If you’re leaving San Francisco

10 au 12 août 2017

Nos problèmes de pneus crevés se rappellent à notre bon souvenir ce matin. Même si l’agence de location nous envoie une nouvelle voiture et s’occupe de changer la roue de l’ancienne, le temps de la récupérer et de rouler jusqu’à San Francisco nous oblige à tracer en ligne droite jusqu’à l’aéroport.

Il fait à peine 12 degrés quand nous débarquons en ville en début de soirée, encore habitués à la douce chaleur des parcs. On part se réconforter sur le Pier 39 avec un clam chowder brulant et de nouveaux sweatshirts bien chauds. Avec son petit côté parc d’attraction et son aspect très touristique, le Fisherman’s wharf est de tous les guides de voyages. On se laisse pourtant prendre au jeu en déambulant entre ses boutiques, ses nombreux restaurants et ses pontons plein d’otaries. On y retournera d’ailleurs deux jours après pour tester d’autres spécialités à base de crabe et profiter un peu de l’ambiance du port et de l’Embarcadero, sans doute mon coin préféré de San Francisco.

La journée suivante débute sur les hauteurs de San Francisco à la recherche des fameuses maisons victoriennes, les Painted Ladies. Image de carte postale, les maisons sont finalement assez isolées et donne sur un parc en travaux, entouré de brouillard. Climat franciscain bonjour… la déception pointe le bout de son nez.

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On se dirige alors vers le Golden Gate Park, immense écrin de verdure qui s’étend sur 5km jusqu’à l’océan. On y entre, sous la pluie, près des serres victoriennes qui abrite le conservatoty of flowers avant d’opter pour la California Academy of Sciences. Sorte de muséum d’histoire naturelle ultra moderne tout en lumière et en verdure, le musée contient un aquarium, un planétarium, une forêt tropicale et des salles d’exposition. On y passe finalement toute une matinée à contempler les étoiles (pour ceux qui ne s’endorment pas dans les fauteuils confortables…), tester le simulateur de tremblement de terre, compter les papillons, observer les poissons colorés et tester tout un tas de gadgets dans les boutiques.

A quelques pas de l’Academy, le Japanese Tea Garden nous transporte sur un autre continent. On s’y balade dans un décor verdoyant et millimétré ornés de lanternes de pierre,  de petits étangs ou d’un pont-tambour pour une ambiance des plus zen. Près des pagodes, un salon de thé au bord de l’eau nous accueille avec une tasse fumante et un fortune cookie.

La sortie du parc donne rapidement sur la baie qui nous permet de revoir le Golden Gate une dernière fois avant notre retour en France. Le soleil s’est enfin décidé à apparaitre et le bord de l’eau offre une balade plutôt mignonne. Par hasard, on remarque un jet d’eau au loin, puis deux, puis trois… les baleines sont venues jusqu’ici ! On part en courant vers une plateforme pour les observer à travers les téléobjectifs. Sous nos pieds, la plage est pleine mais personne ne regarde au loin, à croire que le spectacle est habituel. On reste de longues minutes à guetter leurs apparitions, que les baleines soient seules ou avec un petit. Avant de rentrer vers l’hôtel, comme par intuition, on jette un dernière regard vers l’horizon. Les baleines s’élèvent dans les airs avec grâce, l’une après l’autre, avant de replonger sous l’eau. On reste encore quelques minutes avant de les voir disparaitre vers l’océan, complètement sous le charme de ces incroyables mammifère.

Notre dernière journée de périple débutera, elle, à Chinatown. Si le quartier a un petit côté Disneyland avec ses lanternes et ses dragons, il faut admettre que l’endroit est plutôt sympa et bien plus agréable que le Chinatown de NewYork. On flâne sur Grant Street en observant le contenu des boutiques souvent pleines de bric à brac, des pandas en peluche et accessoires de manga ou de Pokemon, à la vaisselle, aux vêtements et aux accessoires déco. On finit même par trouver une fabrique de fortunes cookies dans une ruelle étroite et un peu sombre, entre deux allées pleines de restaurants.

La promenade se poursuit vers la Lombard Street qui grimpe affreusement. On monte la pente franchement raide à certains endroits avant d’arriver au sommet où nous attendent vue sur San Francisco et dizaines de touristes. Le tram nous rejoint tranquillement avant de s’enfoncer vers le Pier 39 dans une nouvelle descente bordée de jolies maisons colorées aux bow windows fleuries.

Un sandwich au crabe plus tard, un long trajet en tram nous ramène vers Castro, quartier gay emblématique de la ville aux couleurs arc-en-ciel. La rue principale, colorée et joyeuse, offre surtout l’occasion de voir de longues séries de maisons victoriennes dans des rues en pente. On traverse le quartier jusqu’à la célèbre maison bleue, chantée par Maxime le Forestier, où seuls des français sont venus prendre des photos.

