Autour de Bukit Lawang

30 novembre 2023

Après deux jours en dehors de toute civilisation, on renoue ce matin avec le monde des humains. Metha nous propose en effet de découvrir le village en tuktuk avant de rejoindre la capitale.

Nous voilà donc installés dans une sorte de sidecar bidouillé accroché à une mobylette qui pétarade. On se laisse ainsi entrainer le long de la route puis sur des chemins de terre serpentant dans les rizières. Metha nous explique ici la culture du riz et son importance en Indonésie puisqu’il est consommé à tous les repas. Il existe d’ailleurs un nom en bahasa pour chaque étape de sa culture et de sa consommation. Pour illustrer l’importance de cet aliment de base, elle nous précise aussi que l’un des privilèges accordés aux fonctionnaires est l’attribution de 10kg de riz par personne du foyer et par mois. On retrouve également le riz sur l’emblème national, riche de symboles :

  • l’étoile pour la croyance en un dieu unique
  • la chaîne pour l’humanisme
  • le bagnan pour l’unité (la devise du pays est d’ailleurs « l’unité dans la diversité)
  • la tête de buffle pour la démocratie
  • l’épi de riz pour le socialisme et la justice

La balade se poursuit sur les chemins qui s’enfoncent dans la campagne, passant entre les productions de caoutchouc, de bananes, de cacao et de palme. Au milieu ont poussé des maisons un peu partout, certaines au bord de canaux, d’autres plus en retrait pour installer un jardin cultivé. Tout le long de la route, les enfants nous adressent de larges sourires, chantonnant quelques hello en agitant la main. 

A peine descendus de notre tuktuk pour observer une petite plantation de poivre, trois minots se précipitent vers nous pour nous faire un câlin et nous taper la main, bientôt suivi par 4 autres. On s’étonne un peu de tant de joie et d’affection envers de parfaits inconnus mais on partage un petit moment avec eux avec plaisir, au milieu des jardins cultivés. certaines maisons, en plus des cultures, abritent de toutes petites entreprises souvent cachées dans l’arrière cour. Sur le chemin du retour, on s’arrête ainsi pour gouter le sucre de palme tout juste sorti de cuisson et observer la fabrication du tofu.

Notre matinée s’achève par une courte visite du cœur de Bukit, construite sur les rives de la Landak. En rive droit, on trouve beaucoup d’hôtels et chambres d’hôtes accessibles par des ponts de singes et de petits chemins piétons. Coté gauche, sont surtout installés boutiques de vêtements bariolés, cafés et restaurants parfois troglodytes. On est assez surpris par l’étendue de cette ville qui nous paraissait toute petite mais qui, en haute saison, doit grouiller de monde.

Notre voyage s’achève ici. A l’heure de récupérer les valises, un petit singe vient se poser sur notre balcon pour nous saluer. Nous quittons l’Indonésie avec de belles images de rencontres animalières et humaines. La prochaine fois c’est sûr, nous nous laisserons davantage de temps pour la découvrir.

Le coup de cœur de Ptit Jo

La balade au dessus de la rivière, d’un pont suspendu à un autre

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Hotel Santika Premiere Dyandra, Jl. Kapten Maulana Lubis No.7, Petisah Tengah, Kec. Medan Petisah, Kota Medan, Sumatera Utara 20111
Le cout de la vie en Indonésie nous a permis de prendre ce joli hébergement dans le centre de Medan. Les chambres sont équipées et spacieuses, le petit-déjeuner gargantuesque et une piscine est disponible. En supplément, un salon de massage propose des prestations de très bonne qualité !

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)

Tiongsim Palladium, Jl. Kapten Maulana Lubis No.8, Petisah Tengah, Kec. Medan Petisah, Kota Medan, Sumatera Utara 20231
Juste à côté du Santika, ce restaurant est surtout réputé pour ces pâtes. Nous les avons trouvées bonnes mais sans plus. Les plats ont tendance à être un peu gras et l’anglais est très peu pratiqué.

Au cœur de la forêt

29 novembre 2023

Après une nouvelle nuit passée sous une pluie battante, on est heureux de retrouver le soleil. Trois options s’offrent à nous pour rejoindre Bukit Lawang ce matin là :

  • Rentrer en tubbing sur des chambres à air,
  • Traverser la rivière en bouée et rentrer par un chemin plat mais rapide,
  • Remonter la fameuse pente de la veille et allonger le chemin du retour pour espérer voir davantage d’animaux. 

