Caldeirao Verde

26 mai 2019

Nous partons aujourd’hui pour l’une des plus célèbres randonnées de Madère : Caldeirao Verde. Comme toujours sur l’île, la route depuis Funchal est à la fois jolie et acrobatique. ça monte et ça tourne tout du long du paysage qui arbore mille nuances de vert. Le point de départ se trouve au parc naturel de Queimadas et est constitué d’un charmant parc où se trouve de jolies bâtisses blanches et rouges au toit de chaume. On débute par un chemin de terre plutôt large qui circule entre petits arbres et cèdres majestueux avant de rejoindre les fameuses levadas.

Le sentier de plus en plus étroit est bordé de larges murs couverts de végétation d’un côté et d’un mince garde-corps de l’autre. Le temps devient soudain brumeux et les nuages flottent doucement au-dessus du vide, révélant de temps à autre les montagnes voisines. On se croirait au cœur de la jungle dans ce décor humide où les plantes sont reines. Fougères, mousses, fleurs et grand arbres se côtoient, se mélangent et envahissent tout. Tous les tons de vert semblent s’être donnés rendez-vous ici, au cœur de l’ile. L’eau est aussi présente partout. Le doux murmure de levadas accompagne nos pas tandis que quelques cascades ponctuent le parcours. Sur les parois, la mousse luit sous les gouttelettes qui glissent lentement le long des fougères. Arrive finalement une première grotte…

On pose nos frontales sur la tête et on s’enfonce dans la pénombre avant de ressortir dans des nuages plus épais encore et, soudain, le sentier quitte cette foret luxuriante pour s’ouvrir sur le vide. On longe une falaise grise le long de l’étroit chemin avant d’arriver au cœur d’un cirque rocheux. Au-dessus de nos têtes, d’incroyables falaises s’élèvent à la verticale. Un arbre immense, pendu à l’unique rocher qui dépasse, s’éclaire sous les rayons du soleil finalement décidé à réapparaître. On s’arrête un moment au bord de l’eau pour un pique-nique avant d’enchainer sur la seconde partie de la balade.

Le soleil désormais haut dans le ciel donne une toute autre ambiance au décor. Les reliefs enfin visibles ne perdent rien de leur charme. Sur la route, un terrible escalier nous casse les jambes. Ça monte raide le long de la falaise et la chaleur commence à se faire sentir. Puis finalement la fraicheur revient quand on croise de nouveaux tunnels, plus bas de plafonds encore et de petits cascades qui s’abattent sur le sentier.  On atterrit finalement dans une étroite gorge au parfum d’aventure où le vacarme de l’eau résonne. On la traverse sur une passerelle un peu branlante entre deux couloirs creusés dans la roche pour rejoindre la fin du circuit. Caldeirão do Inferno apparait finalement. Des centaines de filets d’eau courent sur un cirque rocheux couvert de petites plantes et s’écrasent en pluie fine sur un tapis de roches. L’occasion d’une dernière pause avant un retour à Madère, complètement sous le charme de ce petit bout de nature.

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le passage des gorges en chemin vers Caldeirão do Inferno, entre tunnel sombre et bas de plafond, cascades et verdure. Le détour rallonge de près de deux heures la randonnée mais n’est à manque sous aucun prétexte !

Coté pratique

Le logement

Discovery Apartement, Estrada das Covas 55, 9230-089, Santana Portugal
Un appartement perdu dans les hauteurs de Santana qui donne sur un champs occupé par les moutons de la famille. On nous y accueille avec un plateau de petit gâteau et un Madère produit par la famille. Les propriétaires sont très gentils et les logements bien entretenus.

Les activités

Randonnée de Queimadas à Caldeirao Verde: 11.8km aller retour et 93m de dénivelé positif
Randonnée de Queimadas à Caldeirao do Inferno: 16.5 km aller retour et 1061m de dénivelé positif
randonnées n° 28 et 29 du Rotherbook

Les repas

Marcel’s Bistro, rua Manuel Marques Trindade, 18, Santana, Madère
Nous avons beaucoup aimé ce bistro au décor un peu fouillis mais à l’accueil chaleureux. Au programme, traditionnel pain à l’ail, assiettes copieuses et réconfortantes après une longue journée de marche et digestif offert par la maison.

Funchal et Ribeiro Frio

24 Mai 2020

Bienvenue à Madère !

Arriver à Funchal, c’est en soi un évènement. L’aéroport est réputé comme étant l’un des plus spectaculaire au monde. Après un immense virage au-dessus de l’océan, l’avion vient se placer parallèlement à l’ile et descend brusquement vers la terre. Cette partie de l’ile est souvent balayée par le vent et, ballotés sur nos sièges, on a l’impression d’être assis sur ressort. Sur la gauche, les maisons paraissent tout près. On aperçoit déjà les collines en terrasse et les petites maisons colorées. A droite, la mer semble toucher le ciel. Quand on s’arrête enfin sur la piste, des applaudissements nourris trahissent les angoisses de certains. Nous avons eu de la chance : quelques heures après, plus aucun avion n’était autorisé à atterrir compte tenu des conditions.

