Rottnest Island

1er décembre 2023

Après un séjour arrosé en Indonésie, nous voilà débarqués vers 1h du matin à l’aéroport de Perth, quasi désert. On retrouve ici une expérience de douane à l’américaine, le risque biologique en plus. Partout, des pancartes rappellent qu’il est interdit d’importer nourriture, plantes, terre ou animaux… si nos vêtements ont eu le temps d’être lavés avant le départ, on s’inquiète un peu de l’état de nos chaussures de randonnée après des jours à arpenter la foret de Sumatra et on s’imagine déjà ressortir en chaussettes… Par chance, on tombera sur un douanier immense qui emmènera nos baskets en « cellule de décontamination » et nous les rendra toutes propres et sèches après un peu d’attente, ouf !

Dans l’aéroport, des sapins arborent des décors en fleurs exotiques et un koala géant lumineux est paré d’un bonnet de père Noël. Pourtant, dehors, la chaleur nous surprend après une expérience de saison des pluies particulièrement humide. Lessivés, on se laisse transporter jusqu’à Fremantle où nous attend notre première aventure.

2 décembre 2023

Chatouillés par les rayons chauds du soleil, on ouvre les yeux sous un ciel d’un bleu intense dans une ambiance cocooning so british des plus charmantes. Pourtant, à peine le petit déjeuner avalé, on file vers les docks pour entamer la seconde grande expérience de notre voyage : Rottnest Island. Cette petite île au large de Perth aurait presque suffit à elle seule à justifier notre voyage en Australie. A défaut, c’est elle qui nous a décidés à tenter la côte Ouest, souvent délaissée au profit de Sydney et Cairns.

Rottnest Island, Rotto pour les intimes, est pourtant réputée pour son charme, sa tranquillité (aucun véhicule motorisé), ses eaux aux multiples nuances de bleu et ses jolies plages. C’est aussi, et surtout à nos yeux, le seul endroit au monde où il est possible d’observer les quokkas. On embarque donc, téléobjectif dans le sac, pour une nouvelle rencontre animalière !

Le ferry nous dépose dans le secteur de Thomson Bay où s’alignent les quelques hôtels, commerces et restaurants de l’île. Toute l’activité se concentre sur ce petit front de mer animé où le vélo règne sans partage. En ce début de weekend, la baie semble bondée, peuplée essentiellement d’Australiens venus passer une journée de détente. Partout les terrasses débordent de monde et on s’imagine assez mal partis pour rencontrer nos petits marsupiaux… Avant toute chose, on file récupérer nos montures pour pouvoir nous déplacer facilement durant le weekend. Nos valises, elles, seront directement prises en charge par la compagnie de ferry. Tout est fait pour faciliter la venue des voyageurs !

Cette incroyable facilité d’accès finit pourtant par nous tracasser un peu. On pense d’abord qu’il faudra s’enfoncer dans l’île pour rencontrer les quokkas au calme mais on est très vite surpris de les croiser au cœur même de la baie. On rencontre d’ailleurs un de nos premiers individus sur la terrasse d’un Subway, trottinant entre les touristes dont le comportement laisse souvent à désirer. Bien qu’il soit rappelé partout que ces petites boules de poils sont des animaux sauvages et pas des jouets, on trouve toujours quelques malins prompts à leur courir après où à leur donner à manger… désespérés par ce comportement et un peu inquiets pour la suite, on décide de gagner notre logement.

L’arrivée au camp nous ravit. Des rangées de tentes aménagées s’alignent dans un secteur ombragé et calme bordant une dune de sable. Au pied des tentes, quelques marsupiaux déambulent sereinement sans être dérangés, à peine perturbés par la présence des voyageurs. De l’autre côté de la dune se cache Longreach Bay et son bassin. Sable blanc, eaux peu profondes, mini récifs, le secteur est réputé pour être l’une des rares zones baignables où il est possible de faire du snorkeling. On s’arme donc de masques et de tubas… avant d’essayer de rentrer dans l’eau, franchement pas très chaude à cette saison.

Le soleil nous sèche heureusement rapidement et nous enfourchons nos vélos pour découvrir un petit bout de l’île, jusqu’au phare de Wadjemup. Passées 16h30, on ne croise plus personne ou presque sur les routes et on savoure ce moment de calme. Sur le bord de la voie, on rencontre de petits quokkas nettement plus timides et sauvages que ceux du Subway ! On pose nos vélos, on s’installe pour les regarder et on ne bouge plus. Un petit curieux s’approche, observe et nous sourit presque pour une rencontre douce comme on les aime et qui nous charme complètement.

