12 avril 2023
Nous quittons Takayama pour rejoindre Matsumoto, dernière étape de notre périple en voiture avant de rejoindre les circuits plus traditionnels.
Le temps est plus que mitigé ce matin-là et, sur le chemin, on traverse de larges forêts froides et embrumées. A mesure que l’on avance, on s’enfonce dans la montagne. La route devient plus sinueuse, le décor change et on aperçoit quelques tas de neige entre les arbres.
Ce paysage me fait penser aux fameux bassins du Jigokudani Yaen Koen que l’on voit souvent dans les reportages animaliers. Les macaques japonais (ou singes des neiges), souvent insaisissables en dehors, s’y regroupent l’hiver pour profiter de la chaleur. Nous n’avions pas retenu cette étape, d’une part pour éviter un détour, d’autre part pour ne pas nous retrouver au milieu d’attroupements de touristes plus ou moins respectueux de la vie animale. Alors que je songeais à ces images, le nez collé contre la vitre froide, un singe décida de traverser la route en trombe. Comme par magie, un tout petit parking apparaissait au virage suivant pour nous offrir une chance de ramener de jolies images. Sans plus réfléchir, on s’y arrête, téléobjectif à la main et sens aux aguets.
Ils sont là, tout autour de nous dans les bois. On les entend d’abord puis on les croise, remontant la route ou grimpant dans les arbres. Un peu en contrebas, une femelle en plein repas est presque dissimulée par la végétation. Son étonnant visage rouge se repère heureusement relativement bien et elle se prête gentiment à une séance photo. Ce n’est que lorsqu’elle s’en ira qu’on remarquera un petit accroché à son ventre, bien au chaud dans une épaisse fourrure. On retourne nous aussi nous mettre au chaud, enchantés de cette jolie rencontre.




Sous une pluie désormais battante, on arrive finalement à la ferme Daio : l’une des plus grandes fermes de wasabi du pays. Si nous avions tous en tête l’étrange pâte verte et piquante, nous n’avions aucune idée de l’origine du produit et étions curieux d’en savoir davantage. La culture est finalement surprenante, installée quasiment dans un cours d’eau, traçant de larges sillons d’un vert vif. Sous les épaisses feuilles garnies de petites fleurs blanches se dissimule une racine de 10 à 15 cm. C’est elle qui, une fois récoltée, est utilisée dans différentes préparations. La ferme propose d’ailleurs d’en gouter certaines : saucisses, croquettes, burgers… et même de la glace ! Bien qu’il s’agisse d’une plante vivace, sa culture n’est pas aisée et les racines ne peuvent être récoltée qu’au bout de 2 ou 3 ans.
Passée la boutique et les tests culinaires, une balade d’une heure permet de déambuler dans les champs de wasabi. On trouve également, au milieu de cette ferme, quelques arbres fruitiers, des moulins, un sanctuaire ainsi qu’un petit temple…. Et, finalement, la pluie va bien à ce décor !







Le soleil revient pour notre arrivée à Matsumoto. Le long de la rivière, on remonte à pied vers son célèbre château par ruelle Nawate, surnommée la rue des grenouilles. Chose rare, malgré ses commerces (qui là encore ferment tôt), elle est entièrement piétonne. On y achète quelques éléments de vaisselle traditionnelle avant de poursuivre notre route vers la rue principale. Des boutiques de souvenirs plus classiques y fleurissent, proposant des temari, étranges boules de tissus aux prix tout aussi étonnants. Le temari, réalisé en fils de soie colorés, fait en réalité écho au passé de la ville, installé sur la route de la soie reliant Takayama à Suwa. Véritable symbole de la ville, on en trouve un peu partout… même sur les plaques d’égouts !




Malgré nos petits arrêts, on parvient rapidement à l’imposante bâtisse installée sur d’épaisses murailles et entourée de douves. La visite n’est pas indispensable mais permet tout de même de découvrir l’intérieur du bâtiment, tout en bois et aux escaliers raides. Sa particularité, outre sa couleur, est qu’il s’agit de l’édifice d’origine et qu’il n’a jamais été reconstruit depuis sa création. En chaussettes, on évolue donc d’étages en étages, le long d’une exposition qui retrace le passé militaire des lieux. Le dernier étage offre, par de toutes petites ouvertures, un panorama intéressant sur la ville et sur les détails du toit.









Alors que l’on quittait le château, d’épais nuages amenés par le vent ont transformé l’atmosphère en un temps orageux. Sous ces lumières, le château porte particulièrement bien son surnom de « corbeau noir »… N’est-ce pas le meilleur moment pour prendre des photos ?




Le coup de cœur de Ptit Jo

Les lumières d’un temps d’orage au dessus du corbeau noir…
Coté pratique
Les activités
Château de Matsumoto, 4-1 Marunouchi, Matsumoto, Nagano 390-0873
Ouvert tous les jours de 8h30 à 17h
Tarif adulte : 700Y
Lien utile : https://www.kanpai.fr/matsumoto#travel-guides-container
Ferme Daio Wasabi, 3640 Hotaka, Azumino, Nagano 399-8303, Japon
Ouvert tous les jours de 9h à 17h20
Lien utile : https://www.daiowasabi.co.jp/en/
Péage pour la journée : 1150Y
Le logement
松本はなれ (The Riverside Hideout guesthouse), 5 Chome-3-20 Ote, Matsumoto, Nagano 390-0874
Ce petit logement traditionnel est très agréable et plutôt bien placé dans Matsumoto. Le patron est très gentil et met à disposition une cuisine équipée.
Les repas
Pour cette première journée, nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés. Le choix n’y manque pas et cela nous a permis de tester différentes spécialités !












































