Après quelques hésitations, c’est finalement cette dernière option que nous retenons et, finalement, on s’en sort mieux que prévu.

Encouragé par notre chance d’hier, on espère désormais rencontré le gibbon noir, timide primate endémique de la région. Udin nous emmène donc dans les endroits les plus indiqués pour le rencontrer. Si on trouve des traces de sa présence, on ne fera malheureusement que l’entendre de loin. En revanche, on croise quelques macaques qui s’écartent à peine du sentier à notre rencontre.

Complètement en dehors du sentier, alors que nous n’avions perçu absolument aucun signe et que nous faisions une petite pause boisson, Udin nous dégote soudain un orang-outan adolescent perché au sommet du plus grand arbre que l’on ait croisé jusqu’alors. Ébahis, on s’enfonce à sa suite dans la foret pour pouvoir l’observer. Juchée sur un arbre mort, je me fais agresser par une envolée de moustiques pendant qu’une sangsue s’attaque à mes chaussettes ! On ne reste donc pas longtemps sur place et on repart rapidement à l’aventure.

C’est finalement à moins d’un kilomètre du lodge que l’on rencontre notre dernier duo. Une maman somnole affalée sur une branche pendant que son petit, âgé d’environ 4 ans, fait de la balançoire dans les branches, portant à 11 le nombre de nos grands singes aperçus en deux jours. En cette saison des amours, les femelles ayant déjà des petits ont tendance à se rapprocher et à exclure les mâles, ce qui explique que l’on en ait croisé aucun.

Il peut paraitre surprenant d’avoir trouvés autant d’orangs-outans, parfois près des humains. En réalité cela est dû au passé du parc. Un centre de réhabilitation était en effet installé à Bukit Lawang. Fermé depuis une vingtaine d’années, des activités de nourrissage des animaux ont tout de même perduré pendant 10 ans, le temps que les grands singes puissent se réapproprier leurs lieux de vie. Certains sont donc encore très habitués aux hommes et ne s’éloignent jamais vraiment de l’ancien centre.

Aujourd’hui, il est strictement interdit de les nourrir, sauf pour une poignée de guides qui ne le font que dans des conditions très spécifiques (pas de nourriture au sol, pas d’approche directe, uniquement les femelles avec des petits…).

L’écolodge apparait finalement et nous sommes accueillis par un groupe de langurs argentés qui sautent de branches en branches autour du restaurant. Au cœur du groupe, on a la surprise de découvrir un petit singe tout jaune. Leur pelage se modifie en grandissant, prenant peu à peu les nuances de gris de leurs familles. On les observe longuement, pas lassés le moins du monde, essayant de relever les différences avec ceux de la foret. Ne sont-ils pas mignons?

Non content de cette aventure, on enchaine avec la visite des batcaves avant de s’autoriser une pause. Nous voilà donc partis de nouveau dans la jungle, dans un univers digne d’Indiana Jones. Frontale sur le front, on évolue de roches en roches sur des pierres luisantes et, parfois, couvertes de mousses. Au dessus de nos têtes, de larges ouvertures laissent entrevoir des arbres envahis de longues lianes. La pluie se met à tomber, rajoutant une touche de mystère au décor. Dans les coins les plus sombres de la grotte, des centaines de chauve-souris, d’au moins deux espèces différentes, ont élu domicile. Pour ne pas trop les déranger, on évite les photos, préférant les laisser le plus possible dans le noir.

Notre excursion dans la jungle de Sumatra s’arrête ici. Il est désormais (enfin) temps de filer sous la douche pour retrouver une apparence normale. On n’aura sans doute jamais autant apprécié ce moment !

les animaux vus par Ptit Jo

Le semnopithèque de Thomas (Presbytis thomasi) est endémique de Sumatra. Il est surnommé Punky Monkey en raison de sa crête de poils bicolores sur le haut du crâne.

La femelle orang-outan n’aura généralement pas plus de 3 bébés dans sa vie ! Ces grands singes peuvent souvent vivre environ 45 ans à l’état sauvage.

Le macaque crabier (Macaca fascicularis) ou macaque à longue queue sont très répandus en Asie du Sud Est, fréquentant aussi bien les forêts que les installations humaines.

