Fumerolles de Reykjadalur

1er Novembre 2018

Après une nuit un peu difficile et un tour rapide dans Reykjavik sous les lueurs rosées du matin, il était grand temps de commencer notre périple en voiture dans le sud de l’Islande. Les premiers kilomètres donnent le ton du voyage, la route jusqu’à Hveragerði est vallonnée et pleine de neige. Le goudron noir fend le décor immaculé et immobile. On le parcourt sous un temps grisonnant qui n’est pas des plus rassurants. Heureusement, la situation s’arrange sur les hauteurs de la petite ville géothermique. Comme une enclave au milieu d’une étendue de blanc, la vallée dégage une quantité de fumée impressionnante. On se balade un moment dans les rues désertes avant de filer vers les montagnes et la vallée de Reykjadalur

Le décor qui nous attendait à Reykjadalur est tout ce que l’on imaginait trouver sur cette ile nordique. Les couleurs d’automne ont tapissé le paysage de dorures chaleureuses. La rivière d’eau chaude serpente dans les collines fumantes, bouillonnantes. Dans le lit du cours d’eau, de petits morceaux de lave semblent avoir gelé de l’intérieur. Tout autour, les herbes vertes, or ou orangées sont entourées de fumée. On remonte le chemin sur un peu plus de 3km, d’abord sur le goudron, puis dans la terre avant de crapahuter dans les chemins enneigés. L’endroit est superbe, silencieux et baigné d’un doux soleil d’hiver.

La neige a complètement enveloppé le paysage. Autour de nous, tout est blanc. On poursuit sur les pentes parfois gelées avec plus ou moins d’assurance et d’élégance. Le bruit de l’eau, au loin, nous indique la présence d’une cascade imposante, elle aussi formée par de l’eau chaude et fumante. Sur quelques kilomètres, nous sommes perdus au milieu de la nature. Bientôt, le cours d’eau réapparait, serpentant gentiment au cœur de la neige. On y plonge une main à défaut de se baigner dans les premiers méandres. Au bout du chemin, dans une ambiance nettement moins paisible, de grosses marmites d’eau bouillante crachent une épaisse fumées aux vapeurs de souffre. Le soleil a disparu, la vapeur colle au visage et brouille légèrement la vue… Autant de signaux qui nous indique qu’il est temps de rentrer.

Sur le parking, notre petite Škoda, déjà bien poussiéreuse, nous attend pour poursuivre le périple. On roule doucement jusqu’à Geysir, charmé par le décor sauvage où l’on devine chevaux et moutons au loin, perdus dans les plaines. La nuit est presque tombée lorsque nous arrivons à l’hôtel, un peu perdu au milieu de nul part. Le sol craque sous les pieds, le vent parait polaire à cette heure et saisit chaque parcelle de peau qui n’est pas recouverte d’épaisses couches de vêtements.

Par contraste, passer la porte de l’hôtel apporte pourtant un bien-être immédiat. Le décor de la salle de restaurant tout de bois, de cuir et de métal est accueillant et réchauffé par un feu qui crépite doucement dans le poêle. On nous amène un soupe délicieuse et du pain chaud et moelleux terriblement réconfortant. Le repas avalé, on s’effondre dans d’épaisses couettes comme des enfants, bercés par la douce chaleur de notre petite chambre, pour ne rouvrir les yeux qu’au matin.

Coté pratique

Le logement

Litli Geysir Hotel, Geysir, 801 Haukadalur, Islande
On aime beaucoup ce petit hôtel, chaleureux, confortable et perdu dans la neige.

Les visites

Vallée de Reykjadalur
Randonnée des sources chaudes: 7.5km, +/- 260m de dénivelé, 3 heures.
Un petit café propose soupes et desserts sur le parking.

Les repas

Litli Geysir Restaurant, Geysir, 801 Haukadalur, Islande
Pour un bon repas dans un décor chaleureux et accueillant

Halló Reykjavik

31 octobre 2018

Après un an d’attente, l’Islande est enfin là. Les ailes aux décors roses bonbon de notre avion fendent les nuages et la cote apparait après quelques heures de vol. Au dessus de l’eau, le ciel arbore ces teintes grisées presque orageuses qui donnent au paysage des couleurs si particulières. Un rayon de soleil fend les nuages et un arc-en-ciel salue finalement notre arrivée. Au bout des pistes, une ribambelle de monts enneigés achève de nous convaincre: l’Islande sera formidable.

