrés quand nous débarquons en ville en début de soirée, encore habitués à la douce chaleur des parcs. On part se réconforter sur le Pier 39 avec un clam chowder brulant et de nouveaux sweatshirts bien chauds. Avec son petit côté parc d’attraction et son aspect très touristique, le Fisherman’s wharf est de tous les guides de voyages. On se laisse pourtant prendre au jeu en déambulant entre ses boutiques, ses nombreux restaurants et ses pontons plein d’otaries. On y retournera d’ailleurs deux jours après pour tester d’autres spécialités à base de crabe et profiter un peu de l’ambiance du port et de l’Embarcadero, sans doute mon coin préféré de San Francisco.

La journée suivante débute sur les hauteurs de San Francisco à la recherche des fameuses maisons victoriennes, les Painted Ladies. Image de carte postale, les maisons sont finalement assez isolées et donne sur un parc en travaux, entouré de brouillard. Climat franciscain bonjour… la déception pointe le bout de son nez.

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On se dirige alors vers le Golden Gate Park, immense écrin de verdure qui s’étend sur 5km jusqu’à l’océan. On y entre, sous la pluie, près des serres victoriennes qui abrite le conservatoty of flowers avant d’opter pour la California Academy of Sciences. Sorte de muséum d’histoire naturelle ultra moderne tout en lumière et en verdure, le musée contient un aquarium, un planétarium, une forêt tropicale et des salles d’exposition. On y passe finalement toute une matinée à contempler les étoiles (pour ceux qui ne s’endorment pas dans les fauteuils confortables…), tester le simulateur de tremblement de terre, compter les papillons, observer les poissons colorés et tester tout un tas de gadgets dans les boutiques.

A quelques pas de l’Academy, le Japanese Tea Garden nous transporte sur un autre continent. On s’y balade dans un décor verdoyant et millimétré ornés de lanternes de pierre,  de petits étangs ou d’un pont-tambour pour une ambiance des plus zen. Près des pagodes, un salon de thé au bord de l’eau nous accueille avec une tasse fumante et un fortune cookie.

La sortie du parc donne rapidement sur la baie qui nous permet de revoir le Golden Gate une dernière fois avant notre retour en France. Le soleil s’est enfin décidé à apparaitre et le bord de l’eau offre une balade plutôt mignonne. Par hasard, on remarque un jet d’eau au loin, puis deux, puis trois… les baleines sont venues jusqu’ici ! On part en courant vers une plateforme pour les observer à travers les téléobjectifs. Sous nos pieds, la plage est pleine mais personne ne regarde au loin, à croire que le spectacle est habituel. On reste de longues minutes à guetter leurs apparitions, que les baleines soient seules ou avec un petit. Avant de rentrer vers l’hôtel, comme par intuition, on jette un dernière regard vers l’horizon. Les baleines s’élèvent dans les airs avec grâce, l’une après l’autre, avant de replonger sous l’eau. On reste encore quelques minutes avant de les voir disparaitre vers l’océan, complètement sous le charme de ces incroyables mammifère.

Notre dernière journée de périple débutera, elle, à Chinatown. Si le quartier a un petit côté Disneyland avec ses lanternes et ses dragons, il faut admettre que l’endroit est plutôt sympa et bien plus agréable que le Chinatown de NewYork. On flâne sur Grant Street en observant le contenu des boutiques souvent pleines de bric à brac, des pandas en peluche et accessoires de manga ou de Pokemon, à la vaisselle, aux vêtements et aux accessoires déco. On finit même par trouver une fabrique de fortunes cookies dans une ruelle étroite et un peu sombre, entre deux allées pleines de restaurants.

La promenade se poursuit vers la Lombard Street qui grimpe affreusement. On monte la pente franchement raide à certains endroits avant d’arriver au sommet où nous attendent vue sur San Francisco et dizaines de touristes. Le tram nous rejoint tranquillement avant de s’enfoncer vers le Pier 39 dans une nouvelle descente bordée de jolies maisons colorées aux bow windows fleuries.