Les macaques à queue de cochon (Macaca nemestrina) vivent en grands groupes qui se séparent en groupes plus petits durant la journée pour chercher à manger.

Le semnopithèque à coiffe (Trachypithecus cristatus) a des petits aux poils d’une jaune vif à la naissance, qui virent progressivement vers le gris argenté en grandissant

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)

Les hommes de la jungle

A Valérie, fidèle lectrice de nos aventures. Puisse t-elle en vivre de nouvelles, entourée d’animaux, depuis sa nouvelle demeure.

28 novembre 2023

Le soleil se lève sur la jungle du parc national du Mont Leuser après une nuit largement arrosée. Un peu groggy, on ouvre les yeux sur un décor calme et silencieux. Deux matelas de sol sont installés devant notre tente et du thé chaud nous attend. Au bord de la rivière, les feuilles d’arbres commencent a s’agiter. Une poignée de punky monkeys batifolent dans les branches, tantôt curieux tantôt peureux. L’un d’eux finit par descendre sur la plage et pos’installer dans l’eau, sans se soucier de notre présence. La journée commence bien.

Le petit déjeuner avalé, la randonnée commence par une session de grimpette sur un étroit sentier qui s’enfonce au cœur de la foret. Autant le préciser tout de suite, les amateurs de balade sur des chemins plats et dégagés seront très déçus. Ici, on monte, on descend, on monte encore, on enjambe des arbres, on esquive des racines et on patauge dans la gadoue régulièrement. Le temps, désormais clément, reste chaud et humide et nos sacs à dos pleins n’aident pas à rester secs. On comprend très vite qu’il sera inutile d’envisager de rentrer propre et sentant la rose…

Ce constat fait, on se concentre sur le monde qui nous entoure. La végétation est partout, dans toutes ses formes. Fougères et plantes rampantes occupent les niveaux les plus bas tandis que, plus haut, rotin piquant et arbustes se bousculent. Loin au dessus de tout ça, d’énormes arbres au tronc imposant s’élèvent vers le ciel, ombrageant largement la forêt par des ramifications toujours plus étendues. Un peu partout, des lianes semblent tomber du ciel, précieuses alliées pour gravir des pentes parfois coriaces. On croirait la forêt calme mais, en réalité, elle bourdonne de bruit. Cigales et grillons ne se taisent presque jamais, les oiseaux dissimulés dans les hauteurs poussent d’étranges cris et les hurlements de singe résonnent parfois en toile de fond. Curieusement, ce sont les geckos qui nous impressionnent le plus, surpris qu’une si petite bestiole puisse faire autant de boucan.

Bien sur, nous ne rencontrons pas tout de suite les stars de Bukit Lawang mais chaque nouvelle espèce nous intéresse. Très vite, on croise d’énormes fourmis longues comme un demi pouce. Udin en attrape une pour nous la montrer de plus près, expliquant la différence entre mâle et femelle. Les femelles, plus rependues, ont un abdomen plus long que leur tête. Les mâles, au contraire, ont une tête plus imposante. « Comme les humains » me chuchote t-on dans l’oreillette. Pas le temps de râler. Udin, un petit sourire sur les lèvres, ouvre grand la bouche pour y enfourner la fourmi. On en reste sans voix.

Bien plus vite qu’on ne l’aurait pensé, nos premiers orangs-outans, littéralement « homme de la jungle », évoluent au sommet d’un arbre haut de plusieurs dizaines de mètres. Une mère, dissimulée à la racine des branchages, est accompagnée de son jeune agité. Déjà âgé de quelques années pour s’éloigner autant d’elle, il est visiblement en pleine forme. De loin, on l’observe faire des cabrioles de branches en branches, son pelage roux brillant au soleil. Un autre guide passant près de nous nous indique une seconde femelle près d’ici. Enthousiastes, on file sur le chemin indiqué.

Quelques kilomètres plus loin, bien moins haut perchée mais sans doute mieux cachée dans les arbres, une imposante femelle orang-outan est tranquillement posée sur une branche sur laquelle on n’aurait peut-être pas osé poser le pied. En regardant attentivement, on se rend compte qu’elle cache sous son bras une toute petite tête. On observe patiemment et cela paie.