Dans notre immense Škoda à pneus cloutés, on remonte vers Reykjavik tout en essayant de concilier la prise de photo avec la préservation de nos doigts dans l’air glacé. On aime les lumières, les rondeurs du paysage et les couleurs d’automne saupoudrées de neige. Il faut moins d’une heure pour arriver au centre de la capitale où nous attend notre chambre avec vue panoramique sur la ville. Le centre est plein de petits bâtiments de quelques étages aux murs colorés et aux intérieurs chaleureux.  Au bout de la rue principale, l’étrange cathédrale, la Hallgrímskirkja, trône sur une place pavée.

Une rue prise au hasard nous entraine au bord de l’eau près du Sólfar, le voyageur du soleil, silhouette d’un bateau viking échoué sur l’horizon. Un peu plus loin, des étendues de cairns côtoient l’étrange Harpa, carrément futuriste avec ses milliers de parois vitrées.

On y passe un bon moment à gravir les étages pour gagner de nouvelles perspectives tout en jouant avec le plafond couvert de miroirs. Il ne nous faut que quelques minutes pour rejoindre la marina et ses boutiques de touristes croulant de macareux en peluche, de fées, d’objets viking et de décorations de Noël. Elles sont encerclées de restaurants bondé dont l’un, choisi au hasard, nous héberge pour la soirée avant de filer vers notre première expédition.

La nuit est tombée depuis longtemps sur Reykjavik lorsque nous repartons vers la cathédrale. Le froid aussi. On empile les épaisseurs à l’aspect et aux couleurs parfois hasardeuses avant de quitter notre cocon de chaleur. Un minibus nous récupère au bout de la Skólavörðustígur et file vers le Nord. Les lumières de la ville s’éteignent, les abords de la route se vident et nous roulons bientôt au milieu de nul part dans un paysage couvert de neige que l’on devine tout juste dans la nuit noire.

Le bus s’arrête, nous signifie la présence de « Northern Lights » et la quinzaine de voyageurs descend du bus en vitesse. Une forme blanche étrange éclaire le ciel face à nous. Un peu étonnés, on installe l’appareil photo et, après quelques secondes de pose, un ciel vert apparait sur l’écran. Si la météo est propice à l’observation d’aurores boréales, l’activité solaires n’est, elle, que très peu intense ce soir là. Nous ne verrons que ces lueurs blanches étranges dansant dans les paysages enneigées et glacés. Malgré les nombreuses photos, on reste un peu perplexes face à ces visions. Le rendez vous est donc pris: nous aurons notre revanche sur les aurores dans la semaine.

Coté pratique

Le logement

Thor Guesthouse – Skolavordustigur, Skolavordustig 16, 101 Reykjavik, Islande
Idéalement situées, les chambres sont très propres et la vue donne tout son charme à ce lieu. Salle de bain et cuisine à partager avec les quelques chambre du pallier. Petit déjeuner non compris.

20181031 (8)
Les visites

Aurores boréales: nous avons réservé une excursion aurores boréales en petit comité (et avec chocolat chaud !) via le site Guide to Iceland.

https://guidetoiceland.is/fr/reserver-islande-voyage/deluxe-aurores-polaires-en-minibus

Il n’est pas forcément indispensable de passer par une visite guidée pour voir des aurores. Lorsque l’on connait les signes à rechercher (voiles blancs dans le ciel) et les bonnes références météo (https://en.vedur.is/weather/forecasts/aurora/), on peut se débrouiller seul avec une voiture. Néanmoins, sans cette excursion, nous n’aurions sans doute pas été capable de reconnaitre les lumières blanches, annonciatrices d’aurores.

Les repas

Frederiksen Ale House, Hafnarstraeti 5, Reykjavik 101
Pourtant bien noté sur Tripadvisor, nous avons passé une nuit un peu difficile après le diner… erreur de parcours sans doute.