Un sandwich au crabe plus tard, un long trajet en tram nous ramène vers Castro, quartier gay emblématique de la ville aux couleurs arc-en-ciel. La rue principale, colorée et joyeuse, offre surtout l’occasion de voir de longues séries de maisons victoriennes dans des rues en pente. On traverse le quartier jusqu’à la célèbre maison bleue, chantée par Maxime le Forestier, où seuls des français sont venus prendre des photos.

Au bout du chemin, Mission, quartier hispano et historique de la ville, nous attirait surtout pour son street art. De larges fresques murales, colorées et souvent engagées, ornent les murs des rues principales et de leurs ruelles adjacentes. Mission a, en plus, un avantage indéniable : c’est plat !

Baignée d’images de San Francisco depuis toujours, impatiente de tomber sous le charme de la ville comme des milliers d’autres voyageurs avant moi, j’attendais beaucoup de San Francisco. Peut être trop. Les parcs nationaux m’avaient renversée et la comparaison était sans doute trop rude après avoir traversé de tels paysages. Si on a largement trouvé de quoi s’occuper pendant trois jours, le coup de cœur tant attendu, n’est lui jamais venu. Nous voilà pourtant le nez dans les bagages, un peu moroses, à songer au départ après trois semaines hors du temps. On trie quelques photos sur le trajet, histoire de voyager encore un peu. Arrivés à l’aéroport, on a qu’une certitude: celle de revenir bientôt.

Coté pratique

Le logement

Inn on Folsom, 1188 Folsom Street , South of Market (SOMA), San Francisco, CA 94103,
On ne va pas se mentir, San Francisco est une ville où les logements sont affreusement chers et où certains quartiers sont déconseillés la nuit. Si SOMA n’en fait pas partie, le chemin depuis le centre ville n’est pas toujours réconfortant. On a donc opté pour un logement dans un quartier plutôt bien situé et financièrement abordable, quitte à renoncer à nos salles de bain individuelles. Au pied de l’hôtel, une boite de nuit fait un peu de bruit le soir. Après 3 semaines de périple et de longues heures de marche en ville, la fatigue nous assommait tellement que la musique ne nous a même pas gênés.

Les visites

Chinatown
Entrée à l’angle de Grant avenue et Bush street.

California Academy of Sciences, 55 Music Concourse Drive, Golden Gate Park
Ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 17h00 et le dimanche de 11h00 à 17h00. Entrée $35.95. Toutes les infos ici: https://www.calacademy.org/plan-your-visit

Japanese Tea Garden, 75 Hagiwara Tea Garden Drive, Golden Gate Park, SF
Ouvert tous les jours de l’année de 9h00 à 18h00 en horaires d’été,  et de 9h00 à 16h45 en horaires d’hiver. Entrée de $8 mais gratuit les lundi, mercredi et vendredi avant 10h00

Mission, peintures murales de la 18th street à la 25th street

  • angle de 24th Street et South Van Ness Avenue,
  • angle 24th Street et Florida Avenue sur la façade de St Peter’s Church,
  • angle de la 22th et Van Ness Avenue sur 3 bâtiments.
  • 18th Street et Lopidge St Women’s Building
Les adresses
  • Painted Ladies, Steiner St & Hayes St, San Francisco, CA 94117
  • Maison bleue de Maxime Le Forestier, 3841 18th street, Castro, San Francisco
  • Golden Fortune Cookies Co, 56 Ross Alley, San Francisco
Les repas

Bubba Gump Shrimp Co, 39 Piers Box M-211, San Francisco, CA 94133
Pour un repas dans une ambiance Forrest Gump avec des verres à cocktails qui clignotent.

The Cheesecake Factory, 251 Geary Blvd, San Francisco, CA 94102
Au sommet du Macy’s avec vue sur Union Square. Réservation et patience indispensable.

Surprises au Yosemite

9 août 2017,

Notre matinée commence sur les chapeaux de roues… avec un pneu crevé. La route de Bodie avait finalement eu raison de celui qui, par chance, a eu le bon goût de nous laisser vadrouiller la veille sans encombre. On commence donc la journée à quatre pattes près de la voiture pour les uns et à la recherche désespérée de réseau pour les autres. Parce que oui, quitte à devoir joindre la compagnie de location, autant attendre d’être loin de tout moyen de communication. Résignés, on opte pour conserver la roue de secours qui suffira à passer la journée en attendant une meilleure solution.