La femelle se retourne, se rapproche et nous expose désormais son petit pour une jolie séance pleine de tendresse. Ce jeune n’a que quelques mois et, malgré son apparence fragile, semble bien accroché aux poils de son ainée. Le repas de bébé terminé, on a même la chance de les voir regrimper plus haut dans les branches et se construire un nid de branches pour une petite sieste !

Ces grands singes en construisent environ 3 par jour et ne les réutilisent jamais deux fois. Cela leur sert majoritairement pour une petite sieste ou pour la nuit complète. On en trouve donc un peu partout en levant le nez vers la cime des arbres. Amusés de les voir si détendus, on laisse ces deux orangs-outans se reposer tranquillement avant de s’enfoncer à nouveau dans la jungle.

Le nez en l’air (quand on n’est pas occupé à esquiver les racines), on tente désormais d’observer le ciel à la recherche d’autres nids de feuilles fraiches. Au bout d’une heure, c’est cependant une flopée de fruits rouges jonchant le sol qui attire notre attention et nous pousse à redoubler de vigilance. Ils sont là, loin au dessus de nos têtes, points colorés dans un océan de vert. En plein repas, ils laissent tomber sans vergogne des sortes de petites pommes rouges près de nos têtes, pas dérangés le moins du monde par notre présence.

Il est l’heure pour nous aussi de se nourrir. Sous une petite aire de pique-nique, Udin nous offre un plat de riz frit et de crudités enveloppé dans une feuille de banane qui nous redonne un peu d’énergie. Le déjeuner avalé, on fait quelque pas autour de notre abri quand du bruit attire notre attention. Un nouveau duo, probablement attiré par les restes de nourriture de voyageurs négligents, apparait près de nous. Une grande femelle nous observe, longuement, suspendue à un tronc. Au dessus d’elle, les feuillages s’agitent en tous sens.

Ayant finalement décidé de s’approcher de nous, Maman orang-outan finit par attraper d’une main ferme son petit, le percher sur son dos avant de descendre à un mètre du sol attraper ce qui l’intéressait et de remonter en vitesse dans les branchages. Son petit s’empresse alors de se libérer, partant à l’aventure en réveillant toute la foret au passage. 

Les petits orangs-outans restent environ 8 ans avec leur mère et quelque chose nous dit que cette maman va encore avoir quelques années mouvementées !

Saison des pluies oblige, il est désormais temps de se diriger vers notre nouveau campement pour la nuit, campement situé au bas d’une très longue descente présentant des pentes jusqu’à 85 degrés. Sur les bords de la piste, des cordes ont même été installées. Udin nous expliquera plus tard que le principal problème rencontré par les visiteurs de la jungle ne sont pas les piqures ou morsures… mais les fractures. On comprend bien pourquoi !

les animaux vus par Ptit Jo

Le semnopithèque de Thomas (Presbytis thomasi) est endémique de Sumatra. Il est surnommé Punky Monkey en raison de sa crête de poils bicolores sur le haut du crâne.

La femelle orang-outan n’aura généralement pas plus de 3 bébés dans sa vie ! Ces grands singes peuvent souvent vivre environ 45 ans à l’état sauvage.

Le macaque crabier ou à longue queue (Macaca fascicularis) est très répandu en Asie du Sud Est, fréquentant aussi bien les forêts que les installations humaines.

Les macaques à queue de cochon (Macaca nemestrina) vivent en grands groupes qui se séparent en groupes plus petits durant la journée pour chercher à manger.

Le semnopithèque à coiffe (Trachypithecus cristatus) a des petits aux poils d’un jaune vif à la naissance, qui virent progressivement vers le gris argenté en grandissant

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)

Découverte de Sumatra

26 novembre 2023 

Notre arrivée a Medan est surprenante. Nous sommes quasiment les seuls européens dans le terminal et attirons des regards curieux. Metha, notre guide pour les jours a venir, nous repère tout de suite. Armée d’un large sourire et d’un dynamisme débordant, elle commence par nous offrir des foulards colorés avant d’attraper un passant au vol afin d’immortaliser l’instant. A peine sortis du terminal, 5 femmes s’approchent pour demander une photo avec nous également. On accepte, un peu déconcertés, et on récolte une flopée de sourires en retour.

