François Peron NP

7 décembre 2023

C’est avec un enthousiasme énorme que nous débutons notre balade en direction du Cape Peron. Jens, notre guide du jour, vient nous chercher directement devant notre motel pour une journée dans des contrées au sable coloré qui nous ont sacrément fait de l’œil au moment de préparer l’itinéraire.

Si le début du chemin n’a rien de très exotique, on arrive rapidement à une portion de route couverte de sable où dégonfler les pneus devient indispensable. L’espace d’un instant, entourés de tout cette poudre orangée, on repense à notre aventure en Namibie où nous étions restés ensablés pendant des heures… Ces couleurs flamboyantes sont en réalité dues à du fer présent en quantité sur la côte de Shark Bay, au dessus de Denham.

Il n’y a pourtant pas que des couleurs de feu dans le parc François Peron. Autour de nous, de grandes étendues vertes prennent racine dans ce sol étrange. Elles abritent pas mois de 700 espèces de plantes différentes dans toute la baie et représentent un refuge pour les petits animaux, tant pour se protéger des variations de température que des prédateurs.

En parlant de petite bête, Jens arrête la voiture en urgence et nous fait descendre de son bolide. Il vient de repérer, sur le bord de la route, un petit lézard d’une dizaine de centimètres à peine : le thorny devil. Cette petite bête surprenante me plait tout de suite avec ses airs préhistoriques. Il est très important de ne pas les toucher car ces petits diables ne sont pas capables de boire par la bouche : ils aspirent l’eau, par la peau, dans de petites mares. Toute trace de crème solaire ou de savon les mettrait donc en danger, d’autant plus que leur instinct les pousse à rester immobile en cas d’alerte et à ne pas s’enfuir.

Autrefois relativement courant dans le secteur, le thorny devil a presque disparu depuis le COVID, victime des habitants de Western Australia venus visiter le parc par leur propres moyens sans aucune vigilance sur la faune locale… Avec beaucoup de tristesse, on découvre donc qu’une part importante de ces petits animaux a été victime de la route en moins de deux ans.

A notre arrivée au Cap Peron, on est tout de suite impressionnés par les couleurs de notre environnement. Des dunes oranges ponctuées de végétation d’un vert aux reflets bleutés ou argentés se fondent dans des plages de sable blanc. La mer arbore de jolies nuances de bleu, non pas en raison de différences de profondeur mais plutôt car de larges prairies d’herbe marine couvrent une partie des fonds marins. Depuis le sommet des dunes, on observe d’imposants groupes de cormorans ainsi que quelques dauphins venus chasser de petits bancs de poissons tout près de la plage. Les lieux paraissent magiques, presque irréels.

En remontant la plage à pied, on change de perspective. Les nuances de couleurs du sable apparaissent plus clairement, au contraire de la faune marine qui disparait sous cet angle, se fondant dans les vagues. Un air frais balaie le décor, rendant la chaleur très supportable voire presque agréable. On profite un moment des lieux, scrutant la mer à la recherche d’autres animaux. Avant de partir Jens, notre guide, nous propose un morning tea avec petits gâteaux, tasses de thé aux couleurs de la compagnie et nappe à carreaux !

Un peu plus loin, le Skipjack Point est aménagé par le biais d’une plateforme en plastique recyclé qui offre plusieurs points de vue sur la baie. On y trouve plusieurs panneaux explicatifs sur la faune locale qu’on observe un bon moment depuis les hauteurs. De là, on aperçoit assez rapidement une tortue, plusieurs petits requins et deux cowtail stingrays (littéralement les raies à queue de vache, reconnaissable à la sorte de plumeau noir qu’elles arborent au bout de la queue). On est vraiment étonnés de leur proximité avec le rivage dans ces eaux peu profondes. Là encore, des nuées de cormorans ont élus domicile, à tel point qu’un coup de vent bien orienté nous irrite les narines !

Sur les abords de Bottle Bay, aux couleurs moins exotiques, Jens nous prépare un lunch frais. On tente une session de baignade mais l’eau est vraiment fraiche et agitée. A cette heure, le vent s’est levé sur la baie et il s’accentuera jusqu’en fin d’après midi. Le sable s’infiltre partout dans nos affaires mais le soleil réchauffe l’atmosphère. Au tour d’une tortilla, on discute de tout et de rien : la réputation de pays dangereux, finalement assez infondée, de l’Australie, l’histoire du pays, la gestion des animaux sauvages et le cas difficile des kangourous.

Avec une surprise non dissimulée, on apprend que plusieurs millions d’entre eux sont abattus chaque année. En effet, avec l’installation de points d’eau un peu partout pour abreuver les cheptels de moutons et bovins, leur population a cessé de s’autoréguler et à exploser, rendant la cohabitation avec les éleveurs difficiles. C’est finalement tout un business qui s’est construit autour de cette problématique puisque, désormais, la viande est couramment utilisée pour la nourriture animalière et le cuir de kangourou est très souvent employé… pour des baskets !