Nous voilà à nouveau à Yosemite Village, de nouveau à la recherche d’une place de parking près du visitor center. On tourne encore un peu (mais on s’en sort finalement assez bien) avant de pouvoir consulter les rangers sur le programme de la journée. Après quelques hésitations, c’est la randonnée des Vernal Falls sur le Mist Trail qui emporte les suffrages. La navette nous emmène aux Happy Isles où des centaines de randonneurs se sont pressés. Le début de la balade qui longe la Merced River est plus qu’accessible sur le premier kilomètre et la foule de visiteurs est, en conséquence, impressionnante.

Par chance, le nombre de courageux qui s’embarquent réellement vers la montée des cascades diminue un peu. L’accès au bas de la chute se fait par une série de marches plus ou moins régulières qui grimpent à l’ombre le long de la paroi. A mesure que l’on monte, la brume de la cascade arrose les randonneurs et les marches qui luisent sous nos pieds. Et soudain, on tourne la tête et on réalise le décor incroyable auquel on tournait le dos, trop concentré sur l’effort. Les roches grises et noires sur laquelle l’eau s’abat avec fracas, le vert intense des herbes aspergées par la bruine, le ciel bleu toujours mêlé à une discrète fumée et cet arc en ciel coloré qui fend le paysage d’un bout à l’autre…

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Des premières marches au sommet de la chute, on grimpe près de 500 mètres. Si la première partie glisse juste un peu, la seconde est plus sportive et acrobatique. On évolue coincés entre la roche et un garde corps sur un étroit sentier où l’on se croise difficilement. Arrivés au sommet, les randonneurs se pressent au bord de l’eau pour admirer la vue en contre bas. Et pourtant, des surprises bien plus intéressantes attendent dans l’ombre.

De l’autre côté de la rivière, un mouvement attire le regard. Il suffit de plisser un peu les yeux pour distinguer un ours qui fouine les écorces d’arbre à la recherche de quelques larves. Pas perturbé le moins du monde par les dizaines de visiteurs absorbés par la chute d’eau, il vadrouille un long moment en grimpant sur la roche et en marchant sur le bois mort. Autour de moi, personne ne semble l’avoir encore remarqué. Et puis finalement, par un heureux hasard, son regard se pose sur nous. Magie de l’instant. Magie d’une rencontre. Mes voisins s’agitent finalement, sans doute alerté par le bruit répétitif de mon appareil et des dizains de clichés sont soudain pris par rafales. Un dernier regard et le jeune ours fait demi tour nonchalament avant de s’enfoncer dans la forêt. La suite du chemin grimpe encore et offre une jolie vue sur la Nevada Fall avant de nous ramener par une série de lacets au petit pont sur la Merced River.

Après cette séance d’escalade, on flâne tranquillement au cœur de la vallée baignée de lumière. Des familles entières descendent la rivière sur de larges bouées et s’installent au soleil pour profiter de l’après midi. De nouvelles biches croisent notre chemin, sans parler des dizaines d’écureuils qui courent dans les allées.

Notre journée s’achève au sommet de Glacier Point à quelques 1000 mètres au dessus de la vallée. La route, en cul de sac, est un peu longue mais offre tout au long de la montée de beaux points de vue sur le parc. L’endroit parfait pour finir notre balade.

Coté pratique

Le logement

Cedar Lodge, 9966 Highway 140, El Portal, CA 95318
Hôtel situé en dehors du parc Yosemite. Le petit déjeuner est à prévoir en supplément mais est assez copieux. Inutile d’envisager d’utiliser internet ou le téléphone ici, on est réellement coupé de tout !

Les visites

Yosemite National Park
Pass America the Beautiful accepté.
Tous les documents pratiques pour le parc sont ici: https://www.nps.gov/yose/planyourvisit/maps.htm
La Glacier Road est fermée en hiver car elle est enneigée. Les dates d’ouverture et de fermeture sont liées au taux d’enneigement…mieux vaut ne pas espérer l’emprunter en dehors de fin mai – début novembre.