La voiture récupérée, on découvre les routes de l’ile aux pentes improbables. Ça monte, à descend et ça tourne jusque dans la capitale. On dépose nos bagages en vitesse dans notre pension avant de filer en ville sous le doux soleil de ces villes du Sud. Le centre pavé nous rappelle un ancien voyage à Lisbonne et les pasteis de nata qui fleurissent dans les vitrines des boulangeries nous font déjà de l’œil. On s’engage sur le front de mer qui semble bien calme tandis que les terrasses s’animent. Derrière elles, les maisons ont envahi toute la colline et disparaissent dans les nuages. On s’engage alors dans la rue Santa Maria où les œuvres de street art se disputent la vedette avec les restaurants alignés dans cette ruelle étroite. Un peu plus loin, le Mercado dos Lavradores est un enchantement pour les yeux et les papilles. Les fruits exotiques tous plus colorés les uns que les autres s’accumulent sur d’imposants paniers en osier, les fleurs égaient chaque stand et un brouhaha mélodieux animent cette ancienne halle art déco. On teste tout, spécialement les différentes sortes de fruits de la passion, toutes étonnantes et savoureuses. On s’initie aussi aux douceurs du madère et du pain chaud à l’ail (qu’on ne lâchera plus de la semaine). A peine arrivés, Madère nous plait déjà.

25 Mai 2020

A Madère, on vient surtout pour la nature et la randonnée (et un peu pour les pasteis de nata…). Après une soirée de balade en bord de mer, on attaque donc les choses sérieuses en filant vers Ribeiro Frio. En route, on passe sous l’impressionnante piste d’atterrissage qui semble se terminer directement au-dessus de l’eau.

On se gare à Portela avant de prendre un taxi pour nous remonter plus haut dans la montagne. Une fois sur place, un chemin tranquille nous emmène aux Balcoes pour un point de vue sur toute une chaine de montagnes verdoyantes qui court jusqu’à la mer. Le long du sentier coule les premières levadas de notre séjour. Environ 3 000 km de ces petits canaux d’irrigation creusés dans les rochers sillonnent Madère. Ils forment un étonnant système d’irrigation créé pour répartir l’eau du sommet des montagnes sur les coteaux et dans les vallées.

Les levadas, en plus de donner du charme au sentier, apporte un air frais et une douce musique tout au long de la balade. Autour de nous, tout est vert. Les plantes se développe partout et sous toutes les formes. On aime surtout les murs de mousses et de fougères encore humides qui surplombent les petits canaux. Après quelques kilomètres, la randonnée devient plus originale. Le chemin est tout juste assez grand pour une personne, bordé d’un côté par l’eau et de l’autre par le vide avant de tomber sur un étang au bleu étrange. Un tunnel sombre entre deux pans de roches ouvre finalement la voie sur une forêt. Le sentier devient plus large, les arbres plus hauts et plus grands et on rejoint finalement Portela par une longue descente.

Après un jus de passion tout ce qu’il y a de plus rafraichissant, on embarque vers la côte sauvage et la toute petite Porto da Cruz, une station balnéaire battue par les vents avec une petite crique de sable gris. Près de la plage, la cheminée de briques marque l’entrée d’un moulin où l’on broie encore la canne à sucre. A l’entrée, ça fleure bon le rhum et les fruits exotiques.

Avant de rentrer, on grimpe sur une colline par un sentier improvisé pour profiter de la vue sur la ville, les maisons perchés dans la végétation et surtout, des embruns de la mer.

Le coup de coeur de Ptit Jo

Le marché de Funchal, ses mille couleurs et la gentillesse des marchands qui nous ont laissé gouté à tout avant d’acheter !

Coté pratique

Le logement

Pensao Astoria, Rua João Gago,10, 4Th Floor, Se, 9000-071 Funchal, Portugal
Cette pension n’est sans doute pas le meilleur hébergement de Funchal mais sans doute le mieux placé ! Le service est minimaliste et les places de parking difficiles à trouver mais quel bonheur de circuler dans le centre si facilement.

Les activités

Randonnée de Riberiro Frio à Portela
Compter 11km. l’itinéraire ne fait pas de boucler. Il faut donc se garer à Portela puis prendre un taxi pour regagner le départ. On en trouve facilement près du mirador.

Les repas

Tout au long du séjour, nous avons testé plusieurs restaurants à Funchal.