Le soir venu, on est agréablement surpris par le calme retrouvé de l’île qui n’offre finalement que peu d’options d’hébergement. En revanche, en rejoignant Thomson Bay, on est carrément sidéré du nombre de quokkas qui ont envahi les espaces verts. Ils sont des centaines, le soir tombé, à se promener dans les allées, à fouiller le sol et à ruminer quelques plantes. En groupe ou en solo, de toutes les tailles, de tous les âges. Au bord du chemin, on fait même connaissance avec une jeune maman et son petit mâchonnant des feuilles sans élégance. On fond complètement devant ces bouilles toutes rondes aux airs de peluche, ravis d’avoir fait le choix de rester sur place.

3 décembre 2023

Disposant d’une journée entière, on grimpe sur nos vélos une fois le petit déjeuner englouti avec, pour objectif, de faire le tour complet de Rottnest. On commence par le Sud de l’île et on est assez rapidement surpris par l’aspect vallonné qu’elle arbore. On avait beau l’avoir lu sur différents blogs, les secteurs visités jusqu’à présent restaient relativement plats. Ici, passé le premier arrêt de la navette, on monte et on descend en continu. Avec la chaleur et les sacs plein d’eau, on croise beaucoup de visiteurs qui souffrent un peu sur leurs deux roues.

Chaque coup de pédale nous fait évoluer dans un décor plein de charme qui, parfois, nous fait un peu penser à la Bretagne. Les différentes criques rencontrées offrent des palettes de bleu variées et on s’arrête régulièrement pour observer la mer. On ne croisera aucun marsupial sur le chemin. En revanche, on fait rapidement connaissance avec les impressionnant scinques du roi Woondi à la peau luisante et noire.

On roule ainsi jusqu’à Little Salmon Bay où l’on s’offre une pause snorkeling dans un cadre idyllique. La plage est relativement petite mais suffit amplement à accueillir les visiteurs du jour. Une fois encore, on se fait un peu surprendre par la température de l’eau. Entre les couleurs attrayantes et le soleil, on oublie parfois que nous ne sommes pas vraiment là à la meilleure saison… Abrités par le vent, on se laisse pourtant tenter le long d’un sentier pédagogique sous-marin qui permet de découvrir quelques espèces de poissons locales.

Plus à l’ouest, le décor change et les visiteurs se raréfient nettement. La route perd en couleur, les plages sont plus sauvages, balayées par des vagues puissantes et par le vent. La végétation aussi évolue et, la plupart du temps, on brûle un peu au soleil en remontant ces quelques kilomètres vers l’extrémité de l’île. Pourtant, un petit ilot arboré va nous offrir une pause de fraicheur…

… et de mignonnerie ! Sous un bosquet d’arbres ayant surgi au milieu de nul part, deux quokkas font leur apparition. Mi timides mi curieux, ils s’approchent doucement en sautillant sur leurs étranges pattes arrières. L’occasion d’une nouvelle séance photo !

Finalement parvenus au cape Vlamingh, tout à l’Ouest, nous avons définitivement perdus les autres visiteurs. Nous sommes complètement seuls au bout de l’île qui présente désormais des secteurs plus rocailleux et des eaux plus profondes. Scrutant l’océan à la recherche d’otaries, on tombera finalement sur un groupe de dauphins étrangement agités, enchainant les cabrioles et des scènes de poursuite plus inhabituelles. On reste un long moment là, sur un belvédère, à regarder l’eau, seulement dérangés par le bruit des scinques grattant le sol.