On terminera finalement cette journée de découverte sur la Gregory Beach pour une dernière observation des couleurs de Shark Bay et du parc national François Peron, résolument emballés par cette excursion.

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’incroyable vue depuis le Cap Peron

Coté pratique

Les activités

Explorer Tour (Full Day) avec Naturetime
Malgré le tarif (comptez jusqu’à $150 par personne pour les formules les plus complètes) certes élevé, nous avons passé une magnifique journée à explorer le parc et n’avons vraiment aucun regret.
Pour plus d’infos : https://www.naturetimetours.com/tours/shark-bay/kennedy-range/mt-augustus/francois-peron-national-park/

François Peron National Park
Il faut vraiment être équipé et maitriser la conduite dans le sable pour envisager de découvrir le parc seul et, même là, toute la connaissance des guides ferait défaut. Toutefois, c’est possible. A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de $17 par jour et par véhicule. Les Park Pass peuvent être intéressants en fonction de votre itinéraire et il en existe plusieurs formules regroupées ici : https://shop.dbca.wa.gov.au/collections/park-passes
De notre côté, nous avons opté pour un « holidays pass ».

La meilleure saison pour visiter le parc va de mai à septembre. Il fait moins chaud et, s’il a plu, on peut assister à la période de floraison. Les mois de janvier à mars sont, eux, particulièrement déconseillés en raison de la chaleur et le vent du désert amène des nuées de mouches très oppressantes. Enfin, d’après notre guide, il faut vraiment éviter la deuxième quinzaine de décembre où le parc est envahi de vacanciers locaux.

Le logement

Bay Lodge, 113 Knight Terrace, 6537 Denham, Australie
Sans doute la déception du séjour. Les photos sur booking nous avait paru sympa. En réalité, nous sommes tombés sur un motel en travaux, aux chambres pas très propres et au service inexistant : personne à l’arrivée et personne au départ.

Les repas

Sur le pouce, faute de mieux !
Denham hors saison est particulièrement calme et, à cette époque, même le supermarché ferme en début d’après midi. Attention donc à prévoir vos repas en avance.

Swakopmund et Walvis bay

8 septembre 2021

Changement d’ambiance radical sur les bords de mer. Ici, pas de short et pas de soleil : le brouillard fait partie intégrante du paysage et occupe l’espace quasiment à heure fixe. Au réveil, on est donc ravis de trouver une grande tasse de thé chaud et un buffet garni. C’est sous un ciel toujours gris que l’on se décide finalement à quitter l’univers douillet du Sea Breeze.

Avant de rejoindre Walvis bay pour découvrir les dunes de la côte des squelettes, on déambule un peu dans le centre de Swakopmund, plus grande ville du littoral. A peine sortis de la voiture (reine ici), on tombe sur une allée où exposent quelques artisans. L’occasion de rencontrer Elton Mugomo dont nous avions repéré le travail dans notre logement de Windhoek ! On discute un moment avec l’artiste, ravi qu’on ait reconnu son style, et on en profite pour repartir avec plusieurs de ses toiles.

Avant de quitter la ville, nous avons pris le temps de traverser tout le centre et d’aller jusqu’à la jetée, long ponton de bois centenaire qui s’enfonce sur plus de 250m dans l’océan. Cette ancienne colonie allemande nous aura laissé un peu mitigés : certains bâtiments ont du charme mais la ville reste relativement froide et moins colorée que ce qu’on avait imaginé. A mon sens, son intérêt réside donc surtout dans la proximité du désert du Namib !

La route de Swakopmund à Walvis bay n’est d’ailleurs qu’un long sillon de goudron noir filant tout droit au milieu d’étendues de sable. A quelques 70km, Walvis Bay a, comme sa voisine, plusieurs visages. L’entrée de la ville est marquée par un immense camp de la Croix Rouge, suivi d’une large zone industrielle et d’un port aux eaux grises. On s’y arrête un instant pour régler notre tour avant de suivre le guide vers les bords de mer, bien plus cossus. On laissera d’ailleurs notre voiture sur « l’allée des millionnaires », face à d’immenses maisons, près d’un parc où de petits groupes suivent un cours de sport. Le changement est radical. Quelques flamands surveillent même notre véhicule pendant que nous grimpons avec notre guide dans un lourd 4*4 tout confort : la balade commence !

Les premiers kilomètres longent la mer et les marais salants à l’origine d’une importante part de l’économie locale. Partout, les flamands s’agitent dans l’eau peu profonde, remuant la vase avec leurs pattes pour se nourrir. A mesure que l’on s’éloigne des marais, la mer semble plus agitée, les oiseaux roses disparaissent pour laisser la place aux cormorans. On file maintenant sur une large plage balayée par le vent, aux rouleaux qui s’écrasent sur le sable humide. Quelques otaries apparaissent, pointent leur museau hors de l’eau avant de disparaitre dans les vagues. Puis par hasard, on tombe sur un petit bout de chou à peine étonné de nous trouver là, sur sa plage. Il nous accorde quelques minutes avant de lui aussi s’enfoncer dans l’océan. Sur cette large étendue de sable se cachent également quelques prédateurs, guettant les otaries les plus faibles. Si nous ne croiserons pas les hyènes, nous tombons en revanche sur deux chacals au camouflage étudié.