Venda da Donna Maria, Bairro Santa Maria 51, Funchal, 9060-290
Pour tester les plats les plus emblématiques dans une ruelle étroite. Sans doute celui qui nous aura le moins charmé.

O Calhau, R. de João Gago 2, 9000-071 Funchal,
Situé dans une rue piétonne juste au pied de la pension. L’accueil y est charmant, la terrasse agréable, les prix accessibles et on s’est régalé ! Mention spéciale pour leur vitrine de desserts 🙂

Riso Risottoria del Mundo, Rua Santa Maria 274, Funchal, Madère 9060-291
Le restaurant le plus chic de notre séjour. Cadre parfait en bord de mer sur une terrasse abritée par de grandes voiles inspirées de celles des bateaux. On y mange des entrées, plats et desserts autour du riz sous toutes ses formes et ses couleurs. Tout est excellent. Une jolie mais couteuse découverte.

Fumerolles de Reykjadalur

1er Novembre 2018

Après une nuit un peu difficile et un tour rapide dans Reykjavik sous les lueurs rosées du matin, il était grand temps de commencer notre périple en voiture dans le sud de l’Islande. Les premiers kilomètres donnent le ton du voyage, la route jusqu’à Hveragerði est vallonnée et pleine de neige. Le goudron noir fend le décor immaculé et immobile. On le parcourt sous un temps grisonnant qui n’est pas des plus rassurants. Heureusement, la situation s’arrange sur les hauteurs de la petite ville géothermique. Comme une enclave au milieu d’une étendue de blanc, la vallée dégage une quantité de fumée impressionnante. On se balade un moment dans les rues désertes avant de filer vers les montagnes et la vallée de Reykjadalur

Le décor qui nous attendait à Reykjadalur est tout ce que l’on imaginait trouver sur cette ile nordique. Les couleurs d’automne ont tapissé le paysage de dorures chaleureuses. La rivière d’eau chaude serpente dans les collines fumantes, bouillonnantes. Dans le lit du cours d’eau, de petits morceaux de lave semblent avoir gelé de l’intérieur. Tout autour, les herbes vertes, or ou orangées sont entourées de fumée. On remonte le chemin sur un peu plus de 3km, d’abord sur le goudron, puis dans la terre avant de crapahuter dans les chemins enneigés. L’endroit est superbe, silencieux et baigné d’un doux soleil d’hiver.

La neige a complètement enveloppé le paysage. Autour de nous, tout est blanc. On poursuit sur les pentes parfois gelées avec plus ou moins d’assurance et d’élégance. Le bruit de l’eau, au loin, nous indique la présence d’une cascade imposante, elle aussi formée par de l’eau chaude et fumante. Sur quelques kilomètres, nous sommes perdus au milieu de la nature. Bientôt, le cours d’eau réapparait, serpentant gentiment au cœur de la neige. On y plonge une main à défaut de se baigner dans les premiers méandres. Au bout du chemin, dans une ambiance nettement moins paisible, de grosses marmites d’eau bouillante crachent une épaisse fumées aux vapeurs de souffre. Le soleil a disparu, la vapeur colle au visage et brouille légèrement la vue… Autant de signaux qui nous indique qu’il est temps de rentrer.

Sur le parking, notre petite Škoda, déjà bien poussiéreuse, nous attend pour poursuivre le périple. On roule doucement jusqu’à Geysir, charmé par le décor sauvage où l’on devine chevaux et moutons au loin, perdus dans les plaines. La nuit est presque tombée lorsque nous arrivons à l’hôtel, un peu perdu au milieu de nul part. Le sol craque sous les pieds, le vent parait polaire à cette heure et saisit chaque parcelle de peau qui n’est pas recouverte d’épaisses couches de vêtements.

Par contraste, passer la porte de l’hôtel apporte pourtant un bien-être immédiat. Le décor de la salle de restaurant tout de bois, de cuir et de métal est accueillant et réchauffé par un feu qui crépite doucement dans le poêle. On nous amène un soupe délicieuse et du pain chaud et moelleux terriblement réconfortant. Le repas avalé, on s’effondre dans d’épaisses couettes comme des enfants, bercés par la douce chaleur de notre petite chambre, pour ne rouvrir les yeux qu’au matin.

Coté pratique

Le logement

Litli Geysir Hotel, Geysir, 801 Haukadalur, Islande
On aime beaucoup ce petit hôtel, chaleureux, confortable et perdu dans la neige.

Les visites

Vallée de Reykjadalur
Randonnée des sources chaudes: 7.5km, +/- 260m de dénivelé, 3 heures.
Un petit café propose soupes et desserts sur le parking.

Les repas

Litli Geysir Restaurant, Geysir, 801 Haukadalur, Islande
Pour un bon repas dans un décor chaleureux et accueillant