Nara

17 avril 2023

Après un éveil au son des mantras de la cérémonie du feu, nous posons nos valises dans la célèbre cité de Nara. Bien moins imposants que Kyoto ou Osaka, elle est pourtant de tous les circuits touristiques lors d’un premier voyage au Japon. On comprend vite pourquoi…

Ancienne capitale du Japon aux nombreux monuments inscrits au patrimoine mondial de l’humanité, il s’en dégage une atmosphère d’un autre temps. Après l’animation et la modernité de Tokyo, Nara et son calme nous font du bien.

En partant de la gare à pied, on remonte donc l’allée principale (en s’achetant un petit melon pan au passage, il ne faut pas perdre les bonnes habitudes !). Rapidement, on tombe sur le Naramachi et son immense marché couvert, plein de boutiques et… de jolies plaques d’égout ! Le Japon possède en effet une improbable collection de pièces d’assainissement en fonte, souvent réalisées à l’effigie d’un emblème de la ville. Elles ont commencé à fleurir dans le pays dans les années 60, à une époque où il s’agissait de faire accepter à la population de couteux travaux de création de réseaux. On voudrait les mêmes à la maison non ?

Nos pas nous conduisent rapidement vers le parc de Nara, cœur de la ville et concentré d’histoire attenant aux quartiers les plus anciens. C’est aussi l’habitat des stars de la cité : les cerfs sacrés. Ils sont ici clairement chez eux, déambulant librement entre les monuments et au milieu des visiteurs, s’inclinant parfois devant les passants. Habitués à être nourris, ils ont fini par apprendre que ce geste leur attirait bien souvent une friandise. D’ailleurs, les touristes s’essayant à l’achat de nourriture sont souvent largement entourés, voire un peu dépassés par le nombre ou l’insistance de ces grands gourmands. On choisit plutôt de ne rien acheter, préférant une approche plus naturelle et plus zen.

S’il y a un site qui nous a impressionné lors de notre voyage, c’est bien le Tōdai-ji. Cet immense sanctuaire abrite le plus vaste monument en bois du monde, écrin fragile pour un monstre de métal, le Daibutsu.

Passé la porte, on ouvre donc des yeux ronds sur plus de 250 tonnes de bronze et quelques 15 mètres de haut, rien que ça. Malgré ces chiffres, une étrange délicatesse flotte sur les traits de l’imposante sculpture. Autour d’elle, d’autres gardiens, figures mythologiques, sont plus inquiétants.

Bien qu’il soit difficile de poser son regard sur autre chose que l’incroyable bouddha et la charpente complexe qui l’abrite, on jette quand même un œil sur l’exposition on fond de la salle, présentant l’évolution du sanctuaire au fil des siècles, marqués de phase de déconstruction et de reconstruction.

En s’enfonçant dans le parc, le décor change, le paysage devient moins lisse, le parc laisse place à la forêt. On gagne ainsi le secteur du Kasuga Taisha et ses milliers de lanternes en pierre grise, recouvertes en partie de mousses et de branchages. Les lieux sont plus calmes, moins visités et les cerfs évoluent paisiblement entre les sculptures. Malgré l’effet marquant du Daibutsu, mon coup de cœur va sans doute à ces lieux où nature et spiritualité se mêlent avec harmonie.

Le sanctuaire shinto en lui-même, bâtiment tout de rouge et de blanc, est décoré de lanternes de bronze suspendues entre les couloirs. Son cœur est parfumé par les effluves d’une glycine centenaire aux branches s’étirant de tout côté, apportant une ombre discrète aux voyageurs fatigués. Sur les murs, des plaques de prières en forme de petits daims égayent encore les lieux. Nous n’avons pas forcément choisi de le visiter, peu convaincu par l’intérêt (on voit déjà beaucoup de chose de l’extérieur) mais les lieux méritent vraiment le détour.

On quitte finalement ce secteur paisible pour retourner à la gare par le centre ancien, peuplé de petites maisons de bois et de passants à vélo. Demain, d’autres décors, plus agités, nous attendent !

Le coup de cœur de Ptit Jo

Le secteur du Kasuga Taisha et ses milliers de lanternes

Coté pratique

Les activités

Temple Todai-ji
Ouvert tous les jours entre 7h30 et 8h jusqu’à 17h ou 17h30 selon les saisons
Entrée 600Y pour le Daibutsuden
Entrée 600Y pour le musée national voisin
Entrée combinée 1000Y

Kasuga Taisha
Ouvert tous les jours entre 6h30 et 7h jusqu’à 17h ou 17h30 selon les saisons
Entrée 500Y

Le logement

Hotel Rokune, Sanjo Miyamaecho 1-19, Nara, 630-8121, Japon
Hôtel situé à proximité de la gare de Nara et donc accessible à pied. L’enregistrement se fait automatiquement et il n’y a pas de personnel sur place. En revanche, les chambres sont grandes, confortables, disposent d’une petite cuisine, d’une large salle de bain et d’une machine à laver. une bonne surprise !

Les repas

Nous avons plutôt opté pour les repas dans les supermarchés et les petits stands en ville. Le choix n’y manque pas et cela nous permet de tester beaucoup de spécialités.