Pour ce voyage, nous avons décidé d’opter pour une agence. C’est donc Jamil, notre chauffeur pour les prochains jours, qui nous récupère directement à l’aéroport pour nous déposer à notre hôtel. Il nous faudra près d’une heure pour rejoindre le centre de Medan en traversant toutes sortes d’environnement. Campagnes, banlieues anarchiques, bidonvilles et maisons cossues, on trouve un peu de tout. Sur les routes, des armées de scooters roulent partout, occupés par une, deux… ou le plus souvent quatre à cinq personnes !

Arrivés a l’hôtel, on profite d’un repos bien mérité. Demain, la jungle nous attend.

27 novembre 2023

Tout au long du chemin vers Bukit Lawang (littéralement, la porte de la colline), Metha nous raconte l’Indonésie, nous précise la fonction des bâtiments croisés, la rôle de la femme, la place de la religion… On découvre toute une nouvelle culture l’espace de quelques heures.

Et comme rien ne vaut un exemple, nous faisons un arrêt à Kuala pour un aperçu de la vie quotidienne en commençant par le marché. Tout de suite, on attire les regards mais aussi beaucoup de sourires. On nous suit des yeux, on nous fait de larges signes et on nous demande à nouveau des photos. A mesure que l’on s’avance dans les allées, on découvre fruits, épices et poissons frits. Pour être honnête, les odeurs ambiantes et les mouches ne nous font pas rêver mais l’arrêt vaut le coup d’œil, ne serait ce que pour la découverte.

On arrive à l’heure où les enfants quittent l’école en ce jour de fête des professeurs. Dans ce bazar bruyant et coloré, les gamins semblent juste heureux. Pour rentrer chez eux, on les voit s’agglutiner dans les voitures ou carrément sur leur toit, sur des scooters et sur des tuktuks dans un joyeux brouhaha. Là aussi, on nous interpelle pour des photos et on nous offre de larges sourires.

A mesure que l’on s’enfonce dans les terres, le décor change. Les villes se font plus petites, les maisons plus espacées, les abords plus verts. Et, malheureusement, la verdure vient d’abord des palmiers à huile dont la quantité nous frappe assez vite. Pour la petite histoire, ces palmiers n’ont rien d’endémiques. Originaires du Brésil, ils ont été implantés dans le jardin botanique de Java où ils ont semblé se plaire. Le filon était trouvé. Compte tenu des larges espaces boisés de Sumatra et Bornéo, le gouvernement a choisi de faire d’une pierre deux coups : donner un coup de boost à l’économie en rasant ces grands espaces naturels pour y faire de la production à grande échelle et envoyer un surplus de population de Java vers des îles moins occupées, désormais chargée de la culture des palmiers.

Arrivés avec notre regard d’occidental, on réalise alors la complexité de la situation. En effet, la production d’huile de palme génère aujourd’hui des revenus considérables et offre des salaires importants, essentiels dans une population frappée par quelques 30% de chômage. Pourtant, l’impact environnemental est d’autant plus grand que les palmiers, une fois leur rendement insuffisant, ne sont réemployés dans aucune activité. Leur bois est en effet trop fragile pour en faire des meubles et produit trop de fumée pour être employé en chauffage ou en cuisine.

Finalement, les palmiers deviennent un peu moins présents, laissant la place à une végétation plus variée, à des collines puis a des rizières. Bukit Lawang est au bout de la route.

Rejoindre l’éco lodge a déjà un gout d’aventure. Avec sac et bagages, on traverse le pont suspendu au dessus de la rivière agitée. Sur cette rive, de jolis bungalows ont poussé entre les arbres et une large structure en bambou abrite la réception et le restaurant. A peine arrivés, on repère de petits singes s’activant dans les branchages. Nous laisserons ici l’essentiel de nos affaires et n’y reviendrons pour passer la nuit que dans deux jours. D’ici là, c’est dans la jungle, au cœur du parc national Gunung Leuser que nous passerons la nuit !

D’ailleurs, Udin, notre guide pour cette étape, nous propose de rejoindre notre campement rapidement car la pluie est attendue. Nous optons donc pour le chemin le plus court, traversant d’abord des plantations de palme, encore, avant de rejoindre la foret puis les bords de la rivière Ladak. Surprise, il faut marcher dans le cours d’eau pour rejoindre le camp. On s’y met volontiers, presque contents de se rafraichir un peu. Le décor est plutôt joli, le long de ce filet d’eau claire, bordé d’immenses arbres. Il nous faudra environ 1h30 pour rejoindre notre camp, installés directement sur la berge.