Au bout du chemin, Mission, quartier hispano et historique de la ville, nous attirait surtout pour son street art. De larges fresques murales, colorées et souvent engagées, ornent les murs des rues principales et de leurs ruelles adjacentes. Mission a, en plus, un avantage indéniable : c’est plat !

Baignée d’images de San Francisco depuis toujours, impatiente de tomber sous le charme de la ville comme des milliers d’autres voyageurs avant moi, j’attendais beaucoup de San Francisco. Peut être trop. Les parcs nationaux m’avaient renversée et la comparaison était sans doute trop rude après avoir traversé de tels paysages. Si on a largement trouvé de quoi s’occuper pendant trois jours, le coup de cœur tant attendu, n’est lui jamais venu. Nous voilà pourtant le nez dans les bagages, un peu moroses, à songer au départ après trois semaines hors du temps. On trie quelques photos sur le trajet, histoire de voyager encore un peu. Arrivés à l’aéroport, on a qu’une certitude: celle de revenir bientôt.

Coté pratique

Le logement

Inn on Folsom, 1188 Folsom Street , South of Market (SOMA), San Francisco, CA 94103,
On ne va pas se mentir, San Francisco est une ville où les logements sont affreusement chers et où certains quartiers sont déconseillés la nuit. Si SOMA n’en fait pas partie, le chemin depuis le centre ville n’est pas toujours réconfortant. On a donc opté pour un logement dans un quartier plutôt bien situé et financièrement abordable, quitte à renoncer à nos salles de bain individuelles. Au pied de l’hôtel, une boite de nuit fait un peu de bruit le soir. Après 3 semaines de périple et de longues heures de marche en ville, la fatigue nous assommait tellement que la musique ne nous a même pas gênés.

Les visites

Chinatown
Entrée à l’angle de Grant avenue et Bush street.

California Academy of Sciences, 55 Music Concourse Drive, Golden Gate Park
Ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 17h00 et le dimanche de 11h00 à 17h00. Entrée $35.95. Toutes les infos ici: https://www.calacademy.org/plan-your-visit

Japanese Tea Garden, 75 Hagiwara Tea Garden Drive, Golden Gate Park, SF
Ouvert tous les jours de l’année de 9h00 à 18h00 en horaires d’été,  et de 9h00 à 16h45 en horaires d’hiver. Entrée de $8 mais gratuit les lundi, mercredi et vendredi avant 10h00

Mission, peintures murales de la 18th street à la 25th street

  • angle de 24th Street et South Van Ness Avenue,
  • angle 24th Street et Florida Avenue sur la façade de St Peter’s Church,
  • angle de la 22th et Van Ness Avenue sur 3 bâtiments.
  • 18th Street et Lopidge St Women’s Building
Les adresses
  • Painted Ladies, Steiner St & Hayes St, San Francisco, CA 94117
  • Maison bleue de Maxime Le Forestier, 3841 18th street, Castro, San Francisco
  • Golden Fortune Cookies Co, 56 Ross Alley, San Francisco
Les repas

Bubba Gump Shrimp Co, 39 Piers Box M-211, San Francisco, CA 94133
Pour un repas dans une ambiance Forrest Gump avec des verres à cocktails qui clignotent.

The Cheesecake Factory, 251 Geary Blvd, San Francisco, CA 94102
Au sommet du Macy’s avec vue sur Union Square. Réservation et patience indispensable.

Au plus près des géantes

23 Juillet 2017

Le jour se lève sur Monterey mais l’ambiance chaleureuse californienne que nous avions en tête n’est pas au rendez vous. Loin de profiter des rayons d’un soleil resplendissant, nous nageons dans le brouillard ce matin-là. Un climat de mauvaise augure pour notre activité du jour : 4 heures de bateau à la recherche des baleines.

Sur le Fisherman Wharf, nous sommes quasiment seuls à circuler entre les boutiques qui ouvrent tout juste leurs portes. Des dizaines de gros sweatshirts et de Kways sont proposés ici ou là, parfois accompagnés de bonnets. On comprendra vite pourquoi une fois en mer… Arrivés au bord de l’eau, les bateaux ne sont parfois que des ombres sur une mer grise. L’ambiance est un peu mystique, on entend autour de nous le cri de mouettes et d’otaries souvent difficiles à repérer.

9h, nous embarquons avec Monterey Bay Whale Watch sur de gros bateaux pouvant accueillir une centaine de personnes mais loin d’être plein ce matin là. A bord, un biologiste nous explique le déroulé de la matinée ainsi que le type de mammifères et d’oiseaux que l’on peut espérer croiser. Il en profite également pour nous prévenir : le Pacifique porte mal son nom et de nombreux passagers sont sujets au mal de mer pendant les expéditions. On pensait naïvement qu’une plus grosse embarcation limiterait les chances d’être malade… visiblement non !

A la sortie du port, une jetée en pierre donne le ton. Elle héberge des centaines de cormorans, des pélicans et plusieurs groupes d’otaries. D’imposant mâles paradent au milieu de leurs harems de femelles souvent endormies. Sous la surface de l’eau sombre, on devine parfois de petites méduses colorées qui disparaissent en un clin d’œil.

