16 avril 2023
Après une première partie du voyage en voiture, nous poursuivons aujourd’hui notre périple en train, le réseau ferré étant particulièrement réputé au Japon. Équipés de notre voucher, on se pointe donc la fleur au fusil à la gare… pour tomber sur une interminable file d’attente. En effet, pour récupérer les fameux JR pass, offrant un accès illimité au plus gros du réseau, il faut auparavant échanger son petit coupon contre le pass réel. Nous n’étions pas les seuls à en avoir eu l’idée. Il nous faudra près de 2h pour nous entamer le trajet et partir loin de Tokyo et de son agitation.
Après plusieurs correspondances finalement plutôt faciles, nous arrivons dans la petite gare de Oji où une courte rangée de taxis attend. Plus qu’une vingtaine minutes de trajet et nous arrivons enfin à Gyokuzoin.
Le sanctuaire, immense, offre aux voyageurs l’opportunité de séjourner entre ses murs, pour une nuit au plus. Arrivés vers 16h, un moine nous accueille et nous explique les grandes lignes de notre court séjour. Une fois débarrassés de nos bagages, nous partons donc à la découverte du sanctuaire, quasi déserté par les visiteurs à cette heure.
Nous avions vraiment négligé le temps qu’il nous faudrait pour le parcourir entièrement tant le lieu est immense. Très vite, on regrette de ne pas être partis plus tôt de Tokyo pour profiter davantage de l’atmosphère, sereine et apaisante. On se faufile entre les temples, grimpant des volées de marches, battant la pierre grise. On passe devant des statues de bouddhas par dizaines, de la plus petite à la plus majestueuse. On serpente le long de pagodes colorées et, surtout, on prend des dizaines de clichés.










Un premier sentier s’élève bientôt dans les hauteurs pour terminer sous des dizaines de torii. Au sommet, un petit temple offre une vue panoramique sur la forêt. Les premières lanternes s’éclairent à mesure que le soleil décline, soulignant qu’il est temps de rentrer au logement.




Les chaussures sont abandonnées à l’entrée, les kimonos enfilés et le repas servi dans la tradition, sur des plateaux de différentes hauteurs posés au sol, accompagné de thé chaud. Comme les moines, j’opte pour un repas végétarien dont il n’est pas facile d’identifier toutes les saveurs tant certains mets diffèrent de nos habitudes. Nous sommes finalement nombreux à résider au sanctuaire pour la nuit et pourtant, le calme est étonnant dans cette grande salle.




Avant de rejoindre nos futons pour une courte nuit de sommeil, on s’aventure de nouveau dans les allées pour admirer le sanctuaire de nuit, parsemé de milliers de lanternes éclairées. Nous sommes tous seuls, la plupart des visiteurs ayant opté pour les bains chauds ou pour un moment de repos. L’ambiance du sanctuaire change du tout au tout sous ces lumières, donnant l’impression d’évoluer au cœur d’un Miyazaki.



17 avril 2023
Nous sommes levés avant même le soleil ce matin là. Il est à peine 5h lorsque nous pénétrons dans un petit temple, emmitouflés dans des vêtements chauds, les yeux encore rougis. Chacun s’installe sur le sol autour du foyer et la cérémonie du feu commence bientôt sous fond d’un mantra rythmé de percussions.
Au son du tambour et d’une voix puissante, le rituel du Goma se déroule dans une ambiance mystique. Les premiers gestes ancestraux visent d’abord à nous libérer de mauvaises pensées. Alors que le feu s’élève au cœur de l’hôtel, le prêtre dépose peu à peu des morceaux de bois autour du brasier. Chacun correspond à une prière, rédigée par les visiteurs, et leur consumation amène, selon la croyance, à leur réalisation.
Le mantra s’achève lentement, les derniers coups résonnent sur la toile du tambour et le feu s’éteint doucement. Le prêtre nous invite alors à nous imprégner de la fumée résiduelle en guide de purification et de sagesse. On s’exécute sans un mot avant de quitter le temple, marqués par cette expérience loin des sentiers battus.





Après avoir assisté à la cérémonie du feu, nous poursuivons avec la prière du matin. Dans un décor bien plus luxueux et impressionnant, une poignée de moines bouddhistes s’installent au pied de petites tables de beau face aux effigies de Bishamon. Là aussi, toute la cérémonie est rythmé de mantra, cette fois récités en cœur. De curieuses percussions nous font sursauter la première fois, quand les prêtres, après les avoir fait défiler devant eux en chantant, frappent violemment leur livret de prière sur le bois. Seuls les visiteurs ayant « acheté » une prière sont autorisés à assister à cette cérémonie. Le grand-prêtre récite d’ailleurs leurs noms au cours de la célébration.
Avant de quitter les lieux, on nous propose de descendre au sous sol, dans le noir, pour faire le tour des fondations où se cachent quelques reliques sacrées. On ressort de là sous les lumières timides du petit matin, ayant vraiment l’impression d’avoir vécu des instants hors du temps.







La modernité nous rattrape pourtant bien vite. Alors que nous attendions le taxi pour repartir, un homme en costume tout essoufflé déboule d’un escalier et nous interpelle. Il est bientôt suivi d’un caméraman aux joues rougies par l’effort, ayant probablement traversé tout le sanctuaire au pas de course. Osaka TV, en visite sur le site, nous interroge alors sur notre expérience au sein de Gyokuzoin ! De quoi rajouter un peu d’insolite à notre journée déjà mouvementée.
Le coup de cœur de Ptit Jo

La cérémonie du feu aux premières heures du jour
Coté pratique
Les activités
Prière du matin : 5000Y par groupe
Participation à la cérémonie du feu : compter 500 à 1000Y pour les morceaux de bois sur lesquels sont inscrites les prières.
Le logement
Gyokuzoin, 2280 Shigisan, Heguri, Ikoma District, Nara 636-0923
Le temple possède un bâtiment dédié à l’accueil des visiteurs, pour une nuit ou plus. Les locaux sont propres et les chambres assez grandes avec un petit balcon. On y trouve un petit coffre et une bouilloire pour se réchauffer après un tour dans les montagnes. Comme souvent dans les établissements traditionnels, les douches sont communes (les hommes d’un côté, les femmes de l’autre) et associées à des bains chauds.
Les repas
Il n’y a aucune option pour les repas à proximité du temple. Aussi, il est généralement proposé de prendre le petit-déjeuner et le diner sur place. Les repas sont copieux, de qualité et traditionnels. Une option végétarienne est disponible.