Le confort est rudimentaire mais complètement en lien avec l’expérience : cabane de bâches et de bambous, matelas et moustiquaires constitueront notre abri pour deux nuits. Notre guide lance un feu pour le repas puis nous offre thé et biscuits au bord de l’eau où il est facile de se baigner. On n’entend plus que le bruit du courant et des animaux dans la foret.

Ayant choisi la fin novembre, nous sommes complètement hors saison et seules trois personnes partagent notre campement, isolés dans une autre cabane. En contrepartie, nous sommes exposés aux pluies intenses de la mousson. Vers 16h, les premières gouttes tombent, d’abord rafraichissantes. Puis, des trombes d’eau s’abattent sur le camp… Espérons que notre choix aura tout de même été le bon.

Le coup de cœur de Ptit Jo

L’arrivée à l’écolodge et sa colonie de petits singes

Coté pratique

Les activités

Ce voyage, organisé par Pulse Indonesia, était vraiment tourné atour de l’observation des animaux et plus particulièrement des orangs-outans. Expérience faite, nous conseillerions plutôt :

  • Pour les plus aventuriers et pour les vrais amoureux de la faune sauvage, deux nuits dans la jungle peuvent être intéressantes à condition qu’elles soient accompagnées de deux vraies journées de marche. Une troisième nuit dans l’un des hébergements du village est intéressante pour le retour. Pour cela, il faut vraiment arriver à Bukit Lawang au plus tard vers 11h.
  • Pour les curieux qui souhaitent juste faire une belle expérience, une nuit en foret suffit. Le mieux est alors d’arriver la veille et de dormir dans l’un des hébergements du village

En terme de saison, nous n’avons pas regretté notre choix. Si la pluie tombe effectivement beaucoup en fin de journée et rend les animaux un peu plus timides, nous avons eu l’immense avantage de la tranquillité. Il faut savoir que les entrées dans le parc national de Gunung Leuser ne sont pas limitées. Aussi, en saison, les cabanes abritent 8 à 15 personnes ayant juste l’espace de leur matelas pour s’installer. Les camps sont complètement saturés et les 150 guides circulent sur les mêmes trails. Au moment de notre séjour, seuls 12 guides étaient en activité.

D’après Udin, le meilleur moment pour venir serait le mois de Janvier :les pluies sont terminées et l’activité au plus bas. A vous de tester !

NB : Sur place, n’oubliez pas votre maillot, vos chaussures d’eau et un jeu de cartes pour le soir !

Le logement

Hotel Santika Premiere Dyandra, Jl. Kapten Maulana Lubis No.7, Petisah Tengah, Kec. Medan Petisah, Kota Medan, Sumatera Utara 20111
Le cout de la vie en Indonésie nous a permis de prendre ce joli hébergement dans le centre de Medan. Les chambres sont équipées et spacieuses, le petit-déjeuner gargantuesque et une piscine est disponible. En supplément, un salon de massage propose des prestations de très bonne qualité !

Ecolodge Bukit Lawang, Jalan Besar Jl. Bukit Lawang, Sampe Raya, Kec. Bohorok, Kabupaten Langkat, Sumatera Utara 20774
Ce lodge située au bord de la rivière est un hébergement de qualité au cœur de la nature. Un restaurant décoré avec goût et surmonté d’une salle commune est abrité par une large structure en bambou plutôt joli. Outre l’emplacement, il présente l’avantage de disposer d’une laverie (et il y en a vraiment besoin après avoir dormi dans la jungle…). De plus, et contrairement à d’autres hébergements du village, il est situé tout prêt du parking ce qui évite de porter les bagages sur des kilomètres.

Les repas

Les repas sont inclus dans les nuits en campement. On y mange très bien et en quantité complètement déraisonnables. L’écolodge, comme la plupart des établissements de Bukit Lawang, propose une carte variée et des assiettes plutôt bonnes (et au niveau d’épices adapté aux touristes)

Tiongsim Palladium, Jl. Kapten Maulana Lubis No.8, Petisah Tengah, Kec. Medan Petisah, Kota Medan, Sumatera Utara 20231
Juste à côté du Santika, ce restaurant est surtout réputé pour ces pâtes. nous les avons trouvées bonnes mais sans plus. Les plats ont tendance à être un peu gras et l’anglais est très peu pratiqué.