Le chemin du retour se fera tout aussi paisiblement par le Nord de l’île. On traverse encore quelques chemins déserts avant de rejoindre une baie bordée de petites maisons de vacances où les Australiens allument déjà leurs barbecues. De notre côté, on choisit de terminer cette jolie parenthèse sur les bords du Basin, sirotant un cocktail aux derniers rayons du soleil, trois quokkas dans les pattes.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Les jolies couleurs de Little Salmon Bay

Coté pratique

Les activités

Rottnest Express pour le trajet en ferry
Pour rejoindre Rottnest Island, on a opté pour un aller/retour avec transport de nos valises sur le ferry et jusqu’à l’hôtel depuis le B Shed Fremantle : $177 à deux. Départ le samedi en fin de matinée et retour le lundi en fin de matinée.
Le bateau propose des places à plusieurs niveaux, en intérieur et en extérieur et la gestion des bagages est vraiment confortable en plus d’être impeccable. En effet, sur Rottnest Island il n’y a quasiment que des vélos et une navette en bus. Les compagnies de ferry proposent donc un service de livraison des bagages jusque devant la porte des chambres d’hôtel. Un vrai bonheur !

Pedal & flipper pour la location de vélo
Pour se déplacer sur l’île, rien de tel que le vélo. Rottnest fait une vingtaine de kilomètres de long et elle est plus vallonnée qu’il n’y parait. Aussi, si vous n’êtes pas un grand sportif, le vélo électrique est vraiment une option confortable !
– vélo classique : $30 la journée (24h)
– vélo électrique : $71 la journée (24h)

Le logement

Fremantle Bed & Breakfast, 5 Mouat Street, 6160 Fremantle, Australie
Un logement particulièrement confortable au charme très britannique et au petit déjeuner sain et varié. Nous n’y sommes passés qu’en coup de vent mais avons apprécié le calme et le repos offert par les lieux.

Discovery Resorts – Rottnest Island, Strue Rd, Rottnest Island WA 6161, Australie
Notre logement plaisir du séjour ! On y trouve de larges tentes « en dur » le long d’allées en bois qui traversent une zone boisée. Une cuisine et une salle de bain sont intégrées dans chaque logement et on peut observer de petits quokkas qui circulent entre les tentes. De plus, un bar restaurant est disponible toute la journée avec une superbe vue sur la mer et sur une plage de sable blanc, bordant un spot de snorkeling. Parfait non ?

Les repas

Frankie’s on Rotto, 342 Somerville Dr, Rottnest Island WA 6161, Australie
Nous avons beaucoup apprécié ce restaurant, calme en soirée, au menu varié et changeant. Idéal pour observer les quokkas le soir venu.

Lewis côté mer

27 juin 2022

Notre première journée à Lewis n’a pas été un grand succès. Après nous avoir charmés avec ses plages dignes de la Polynésie, l’Écosse nous a brutalement rappelé que son climat était plus que changeant. Nous avons donc passé la journée en voiture, espérant trouver quelques éclaircies pour profiter du décor… sans succès. Ce matin en revanche, la lumière semble enfin revenue.

On reprend donc la route en direction de Gearrannan dont nous n’arrêtons pas d’entendre parler ici. On y trouve un village des années 1850 constitué de maisons traditionnelles appelées blackhouses. Les premiers habitants vivaient essentiellement de la pêche et de la culture de leurs terres, cependant, ce mode de vie a été complètement chamboulé par les guerres mondiales et l’industrialisation. Les jeunes générations, attirées par de nouveaux emplois, ont peu à peu déserté les lieux. Au fil des années, les villages de blackhouses ont donc été vidés un par un, sombrant dans l’abandon. Désormais restaurés, pour certains, ils offrent la possibilité d’une visite dans une histoire récente qui parait pourtant très éloignée de notre mode de vie actuel.

La visite, même si elle n’est pas très longue, est donc vraiment intéressante et présente de nombreux documents permettant de voir l’évolution du village au cours des années. On y découvre aussi le chauffage à base de tourbe séchée dont on n’avait jamais entendu parler auparavant. Dans l’une des maisons, un métier à tisser permet d’observer la création du célèbre tweed de Harris selon la méthode ancestrale. Les autres maisons sont, elles, réservées à de l’hôtellerie, offrant ainsi la possibilité aux voyageurs de passer une nuit sur place, loin de tout.

Tout au nord de Lewis, quelques kilomètres après un étrange portique en os de baleine, se trouve le coin le plus venteux de Grande-Bretagne (c’est dire !). Butt of Lewis est symbolisé par son vieux phare, toujours debout malgré un environnement plus qu’hostile, planté au-dessus des falaises. On y fait une balade sympa, mais pas mémorable, le long des à-pics où semblent nicher des centaines d’oiseaux. Un peu plus loin, il est possible d’accéder facilement à de petites plages nichées entre des pans de roches sombres, balayées par un vent chargé d’humidité.