Salon Naramachi, 31-1 Ganriincho, Nara, 630-8221
A défaut de cérémonie du thé en bonne et due forme, nous avons opté pour une sorte de tea time dans un décor typique, tout en bois. Au-delà du calme et de la vue sur le jardin, il s’agit ici de déguster du matcha préparé dans la tradition et, surtout, des mochis savoureux. Le prix est relativement élevé mais la qualité nous a semblé bien supérieure à la moyenne.

Une journée au parc Oméga

20 février 2020

Arrivés tard la veille à Montréal, on débute notre séjour sous un merveilleux soleil en filant sur les routes québécoises. Venus sur ces terres il y a plusieurs années déjà, nous avons cette fois choisi la rigueur de l’hiver et ses paysages enchanteurs. Pour se mettre dans l’ambiance, on commence par un « safari » canadien proposé par le parc Oméga: au programme 12km sur une route enneigée au milieu des animaux emblématiques du pays. Cerfs,wapitis, loups, bisons, renards polaires… ils sont tous là ! Le parc met en avant la cohabitation entre espèces dans de larges enclos et veille à ne présenter que des animaux adaptés au climat québécois.

Les premiers kilomètres se font au milieu des troupeaux de cerfs et de wapitis en recherche de carottes qui sont distribuées par les visiteurs et vendues par le parc. Il faut bien admettre que l’expérience provoque une régression immédiate. En quelques minutes, on a 5 ans, le nez collé à la vitre ou la tête carrément passée par la fenêtre, de larges sourires sur le visage à chaque grand coup de langue des cervidés. D’aussi près, on réalise la masse que représentent les wapitis, on observe les immenses bois des grands mâles et on sourit devant les museaux parfois plein de neige.

Passés les troupeaux de cervidés avides de carottes, on croise nos premiers bisons aux naseaux qui laissent échapper d’épais nuages de vapeurs. Ils ont beau être tranquilles, on surveille avec attention leur immenses carcasses frôlant nos SUVs sans pour autant paraitre les remarquer. Un peu plus loin, ce sont les renards polaires qui s’agitent dans leur enclos, courant dans la neige avec leurs adorables frimousses.

Un arrêt proposé en cours de route permet une petite balade jusqu’à une ferme dissimulée dans la foret. En sortant de la voiture, on jette tout de même un œil au tableau de bord: il fait -17°C dehors et pourtant, sous le soleil (et avec quelques chaufferettes) on est bien. Dès les premiers mètres du sentier, on tombe sur une cabane à sucre. On en profite pour goûter le tire d’érable. Rien de plus simple mais rien de plus traditionnel non plus: on verse l’érable chaud sur de la neige, on pose un bâtonnet de bois dessus et on roule pour une former une sucette. 100% régressif, 100% gourmand, 200% sucre… On adore !

La journée au parc se termine par l’enclos des magnifiques loups arctiques, regroupés à l’occasion du nourrissage et des explications du soigneur. On les admire un long moment avant de terminer la balade et de rejoindre nos voitures pour rencontrer à nouveau cerfs et sangliers. On n’aura quasiment croisé personne dans la journée, à peine une dizaine d’autres voitures et une poignée de piétons: un des nombreux avantages de l’hiver sans doute.

Parce qu’il y a toujours une bonne raison pour un tea-time, on profite de l’affichage toujours bien négatif des températures pour faire un crochet au Fairmont, à quelques kilomètres de là. Il faut dire que l’endroit attise la curiosité, cet hôtel est en effet le plus grand château en bois rond du monde et les images de son grand hall nous ont fait de l’œil. La porte poussée, on découvre un hall immense où trône, au centre, un foyer tout aussi imposant (près de 40mètres de haut). Partout autour de nous, tout n’est que lumières tamisées, fauteuils de bois et de tissus, balcons, pierres et blasons. Un cachet unique, une ambiance d’un autre temps qui nous rappellent un peu le Yellowstone et beaucoup les contes pour enfants…

Le coup de cœur de Ptit Jo

Si le parc nous a fait passer un bon moment, tant pour la faune que pour la balade, le château de Montebello nous aura, lui, complètement charmé. On aurait adoré y passer la nuit pour découvrir sa piscine et sa piste de curling !

Coté pratique

Les activités

Parc Oméga 399 QC 323 Montebello QC J0V 1L0
Tarifs: 30$ hors taxe. Il y a des promotions régulières, nous avions par exemple bénéficié de 30% de remise avec le black friday.
Billetterie : https://www.parcomega.ca/billetterie/

Le logement

Auberge la porte rouge, 1874 Chemin du village, QC J8E 1K4 Mont-Tremblant
Un logement sans charme particulier mais bien pratique pour accueillir notre petite troupe. Petit déjeuner de qualité dans le restaurant de l’autre côté de la rue.

Les repas

Restaurant Pub Au coin, 1900 Chemin du Village, QC J8E 1K4 Mont-Tremblant
Nous nous sommes régalés dans ce restaurant cosy au personnel particulièrement aimable et prévenant. Une excellente soirée aux saveurs canadiennes.

Fairmont Le Chateau Montebello, 392 Rue Notre-Dame, J0V 1L0 Montebello
Une pause chocolat chaud bienvenue après une journée dans le froid canadien. Le petit déjeuner est très réputé mais nous ne l’avons pas testé. Parking gratuit la première heure.