Le bateau prend rapidement de la vitesse et s’enfonce dans les nuages. Les yeux rivés sur le large, le visage battu vers le vent, on regrette déjà quelques épaisseurs supplémentaires. On fend les vagues, on perd tout repère et la côte disparait. Les premières âmes sensibles redescendent à l’intérieur, la mine un peu pâle et l’air de regretter un petit déjeuner trop copieux.

Il faudra près d’une heure pour repérer une première nageoire dorsale se dessinant dans la brume. Joie immense mais de courte durée. Notre première baleine s’enfonce dans l’océan pour ne plus réapparaitre. Quelques minutes plus tard nous sortons du brouillard pour apercevoir un jet d’eau, puis un second. Deux baleines s’agitent au loin, puis d’autres plus près de nous. Joie immense et enthousiasme indescriptible. On court d’un bout à l’autre du bateau au cours de l’heure et demi qui suit pendant laquelle nous en croiserons plus d’une dizaine. Certaines sont si proches qu’on entend l’eau passer par les évents. Des otaries viennent se joindre au festin qui semble se jouer sous la surface. Elles paraissent ridicules à côté de ces géants des mer à la grâce toute particulière. On oublie le froid, le vent, la houle pour simplement profiter de cet instant un peu magique. On rêve.

Le Blackfin repart finalement à toute vitesse vers Monterey et les joies du Pacifique se rappellent à notre bon souvenir. Chacun s’installe dans un coin en attendant que ce moment, de courte durée heureusement, veuille bien passer. En arrivant à Monterey, le soleil redonne des couleurs aux passagers. Nous repartons alors vers Cannery row pour une pause repas. L’occasion de se réchauffer un peu, d’enlever les 3 épaisseurs de vêtements et de découvrir le Clam Chowder, coup de cœur culinaire de ce séjour. Il s’agit d’une soupe chaude de palourdes, de pommes de terre et de crème plus ou moins agrémentée en fonction des recettes. Le tout servi dans une miche de pain à la mie épaisse… un vrai petit bonheur – tout ce qu’il y a de plus light – en revenant de cette sortie en mer (il fallait au moins ça).

L’après midi se poursuit dans le célèbre aquarium de Monterey, véritable institution sur la côte californienne. Si l’aquarium est plutôt bien pensé est très orienté pédagogie, il est en revanche noir de monde, phénomène peut être encore renforcé par le récent Pixar « Le monde de Dory » dont il a inspiré le décor. Les petites loutres, symbole du lieu, sont finalement assez peu visibles. En revanche, les forêts de kelps typiques des rives de Californie méritent le détour. Malgré la foule, on passe tout de même un bon moment à circuler de bassin en bassin, des méduses aux tortues en passant par les poissons clown.

La suite de notre périple devait se dérouler le long de la Highway 1 pour rejoindre Los Angeles par la côte, réputée pour ses paysages. Notre premier point de chute, le Big Sur River Inn réservé des mois à l’avance, devait donc être le point de départ d’une route mythique. Les intempéries en ayant décidé autrement (avec l’effondrement du pont de Big Sur), il a fallu revoir notre copie pour les jours suivants…

Histoire de ne pas tout perdre de l’ambiance de Big Sur, nous nous dirigeons tout de même vers cet hôtel installé au milieu de la forêt. C’était sans compter sur le retour du brouillard, plus dense encore que dans la matinée. Nous ne verrons rien de la route et de ces paysages, même la mer semble avoir disparu. Après une heure et demi de route à l’aveugle, le décor tout en bois de nos chambres et de l’auberge nous réconforte un peu. Tables et chaises en bois, murs lambrissés, lumière tamisée, ribs fumants et bières locales achèveront de nous remonter le moral en attendant l’éclaircie du lendemain.

Coté pratique

Le logement

Big Sur River Inn, 46800 CA-1, Big Sur, CA 93920
Auberge pleine de charme, au milieu de nul part mais aux portes de Big Sur. A réserver largement à l’avance.

Les visites

Monterey Bay Whale Watch : 84 Fisherman wharf,
Nous avons choisi la sortie du matin (9h à 13h30) qui se fait sur de gros bateaux. $49 par personne. Il est normalement possible de voir des baleines à bosses, baleines bleues, dauphins ou orques en fonction de la saison.
http://www.montereybaywhalewatch.com/trips.htm

Monterey  Bay Aquarium : 886 Cannery Row, Monterey, CA 93940
Entrée $49.95 par adulte. Ouvert tous les jours de 10h à 17h.
Réservation de tickets : https://tickets.montereybayaquarium.org/WebStore/shop/ViewItems.aspx?Merchant=MBA&CategoryGroupExternalID=1&CategoryExternalID=1

Les repas


Pour manger sur le pouce ou à table avec vue sur la mer. Spécialité de clam chowder !