Même si cela nécessite un réel savoir-faire, chacun est autorisé à rouler sur cette immense étendue de sable, parfois strié de rose en raison des minuscules grenats qui se mêlent au sable. Le weekend, les familles sont nombreuses à venir s’installer face à l’océan pour de longues parties de pêche. En revanche, il faut un permis pour s’enfoncer plus loin sur la côte, où les dunes de sable semblent s’écrouler directement dans l’eau : c’est là que nous allons.

Avec beaucoup de confiance, on se laisse entrainer sur l’étroite bande de sable mouillé, coincée entre les remous de l’eau et des dunes à la hauteur parfois vertigineuse. Notre pilote fait ça depuis toujours et semble s’amuser comme un fou. Au volant de son bolide, il a la lourde tâche de slalomer entre les vagues, de s’arrêter puis de repartir à mesure que les rouleaux gagnent le rivage. Bref, d’éviter par tous les moyens de noyer les moteurs… et nous avec ! Ici, pas question de rouler seul : les agences s’entendent pour être au moins deux à traverser cet étroit passage simultanément et les chauffeurs communiquent toujours entre eux par radio, s’assurant que personne ne reste à l’arrière.

L’épopée dure un long moment dans ce décor fantastique et puis, finalement, la plage s’élargit à nouveau. Notre guide descend, nous offre une boisson tout en riant : « Cette fois-ci, c’était chaud ! »

Nous quittons les bords de mer pour nous enfoncer maintenant dans les dunes de sable. Le moteur vrombit et par miracle la voiture s’élève dans les dunes, toujours plus haut. On zigzague, on grimpe, on redescend, on suit les courbes de cette nature sauvage avec une facilité déconcertante. Rien à voir avec nos misères de Sesriem…

On s’arrête finalement au sommet d’une immense dune.  D’un côté, un paysage incroyable s’offre à nous. Les courbes des dunes claires se dessinent dans le brouillard, l’océan se devine à peine. Une ambiance un peu irréelle se dégage de cette étendue sans fin aux reliefs sculptés par le vent. Nos pas se dessinent comme dans la neige sur le sable immaculé. On se sent ridiculement petit, formidablement émerveillés.

De l’autre côté, on découvre Sandwich Harbor, ancien port de pêche transformé aujourd’hui en réserve naturelle, niché en contrebas de la dune.

A mesure que les heures passent, le brouillard se dissipe. Les rayons du soleil offrent de nouvelles couleurs au désert, renforçant les reliefs doux. C’est l’heure de la récréation pour notre guide : on attache bien nos ceintures avant de glisser dans le sable. Le moteur gronde, on rebondit sur nos sièges… c’est parti pour une session de montagnes russes ! À vive allure, on prend d’improbables trajectoires dans le sable, on dévale des pentes escarpées puis on remonte sur les hauteurs pour quelques photos. Revenus au niveau de l’océan, désormais réchauffés par un grand soleil, on s’offre une pause pique-nique avant de rentrer, complètement sous le charme de cette expérience !

Le coup de cœur de Ptit Jo

La vue sur l’océan depuis le sommet des dunes. Du sable à perte de vue !

Coté pratique

Un voyage organisé

Notre voyage a été organisé par l’agence Hors-piste et plus spécifiquement par Antoine. S’il n’est pas indispensable d’être accompagné pour la Namibie, il était en revanche indispensable de l’être pour le Botswana. Aussi, le recours a une agence pour combiner les deux destinations a été un véritable gain de confort. Nous avons été suivis du début à la fin, ayant toujours quelqu’un à contacter sur la route en cas de problème. L’agence nous a également toutes nos procédures Covid (réservation de tests, suivi des résultats) et nous a aidés à obtenir les visas. Bref, nous sommes partis en confiance !

Le site: https://www.horspistes-afrique-australe.com/

Les activités

Rendre visite à Elton Mugumo, Tobias Hainyeko street, Swakopmund
Son site : https://eltonmugomo.com/

Levo Tours, Corner 14th Road/1st street E, Walvis bay
Sortie en 4×4 jusqu’à Sandwich Harbor 2000 NAD
Boissons, snack et apéritif dinatoire compris pour les départs de l’après-midi. Le site : https://www.levodunetours.com/

Le logement

Sea Breeze Guest House, 48 Turmalin Street, Swakopmund
Un guest house tout confort situé au Nord de la ville tout près du front de mer. Les patrons sont adorables, le petit déjeuner varié et les chambres chaudes et confortables. On en garde un excellent souvenir !
Le site : http://www.seabreeze.com.na/

Les repas

Blue Grass, Platz Am Meer Waterfront, Vineta, Swakopmund
Un bon restaurant en bord de mer. Les plats sont savoureux mais particulièrement copieux.