Kalbarri NP

9 et 10 décembre 2023

Sur la route déserte et aride allant de Shark Bay à Kalbarri, on ne croise quasiment pas âme qui vivent. Quelques camions aux proportions démesurées, une dizaine de SUVs et le vide, la poussière et le vent chaud. Pourtant de temps à autre, un mouvement attire notre attention. On croise d’abord une famille d’émeus, particulièrement courants dans ces régions mais on devine aussi, plus discrète, une forme étrange sur le bas côté.

L’occasion pour nous d’un arrêt un peu brusque pour découvrir une bestiole dont nous n’avions même jamais entendu parler : l’échidné ! D’apparence proche d’un hérisson croisé avec une taupe, c’est en réalité un petit marsupial d’environ 35 cm aux impressionnantes pattes griffues. En cherchant à l’identifier, on découvre avec surprise qu’il fait partie des rares animaux à pouvoir pondre des œufs et ensuite allaiter ses petits, comme l’ornithorynque !

Le parc national de Kalbarri se divise en deux zones géographiques : une côtière et une en plein cœur du désert rouge. Cette dernière est majoritairement constituée de gorges et de canyons qui s’étendent sur des kilomètres le long de la rivière. Nous avions d’abord envisagé de découvrir le parc en suivant le sentier « The Loop » mais les températures caniculaires de la saison nous ont contraints à changer nos plans. En effet, en cas de grosses chaleurs, les rangers interdisent carrément l’accès, jugeant la balade trop dangereuse.

Encore une fois seuls dans le parc, on opte donc pour une visite sous les derniers rayons du soleil avec un arrêt sur différents points de vue et notamment la Nature’s Window, icône du parc accessible après avoir parcouru un sentier de quelques centaines de mètres. Si l’arche n’est pas aussi impressionnante que les formations américaines, l’endroit reste charmant avec ses couleurs dorées et sa vue sur les méandres de la Murchison. Cette zone du parc abrite quelques colonies de wallabies des rochers mais nous n’aurons malheureusement pas la chance d’en croiser.

Le ciel étant particulièrement dégagé ce soir là, on termine notre journée sous les étoiles de Kalbarri par une petite session d’exercice à la photo de nuit. Dans le silence de la nuit noire, on croit un instant mourir de peur en entendant du bruit dans les broussailles et en découvrant deux yeux réfléchissant la lumière de la frontale… avant d’apercevoir un kangourou détallant devant notre trépied… Quels aventuriers !

La seconde partie du parc est une région côtière baptisée Kalbarri Coastal Cliffs, située au Sud de la ville de Kalbarri. Toute aussi accidentée que dans les terres, cette zone offre d’innombrables vues sur l’Océan Indien et plusieurs sentiers de randonnée. Malgré l’air de la mer, on conseille de s’y rendre tôt le matin pour limiter l’impact de la chaleur.

Ayant un peu de temps devant nous, on décide de s’arrêter à tous les points de vue, profitant des contrastes entre les tons automnaux de la roche, le bleu de l’eau et le blanc de l’écume. On apprécie particulièrement la plage d’Eagle Gorge avec ses jolis coquillages enfouis dans le sable et la boucle qui relie Mushroom Rock et Rainbow Valley, pour une explosion de couleurs.

Notre matinée nous offre également une découverte dont on se serait bien passés : les mouches. Amenées par le vent du désert, elles sont un véritable fléau à certaines époques de l’année. Tout le long de la balade, on est donc harcelé par ces petites bêtes agaçantes qui se concentrent autour des yeux et de la bouche, à la recherche de minéraux. Si, jusqu’à présent, nous avions été chanceux, leur insistance et la chaleur croissante nous assomment assez rapidement. On rend donc les armes pour quelques heures et optons pour un peu de repos dans notre motel. En fin d’après midi, on retourne pourtant sur les falaises afin d’observer la roche sous de nouvelles lumières avec un coup de cœur particulier pour Pot Alley.

Le soir venu, notre motel nous offre un spectacle étonnant. Dans le stade voisin, occupé par des clubs de rugby en journée, les kangourous ont pris leurs aises. Ils sont plusieurs dizaines a avoir colonisé la pelouse. Assis dans les gradins, on se régale de les observer sous les lumières de fin de journée. On y croise d’imposants mâles bardés de muscles, de jeunes adultes en plein combat de boxe, des petits bouts s’initiant aux jeux de main et quelques mamans paisibles surveillant leurs petits. On reste là longtemps, un sandwich à la main, ravis de cette instant privilégié.

Notre séjour à Kalbarri s’achève ici, au soleil couchant, entre jolies découvertes et regrets sur le climat rencontré ce mois de décembre….

les animaux vus par Ptit Jo

Le kangourou gris (Macropus fuliginosus) mâle est presque deux fois plus gros que la femelle. Il dégage une odeur très forte ce qui lui vaut le surnom de « the stinker« .

L’émeu d’Australie (Dromaius novaehollandiae) peut courir à une vitesse de près de 55 km/h.

L’échidné à nez court (Tachyglossus aculeatus) est, comme l’ornithorynque, un mammifère qui pond des œufs. Mieux encore, il les laisse grandir dans une poche ventrale, comme les kangourous !

Coté pratique

Les activités

Kalbarri National Park
A l’heure d’écrire ses lignes, les droits d’accès à la journée sont de $17 par jour et par véhicule.
Les Park Pass peuvent être intéressants en fonction de votre itinéraire et il en existe plusieurs formules regroupées ici : https://shop.dbca.wa.gov.au/collections/park-passes
De notre côté, nous avons opté pour un « holidays pass ».

Pensez à vérifier les conditions météo car les circuits de randonnée peuvent être fermés, notamment en cas de grosses chaleurs.

Le logement

Kalbarri Palm Resort, 8 Porter St, 6536 Kalbarri, Australie
Un motel sans prétention mais à l’emplacement pratique et entouré de kangourous !

Les repas

Sur le pouce !

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