Il ne nous reste désormais qu’à arpenter la côte Est de Lewis, la plus visitée. Au-dessus de Stornoway, on part donc vers le Nord pour quelques kilomètres avant de se diriger un peu au hasard dans un village. On trouvera, au bout d’un chemin qui ne paie pas de mine, notre coup de cœur de la journée. Une jolie plage de sable clair, inconnue des guides de voyage, apparait entre des collines d’un vert vif, striées comme celles des Fairy Glen. On y passe un bon moment, réchauffés par les rayons du soleil, profitant de la couleur de l’eau et escaladant les rochers.

A force de monter vers le Nord, on finit par arriver sur la plage de Tolsa, sans doute la plus réputée de l’île. La route se rétrécit au fur et à mesure des kilomètres pour finalement s’effacer dans un chemin de gravillons après avoir franchi « le pont de nulle part ». Tout un programme.

Après avoir laissé la voiture sur un bas-côté, on part à pied sur le sentier, traversant des landes de bruyères et de mousses tout en gardant un œil sur la mer. On pousse sur quelques kilomètres jusqu’à une petite cascade avant de rebrousser chemin mais le chemin semblait continuer encore sur une longue distance !

Ce court séjour dans les Hébrides s’achève à Stornoway, capitale de l’île bien moins vivante que la petite Portree sur Skye. On fait le tour du centre rapidement avant de s’enfoncer dans le parc du château, désormais transformé en hôtel de charme. Un long cheminement permet d’en faire le tour et de rejoindre les bords de mer. Dans l’eau justement, quelques phoques pointent le bout de leur museau avant de sombrer à nouveau entre les bateaux. On tire un bilan finalement un peu mitigé des Hébrides, complètement sous le charme de Harris mais nettement moins impressionnés par Lewis.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La plage perdue au bout de la route de North Tolsta

Coté pratique

Les activités

Ferry
Pour faire l’aller-retour de Uig à Tarbet, nous avons choisi les ferrys de la Caledonian MacBrayne (Calmac). C’est une compagnie fiable aux navires extrêmement bien équipés. On y trouve un petit salon, une zone de sièges alignés comme dans un train, une cafétéria, un petit bar servant du café et des petits gâteaux. Il y a même une petite salle de jeu pour les enfants. La compagnie héberge, l’été, des associations effectuant des comptage de cétacés et d’oiseaux marins qui prennent le temps de renseigner les voyageurs.
Réservation sur https://www.calmac.co.uk/
Comptez £95 pour l’aller retour avec une voiture et deux passagers.

Gearrannan Blackhouse Village, 5A Garenin, Isle of Lewis HS2 9AL
Le village est ouvert de la fin mars au mois d’octobre environ et propose des visites du lundi au samedi, de 9h30 à 17h30. Il est également possible de loger sur place. Entrée à £4.6 par adulte.

Pour trouver la petite plage de North Tolsta, il faut se garer au bout de Camach Terrace. Le chemin descend vers la mer après avoir passé une petite barrière.

Heritage Trail
Sans le savoir, nous avons emprunté le Heritage Trail pendant un petit moment, jusqu’à la cascade. Le sentier se poursuit sur des kilomètre jusqu’au village du Nord de l’île. Plus d’infos ici : https://www.walkhighlands.co.uk/outer-hebrides/heritage-trail.shtml.

Le logement

Glenhouse, 77, Leurbost Isle of Lewis, Leurbost, HS2 9NU
Un B&B comme on les aime, chaleureux et dans son jus, servi avec un petit déjeuner gargantuesque. Les patrons sont adorables et au petits soins pour leurs hôtes. Au passage, on a fait la connaissance de Cody, un petit chiot Shetland foufou ravi de jouer avec nous le matin. Un sans faute.

Les repas

Repas à la maison !
L’Écosse est un pays relativement couteux. Aussi, pour réduire un peu la facture du voyage, nous avons opté pour un maximum de repas faits nous même. La plupart des logements fournissent a minima une tasse et une bouilloire, idéal pour les soupes ou les nouilles instantanées. Nous avons également beaucoup misé sur les enseignes Tesco qui proposent des formules intéressantes à 3.5£ avec plat + boisson + snack ou dessert. Les températures n’étant pas franchement élevées, on a pu conserve